Hauteville : le gendarme indélicat condamné pour abus de confiance
Il avait profité de son uniforme pour grignoter l’épargne de trois personnes âgées : deux ans de prison avec sursis
Rattrapé par la Justice, poussé à la retraite courant janvier par sa hiérarchie, l’homme devra indemniser la seule de ses victimes encore en vie à ce jour, à hauteur de 17.000 euros, soit le montant de trois bons au Trésor indûment encaissés. La conséquence d’une lente dérive, du mélange des genres à l’abus de confiance, qui avait démarré en 2005, lorsque le militaire s’était retrouvé au chevet d’une personne grabataire, déjà sous tutelle, l’ayant sollicité pour gérer son budget.
De bonne foi d’abord, il s’était appliqué à effectuer pour elle, chaque semaine, des retraits de 80 euros en liquide. Un service rendu sympathiquement jusqu’à ce que cet argent ne soit plus restitué aussi régulièrement, notamment au cours des longues périodes d’hospitalisation de la vieille dame ayant précédé son décès en février 2006.
Des bons au Trésor déposés à la banque de France
Sous la pression d’inextricables dettes, le gendarme Mocq, presque trente ans de service, venait de plonger. Fin 2006, il y aura ces fameux bons au Trésor déposés sur son compte en banque, dans le Nord. En échange, il devait s’occuper de démêler les soucis administratifs d’un vieux monsieur, décédé en janvier 2007.
Quelques semaines plus tard, le gendarme s’était montré plus que pressant pour «racheter» gratuitement la voiture du défunt, léguée à une voisine âgée. Il devait en assurer la vidange et le contrôle technique, il en avait profité pour la faire immatriculer à son nom.
Prison pour une «trahison»
«J’ai effectivement profité de la faiblesse de ces personnes» avait admis, honteux, le quinquagénaire, à l’audience du 1er février dernier. Ce qui avait fait dire à l’avocate de la partie civile, Me Élodie Gibello-Autran : «Il a au moins cette honnêteté de reconnaître avoir abusé son monde».
Dénonçant la «trahison» d’un homme ayant «utilisé ses fonctions de gendarme à des fins personnelles», le procureur Seuzaret aurait volontiers envoyé le prévenu quelques mois en prison. «Ce serait faire une circonstance aggravante, de droit, de la qualité de gendarme» lui avait opposé Me Guinet, incitant les magistrats à voir «sous l’uniforme, un homme avec ses faiblesses». C’est ce qu’ils ont fait.
Vincent Lanier
Le Progrès (édition de l’Ain), 5 mars 2008
Le Progrès (édition de l’Ain), 5 mars 2008
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