Vendredi 15 octobre : 3 sites pétroliers débloqués, 4 nouveaux sites bloqués ce matin
Les grévistes bloquent le dépôt pétrolier au Mans
Ce matin, dès 5 heures, des groupes de grévistes se sont postés aux entrées de la zone industrielle Sud, au Mans, pour bloquer les camions et distribuer aux automobilistes des tracts annonçant la manifestation de samedi. Des pneus en feu ont empêché les voitures d'accéder à certains points de la zone industrielle, dont le dépôt pétrolier. Les grévistes ont fini par s'y rassembler tous vers 8 heures. Des chauffeurs routiers ont passé la nuit dans leurs camions. Deux routiers italiens, venant livrer pour Claas tractors, espéraient rentrer à Rome aujourd'hui. Un barbecue est prévu vers 11h30 à la patte d'oie d'Allonnes.
Leur presse (Ouest-France), 15 octobre 2010.
Les dépôts de carburant de Caen et Ouistreham sont bloqués depuis 7 heures ce vendredi
Les dépôts de carburant de Caen et Ouistreham sont bloqués depuis 7 heures ce vendredi. Environ 200 manifestants, des syndicalistes mais aussi des étudiants et quelques lycéens mènent l’opération. Par ailleurs, depuis jeudi soir, les étudiants bloquent l’accès au bâtiment Lettres de l’Université de Caen.
Leur presse (Ouest-France), 15 octobre.
[10h04] Dépôt de carburants de Vern (Rennes) : Les bloqueurs quittent les lieux
Les gendarmes ont reçu le renfort d’une vingtaine d’hommes et ont fait déplacer un camion-citerne qui était garé devant l’entrée du dépôt de carburants de Vern-sur-Seiche, bloqué ce matin à l’aube par un groupe d’environ 80 manifestants. L’évolution de la situation a persuadé ces derniers de lever le camp. Ils sont repartis en ordre dispersé. À 10 heures, seule une demi-douzaine d’entre eux était encore sur place, pour une quarantaine de gendarmes. Le dépôt est accessible et le face-à-face n’a donné lieu à aucune violence.
Leur presse (Ouest-France), 15 octobre.
Ce vendredi 15, alors que la police a investi des sites bloqués par les grévistes (dépôt pétrolier de Fos-sur-Mer et docks pétroliers d’Ambès en Gironde), les rennais ont entrepris de bloquer le dépôt pétrolier de Vern-sur-Seiche.
CIP-IDF, 15 octobre.
Trois dépôts pétroliers débloqués
Les forces de l'ordre ont libéré ce matin le site de Fos-sur-Mer. Ceux de Cournon-d'Auvergne et de Bassens ont aussi été débloqués. Dans le même temps, trois autres sites pétroliers ont été paralysés par des grévistes.
Alors que le spectre d'une pénurie de pétrole se profile avec le durcissement des grèves dans le secteur pétrolier, le gouvernement a décidé ce vendredi de débloquer de force certains dépôts pétroliers.
Photo du 14 octobre
Les CRS sont intervenus à l'aube pour dégager les accès du principal dépôt pétrolier du sud-est de la France, celui de Fos-sur-Mer, dans les Bouches-du-Rhône. Selon la CGT, l'intervention policière s'est faite en nombre, avec une cinquantaine de camions. La préfecture précise que le dépôt a été libéré sans incident vers quatre heures du matin. La trentaine de camions citernes qui étaient bloqués sur place ont alors pu entrer à nouveau dans l'enceinte pour s'approvisionner. Les forces de l'ordre sont restées sur place pour sécuriser le site. «On avait donné pour consigne de ne pas aller à l'affrontement. On constate que l'État est beaucoup plus prompt à la répression qu'à la négociation», a regretté une source syndicale.
Les accès au dépôt avaient été bloqués jeudi matin par le personnel gréviste du port de Marseille et des raffineries de l'Étang-de-Berre, qui protestent contre la réforme des retraites et refusent la mise en place de la réforme portuaire. Jeudi soir, au sortir d'une réunion interprofessionnelle, le leader CGT du mouvement avait prévenu que le blocage était «parti pour durer». Or le dépôt pétrolier de Fos (DPF), d'une capacité de stockage de 860.000 mètres cubes, est primordial pour alimenter les pompes à essence de la région, depuis que les quatre raffineries situées autour de l'Étang de Berre sont privées de brut par le blocage des terminaux pétroliers de Fos-sur-Mer et Lavera, qui dure depuis le 27 septembre.
À Bassens, en Gironde, le blocage du dépôt pétrolier d'Ambès — qui alimente 13 départements du sud-ouest — a également été levé tôt vendredi matin. Mais cette fois, les forces de l'ordre postées aux abords du site n'ont pas eu à intervenir. C'est le préfet de région qui s'est déplacé pour négocier avec les grévistes.
Dans le Puy-de-Dôme, la police a indiqué vendredi matin que le dépôt de carburant Total de Cournon d'Auvergne a également été débloqué «sans problèmes». «Les grévistes sont tous partis. Ils ont enlevé leur matériel et démonté leur tentes», devant l'entrée du dépôt, a ajouté la police sans plus de précisions.
Réunion à l'Élysée
Depuis quelques jours, l'Union française des industries pétrolières (Ufip) s'inquiétait d'un risque de pénurie dès le 20 octobre, menace accélérée par la ruée des automobilistes sur les pompes à essence. En tout, 10 des 12 raffineries du pays étaient jeudi à l'arrêt ou en cours d'arrêt, et plusieurs dépôts de carburant étaient bloqués. À la demande des transporteurs routiers, le gouvernement a autorisé jeudi le déblocage d'une partie des réserves de carburant des opérateurs, soit «entre 10, 12 jours de consommation».
Jeudi après-midi, indique Europe 1, c'est au cours d'une réunion à l'Élysée qu'aurait été prise la décision de passer à la vitesse supérieure, en débloquant trois dépôts pétroliers jugés stratégiques pour éviter la pénurie. Outre Nicolas Sarkozy et François Fillon, les ministres Brice Hortefeux, Eric Woerth, ainsi que les conseillers présidentiels Claude Guéant et Raymond Soubie y assistaient, indique la radio.
Ces trois déblocages n'ont pas empêché que trois autres dépôts pétroliers ne soient occupés à leur tour, vendredi matin, par des grévistes. Il s'agit de ceux du Mans, de Vern-sur-Seiche, près de Rennes, et de Lespinasse, près de Toulouse. Dans ce dernier, la vingtaine de manifestants — des cheminots CGT et des salariés du dépôt — ont toutefois affirmé que le blocage entamé à l'aube serait levé avant 9h30, car les gendarmes «ont menacé de les déloger».
Leur presse (Le Figaro), 15 octobre.
Les forces de l'ordre ont rouvert le dépôt pétrolier de Fos-sur-Mer
Les forces de l'ordre ont rouvert sans incident, tôt vendredi matin, le dépôt pétrolier de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) qui était bloqué depuis jeudi par des syndicalistes CGT, a-t-on appris auprès de la préfecture, confirmant une information d'Europe 1. Les forces mobiles sont restées sur place pour sécuriser le site, a précisé la préfecture. La trentaine de camions-citernes qui étaient bloqués sur place ont pu rentrer à nouveau dans l'enceinte pour s'approvisionner.
Selon la CGT, l'intervention des forces de l'ordre s'est faite en nombre, avec une cinquantaine de camions. «On avait donné pour consigne de ne pas aller à l'affrontement. On constate que l'État est beaucoup plus prompt à la répression qu'à la négociation», a déclaré à l'AFP une source syndicale.
Le dépôt pétrolier de Fos (DPF est le plus important de la région avec une capacité de stockage de 860.000 mètres cubes de produits chimiques et raffinés. Il est primordial pour l'alimentation des pompes à essence de la région depuis que les quatre raffineries situées autour de l'étang de Berre sont privées de brut, depuis le 27 septembre, par le blocage des terminaux pétroliers de Fos-sur-Mer et Lavera, et progressivement mises à l'arrêt. Ce blocage des terminaux se poursuivait vendredi, contraignant une soixantaine de navires à rester en mer au large de Fos et Marseille.
Un conflit «parti pour durer» selon la CGT
Le blocage des accès au dépôt de Fos avait été initié jeudi matin par des agents portuaires et des salariés de la pétrochimie locale ou de l'aciériste ArcelorMittal, dont l'usine voisine le site. Selon la CGT jeudi, il était «parti pour durer». Alors que la CGT menace toujours d'une pénurie de carburants et que les raffineries locales ne distillent quasiment plus de brut, reste à savoir combien d'essence et de gasoil contiennent encore les énormes cuves de DPF, dont Total est un gros actionnaire.
La CGT avait déjà temporairement bloqué l'accès à DPF le 7 septembre lors d'une action commune des agents portuaires, qui s'opposent à la création d'une filiale pour gérer les terminaux pétroliers de Fos et Lavera, et des salariés du raffinage, qui protestent contre un projet de dépôt pétrolier Oiltanking Mediaco menaçant leur activité selon eux. Le conflit combine désormais des revendications liées à l'avenir de la filière pétrochimique locale et au projet de réforme des retraites.
Leur presse (Le Point), 15 octobre.
(…) Mais dans l'Ouest, le dépôt pétrolier de Vern-sur-Seiche, en Ille-et-Vilaine, est lui au contraire bloqué depuis vendredi matin, selon les informations recueillies par Europe 1. À l'origine de ce mouvement, des étudiants de l'université de Rennes 2 et des chômeurs.
Même scène à Rouen où un autre dépôt pétrolier est fermé depuis 6h30 vendredi matin, de source syndicale. (…)
Leur presse (Europe 1), 15 octobre.