Toulouse : Procès de l'autoréduction à Casino du 11 mars dernier
Contre l’inculpation permanente
(solidarité Toulouse)
Qui vole qui ?
Alors que pour chacunE d’entre nous il devient de plus en plus dur de finir les fins de mois, surtout les trente derniers jours, pour Casino c’est le jackpot quotidien. Modeste cinquième dans le classement de la grande distribution en France, le groupe dégageait plus de 28 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2008. En moyenne, un supermarché de la taille de celui qui fut réquisitionné le 11 mars à Toulouse brasse près de 30.000 euros par jour.
La grande distribution, comme son nom l’indique, ne produit rien, mais accumule des marges astronomiques — jusqu’à 60% — sur le dos des producteurs via le racket exercé par les grandes centrales d’achat. Ces marges engraissent les actionnaires sans être véritablement répercutées sur les salaires des employéEs, pas plus que sur les prix en magasin.
Qu’est-ce qu’une autoréduction ?
L’autoréduction, aussi vieille que la propriété privée, consiste à se réapproprier collectivement et immédiatement les biens communs. C’est une forme de lutte et de revendication employée partout dans le monde. En France, les autoréductions se sont multipliées depuis les années 1990, à Paris, Lille, Rennes, Caen, Nantes ou Grenoble, visant essentiellement la grande distribution. L’autoréduction du 11 mars à Toulouse se voulait une dénonciation du système de production capitaliste, de son gâchis, de la misère qu’il engendre et dont il se nourrit, et que la « crise » actuelle ne fait que conforter. Il ne s’agit pas pour nous d’amender ni de réformer ce système, mais d’en changer. Produire pour l’usage, pas pour les profits.
Sept «Robin des bois» à la barre pour vol aggravé
D’une phrase, le président Jean-Pierre Vergne vient de résumer la situation : «S’il n’y a pas de réponse de la société à ce type de comportement, ça peut être la porte ouverte à n’importe quoi.» De fait, la société semble bien embarrassée à apporter cette réponse à Mylène, Antoine, Hugo, Nora, Benjamin, Andy et Élodie. Les sept jeunes Robin des bois comparaissaient hier devant le tribunal correctionnel pour vol aggravé commis dans le cadre d’une opération d’autoréduction au supermarché Casino de l’avenue Honoré-Serres, le 11 mars dernier (lire «les faits», par ailleurs).
Faut-il les sanctionner durement pour une action symbolique, politique, voire morale pour une partie de l’opinion, consistant, en raccourci, à voler aux riches — la grande distribution — pour donner aux pauvres ? La question a traversé une audience d’une grande sérénité, alors qu’à l’extérieur du palais de justice les forces de l’ordre gardaient un œil inquiet sur les dizaines de personnes venues soutenir les sept jeunes gens. Une audience aux accents paternalistes jusqu’aux réquisitions du procureur, Olivier Kern. «Je leur tends ce défi : un ajournement de peine pour apprécier si, dans un délai d’un an, ils ont montré leur volonté de reclassement. Que cette audience serve à leur fournir un complément de maturité», espère-t-il.
À défaut de les dédouaner, même l’avocat de Casino le reconnaît : «Ce ne sont pas ceux-là, les organisateurs», dit Me Marty avant d’agiter le chiffon rouge anarcho-libertaro-autonome : «Derrière, il y a des gens, peu nombreux — peut-être y en a-t-il dans cette salle — qui se servent de leur crédulité pour les envoyer au massacre. Des gens qui poursuivent un autre but. Le film de vidéosurveillance montre des meneurs de 35 à 40 ans.»
À la vérité, tour à tour à la barre, les sept Robin des bois ne présentent pourtant pas ce profil de proies aisément manipulables. Sont-ils révolutionnaires ? Pas forcément. Révoltés ? Sans aucun doute, car précaires, rappellent leurs avocats, Mes Zapata et Heybert. Mylène, Antoine, Hugo, Élodie, Benjamin, Nora et Andy sont en effet étudiants en philo, en lettres classiques, sans emploi, ou animateur pour 400 € mensuels.
Quoi qu’ils en discutent la forme et en reconnaissent la mauvaise organisation, aujourd’hui, tous persistent à revendiquer une action qu’ils ont suivie en conscience (lire ci-dessous).
Me Heybert, l’avocat de certains d’entre eux souligne ainsi : «Ce n’est pas une simple infraction pénale, c’est une action politique qui heurte peut-être un raisonnement classique mais qui n’en a pas moins de valeur.» Au prix d’un grand écart osé entre l’Abbé Pierre et les autoréductionnistes, Me Zapata, l’autre conseil des jeunes prévenus qualifie de «généreuse» cette action «ratée». Avant d’ajouter : «Il y a deux ans, un sujet du bac philo posait la question : Toute action illégale est-elle forcément injuste ?»
En renvoyant le délibéré au 17 novembre, le tribunal s’est donné deux semaines pour répondre.
Les faits
Réappropriation. Ce jour-là, dans un contexte social et étudiant plus qu’effervescent, une cinquantaine de personnes entrent donc dans le supermarché Casino de l’avenue Honoré-Serres. Un premier groupe emplit huit chariots jusqu’à la gueule pendant que le second bloque les caisses. Le «raid» dure quatre minutes selon la caméra de vidéosurveillance.
Redistribution. Aux cris de «De l’argent il y en a dans les caisses du patronat», entre autres, les Robin ressortent avec sept chariots qu’ils commencent à redistribuer à des passants, place Arnaud-Bernard. Puis ils se dirigent vers le Capitole mais n’ont pas le temps d’y parvenir.
Interpellation. À Saint-Sernin, les policiers interviennent. À défaut d’avoir tous activement pris part à l’action, et en tout état de cause sans en être les instigateurs, les sept jeunes gens qui comparaissaient hier sont interpellés par la police qui cible ceux qui poussent ou se trouvent à proximité des chariots.
Restitution. À noter que la quasi-totalité des marchandises, d’un montant d'environ 3000 €, a été restituée au supermarché.
Ils regrettent la forme mais revendiquent le fond
Élodie : «C’est évident qu'on a tous été dépassés par la situation. Mais ça avait du sens pour moi.»
Andy : «C’était une action politique. On ne prenait pas à M. Casino mais à une société symbole. Sur la forme ça a été un véritable échec. Mais le fond est justifiable.»
Benjamin : «Je me suis dit que c’était une bonne action de donner à manger à des gens qui ont faim. Je me suis senti concerné.»
Nora : «J’assume. Cette action était symbolique, légitimée car de plus en plus de personnes n’ont rien à manger.» Vol ou redistribution ? s’interroge le président Vergne en rappelant que les chariots ne contenaient pas que des produits de première nécessité mais aussi du champagne, du whisky, du saumon… bref de quoi faire la fête entre manifestants plutôt que de nourrir les pauvres. Un mini-dialogue démarre avec Nora. Le président Vergne : «À qui vouliez-vous redistribuer ?» Nora : «Aux plus nécessiteux.» Le président : «Comment savez-vous qu’ils le sont ?» Nora : «On a distribué aux SDF dans la rue.» Le président : et après ? Nora : «Il y en a déjà beaucoup.» Rires dans la salle.
Mylène : «Je trouve ce genre d’actions justifiable parce des gens n’ont rien à bouffer. Je ne le referais peut-être pas dans ces conditions.»
Antoine : « J’ai fait ça parce que j’ai faim, que je suis SDF et sans travail. Je ne regrette pas le fond de l’action.»
Hugo : «J’y suis allé sans avoir exactement en quoi consistait l’action. Mais je la revendique, même si je ne recommencerais pas sous la même forme.»
La grande redistribution accusée
La plupart voulaient voler les riches pour redistribuer aux pauvres. Ils ont commis au final «un vol aggravé», car la redistribution n’a pas eu lieu. Et les leaders de l’action n’ont pas négocié en amont avec le gérant du magasin, contrairement à ce qui se pratique pour ce type de coup d’éclat. Et le contenu d’au moins un chariot — vins de marque, champagne, magrets — porte un coup à la noblesse de la cause. «Si on fait une action politique, elle doit être un peu pensée intellectuellement», a souligné le président du tribunal correctionnel, en leur conseillant de s’investir légalement pour le Secours populaire ou Emmaüs.
«On n’a pas affaire à des casseurs ou des pillards, ils se battent pour une société plus juste», ont plaidé Éric Zapata et Thomas Eybert, les avocats des autoréducteurs. Et si Jean-Claude Marty, conseil du groupe Casino, estime que ces jeunes ont été «manipulés et envoyés au massacre par d’autres», ils restent selon lui «responsables». «Le mobile n’exonère en rien de la responsabilité», a ajouté le procureur, qui a pris des réquisitions originales : un «ajournement de peine d’un an», défiant «ces individus» de se tenir à carreau. Le jugement sera rendu le 17 novembre.
(solidarité Toulouse)
Sept personnes ont été interpellées mercredi 11 mars, suite à une action collective d’autoréduction dans un supermarché, appelée par l’AG interluttes. Elles ont été libérées jeudi 12 mars après 22 heures de garde à vue. La forte mobilisation, étudiante notamment, qui a suivi les interpellations, a contribué à des libérations sans passages en comparution immédiate. Mais…
Les inculpéEs passent en procès mardi 3 novembre à 13h30.
Qui vole qui ?
Alors que pour chacunE d’entre nous il devient de plus en plus dur de finir les fins de mois, surtout les trente derniers jours, pour Casino c’est le jackpot quotidien. Modeste cinquième dans le classement de la grande distribution en France, le groupe dégageait plus de 28 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2008. En moyenne, un supermarché de la taille de celui qui fut réquisitionné le 11 mars à Toulouse brasse près de 30.000 euros par jour.
La grande distribution, comme son nom l’indique, ne produit rien, mais accumule des marges astronomiques — jusqu’à 60% — sur le dos des producteurs via le racket exercé par les grandes centrales d’achat. Ces marges engraissent les actionnaires sans être véritablement répercutées sur les salaires des employéEs, pas plus que sur les prix en magasin.
Qu’est-ce qu’une autoréduction ?
L’autoréduction, aussi vieille que la propriété privée, consiste à se réapproprier collectivement et immédiatement les biens communs. C’est une forme de lutte et de revendication employée partout dans le monde. En France, les autoréductions se sont multipliées depuis les années 1990, à Paris, Lille, Rennes, Caen, Nantes ou Grenoble, visant essentiellement la grande distribution. L’autoréduction du 11 mars à Toulouse se voulait une dénonciation du système de production capitaliste, de son gâchis, de la misère qu’il engendre et dont il se nourrit, et que la « crise » actuelle ne fait que conforter. Il ne s’agit pas pour nous d’amender ni de réformer ce système, mais d’en changer. Produire pour l’usage, pas pour les profits.
Rassemblement mardi 3 novembre 13h30
devant le palais de Justice de Toulouse
Allée Jules Guesde - Métro Palais de Justice - Ligne B
Indymedia Toulouse, 1er novembre 2009.
Sept «Robin des bois» à la barre pour vol aggravé
Justice. Sept jeunes gens à la barre pour vol aggravé. Le 11 mars ils étaient sortis sans payer les chariots de victuailles d’un Casino pour les redistribuer aux pauvres.
D’une phrase, le président Jean-Pierre Vergne vient de résumer la situation : «S’il n’y a pas de réponse de la société à ce type de comportement, ça peut être la porte ouverte à n’importe quoi.» De fait, la société semble bien embarrassée à apporter cette réponse à Mylène, Antoine, Hugo, Nora, Benjamin, Andy et Élodie. Les sept jeunes Robin des bois comparaissaient hier devant le tribunal correctionnel pour vol aggravé commis dans le cadre d’une opération d’autoréduction au supermarché Casino de l’avenue Honoré-Serres, le 11 mars dernier (lire «les faits», par ailleurs).
Faut-il les sanctionner durement pour une action symbolique, politique, voire morale pour une partie de l’opinion, consistant, en raccourci, à voler aux riches — la grande distribution — pour donner aux pauvres ? La question a traversé une audience d’une grande sérénité, alors qu’à l’extérieur du palais de justice les forces de l’ordre gardaient un œil inquiet sur les dizaines de personnes venues soutenir les sept jeunes gens. Une audience aux accents paternalistes jusqu’aux réquisitions du procureur, Olivier Kern. «Je leur tends ce défi : un ajournement de peine pour apprécier si, dans un délai d’un an, ils ont montré leur volonté de reclassement. Que cette audience serve à leur fournir un complément de maturité», espère-t-il.
À défaut de les dédouaner, même l’avocat de Casino le reconnaît : «Ce ne sont pas ceux-là, les organisateurs», dit Me Marty avant d’agiter le chiffon rouge anarcho-libertaro-autonome : «Derrière, il y a des gens, peu nombreux — peut-être y en a-t-il dans cette salle — qui se servent de leur crédulité pour les envoyer au massacre. Des gens qui poursuivent un autre but. Le film de vidéosurveillance montre des meneurs de 35 à 40 ans.»
À la vérité, tour à tour à la barre, les sept Robin des bois ne présentent pourtant pas ce profil de proies aisément manipulables. Sont-ils révolutionnaires ? Pas forcément. Révoltés ? Sans aucun doute, car précaires, rappellent leurs avocats, Mes Zapata et Heybert. Mylène, Antoine, Hugo, Élodie, Benjamin, Nora et Andy sont en effet étudiants en philo, en lettres classiques, sans emploi, ou animateur pour 400 € mensuels.
Quoi qu’ils en discutent la forme et en reconnaissent la mauvaise organisation, aujourd’hui, tous persistent à revendiquer une action qu’ils ont suivie en conscience (lire ci-dessous).
Me Heybert, l’avocat de certains d’entre eux souligne ainsi : «Ce n’est pas une simple infraction pénale, c’est une action politique qui heurte peut-être un raisonnement classique mais qui n’en a pas moins de valeur.» Au prix d’un grand écart osé entre l’Abbé Pierre et les autoréductionnistes, Me Zapata, l’autre conseil des jeunes prévenus qualifie de «généreuse» cette action «ratée». Avant d’ajouter : «Il y a deux ans, un sujet du bac philo posait la question : Toute action illégale est-elle forcément injuste ?»
En renvoyant le délibéré au 17 novembre, le tribunal s’est donné deux semaines pour répondre.
Les faits
Les sept jeunes gens comparaissaient pour vol aggravé commis en réunion avec dégradation d’une porte le 11 mars dernier aux dépens du supermarché Casino de l’avenue Honoré-Serres. Une opération revendiquée d’autoréduction, c’est-à-dire de réappropriation des richesses en vue d’une redistribution aux plus pauvres, qui a valu à ses auteurs le surnom de Robin des bois.
Réappropriation. Ce jour-là, dans un contexte social et étudiant plus qu’effervescent, une cinquantaine de personnes entrent donc dans le supermarché Casino de l’avenue Honoré-Serres. Un premier groupe emplit huit chariots jusqu’à la gueule pendant que le second bloque les caisses. Le «raid» dure quatre minutes selon la caméra de vidéosurveillance.
Redistribution. Aux cris de «De l’argent il y en a dans les caisses du patronat», entre autres, les Robin ressortent avec sept chariots qu’ils commencent à redistribuer à des passants, place Arnaud-Bernard. Puis ils se dirigent vers le Capitole mais n’ont pas le temps d’y parvenir.
Interpellation. À Saint-Sernin, les policiers interviennent. À défaut d’avoir tous activement pris part à l’action, et en tout état de cause sans en être les instigateurs, les sept jeunes gens qui comparaissaient hier sont interpellés par la police qui cible ceux qui poussent ou se trouvent à proximité des chariots.
Restitution. À noter que la quasi-totalité des marchandises, d’un montant d'environ 3000 €, a été restituée au supermarché.
Ils regrettent la forme mais revendiquent le fond
Élodie : «C’est évident qu'on a tous été dépassés par la situation. Mais ça avait du sens pour moi.»
Andy : «C’était une action politique. On ne prenait pas à M. Casino mais à une société symbole. Sur la forme ça a été un véritable échec. Mais le fond est justifiable.»
Benjamin : «Je me suis dit que c’était une bonne action de donner à manger à des gens qui ont faim. Je me suis senti concerné.»
Nora : «J’assume. Cette action était symbolique, légitimée car de plus en plus de personnes n’ont rien à manger.» Vol ou redistribution ? s’interroge le président Vergne en rappelant que les chariots ne contenaient pas que des produits de première nécessité mais aussi du champagne, du whisky, du saumon… bref de quoi faire la fête entre manifestants plutôt que de nourrir les pauvres. Un mini-dialogue démarre avec Nora. Le président Vergne : «À qui vouliez-vous redistribuer ?» Nora : «Aux plus nécessiteux.» Le président : «Comment savez-vous qu’ils le sont ?» Nora : «On a distribué aux SDF dans la rue.» Le président : et après ? Nora : «Il y en a déjà beaucoup.» Rires dans la salle.
Mylène : «Je trouve ce genre d’actions justifiable parce des gens n’ont rien à bouffer. Je ne le referais peut-être pas dans ces conditions.»
Antoine : « J’ai fait ça parce que j’ai faim, que je suis SDF et sans travail. Je ne regrette pas le fond de l’action.»
Hugo : «J’y suis allé sans avoir exactement en quoi consistait l’action. Mais je la revendique, même si je ne recommencerais pas sous la même forme.»
Leur presse (Jean-Louis Dubois-Chabert,
La Dépêche du Midi), 4 novembre.
La grande redistribution accusée
Leur action était incontestablement généreuse à la base. Et totalement ratée à l’arrivée, de leur propre aveu. Ils étaient sept, hier, sur le banc des prévenus. Trois filles et quatre garçons, âgés de 19 à 27 ans. Des étudiants, une éducatrice et une serveuse, jugés pour avoir participé, le 11 mars, à une «autoréduction» au supermarché Casino de l’avenue Honoré-Serre. En quatre minutes, la troupe a bloqué les caisses, rempli huit chariots et pris la poudre d’escampette.
La plupart voulaient voler les riches pour redistribuer aux pauvres. Ils ont commis au final «un vol aggravé», car la redistribution n’a pas eu lieu. Et les leaders de l’action n’ont pas négocié en amont avec le gérant du magasin, contrairement à ce qui se pratique pour ce type de coup d’éclat. Et le contenu d’au moins un chariot — vins de marque, champagne, magrets — porte un coup à la noblesse de la cause. «Si on fait une action politique, elle doit être un peu pensée intellectuellement», a souligné le président du tribunal correctionnel, en leur conseillant de s’investir légalement pour le Secours populaire ou Emmaüs.
«On n’a pas affaire à des casseurs ou des pillards, ils se battent pour une société plus juste», ont plaidé Éric Zapata et Thomas Eybert, les avocats des autoréducteurs. Et si Jean-Claude Marty, conseil du groupe Casino, estime que ces jeunes ont été «manipulés et envoyés au massacre par d’autres», ils restent selon lui «responsables». «Le mobile n’exonère en rien de la responsabilité», a ajouté le procureur, qui a pris des réquisitions originales : un «ajournement de peine d’un an», défiant «ces individus» de se tenir à carreau. Le jugement sera rendu le 17 novembre.
Leur presse (Hélène Ménal, 20 minutes), 4 novembre.