Chartres-de-Bretagne et Rennes : Les journaflics travaillent
Chartres-de-Bretagne (35) : Mystérieuse explosion
Appelée pour une explosion proche d'un chantier à Chartres-de-Bretagne (35), une patrouille de gendarmerie a laissé filer quatre mystérieux individus dans une camionnette… fichée par les services de renseignement.
Il est près d'une heure du matin, dans la nuit du mardi 23 au mercredi 24 novembre derniers, quand l'explosion retentit. La scène se déroule près d'un chantier de construction de bureaux, proche de la quatre voies reliant Rennes à Nantes, sur la commune de Chartres-de-Bretagne. Alerté par un témoin, le Centre opérationnel de la gendarmerie dépêche une patrouille sur place. Celle-ci, dans un chemin de terre menant à une ferme abandonnée jouxtant le chantier, tombe nez à nez avec quatre individus, deux jeunes hommes et deux jeunes femmes, qui montent à bord d'un fourgon Mercedes. Deux d'entre eux portent des traces de brûlures. L'un semble même assez sérieusement touché à la tête. Mais le groupe refuse de se rendre à l'hôpital.
Fausses identités
Les militaires veulent alors contrôler l'identité des quatre personnes. Aucune ne dispose de papiers. Le ton monte. Le groupe finit par décliner ses identités. Contre toute attente, peut-être pressés par d'autres urgences, les gendarmes s'en contentent et laissent le groupe partir. Sans procéder à d'immédiates vérifications. Résultat : les identités sont fausses. Et la plaque d'immatriculation du véhicule révèle que la camionnette est fichée par la DCRI (Direction centrale du renseignement intérieur, ex-DST-RG) comme étant utilisée par des membres de la «mouvance anarcho-autonome». Cette fameuse «ultra-gauche» pointée du doigt par le ministère de l'Intérieur, il y a deux ans, à l'occasion de la retentissante affaire de Tarnac (sabotage de voies ferrées)… qui tourne depuis au fiasco judiciaire.
Sabotage ?
Qu'est venu faire ce groupe de quatre personnes à Chartres-de-Bretagne ? L'explosion, qui n'aurait provoqué aucun dégât matériel, semble avoir été provoquée par le sectionnement d'un gros câble électrique. Acte de sabotage ? Répétition en vue d'une action ultérieure ? Tentative de neutralisation d'un système d'alarme ou de l'éclairage public ? Quelle était la cible ? Seule une poignée de bâtiments figure dans le proche périmètre de l'accident : une piscine-centre fitness et deux chantiers de construction de bureaux. L'une des sociétés implantées sur le site a-t-elle plus particulièrement retenu l'attention du groupe ? La plupart ont leur activité dans les secteurs des télécommunications, de l'électricité et de l'informatique. «A priori, rien de sensible ou rien qui puisse susciter l'intérêt de cambrioleurs», s'étonne un élu de Chartres-de-Bretagne, qui ignorait l'existence de cet incident.
Leur presse (Hervé Chambonnière,
Le Télégramme), 4 décembre 2010.
Rennes : Les «anarcho-autonomes» font-ils la chasse aux militants d'extrême-droite ?
Samedi, des militants d’extrême-droite et de la formation de Jacques Cheminade ont été pris à partie par plusieurs dizaines de personnes, en centre-ville. Ils dénoncent des violences de l’extrême-gauche.
Samedi dernier, 27 novembre, au marché des Lices. Alors qu’ils distribuent des tracts, cinq militants de Solidarité et progrès, le groupuscule de Jacques Cheminade, sont pris à partie par une quinzaine de personnes, âgées de 20 à 30 ans. Selon les témoignages, les agresseurs ont le visage partiellement dissimulé derrière des écharpes, des foulards et des bonnets. «Ils se sont opposés physiquement à la distribution», relate Alexandre Noury. Le responsable local de Solidarité et progrès précise que des militants ont été frappés. Une plainte a été déposée au commissariat.
«Ils ont bloqué les portes et le ton est monté»
Quelques minutes plus tard, vers 11 heures, dalle du Colombier. Trois jeunes hommes sirotent un café dans une brasserie. Militants au sein de l’association Jeune Bretagne, une émanation de la formation d’extrême-droite, Le Bloc identitaire, ils s’apprêtent à «démarrer une collecte de jouets au profit des enfants serbes chrétiens vivant dans des enclaves au Kosovo», expliquent-ils. C’est alors que débarque «entre 40 et 50 personnes» autour du café. «Ils ont bloqué les portes et le ton est monté, deux adhérents ont été frappés», rapporte l’un des militants, qui prévoit de déposer une plainte. Des faits, en grande partie confirmés par le gérant de l’établissement. Selon son témoignage, l’homme et ses commis se sont interposés. Une bousculade s’en est suivie. Le commerçant a appelé la police après avoir mis en fuite le groupe. L’association Jeune Bretagne s’étonne de la «violence de l’altercation». «Nous avons été traités de fascistes et de xénophobes. Nous faisons régulièrement l’objet d’insultes mais jamais nous n’avions été physiquement touchés.»
Violences politiques ?
Les différents témoignages recueillis mettent en cause des militants issus de l’extrême-gauche. Les militants agressés pointent «une radicalisation de la mouvance anarcho-autonome». Et dénoncent des violences politiques.
Au commissariat, on confirme le dépôt de plainte de Solidarité et progrès. Des investigations sont menées pour identifier les auteurs de l'incident. Impossible, pour l’heure, d’en dire plus. Les policiers notent cependant un regain d’activité «de la mouvance dite anarcho-autonome, à Rennes, depuis le conflit des retraites».
Leur presse (Le Mensuel de Rennes), 30 novembre.