Rassemblement pour Zouhir - samedi 12 décembre devant la prison de Neuvic
La famille de Zouhir appelle à un rassemblement devant la prison de Neuvic le samedi 12 décembre à partir de 14 heures.
Les proches de Zouhir veulent des explications
Quelque 120 personnes, parents ou amis de Zouhir, se sont rassemblées devant le palais de justice de Périgueux, hier après-midi, avant de se rendre au parquet.
Ils étaient près de 120, hier après-midi, devant le palais de justice de Périgueux. Des frères, des oncles, des cousins et amis de Zouhir, décédé il y a quinze jours dans sa cellule, au centre de détention de Neuvic. Tous réunis autour de la mère du jeune homme et bien décidés à faire le jour sur la mort de leur proche.
«On demande juste la vérité, indique la mère de Zouhir. Je croyais que, dans les mains de la justice, mon fils était en sécurité.» Et de s’interroger : «Est-ce qu’il est mort de violences ? Est-ce qu’il a pris des médicaments ? Je sais que ça ne ramènera pas mon fils mais je veux savoir… Simplement pour faire mon deuil.»
«Ça va prendre un peu de temps»
Pour répondre à l’appel de cette mère en souffrance, le procureur de Périgueux, Yves Squercioni, s’est présenté lui-même à la famille durant la mobilisation. Assurant qu’il donnerait des informations dès qu’il en aurait. Mais pour l’heure, des examens complémentaires sont en cours pour connaître les causes de la mort du jeune homme.«Ça va prendre un peu de temps», avouait la mère de Zouhir, plus confiante après cette rencontre inespérée. «Ça me rassure qu’une enquête soit ouverte.» Il n’est, en revanche, toujours pas question, au parquet, d’ouvrir une information judiciaire comme le demande la famille par la voix de l’avocat Michel Nunez.
Après ce bref entretien avec le procureur, le cortège a pris, en silence, la direction du parquet. Avec, à sa tête, une photo de Zouhir. Et différents messages : «Zouhir est mort dans les mains de la justice», «M. le Procureur, nous attendons des explications», «Insécurité, négligence, violence, humiliation, drogue… tel est le quotidien des détenus».
«Zouhir était un jeune homme en bonne santé», rappelle son oncle, Saïd. Son corps a été découvert sans vie, le matin du jeudi 19 novembre, au pied de son lit, dans sa cellule.
Leur presse (Julie Pasquier, Dordogne libre), 3 décembre 2009.
«Nous voulons la vérité»
Périgueux : Une centaine de personnes se sont rassemblées hier après-midi devant le Palais de justice, en mémoire de Zouhir, trouvé mort au centre de détention de Neuvic.
«Je veux connaître la vérité. Savoir comment mon fils est mort, c’est tout. J’en ai besoin pour faire mon deuil.» La mère de Zouhir, ce jeune homme de 26 ans retrouvé mort dans sa cellule, le 19 novembre, au centre de détention de Neuvic, était parmi les manifestants rassemblés hier devant le Palais de justice de Périgueux. Près d’elle, ses enfants, les membres de sa famille, des amis, des connaissances. En tout une centaine de personnes s’étaient rassemblées en début d’après-midi.
«Zouhir, je le connaissais depuis que je suis tout petit. Je suis avec la famille depuis le début de cette affaire», confiait Khalid, venu de Terrasson.
Certains portaient de tee-shirts blancs sur lesquels le nom de Zouhir était écrit au feutre noir, d’autres avaient des photos. Sur des banderoles, on pouvait lire : «Zouhir est mort entre les mains de la justice», «M. le Procureur, nous attendons vos explications». Une pancarte dénonçait les conditions de détention à Neuvic.
Rencontre avec le procureur
Pourquoi ce silence ? Que s’est-il exactement passé ? Y a-t-il eu négligence ? Pour la famille, de nombreuses questions se posent.
Yves Squercioni, procureur de la République, est venu à la rencontre de la mère de Zouhir et s’est entretenu avec elle sur le trottoir devant le Palais de justice : «Dès qu’on aura les rapports d’expertise, on vous les transmettra. Ça prendra un peu de temps», affirmait-il.
«C’est la première fois qu’on le rencontre», faisaient remarquer des membres de la famille.
Banderoles en tête, les manifestants sont partis défiler sur le boulevard, ont emprunté la rue Victor-Hugo, avant de se rendre devant les bureaux du parquet et de revenir sur les marches du Palais de justice.
Zouhir était détenu pour vol avec violence et violences et avait effectué le plus gros de sa peine. L’enquête sur son décès se poursuit.
L’enquête : Les analyses sont en cours
Le procureur de Périgueux, Yves Squercioni, a expliqué que les analyses toxicologiques étaient en cours, et que toutes les pistes étaient étudiées pour faire la lumière sur le décès de Zouhir. Une rumeur, selon laquelle un autre détenu aurait été victime d’une intoxication le lendemain du décès de Zouhir, a été confirmé par le procureur: «Il y a effectivement un détenu du centre de Neuvic qui a été victime d’une intoxication, mais sans gravité. Nous effectuons cependant des analyses pour déterminer si cette intoxication pourrait avoir un rapport avec celle de Zouhir.»
Leur presse (Chantal Gibert, Sud-Ouest), 3 décembre.
La famille de Zouhir attend la vérité
Coulounieix-Chamiers : Hier, les obsèques du détenu de 26 ans décédé à Neuvic se sont déroulées au cimetière de Chamiers.
Près d’une centaine de personnes, sa famille et ses proches, étaient présentes hier après-midi au cimetière de Chamiers pour les obsèques de Zouhir.
Un dernier adieu plein d’émotions pour la famille de ce jeune homme de 26 ans, retrouvé jeudi inanimé dans sa cellule du centre de détention de Neuvic (lire nos précédentes éditions). Il était détenu pour vol avec violence et violences et avait effectué le plus gros de sa peine.
Désormais, la famille de Zouhir veut «savoir la vérité et qu’on ne salisse pas sa mémoire», confie Saïd, l’oncle du défunt.
Une bagarre ?
Après avoir envisagé de déposer plainte pour négligence ou non-assistance à personne en danger, ses proches attendent maintenant l’ouverture d’une information judiciaire pour recherche des causes de la mort, par le parquet de Périgueux. Ils espèrent ensuite pouvoir se constituer partie civile et avoir ainsi accès au dossier, grâce à leur avocat Me Nunez.
Si les premiers éléments d’autopsie démontrent qu’il s’est étouffé dans son vomi, les proches de Zouhir s’interrogent, eux, sur les bleus constatés sur son corps. Ils se demandent s’il n’y a pas eu une bagarre plus tôt dans la soirée dans laquelle il aurait pu être blessé.
De nombreuses questions taraudent les proches de Zouhir, mais tous affirment que la thèse du suicide ne tient pas.
Leur presse (Julie Martinez, Sud-Ouest), 24 novembre.
«La prison l’a tué»
Coulounieix-Chamiers : La famille de Zouhir, le détenu décédé jeudi, veut porter plainte pour négligence.
Pour cette famille de Coulounieix-Chamiers, tout a basculé jeudi dernier, en début de matinée. «La femme d’un détenu qui était dans la même aile que Zouhir nous a annoncé son décès», raconte Saïd, l’oncle du jeune détenu retrouvé mort jeudi matin dans sa cellule du centre de détention de Neuvic (lire nos précédentes éditions).
Une première «incohérence» pointée par la famille. «La prison ne nous a informés qu’à 10h30 alors que Zouhir a été retrouvé à 7 heures», s’indigne Lamia, sa cousine.
Selon l’autopsie, il se serait étouffé dans son vomi. Des analyses complémentaires devraient permettre de déterminer ce qui s’est passé, et notamment ce qu’il a absorbé.
Zouhir laisse une maman inconsolable mais aussi quatre frères, une sœur et de nombreux proches. «Les jeunes du quartier ont aussi la haine, mais on leur a demandé de rester calmes pour honorer la mémoire de Zouhir», observe Lamia.
Des marques de coups
Ce matin, la famille, soutenue par Me Nunez du barreau de Périgueux, devrait porter plainte pour non-assistance à personne en danger. «Nous verrons avec l’avocat la qualification exacte de la plainte, cela pourrait être pour négligence», indique Saïd.
Confrontés au silence des autorités, les proches de Zouhir veulent «savoir la vérité». Une vérité d’autant plus cruciale pour eux qu’ils pointent plusieurs choses «anormales». «Nous sommes allés à Bordeaux où le corps a été autopsié, raconte Saïd. Là, nous avons découvert que Zouhir avait des traces de coups sur le visage et le genou.» Pour prouver ses propos, la famille a pris des photos de ces marques suspectes. « Nous voudrions savoir d’où viennent ces bleus !»
Une autre chose intrigue la famille de Zouhir : comment n’a-t-on pas vu qu’il n’était pas sur son lit cette nuit-là ? «Normalement, les surveillants passent toutes les heures pour vérifier que la nuit se passe bien, assure Saïd. Il est mort dans la nuit et se trouvait par terre, alors où étaient les gardiens ?» Plusieurs détenus ont affirmé à la famille «qu’il n’y avait pas eu de ronde cette nuit-là». Un détenu qui se trouvait dans la même aile que le jeune homme, mercredi soir, et qui est sorti depuis, affirme avoir «discuté avec lui jusqu’à minuit» et qu’«alors tout allait bien».
Pour la famille, il est «impossible que Zouhir ait voulu se suicider». Alors pourquoi et comment est-il mort, qu’a-t-il avalé ? Autant de questions qui restent encore sans réponse. «On nous répond que l’enquête est en cours et qu’on ne peut rien nous communiquer», explique Lamia. Un silence incompréhensible pour la famille, qui estime que «la prison l’a tué».
«Il avait des projets»
Des somnifères pour dormir, Zouhir en prenait sans doute, «comme la plupart des détenus». Mercredi soir, veille de son décès, le jeune homme de 26 ans téléphone à sa mère. «Il m’a dit que tout allait bien, qu’il travaillait», dit-elle. Certes, sa famille sait que «Zouhir avait fait des conneries pour se retrouver à Neuvic». «Mais il avait des projets, il devait travailler avec ma mère au restaurant à sa sortie. Tout était prêt», lance son frère, très ému.
La famille devrait porter plainte ce matin. «Nous allons aussi demander les conclusions du médecin légiste», insiste Lamia. Une manifestation en mémoire de Zouhir devrait avoir lieu dans les prochains jours.
Leur presse (Nancy Ladde, Sud-Ouest), 23 novembre.
Un détenu retrouvé mort, seul dans sa cellule
Neuvic-sur-L’Isle : Âgé de 26 ans, l’homme purgeait au centre de détention une peine pour des faits de vol avec violence et violences. Il avait été incarcéré en septembre 2008.
Hier matin, à l’ouverture des cellules vers 7 heures, les surveillants du centre de détention de Neuvic ont fait une macabre découverte.
Un jeune détenu âgé de 26 ans gisait au sol inanimé. Appelés en urgence, les pompiers n’ont rien pu faire, l’homme était décédé. «Le décès est intervenu dans la nuit et a été découvert lors de la première ronde», indique Stéphane Bérès, substitut du procureur de Périgueux. L’homme était seul dans sa cellule. «C’est le cas pour 90% des détenus, sauf pour ceux qui demandent à être deux», précise Ivan Steinkevich du syndicat Force ouvrière pénitentiaire basé à Neuvic.
Le détenu, originaire de Périgueux, purgeait une peine jusqu’en avril 2013 pour des faits de vol avec violence et de violences. «Il ne s’était pas fait remarquer ni en mal ni en bien», remarque le syndicaliste.
Suicide ou accident ?
Hier en fin de journée, aucune piste n’était privilégiée par le parquet de Périgueux. «Les premières constations de l’enquête ne montrent pas de trace de suicide», observe Stéphane Bérès. Toutefois, «quelques médicaments ont été retrouvés dans sa cellule alors qu’il ne suivait pas de traitement particulier».
«La première chose à laquelle on pense dans ce genre de cas, c’est à l’intoxication médicamenteuse, souligne Ivan Steinkevich. En revanche, à ce stade, nous ne pouvons pas savoir s’il s’agit d’un acte volontaire du détenu ou d’un accident.» Aucune lettre ou explication de ce geste n’a été en tout cas découverte dans la cellule qu’il occupait depuis septembre 2008. Hier, la famille a été reçue par l’administration pénitentiaire. Selon les premières informations, elle n’envisage pas de porter plainte.
Autopsie et examens
Une autopsie va donc être pratiquée aujourd’hui sur le corps du détenu pour déterminer précisément la cause de la mort. «Des examens toxicologiques vont être effectués pour savoir s’il avait absorbé des produits toxiques, relève Stéphane Bérès. Des analyses anatomo-pathologiques seront réalisées pour savoir s’il n’avait pas de problème de santé majeur pouvant occasionner son décès.»
Les premiers résultats de ces examens pourraient être connus demain.
Il y a moins d’un mois, le 24 octobre, un détenu de 53 ans s’était donné la mort par pendaison dans une cellule de la maison d’arrêt de Périgueux. Il s’agit du troisième décès dans une prison de Dordogne cette année. En septembre, un jeune Réunionnais avait mis fin à ses jours par pendaison au centre de détention de Mauzac-et-Grand-Castang.
Leur presse (Nancy Ladde, Sud-Ouest), 20 novembre.
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