On aime le poulet grillé à Breuillet (Essonne)
Breuillet (Essonne) : Une voiture de la gendarmerie incendiée
C’est une attaque sans précédent en Essonne. Dimanche matin, à l’aube, un véhicule de gendarmerie a été brûlé dans l’enceinte de la brigade de Breuillet.
C’est une petite brigade de gendarmerie de campagne tranquille, dont la porte s’ouvre presque sur les champs. Le drapeau tricolore à l’entrée, les bureaux derrière et, au fond de la cour, les logements de fonction des gendarmes. Un lieu d’ordinaire calme. Mais dimanche matin, vers 5 heures, un bruit d’explosion a sorti tout le monde du sommeil.
Sous les fenêtres des forces de l’ordre, dans l’enceinte de la caserne, une voiture de fonction était en feu. Ses pneus venaient d’exploser. Un incendie criminel qui met toute la gendarmerie sur les dents.
Par chance, le feu n’a pas fait de victime. Les gendarmes sont parvenus à limiter les dégâts, en utilisant des extincteurs et des seaux d’eau, avant que les pompiers n’arrivent. Ils en sont quittes pour une gouttière fondue et un mur un peu noirci. Mais les familles sont choquées.
«Il n’y a pas de psychose, mais c’est un acte grave», confie un militaire. À l’aube, le colonel Bernard Thibaud, patron des gendarmes essonniens, et le préfet Jacques Reiller sont venus réconforter les militaires, peu habitués à ce genre d’attaque.
Car l’intention criminelle ne fait pas de doute. La voiture bleue, estampillée gendarmerie, était garée depuis samedi soir dans la cour de la brigade, les garages affichant complet. Pour l’atteindre, le ou les incendiaires ont dû escalader le petit mur d’enceinte de 2 m de haut ou sauter par-dessus la grille. Rien d’insurmontable. Selon les premières constatations, ils auraient ensuite arrosé le véhicule avec un produit inflammable. Hier matin, des techniciens en identification criminelle ont effectué des prélèvements, dont les analyses sont en cours. Et toute la journée, de nombreux gendarmes sont partis interroger les habitants du secteur à la recherche de la moindre information.
La gendarmerie ne lésine pas sur les moyens. Une cinquantaine de militaires ont été mobilisés pour cette enquête, pilotée par la section de recherche de Paris et le groupement de gendarmerie de l’Essonne. Toutes les pistes sont étudiées : une vengeance liée à un dossier traité à Breuillet, l’acte d’un déséquilibré… Certains font même le parallèle avec l’attaque de la gendarmerie de Saint-Aignan, dans le Loir-et-Cher, la semaine dernière. «Cela n’a rien à voir, mais c’est tout de même inquiétant», glisse un gendarme.
Leur presse (Sandrine Binet, Le Parisien), 26 juillet 2010.