Des nouvelles de Grèce... le banquier se mange rôti !
Grèce générale !
La crise sociale en Grèce n’a rien de neuf. Bien longtemps avant la politique d’austérité menée par le gouvernement, la jeunesse n’avait plus d’espoir. Le manque de «perspectives d’avenir» en termes d’emploi a eu pour conséquence la naissance de nouveaux espaces de luttes. Depuis des années les mouvements se succèdent à Athènes et Thessalonique notamment. En décembre 2008, la police a tué (à nouveau), et le feu se propagea pendant des semaines sur tout le territoire grec. Des tags apparurent dans toute l’Europe en soutien aux émeutiers ainsi que des attaques d’ambassades un peu partout dans le monde.
Il ne sert à rien de se voiler la face. Cette politique d’austérité, c’est ce qui nous attend. Nous, pas en tant que Français, mais Nous (toutes nationalités confondues) qui vivons dans la misère, la précarité, qui galérons tous les jours. Pourquoi : parce que c’est la raison d’être du capitalisme. Il n’y a aucun intérêt à demander une meilleure répartition des impôts, des taxes, des salaires … gagner plus - pour consommer plus - pour produire plus … non merci. Il s’agit de se détacher de la création du besoin marchand afin de renouer avec des moyens d’épanouissement et de créativité, individuels et collectifs, qui sont l’essence même de la Vie.
Les luttes qui se mènent depuis plusieurs années en Grèce et notamment à Exarcheia, bastion de la colère, n’ont rien de luttes partidaires dans lesquelles on attend une main tendue par un quelconque gouvernement ou un changement de pouvoir. On n’attend rien du pouvoir, on travaille à l’effondrement de ce monde. On vise les banques, la spéculation immobilière, l’économie. On œuvre par l’intermédiaire de ces luttes à la réappropriation de son existence et de ses lieux de vie. Et comme le disent les traders et les banquiers, spéculateurs de la misère : «il n’y a pas de règles».
«Feu aux banques»
Athènes, 22 avril 2010
Ce qui a toujours été le plus impressionnant avec les réactions aux mouvements radicaux se déroulant hors du pays, c’est la faculté de certaines organisations à les soutenir, alors qu’ils se confondent dans un réformisme de bas étage lorsqu’il s’agit pourtant de pouvoir agir chez eux, allant même jusqu’à condamner l’affrontement direct avec le pouvoir et ses représentants. Lorsque la solidarité s’exprime par pigeons voyageurs, les pavés restent bien bas… Il est évidemment plus facile de soutenir une révolte lointaine, même à tendance insurrectionnelle, que de s’inscrire dans des logiques de luttes concrètes sur des principes démocratiques et reposant sur des actions comme des occupations, des blocages de flux économiques ayant plus d’effet que les traditionnels cortèges macabres. La démocratie ne peut exister sans conflit, la pacification en est son pire ennemi.
La où commence la récupération, commence la dissociation.
Solidarité avec les émeutiers de Grèce et d’ailleurs.
Que crève ce monde et vive la Révolution.
Des enragés
«Seuls les hommes libres peuvent se raviser et réinventer le monde. Bien que personne ne dispose d’une entière liberté, certains hommes sont plus libres que d’autres.»
Ivan Illich.
Tract caennais, mai 2010.
