Lundi 12 mai 2008

À Grasse, la banalisation de la mort d’un jeune homme de 22 ans est mise en scène par médias interposés. Suivant les uns ou les autres, nulle trace de remords ou d’interrogation, tout est à charge pour Abdelakim Ajimi. Son passé, il sortait de soin, la cause, il s’est énervé à la banque, son arrestation, il a démis l’épaule d’un policier…

Mais des témoins (source Le Monde) ont vu le jeune homme plaqué face contre terre au sol par 3 flics, les genoux dans son dos et l’un qui l’étranglait, «j’ai entendu le jeune homme dire qu’il ne pouvait plus respirer, le visage d’Abdellakim est devenu violet. Alors il a tapé contre le sol avec la paume de sa main, à la manière d’un catcheur qui veut cesser le combat», a indiqué un témoin, cité par l’avocat de la famille. Selon un autre témoin «cela a duré 20 minutes environ, ils l’ont ensuite jeté dans le coffre de la voiture de police».

Le préfet parle d’enquête, l’IGPN [Inspection générale de la police nationale], la police chargée de surveiller la police, attend les résultats de l’autopsie ! On se fout de notre gueule ! Le préfet aux ordres, et l’IGPN qui va charger ses copains ?!

C’est comme d’habitude (Villiers-le-Bel ou ce jeune de 14 ans mort sur un passage piéton à Marseille, fauché par une voiture de flics),
une marche du souvenir, les larmes des parents au JT et le tour est joué.

Il va falloir combien de morts et/ou d’infirmes de ces violences pour enfin que l’on se bouge notre cul ? À faire nos trucs chacun de notre côté, et passer sur l’essentiel, la vie.
Encore l’arbitraire, le sécuritaire, tout ce qui fait ce que l’on hait le plus se renouvelle régulièrement. On devrait envoyer un signal fort que leurs méthodes on les clash. Que cette société, ce monde on n’en veut pas.
Nos silences, ces manifs à la con, ne sont pas la bonne réponse. Plus de parlotte, plus de jeu, le pouvoir est à la rue, prenons la rue !

Rebellyon, 12 mai 2008
Jeudi 1 mai 2008
Cet article est une (mauvaise) mayonnaise policière qui prépare (cherche à légitimer) arrestations et procès en tout genre dont voici quelques exemples : CFDT, syndicat jaune ?, CFDT contre AC ! : le syndicalisme responsable a trouvé ses coupables, Rassemblement pour Ivan, Federico et Nicola libérés !.

Pour ne pas être démuni dans de telles circonstances, un conseil de lecture : Face à la police / Face à la justice.

Certains sont probablement heureux d’une telle forme de reconnaissance (incarner lennemi intérieur). Cest nimporte quoi. Pas envie ni temps pour en dire davantage, le post qui suit, trouvé sur Indymédia, établit une distance critique minimale :

Pour ceux qui ne le savaient pas, une enquête nationale est en cours autour de la dite «mouvance anarcho-autonome». Ce nouvel article, tracé sous la dictée policière, joue à nouveau sur le spectre dun retour du terrorisme dextrême-gauche, de type Action Directe, pour enfermer davance au nom de suspicions d’«intentions terroristes» ceux et celles qui sorganisent en marge des partis et des syndicats.
Ceux-là même qui seraient susceptibles — ne lont-ils déjà pas fait lors, notamment, du CPE ? — détablir les passerelles qui manquent à un mouvement social qui sépuise à force de saffronter à des aveugles et à des sourds. Ceux-là mêmes qui nourrissent des perspectives plus larges que de simples revendications et pensent quil ny a pas quen mai quon peut se révolter. Peut-être est-ce cela qui dérange.
Que faire quand les voies politiques traditionnelles (pseudo-contre-pouvoirs institutionnels, pétitions, manifestations, grèves encadrées) apparaissent incapables d'infléchir les politiques gouvernementales et, au-delà, de faire émerger un monde — ou des mondes — qui échappe à la logique implacable du capitalisme ?
Dautres idées, dautres formes de vie, dorganisation, denvisager la politique et la révolte existent. Ne les laissons pas nous terroriser, nous bâillonner, nous enfermer, nous «groupusculiser», nous séparer.
Les flics et les médias rêvent de terroristes quand nous voyons des ami-e-s, des copains, des copines et des camarades.
Ils veulent faire peur et, pour y parvenir, en rajoutent sur les faits, tablent sur des suspicions, établissent des liaisons foireuses et instituent de faux modèles, de fausses «références».
Il tient à tou-te-s de ne pas y donner foi, den discuter autour de nous pour nous faire notre propre idée… car on ne peut pas répéter sans cesse que les médias mentent, manipulent et leur donner crédit quand est utilisé, répété, le mot-clef «terroriste», repoussoir institué susceptible de faire passer des activistes, des militants pour des criminels et pourquoi pas des assassins.
Regardons lhistoire, voyons à quels points certains pratiques étaient courantes il ny a pas si longtemps, sans pour autant que leurs auteurs soient dénoncés comme terroristes… et demandons nous pourquoi.
Ne pas lâcher.
Se sentir solidaire.
Garder la pêche.

Les nouveaux combattants de l’ultragauche

Violences et tentatives dattentat se multiplient contre les bâtiments publics. Leurs auteurs sont souvent de très jeunes militants autonomes qui haïssent l’État et le capitalisme, et jugent lextrême gauche «embourgeoisée». Les Renseignements généraux les surveillent de près. État dune menace qui progresse… et inquiète.


Elles ont tout juste 20 ans, lui à peine plus. Familiers des squats de Toulouse où se croisent jeunes paumés, SDF à la dérive et militants anarchistes et autonomes, les deux jeunes filles et leur compagnon ont été interpellés par la police un matin de janvier, après des semaines d’enquête et de surveillance. Lattentat à la voiture piégée, quils avaient fomenté à Rennes quelques jours plus tôt, avait heureusement échoué : les trois bouteilles de gaz cachées dans une voiture garée devant le siège de la Direction régionale des douanes navaient pas explosé. Mais le petit carnet noir retrouvé sur lun des membres de ce commando attestait sa marche vers la violence : les policiers y ont retrouvé des repérages pour la préparation de vols à main armée dans la capitale bretonne et le mode demploi nécessaire à la fabrication dexplosifs.

Lexemple nest pas isolé : depuis deux ans, les Renseignements généraux disent avoir observé une recrudescence de telles formes dengagement, à la confluence de laction politique et du terrorisme. Profil type de ces nouveaux combattants de l«ultragauche» : de très jeunes gens issus de la mouvance anarchiste ou libertaire et de lextrême gauche la plus radicale, engagés dans le refus de l’État, du capitalisme et de la mondialisation, qui vivent et se déplacent en petits groupes, ne travaillent pas et sont à la recherche de toutes formes de contestation radicale. À la demande de Michèle Alliot-Marie, un vaste recensement national des actes et des groupes en relation avec cette mouvance est en cours.

Un récent rapport de la Direction centrale des RG, classé confidentiel et remis à la ministre de lIntérieur, estime le nombre de ces militants «entre un et deux milliers» dans lensemble de la France et signale lexistence de «quelques centaines déléments radicaux» — que la hiérarchie policière estime «aux alentours de 300». Leurs terrains privilégiés sont situés à Toulouse, Montpellier, Nantes, Rennes, Grenoble, Lyon et dans la région parisienne. On les retrouve dans les grandes manifestations politiques comme les défilés contre le contrat première embauche (CPE) en 2006 et la réforme des retraites en 2007, où ils se joignent souvent aux «casseurs». On les remarque aussi dans les rassemblements de soutien aux sans-papiers ou les protestations contre les expulsions. Les cortèges de militants altermondialistes à loccasion des sommets du G8 constituent pour eux des points de ralliement obligés. Leurs retrouvailles avec leurs homologues européens y suscitent des déchaînements de violence — comme à Gênes, en 2001, où les carabiniers sétaient laissé entraîner dans une sanglante bataille rangée.

Mais, si leur vigueur et leur résistance surprennent dans les bagarres avec les forces de lordre, ils nont pas le profil des skinheads et autres brutes de lextrême droite fascisante. «Ils ne constituent pas une organisation structurée, mais ils ont une culture politique et une formation idéologique bien supérieures, explique un dirigeant policier. Et ils maîtrisent les techniques de la guérilla urbaine, ce qui les rend redoutables.» Ils lisent la presse (même sils dénoncent sa «soumission au capitalisme»), communiquent via Internet, animent parfois des sites Web dont lobjet apparent est le soutien aux prisonniers ou aux immigrés. Ils rêvent de grèves générales et leur référence continue dêtre Action directe, qui enchaîna hold-up, attentats et assassinats dans les années 80. Doù la crainte policière de voir ces émules passer à lacte un jour. Signe dune adulation jamais démentie : en décembre 2007, un petit groupe de sympathisants toulousains, le MixArt Myrys, organisait une vente de tableaux au profit dun comité de soutien aux prisonniers politiques dAction directe — Nathalie Ménigon, lun des pivots d'AD, est en semi-liberté au centre de détention voisin de Seysses…


Bombes et sabotages

Les RG locaux évoquent parallèlement lexistence, dans lagglomération toulousaine, de plusieurs squats politiques de la même mouvance, dont un, baptisé Le Pavillon sauvage, a investi des bâtiments militaires. Les registres policiers attribuent aussi à la mouvance dultragauche plusieurs tentatives dattentat non revendiqués dans la Ville rose : des jets de cocktails Molotov en série, en avril 2007 (juste avant la visite de Ségolène Royal), contre la Chambre régionale des comptes, lANPE et le Conseil économique et social ; le dépôt dun réchaud piégé devant un poste de police le 14 juin suivant ; et même une bombe artisanale placée au centre de rétention administrative des Minimes, le 16 octobre, avant la visite annoncée du préfet…

Le 7 mars, dautres bombes ont été désamorcées devant le centre des impôts, et une semaine plus tard devant lentrée de limmeuble qui abrite le siège régional du Medef : un flacon isotherme empli de liquide explosif qui fit long feu, mais qui rappelle — par lobjectif et la méthode — lengin retrouvé dans les toilettes dHEC, à Jouy-en-Josas, le 23 août 2007, près de lamphithéâtre où se tenait luniversité dété du Medef, que devait inaugurer Laurence Parisot et qui attendait la visite de Nicolas Sarkozy… Les 16 bouteilles pleines dun mélange dessence et de white spirit étaient reliées à un dispositif de mise à feu équipé dun minuteur. «Une bombe artisanale mais de bonne facture», avaient diagnostiqué les experts — qui se déclencha sans exploser.

Sans atteindre le degré dorganisation ni lefficacité des «modèles» dAD, de telles tentatives devenues courantes font craindre aux RG «la renaissance dun terrorisme de nature idéologique» à la gauche de lextrême gauche électorale (celle de la LCR et de Lutte ouvrière), que ces militants autonomes jugent embourgeoisée et vendue au système. Leurs tracts et leurs slogans nappellent pas au rejet du capitalisme mais à sa «destruction», de même quà celle des symboles de «l’État répressif» : prisons, locaux de police ou de justice. Les spécialistes du ministère de lIntérieur nexcluent pas que de tels partisans, électrons libres évoluant à la gauche des syndicats SUD, soient aussi à lorigine des sabotages de voies ferrées perpétrés au moment des grèves de la SNCF en 2007.

Le 23 janvier, un jeune couple a été arrêté par des douaniers au péage autoroutier de Vierzon (Cher). Déjà repérés dans des squats autonomes de Rennes, Nantes et Montreuil-sous-Bois, ils cachaient dans leur voiture 1,6 kilo de chlorate de soude et un mode demploi en plusieurs langues pour la fabrication de bombes artisanales à partir de ce produit. Ils détenaient aussi les plans détaillés du centre de détention pour mineurs de Porcheville (Yvelines).

Lenquête a révélé un étonnant recoupement : lADN de la jeune femme correspondait à une empreinte relevée sur lengin explosif trouvé sous une voiture de police en mai 2007, aux abords du commissariat central du 18e arrondissement de Paris — un attentat revendiqué par… les indépendantistes corses du FLNC-Union des combattants ! «Les militants de ces mouvances nont rien de commun, mais ils se croisent souvent dans des foyers ou des lieux réservés aux associations», explique un responsable policier.

À Fontenay-sous-Bois, le 19 janvier, trois autres de ces «routards anarcho-autonomes» — selon les RG — avaient été interceptés en possession de substances explosives et de clous, alors quils se rendaient à une manifestation sous les murs du centre de rétention administrative de Vincennes. À Rennes, les enquêteurs ont saisi des tracts détournant de vieux slogans féministes : «Si je sais faire un gâteau, je sais faire une bombe.» Dans lAude, une note récente relevait la montée des agitations contre lusine dOGM de Monsanto et prévenait : «Lusage dexplosifs artisanaux nest plus exclu.» Plus modestement, les RG de lHérault ont signalé les débordements de militants qui appelaient à «brûler les voitures des bourgeois» et joignaient le geste à la parole.

Loin dendiguer cette progression, les arrestations de ces militants alimentent la contestation et renforcent les mouvements qui la relaient. De nombreux comités de défense se sont créés ces derniers mois, ainsi que des «caisses de soutien» aux détenus. Lune d'elles, baptisée Calimero — du nom du poussin noir du dessin animé dont le leitmotiv est : «Cest trop inzuste» —, appelait récemment à «la continuité de révoltes qui peuvent être individuelles ou collectives et prendre diverses formes». Un site Internet dultragauche reproduisait, il y a quelques jours, la lettre de deux des trois militants interpellés à Fontenay, écrite de leur prison. «Nous espérons, concluaient-ils, que nous sommes nombreux à avoir cette rage au cœur pour tisser les solidarités qui feront les révoltes.» Lun des internautes a répondu : «Tenez bon. On est avec vous. En pensée et en action.»

Hervé Gattegno
Le Point no 1859, 1er mai 2008

Tour dEurope de lultragauche
En Grèce, depuis le démantèlement (en 2003) du groupe historique du 17-Novembre, à lorigine dune cinquantaine dattentats entre 1975 et 2000, de nouveaux groupes sont apparus : le principal est EA (Lutte révolutionnaire), auteur dune attaque contre le convoi du ministre de la Culture en 2006 et dun tir de roquette contre lambassade des États-Unis à Athènes. Dautres groupes anarcho-révolutionnaires ont parfois ciblé des intérêts français — des concessions Renault et Citroën en 2006 — en réplique à des expulsions de squats autonomes dans notre pays.
En Allemagne, de petites cellules révolutionnaires se sont signalées à Berlin et à Hambourg, ainsi que lors du sommet du G8 à Heiligendamm, au printemps 2007. Le 2 juin 2007, à Rostock, une troupe de militants ultraviolents sest attaquée à coups de cocktails Molotov et de feux dartifice aux forces de lordre, blessant 433 agents et policiers.
En Espagne, les héritiers des Grapo (Groupes dappui à la résistance antifasciste), dont le dernier commando a été arrêté en janvier 2008 à Barcelone, sappellent Okupas, actif en Catalogne, et Antifa, implanté à Madrid ; ces deux mouvements multiplient notamment provocations et bagarres contre la police locale.
En Belgique, dex-membres des anciennes Cellules communistes combattantes ont formé un Bloc marxiste-léniniste, dont la propagande salimente du conflit nationaliste entre Wallons et Flamands

Italie : Les Brigades rouges ne sont pas mortes
Le 2 mai 2003, le contrôle de routine dun couple dans un train à proximité de Florence dégénère en fusillade. Un agent et Mario Galesi, lhomme qui avait ouvert le feu contre les policiers, périssent. Nadia Desdemona Lioce, la femme du couple, est arrêtée.
Les nouvelles Brigades rouges sont décapitées. Car, vivant en clandestinité depuis 1995, Nadia Lioce, 45 ans, était devenue la chef des terroristes se revendiquant des BR. Cest sa cellule qui avait assassiné en mai 1999 léconomiste Massimo DAntona et, en mars 2002, le conseiller du ministre du Travail Marco Biagi.
Lagenda et lordinateur de Nadia conduisent à larrestation de ses compagnons darmes. À lépoque, larrestation de lintégralité des membres des Brigades rouges-Parti communiste combattant (BR-PCC) est considérée comme léradication des derniers vestiges des BR. Erreur. En février 2007, un coup de filet conduit à larrestation dune quinzaine de militants se revendiquant des nouvelles Brigades rouges. La police découvre une cache darmes et des documents qui indiquent la préparation dattentats contre deux journaux, Il Corriere della sera et Libero, et contre la villa de Berlusconi en Sardaigne.
La présence de sept syndicalistes sur les quinze personnes incarcérées est un choc pour lopinion, car elle semble indiquer une complicité entre terrorisme et monde syndical, comme dans les années 70. Les derniers militants arrêtés appartiennent à une génération spontanée qui na pas connu les acteurs des «années de plomb» et qui a poussé dans les réseaux alternatifs des squats. Elle réunit altermondialistes, anarchistes et une frange décologistes durs. La police redoute que le retour au pouvoir de Silvio Berlusconi ne relance des violences similaires à celles du début des années 2000 commises contre des banques, des tribunaux et des sièges de son parti, Forza Italia.

Dominique Dunglas (à Rome)


Réponse des Pavillons sauvages, le 5 mai 2008

Les Pavillons sauvages sont cités dans l’article du 1er mai 2008 sur «les nouveaux combattants de l
ultragauche», cela entre deux paragraphes parlant de terrorisme, nous entendons exercer un droit de réponse afin déclaircir ce qui pourrait passer pour un amalgame légèrement hâtif.

Les Pavillons sauvages sont un squat qui réunit la plèbe universelle ! Cette même plèbe qui, depuis plus d
un an que le lieu existe, a créé :
— Une crèche parentale gratuite que lon nous empêche toujours douvrir sous prétexte que le lieu nest pas légal, «si vous louvrez on vous met en prison», quand Toulouse compte environ 3000 demandes non satisfaites de places supplémentaires dans les crèches, que nos locaux sont aux normes et attendent des mêmes pouvoirs publics une officialisation, que nous disposons du personnel qualifié, que malgré ce que peut croire lopinion véhiculée le plus souvent par les grands médias, certains voisins, ou la police, nous payons nous aussi nos factures…
— Une salle de 4 ordinateurs connectés, libres daccès, trois espaces dexposition, une salle de rencontres musicales qui compte bientôt la centaine dévènements gratuits, deux locaux de répétition, une salle polyvalente, des ateliers darts plastiques, de photo, de vidéo, une fripe, deux potagers, un parc rendu public, un compost de quartier, etc. Tout cela dans la liberté et la gratuité.

C
est évident, ce sont les gens le plus à gauche qui sont dangereux, et non pas les centuries de mercenaires humanoïdes surarmés… Les loups se font encore passer pour des brebis. Et la société civile achèvera-t-elle sa lobotomie au hurlement des sirènes du chantage social ? Qui fait seulement le compte ? Toutes les maladies apparaissent aujourdhui en occident de la surconsommation et de lorganisation du travail, non de la faim. Le cancer de nos vies provient de cette dette infinie quest lorganisation économique. Notre planète toute entière en crève.

Qui fait seulement le compte ? Les acquis sociaux fondent au soleil, les pauvres sont maintenant exclus même du RMI, les associations mettent la clé sous la porte. Une MJC disparaît, une prison pour mineurs se construit.

La justice ne peut consister qu
à relier enfin dommages et réparation. Ces quelques centaines de milliers dactivistes amoureux de justice et de vérité, certes légèrement excitables par les injustices sociales représentent évidemment un danger pour loligarchie — mais qui sen plaindrait ?

En France, nous disposons de 2 millions de logements vides, et d
encore 300.000 personnes dehors. Vous ne voyez rien de choquant à cela ? Nous si, alors nous occupons. Nous violons cette sacro-sainte propriété ; celle-là même qui dicte que larmée rénove pour 400.000 € des locaux quelle détruit 3 ans plus tard ; qui préfère à une joyeuse friche sociale, culturelle et écologique, une nouvelle résidence-barre en crépit, éradiquant lactuel îlot de verdure, désertant la rue, et enfin installant lanonymat dans lequel croît si bien linsécurité.

Notre initiative est «autonome», en ce sens qu
elle «se donne son sens». Le capitalisme ne peut-il rien tolérer qui ne soit son émanation propre ? Devrait-il se sentir en péril sil nimposait pas toutes ces mesures coercitives ? Doit-on taper sur les manifestants, expulser toute zone échappant encore au Contrôle ? Et combien de temps appellerons-nous encore cela démocratie ?

Notre justice crée elle-même les criminels, car le même acte peut recouvrir un sens diamétralement opposé selon le contexte. Et le contexte, c
est, au cas où vous ne lauriez pas remarqué, que le monopole de la violence revient aux États, aux mafias (qui ne sont dailleurs plus si différentiables), et au monde du travail. À quoi peut-on sattendre lorsque lon organise lexploitation généralisée ? La violence nest précisément jamais gratuite.

Pour conclure, permettez-nous une petite citation de ce cher Albert Cossery, «personne n
ignore que les pauvres sont capables de tout. Depuis des temps immémoriaux, cétait là le seul principe admis et cautionné par les classes possédantes. Mais ce principe outrageant procéde dune imposture car, si les pauvres sont capables de tout, ils seraient déjà riches à linstar de leurs calomniateurs. Doù il découle que, si les pauvres persistent dans leur état, cest tout simplement quils ne savaient pas voler.»

Il y a cependant une différence entre pauvreté et misère. On «misère» aussi bien à 3000 € par mois ; la frugalité, elle, est davantage un signe de puissance, de «résorption dans l
essentiel» comme qui dirait.

À bon entendeur,
Mercredi 30 avril 2008

Cet après-midi, une nouvelle manifestation s’est déroulée devant lOffice de la honte à partir de 14 heures. Près de 300 manifestants, soit deux cents sans-papiers et une centaine détudiants. Ambiance très combative. La pelouse se transforme quasi en camping avec quelques tentes qui suscitent linquiétude des représentants de lordre dirigé par le célèbre Captain Vandersmissen. En effet deux camions de la voirie se stationnent devant lOffice.

Le Captain, dès 15 heures 30, s
introduit dans la manifestation et exprime sa volonté de «dégager». Le reste, les arguments des organisateurs pour une fin de manif paisible «cest de la politique». Et à 15 heures 50, encerclement par les robocops. Violences diverses (le classique aplatissement au sol, quelques coups de matraque, des coups de pieds et le non moins classique «colsonage» à serrage variable).

Départ en car (quatre voyages successifs) vers le Palais de Justice et son «Alcatraz». Dans les bus un policier se met à la recherche du parlementaire effectivement arrêté après avoir été plaqué dans la boue. Pas de fouilles, mais incarcération. Pas d
accès à la toilette (jusquau delà de 22 heures). À partir de 21 heures, divers policiers se présentent à la porte des cellules pour savoir combien de personnes sont enfermées là, puis, qui a des papiers. Auparavant, les GSM fonctionnent à plein régime : le chef de cabinet de Thielemans assure une libération pour tous dès 20 heures. Carine Lalieux pareil… Il apparaît cependant que lOffice va recenser les divers «sans-papiers» et les traiter selon les procédures habituelles. Cest-à-dire mettre en œuvre des expulsions. Les policiers, de plus en plus énervés, semmêlent les pinceaux dans la nature des papiers (9.3 et un mystérieux 28). Les Belges ont décidé de refuser la sortie. Jusquà être débusqués dans le fond des cellules sur leur apparence. Il apparaît que ce qui provoque lénervement, sans oublier un racisme militant, des policiers, cest la présence de «gauchistes». Dès 20 heures une manif sorganise à lentrée, et à la sortie, du centre pénitentiaire.

À cette heure, ce sont deux cents personnes qui manifestent, dont des avocats, des étudiants, des «gauchistes»… L’avocat Leurin (Leurquin ?), accrédité régulièrement pour sassurer des conditions dincarcération, se fait tabasser par quatre policiers de garde, dont un commissaire. Selon un policier, ce sont les avocats qui libèrent les délinquants.

C
est la première rafle, depuis celle de léglise dAnderlecht. Il semble que cette affaire agite les sphères gouvernementale. Je pense que Dewael veut faire un exemple.

Thierry [Stopauxrafles]
30 avril 2008, 01:36:01




Le «Comité d’Action et de Soutien aux sans-papiers» de l’ULB [
constitué au sein de la Communauté universitaire de l’ULB en solidarité avec les personnes sans papiers occupant actuellement un bâtiment de l’ULB] tient à exprimer sa profonde indignation face à l’attitude de la police envers les sans-papiers tout au long de la journée du 29 avril.

Une autorisation orale avait été donnée par la police de manifester dans un cadre légal jusqu’à 16 heures, devant l’Office des Étrangers. L’intervention policière a eu lieu à 15h55, sans avertissement, prenant dès lors les manifestants au dépourvu, et ce seulement 20 minutes après la rencontre d’une délégation d’étudiants et de sans-papiers avec l
entourage de M. Thielemans, bourgmestre de la ville de Bruxelles.

La police a fait preuve d’une rare brutalité lorsqu’elle a délogé les manifestants. Des familles comprenant des enfants en jeune âge ont été emmenées avec violence, le reste des manifestants étant traité au mieux avec mépris, au pire avec racisme. Plusieurs témoignages confirment les insultes racistes répétés de la part des forces de l’ordre, et ce tout au long de la journée. D
autre part, deux avocats ont été violentés et traités de «crapules» par les policiers.

Il s’agit non seulement d’une arrestation massive de manifestants, mais aussi, et cela ne s’était plus vu depuis deux ans, d’une rafle organisée en plein mouvement de revendication de personnes sans papiers.

Par ailleurs, à 4 heures du matin, alors qu’environ 150 personnes, principalement des étudiants, manifestaient aux portes du Palais de Justice de Bruxelles pour obtenir la libération de la trentaine de personnes encore enfermées, différentes sources ont fait état de brutalités policières à l’égard de deux détenus sans-papiers. Immédiatement, la police, aidée d
un «tank à eau», a chargé les manifestants, les poursuivant jusque dans les Marolles.

Ces évènements sont pour nous non seulement inacceptables mais sont également le reflet d’un changement de ton en matière de politique d
immigration. Le comité juge M. Thielemans, chef de la Police, responsable de l’ensemble des incidents de la journée, tant la répression policière d’une manifestation pacifique, la rafle et l’enfermement sans discernement de 130 manifestants.

Durant la nuit, les manifestants, à la manière d’un mois de mai pas si lointain, se sont réunis en Assemblée Générale et ont décidé de se retrouver le lendemain, ce mercredi 30 avril 2008, à 10 heures, devant le siège du Parti Socialiste, pour manifester contre sa façon brutale de traiter la question des sans-papiers en Belgique.

[Udep] 30 avril 2008, 05:34:32
Mercredi 30 avril 2008
Pour mémoire, les faits se déroulent deux jours après l’élection de qui on sait…


Grigny (Essonne) : Le jour où la police a tiré à balles réelles sur les émeutiers

Le 8 mai 2007, contre toutes les règles d’engagement des forces de l’ordre en banlieue, les policiers ont utilisé leur 357 Magnum contre des émeutiers à la Grande Borne, un quartier de Grigny (Essonne). Au moins 7 coups de feu, peut-être 9, ont été tirés en direction de jeunes qui lançaient des pierres et des cocktails Molotov. Un incident que les autorités judiciaires locales ont cherché à minimiser en limitant les investigations.

Vers 22 heures 20, ce soir-là, 30 à 40 jeunes attaquent avec des pierres et des cocktails Molotov des policiers venus surveiller le tournage d’un clip vidéo. L’affrontement est qualifié de «particulièrement dur» par les forces de l’ordre, rapidement débordées. Celles-ci tirent avec leurs flash-ball et utilisent des grenades lacrymogènes. Sans effet. «Nos munitions n’avaient aucune conséquence sur la détermination de nos assaillants», raconte le chef de la brigade anticriminalité (BAC) devant les enquêteurs de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN).

La vingtaine de policiers est obligée de se replier dans une station service un peu plus loin. Les violences se poursuivent. Sur les images de la vidéosurveillance, on voit notamment un individu en train de saisir le pistolet d’une pompe à essence puis tenter de l’allumer avec un briquet — sans y parvenir. Dans la panique, selon le récit donné par les forces de l’ordre, un des policiers tombe. Un émeutier, qui se trouve à une dizaine de mètres, le voit et se prépare à lancer un cocktail Molotov.

Le brigadier-chef P., fait alors feu avec son arme de service pour protéger son collègue. À trois reprises, assure-t-il. Le jeune homme, âgé de 17 ans, est touché au bras mais il parvient à s’enfuir. Interpellé à l’hôpital peu après, il reconnaît, après seize heures de garde à vue, avoir lancé un cocktail Molotov éteint sur les policiers alors qu’il se trouvait à une cinquantaine de mètres. La justice décide de l’écrouer et ouvre une information judiciaire pour tentative de meurtre.

Voilà pour la version officielle. Car l’enquête conduite par l’IGPN, pour vérifier les conditions d’usage de l’arme, va mettre à jour un scénario très différent. D’abord parce que les enquêteurs ne découvrent pas 3 impacts mais 8, auxquels s’ajoute la balle reçue par le jeune homme. Prudemment, puisqu’une partie des impacts ont pu être causés par des éclats, l’IGPN estime qu’il y a eu «entre 7 et 9 tirs effectués».

Confronté aux découvertes sur le nombre de tirs, le brigadier-chef de la BAC revient sur ses déclarations le 10 mai. Devant l’IGPN, il reconnaît avoir utilisé dans la «panique» les 6 cartouches de son revolver Manhurin. Il avoue aussi s’être débarrassé de 3 douilles «dans une bouche d’égout ou dans un terrain vague» pour tenter de dissimuler ses tirs. «J’ai craint que l’administration trouve mon comportement excessif et que d’avoir tiré 6 cartouches était trop par rapport à la situation vécue», indique le policier, bien noté par sa hiérarchie.

Ces nouvelles déclarations expliquant seulement 6 des 7 ou 9 tirs, l’IGPN propose d’effectuer de nouvelles investigations. Notamment pour déterminer si un ou plusieurs autres policiers ont fait usage de leurs armes. Mais le parquet d’Évry refuse en arguant que la mesure ne paraît pas justifiée. Fait étonnant, qui traduit le trouble provoqué par cette décision, le commandant de l’IGPN dresse un procès-verbal rendant compte de sa conversation téléphonique avec le procureur et du choix de ce dernier de limiter le champ de l’enquête.

Au cours de ses recherches, l’IGPN met en évidence d’autres zones d’ombre. Sur les images de la vidéosurveillance, la scène décrite par l’auteur des tirs n’apparaît pas. Le doute s’accentue avec l’expertise balistique qui met en évidence une «incompatibilité» entre les déclarations du policier et les constatations établies sur place. Malgré ces contradictions, le rapport conclut néanmoins à la «légitime défense», relevant que le jeune homme blessé a partiellement reconnu les faits.

Après avoir reçu le rapport, le 16 juillet 2007, le parquet classe immédiatement la procédure sur l’usage de l’arme à feu. «À ce moment, les déclarations des policiers et du jeune concordaient. Et comme l’enquête de l’IGPN concluait à la légitime défense, il était logique de classer l’affaire», justifie aujourd’hui Jean-François Pascal, le procureur de la République d’Évry. Le 24 avril, il a annoncé sa décision de demander une nouvelle enquête de l’IGPN.

Dans un premier temps, le parquet ne transmet pas le document au juge chargé d’enquêter sur la tentative de meurtre. Dans l’ignorance des résultats de l’enquête IGPN, celui-ci maintient la victime du tir policier en détention provisoire. Y compris lorsque le jeune homme revient sur son aveu partiel, en octobre, en évoquant «la pression des policiers» au cours de la garde à vue.

La situation change en février 2008 lorsque le magistrat instructeur apprend, incidemment, l’existence du rapport de l’IGPN. Découvrant son contenu, il décide la remise en liberté du jeune homme, alors en détention provisoire depuis neuf mois. Le parquet d’Évry fait appel. Mais ne convainc pas la chambre d’instruction de la cour d’appel de Paris, qui confirme la remise en liberté en fustigeant l’attitude du parquet d’Évry. La famille du jeune homme, défendue par Me Damien Brossier, espère désormais un non-lieu et une indemnisation pour la blessure et la période de détention.

Le Monde, 26 avril 2008
Mardi 22 avril 2008

Témoignages de violences policières à Lyon, le 5 avril dernier

Samedi 5 avril, à Lyon, après une soirée avec deux amis, vers une heure du matin, Abdel [
Le prénom a été changé pour préserver lanonymat] patiente devant l’arrêt de bus du C3, à la sortie de métro Hôtel de Ville, pour rentrer chez lui.

Une Laguna verte sarrête, trois policiers en civil en sortent, mettent leurs brassards. Ils intiment aux trois amis lordre de sortir les mains de leurs poches, et de présenter leurs cartes didentité ; ce que les trois personnes font. Abdel na pas la nationalité française mais il possède un titre de séjour de 10 ans. Une première palpation de sécurité est effectuée. Le motif ? Aucun.

Le flic qui contrôle Abdel lui demande : «Il est de quelle origine votre ami ?» Réponse : «Vous n
avez quà lui demander directement.» Suite à cette réponse logique que le policier doit sans doute trouver impertinente, le flic demande à Abdel de mettre les mains contre le mur pour le fouiller à nouveau. Abdel objecte que sils veulent le fouiller, il faudra lemmener au commissariat.

C
est à ce moment que le policier sénerve et plaque brutalement Abdel contre le mur, puis le fait tomber à terre. Tout senchaîne très vite. Les policiers crient aux deux autres personnes de sen aller, ce quelles font. Pendant ce temps Abdel est au sol, un policier est sur son dos. Il souffre justement de problèmes de dos et indique aux policiers que cela lui fait mal. Les policiers semblent ne pas entendre et lui serrent les menottes très fort, avec les pieds appuyés sur ses poignets. Il proteste, tout en continuant de vouvoyer les policiers. Cest là quun des policiers lui plante une sorte de crochet à trois piques dans le pouce gauche. La douleur est, sur le coup, très vive et la chair est apparente.

La plaie se met à saigner. Abdel est embarqué dans la voiture où les policiers le frappent à coups de poings et l
insultent : «Connard, voleur.» Ils se moquent dune faute de français qua fait Abdel en se plaignant davoir mal : «Si tu veux vivre en France, il va falloir tintégrer et apprendre la langue.» Abdel perd plus ou moins connaissance dans la voiture ; à larrivée au commissariat, les policiers le traînent à terre par les menottes, ce qui lui fait très mal aux poignets. Ils appuient avec leurs pouces derrière ses oreilles et sa mâchoire pour lobliger à se lever. Puis on le colle la tête contre un mur, on linsulte. Abdel proteste devant ces agissements, quil qualifie de racistes. Il se débat pour éviter les coups. Plusieurs policiers sacharnent alors sur lui, à coups de poings, de pieds et de matraques. Il saigne abondamment de la tête. Un des policiers létrangle avec le coude autour du cou, il a beaucoup de mal à respirer. À ce moment là, un des policiers prend peur et invite les autres à lemmener aux urgences. Abdel se relève, il veut se regarder dans la glace pour voir létat de ses blessures. Nouveau coup de poing. Quelquun nettoie son sang à terre avec un balai-serpillère. «On aurait dit que ce nétait pas grave de voir tout mon sang répandu par terre, comme si mon sang comptait moins que le leur.»

Un drap est placé dans la voiture de police «pour ne pas salir les sièges». Abdel perd connaissance. Enfin arrivé aux urgences, et toujours menotté, il perd beaucoup de sang. Il est assis sur un brancard et ne peut s
allonger, avec les bras menottés dans le dos. Le médecin demande si on peut lui enlever les menottes pour le soigner, «Non il est très dangereux» répliquent les policiers. Finalement, ils acceptent (tout en ayant proposé de lui entraver tout de même les pieds). Des points de suture sont posés. Abdel demande un verre deau, refus des policiers. Une soignante finit par lui en apporter un. Le médecin sinquiète de létat de sa main, qui a bleui à cause des menottes très serrées.

Il est 3 ou 4 heures du matin. Abdel va passer la nuit à l
hôpital. Les policiers lui rendent alors sa veste, sa carte bleue et son portable et partent tout simplement. Ils ne lui auront jamais signifié la raison du contrôle, de son arrestation, ni bien sûr des coups.

Le lendemain, Abdel a très mal à la tête. Il obtient du médecin un certificat de 2 jours d
ITT.

Sa main gauche lui fait toujours mal, il a des fourmillements quand on lui touche le poignet.

Deux jours après un autre médecin constate les lésions suivantes : plaie du cuir chevelu suturée, plaie au niveau du pouce de la main gauche, douleur au niveau de la face externe du 5e métatarsien de la main gauche nécessitant un bilan radiologique complémentaire, douleurs dorsales, traumatisme psychologique.

Témoins, 19 avril 2008
Jeudi 17 avril 2008






Film d’Éric Cardot, pour «Strip-tease» (2007)



Police et polissons
Mercredi 16 avril 2008







Film d’Éric Cardot, pour «Strip-tease» (2007)



Un policier mis à nu dans un docu
Les méthodes musclées d’un ancien chef de la police municipale dYerres (Essonne) font polémique, après la diffusion dun reportage sur le sujet le 30 mars sur France 3 dans lémission «Strip-tease». Le parquet d’Évry a, en effet, ouvert une enquête préliminaire sur laffaire mardi. La seconde partie sera diffusée dimanche en deuxième partie de soirée.
Petites tapes, mots crus, Arnaud, le policier, utilise tous les moyens pour se faire entendre. Il tente de reprendre en main léducation de jeunes en déshérence dans sa ville, et leur propose volontiers de sexpliquer sur un ring lorsquils sont en conflit. Mais une scène en particulier fait débat, où Arnaud, en pleine explication avec un jeune qui refuse daller travailler, le fait basculer sur sa chaise, le cloue au sol, puis semble létrangler. Éric Cardot, le réalisateur du documentaire, raconte. «J’ai suivi Arnaud pendant huit mois, de novembre 2006 à juin 2007. Son attitude était toujours la même devant et en dehors de la caméra. Je ne suis absolument pas choqué par la scène où il renverse la chaise car il y a un contexte dans ce geste, que lon voit bien à lécran. Gianni se foutait de lui, il a réagi.»

Le maire dYerres, Nicolas Dupont-Aignan, dit avoir découvert ces méthodes dans le documentaire. «Nous avions des problèmes avec ce policier, qui avait des horaires fantaisistes et était très brouillon dans son travail administratif. Nous lui avions demandé de partir pour cela en septembre 2007. Mais nous navions jamais entendu parler de ces agissements. Cest bizarre de se faire filmer en faisant ça.» Le policier, relevé de ses fonctions aux Lilas (Seine-Saint-Denis) depuis mercredi à la suite de cette affaire, admet que ses méthodes puissent être «critiquables», mais assure qu«elles marchent». Une scène similaire avec un autre jeune sera également diffusée dimanche dans lautre partie.

Magali Gruet, pour 20 Minutes du 4 février 2008
Dimanche 6 avril 2008

Baba Traore est la troisième personne tuée par ces courses poursuites qui se terminent toujours au point endroit : ce fameux pont qui surplombe de très haut la Marne. À chaque fois le même scénario, la même police du 94.

Dans cette eau où la mort les a tous poussés.

Pour Michael jeune tagueur, qui a pris peur, il est parti en courant en voyant la BAC : la BAC du 94 l’a pris en chasse ; ses parents confirment qu
étant phobique de leau ne nageant pas, ce nest pas compréhensible, et pourtant… il aurait sauté de lui-même… mort noyé.

Puis 2 ans après, la voiture garée en stationnement avec tous les papiers, carte bleue… et son conducteur en règle, un black, lui aussi «poursuivi», se «jette» au même endroit de ce pont maudit de Joinville qui surplombe de très très haut la Marne maudit ou la BAC du 94 et la police du 94, s
exercent à la course poursuite… mort noyé.

Puis hier, c
est le tour de Baba TRAORE, Malien de 29 ans, il voulait échapper à un contrôle de police, toujours les mêmes flics du 94, sur ce même pont, lui aussi «se jette» de ce pont pourtant très élevé… il décède peu après dun arrêt cardiaque.

Tous tombés au même endroit… tous «sautent»… tous se noient.

Alors BABA TRAORE : c
est la troisième mort toujours la même BAC et police du 94.

Nous ne pouvons plus tolérer ces actes, cette impunité !

Ce soir environ 200 manifestants après un rassemblement devant le CRA de Vincennes , sont allés bloquer la circulation et se rassembler, sur ce pont maudit, à la sortie du RER de Joinville-le-Pont : là ou Baba, lui aussi… est mort noyé au même endroit… POUVOIR ASSASSIN.

Sur le pont, la colère était forte, et ceux qui iront demain pourront lire sur le pont, ce qui a été inscrit ce soir sur la chaussée et sur le pont : «Pouvoir assassin, fermeture des centres de rétention, ici la police a tué pour la 3e fois».

Rassemblement demain dimanche à 17h. Pont de Joinville - RER A / JOINVILLE

Infozone, 6 avril 2008
Lundi 24 mars 2008
Les officines sécuritaires n’étant pas suffisamment nombreuses, un nouvel établissement public est sur les rails. Sans doute pour rassurer les bons citoyens du pays profond, toujours en quête d’un tuteur en uniforme. Il s’agit du futur Conseil national de sécurité intérieure et de défense, organisme souhaité par Nicolas Sarkozy. Rien là que de très naturel nous fait-on savoir. Comme les choses ne sont jamais tout à fait innocentes, particulièrement en matière de sécurité, il apparaît que cette nouvelle structure (dépendant directement de l’Élysée et de Matignon) serait relayée par un Conseil supérieur de la Formation et de la Recherche stratégique.

Il serait possible d’en rester là, mais l’on apprend que l’actuel Observatoire de la délinquance, présidé par l’incontournable Alain Bauer, quitterait la tutelle du ministère de l’Intérieur pour intégrer ce nouveau pôle et, de même, l’Institut national des hautes études de la sécurité. L’ensemble devenant un «Centre intellectuel et névralgique de la pensée stratégique de sécurité», mis en place aux fins de décèlement précoce des «menaces les plus diverses». À cette fin, Alain Bauer, qui fut l’initiateur des contrats locaux de sécurité, a remis un rapport au Président de la République. Il y est envisagé d’ouvrir grand les portes au secteur privé pour assurer «la sécurité globale». Danger de dérives les plus diverses ? Évidemment. C’est ainsi que l’un des membres de la commission préparatoire au projet, par ailleurs directeur de recherche au CNRS, prévient : «Une telle approche n’est pas nécessairement neutre idéologiquement. Elle peut être révélatrice d’une pensée catastrophiste, voire apocalyptique, qui consiste à dramatiser l’insécurité … Pour en arriver à militariser l’ensemble des questions de sécurité !»

Il fallait que cela fut dit par un spécialiste. (D’après Le Monde, 7 mars 2008)

Que fait la police ? no 19, avril 2008
Bulletin d’information anti-autoritaire
Dimanche 23 mars 2008
Il était une fois un vieux pays républicain, qui s’était donné un roi. Lequel, comme la grenouille de la fable, voulait ressembler à un bœuf de belle taille. Le bon La Fontaine, qui connaissait bien les hommes, ne manquait pas de plaisanter en évoquant cette grenouille qui désirait s’enfler :
«Tout petit prince a des ambassadeurs
Tout marquis veut avoir des pages…»
Après avoir fait illusion durant neuf mois, le temps d’une grossesse douloureuse, que reste-t-il du lointain successeur du prince Louis-Napoléon Bonaparte ? Sa police !

Si le corps électoral commence à regretter son élan sarkosiste du mois de mai 2007, l’élu campe sur ses positions, expliquant qu’il a été porté à la magistrature suprême pour nous mettre en condition. Comptant sur des forces de l’ordre à sa dévotion pour nous faire marcher droit, et subir sans broncher sa volonté de nous renvoyer au XIXe siècle.

S’appuyant sur ses 150.000 policiers et ses 100.000 gendarmes Sarkozy 1er a le pouvoir de faire peur, s’il ne peut nous convaincre. Il a le pouvoir d’envoyer les CRS et les gendarmes mobiles contre toute manifestation qui pourrait lui déplaire. Il n’hésite jamais à faire détruire par ses gendarmes les pauvres campements de ceux que l’on décrit comme «gens du voyage». Par l’entremise de son ministre de l’Identité nationale, il lui est possible de multiplier les expulsions de familles sans papiers, et les policiers de la PAF excellent dans cette tâche.

Plus généralement, cette police a pour fonction de faire peur, et ceux qui nous gouvernent savent bien que les hommes sont faibles. Ceux qui nous méprisent, à force de vouloir nous dominer, connaissent le pouvoir de la crainte — la trouille de la police a toujours été le moteur de bien des capitulations. Celui qui a la frousse ne pense plus qu’à se protéger. Il est même possible que les plus faibles se laissent aller à montrer du doigt ceux des congénères qui n’acceptent pas de baisser la tête. La France a déjà connu de telles situations, en des temps qui ne sont pas tellement lointains, mais il y a toujours eu des citoyens résolus se refusant à accepter cette société policière qui nous est de nouveau promise aujourd’hui.

Soyons en persuadés. Il n’y a pas de police républicaine au vrai sens du terme, mais il y a toujours eu des citoyens cohérents, bien décidés à ne pas laisser les képis décider de leur avenir…
Maurice Rajsfus
Éditorial du no 19 de Que fait la police ?
Bulletin d’information anti-autoritaire, avril 2008
Samedi 22 mars 2008

Sept ans après, la justice dénonce des «comportements inhumains, dégradants et cruels».

Charges furieuses de la police, matraquage de militants pacifistes, assaut nocturne à l’école Diaz qui abritait des jeunes altermondialistes… Les images du G8 de Gênes marqué par la mort de Carlo Giuliani, le 20 juin 2001, avaient relégué au second plan les sévices subis, à l’abri des regards, par 307 personnes interpellées au cours du sommet international des grandes puissances et conduites à l’extérieur de la ville, dans la caserne de Bolzaneto.

Près de sept ans après les faits, le procès intenté à 46 policiers, carabiniers, agents pénitentiaires et autres médecins a enfin permis de reconstruire de manière détaillée les trois jours de brutalités à l’intérieur de cette structure qui devait être le lieu de triage des manifestants arrêtés. La presse transalpine publie depuis quelques jours de larges extraits des témoignages des victimes au procès et le réquisitoire très dur des procureurs de Gênes. Ceux-ci ont requis des peines pour un total de 76 ans et quatre mois à l’encontre de 44 inculpés. Ils sont pêle-mêle accusés d’abus de pouvoir, de violences privées, d’injures ou encore de coups.

«Proches de la tortur


Le délit de «torture» n’a pas été re