Vendredi 11 septembre 2009
Le champ de bataille est là, sous nos yeux.

Rebetiko no 1, printemps 2009
Chants de la plèbe.
Auguste Blanqui [1868].
Rosa Luxembourg - Die Rote Fahne, 27 novembre 1918.
Reproduit d’après la brochure Supplément à «La Vérité», 1er février 1959.
Pour nous maintenir l’échine courbée, soumis et résignés, les dominants imposent une vision déformée du passé, garante de lendemains qui chantent… pour eux. Ainsi les anarchistes sont présentés dans l’Histoire comme de dangereuses racailles la bombe entre les dents, ou de doux rêveurs la fleur de l’Utopie entre les lèvres ! Pour exorciser ces images d’Épinal, transportons-nous un siècle en arrière à Saint-Junien, haut lieu des révoltes ouvrières.
Élan Noir - Creuse Citron no 16, 2008.
L’essentiel des informations est extrait de Saint-Junien, un bastion anarchiste en Haute-Vienne (1893-1923), de Christian Dupuy, PULIM, 2003.
«La destruction de tout pouvoir politique est le premier devoir du prolétariat. Les aspirations du prolétariat ne peuvent avoir d’autre objet que l’établissement d’une organisation et d’une fédération économiques absolument libres, fondées sur le travail et sur l’égalité de tous, absolument indépendantes de tout gouvernement politique, et ne pouvant être que le résultat de l’action spontanée du prolétariat lui-même, des corps de métier et des communes autonomes.»
Congrès de l’Internationale à Saint-Imier, 1872.
«Nous sommes ce que ne sont pas les politiciens, des révoltés de toutes les heures, hommes vraiment sans dieu, sans maître et sans patrie, les ennemis irréconciliables de tout despotisme, moral ou collectif, c’est-à-dire des lois et des dictatures (y compris de celle du prolétariat) et les amants passionnés de la culture de soi-même.»
Fernand Pelloutier, secrétaire
de la Fédération des Bourses du travail, 1899.
Le texte qui suit a été rédigé en 1953 et publié anonymement comme pamphlet du groupe hollandais communiste de conseils Spartacusbond. Une seconde édition du pamphlet a vu le jour en 1978 par le groupe Daad en Dedachte, Cajo Brendel y faisant quelque légères retouches. C’est cette seconde édition qui a été traduite en français dans la revue Échanges et mouvement en 1979.
«L’histoire de toutes les révolutions précédentes nous montre que les larges mouvements populaires, loin d’être un produit arbitraire et conscient des soi-disant “chefs” ou des “partis”, comme se le figurent le policier et l’historien bourgeois officiel, sont plutôt des phénomènes sociaux élémentaires, produits par une force naturelle ayant sa source dans le caractère de classe de la société moderne…» — Rosa Luxembourg.
Exproprier notre histoire au pouvoir. Lui arracher ce qu’il aimerait garder sous silence et nous en nourrir. La faire exister, ne plus être déracinés, ne plus venir de nulle part. Savoir que d’autres étaient là avant nous. Savoir apprendre de ça, profiter des réflexions, des expériences, des auto-critiques, des scissions… Voilà aussi une tâche d’un mouvement révolutionnaire s’affrontant au pouvoir qui voudrait nous voir isolés et sans passé (où alors terrassés par l’histoire des vaincus).
Pour ce numéro, nous avons compilé des extraits de textes reprenant des expériences d’autoréductions dans le mouvement autonome italien des années 70. Pour ce faire, nous avons joyeusement pillé une lecture dénommée Intervento qui se base principalement sur différents documents d’époque.
Tract édité à Rome en 1973 par un comité d’ouvriers de l’ENEL
Tout a augmenté, et l’argent on en a de moins en moins. Nous devons aller nous faire exploiter à l’usine pour rapporter un salaire de misère. Il nous faut des mois de lutte pour arracher une augmentation. Tandis que pour les patrons et le gouvernement, un simple trait de plume suffit pour augmenter les prix. Les prix, les impôts, les loyers et les tarifs.
Organisons-nous pour reprendre le salaire qu’ils nous volent tous les jours. Notre «non aux licenciements», ce sera le salaire garanti, que nous travaillions ou pas, notre «non à la vie chère» consistera à reprendre notre argent : en ne payant pas le loyer des patrons, en décidant nous-mêmes du prix des loyers, en occupant les maisons vides. Nous voulons des transports gratuits payés par les patrons. Ne payons plus les notes astronomiques d’électricité, de gaz, de téléphone : décidons de payer ce que nous voulons en autoréduisant.
Organisons-nous pour payer un prix qui corresponde à nos revenus en ce qui concerne les produits alimentaires de première nécessité.
Pour l’électricité, les prolétaires payent 45 lires. Agnelli, le patron de la Fiat, paye 10 lires. Les prolétaires de certains quartiers de Rome, de Turin et de Milan ont répondu à la cherté de l’électricité et aux notes astronomiques en autoréduisant : payons tous comme Agnelli. L’autoréduction se fait en expédiant un mandat postal en indiquant le relevé de la consommation : nombre de kWh × 10 lires = tant de lires.
Payons l’électricité ce qu’elle coûte et non ce qu’ils veulent nous la faire payer !
Tout doit partir no 1, juillet 2008
Liquidation totale de ce qui nous détruit.
Je viens d’écrire un livre sur les Républicains espagnols de la Nueve, la compagnie de la 2e DB qui la première «libéra» Paris le 24 aout 1944, livre qui va être publié en Espagne début septembre (Éditions B). Ces hommes, comme vous le savez, étaient dans leur majorité, des anarchistes.
Travaillant sur la participation des Républicains espagnols dans le maquis et la Résistance dans le Jura, je cherche informations et témoins qui pourraient m’aider, surtout dans les réseaux libertaires.
Merci de me contacter : Evelyn Mesquida.
«La révolution est une fleur carnivore» ; «Vive la Commune du 10 Mai». Écrit en grandes lettres rouges sur un mur, à l’angle des rues Lhomond et d’Ulm, dans la nuit du 10 au 11 mai 1968.
Dédié à Germinal Clémente, Christian Lagant et quelques autres compagnons, qui n’ont pas supporté le retour à la «normalité» et ont choisi d’anticiper sur le terme de la vie. Nous ne les oublions pas.
Le Flûtiste
Le Monde libertaire no 1517, 22 mai 2008 / L’En dehors.
Dossier Mai 68