Internationalisme

Dimanche 8 novembre 2009

Postés sur le boulevard Victor-Hugo, les membres de la Confédération nationale du travail (CNT) ont voulu, hier matin, interpeller la population, notamment celle d’origine marocaine, sur le sort de 850 mineurs marocains. Ils ont distribué aux passants des tracts, rédigés en français et en arabe, devant les portes de la banque Chaabi.

Le lieu n
a pas été choisi au hasard. Plutôt que de sinstaller place de lHorloge, beaucoup plus fréquentée le samedi par les Nîmois, les syndicalistes ont délibérément posé leur table devant la vitrine de la banque d’État marocaine.

Là-bas, au Maroc, depuis le mois de septembre, 850 mineurs de l
’entreprise d’État OCP (qui extrait du phosphate) sont en grève contre leurs licenciements, survenus après avoir dénoncé de nouvelles conditions de travail. «L’OCP, dans la ville de Khouribga, c’est l’équivalent de Renault en France, une grande entreprise qui fait vivre des centaines de familles, explique Jérémie Berthuin, membre du syndicat et secrétaire international de la CNT. Au Maroc, le droit de grève existe mais les grévistes sont souvent punis. Le 10 novembre, des syndicalistes seront jugés pour “atteinte à l’ordre public”. Notre but est de faire pression sur l’É tat marocain.»

À Nîmes, la CNT regroupe une centaine dadhérents. Hier matin, une dizaine a participé à laction, qui doit se répéter ces prochaines semaines dans les quartiers de la Zup. Également mené dans dautres grandes villes de France, ce mouvement pacifiste des syndicalistes «entre totalement dans le cadre de notre mission», déclare un autre adhérent. «La solidarité internationale, cest notre objectif, quil sagisse dagir pour la Palestine, en Colombie ou au Maroc.» «Un coup contre lun dentre nous est un coup contre nous tous et toutes !», résume le tract.

Midi libre, 8 novembre 2009.
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Mercredi 23 septembre 2009

Analyse de Mahchid, une camarade réfugiée iranienne de la CGT Transport, à propos de la situation en Iran. Cette camarade viendra fin octobre à Besançon pour présenter la situation du mouvement ouvrier en Iran aujourd’hui.


Le peuple iranien s’est élevé contre trente ans de dictature et de bâillonnement de la République Islamique. Le coup d’état électoral de Khamenei – Ahmadinejad a été une étincelle dans une poudrière de trente ans de colère et de dégoût du peuple iranien contre tout le système de la République islamique. Nous assistons à l’expression d’un ras-le-bol général qu
’il faut distinguer des contradictions et ambitions politiques des factions au sein du régime de la République islamique.

La protestation populaire se poursuit en Iran, malgré la répression impitoyable de la milice islamiste (bassidj), les forces de l’ordre, les gardiens de la révolution (Sepahe Pasdaran) et les civils du ministère de l’Information. Malgré les déclarations successives de Moussavi et sa Vague verte, destinés à inciter les gens à rentrer chez eux, depuis 13 juin 2009, sous prétexte qu’il n’a pas l’autorisation du ministère de l’Intérieur pour la manifestation et la tentative de la Vague verte de récupérer les protestations populaires à son compte, en propageant des slogans religieux dans les manifestations, force est de constater que les jeunes continuent à combattre dans les quartiers, qu’ils affirment avec détermination et courage le sens de leur lutte en visant le régime de la République islamique dans sa totalité. C’est donc bien l’avenir du pays, et non celui de Moussavi qui est en jeu.

Les luttes du peuple iranien contre le système de la République islamique datent de 30 ans. Elles ne sont pas commencées depuis le coup d’État électoral. Mais ce coup d’État était un élément déclencheur des protestations récentes. Dans ce sens, la dynamique qui traverse actuellement la société iranienne, aujourd’hui la rend transparente, et le monde entier peut voir cette ligne de démarcation qui partage le peuple et son ras-le-bol, de ce régime sinistre avec ses différentes composantes qui s’affrontent entre eux.

Depuis l’annonce de la réélection d’Ahmadinejad le 12 juin 2009, la concurrence larvée entre les différentes factions au pouvoir s’est transformée en guerre ouverte. Quatre candidats, issus du sérail islamiste, ont eu la bénédiction du «Conseil de Surveillance» à concourir, mais le Guide suprême et le clan au pouvoir avaient désigné le vainqueur bien avant les élections. Ceux qui «défient» le clan Ahmadinejad ne sont pas des opposants traditionnels de la République islamique, mais il s’agit des fidèles et acteurs clés ayant joué un rôle majeur dans la mise en place du système de la République islamique en 1979.

Le clergé chiite, malgré des contradictions importantes en son sein, a toujours eu de l’influence dans des différentes institutions du régime, car il est la colonne vertébrale du régime. Tant que Khomeiny était vivant, il arrivait à unir toutes ces institutions parallèles au sein du pouvoir. Chaque fois qu’il y avait divergences entre les composantes du système, il mettait l’accent sur l’intérêt de l’islam et ainsi il jouait le rôle de l’unificateur au sein du régime. Mais avec la mort de Khomeiny, non seulement son successeur n’avait pas le même profil mais aussi il était contesté par une grande partie du clergé. Ainsi à sa mort, les divergences entre les factions du régime ont éclaté.

Bien que les deux tendances rivales soient d’accord sur l’existence du système de la République islamique, elles veuillent assurer cela avec deux méthodes différentes. Les «réformateurs» veulent, tout en augmentant le contrôle sur la société, assouplir un peu le cadre strict de la vie sociale. Par exemple autoriser les femmes à devenir président de la République ou laisser les femmes de sortir du pays sans avoir l’autorisation préalable de leurs époux. Mais la tendance «conservatrice» estime qu’il faut continuer la répression de la population pour pouvoir préserver le système de la République islamique.

La candidature de Mohsen Rézaï, premier dirigeant des pasdarans (les Gardiens de la révolution) désigné par Khomeini dès 1979, contre Ahmadinejad, lui-même ancien pasdaran, indiquait déjà les divisons qui traversent cette organisation militaire placée sous l’autorité directe du Guide suprême. Selon plusieurs sources, une vingtaine d’officiers des pasdarans de haut rang auraient été arrêtés.

Khamenei, dans son prêche du 19 juin 2009 (le premier après les élections et ensuite la révolte populaire), contrairement à ce qu’attendait son entourage, s’est montré incapable de trouver les mots réconciliant toutes les fractions du régime afin de rétablir l’ordre au sein du pouvoir. Il était net et précis. Khamenei s’est aligné sur Ahmadinejad. Il a en fait annoncé officiellement sa complicité dans le coup d’État électoral.

Ce discours a bien changé les mots d’ordre des manifestants du jour au lendemain. «Moussavi, nous te soutenons», «Où est passé mon vote ?», etc. se sont transformés en «À bas Khamenei», «À bas la République islamique». Les femmes et les jeunes dépassent complètement, depuis longtemps, le cadre du système islamique avec leurs luttes quotidiennes.

Bien loin de soutenir Moussavi, la population, par sa mobilisation spontanée, a accentué les divisions au sein du sérail, affaiblit la dictature religieuse et a poussé celle-ci à l’implosion.

La répression sanglante, les arrestations, l’interdiction des journalistes et la coupure des réseaux téléphoniques et d’Internet n’ont pas empêché le développement du mouvement. Le discours menaçant de Khamenei le 19 juin 2009 et l’interdiction des manifestations n’ont pas entamé leur détermination. Les forces anti-émeute, la police secrète, les bassidjis et les nervis à la solde du régime ont tout fait pour empêcher la manifestation du samedi 20 juin sans succès. À Téhéran, les affrontements ont éclaté rapidement et le bilan est sanglant : des dizaines de morts, des centaines d’arrestations et de blessés et un nombre indéterminé de disparus.

Depuis, les nervis du régime et les bassidjis quadrillent Téhéran et les grandes villes, empêchant tout rassemblement. Pour autant, pas un jour ne passe sans tentative de manifestation et la mobilisation prend d’autres formes. Les protestations sont maintenant propagées dans tous les quartiers au lieu d’un seul lieu de rassemblement ou un seul parcours de manifestation. Les mères des prisonniers politiques et des disparus ont appelé à se rassembler dans tous les parcs des différentes villes tous les samedis de 19 heures à 20 heures.

Contrairement aux adjectifs que les médias occidentaux collent sur les candidats officiels de la République islamique, comme «démocrate» ou «conservateur», les quatre candidats font partie des composantes du système de la République islamique. C’est très difficile d’appliquer l’étiquette «démocrate» à ces personnages candidats aux élections qui ont tous exercé et exercent toujours des fonctions extrêmement importantes au sein du régime. Il faut rappeler que les quatre candidats s’estiment fidèles à la Constitution islamiste et au Guide suprême et insistent sur l’existence du système de la République islamique. Dans la Constitution de la République islamique, il est clairement stipulé que le pouvoir appartient à Dieu et à son représentant qui est le «Guide suprême». Ce raisonnement qui gouverne depuis 30 ans en Iran, montre bien que l’étiquette de «démocrate» ne colle à aucun des candidats.

Les quatre candidats ont participé aux exécutions sommaires des années 80 des communistes et progressistes et des minorités, à la fermeture des universités pendant deux ans pour les «purger des éléments athées», au massacre au Kurdistan et au
Sahara turkmène, et à la mise en place des lois de la Charia, etc. (la liste est longue !)

Il faut noter que Moussavi n’est pas un réformateur, c’est la tendance modérée des conservateurs. Le «meilleur réformateur» que la République islamique n’ait jamais eu au pouvoir c’est Khatami, qui n’a jamais rien réformé. Le réformisme au sein du régime n’est qu’une illusion dans le but de sauver le régime de sa crise politique. Durant 30 années de la République islamique, les différentes tendances au sein du clergé ont essayé de mettre à jour l’islam en tant qu’un système politique mais en vain. En fait, la réforme pour un système basé sur les lois divines sera de le vider de son contenu religieux. Autrement dit, il sera la question de la séparation complète de la religion et le pouvoir politique. C’est-à-dire le clergé prendrait son retrait de la scène politique. D’où l’échec du régime dans ses tentatives de «moderniser» l’islam.

L’étiquette «réformatrice» et «conservatrice» pour les candidats présidentiels en Iran, sont des étiquettes fabriquées par les médias occidentaux pour distinguer les uns aux autres et à l’occasion cultiver l’illusion sur une tendance au sein du régime. Ces étiquettes ne collent pas à la réalité politique des différentes factions du gouvernement iranien !

Pour connaître mieux la situation politique actuelle en Iran, il est nécessaire de connaître les quatre candidats aux élections présidentielles.

Mohsen Rezaï : En 1981, Rezaï a été désigné par Khomeiny, pour diriger le corps des Pasdaran (Gardiens de la révolution), l’armée d’élite de la République islamique. Il est resté à ce poste jusqu’en 1987. C’est la première force de répression en Iran. C’est une sorte d’armée séparée avec sa propre marine, son aviation, son ministère et sa milice de volontaire : les bassidjis qui tabassent actuellement les manifestants. L’organisation des Gardiens de la révolution islamique supervise aussi la milice islamiste (les bassidjis). En dehors de son passé criminel à l’intérieur du pays entre 81 et 87, Rezai est visé par un mandat d’arrêt international lancé par l’Argentine pour son rôle dans l’attentat à la bombe commis en 1994 contre le siège de l’organisation juive Amia (85 morts).

Après sa démission des corps des Pasdaran, il a été désigné par Khomeiny, en tant que secrétaire du Conseil de Discernement. Il dirige la commission de l’économie du Conseil. Il est aussi dans le groupe de travail du gouvernement pour mettre en place le plan politique pour attirer les investissements étrangers.

À 72 ans, Karoubi, qui a présidé deux fois le Parlement (dont de 2000 à 2004), était arrivé troisième au premier tour en 2005. Lors de cette élection, il avait mis en cause une ingérence des milices islamiques qui appuyaient Ahmadinejad. Il est également le chef du parti de la Confiance nationale. Karoubi avait été désigné par Khomeiny, en 1980, pour diriger la Fondation des martyrs, le centre financier le plus important du clergé en Iran. Il a été mis en cause indirectement pour de grandes corruptions au sein de cette fondation.

Quant à Moussavi, qui se proclame réformateur pour cristalliser tous les espoirs et récupérer le mouvement grandissant, le peuple iranien n’a rien à en attendre :

Mir Hossein Moussavi, dit un «conservateur modéré» et principal rival d’Ahmadinejad pour la Présidentielle du 12 juin 2009. Il était passé dans l’ombre après avoir servi comme Premier ministre pendant la guerre irano-irakienne.

Il a été un des fondateurs du Parti islamique qui a soutenu Khomeiny après le départ du Shah.

Moussavi est connu pour son rôle dans «le massacre des prisons» durant les années 80. Des dizaines de milliers de prisonniers politiques avaient alors été exécutés.

Moussavi a dirigé le gouvernement iranien de 1981 à 1989. À peine deux ans après la Révolution islamique en 1979, Khomeiny lui a confié cette responsabilité des années les plus sombres du régime islamiste. Il est connu pour être l’un des principaux acteurs de la répression de l’opposition durant cette période. Il a été aussi le chef de gouvernement qui envoyait, pendant la guerre contre l’Irak, les enfants en première ligne dans les champs de mines avec en pendentif une clef en plastique pour le paradis d’Allah.

Donc Moussavi est bien depuis 1979 l’un des principaux piliers de ce sinistre régime. Après avoir été Premier ministre il a ensuite servi de conseiller aux présidents Akbar Hachémi Rafsandjani (1989-1997), et Mohammad Khatami (1997-2005).

Il se définit très attaché aux principes de la Révolution islamique de 1979. Dans son programme, il fait de l’économie sa priorité et entend s’attaquer à l’inflation (supérieure à 35% en Iran).

Il veut remettre en place cette politique «pure» des années 80 et revitaliser les principes fondamentaux de la République islamique.

Il est par ailleurs membre du Conseil de Discernement, un organe d’arbitrage dirigé par Hashemi Rafsandjani.

Dans son programme il s’est engagé à ramener la stabilité dans une économie secouée par la politique menée par Ahmadinejad. En politique étrangère, il veut changer l’image «extrémiste» du pays à l’extérieur. Une référence aux déclarations d’Ahmadinejad, que ce soit contre Israël ou les occidentaux.

Dans sa cinquième déclaration datée du 21 juin 2009, il dit clairement : «Le fait que les jeunes ont crié "Dieu est grand" dans les rues, c’est un miracle puisqu’ils s’étaient éloignés des valeurs divines.
» Il reproche à ses adversaires de traiter ces jeunes qui crient «Dieu est grand», de vouloir faire une «révolution de velours». Ainsi il se passe pour le sauveur de la République islamique en donnant un tournant divin à la campagne électorale et ainsi en ramenant les jeunes vers les valeurs islamiques. Il finit sa déclaration ainsi :

«En tant que frère pour trouver de nouvelles solutions, je demande, spécialement aux jeunes de ne pas laisser les menteurs et les tricheurs vous voler le flambeau de défense du système islamique. Ne pas les laisser vous confisquer l’héritage précieux de la Révolution islamique. Ayez confiance en Dieu et l’espoir en l
avenir en vous reposant sur vos capacités, menez vos démarches désormais sans violence et selon la législation. Le bassidji (milice islamiste) n’est pas en face de nous mais il est notre frère. Le pasdar (gardien de la révolution) n’est pas en face de nous mais il le protecteur de la Révolution et de notre système islamique. L’armée n’est pas en face de nous, elle est protectrice de nos frontières. Nous ne sommes pas en face de notre système sacré et de ses structures légales. Ces structures assurent notre indépendance, notre liberté et notre République islamique.»

Le régime de la République islamique n’est pas par nature une démocratie. C’est un régime théocratique islamique. Le Coran et la Charia sont sources de loi et le régime est en fait conduit par un «Guide spirituel» : hier Khomeiny aujourd’hui Khamenei.

Moussavi parle clairement dans sa neuvième déclaration datée du 30 juin 2009 de la confiance du peuple en la République islamique depuis 30 ans et qui a été brisée le 12 juin 2009 suite à la fraude électorale ! Il demande aux dirigeants de se saisir sinon il y a un danger potentiel contre le système islamique. Il leur dit «Nous devons retourner vers l’islam, l’islam pur de Mohamed. Nous devons retourner vers notre Constitution que nous l’avons œuvré avec beaucoup d’espoir.»

Alors que ce à quoi nous avons assisté ces derniers temps, a montré clairement le ras-le-bol général d’une population qui ne supporte plus ce régime et qui n’a jamais eu confiance en ce dernier.

Cette Constitution dont Moussavi instamment s’y inscrit, a pour caractéristique de considérer le peuple comme un troupeau et le Guide comme son berger et le représentant de Dieu sur terre ! Nous citons ici quelques articles de cette Constitution que Moussavi et sa Vague verte veulent renforcer :

Article 2 de la Constitution de la République islamique d’Iran qui traite des Principes Fondamentaux :
«La République islamique est un système basé sur la croyance en un seul Dieu. Sa souveraineté exclusive et son droit de légiférer et la nécessité de soumission à ses commandements…»

Article 56 :
«La souveraineté absolue sur le monde et l’homme appartient à Allah…»

Article 57 :
«Les pouvoirs de gouvernement dans la République islamique sont investis dans la législature, le pouvoir judiciaire et les pouvoirs exécutifs, fonctionnant dans la surveillance du Leader religieux absolu.»

Nous trouvons aussi la trace de cette Constitution, basée sur la charia, dans le Code pénal islamique d’Iran :

Article 91 du Code pénal islamique : «Chaque musulman adulte de l’un et l’autre sexe, coupable du crime d’adultère sera puni publiquement, s’il est célibataire avec une pénalité de cent coups du fouet et l’emprisonnement d’une année. Autrement la peine de mort en lapidant, sera prononcée quant à un couple marié ou divorcé. Quant à une femme enceinte la peine de lapider ou fouetter sera différée jusqu’à après l’accouchement…»

En effet, Moussavi voulait renforcer l’application d’une Constitution avec laquelle le régime de la République islamique a instauré ses 30 ans de terreur en réprimant les luttes des peuples en Iran.

Ahmadinejad, 52 ans veut «juste servir le peuple». Il se présente comme un dévot de l’islam et un homme du peuple. Il fait ainsi fréquemment référence au «Mehdi», le douzième imam de l’islam chiite, dont les fidèles croient qu’il reviendra sur terre pour y instaurer un règne de justice.

Il a aussi conservé une apparence très simple, se vêtant modestement avec un blouson.

Il est notable de signaler que les dirigeants de la République islamique, pendant la guerre irano-iraquienne, reconnaissaient l
imam Hussein (le troisième imam des chiites) comme le symbole du martyre pour l’Islam. Nous trouvons les références de cet imam dans tous les discours guerriers des dirigeants de l’époque pour motiver la troupe de continuer la guerre sainte ! Mais il se trouve que cet imam ne les a pas conduits à la «victoire sacrée» qui était «la conquête de Karbala» et il les a plutôt conduits à l’échec. Le slogan du régime étant «la guerre sainte jusqu’à la victoire», avec Mehdi, il trouve son compte puisque pour l’apparition de Mehdi, il faut mener la guerre sainte jusqu’à la disparition de pêchés sur terre ! Il faut savoir que ces références de l’islam chiite ont toujours eu un impact important dans la définition de la politique intérieure et extérieure du régime quelle que soit la tête qui dirige le pays.

Ahmadinejad, c’est le populiste fasciste, qui joue sur la peur de l’étranger et les pseudo postures nucléaires et négationnistes. Il incarne le refus de l’Iran de suspendre son programme nucléaire. Sur ce terrain, il réunit toutes les tendances du régime autour de lui ; «conservateurs» et «réformateurs».

Son bilan économique est désastreux comme celui des autres candidats. Il a entraîné une forte inflation mais aussi plus de pauvreté et de chômage. Depuis la Révolution islamique, le taux de la misère et du chômage n’a jamais cessé d’augmenter. Les gouvernements successifs ont dépouillé la richesse du pays chacun à son tour.

Ahmadinejad prétendait, lors de la campagne électorale de 2005 «mettre l’argent du pétrole sur la table des gens» !!

Ahmadinejad a donné aux pasdaran des postes clés dans des ministères importants comme le pétrole ou le nucléaire.


Il a annoncé sa fidélité aux valeurs de la Révolution islamique et a bénéficié jusqu’ici d’un soutien quasiment sans faille du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei.


Que se passera-t-il ? Difficile à prévoir. Quoi qu’il advienne, les choses ont déjà changé. Le Guide suprême est contesté dans son choix. Or précisément, un Guide suprême n’est pas censé se tromper. Les choses ont changé car le régime dans sa totalité a peur. Il a peur parce que le peuple l’a désavoué dans les rues. Khamenei tremble sur son trône de cette déstabilisation politique sans précédent.


Ainsi, les candidats à la Présidentielle ne le sont que parce qu’ils ont reçu l’autorisation de ce régime de se présenter à cette élection. Ce sont tous des candidats «officiels» !


Comme toujours en République islamique, les candidats sont des caciques du régime, qui représentent des intérêts différents. Il s’agit d’une lutte d’influence acharnée entre les factions au pouvoir. L’enjeu est le contrôle de la rente pétrolière, de l’import-export et de l’économie plus largement et mener à bien le capital.


Les médias veulent transformer Moussavi en dirigeant de ce mouvement alors qu’il n’est rien d’autre qu’un fidèle au système de la République islamique. Par conséquent, il ne peut pas diriger un mouvement qui vise le système de la République islamique dans sa totalité.


Le régime de la République islamique se maintient par la terreur et l’oppression depuis 30 ans, mais cela ne fonctionne que tant que les masses demeurent effrayées et inertes. Le régime veut se venger des jeunes qui ont affirmé leur opposition au mépris de la peur et de la mort. Une fois que le peuple laisse sa peur du régime de côté et entre en action, la répression, la police secrète et toutes ses effroyables méthodes s’avèrent souvent impuissantes.


La ligne de démarcation avec le régime de la République islamique dans sa totalité, peut donner à ce mouvement la cohésion et la force nécessaires. La lutte pour de véritables droits démocratiques, la liberté d’expression, le droit de grève, le droit de tenir des élections libres, de constituer des syndicats libres et des partis politiques ainsi que pour la justice sociale et l’abolition de toutes les lois discriminatoires et châtiments islamiques contre les femmes, séparation de la religion et de l’État, et les droits des peuples opprimés et des minorités religieuses passera par le renversement du système de la République islamique en tant que structure économique, politique, culturelle et juridique.


Ces Iraniens, qu’Ahmadinejad a traités de «poussières», se sont soulevés. Et ces grains de poussière marqueront l’histoire.


Mahchid Modjaverian et Azar Darakhshan
CGT ADDSEA, 4 septembre 2009.
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Vendredi 31 juillet 2009
Émeutes à la suite d’incendies :
Nuit agitée à Tadmaït


Les stigmates des troubles de la veille étaient toujours visibles, hier matin, dans les principales ruelles de la ville de Tadmaït, 17 km à l’ouest de Tizi Ouzou, qui a connu une nuit très agitée.

La cité était, vendredi dernier, tout juste à la tombée de la nuit, le théâtre d’affrontements entre des jeunes manifestants et les éléments des forces de l’ordre. Les heurts se sont poursuivis jusqu’à une heure tardive de la nuit. Tout a commencé, selon des témoignages concordants, au milieu de la journée. Alors que la chaleur avait atteint 45 degrés, des villageois ont, disent-ils, aperçu deux gardes communaux en train de mettre volontairement le feu à des champs d’oliviers sur les hauteurs de Sidi Ali Bounab. À partir de là, les citoyens de ces bourgades se sont mobilisés pour arrêter les deux éléments de la police municipale. Ces derniers ont été passés à tabac par la population, et ce, avant d’être emmenés au siège de l’APC où un grand rassemblement avait été observé par les manifestants qui voulaient remettre les deux gardes communaux aux élus locaux mais pas, insistent-ils, aux services de sécurité. L’arrivée des brigades antiémeute, quelques instants plus tard, a mis le feu aux poudres. La situation a, en un laps de temps, dégénéré. Les manifestants ont lancé des jets de pierre et autres projectiles sur le siège de l’APC qui a été partiellement saccagé.

Les portes en verre et les fenêtres ont volé en éclats. Dès lors, la ville commençait à offrir un visage de désolation. Toutes les artères menant au centre-ville ont été barricadées par des blocs de pierre et des pylônes arrachés ainsi que par des pneus enflammés. Les fumées émanaient de tous les coins de la cité. Il était près de 19 heures lorsque les manifestants ont commencé à investir la RN12. Celle-ci a été fermée à la circulation pendant plus de deux heures. Ce qui a engendré un grand embouteillage en début de soirée. Vers 21 heures, alors que la voie publique a été dégagée, les jeunes ont regagné l’esplanade du siège de l’APC. Ils voulaient en découdre avec les éléments de la police. Des affrontements éclatent de nouveau obligeant les forces de l’ordre à utiliser des bombes lacrymogènes pour disperser les manifestants. Ces derniers ont riposté avec toutes sortes de projectiles et de pierres. «Comment voulez-vous qu’on se taise. Des maisons ont failli, de peu, être brûlées. On a subi des journées infernales avec la chaleur et en plus on fait face à des incendies qui empoisonnent notre quotidien en cette de période de canicule où les conditions de vie sont vraiment difficiles dans notre village. Comment peut-on rester insensibles à ce qui se passe», clame un citoyen de Bouchioua, l’un des hameaux les plus touchés par les incendies du week-end dernier. En effet, les flammes ont ravagé une partie importante de la forêt et des broussailles dans les villages de Sidi Ali Bounab, une région fortement pénalisée par la rudesse du climat. Que ce soit en été ou en hiver, les habitants de ces bourgades, perchées sur les hauteurs de Tadmaït, font face à un véritable calvaire.

Vendredi, les feux de forêt ont fait subir à la population de cette région de durs moments tant les flammes cernaient même les maisons. «On a dû évacuer les habitants et se mobiliser pour apaiser l’intensité des feux et éviter surtout aux flammes d’atteindre nos maisons. Des centaines d’oliviers et des dizaines de ruches sont parties en fumée en une journée», déplore un jeune d’El Maâdi. Pour sa part, le maire de Tadmaït nous a précisé : «Nous avons essayé vainement de calmer les esprits, d’expliquer aux manifestants que l’affaire est du ressort de la justice. Ils ne voulaient pas remettre les deux gardes communaux aux forces de sécurité et voulaient les garder au siège de l’APC», ajoute M. Hammadi, qui a souligné, en outre, que les deux gardes communaux ont été, après leur libération, évacués à l’hôpital, dont l’un est dans un état grave. On a appris également, hier dans l’après-midi, que les propriétaires des champs d’oliveraies auraient déposé plainte contre les deux éléments de la police municipale pour incendie volontaire. Hier, durant toute la journée, le calme est revenu dans la ville de Tadmaït. Une opération de nettoyage des débris provoqués par les émeutes de la veille a été entreprise par les services de la mairie à travers les différentes ruelles de la ville.

Leur presse (Hafid Azzouzi, El Watan), 26 juillet 2009.


Des émeutes éclatent à Sidi Ali Benyoub


Des émeutes ont éclaté dimanche vers minuit à Sidi Ali Benyoub, une localité située à 25 km au sud de la ville de Sidi Bel Abbès.

Selon des citoyens de cette localité, la fronde populaire a pour origine la pollution atmosphérique générée par l’exploitation immodérée des carrières d’agrégats de Sidi Ali Benyoub (ex-Chanzy). Pris en tenaille entre les poussières asphyxiantes des carrières et la vague de chaleur exceptionnelle qui s’abat sur la région, les habitants de cette localité ont investi la rue comme ultime moyen pour exprimer leur désarroi. Des jeunes en colère ont, rapporte-t-on, tenté d’incendier certains édifices publics après avoir barré la route nationale reliant cette localité au chef-lieu de wilaya. Parallèlement, des échauffourées éclatèrent dans plusieurs quartiers entre les forces de sécurité et des manifestants qui ont pris pour cible des camionneurs et saccagé des poteaux électriques. Les affrontements nocturnes à Sidi Ali Benyoub, qui se sont poursuivis jusqu’à 4 heures, ont fait plusieurs blessés, selon une source sécuritaire.

Aussi, des arrestations ont été opérées, hier, dans la matinée pour «apaiser la situation», confie cette même source. La tension, qui a baissé d’un cran dans la journée d’hier, reste, toutefois, très tendue. Il y a lieu de rappeler que les dirigeants de huit carrières d’agrégats dans la commune de Sidi Ali Benyoub ont été sommés en 2007 par les autorités de la wilaya de se conformer à la réglementation en vigueur en ce qui concerne les émissions de poussières. Cependant, la plupart des gérants de ces carrières ne se sont pas pliés à cette exigence qui prévoit notamment la pose de filtres spéciaux au niveau des installations de concassage ainsi que la mise en place d’un système d’aspersion en eau des agrégats au moment du chargement des camions. Qualifiant la situation de véritable «désastre écologique», des associations de sauvegarde de l’environnement avaient tiré la sonnette d’alarme en mai dernier, mettant en garde contre une recrudescence des maladies respiratoires chroniques dans la région.

Leur presse (M. Abdelkrim, El Watan), 28 juillet.


Suite à une énième coupure de courant électrique
Des citoyens investissent la rue à Aïn-Naâdja


Des troubles ont éclaté dans la nuit de lundi à mardi à Aïn-Naâdja, suite à une coupure de courant électrique.

Plusieurs jeunes ont dressé des barricades et incendié des pneus au niveau de l’artère principale qui traverse les cités de ce quartier populaire, ainsi que sur la route longeant le siège du Commandement des forces terrestres. En agissant de la sorte, la population de Aïn-Naâdja voulait dénoncer les coupures récurrentes de courant électrique ces dernières semaines. Selon des témoins, les automobilistes qui tentaient d’emprunter ces voies ont été obligés de rebrousser chemin. «Il n’y a eu aucun acte de violence à l’encontre des citoyens. Certains manifestants ont toutefois jeté des pierres contre des voitures de police. Mais durant une grande partie de la nuit, nous n’avons vu aucune présence des forces de l’ordre. La rue était livrée aux habitants du quartier», a indiqué un témoin. Selon lui, les troubles ont pris fin vers 3 heures du matin. Des éléments de la Protection civile sont intervenus par la suite pour éteindre les pneus encore en feu. Hier, les gravats qui ont servi de barricades étaient encore visibles sur les côtés de la chaussée.

Notons que cette coupure de courant électrique a au lieu lundi aux environs de 23 heures, pour ne prendre fin que le lendemain matin, vers 10 heures. «C’est une situation intenable que nous vivons depuis le début de l’été. Comment se fait-il que tous les quartiers de la capitale ont de l’électricité et pas nous. La Sonelgaz dit qu’il n’y a pas de délestage ; alors comment expliquer cette situation ?», s’interroge un épicier. Ce dernier affirme avoir été obligé de jeter des produits périssables. «Les yaourts et les glaces ont fini à la poubelle. Je préfère subir une perte financière plutôt que d’être la cause d’une intoxication alimentaire», explique-t-il. Jointe hier au téléphone, une source proche de la Société de distribution de l’électricité et du gaz d’Alger a indiqué que cette coupure était due «à la rupture d’un câble de moyenne tension». «Les équipes techniques de l’unité de Gué-de-Constantine sont intervenues immédiatement après la déclaration de cet incident. Le courant électrique a été rétabli dans des délais relativement courts, au regard des conditions de travail particulièrement difficiles en cette période de canicule», a précisé cette source.

Leur presse (Tarek Hafid, Le Soir d’Algérie), 29 juillet.


69 harraga arrêtés en un mois sur la côte oranaise
Les Habibas, les îles de la tentation


Le phénomène de l’immigration clandestine à partir de la côte oranaise prend des proportions inquiétantes. Les tentatives d’aventure à bord d’embarcations de fortune se multiplient. Nos jeunes tentent de quitter le pays. La loi punissant un harraga à six mois de prison ferme ne semble pas tempérer les ardeurs des aventuriers à vouloir rejoindre par mer d’autres cieux.

Depuis le début du mois de juin, quatorze affaires relatives à l’immigration clandestine ont été traitées par la gendarmerie d’Oran. C’est ce qu’a indiqué le colonel Bidel Aïssa, chef de groupement de la Gendarmerie nationale d’Oran, précisant que ses services ont déjoué, depuis la mise en service du plan Delphine, trois affaires impliquant 69 personnes dont quatre femmes. Présentés durant la même période devant la cour d’Oran, les mis en cause de sexe masculin ont tous été mis sous mandat de dépôt, alors que les femmes sont passées en citation directe. La dernière affaire de harga remonte à la nuit de samedi dernier lorsque les gardes-côtes avaient intercepté un canot pneumatique à bord duquel avaient pris place 18 aventuriers. L’embarcation a été interceptée à proximité des îles Habibas, près de Aïn El Turck. Ces îles constituent un retranchement pour les candidats à la harga ; la majorité des tentatives d’immigration clandestine a lieu à partir de cet endroit. Ces chiffres traduisent l’ampleur du phénomène qui continue de séduire de nombreux jeunes en quête d’un meilleur avenir.

Ni le dispositif répressif mis en place par les pouvoirs publics ni les campagnes de sensibilisation entreprises par différents acteurs pour endiguer l’émigration clandestine ne semblent dissuader les jeunes à tenter la traversée de la Méditerranée. Et pour cause, les candidats à la harga continuent de monter leur entreprise de «voyage» en cachette. Au dernier amendement du code pénal criminalisant cet acte, les responsables à différents niveaux ont joint des actions de prévention et de sensibilisation sur les dangers à quitter clandestinement le territoire. En dépit de cela, les services de sécurité ne cessent de faire cas d’opérations de repêchage ou de tentatives de traversées avortées par les gardes-côtes. Le bilan national des services impliqués dans la lutte contre ce phénomène fait état de plus de 500 jeunes harraga interceptés sur les côtes algériennes depuis le début de l’année. Combien sont-ils, par contre, ceux qui réussissent à atteindre les côtes italiennes et espagnoles ?

Leur presse (El Watan), 18 juillet.


Annaba : Arrestation de 27 harraga

Vingt-sept jeunes émigrés clandestins, dont deux filles et un mineur, ont été interceptés, vendredi après-midi, à bord d’une embarcation de fortune par les éléments du groupement territorial des garde-côtes (GTGC) de la wilaya de Annaba, alors qu’ils tentaient la traversée à destination de la rive européenne.

C’est ce qu’a confirmé Zaïdi Abdelaziz, chef de la station maritime principale des garde-côtes de Annaba. Agés entre 17 et 41 ans, ces harraga sont, selon le chef de la station maritime principale, originaires de Annaba, Chlef et Béjaïa. Ils ont appareillé vendredi à 00h30 à partir de la plage de Oued Bakrat, dans la commune de Séraïdi. Leur «felouque» a été aperçue à 13h30 par l’unité semi-rigide d’intervention rapide des garde-côtes no 355. Elle naviguait à 20 milles marins au nord de Ras El Hamra. Ils ont été récupérés à bord de la même unité des garde-côtes de Annaba non sans résistance puisqu’ils ont refusé d’obtempérer à l’ordre des gardes-côtes. Il a fallu appeler du renfort pour pour pouvoir arraisonner leur embarcation artisanale. En effet, quelques moments après, c’est l’unité no 344 qui est venue immédiatement à la rescousse pour embarquer les 27 jeunes infortunés, dont deux filles venues de Chlef et de Béjaïa. Selon toujours Zaïdi Abdelaziz, l’embarcation et le moteur type Suzuki 40 chevaux ont été saisis à l’arrivée au port de Annaba. Après avoir été auditionnés, ils ont subi une visite médicale par le médecin de la Protection civile. Ils ont été présentés, hier, au procureur de la République du tribunal de Annaba. Faisant l’objet d’un mandat d’arrêt, deux jeunes harraga ont été remis à la police judiciaire pour les besoins de l’enquête. Quant au reste, ils ont bénéficié d’une citation directe pour le 19 octobre prochain. Près de 170 candidats à l’émigration clandestine ont été interceptés au large des côtes annabies, depuis le début du mois de juin dernier, par les patrouilles des garde-côtes.

Leur presse (El Watan), 26 juillet.


La surpopulation carcérale entrave la réforme

Depuis l’application des réformes du secteur de la Justice, les établissements pénitentiaires enregistrent une amélioration dans la prise en charge des détenus. C’est ce qui ressort de l’intervention de Mokhtar Felioune, directeur général de l’Administration pénitentiaire et de réinsertion, jeudi dernier sur les ondes de la Radio Chaîne II.

L’invité de l’émission «Rencontre de jeudi» a, toutefois, relevé que la surpopulation des prisons entrave la bonne application des réformes. «La surpopulation des prisons concerne les anciens établissements pénitentiaires hérités de la période coloniale. Elle demeure le seul problème à résoudre pour parfaire toutes les réformes du secteur», a déclaré le responsable de la Justice. Pour résoudre ce «point noir», un projet de 81 établissements d’incarcération répondant aux normes internationales est en cours de réalisation. Ce qui permettra, à terme, annonce Mokhtar Felioune, la fermeture de l’ancien parc pénitentiaire.

Le projet comporte deux étapes. La première — dite «urgente» — permet de réaliser sur la bande des Hauts Plateaux des établissements à même d’accueillir 19.000 détenus. «La livraison est attendue pour la fin de l’année en cours», a-t-il dit. La seconde étape permettra de construire des prisons en remplacement des anciens établissements. Implantés en dehors des grandes villes, ces nouveaux pénitenciers seront dotés de salles de cours, d’ateliers de formation professionnelle, d’infirmeries ainsi que d’installations sportives. Un grand chantier qui prendra fin au premier semestre 2010.

«Notre but est d’assurer de nouvelles infrastructures répondant aux normes internationales afin de permettre aux prisonniers de purger leurs peines dans des conditions d’hébergement, de restauration, de santé et d’enseignement favorables, et dans le respect des droits de l’Homme», a déclaré l’invité de la Chaîne II. Parlant de la «réussite des réformes» de la Justice, le directeur général des établissements pénitentiaires s’est appuyé sur l’avis des experts étrangers (venus de France, d’Italie, d’Espagne et du Canada) et de membres d’organisations internationales telle que la Croix- Rouge. Ils se sont tous montrés satisfaits des efforts fournis par l’Algérie dans ce domaine, notamment dans la couverture santé et le respect des droits du prisonnier et des droits de l’Homme au sein des établissements pénitentiaires».

Évoquant le «travail d’intérêt général», une peine issue des nouvelles réformes du secteur et introduite dans la loi pénale, Mokhtar Felioune a affirmé qu’elle est déjà mise en application. Il est à rappeler que cette nouvelle «sanction» touche seulement les personnes non récidivistes et dont la peine ne dépasse pas une année de prison ferme. Elle vise, selon lui, à ce que le condamné purge sa peine tout en restant au sein de sa famille et de son entourage. Et d’expliquer qu’à l’issue de son jugement, le concerné aura à choisir entre purger sa peine en prison ou effectuer un travail d’intérêt général, conforme à sa spécialité ou à son domaine d’activité et selon les demandes présentées ultérieurement par les wilayas, les communes, les hôpitaux…

Le directeur général de l’Administration pénitentiaire et de réinsertion reprécise le rôle des prisons : «Nous œuvrons à que les établissement pénitentiaires ne soient pas un lieu de punition ou de sanction.» Ainsi, plusieurs organisations et associations nationales participent à concrétiser cette idée, à l’exemple des scouts. Ces derniers ont, selon lui, effectué plusieurs visites dans les différentes prisons du territoire national. «Actuellement, 35 détenus prennent part à un camping organisé par les scouts à Tlemcen. Ils y séjourneront pendant quinze jours sans qu’ils aient aucune surveillance», révèle le responsable de la Justice en précisant que c’est «la cinquième expérience». D’autre part, l’intervenant a indiqué que son administration a entamé une opération de reboisement à laquelle les détenus participent de leur plein gré. «90 hectares ont été plantés dans les wilayas de Naâma et d’El-Beïd», a-t-il dit. Avec la collaboration du ministère de l’Agriculture et de la Direction des forêts, l’administration pénitentiaire projette d’élargir ces «ateliers» à d’autres wilayas au cours de l’année prochaine. Il est à signaler que les détenus qui participent à ces opérations bénéficient de tous les droits stipulés par la loi du travail et perçoivent 10% du salaire assuré.

Leur presse (Rym Nasri, Le Soir d’Algérie), 25 juillet.
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Jeudi 23 juillet 2009
Tel Aviv, janvier 2007
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Lundi 6 juillet 2009
Alors qu’une certaine gauche anti-libérale se mobilise en faveur du régime de la République Islamique ; alors que Chávez a chaleureusement félicité Ahmadinejad pour son élection et l’a saluée comme la «victoire pour un monde nouveau», comme il l’avait soutenu fin 2005 dans ses campagnes négationnistes et antisémites notamment (ce «socialisme des imbéciles» selon August Bebel), lors du concours des caricatures sur le judéocide et visant les juifs en tant que juifs (et non l’État d’Israël en tant qu’État sioniste et colonialiste) ; alors que les thèses complotistes semblent une fois de plus proliférer dans un schéma binaire aussi faux et mystificateur qu’il pouvait l’être à l’époque des blocs et de la guerre froide, nous savons qu’il existe en Iran d’autres paroles venues du bas de la société et se battant pour échapper à ces simplifications qui font le jeu à la fois de l’impérialisme et du pouvoir des mollahs.

Dans le mouvement de masse qui secoue l’Iran, il existe une dimension de classe, des syndicats indépendants et des révoltes ouvrières, une dimension féministe et des combats pour l’égalité et l’autonomie individuelle et collective qui peuvent aller contre les religions et les superstitions. 
En nous gardant de tout triomphalisme propice à des lendemains qui déchanteraient, ce sont ces mouvement-là, qui ne s’alignent ni sur le régime ni sur aucun des blocs et fractions du régime qui aspirent à gouverner le pays, que ce soit ceux de MM. Moussavi ou Karoubi, que nous devons soutenir et populariser.

Il est hors de question de s’aligner sur les campagnes hypocrites de l’Occident contre le «fondamentalisme» et pour les «droits de l’Homme» ainsi que sur ses éventuelles tentatives d’intervention politique et militaire dans ce pays. Nous nous opposons à l’OTAN et à toutes les interventions de type impérialiste, présentes et passées, et au rôle de l’État français et de son complexe militaro-industriel qui, après avoir soutenu la dictature sanglante du Shah, s’est empressé d’armer et de soutenir l’Irak de Saddam Hussein et de pousser ce pays à attaquer l’Iran dans une guerre particulièrement meurtrière de huit longues années (1980-1988).


De même que sur le nucléaire, nous refusons d’entrer dans ce choix imposé et biaisé. Nous ne nous battons pas pour le «droit au nucléaire iranien» même au nom du combat anti-impérialiste : nous nous battons pour la dénucléarisation totale, civile et militaire, de la planète ! Nous nous battons pour le démantèlement de toutes les installations, de toutes les armes de destruction massive à commencer par celles des grandes puissances politiques et militaires qui en font l’un des éléments-clés de leur domination impériale. Nous devons populariser toute information, analyse, prise de position s’inscrivant dans la perspective, de l’indépendance politique, de la lutte de classe, du combat contre toute forme d’exploitation économique et de domination (oligarchique, étatique, patriarcale, religieuse…), du combat pour l’émancipation et pour le socialisme libertaire.



Révolution en Iran. — Le mouvement de révolte populaire qui secoue l’Iran depuis les résultats de la mascarade électorale ne porte pas la question de qui doit gérer le régime des mollahs. Moussavi, ancien dirigeant de la république islamiste, responsable du massacre de milliers de prisonniers politiques dans les années 80, n’est en rien une alternative. Le mouvement de masse commencé le 12 juin ne s’en prend d’ailleurs pas qu’à Ahmadinejad mais au régime islamiste lui-même. Ce blog a pour but de diffuser des informations sur la lutte en Iran et sur les courants révolutionnaires qui y participent. À bas la république islamiste ! En Iran comme ailleurs, vive la révolution socialiste !


Un regard anarchiste sur les mouvements de protestation en Iran

L’interview suivante a été réalisée par ALB-Noticias, avec le soutien de José Antonio Gutierrez (collaborateur de Anarkismo.net). Payman Piedar, est un militant anarchiste exilé iranien qui a participé à de nombreuses initiatives libertaires aux États-Unis et au Pérou. Il a été rédacteur en chef de la revue anarchiste Nakhdar, publiée en anglais et en farsi. Dans cette interview, nous avons essayé d’élucider, au milieu des distorsions des médias occidentaux et de la censure des médias iraniens, les clés pour comprendre ce qui se passe réellement ces jours-ci en Iran. Si nous ne sommes pas devant un soulèvement révolutionnaire, on sait que dans la chaleur de l’agitation sociale se développent des possibilités de subversion populaire.

Il semble que ce soient les manifestations les plus importantes depuis la Révolution de 1979… Voyez-vous une continuité entre celles-ci et celles qui ont eu lieu récemment ?

Oui c’est vrai que ces mobilisations ou manifestations sont les plus fortes et les plus importantes depuis la révolution de 1979. En fait, c’est même ainsi qu’a commencé la révolution de 1979.

Le Shah, dictateur et marionnette de l’impérialisme yankee, a commis l’erreur de n’accepter aucune critique de son pouvoir absolu et la population, déjà lassée de son règne de si longues années de répression, a fini par se soulever et l’a envoyé dans les poubelles de l’histoire.

Oui, il y a une continuité, car, en réalité, la révolution, ou plutôt, l’insurrection de 1979, car, en réalité, il n’y a pas eu de révolution sociale, mais une révolution politique, un changement du pouvoir politique d’un régime monarchique à un régime religieux-théocratique. Révolution qui a été récupérée et accaparée par les mollahs (prêtres), avec l’ayatollah Khomeiny comme chef suprême, et avec laquelle a commencé une nouvelle époque du régime dictatorial.

Donc, le peuple aspire à la liberté et meurt pour elle comme pour le pain et l’eau. En particulier les jeunes — 65% de la société iranienne a moins de 30 ans —, qui en ont assez d’être humiliés et opprimés. Plus encore, ce mouvement apparaît comme une autre révolution, laquelle je l’espère, se poursuivra dans ce moment actuel, est la continuation de la révolution constitutionnelle de 1905 qui n’a jamais été achevée. Cette liberté, même si elle est de type bourgeois et limitée, est quelque chose que la société iranienne n’a pas connu jusqu’à maintenant. Et, important à savoir, le gouvernement démocratique de la bourgeoisie nationale du Dr Mosadegh n’a pas duré plus de deux ans, de 1951 jusqu’en août 1953, car les yankees et la CIA ont fait là leur première expérience de renversement de gouvernement, avant même de renverser Arbenz au Guatemala en 1954.

Dans quelle mesure penses-tu que les mobilisations actuelles pourraient affaiblir l’actuel régime théocratique ?

La réponse à cette question n’est pas facile. Tout dépend jusqu’où pourront aller ces mobilisations. Heureusement, l’aura, la «dignité» des mollahs, en particulier celle de Khamenei, qui est le plus haut chef religieux, la continuité de Khomeiny, ont été fracturées. Nous avons entendu le slogan «mort à Khamenei» et hier ils ont brûlé son portrait dans la rue Zanjan à Téhéran. C’est un signe très important. Les gens n’ont plus peur de personne.

On est presque au moment révolutionnaire dans lequel «ceux d’en bas ne supportent plus» comme disait Lénine mais il manque encore un peu pour que «ceux d’en haut ne puissent plus gouverner». Aujourd’hui, j’ai entendu que des ruptures se sont fait jour au sein des hauts dirigeants mollahs de Qom, qui est un peu comme le Vatican des chiites. Une faction a donné l’ordre d’arrêter la fille de l’ayatollah Rafsandjani, l’un des ayatollahs les plus puissants, riches et corrompus, qui a été président pendant 8 ans, entre 1989-97, et le lendemain, c’est-à-dire aujourd’hui, elle a été laissée libre. Rafsandjani détient deux positions importantes dans la hiérarchie du pouvoir, l’une d’elles est celle de chef de l’«Assemblée des experts», qui sont environ 80, et qui a le pouvoir d’élire ou de destituer le chef religieux suprême, dans ce cas Khamenei. Ainsi, si les événements et les manifestations se poursuivent pendant quelques jours ou quelques semaines, il est possible que cette assemblée vote la destitution de Khamenei. Qui prendra la place ? Ils peuvent mettre un groupe de huit (il y a déjà une rumeur à propos de cette possibilité) au lieu d’un dictateur unique. Ou, dans la meilleure des hypothèses, il est possible que le mouvement ne s’arrête pas jusqu’à la défaite totale du régime théocratique.

N’oubliez pas que nous sommes dans cette situation parce que Khamenei a commis l’erreur fatale d’approuver l’élection frauduleuse lors de son sermon religieux vendredi dernier [19 juin]. Par conséquent, il est très difficile qu’il fasse machine arrière ou que le peuple accepte ses excuses. Mais le dernier mot n’a pas encore été dit. La bourgeoisie et les chefs religieux peuvent aussi parvenir à un accord dans le dos du peuple et tenter de calmer la situation. Mais je vois difficilement cette possibilité.

Quel rôle ont joué les travailleurs jusqu’à présent dans ces manifestations ? Y a-t-il une possibilité que les mobilisations soient capitalisées en fonction des intérêts des classes populaires ?

Bien sûr qu’au sein de ces mouvements il y a des travailleurs de différents secteurs : commerce, services, indépendants, informels, précaires, marginalisés et sans emplois. Nous devons nous rappeler qu’il y a 25 à 35% de personnes sans emploi. Le secteur absent, pour le moment, qui est le plus important, est celui du pétrole et de la pétrochimie, majoritairement situé dans le sud du pays, près de la région du golfe Persique. Le jour où eux s’arrêtent et votent une grève générale, cela entraînera le succès de la révolution, ou plutôt, la défaite complète du régime théocratique. Pour tirer parti de ce mouvement dans l’intérêt des classes populaires, tout dépend de ce que secteur si important se joigne à cette mobilisation et y prenne des initiatives

On insiste constamment sur la mobilisation de l’opposition, mais les partisans d’Ahmadinejad se sont mobilisés en grand nombre, peut-être même supérieur à l’opposition (ce qui est ignoré par la presse occidentale pour des raisons évidentes) ; quel est le facteur qui mobilise les partisans du régime ?

Tout d’abord, les partisans du régime d’Ahmadinejad ne sont pas plus que ceux de l’opposition. En réalité, le vrai résultat de l’élection présidentielle a été le suivant : 19 millions et quelques pour Moussavi ; 13 millions pour Karroubi un autre «réformiste», 3 millions et quelques pour Rezaï, du même bord qu’Ahmadinejad, un peu «modéré», 5 millions et quelques pour Ahmadinejad et les votes nuls ont été de 1 million et demi.

Les partisans d’Ahmadinejad viennent principalement des secteurs populaires, qui ont reçu un bonus de 50 $ et des sacs de pommes de terre. Il y a également un secteur de retraités qui quelques jours avant le vote, ont reçu une forte augmentation de leur pension de retraite : avant ils recevaient 200 $ et maintenant 600 $. N’oublions pas que ce régime possède environ 3 à 5 millions de jeunes Basijis, une milice paramilitaire, comme les phalanges de Franco en Espagne, qui sont issus des secteurs populaires. Ainsi, leurs familles sont basiquement pro-régime, parce qu’elles reçoivent un salaire chaque mois. Mais il y a aussi un secteur minoritaire des étudiants qui ont aussi reçu le bonus de 50 $ au cours de la campagne électorale.

Je crois qu’il y a aussi un secteur heureux dans la classe moyenne inférieure parce Ahmadinejad, au cours de sa campagne, a rendu public (ce que tout le monde savait) certains noms des corrompus qui ont leurs propres mafias économico-politiques, comme Rafsandjani lui-même. C’est pourquoi ce secteur le soutient également.

Existe-t-il une différence de classe entre les deux parties ? Nous demandons cela parce que, en l’absence d’une alternative révolutionnaire consolidée et claire, la classe ouvrière et les pauvres en général sont souvent mobilisés pour des causes conservatrices…

Il y a peu de différence entre les blocs du pouvoir. Tous font partie du pouvoir bourgeois en général. Aucune ne «représente» la classe moyenne en général, sa couche inférieure ou les classes populaires. Tous sont en faveur des politiques économiques néolibérales, les privatisations, en faveur de l’OMC (Organisation mondiale du commerce), avec quelques différences mineures sur les subventions. Certains veulent donner un peu plus d’argent aux pauvres chaque mois, et d’autres veulent donner ces subsides en subventionnant le prix du pain, des transports publics et de l’assurance sociale

Politiquement, toutefois, l’opposition veut donner une image démocratique : en tolérant la liberté d’expression et en ne fermant ou ne censurant pas les journaux d’opposition, en n’appliquant pas la peine de mort pour les mineurs, en donnant plus de possibilités pour les femmes dans le secteur public. En ne distribuant pas des peines de prison pour les étudiants radicaux, en donnant «plus» de pouvoir aux femmes en matière de divorce, etc.

Ce qui est frappant sont les paroles mesurées d’Obama devant les manifestations, ce qui contraste avec soutiens bruyants et les vivats lancés par Bush et compagnie lors de manifestations de Kiev et de Beyrouth il y a quelques années… Pourquoi cette attitude de prudence ?

La position d’Obama est très diplomatique. L’impérialisme yankee est bien conscient que l’Iran n’est pas l’Irak, l’Afghanistan ou le Pakistan, ni Beyrouth ni Kiev. Il n’y a aucune possibilité qu’ils puissent envahir l’Iran, et même pendant l’administration Bush il n’y avait aucun plan pour agir comme cela a été fait en Irak. Encore moins maintenant que les choses ont bougés. Ils ne peuvent pas prendre de risques sur la situation interne en Iran.

Ils ne veulent pas que les choses empirent, car en fin de compte, il est mieux d’avoir quelqu’un qui ne coupe pas la production pétrolière dans la région… Il sait que les mollahs disent que «les États-Unis, l’Angleterre, la France, l’Allemagne sont en train d’intervenir en Iran…» pour non seulement détourner l’opinion publique iranienne, mais le monde entier. C’est la raison pour laquelle Obama a dit qu’il ne voulait pas qu’il soit interprété que les États-Unis se mêlaient des affaires intérieures de l’Iran. Mais hier, pour satisfaire les conservateurs, il a sorti la note suivante demandant : «que le gouvernement iranien ne réprime pas les opposants, qu’il ne soit pas si violent…»

De plus, les mollahs ont beaucoup aidé les yankees dans le travail de «stabiliser» la situation en Irak et en Afghanistan. En d’autres termes, les mollahs, subtilement, se sont placés en harmonie avec les intérêts géopolitiques des yankees. Mieux vaut ne pas prendre le risque d’aggraver cette situation très délicate. À ce niveau-là, pour les intérêts hégémoniques de l’impérialisme yankee, Obama est la meilleure carte dont ils disposent. Bush et sa politique sont déjà de l’histoire, du passé. Lors de son dernier voyage au Moyen-Orient, Obama a prononcé un discours à l’Université du Caire, la capitale de l’Égypte, en essayant de donner une image pro-islamique, pas comme l’ennemi du monde arabe. Il a également rendu visite au roi d’Arabie saoudite son éternel allié, les sionistes / fascistes israéliens. Tout indique qu’il essaie de donner une image consensuelle plutôt que la confrontation. Bien que cette politique de manière générale est une bonne tactique de sa part, stratégiquement elle ne va pas fonctionner dans la région à cause du conflit israélo-palestinien, parce que, comme toujours, rien n’est offert de tangible pour les Palestiniens.

Que pensez-vous sera l’issue probable de cette situation ? Les secteurs progressistes peuvent-ils avoir quelque illusion sur l’opposition ou doivent-ils construire une alternative propre ?

Les secteurs progressistes ne peuvent ni ne doivent s’illusionner sur l’opposition existante. Tout d’abord, l’opposition n’est pas laïque, elle est islamique et pro-constitution islamique. Ils ne sont pas contre la figure du «Velayat Faghie», c’est-à-dire le plus haut dictateur religieux. Ils veulent seulement pouvoir manœuvrer politiquement dans le cadre de la constitution de la République islamique, rien de plus.

Et comme le mouvement ouvrier est extrêmement faible, car nous n’avons pas de syndicats libres, tous sont contrôlés par l’État, tous sont jaunes, les progressistes ne peuvent que profiter de cette occasion pour créer une atmosphère moins répressive, un peu plus libre pour respirer, organiser et développer leurs objectifs anti-capitaliste et les plans de lutte à long terme.

Les travailleurs, les jeunes, les femmes, les marginalisés, les chômeurs doivent forger leur alliance progressivement, resserrer leurs liens, créer leurs organisations, leurs assemblées, leurs conseils et préparer leur projet pour leur libération finale : en détruisant l’État, en éliminant le capital et en nettoyant leur esprit de toutes les religions et superstitions. Ce sera alors jour de fête.

21 juin - Traduction OCL, 26 juin.
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Jeudi 23 avril 2009

À Paris, depuis le 6 avril 2009, des milliers de Tamouls, réfugiés politiques pour la plupart, sont rassemblés pour crier leur colère face aux massacres perpétrés à l’encontre de leurs proches, dans le nord-est du Sri Lanka.

Pour le gouvernement raciste de Mahinda Rajapakse, le Sri Lanka est exclusivement cingalais et bouddhiste, et la minorité tamoule est une anomalie qu’il faut mater, dont la culture et les droits sont bafoués.

Les Tigres de libération de l’Eelam tamoul (LTTE) qui, malgré tous leurs travers autoritaires, sont devenus la composante hégémonique de la résistance tamoule à l’oppression, sont en train de perdre la guerre qu’ils menaient depuis vingt-cinq ans. Derrière leur liquidation, c’est tout le peuple tamoul qui va devoir subir le déferlement de la répression de l’armée sri-lankaise, dans un pays où toute opposition politique est réprimée, et où la censure de la presse est totale. Toutes et tous les observateurs internationaux, journalistes et membres d’ONG ont d’ailleurs été expulsés de la zone des combats.

Non content d’utiliser des armes chimiques contre les populations civiles, le gouvernement sri-lankais finance des paramilitaires qui se chargent du reste du sale boulot : dénonciations, arrestations arbitraires, torture, viols, meurtres et enlèvements d’opposants. Ce sont ainsi 200.000 civils, piégés dans les zones de combats, qui risquent d’être livrés à la barbarie. On parle de 7000 morts en une semaine.

La zone nord-est du pays intéresse tout particulièrement l’État sri-lankais, qui entend y implanter une immense zone industrielle et portuaire, avec l’aide de capitaux chinois et indiens.

À Paris, malgré quatorze jours de rassemblements massifs et calmes (jusqu’à 15.000 personnes), il aura fallu que la police provoque des échauffourées le 20 avril au soir pour que les médias évoquent le sujet, dans la tonalité sécuritaire qu’ils affectionnent.

Le peuple tamoul a droit à l’autodétermination, le droit de parler sa langue et d’avoir sa culture propre. Il faut stopper ce massacre !

Alternative libertaire, 22 avril 2009.
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Dimanche 18 janvier 2009

De Paris à Tel Aviv, de Washington à Alger Avec la réémergence du mouvement révolutionnaire en Grèce, les bons vieux réflexes de solidarité internationaliste recommencent à affoler tous les gouvernements.

Envoi d’armes annulé par les camarades grecs


Les mass-médias internationaux ont informé ce matin (12 janvier) que l
envoi darmes planifié par les États-Unis depuis la Grèce à Israël a été annulé. La raison nest pas bien éclaircie : les mass-médias internationaux disent que la décision a été prise à cause de la proximité du port israélien de Ashodod, où la cargaison devait arriver, avec Gaza, mais cependant les journaux grecs impriment une histoire totalement différente. Selon eux, la cargaison a été annulée à la demande du gouvernement grec.

Comme l
a informé le journal Ta Nea (Les Informations), pendant toute la journée dhier les lignes téléphoniques entre Athènes et Washington ont été occupées jusquà ce quil fût décidé que à ce moment-là, lopération publiquement annoncée par la marine nord-américaine ne peut pas avoir lieu.

La décision a été réalisée malgré le fait que en dehors du port grec d
Astakos un bateau de la marine nord-américaine qui devait être utiliser pour transporter 235 containers était en stationnement.

Le gouvernement grec et le ministre des Affaires étrangères étaient nerveux à cause de la publicité qu
avait reçu le sujet et, malgré leurs compromis (politiques et légaux), limmense coût politique de lopération les a surpassé.

Le samedi, le Front populaire pour la libération de la Palestine a appelé le mouvement et le peuple grec à détenir l
envoi darmes à Israël par le gouvernement grec. Des dizaines de groupes dans tout le pays ont répondu à lappel en convoquant plusieurs manifestations et en bloquant le port dAstakos.

À peine un jour plus tard, l
envoi a été annulé. Le peuple grec continue à démontrer le pouvoir de son soulèvement dont les actions ont déjà un pouvoir dissuasif et leur portée (bien que de différente manière, il le fût toujours) est globale.

Forum antifasciste, 14 janvier 2009.
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Vendredi 16 janvier 2009
Le régime algérien, piégé par Gaza

Le drame de Gaza sert de révélateur au malaise que vit la population algérienne. Et témoigne de la paralysie qui règne au sommet de l’État.

Pour une fois, les services de sécurité algériens ont mal évalué la détermination d’une population civile qui ne supporte plus d’être réprimée lorsqu’elle essaye de s’exprimer. Les horreurs qui se déroulent à Gaza et le devoir de solidarité envers les «frères» palestiniens a apparemment poussé les Algériens à envoyer un message bien senti à leur pouvoir politique destabilisé et qui tergiverse depuis le début de l’attaque israélienne sur Gaza.

Interdite de manifester par les services d’ordre en dépit de trois tentatives avortées, la jeunesse algérienne, qui représente environ 70% des «révoltés», a fini, après la prière du vendredi 9 janvier, par faire face, à Alger, au millier d’hommes du général Ali Tounsi, le directeur de la Sûreté nationale. Ces derniers ont été contraints de faire marche arrière, voire de fuir la marée humaine qui a fini par atteindre le million de manifestants, menaçant ainsi la stabilité de la capitale si les autorités étaient intervenues.

Partis politiques déconnectés des Algériens

Mais les manifestants ont été à la hauteur de l’événement et se sont dispersés sans incident grave. Les services de sécurité se grattent encore la tête pour comprendre ce qui s’est passé et n’ont personne à accuser d’être derrière ce million de manifestants pacifiques. Le pouvoir n’a pas pu, comme à l’accoutumée, montrer du doigt les islamistes pour profiter de cette situation car, dans le cas de manifestations de soutien à Gaza, il ne peut pas diaboliser la rue. Il s’est donc contenté d’arrêter l’opposant islamiste Ali Belhadj, qui sortait d’une mosquée, pour le relâcher quelques heures plus tard.

Quant aux partis politiques — FLN en tête, ses alliés dans la coalition gouvernementale ainsi que les islamistes et les gauchistes de Louisa Hanoune — ils ont inventé, chacun de leur côté, des meetings bidons. Au menu des réjouissances : tantôt discuter des prochaines élections présidentielles prévues pour avril 2009, tantôt débattre de dossiers liés à leur cuisine interne. Le succès de la manifestation du 9 janvier a montré que ces formations politiques étaient maintenant totalement déconnectées des Algériens et ne représentaient plus qu’elles-mêmes. Ce qui commence à méchamment inquiéter les autorités algériennes.

La Sécurité militaire joue les belles au bois dormant

Quant à l’assourdissant silence qu’a observé à ce jour le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, il prouve que l’heure est grave au sommet du pouvoir. Des slogans utilisés par les manifestants du genre «
le peuple et l’armée avec Gaza, l’État reste lâche» montrent, selon les observateurs les plus avisés à Alger, que l’establishment politico-sécuritaire connaît des failles.

De surcroît, la Sécurité militaire du général Mohamed Médiène (alias Tewfic) n’a interpellé aucun manifestant, même pas ceux qui sont considérés comme dangereux eu égard à la stabilité du pays. Et le refus de l’armée d’intervenir pour saboter la grande manifestation du vendredi 9 janvier montre que, tous clans confondus, le pouvoir craint le bain de sang et choisit de laisser du temps au temps.

Kader Atoum
Bakchich, 16 janvier 2009.


Gaza : Marches de protestation et affrontements

Des «incidents» ont éclaté hier au niveau de lavenue Zighout Youcef à Alger lorsque des dizaines de jeunes ont tenté de se rendre à proximité de lAssemblée populaire nationale (APN) dans une procession organisée pour dénoncer le massacre perpétré par l’État hébreu à Ghaza en Palestine. Les «manifestants» étaient venus des mosquées Ketchaoua, Bab El-Oued, la Casbah ou encore la mosquée de Sahat Echouhada (place des Martyrs). Plusieurs jeunes ont été interpellés par la police puis relâchés.

Au même moment, des dizaines de milliers de personnes, en majorité des fidèles qui venaient d
effectuer la prière du vendredi, sont bloquées à proximité du ministère de la Jeunesse et des Sports à la place du 1er Mai (Champ de manœuvres). Il était 14h30 environ et la foule devenait de plus en plus imposante devant le ministère de la Jeunesse et des Sports. Il faut savoir que les fidèles venant des mosquées de Belcourt, Salembier, la cité Mahieddine, le Champ de manœuvres, Hussein Dey, Ruisseau, Kouba, El-Harrach et dautres encore se sont donné rendez-vous, semble-t-il, à cet endroit.

La police a tenté de dissuader les manifestants de marcher mais en vain. La foule était devenue tellement importante que le cordon de sécurité mis en travers de la route n
a pas pu empêcher les manifestants de marcher vers la place des Martyrs où des milliers dautres fidèles étaient déjà présents en train de scander des slogans hostiles à Israël et à certains dirigeants de pays arabes.

Jamais depuis la fameuse marche des «ârchs» en 2001 la capitale algérienne n
a vu autant de monde défiler. Ils étaient plus de 100.000 personnes, attestent certaines sources alors que dautres parlent de plusieurs centaines de milliers de manifestants qui ont battu le pavé hier à Alger pour la première fois depuis huit années. Hommes, femmes, enfants, vieux, jeunes et moins jeunes ont participé hier à plusieurs marches qui ont toutes atterri au niveau du centre dAlger. Mais la plus importante est celle qui a démarré depuis la place du Premier Mai. Aux cris de «Allah Akbar» la procession est passée par la rue Hassiba Ben Bouali vers la place des Martyrs, scandant des slogans tels que «ils ont vendu Ghaza avec des dollars», «Mahmoud Abbas agent dIsraël» ou encore «Hosni Moubarak traître».

En fait, les marches se sont déroulées dans le calme et aucun incident majeur n
a été enregistré jusquau moment où certains ou voulu atteindre lambassade des États-Unis en passant par la rue Didouche Mourad en plein centre d’Alger. Trois processions ont défilé par cette rue en lespace dune heure. Plusieurs cordons de sécurité ont été mis en place à partir de la rue Asla Hocine à côté du Palais du peuple. La situation a dégénéré vers 16h35 quand la troisième procession na pas voulu prendre la déviation indiquée par la police. La foule qui voulait absolument prendre le chemin du Golfe (El-Mouradia) pour arriver à l’ambassade américaine a été confrontée à lintransigeance des policiers qui ont chargé les manifestants qui étaient, faut-il le signaler, en majorité des adolescents. Cest laffrontement. La rue Didouche Mourad est devenue en lespace de quelques minutes seulement un véritable champ de bataille.

Abribus, plaques de signalisation et même des arbres ont été arrachés par des manifestants en furie qui ont arrosé le cordon de sécurité de pierres et de divers objets. Le camion équipé de lance à eau des forces anti-émeutes dépêché sur les lieux et qui n
avait de cesse darroser la foule nétait pas arrivé à bout des manifestants qui revenaient à chaque fois à la charge et narguaient même les policiers. Une heure après, les affrontements continuaient toujours et les choses prenaient de plus en plus dampleur car quelques manifestants ont commencé à sattaquer aux commerces, aux bureaux appartenant à des privés, à des agences telles la CNAS ainsi que le ministère de lHabitat qui a essuyé une pluie de projectiles. Plusieurs bureaux ont été saccagés et le mobilier jeté dans la rue, jonchée de détritus, poubelles, plaques de signalisation et dautres objets. Même le Palais du peuple na pas été épargné. Des dizaines de jeunes se sont introduits à lintérieur mais ont été vite arrêtés par les éléments de la Garde républicaine.

Les jeunes manifestants paraissaient déterminés à en découdre avec les policiers puisque toutes les charges opérées par la police anti-émeutes ne les ont pas empêchés de revenir à chaque fois. Ce n
est que vers 18 heures que la police réussira à disperser les manifestants en donnant un grand assaut avec lappui des renforts arrivés sur les lieux. Plusieurs personnes ont été arrêtées et aucun bilan officiel na été rendu public ni sur le nombre darrestations ni sur le nombre de blessés. À noter quune fois le calme revenu, les agents de lentretien sont intervenus pour nettoyer la rue Didouche Mourad qui paraissait avoir été traversée par une tornade.

Z. Mehdaoui
Continental News, 10 janvier 2009.
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Vendredi 16 janvier 2009

La Fédération des travailleurs de l’éducation de la Confédération nationale du travail (CNT, France) condamne avec fermeté les frappes militaires israéliennes contre les habitants des territoires occupés de Gaza. Elle exige l’arrêt de l’agression militaire, le démantèlement de toutes les colonies, la fin de l’occupation, et la mise en œuvre du droit au retour des réfugiés palestiniens.
De surcroît, elle tient à exprimer son soutien aux travailleurs de l’éducation de Palestine et plus largement aux citoyens subissant les exactions de la soldatesque israélienne.
La Fédération des travailleurs de l’éducation de la Confédération nationale du travail se fourvoierait en omettant de rappeler aux Israéliens qu’ils sont maîtres de leur destin et qu’à tout moment, ils peuvent faire cesser cette tragédie qui dure depuis 60 ans.


The CNT-FTE (Federation of the Workers of Education of the French Confédération nationale du Travail,) strongly condemns the Israeli military strikes against the inhabitants of the occupied territories of the Gaza strip. We demand the end of this military aggression, the dismantling of all colonies, the end of occupation and the implement of the right to return for Palestinian refugees.
Moreover, we wish to express our solidarity to the workers of Education of Palestine, and more largely to all denizens victims of the Israeli army rabble.
We can’t but recall the Israelis that they’re in command of their own destiny and that they can put an end to a tragedy which has been enduring for the last 60 years.

Secrétariat international de la CNT-FTE
Dijon, le 2 janvier 2009.
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Dimanche 11 janvier 2009

À Lons et à Dole, des rassemblements ont mobilisé hier 250 personnes environ. Dans la ville préfecture, le mouvement est même à l’origine de la création prochaine d’un collectif «Palestine».

Une soixantaine de personnes a manifesté hier matin à Lons pour dire non à la guerre à Gaza. Ils étaient près de deux cents, un peu plus tard dans la journée, dans les rues de Dole, à avoir répondu à l’appel du Réseau pour une paix juste au Proche-Orient que préside Laurence Bernier. Le cortège était emmené par tout un collectif d’associations et de citoyens mais également d’élus, dont élus, parmi lesquels Claude Chalon, le président de la communauté d’agglomération de Dole.

Si la mobilisation a été plus modeste côté lédonien, c’est en partie à cause du fait que ce mouvement s’est décidé «spontanément» jeudi soir, comme l’a indiqué Springsfield Marin, représentant de la FSU et initiateur du rassemblement.

Au côté du syndicat, place de la Liberté, des membres de partis politiques, d’associations, et d’autres organisations syndicales. Mais aussi des citoyens révoltés par les hostilités qui touchent le peuple de Palestine. «Notre objectif, c’est que cela cesse vite ! Refusons aussi l’instrumentalisation communautaire : ce conflit est politique et pas religieux», revendiquait encore Springsfield Marin qui poursuivait : «Se pose maintenant pour nous la question de créer un collectif Palestine, comme il en existe déjà un à Dole. Un collectif qui peut nous permettre de donner des rendez-vous à la population comme celui de ce matin (hier, ndlr). Et pourquoi pas d’être de nouveau dès samedi prochain dans la rue. Et autant de fois qu’il le faudra pour que le peuple palestinien soit reconnu dans ses droits.» Un appel qui a obtenu une réponse favorable : la réunion de «constitution» se tiendra demain lundi, à 18 heures, à la Maison des syndicats de Lons.

Témoignage bouleversant à Besançon

Hier dans la capitale régionale, ils étaient 800, selon la police, plus de 2000, selon les organisateurs. Selon notre décompte, il y avait au moins 1500 à assister notamment au témoignage de la jeune Bissane, une Franco-palestinienne vivant à Besançon, qui a annoncé à la foule l’assassinat, la veille, de sa mère et de son beau-frère. «J’ai perdu ma mère qui était avec moi, ici à Besançon, il n’y a pas si longtemps. Les commerçants du coin la connaissent bien. C’est pour vous dire que la mort n’est pas si loin que ça. Elle est là tout près de nous. J’ai aussi perdu mon beau-frère et ma sœur est entre la vie et la mort», témoigne la jeune fille avant que l’émotion ne l’empêche de poursuivre son intervention.

Le Progrès (édition du Jura), 11 janvier 2009.
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Mercredi 24 décembre 2008
Des manifestants lancent des chaussures contre le mur

Des centaines de Palestiniens manifestant contre la barrière de séparation en Cisjordanie ont lancé des chaussures aux soldats israéliens, au lieu des pierres habituelles.

Des centaines de Palestiniens manifestant contre la barrière de séparation en Cisjordanie ont lancé vendredi 19 décembre des chaussures aux soldats israéliens, imitant le geste d’un journaliste irakien contre le président George W. Bush.

Plus de 500 manifestants ont jeté des chaussures contre les soldats israéliens, au lieu des pierres habituelles à Bilin. Certains brandissaient des photos du président américain et du Premier ministre israélien Ehoud Olmert.


À Nilin, autre village de Cisjordanie, des manifestants ont également lancé des chaussures contre les soldats en signe de protestation contre la «politique américaine de soutien à Israël», ont rapporté des témoins.

«Mur de l’apartheid»

Bilin et Nilin sont le théâtre de manifestations hebdomadaires, souvent violentes, contre la barrière de séparation auxquelles participent des militants pro-palestiniens venus d
Israël et de létranger.

Un enfant et un adolescent palestinien ont été tués depuis fin juillet par des tirs israéliens à Nilin.

Israël qualifie la barrière de sécurité qu
il érige sur plus de 700 km en Cisjordanie de mesure légitime qui a permis, selon lui, de limiter les attentats palestiniens.

Les Palestiniens parlent d
un «mur de lapartheid» dans la mesure où cet obstacle senfonce en territoire palestinien, séparant des cultivateurs de leurs terres, pour protéger des colonies de peuplement.

Dans un avis rendu le 9 juillet 2004, la Cour internationale de justice (CIJ) a jugé illégale la construction de cette barrière et exigé son démantèlement, tout comme l
a fait ensuite lAssemblée générale de lONU. Israël na pas tenu compte de ces requêtes.

Presse policière-bourgeoise :
Le Nouvel Observateur, 22 décembre 2008.

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Jeudi 11 décembre 2008
Solidaires face à la répression meurtrière

Alexandros assassiné par la police

Le quartier d’Exarchia au centre d
Athènes, un des lieux phares depuis la lutte contre la dictature des colonels, concentre une présence libertaire et contestataire très importante. Samedi 6 décembre un échange d’insultes entre un groupe de jeunes et deux policiers dégénère. Un des policiers sort alors son arme et tire trois balles. Alexandros Grigoropoulos, âgé de 15 ans, est touché au thorax, et meurt quelques minutes plus tard.

Il ne s’agit pas comme le laissaient entendre les médias officiels, relayant la version policière, d
une mort accidentelle mais bien d’un assassinat comme les témoignages des habitants du quartier l’ont attesté. Dès cet instant, des manifestations spontanées de protestation n’ont cessé partout dans le pays. Les révoltes, dans les plus grandes villes du pays, prennent pour cibles principales les institutions du Capitalisme et de l’État : banques, commissariats etc.

Ces évènements ont lieu dans un contexte économico-social explosif, du fait de la dégradation des conditions de vies en Grèce, alors que les mouvements sociaux y sont particulièrement combatifs face à la politique réactionnaire d
un État empêtré dans une profonde corruption : luttes de sans-papiers, grève de la faim de prisonniers, mobilisations contre la libéralisation du système déducation et le démantèlement de la protection sociale et grève générale le 10 décembre. Ceux qui ont semé la misère, récoltent maintenant la colère.


Solidarité sans frontières pour une autre société

Sous toutes les latitudes et en tous temps, face à la contestation, la réponse des gouvernants est la répression et les arrestations de masse. Contrairement aux déclarations du ministre de l
’Intérieur grec qui promet la tolérance zéro et se retranche derrière la falsification : «la police et le mécanisme étatique agissent sur la base de la protection de vie humaine, de la propriété des citoyens, et de la démocratie», il est important daffirmer notre solidarité aux dizaines de milliers de Grecs qui occupent les rues du pays depuis ces derniers jours.

Nous savons que dans le contexte d’offensive capitaliste au niveau mondial, c
est dune riposte internationale des exploité-e-s et des opprimé-e-s contre la domination dont nous avons plus que jamais besoin. À ce titre, les luttes sociales en Grèce sont aussi les nôtres.

Les logiques politiques qui entraînent la dégradation des conditions de vie — et souvent la mort — des immigré-e-s aux frontières et à l
intérieur du pays, des prisonniers, des ouvriers sur leur lieu de travail ne sont pas de simples dérives isolées mais la forme achevée de la barbarie guerrière et policière des États et du capitalisme.

C
est bien contre ces politiques quil nous faut lutter aujourdhui pour pouvoir abolir ce système meurtrier et terroriste, pour y substituer une organisation sociale fondée sur l’égalité économique et sociale, la liberté et le fédéralisme libertaire.

Partout dans le monde lÉtat réprime, assassine,
pour assurer le maintien du Capitalisme.
Organisons nous, partout dans le monde,
pour construire une société sans classes et sans État.

CGA, 11 décembre 2008.



Les heurts et les manifestations se poursuivent en Grèce

De nouveaux incidents se sont produits entre jeunes et forces de lordre à Athènes, où les violences sont quotidiennes depuis la mort samedi soir dun adolescent tué par un policier. Ce tragique événement a plongé la Grèce dans une profonde crise sociale et politique.

Malgré de nouvelles escarmouches, la police a fait état d
une «baisse de tension» par rapport aux jours précédents. À Athènes, 400 personnes se sont rassemblées dans le centre-ville. En fin de manifestation, une vingtaine de jeunes ont lancé des pierres sur des policiers près de luniversité. La police a riposté aux jets de projectiles par des tirs de gaz lacrymogènes.

Près de 1200 personnes, également membres de groupes de la gauche extraparlementaire pour la plupart, ont par ailleurs défilé dans le calme dans le centre de Salonique.

Des incidents se sont par ailleurs déroulés dans plusieurs autres grandes villes d
Europe, comme à Rome et à Bologne, en Italie, où cinq policiers et un soldat ont été blessés mercredi dans des affrontements avec des manifestants.

D
autres manifestations ont eu lieu en Espagne, à Madrid et Barcelone, et un inconnu a lancé un engin incendiaire mercredi soir contre le consulat de Grèce à Moscou. À Bordeaux, deux véhicules ont été incendiés devant le consulat de Grèce.

À Athènes, des affrontements ont éclaté entre jeunes et policiers, devant la prison de Korydallos, la principale de Grèce.

Les élèves se sont rassemblés à proximité de cet établissement pour protester contre la mort de leur camarade samedi et attendre le transfert du policier accusé de l
avoir tué. Le policier inculpé mercredi d’«homicide volontaire» devait en effet être placé en détention provisoire dans la journée à Korydallos.

Des affrontements ont également eu lieu devant la faculté d
Agronomie, occupée par les étudiants, et dans deux autres quartiers dAthènes.

Dans celui d
Exarchia, au centre-ville, où le jeune a été tué, une quarantaine de jeunes ont jeté des pierres sur les forces anti-émeutes, qui ont riposté par des tirs de gaz lacrymogène.

ATS, 11 décembre 2008.
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Jeudi 11 décembre 2008

Depuis plusieurs jours la jeunesse grecque crie sa colère.

Sa colère contre une police qui assassine froidement un adolescent de 15 ans.

Sa colère contre une classe politique (toutes tendances confondues) qui est gangrénée par ses pratiques de clientélisme et de corruption.

Sa colère contre une classe politique (toutes tendances confondues) qui privatise les Universités, précarise les jeunes et rogne les acquis des travailleurs (réforme de la sécurité sociale et du système des retraites).

À Paris comme à Athènes…

Le capitalisme exploite, licencie, assassine, criminalise les mouvements sociaux et expulse les sans-papiers.

Solidarité internationale
avec les étudiants et travailleurs grecs en lutte !


À Paris comme à Athènes…

Globalisons les résistances !
Grève générale contre le capital !





Interview de Yannis, secrétaire international de l’ESE grecque (anarcho-syndicaliste)

Peux-tu revenir sur les circonstances de la mort d’Alexis ?

Il y a trois ans que la police grecque a instauré une stratégie de provocation dans le quartier d’Exârcheia, lieu populaire historique d’Athènes, où vivent nombre d’étudiants, de jeunes et de libertaires.
Les rondes de la police ont augmenté ces derniers temps et les insultes à l’encontre des gens du quartier par les policiers sont le lot quotidien.

En ce qui concerne l’assassinat du jeune de 15 ans, tous les témoins oculaires (résidents du quartier, passants etc.) affirment que les policiers ont provoqué un cercle de jeunes en les insultant. Quand les jeunes ont répondu, les policiers ont garé leur voiture avant de revenir au point où les jeunes étaient assis puis ils ont tiré trois fois. Les témoins affirment aussi que l’assassin a tiré à vol d’oiseau sur Aléxandros, qui est tombé mort sur le trottoir.

Quelles sont les pratiques de la police grecque ?
Depuis la fin de la dictature de colonels, plusieurs dizaines de gens ont été tué par la police. Parmi eux, Mikalis Kaltezas, militant anarchiste de 15 ans, en 1985, Issidoros Issidoropoulos, militant d’extrême gauche de 16 ans en 1976, les manifestants Koumis et Kanellopoulou, mais aussi un nombre infini d’immigrés et des minorités ethniques (Tsiganes, Turcs de Thrace etc.). Dernièrement, la police avait également assassiné un jeune handicapé.

En même temps, on a une quantité innombrable de cas de tortures contre des militants, des manifestants et des immigrés arrêtés, ainsi qu’un usage systématique et injustifié de bombes lacrymogènes et de gaz chimiques pendant toutes les manifestations.

Il faut souligner que la police entoure traditionnellement les manifestations en Grèce.

J’ajouterai enfin que jamais un policier n’a été tué en Grèce par des manifestants et que jamais un policier — même condamné par la justice — n’a passé plus que 2,5 ans en prison.



Quel est l’état des lieux de la révolte ?

Presque dans toutes les capitales des départements du pays, la révolte s’est allumée. À Salonique, à Agrinion, à Yannena, partout en Crète, des affrontements opposent les manifestants et la police. À Patras, la police a attaqué les manifestants accompagnée par un bataillon de néo-nazis armés, dit «citoyens indignés».

À Athènes chaque jour, il y a deux ou trois manifestations différentes, avec plusieurs dizaines de milliers de participants. 20.000 manifestants solidaires ont accompagné Alexandros Grigoropoulos, pendant son enterrement. Il ne s’agissait pas du tout d’une «sédition aveugle» comme les médias l’ont dit. Bien au contraire, le mouvement continue…

Les cibles des manifestants sont les banques et les grandes entreprises multinationales qui sont les symboles de la misère et de la détresse du peuple.

La révolte rassemble des jeunes et des vieux, des militants mais aussi des gens non politisés.

Il s’agit de la plus grande révolte depuis la deuxième guerre mondiale et la guerre civile qui l’a suivie en Grèce. Il s’agit peut-être de la plus grande révolte de ces dernières quarante années dans le monde occidental. Pour nous, c’est aussi une révolte absolument légitime.


Au delà de l’assassinat du jeune, y a-t-il d’autres raisons qui expliquent cette explosion ?

Nous sommes la première génération d’après-guerre qui vit dans des conditions de travail et économiques pires que celles de nos parents.

En Grèce on parle souvent de «la génération de 700 euros». Sans aucun doute, il s’agit d’un slogan qui sous-estime la réalité. Parce que la grande majorité des jeunes de moins de 30 ans a de salaires inférieurs à 700 euros. Il n’y a plus de contrats de travail non précaire. Le travail au noir est très fort aussi. Le patronat licencie au nom de la «crise». En même temps que le Capital grec se réjouit d’une rentabilité énorme grâce au pillage des pays balkaniques.

La situation est encore pire pour les immigrés qui souffrent des lois racistes, de la xénophobie généralisée en Grèce et de l’action impunie de groupes nazis. Il faut souligner que la participation des immigrés à ce mouvement est assez grande et que comme d’habitude, ce sont eux les premières victimes de la répression étatique : sur quelque 400 arrêtés, la moitié sont des immigrés.


En ce qui concerne la vie politique et la corruption, je vous donnerai quelques éléments qui résument la situation politique grecque.

Récemment un scandale dit de «Vatopedi» a éclaté. Le gouvernement a offert des terres… publiques à l’église (!!!).

Je rappellerai aussi que deux familles (Papandréou pour le centre-gauche, le PASOK, et Caramanlis pour la droite) ont gouverné 34 années sur les 40 dernières années en Grèce.

Ce à quoi il faut ajouter la gestion désastreuse par l’État des incendies de l’été 2007 et de leurs conséquences, la casse de la sécurité sociale par les lois des socialistes en 2001 et par la droite en 2006, les privatisations de l’électricité, des ports et de Olympic Airways.


Propos recueillis le mercredi 10 décembre,
par Jérémie, SI de la CNT.
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Samedi 2 août 2008
La vie chère en question

Mi-avril 2008. C’est la stupeur dans la plupart des journaux européens, surpris par les brusques éruptions de colère, les émeutes de la faim. Au-delà du spectaculaire et de l’hypocrisie des médias et des politiques, qui feignent de découvrir le caractère inique de ce monde, il est temps de revenir sur ce qu’on a appelé la vie chère.

Qu’entend-on par le terme de vie chère ? La vie chère a remplacé le terme de pouvoir d’achat depuis peu. Elle traduit un glissement de sens non négligeable. En effet, on passe toujours notre vie à travailler, mais alors que dans un cas, on semble travailler pour pouvoir acheter, dans l’autre, on paye sa vie, chère.

Travailler pour survivre, c’est de plus en plus dur. Pourquoi ? Parce que les salaires n’augmentent pas en Afrique. Normal, puisque les institutions financières internationales telles que le FMI ou la Banque mondiale imposent depuis de nombreuses années de ne pas augmenter les salaires et de réduire les effectifs des emplois stables (fonctionnaires, personnels soignants, etc.). Cela a son incidence lorsque les prix, eux, augmentent dramatiquement.

En outre, si dans des pays développés, comme les États-Unis ou l’Europe, la part du budget des ménages consacrée à la nourriture est assez faible (10%), ce chiffre est tout autre dans les pays du Sud. Dans de nombreux pays, il peut approcher les 80-90%. On comprend dès lors les enjeux signifiés par des hausses de prix. La vie chère dans le domaine alimentaire s’analyse donc à partir de plusieurs phénomènes, structurels ou conjoncturels et en rapport avec les situations locales.

Des raisons conjoncturelles

On peut avancer deux éléments conjoncturels : d’une part, une spéculation de replis sur les denrées alimentaires suite à la crise du crédit immobilier aux États-Unis et en Espagne, et d’autre part l’enlisement de la guerre en Irak, qui a provoqué la flambée des prix du pétrole et donc de l’essence (prix du baril multiplié par cinq en deux ans).

Voyons maintenant les éléments relevant de l’agriculture. À tout seigneur, tout honneur, commençons par le riz, première céréale mondiale et aliment de base. Le prix du riz, qui a grimpé de plus de 100% en quelques mois, est à première vue lié à la conjoncture, celle d’une campagne 2007 assez médiocre. Cela a du coup incité la Thaïlande, premier exportateur mondial de riz à garder une partie de sa récolte pour le marché intérieur. Et s’ils ont fini par vendre le restant, c’est à des prix bien plus élevés.

Pour l’Afrique, d’autres facteurs sont venus s’ajouter à cette mauvaise récolte, comme la décision de l’Égypte, en mars dernier, de ne pas vendre à l’étranger pour une période de six mois, jusqu’au mois d’octobre prochain. Or, l’Égypte, non contente d’être un grenier à blé, est l’un des plus gros producteurs de riz d’Afrique. Cette mesure, prise au sein d’un pays friand de cette céréale, visait à maintenir le riz à un prix correct pour les consommateurs égyptiens. Le pays du bord du Nil a suivi en cela l’exemple du Vietnam et de l’Inde, respectivement deuxième et troisième exportateurs mondiaux de riz, et du Cambodge. Au total, ces restrictions diminuent de plus d’un tiers les stocks de riz sur le marché international, une aubaine pour l’inflation, et donc la spéculation. La catastrophe pour les pays à faibles revenus, qu’ils soient d’Afrique, d’Amérique ou d’Asie (le Bangladesh a vu le prix de son riz doubler en un an).

Il faut toutefois relativiser le caractère nouveau de ces retenues des ventes, puisque la première céréale mondiale en terme alimentaire est surtout consommée localement. En effet, seulement 4% de la culture du riz de la planète part à l’exportation. La Chine, au premier rang mondial, destine toute sa production à sa population (1,3 milliard d’habitants).

La demande explose

Seconde constante, de fond, le prix du riz grimpe parce que la demande est en hausse, en raison de l’accroissement démographique des zones à forte consommation de riz, Afrique et Asie. En 2004, le prix d’une tonne de riz «thaï 100% grade B» (la norme du marché) a varié entre 250 et 270 dollars, puis entre 325 et 350 dollars en 2005. Cette année, le prix de la tonne a atteint la barre des 700. Une situation explosive donc et extrêmement nocive pour les populations, ce qui explique, entre autres, l’apparition de troubles dans plusieurs pays en Afrique (voir ci-dessous).

C’est la peur des émeutes de la faim récurrentes, dangereuses pour l’ordre du monde capitaliste, qui fait réagir et hurler à la surprise. Pourtant, la situation n’est pas nouvelle : les ressources naturelles ne se multiplient pas comme des petits pains ; la population mondiale, elle, si. En prenant en compte les besoins toujours plus croissants de la Chine et de l’Inde, mais aussi des pays d’Afrique, en pleine croissance démographique, la loi de l’offre et la demande du marché va pousser à une hausse des prix. Et cela attire déjà les spéculateurs et autres fonds de pensions qui jouent sur le cours des denrées. Si l’on ajoute le poids des intermédiaires en Afrique, grands commerçants dans l’Afrique de l’Ouest notamment, vous comprendrez pourquoi le sac de riz de 100 kg a dans certains cas triplé.

Autre élément essentiel à la bonne nutrition, la viande. Or, les cours ont aussi grimpé, en raison notamment de l’envol des prix du soja, premier aliment distribué aux bêtes dans le monde entier. Le soja monte, les éleveurs répercutent les prix. Lorsque les Dakarois achètent leurs poulets en provenance du Vietnam, premier exportateur mondial, sur le marché, ils sentent les hausses, accentuées par la percée du carburant, toujours plus cher.

Autre produit de première nécessité en Afrique, les céréales tels que le mil ou le blé. Là encore, le prix est à la hausse, sous le double effet des récoltes en demi-teinte et des hausses des prix du carburant.

Dans ce cas-là, tout comme pour le marché des huiles alimentaires, un autre phénomène entre en ligne de compte : le recours de plus en plus important aux biocarburants (d’origine végétale). Ces derniers entrent désormais en concurrence avec les productions locales, vivrières, qui disparaissent sous les effets de la rentabilité, les paysans ayant par conséquent encore plus de mal à survivre. Là encore, on constate l’absurdité d’un système qui encourage la production de carburant à base de maïs, de canne à sucre ou d’huile de palme et décourage celle des des céréales, des légumes et d’autres cultures locales destinées à nourrir sur place la population.

Une destruction structurelle

Dans l’intérêt de l’agriculture capitaliste, pour trouver de nouveaux débouchés à leurs productions, les USA, l’UE et des pays émergents, tel que le Brésil, premier producteur mondial d’éthanol, ou la Malaisie avec l’huile de palme, ont augmenté certaines productions au détriment d’autres. Pour diminuer la pollution dans les pays riches, on accélère les ravages écologiques (destruction massive des forêts, envahissement d’espèces, etc.), et on accroît la malnutrition en diminuant la part de surface agricole cultivée à des fins alimentaires.

On peut comprendre la position du petit paysan malais qui ne peut plus vivre des fruits de son travail en raison de prix de vente trop faibles et de la concurrence des multinationales de l’alimentation. Mais la diversité des produits est menacée, les pays et villages dépendent des importations, et donc des prix du marché.

En poussant dans les années 80 les pays en voie de développement à travers les désastreux plans d’ajustement structurels (PAS), à la poursuite des monocultures, le plus souvent héritées du système colonial, c’est-à-dire à renoncer à son autosuffisance alimentaire, tout en ouvrant son espace sans obstacle au libéralisme, les dirigeants de ce monde ont précipité les populations vers l’abîme. Ce ne sont pas les larmes de crocodiles versées par les responsables en place, à la FAO ou ailleurs qui le feront oublier.

La question énergétique

Et c’est sans parler du dernier élément grevant le budget et les conditions de vie des plus pauvres, le bond spectaculaire du prix de l’essence, lié à la situation des ressources pétrolières, en passe de disparaître à l’horizon 2030, et la nécessité de remplacer celles-ci pour l’énergie et pour stopper le réchauffement climatique, désormais reconnu par tous comme véritablement préoccupant. Sur ce dernier point, il faut se rappeler que les Africains subissent plus que d’autres les impacts environnementaux, avec notamment la progression du désert, qui grignote les terres cultivées. Ce qui complique encore plus d’avoir l’autosuffisance alimentaire. Situation d’autant plus scandaleuse que ce continent est loin derrière les autres en terme de pollution globale.

La hausse du pétrole a des conséquences aussi dans la vie de tous les jours, augmentant les coûts de production d’un grand nombre d’activité : le transport bien sûr, mais aussi les industries.

Et cela finit par faire trop pour des millions d’être humains qui craquent devant l’accumulation de richesses d’un côté et la misère de l’autre. Il faut de toute urgence mettre à terre ce système capitaliste, bâtir un autre monde, donner les clés aux uns et aux autres pour reprendre le contrôle de leurs ressources, qu’elles soient énergétiques ou alimentaires. L’exact contraire de toute la politique des Nations unies, des institutions financières internationales, de «l’aide au développement» et des États comme la France qui feignent la peine à l’égard des Africains. À nous d’imposer un autre système.

NTE, du Groupe de travail Afrique du SI de la CNT

Les récentes émeutes de la faim en Afrique
Burkina Faso
«Les 20, 21 et 22 février 2008 certaines capitales régionales du Burkina, en l’occurrence Bobo Dioulasso, Ouahigouya et Banfora ont été secouées par de violentes manifestations contre la vie chère que l’on pourrait qualifier de véritables émeutes de la faim, conséquences de la flambée vertigineuse des prix des produits de grande consommation.» Extrait d’un tract de la CGTB. Voir également article dans
Afrique sans chaînes no 2. Plusieurs centaines de personnes sont arrêtées et jugées. Depuis une coalition contre la vie chère (syndicats et société civile) muliplie les grèves générales (8 et 9 avril puis 13, 14 et 15 mai).
Cameroun
Des émeutes de la fin éclatent les 25, 26 et 27 février 2008 à travers tout le pays. Selon les associations de doit de l’homme MDHC et FIDH : «Ainsi, dans les seules villes de Loum, Kumba, Bamenda, Buéa, Basang, Limbe et Njombé-Penja, le bilan s’élèverait déjà à près de 35 victimes. À Douala et Yaoundé, où les affrontements entre les civils et les forces de la police, des militaires et de la Gendarmerie ont été particulièrement violents, on dénombrerait aussi plusieurs dizaines de morts et plus de 2000 arrestations parmi la population civile.»
Égypte
Mouvements de grève dans tout le pays en mars-avril 2008 (notamment les ouvriers du textile de Mahalla el Kobra) qui débouchent sur une grève générale le 6 avril. Des émeutes, durement réprimées, ont éclatées notamment à Mahalla, dans la région du Delta.
Sénégal
La manifestation organisée à Dakar le 30 mars pour protester contre la cherté de la vie est interdite et brutalement réprimée par la police (plusieurs dizaines d’arrestations musclées).
Côte d’Ivoire
Le dimanche 30 mars le président Gbagbo recevait son ami… Jack Lang qu’il décore puis emmène découvrir les fastes d’Abidjan (à proximité immédiate d’un autre quartier de Yopougon, Wassakara, où manger trois fois par jour est un luxe) sous l’objectif des caméras de télévision. Les jours suivants, des manifestations contre la vie chère éclatent à Abidjan dans le quartier de Cocody, où se situe la résidence du président ivoirien Laurent Gbagbo, puis dans d’autres communes de d’Abidjan et certaines villes de l’intérieur (Yopougon, Port Boué, Attécoubé, Grand Bassam). Officiellement, il y aurait eu au moins un ou deux morts.
Et aussi Guinée, Sénégal, Niger, Cameroun, Madagascar, Mauritanie… sans parler des autres continents.

Afrique sans chaînes no 3, juillet 2008.


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Jeudi 17 juillet 2008
Le malaise social des travailleurs migrants chinois tourne à l’émeute dans le Zhejiang

Plus d’un millier de travailleurs migrants chinois ont attaqué récemment, et trois jours durant, le poste de police de Kanmen, une ville dun comté de la province du Zhejiang, située au sud de Shanghaï, illustrant la persistance dun malaise social dans les campagnes de Chine.

Selon une information diffusée, lundi 14 juillet, par la
branche hongkongaise du Centre pour les droits de lhomme et la démocratie (CHRD), la colère des ouvriers a explosé, jeudi, après que lun deux eût été battu par des policiers. La victime, Zhang Zhongfu, protestait contre le refus de la police de lui attribuer un permis de résident.

L
incident a dabord provoqué une manifestation dune centaine de personnes autour du commissariat. Les policiers ne voulant rien entendre aux doléances des ouvriers protestant contre le passage à tabac de leur camarade, laffaire a tourné à lémeute. Le CHRD ne donne pas de détails sur le bilan éventuel de blessés mais précise que 23 émeutiers ont été arrêtés, dont Zhang Zhongfu.

Les travailleurs migrants ou «mingong», en chinois, représenteraient une force de travail de près de 200 millions de personnes. Paysans pauvres de villages reculés des provinces défavorisées, ils sont venus en ville participer à l
extraordinaire essor durbanisation de la Chine de la fin du XXe siècle. Parfois exploités par des patrons qui ne les paient pas, ils travaillent dans des conditions dégradantes avec des horaires harassants.

Permis de résidence

Ce que demandait Zhang Zhongfu est à la racine du malaise des «mingong». Venus des campagnes, ils n
ont pas toujours dexistence légale en ville, formant une population flottante qui ne possède pas le document donnant des droits au citoyen chinois, le permis de résidence ou «houkou». Sans lui, pas décole pour les enfants, pas de sécurité sociale, pas de couverture médicale… Autant davantages sociaux que la «dérive» capitaliste de la Chine a par ailleurs largement érodés pour lensemble de la population.

Les autorités ont annoncé à plusieurs reprises des mesures destinées à lutter contre les discriminations dont sont victimes les travailleurs migrants. Le système du «houkou» reste cependant, pour l
essentiel, en vigueur en Chine même sil est devenu de moins en moins un objet de contrainte en province.

Cette émeute fait suite à d
autres violences, qui ont éclaté le 28 juin dans la province méridionale du Guizhou. Une manifestation réunissant une trentaine de milliers de personnes avait, elle aussi, dégénéré en bataille de rues dans le chef-lieu du comté de Wengan. La foule avait attaqué des bâtiments publics et des commissariats de police avant de renverser et dincendier de nombreux véhicules. Le meurtre et le viol dune jeune fille de 17 ans avaient provoqué cette flambée de colère.

Les camarades de classe de la victime accusaient la police de protéger le suspect de ce crime, qui serait le fils d
un responsable local. Le chef de la police a été par la suite démis de ses fonctions mais il a accusé les émeutiers dêtre liés aux triades, les organisations chinoises de type mafieuses. La presse locale a annoncé, lundi, quune centaine de personnes avaient été arrêtées à la suite de cette émeute.

À la veille des Jeux olympiques, qui auront lieu à Pékin en août sous très haute surveillance policière, le pouvoir entend prouver qu
il est capable dimposer la loi et lordre et de promouvoir le concept de «société harmonieuse» voulu par le président Hu Jintao. En 2006, selon les statistiques officielles, 87.000 manifestations et violences ont secoué de nombreuses villes et comtés de province. Depuis, le gouvernement a cessé de publier les chiffres illustrant ces dysfonctionnements sociaux.

Bruno Philip
Le Monde, 15 juillet 2008.
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