Samedi 10 mai 2008
Prise d’antenne sur France Culture à l’Odéon

Ce samedi 10 mai, nous avons perturbé l’émission Répliques de France Culture et réussi à y lire le texte suivant, diffusé à lantenne vers 9 heures 30 :

Messieurs qui dites occuper l
Odéon,

Nous ne sommes pas particulièrement en colère contre vous. Vous entendre enterrer une des plus belles révoltes que le vingtième siècle ait connu par ici, ne nous étonne plus.

Si nous prenons aujourd
hui, ce temps dantenne, cest pour dire à ceux qui écoutent, quà lheure où les anciens combattants rabâchent leurs faits darme, à lheure où les experts évacuent le sens des mots à coups de verbiages.

À cette heure, d
autres semparent du présent et tentent de lhabiter par leurs luttes et leurs révoltes.

À cette heure, par exemple, des migrants enfermés se battent dans les centres de rétention : grève de la faim, refus de se faire compter, de rentrer dans les chambres, cellules brûlées. Et les CRS qui régulièrement prennent le relais des matons pour étouffer à coups de matraques les révoltes naissantes.

Nous rentrons dans la lutte aux côtés des enfermés, notamment en relayant à l
extérieur ce qui se crie à lintérieur des centres, car nous avons décidé de traduire en actes notre dégoût de la chasse aux étrangers. Et nous le faisons en désertant les formes mortes de la politique de parti, de représentation, de hiérarchie.

Dans ce «nous» de mouvement, dans ce «nous» de révolte se trouvent trois personnes, qui se rendent le 19 janvier 2008 à la manifestation contre le centre de rétention de Vincennes et se font contrôler. Ils ont sur eux, comme d
autres, des clous tordus et du fumigène artisanal. Des clous pour faire barrage aux véhicules. Un fumigène pour saluer les détenus.

Un équipement relativement banal, donc. Mais là où l
on ne peut que voir des fumigènes et des crève-pneus, la police décide de voir les ingrédients dune bombe artisanale. «Terroristes» crient en cœur la justice et les journaux. Et voilà deux amis, Ivan et Bruno, jetés en prison en lattente dun procès, placés sous juridiction anti-terroriste.

Aujourd
hui, cela fait presque quatre mois quils y sont.

Pourquoi ?

Parce qu
un mouvement commençait à prendre trop dampleur ? Parce que les formes de lutte quils ont choisi ne correspondent pas aux cadres de contestation prévus et encadrés par le instances dirigeantes ?

Vous l
aurez compris, nous naimons pas les pavés muséifiés.

Nous allons laisser continuer les gens de médias, sans nous, tâcher de noyer les puissances de la lutte dans des phrases sans effets. Mais maintenant, vous savez qu
aujourdhui encore, quelques-uns crient fort et quon les jette en taule.

Sachez aussi que nous ne nous laisserons pas faire.

Solidarité avec Ivan et Bruno et tous les enfermés !

Merde aux croque-morts !

Vendredi 9 mai 2008
Le 14 mai 2008 à 13 heures à Bobigny
Un coup contre un est un coup contre tous


La réquisition d’un bâtiment au 5-7 rue Raspail à Montreuil (93) a eu lieu le 24 novembre 2007 par le Dalas (Droit Au Logement Autogéré et Social). Le bâtiment était inoccupé depuis 10 ans. Des travaux daménagement ont eu lieu pour loger des familles et créer des locaux associatifs et syndicaux.

Dès le 1er jour, une prise de contact avec les propriétaires a eu lieu. Plusieurs huissiers ont constaté l
occupation. Le jeudi 13 décembre 2007 des vigiles ont été envoyés pour expulser les occupants par la force, sans succès. Vendredi 14 décembre 2007 dans la soirée, malgré labsence de décision de justice, des vigiles ont expulsé violemment le Dalas et ont détruit les murs et le mobilier.

La police est intervenue en dispersant violemment le rassemblement des expulsés et a arrêté neuf militants de la CNT. Huit seront relâchés le lendemain sans poursuites. Notre camarade Jawed passera en jugement le mercredi 14 mai.

La CNT appelle à venir soutenir Jawed
le mercredi 14 mai 2008 à 13 heures
au Palais de Justice de Bobigny, métro Bobigny Préfecture.
Jeudi 8 mai 2008
Le SIIRP soutient la grève des travailleurs sans papiers pour leur régularisation

Diviser pour régner, une vieille recette du patronat. Celui-ci s’applique à créer artificiellement toujours plus de catégories pour nous diviser et essayer de nous faire croire que nous n
avons pas tous et toutes les mêmes intérêts. Les types de contrats et les statuts se multiplient : CDI, CDD, bientôt les contrats de mission, intérim, stages, prestataires et sous-traitants contre «internes», etc. Ils cherchent aussi à nous diviser en fonction de notre localisation, européens de louest contre européens de lest, travailleurs de l’Union européenne contre travailleurs du reste du monde.

En France même, en refusant à une partie de la population des papiers et le droit de travailler, l
’État garantit au patronat une main d’œuvre taillable et corvéable à merci, obligée daccepter nimporte quel boulot, dans nimporte quelles conditions, sous la menace permanente dune expulsion. Les gouvernements successifs ont ainsi tiré vers le bas les conditions de travail et les salaires de tout le monde.

Le seul moyen de résister est de se battre pour que tous les travailleurs aient les mêmes droits, ici comme ailleurs. Se battre avec les travailleurs du monde entier pour les aider à obtenir les mêmes droits que les nôtres. Se battre ici aux côtés des sans-papiers pour qu
ils ne soient plus des sans-droits.

Depuis plusieurs semaines, des centaines de ces travailleurs sans droits se sont mis en grève pour obtenir les mêmes droits que tous les autres travailleurs. À Paris, des camarades du syndicat CNT de lhôtellerie et de la restauration occupent un restaurant «Charlie Birdy» au 124 rue de la Boétie, à deux pas des Champs Élysées.

Le Syndicat de l’industrie informatique les soutient et appelle lensemble des collègues des métiers de linformatique à leur exprimer leur solidarité en passant au restaurant occupé, en leur apportant de quoi poursuivre loccupation ou en contribuant à la caisse de grève.

Parce quun coup porté contre lun de nous est un coup porté contre tous,
Parce quavec ou sans-papiers, nous subissons les mêmes patrons,
Solidarité active pour légalité des droits !
Vendredi 2 mai 2008
Non au délit de solidarité ! Relaxe pour Romain !

Le 14 février 2008, Romain, militant RESF dans le Jura, a été condamné à 800 euros d’amende pour un message électronique envoyé le 19 décembre 2006 en protestation contre l’arrestation de Florimond Guimard et dans lequel il comparait la politique du ministre de l’Intérieur de l’époque à celle de Vichy.

Nous nous élevons contre cette condamnation d’un simple citoyen qui n’a fait que s’indigner contre une arrestation qu’il jugeait, à bon droit, arbitraire et injuste (Florimond Guimard a été depuis relaxé).

Romain a exercé son droit à la liberté d’expression, son message était signé et pas destiné à une diffusion publique.

Le parallèle qu’il établit, d’autres l’ont fait avant lui, dont de nombreux intellectuels et personnalités bien connues des arts et de la politique.

Romain fait appel du jugement. Nous nous déclarons solidaires de Romain Dunand et nous demandons sa relaxe.

Premiers signataires : Patrick ACKERMANN (SUD Activités postales et de Télécoms), François AUGUSTE (vice-président région Rhône-Alpes) ; Guy BEDOS (comédien) ; Annick COUPÉ (secrétaire nationale de l’Union syndicale Solidaires) ; Didier DAENINCKX (romancier) ; Jimmy GLADIATOR (écrivain) ; Cécile GONDARD (Fédération SUD PTT) ; Dominique GRANGE (chanteuse) ; Michel GUÉRIN (écrivain, Ldh & Resf70) ; Florimond GUIMARD (Resf13) ; Olivier LE COUR GRANDMAISON (universitaire) ; Christian MAHIEUX (Fédération SUD Rail) ; Florence OSTIER (Resf75) ; Pierre-Arnaud PERROUTY (Ldh Belgique) ; Ivar PETTERSON (Association des Survivants de la Drina-Srebrenica, Genève) ; Jean-Bernard POUY (écrivain) ; Maurice RAJSFUS (historien, Observatoire des Libertés publiques) ; Jean-Jacques REBOUX (écrivain, éditions Après la Lune) ; Pierre STAMBUL, pour l’UJFP ; Emmanuel TERRAY (anthropologue) ; Jérôme VALLUY (politologue, Université Paris 1)…
Confédération Nationale du Travail ; Fac Verte ; Fédération CNT des Travailleurs de l’Éducation ; Fédération SUD ANPE ; Fédération SUD Éducation ; Fédération SUD PTT ; Fédération Syndicale Unitaire ; SUD Banques ; SUD Culture ; SUD FPA ; SUD Rail ; SUD Trésor…
CNT Interco Jura ; Réseau Éducation Sans Frontières Franche-Comté ; SUD Collectivités territoriales Basse Normandie ; SUD Éducation Loiret ; SUD Éducation Nord - Pas de Calais ; SUD Éducation 84 & Union syndicale Solidaires 84 ; SUD Éducation Val d’Oise ; SUD PTT Mayenne ; SUD Santé Sociaux Marne ; section SUD Santé Sociaux CHU Toulouse ; SUD Télécom 64 ; Union syndicale Solidaires Besançon ; Union syndicale Solidaires 37 ; Union syndicale Solidaires 71…
Jacqueline BUHL (secrétaire régionale LDH Bourgogne) ; Marie-Christine CASENOVE (éducatrice, Vesoul) ; Jean CHAMBRUN (syndicat SUPPer) ; Bernard COIS (conseiller municipal Saint-Vallier, 71) ; Jacques DECHOZ (SUD Travail Affaires sociales) ; Jean-Claude EGIDIO ; Pacha & Nil FERRIER (Ldh71) ; Étienne FUNCK (Nantes) ; Pascale GIROUX (Lournand, 71) ; Jeanne & Claude JOLY ; Hervé JUBIN (SUD Éducation Manche) ; Romuald KUIJPER (enseignant) ; Danièle LAMUR-LEBOEUF (Resf71) ; Daniel LAMUR (responsable départemental CFDT Saône & Loire) ; Geoffroy MANNET (SUD Étudiant Paris X) ; Bernard MILLET (Resf71) ; Didier PAGÈS (SUD Éducation Clermont-Ferrand) ; Emmanuelle PIECHOWICZ ; Liza TOURMAN (étudiante Paris VIII) ; Roger WUCHER (Chalon sur Saône)…


Vendredi 2 mai 2008
Barcelone : Un squateur derrière les barreaux

Lundi dernier, 28 avril, on se réveille avec une mauvaise nouvelle : Ils ont emprisonné Franki, de Terrassa. Squateur et militant de Terrassa (ville proche de Barcelone) est accusé d’avoir décroché le drapeau espagnol pendant les fêtes de la ville en 2002 lors d’une manifestation festive. La police municipale chargea mais il n
y eut aucune détention. Ce nest qu’après que Franki reçu une carte des tribunaux le convoquant a un procès pour «outrage au drapeau».

Alors que les principaux témoins (les policiers) assurent avoir vu Franki dans la manifestation, ils reconaissent néanmoins qu
ils ne peuvent certifier que cest lui qui décrocha le drapeau espagnol de la Mairie. Malheureusement, le juge, ex-juge militaire sous la dictature, le prend très à cœur et la condamnation tombe : 2 ans et 7 mois, ferme !!!

Le fait que ce soit Franki qui se prenne du ferme à Terrassa n
est pas étonnant. Il est connu et archi connu des services de police de la ville, du reste des militantEs de Terrassa ou Barcelone pour son engagement tant dans les milieux indépendantistes que libertaires. Un autonome à la catalane en somme. Et aussi pour son art de manier le mégaphone, sans relâche, animant plus dune manifestation !!


En 2006, alors que tous les recours sont épuisés, la Mairie, plusieurs partis politiques catalans et des collectifs divers et variés de Terrassa demandent la grâce au Tribunal Suprême, la plus haute instance espagnole. Fin avril la nouvelle tombe : le Tribunal suprême rejette la demande. Les collectifs de soutien à Franki préparent donc une série d
actes pour repousser lentrée en prison. En effet Franki doit recevoir une carte lui permettant dentrer volontairement pendant 15 jours ou bien, passé ce délai il sera considéré comme rebelle.

Mais voilà le juge, estimant sans doute que la pression populaire mettrait à mal son combat contre la chienlit, décide de passer outre. Et lundi 28 avril, alors que Franki sort du squat où il habite pour aller à son travail, deux Mossos en civil larrêtent et lembarquent. Au comissariat dabord, puis à la prison Model de Barcelona.

Depuis les démonstrations de solidarité se multiplient dans toute la Catalogne, dans un climat tendu de face à face avec les Mossos. Le 10 mai il y aura une manifestation à Barcelone pour exiger la remise en liberté de Franki.


fisti, bcn, 2 mai 2008
Vendredi 2 mai 2008

«Tout le monde sait que le vichysme est un fascisme honteux, couard, soumis, qui n’a pas le courage de dire clairement où il veut en venir. Mais c’est un fascisme. Quant au sarkozysme, c’est un vychisme honteux. Mais c’est un vychisme.»

Romain Dunand condenado a pagar indenização de 800 euros por lutar contra a política vichysta de Sarkozy


O camarada Romain, militante da Confederação Nacional do Trabalho (CNT) francesa e da Rede Educadores sem Fronteiras (RESF), foi condenado pela justiça francesa, em fevereiro deste ano, a pagar uma indenização de 800 euros por haver enviado em 2006 um telegrama a Sarkozy, quando este ainda era ministro do interior, protestando contra a prisão de um companheiro da RESF, que, por sua vez, havia sido preso por protestar contra a expulsão de um trabalhador migrante. No telegrama, Romain dizia: “Eis aí portanto Vichy que retorna. Pétain esqueceu seus cachorros”, além de considerar que a política de Sarkozy era uma “política que é preciso qualificar de racista”. Ele conclui o telegrama com “saudações antifascistas”, o que deve ter particularmente irritado o atual Presidente francês. (
Sobre as manifestações de solidariedade a Romain).

Todo mundo sabe que é o vichysmo é um fascismo envergonhado, covarde, submisso, que não tem coragem de dizer claramente o que quer e pretende. Mas é fascismo. Já o sarkozysmo é, por sua vez, um vichysmo envergonhado. Mas é vichysmo.

De nossa parte, mais uma vez e sempre, solidariedade ao camarada Romain! Abaixo o racismo, o fascismo, o vichysmo!

Emiliano Aquino, 21 avril 2008
Mercredi 23 avril 2008
Communiqué de l’URP-CNT et de Solidaires Paris, avec les cuisiniers sans papiers de Charlie Birdy

La nouvelle est tombée hier soir, à la sortie d’une réunion de négociation au Ministère Hortefeux : devant l’ampleur du mouvement de grève, son extension continue depuis mardi dernier, et le risque de plus en plus présent qu’il s’étende en province, le gouvernement a opéré un premier repli en ouvrant la porte à la régularisation des 600 grévistes, sur la base des contrats de travail présentés.

Nous, organisations syndicales URP-CNT et Solidaires Paris, présents en soutien des cuisiniers du Charlie Birdy du 124 rue de la Boëtie, prenons acte de ce que nous considérons comme une tentative pour faire baisser la tension. Nous rappelons que c’est la mobilisation massive et publique des travailleurs sans papiers, qui a permis d’obtenir, pour la première fois depuis longtemps, la réouverture d’un processus de régularisation.

Nous disons également que la proposition du gouvernement est insuffisante, à l’heure ou des centaines d’autres travailleurs sans papiers se préparent à entrer en lutte, où de nouveaux piquets de grève s’installent tous les jours, comme hier avec l’occupation du magasin Paris Store de Choisy-le-Roi.

Nous rappelons le mot d’ordre de l’intersyndicale à ce stade, qui est de maintenir partout les piquets de grève et les occupations. Nous appelons la mobilisation à continuer et s’élargir, et invitons tou(te)s les travailleuses et travailleurs sans papiers à rejoindre la lutte en cours pour leur régularisation.

Travailleurs sans papiers
Prenez contact avec les syndicats,
Rejoignez le combat !




Voir aussi :
Petite victoire ou grande défaite ?
Occupation du Charlie Birdy
Mercredi 23 avril 2008

Fin de l’occupation du CROUS de Grenoble, le 22 avril 2008


Mercredi 23 avril 2008

Salut à tous les copains, à tous ceux qui ne sont pas résignés à la situation que nous vivons : occupation policière des rues, des villes, rafles, expulsions, arrestations, difficultés quotidiennes, dépossession de nos vies ; cette situation qui nous pousse à céder une part grandissante de nos vies aux chefs en tout genre, à ceux qui président à nos destinées, au pouvoir. Si nous prenons le parti de la révolte, c’est pour toutes ces raisons, pour retrouver le pouvoir sur nos vies, pour la liberté de vivre.

Nous avons été arrêtés le 19 janvier. Nous sommes deux en prison, le troisième est sous contrôle judiciaire (il passait par là et avait le tort de nous connaître). Nous avions en notre possession un fumigène que nous avions fait en mélangeant du chlorate de soude, du sucre et de la farine. Enflammé, ce mélange produit un fort dégagement de fumée. Nous projetions de l’utiliser à la fin de la manifestation qui allait ce jour-là devant le centre de rétention de Vincennes. Notre idée : se rendre visible auprès des sans-papiers enfermés, sachant que la police tenterait sûrement de nous empêcher d’approcher du centre. Nous avions aussi des pétards pour faire du bruit et des crèves-pneus (clous tordus) qui peuvent être disposés sur la route pour empêcher les voitures de passer.

Pour la police et la justice, le prétexte est tout trouvé, nous avions les éléments pour une bombe à clous. Voilà ce dont nous sommes accusés :
Transport et détention, en bande organisée, de substance ou produit incendiaire ou explosif d’éléments composant un engin incendiaire ou explosif pour préparer une destruction, dégradation ou atteinte aux personnes. Association de malfaiteurs en vue de commettre un crime de destruction volontaire par l’effet d’un incendie, d’une substance explosive ou de tout autre moyen de nature à créer un danger pour les personnes, commis en bande organisée.
Refus de se prêter aux prises d’empreintes digitales ou de photographies lors d’une vérification d’identité. Refus de se soumettre au prélèvement biologique destiné à l’identification de son empreinte génétique par personne soupçonnée de crime ou délit.
Ça fait froid dans le dos. Voilà pour les faits, nous allons tenter d’y apporter une réflexion.

Ce n’est évidemment pas au regard de ce que nous détenions ou de ce que nous projetions de faire que nous avons été traités de la sorte. L’État criminalise la révolte et tente d’étouffer toute dissidence «non-autorisée». Ce sont nos idées et notre façon de lutter qui sont visées, en dehors des partis, des syndicats ou autres organisations. Face à cette colère que l’État ne parvient ni à gérer ni à récupérer, il isole et désigne l’ennemi intérieur. Les fichiers de police et des renseignements généraux construisent des «profils-types». La figure utilisée dans notre cas est celle de «l’anarcho-autonome». Le pouvoir assimile cette figure à des terroristes, construisant une menace pour créer un consensus auprès de sa population, renforcer son contrôle et justifier la répression.

C’est pourquoi nous sommes aujourd’hui en prison. C’est la solution choisie par l’État pour la gestion des illégalismes, des «populations à risque». Aujourd’hui il faut enfermer plus pour plus longtemps. Les contrôles, toujours plus efficaces, et les sanctions qui font peur assurent à ceux qui détiennent ou profitent du pouvoir une société où chaque individu reste à sa place, sait qu’il ne peut pas franchir les lignes qu’on a tracé pour lui, qui l’entourent et le compriment, sans en payer le prix. Si nous luttons aux côtés de sans-papiers, c’est que nous savons que c’est la même police qui contrôle, le même patron qui exploite, les mêmes murs qui enferment. En allant à la manifestation, nous voulions crier en écho «Liberté» avec les prisonniers, montrer qu’on était nombreux à entendre la révolte qu’ils ont menée pendant plusieurs mois. Allumer un fumigène, tenter de s’approcher le plus possible des grilles de la prison, crier «Fermeture des centres de rétention», avec la détermination de vouloir vivre libre. Cette lutte, dans laquelle on peut se reconnaître, est un terrain de complicités à construire, un lieu possible de l’expression de notre propre révolte.

Nous ne nous considérons pas comme des «victimes de la répression». Il n’y a pas de juste répression, de juste enfermement. Il y a la répression et sa fonction de gestion, son rôle de maintien de l’ordre des choses : le pouvoir des possédants face aux dépossédés.

Quand tout le monde marche en ligne, il est plus facile de frapper ceux qui sortent du rang.

Nous espérons que nous sommes nombreux et nombreuses à vouloir posséder pleinement nos vies, à avoir cette rage au cœur pour construire et tisser les solidarités qui feront les révoltes.

Bruno et Ivan, avril 2008
Hactivist News Service

Un concert de soutien aura lieu samedi 26 avril à 19 heures à la Coordination des intermittents et précaires d’Île de France, 14 quai de Charentes (Paris), Métro Corentin Cariou.


Rassemblement de soutien pour Bruno
Lundi 21 Avril 13h30 TGI de Paris

Une cinquantaine de personnes étaient présentes pour l’audience de demande de liberté conditionnelle de Bruno.

L’audience s’étant déroulée à huis-clos les soutiens sont restés dans le couloir et ont crié «Liberté pour Bruno, liberté pour les sans-papiers», «Pouvoir assassin, justice complice». D’après l’avocat les slogans étaient audibles depuis la salle d’audience et tout le monde a pu se rendre compte que Bruno n’était pas seul, avocats et juges ayant même du mal à s’entendre.

30 minutes après, le groupe s’est retrouvé sur le trottoir derrière une banderole «Vive la solidarité avec les sans-papiers ; liberté pour Bruno, Ivan et les autres».

Le rendu du procès ne sera pas public. Seul Bruno et son avocat seront avertis de la décision.

État terroriste ! ! !
Liberté pour Bruno ! ! !
Liberté pour Ivan ! ! !
Liberté pour tous les sans-papiers ! ! !
Solidarité ! ! !

Infozone, 22 avril 2008
Mercredi 23 avril 2008
Kanaky / USTKE : Intervention du secrétariat international de la CNT à la Bourse du Travail de Paris, le 21 avril 2008

Camarades,

Nous venons d’apprendre le verdict d’une justice une fois de plus aux ordres des puissants. Verdict, qui une fois de plus aussi, fait payer cher le prix de la résistance sociale.

Au nom du secrétariat international de la CNT, nous assurons nos camarades et frères de lutte de l’USTKE de notre entière solidarité. Nous participerons à toute initiative unitaire en vue de faire pression contre l’État colonial français, responsable de la situation de nos camarades condamnés. Nous participerons à toute initiative visant à s’attaquer et dénoncer les pratiques antisyndicales de la multinationale
Veolia.

Nous apportons notre soutien aux camarades de l’USTKE car nous savons que l’alternative à la loi des puissants et des oppresseurs, ne réside que dans notre solidarité de classe. «L’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes» était la devise de la Première Internationale, elle reste à nos yeux plus que jamais d’actualité.

La tâche est difficile. Nous le savons. Le capitalisme et ses institutions sont armés et n’hésitent pas à réprimer, juger, condamner, bâillonner, assassiner, quand celles et ceux qui le contestent, le dérangent. Face à un tel système, notre seule arme reste et restera notre solidarité active. À nous, donc, de réaffirmer que l
espoir existe et quil réside dans le fait de ne jamais, malgré les coups, baisser la tête.

Nos camarades colombiens le savent. L
’État colombien et ses alliés (impérialisme américain et paramilitaires) tentent depuis de nombreuses années de réduire au silence cet espoir. Malgré la répression, les menaces de mort, la torture, les assassinats, la résistance sorganise.

En Palestine, malgré les coups de l
’État sioniste, la misère, la répression, les brimades et ce Mur de la Honte qui met en cage un peuple entier, syndicalistes et femmes en lutte rappellent que, là bas aussi, lespoir demeure.

En Guinée-Conakry, la grève générale, en janvier 2007, longue d’un mois menée par nos camarades de la CNTG contre la sanglante dictature de Lansana Conte, en dépit de centaines morts et de la répression, a fait reculer le gouvernement.

Au Maroc, onze syndicalistes croupissaient dans les geôles de la Monarchie pour «atteinte au Sacré et insulte au roi» depuis le 1er mai 2007. Ils viennent d’être libérés par «grâce royale». La vérité c’est que Mohamed VI, soucieux de ne pas apparaître comme son tortionnaire de père, Hassan II, a dû céder face à la pression des collectifs mobilisés au Maroc mais aussi au niveau international.

En France aussi, toute forme de résistance est criminalisée. Les sans papiers, les jeunes en lutte. À la CNT, comme ailleurs, on ne compte plus dans le privé, dans des secteurs précarisés comme le nettoyage, le bâtiment ou la restauration, les sections syndicales sabrées et les militantes et militants licenciés. À la Poste, notre fédération CNT PTT est depuis plus de deux ans déclarée illégale par la Direction. Résultat, nos camarades postiers sont réprimés dans leur activité syndicale. Le dernier en date étant, notre camarade Gilles, mis à pied quatre mois.

Cette réalité de la répression étatique et patronale ne fait pas pour autant de nous des victimes consentantes. Au contraire, elle ne fait que renforcer notre rage, notre détermination et notre conviction. La conviction que dans le monde, une classe existe et qu’elle est en lutte.
Vive les travailleuses et les travailleurs de lUSTKE !
Vive la solidarité internationale des travailleuses et des travailleurs !
Résistance !



Conflit Carsud, janvier 2008 :
l’État français attaque les libertés syndicales



Prison ferme pour les militants USTKE

Vingt-deux militants USTKE  ont été condamnés, hier, à des peines allant de un mois à un an de prison ferme pour leur implication dans les affrontements du 17 janvier, devant le dépôt de Carsud. Le président du syndicat a écopé de six mois de prison ferme pour «provocation directe à attroupement armé». L’USTKE va faire appel.

Alors qu’au premier étage du palais de justice, les projecteurs étaient braqués, hier, sur l’ouverture du procès de Laurent Vili, le tribunal correctionnel a rendu une décision elle aussi très attendue. Les magistrats se sont prononcés sur le rôle joué par vingt-deux militants USTKE et leur président dans le cadre des affrontements survenus le 17 janvier dernier devant le dépôt de Carsud, à Normandie.

La réponse est tombée peu après 14 heures, dans la petite salle du rez-de-chaussée, en l’absence des prévenus. Me Moresco, qui les représentait, a noté une à une les condamnations successives. Les dix-neuf militants poursuivis pour «participation armée à un attroupement» et «violences aggravées» ont tous été condamnés à de la prison ferme : un mois pour la peine la plus faible, et jusqu’à six mois pour la peine la plus lourde.

Mickaele Fakailo Safoka, le responsable de la section BTP de l’USTKE, a également été reconnu coupable, hier, des violences perpétrées à l’encontre de Michel Delaisse, le patron de Carsud. La nuit des affrontements, le directeur avait été sorti de force de sa voiture, qui avait ensuite été incendiée. Mickaele Fakailo Safoka écope ainsi de la peine la plus lourde : dix-huit mois de prison dont six mois avec sursis, ainsi qu’une privation de ses droits civiques pendant trois ans.

Le président condamné pour «provocation»

Deux responsables confédéraux, Tommy Faufau et René Waikedre, ont été condamnés pour leur part à dix mois de prison, dont quatre avec sursis, pour «complicité de violences volontaires aggravées» et «participation sans arme à un attroupement armé». Enfin Gérard Jodar, le patron du syndicat, n’a pas échappé à cette vague de condamnations. Poursuivi, à l’origine, pour «complicité à attroupement armé», il a été reconnu coupable de «provocation directe à attroupement armé», après une requalification des faits. Il s’en sort avec une peine d’un an de prison, dont six mois avec sursis, ainsi que la privation de ses droits civiques pendant trois ans.

Le président de l’USTKE a d’ores et déjà annoncé qu’il ferait appel de l’ensemble des condamnations. Une manifestation de soutien devait également avoir lieu, hier matin (heure de Métropole), devant la Bourse du travail à Paris, avec la présence de personnalités telles que Noël Mamère, Olivier Besancenot et José Bové.

En l’absence du directeur de Carsud, qui est en déplacement à l’extérieur de l’île, l’entreprise a préféré ne pas s’exprimer. La province Sud, pour laquelle la société de transport assure la desserte du Grand Nouméa, n’a pas souhaité faire de commentaire.

Coralie Cochin
Les Nouvelles Calédoniennes, 22 avril 2008


Kanak syndical et radical

Dernier venu sur la scène politique de l’île, l’USTKE bouscule l’équilibre entre les partis traditionnels. La radicalité de ses actions vaut à son président une possible peine de prison. Jugement aujourd’hui.

Il pleut ce soir-là sur Nouméa. Aux portes de Carsud, une entreprise de transports en commun, filiale de Veolia, flotte le drapeau de l’Union syndicale des travailleurs kanaks et des exploités (USTKE), le principal syndicat indépendantiste de Nouvelle-Calédonie. Son slogan : «Usines, tribus même combat.» Sous les abris de tôle du piquet de grève où se relaient jour et nuit des militants depuis des mois, on met au point les modalités du dixième appel à la grève générale lancé depuis le début de l’année. Une étape de plus dans le bras de fer très politique engagé par le syndicat avec le patronat local et l’État au nom de la «défense du droit de grève».

Depuis la fin 2007, l’USTKE inquiète les autorités françaises, mais pas seulement elles. La coalition indépendantiste, vieillissante, du FLNKS
[Front de libération nationale kanak socialiste, créé en 1984] voit elle aussi d’un mauvais œil émerger une force politique et sociale qui la conteste et se pose en alternative. Quant au président local du Medef, Jean-Yves Bouvier, il est persuadé que derrière le combat syndical, l’USTKE vise ni plus ni moins «la prise du pouvoir par la déstabilisation sociale dans la rue». Un sentiment que nombre d’acteurs locaux partagent sans oser l’exprimer. D’aucuns redoutent aujourd’hui le retour des violences qui ont marqué ce territoire français du Pacifique sud dans les années 80, avant d’être stoppés par les accords de Matignon en 1988. Indépendantistes et loyalistes s’étaient alors entendus sur un partage du pouvoir local et l’évolution institutionnelle de la Nouvelle-Calédonie, avec à la clé un référendum d’autodétermination à partir de 2014.

Premier syndicat de l’archipel avec 5000 adhérents et 25% des voix aux élections professionnelles, l’USTKE a décidé d’élargir son combat en créant en novembre sa propre formation politique, le Parti travailliste (PT). Dans la mouvance des idées de José Bové, un ami du syndicat, le PT a enregistré des résultats prometteurs aux municipales et mise aujourd’hui sur les élections territoriales de mai 2009, décisives pour l’avenir de la Nouvelle-Calédonie. Cette double casquette syndicale et politique, l’USTKE l’assume parfaitement. Ses discours radicaux sur l’indépendance, la «lutte contre l’État colonial» et son combat syndical sans concession séduisent de plus en plus de jeunes Kanaks.

L’argent coule à flots

Alors que l’argent de la métropole coule à flot et que s’étalent les fortunes vite amassées et les Porsche Cayenne, le syndicat-parti tente de réanimer la flamme indépendantiste. L’USTKE accuse les dirigeants du FLNKS de l’avoir laissée s’éteindre en s’installant dans les fauteuils des institutions locales où le consensus avec la droite anti-indépendantiste est la règle.

Pour l’État, comme pour les partis traditionnels pro ou anti-indépendantistes, l’USTKE et son Parti travailliste sont vécus comme une véritable menace. «L’USTKE ne défend jamais l’intérêt général mais des cas individuels limite. Elle rejette l’accord de Nouméa qui est le consensus et la paix, accuse un haut responsable de l’État sous couvert d’anonymat. Ses dirigeants veulent l’antagonisme et la lutte comme dans les années 80. Au fur et à mesure qu’on approche de 2014, ils savent qu’il n’y aura pas de majorité pour voter en faveur de l’indépendance. Pour éviter la stabilisation du lien entre la Calédonie et la France, ils ont donc opté pour la déstabilisation par la violence.»

Un succès de l’USTKE fragiliserait le FLNKS, interlocuteur historique de la France côté indépendantiste, et compromettrait le voyage de Nicolas Sarkozy courant 2009. D’ici là, une coalition hétéroclite semble bien décidée à entraver la montée en puissance du syndicat, en le remettant au pas à défaut de pouvoir le casser. «Voyous», «terroristes», «dictateurs en puissance»… Tels sont, entre autres, les mots utilisés ces dernières semaines par la justice, le Haut-Commissariat (qui représente l’État en Nouvelle-Calédonie), le patronat et les adversaires politiques de tous bords à propos des dirigeants de l’USTKE.

Ce lundi, un jugement à haut risque pour la paix civile doit être rendu à l’encontre du président du syndicat, Gérard Jodar. Un an de prison, dont six mois ferme, a été requis par le parquet de Nouméa. Du jamais vu pour un dirigeant syndical. Les 16 et 17 janvier, de très violentes échauffourées avaient opposé la police à l’USTKE autour de la société Carsud. Gérard Jodar n’a pas participé aux affrontements mais est accusé d’en être l’inspirateur. «Selon l’enquête, il a donné des instructions pour aller au contact et tenir le terrain face aux forces de l’ordre. Il manipule des gens pour des missions contraires à leur intérêt. Monsieur Jodar poursuit des buts qui ne sont pas du domaine syndical mais politique», confie le procureur de Nouméa, Robert Blaser. Pour lui, «le chef est plus responsable que les simples exécutants qui ont dit obéir à celui qu’ils considèrent comme leur général». Dix-neuf autres militants de l’USTKE ont comparu avec lui et se sont vu pour la plupart infliger des peines de prison. Ils étaient poursuivis pour «attroupement armé, violences aggravées et destruction de biens publics et privés».

Menottes, grenades…

Des témoignages dignes de foi, des photos et des vidéos (que Libération a pu visionner) indiquent que les policiers présents le 17 janvier ont agi avec un zèle inouï : menottages à des poteaux, tirs tendus de grenades, empilement des prisonniers les uns sur les autres… Des images montrent aussi la police en train de danser de joie après des tirs ou d’imiter des animaux sauvages face aux manifestants. Dans l’autre camp, des galets ont été jetés, des véhicules incendiés, le directeur de Carsud a été violenté. Saisie par le procureur de Nouméa, l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) a débarqué le 8 avril pour enquêter sur d’éventuels dérapages.

Au siège de l’USTKE à Vallée-du-Tir, quartier populaire et kanak de Nouméa, Gérard Jodar affirme au contraire avoir cherché l’apaisement. «Certains étaient si remontés qu’ils voulaient sortir les fusils et tirer sur la police. J’ai dû les calmer», dit-il. S’il est condamné à l’emprisonnement aujourd’hui, il fera appel et affirme qu’il n’ira pas en prison : «Il faudra venir me chercher.» En janvier, Jodar s’est déjà barricadé pendant un mois à l’intérieur du local de son syndicat. Dehors, la police veillait pour l’interpeller, jusqu’à ce que le Haut-Commissaire, prudent, renonce à employer la force pour l’en déloger.

À la tête de l’USTKE, on trouve deux hommes : son actuel président, Gérard Jodar, 56 ans, et Louis Kotra Uregei, 57 ans, son fondateur en 1981. Jodar est blanc. Il est arrivé en Nouvelle-Calédonie en 1972 lors d’un tour du monde, pour ne plus en repartir. Uregei est un Kanak originaire de l’île de Tiga. Retraité de la Poste, il s’est reconverti dans les affaires. Dans un pays où les lignes ont longtemps été marquées par la seule appartenance ethnique, cet attelage continue à déranger. Lors d’une visite mouvementée en octobre, le secrétaire d’État à l’Outre-Mer Christian Estrosi
[
Il a depuis été remplacé par Yves Jégo] avait tenu à les rencontrer. Dialogue de sourds. S’en prenant aux «comportements excessifs» de l’USTKE, il finit par dire à Gérard Jodar : «Vous êtes quand même citoyen français !» Réponse du syndicaliste :«Non, je suis citoyen kanak.» Si Jodar reproche au FLNKS de «vouloir rester indépendantiste pendant encore un siècle», il assure avoir créé le Parti travailliste «non pas contre le FLNKS mais pour répondre à ce qu’il ne défend pas : l’emploi local, le Smic, les transferts de compétence, l’indépendance… L’inertie de la coalition indépendantiste officielle ne nous satisfait pas.»

Villa et supermarchés

Salarié d’une société de services à l’aéroport (contrôlé par l’USTKE), il est permanent syndical et gère à titre bénévole une société de transport créée par le syndicat. Habitué à mener des grèves dures et longues sur un territoire où la surenchère entre syndicats est une règle pour séduire les adhérents, Jodar cite souvent l’ancien leader de la CGT Henri Krasucki : «Seule compte la satisfaction de la revendication pour arrêter une grève.» Sa luxueuse villa en face de la mer est l’objet de perpétuelles insinuations. Mais personne n’a pu avancer un début de preuve d’un enrichissement illicite.

Fondateur de l’USTKE, Louis Kotra Uregei, avec sa forte carrure et ses grosses lunettes noires, suscite tout autant de suspicions et de crainte. Syndicaliste et désormais patron, il dirige deux sociétés d’aconage sur le port de Nouméa, une entreprise de transports maritimes, et détient des supermarchés sur les îles de Lifou et Maré. Pas loin de 200 salariés au total. Il n’y aurait jamais de grèves dans ses boîtes, affirment ses détracteurs. Grand voyageur, «Loulou», comme on l’appelle ici, fait du business dans toute la région. On l’accuse de mélanger les genres. Lui assume. Fier qu’un Kanak réussisse en affaires : «Je mène un combat politique dans l’économie. Pour moi, il n’y a pas d’ambiguïté, je suis dans l’entreprise comme je l’étais dans le syndicalisme. Je n’ai pas la volonté de gagner de l’argent en me comportant en gros capitaliste.»

Président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, Harold Martin (droite anti-indépendantiste modérée) est paradoxalement l’un des rares dirigeants politiques à ne pas vouloir diaboliser l’USTKE. «Dans les années 80, les partis politiques s’affrontaient. Aujourd’hui, pro et anti-indépendantistes construisent un pays et sont associés de manière consensuelle aux décisions. Dès lors, les syndicats occupent l’espace vindicatif. Et comme le débat politique a été chloroformé, il s’est déplacé sur le terrain social. L’USTKE essaie de déstabiliser le système mais elle va en fait contribuer à remobiliser le FLNKS qui a chaud aux fesses», prédit-il. À moins que l’île ne replonge dans un cycle de violences, comme il y a vingt ans.

Envoyé spécial à Nouméa Antoine Guiral
Libération, 21 avril 2008
Mercredi 23 avril 2008

19 janvier 2008. Sur le chemin de la manifestation nationale contre l’allongement de la durée de rétention, trois personnes sont arrêtées pour avoir eu dans leur sac des fumigènes «fait-maison», des pétards et des crèves-pneus. Une enquête aujourdhui instruite par la section anti-terroriste de Paris est ouverte pour «association de malfaiteurs, détention et transports de produits incendiaires ou explosifs en vue de destructions de biens ou datteinte aux personnes». Des appartements sont perquisitionnés et saccagés. Deux personnes, Ivan et Bruno, sont depuis plus de trois mois en détention préventive à Villepinte et à Fresnes.
23 janvier 2008. Deux personnes sont arrêtées dans le centre de la France lors dun contrôle de voiture, avec, comme le disent les flics à travers la presse, du chlorate de soude, de la documentation pour fabriquer des bombes et des plans de la prison pour mineurs de Porcheville. Sensuit aujourdhui une instruction menée par le pôle anti-terroriste. Ils sont actuellement incarcérés : lun transféré récemment à Meaux, et lautre transféré dans le Nord de la France alors quils étaient tous deux initialement incarcérés à Fleury-Mérogis.
Avril 2008. Sous le motif dune «jonction supposée» entre les deux affaires, elles sont toutes deux instruites par les mêmes juges anti-terroriste.

Cela fait trois mois que les personnes sont en détention provisoire. Ces deux affaires sont instruites par des magistrats anti-terroristes, ce qui signifie plus de moyens et plus de pressions sur les inculpés. Que dans ces histoires il soit difficile de comprendre exactement les accusations et avoir des nouvelles des enfermés, est souvent un fait.

Les prisonniers peuvent difficilement s
exprimer, subissant une machine judiciaire lourde qui impose souvent le silence. Lettres lues et gardées par ladministration pénitentiaire et le juge dinstruction quand les enquêtes sont en cours, parloirs express donnés au compte-gouttes à des proches triées sur le volet (ou plutôt sur le casier), transferts loin des familles. La communication est viciée. Tout est fait pour que rien ne sorte et rien ne se passe. Pour autant, il semble important de pouvoir manifester son soutien et sa solidarité avec eux et de se mobiliser collectivement — tant matériellement (à travers les caisses de soutien pour les prisonniers, les concerts, etc.) que politiquement, en montrant que ce ne sont pas des gens isolés.

Le sens de ce texte est d
apporter une réflexion sur cette machine judiciaire et politique qui sest enclenché contre ce que l’État désigne comme les «anarcho-autonomes», les «affreux» du mouvement, et de tracer des lignes de compréhension sur ce quest «lanti-terrorisme».

En juin 2007, le Figaro titre un de ses articles «L
extrême gauche radicale tentée par la violence». Début février, Le Monde enchaîne avec «les RG sinquiètent d'une résurgence de la mouvance autonome». Pour culminer avec Alliot-Marie qui «craint» le «terrorisme dextrême-gauche» aujourdhui. Ces articles ne sont que des exemples parmi dautres dune manœuvre médiatique, dictée par la police, pour mettre en lumière la figure de l«anarcho-autonome».

À chaque mouvement et révolte, il s
agit de catégoriser, diviser, créer une ligne entre les «bons» et les «mauvais» qui souvent se trace aux frontières des pratiques dites «violentes». En novembre 2005, les «affreux» sont les «jeunes de banlieue» ou la «racaille» qui foutent le bordel. Pendant les mouvements lycéens et étudiants, ce sont les «casseurs» qui apparaissent et disparaissent aux moindres affrontements avec la police. En témoignent les journaux télévisés qui, pour parler des fins de manif à la Sorbonne pendant le CPE, annonçaient : «Et, à 20 heures, les étudiants laissent la place aux casseurs». Pour les manifestations qui ont eu lieu pendant les élections présidentielles, cest les «anarcho-autonomes». En somme, à chaque fois quil sagit de pratiques qui perturbent le fonctionnement normal des conflits, où il ny a ni partis, ni syndicats pour contrôler la révolte, il faut pour l’État activer tous les mécanismes du rejet, isoler une partie des révoltés.

Pour maintenir l
ordre, il est nécessaire disoler les gens qui veulent agir sans médiation, qui ne cherchent pas à négocier, qui pensent plus largement que les luttes participent dune révolte contre lexploitation, la police, la domestication quotidienne. Celles et ceux qui ont participé à ces moments, se reconnaissent rarement dans ces dichotomies de bons ou de mauvais, préfèrent parler de multiplicité de pratiques dactions, réfléchir à partir des questionnements et des possibles qui traversent une lutte. Dans les différentes figures employées, il ny a aucune homogénéité ou réalité à trouver. Reste le refus de se définir à travers une identité policière.

«Anarcho-autonomes», «Extrême-gauche», «Ultra-gauche», «Anarchistes». Des termes que le pouvoir et qui accole en ce moment à celui de «terroristes». Le «monstre» apparaît sous la forme de la «résurgence d
une mouvance». La ministre fait référence à Action Directe, aux Brigades Rouges, à la Fraction Armée Rouge. «Leurs enfants reviennent» disent-ils. On offre une vision cyclique de lHistoire : «Certains veulent renverser lordre et tentent de mettre en pratique leurs idées, ils finiront par assassiner des gens et mettre des bombes. Ils sont potentiellement dangereux, donc il faut un “traitement exceptionnel dès maintenant”. Souvenez-vous comment ça sest fini…»

L
Histoire devient une farce dont le scénario est confié aux vainqueurs. À travers limage du terrorisme rouge, l’État offre la mise en scène des années 1970/80. Lenjeu est de faire oublier quil y a eu une contestation sociale, une histoire collective. Le procédé est simple : le mouvement social est considéré comme une toile de fond, un simple décor, presque anecdotique. L’État amalgame certaines formes de révoltes à des groupes spécifiques et enferme des expériences sociales dans un carcan sans histoire, sans contexte, sans possibilité de compréhension. La critique des moments de lutte sécrit trop souvent par les ennemis. Ainsi, il nest pas inutile de rappeler qu’il faut résister à la tentation de la dissociation, cest-à-dire faire sien le discours de l’État, pointer du doigt certains pour se montrer plus présentable. Car si aujourdhui, on ressort ce passé imaginé, cest simplement pour faire de la «répression préventive», construire et activer toutes les armes de la lutte anti-terroriste.

Le «terroriste» est une abstraction, c
est une coquille vide que l’État remplit, qui sapplique selon les nécessités. Ce que l’État définit comme terroriste est «ce qui est dirigé contre lui». Ce que le dictionnaire traduit par «lensemble des moyens violents (attentats, sabotages, enlèvements, assassinats) quune organisation politique emploie pour lutter contre le pouvoir établi en créant un climat dinsécurité, en frappant de terreur les partisans du gouvernement, en impressionnant la population» (Dictionnaire Bordas). Tout est mis au même niveau. Parler de terrorisme permet dintroduire un imaginaire sanglant, de civils qui sont tués, de violence aveugle, fruit de quelques «illuminés». Le «terroriste» fait peur, le désigner comme un ennemi dangereux est consensuel. On oublie que historiquement la Terreur est une figure de l’État, un mode de gouvernement qui éradique ses ennemis, et quaujourdhui sil y a des bombardements de civils, cest au nom de la lutte contre le terrorisme. De quelques tours de rhétorique et politique, le «terroriste» est devenu une abstraction permettant disoler des individus dune lutte, de les mettre en opposition avec le reste des gens qui pourraient exprimer des revendications politiques. Le «terroriste» doit être un éternel vaincu, exclu de lespace politique, monstrueux. Cest un stigmate, dont seul l’État a la maîtrise. Le terrorisme est du domaine de lintention, non pas des actes précis. Aussi, il suffit de faire coïncider un engagement politique un peu trop subversif avec des événements, actions ou manifestations de la révolte sociale qualifiés de violents pour étiqueter une affaire de terrorisme ; autant dire que tout est un jeu de stratégies du pouvoir.

Par ailleurs, le «terroriste» joue tout autant comme catégorie politique que comme sujet judiciaire. Lorsqu
une affaire est instruite par des magistrats anti-terroristes, ce sont plus de moyens pour la police et la justice, des mises en détention provisoires facilités, des procédures longues, des lourdes peines, des instructions à charge basé sur la personnalité des détenus. «Le juge ne cherche pas la vérité dans le fait, mais le délit dans le prisonnier.» Larrestation, lenquête, le procès, tous les moments de la machine judiciaire permettent de mettre au pas tout un tas dindividus. Faire pression sur les prisonniers et sur les proches. Par exemple, l«association de malfaiteurs en vue dune entreprise terroriste» érige en principe la culpabilité par association. En effet, dans certains cas, fréquenter les mêmes lieux, lire les mêmes écrits, héberger ou même juste connaître une personne soupçonnée de terrorisme donne lieu à des poursuites pour soutien, apologie et financement en lien avec une entreprise terroriste. Pour l’État, il faut avant tout briser les personnes qui (possiblement, hypothétiquement, même de très loin) auraient des idées subversives ou seraient en contact avec celles-ci.

Dans un même temps, en enfermant quelques-uns, on muselle le plus grand nombre… «L
augmentation de la répression ne correspond en rien à laccroissement de la menace révolutionnaire du mouvement ou de lune de ses composantes. […] Il est évident quà partir du moment où la répression sétend à tous les secteurs de la société, il devient ridicule de penser quelle touche seulement ceux qui portent atteinte à la sûreté de l’État.» («Sopposer à la répression. Réflexe conditionné ou mouvement volontaire ?», in À couteaux tirés, Mutines Séditions) Au quotidien, chacun subit à différents niveaux cette lutte anti-terroriste. En témoigne cette image sur la situation en Irak au journal télévisé dans laquelle on voit des militaires partout, des check-points à tous les coins de rue, et puis, ce soldat armé de deux fusils, effectuant un contrôle de voiture, qui se gausse que «depuis que nous nous occupons de la sécurité, il ny a plus de terroristes» (Quelle victoire !) LIrak est un pays ouvertement en occupation militaire, la France lest insidieusement : il y a des militaires dans les transports, de la vidéo-surveillance dans les rues, des puces biométriques dans les passeports, des drônes au-dessus des têtes. Plus de contrôles, plus de police, plus de prisons. Dans le Livre blanc du gouvernement sur la sécurité intérieure face au terrorisme (La Documentation française, 2006), manifeste de l’État, senchaînent les recommandations : «la lutte contre le terrorisme se gagnera dabord par une posture de vigilance au quotidien», «Prévenir concrètement les risques dattentats implique une mobilisation de tous les instants et une culture de la “détection précoce”. Celle-ci nest pas spontanée et ne peut être seulement laffaire des services spécialisés dans la lutte anti-terroriste. Cette dimension nouvelle de lesprit de défense doit être largement diffusée et partagée au sein de la société française.» Il faut «mener une action de fond contre le terrorisme en gagnant les batailles au quotidien, de la technologique et des idées». Cela rappelle la voix suave du métro parisien : «Attentifs ensemble».

Les nouvelles technologies permettent un contrôle systématique et efficace. Les exercices de défense et de sécurité intérieure permettent tout autant de préparer la population à des attentats terroristes, qu
à des accidents comme une panne dune centrale nucléaire, lexplosion dune usine de produits chimiques, etc. En somme, le cadre dune gestion parfaite des défaillances du système techno-industriel capitaliste se dessine chaque jour pour maintenir des individus politiquement dociles et économiquement rentables. Lanti-terrorisme est un outil utilisé par l’État pour renforcer son mode de gouvernement et contrôler la dissidence.

Voilà. En faisant réflexions, détours et retours sur certaines analyses, des lignes de compréhension sont tracées afin de tenter de dégager des axes de lutte contre ce que peut signifier l
anti-terrorisme. Face à ces arrestations et en solidarité, il est important de réinventer des moyens de luttes, ne pas sengouffrer dans les automatismes de lanti-répression, ne pas «sous prétexte defficacité» en oublier les désirs de liberté quon porte au jour le jour. Il ny a pas plus de victimes, dinnocents que de coupables. Comme finit un des textes sur les arrestations : «Il est primordial que tous les gens qui participent ou se sentent solidaires de cette lutte noublient pas les copains incarcérés et leur manifestent soutien et solidarité, notamment en relayant linformation, en diffusant [des] textes. Parce que nous mobiliser collectivement quand on nous attaque nous rend certainement plus forts que de se replier chacun dans son coin, ne laissons pas la répression sabattre dans le silence et lanonymat.»

Liberté pour tous les enfermés. Destruction de toutes les prisons. Aux prisonniers et prisonnières.

Mardi 22 avril 2008

Un texte de présentation de la Caisse de Solidarité lyonnaise contre la répression à diffuser largement avec un contact téléphonique.

Se retrouver avec les flics sur le dos, menottés, la gueule par terre, en garde à vue, puis finalement au tribunal avec une bonne amende ou quelques mois de prison : c’est une situation de plus en plus courante, qui touche de plus en plus de monde. Avec la multiplication des lois sur la sécurité, le moindre écart suffit et il en faut peu pour devenir illégal. Plusieurs mois de prison pour avoir manifesté après l’élection de Sarkozy, des contrôles d’identité qui se transforment en «outrage et rébellion», des mises en examen pour avoir participé à une occupation de fac…

Face à cela, généralement, il faut se démerder tout seul : trouver un avocat, élaborer une défense, payer des frais de justice, cantiner en prison. Parfois on est soutenu par la famille, par des amis, par un syndicat. Parfois non, en tout cas ce n’est pas suffisant.

Face à la répression, à la police, à la justice il devient nécessaire de s’organiser. S’organiser sur du long terme pour trouver de la thune et la mettre en commun, pour payer des frais de justice, pour trouver des avocats qui s’occupent de ces affaires. S’organiser ce n’est pas «aider les autres qui en auraient besoin», c’est se retrouver à partir de ce qu’on vit, se tenir concrètement et faire face ensemble.

Pour des témoignages, informations : 06 43 08 50 32
Mardi 22 avril 2008

Voici le communiqué du RUSF-38 qui occupe en ce moment même (14 heures) les locaux de la direction du Crous à Grenoble.

Nous, militants des droits des étrangers, à l’appel du RUSF 38, occupons
actuellement la direction du CROUS de Grenoble. Toute personne proche de notre mouvement et ne dépendant pas de la préfecture pour son séjour en France est appelée à nous rejoindre.

Cette action fait suite à l
arrestation de Régis le 8 avril 2008 chez lui, dans sa résidence du CROUS. Un agent du CROUS, non informé de ses droits à ne pas collaborer avec la police, a facilité cette arrestation. Nous tenons la direction du CROUS pour partie responsable de ces faits, celle-ci refusant de condamner cette collaboration inadmissible et ne souhaitant pas y mettre fin.

Les étudiants étrangers, victimes d
une clandestinisation et dune traque en pleine expansion, se voient depuis peu menacés jusque dans leurs chambres universitaires. Personne ne doit laisser sinstaller cette précarisation, qui empêche les étudiants de poursuivre leurs études dans de bonnes conditions.

Cette occupation entend dénoncer publiquement cette situation intenable, et amener la direction du CROUS a prendre les responsabilités qu
elle a ignorées lorsque nous lavons rencontrée en délégation, le 11 avril dernier.

Le Crous doit maintenant :
— Soutenir publiquement Régis et les autres résidents menacés par les politiques xénophobes,
— Dénoncer publiquement lextension de la traque des étrangers jusque dans ses résidences,
— Prendre les mesures nécessaires pour mettre fin à la collaboration non obligatoire avec les forces de police (par exemple en rédigeant une note de service basée sur le droit),
— Mettre ses chambres vides à la disposition des étudiants sans papiers, dans limpossibilité de se loger par dautres moyens.

Que chacun prenne ses responsabilités.

Nous n’en resterons pas là.




Mardi 22 avril 2008

En acceptant une régularisation pour les 600 sans papiers en grève, en acceptant hâtivement cette régularisation à laquelle a intérêt le gouvernement (avant que le mouvement fasse tache d’huile) … La CGT sonne le glas dune lutte de sans papiers quasiment unique, qui, si on avait décidé de la faire durer, si on avait pris le parti de lamplifier, se serait soldée par la régularisation de milliers, voire de dizaine de milliers de sans papiers…

Sachant que Chauveau et Amara, ont filtré les sans papiers qu’ils syndiquaient dans lUl de Massy (les bons, avec feuilles de paye et contrat de travail … Les mauvais : tous les autres)…

Si Hortefeux régularise les 600 sans papiers en lutte, triés comme dit
précédemment … Que va-t-il advenir de tous les autres ?? Tous les autres sans papiers : ceux qui travaillent sans feuille de paye, ceux qui travaillent avec feuille de paye et qui nont pas eu le temps ou le bonheur (??) de croiser sur leur chemin une Ul CGT prête à faire … Ceux qui sont malades et qui ne travaillent pas … Ceux qui nont pas le droit de travailler (les demandeurs dasile) ceux qui sont malades, ceux qui sont vieux … Ceux et celles qui sont membres de famille, entrés par regroupement familial et qui sont venus soccuper des enfants … Les jeunes entrés hors regroupement familial … Qui nauront pas de papiers à la majorité, papiers quils demanderont en étant encore scolarisés…

Que vont-ils devenir ? Alors même que toutes les structures de la CGT
viennent dêtre appelées à déclencher massivement un grand mouvement de grève des sans papiers, la CGT va-t-elle arrêter son soutien parce que Francine Blanche aura prouvé à la direction confédérale, au prochain CCN, qui a lieu comme par hasard la semaine prochaine, quelle a su gérer le problème des sans papiers, problème qui, dailleurs, débute pour elle au moment du conflit chez Modelux … Alors que, comme nous le savons, cette bataille a commencé avec les sans papiers de Saint-Bernard, en 1996 … (disons en tout cas de façon massive) : cest là que la CGT est allée soutenir les sans papiers, avec y compris la présence du secrétaire général de la CGT de lépoque, Louis Viannet…

On na pas encore vu Bernard Thibault rencontrer où que ce soit les sans papiers en lutte, ni aucun membre de la direction confédérale manifester devant un centre de rétention…

On se doit de rappeler que la première lutte importante, daprès Francine Blanche : le conflit au restaurant de la Grande Armée, sest déroulée elle aussi à une vitesse éclair (moins dune semaine) au moment où la même secrétaire confédérale devait justifier de son «activité» sur les questions dimmigration devant le bureau confédéral de la CGT, au moment de notre démission, en février 2008… Les conflits Modelux, Metal Couleur et même «Buffalo» avaient duré bien plus longtemps…

Avril 2008 : Deuxième conflit de sans papiers bien orchestré par la même «équipe» : encore un conflit traité dune façon plus que rapide, comme par hasard, au moment d’une CE confédérale et du prochain CCN… Ce conflit des sans papiers salariés, préparé depuis de longs mois, nous dit-on, va se terminer là aussi au bout dune semaine, pour le plus grand triomphe de Francine Blanche et de son staff…

Pourquoi accepter dès à présent un protocole de fin de conflit, «une sortie de crise» comme le déclare F.B. à lAFP, alors que cette bataille glorieuse, si elle durait plus longtemps, permettrait à de nom