Solidarité

Jeudi 24 septembre 4 24 /09 /Sep 22:38
Pour ancrer l’anarchisme social dans la durée à Lyon
Solidarité avec la librairie la Plume Noire !


La Plume Noire, librairie anarchiste lyonnaise, fête cette année ses 20 ans. Créée à l’initiative de militant-e-s anarchistes ayant pour ambition de développer un anarchisme ancré dans les luttes populaires, d’abord fédérés au sein de la Fédération anarchiste, puis de l’Union de groupes anarchistes lyonnais et aujourd’hui à la Coordination des groupes anarchistes.

Après 20 ans de présence sur Lyon, la librairie fait face à plusieurs difficultés qui mettent en danger son existence :
- Difficultés financières, qui rendent difficile le paiement des loyers, qui par ailleurs absorbent des ressources militantes qui pourraient être consacrées à d’autres priorités, notamment accroître la visibilité du projet libertaire dans les luttes.
- Difficultés liées à un bail précaire : Depuis 3 ans, celui-ci est renouvelable tacitement tous les 3 mois, le propriétaire ayant refusé jusque là de nous le renouveler.

La Plume Noire est un lieu dont les militant-e-s pratiquent chaque jour l’autogestion. Parce que nous pensons que c’est par l’expérimentation que nous construirons un projet de société libertaire. Se destinant à être un outil de convergences des luttes sociales, elle propose régulièrement des activités d’informations, de réflexions et de débats sur l’anarchisme.

Dans ce contexte, parce que nous pensons que l’ancrage de l’anarchisme se fait aussi par des lieux militant-e-s, utiles aux luttes sociales, parce que nous pensons qu’il nous faut sortir de cette situation précaire par le haut en assurant la continuité du lieu, nous faisons appel à votre soutien financier.

À court terme, pour nous permettre de faire face aux difficultés immédiates ; à moyen terme, pour soutenir un projet d’achat d’un lieu pour la librairie, afin de la mettre à l’abri des aléas liés à la dépendance vis-à-vis d’un propriétaire.

Nous comptons sur vous ! Même une toute petite somme peut nous aider.

Chèques à l’ordre : «ADCP» à envoyer à La Plume Noire, 19 rue Pierre-Blanc, 69001 Lyon. Formulaire de prélèvement automatique ou de virement automatique sur demande.
Nous vous tiendrons au courant de l’état (À bas l’État !) de la souscription sur notre site Internet.

Rebellyon, 21 septembre 2009.
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Dimanche 26 avril 7 26 /04 /Avr 13:32
Agenda judiciaire :
Rouillan, Schleicher, Cipriani, Abdallah


Les jours à venir sont chargés d’actualité judiciaire pour les prisonniers révolutionnaires emprisonnés en France depuis plus de 22 et 25 ans.

Le 28 avril, une demande de libération conditionnelle de Jean-Marc Rouillan sera examinée en appel.
En première instance cette demande avait été refusée car Jean-Marc Rouillan n’a effectué que dix mois de semi-liberté sur les douze quexige la loi. Et pour cause ! En octobre 2008 les juges avaient retiré la semi-liberté à Jean-Marc Rouillan pour quelques mots parus dans la presse. Après un retour à temps plein à la prison des Baumettes au titre de sa condamnation à perpétuité, il a dû être hospitalisé durgence le 6 mars dans lUnité hospitalière sécurisée interrégionale (UHSI) de Marseille. Aujourdhui Jean-Marc est toujours hospitalisé dans une chambre dhôpital /prison pour examens médicaux.
Plus dinformations sur le site Nlpf !
Article sur le rejet en première instance de la demande de Jean-Marc Rouillan.


Le 28 avril également aura lieu par un Tribunal d’application des peines, lexamen en première instance dune demande de libération de Régis Schleicher qui est en prison depuis plus de 25 ans. Régis Schleicher est passé au Centre national dobservation de Fresnes cet été en même temps que Georges Cipriani, dans le cadre de la loi sur la rétention de sûreté.
Article sur la commission pluridisciplinaire.

Le 30 avril sera le jour du délibéré pour la troisième demande de libération de Georges Cipriani déposée le 12 novembre 2007.
Dans un courrier récent, Georges Cipriani détaille le long parcours kafkaïen de cette demande.

Et le 5 mai sera le jour du délibéré en appel pour la demande de libération de Georges Abdallah, communiste libanais emprisonné en France depuis bientôt un quart de siècle.
Après 22 ans de prison, deux ans et trois mois dattente supplémentaire pour Georges Abdallah.


Libérons Georges, 22 avril 2009.
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Mardi 14 avril 2 14 /04 /Avr 13:19

Le 1er et le 2 avril 2009, le procès contre le compagnon Giorgos Voutsis-Vogiatzis concernant un braquage de banque en 2007 a eu lieu à Athènes. Juste après le braquage, Giorgos a été appréhendé par un chauffeur de camion qui a aidé la police à l’arrêter. Giorgos était accusé de «braquage armé» et «possession d’explosifs» (lors de son arrestation, les policiers ont trouvé une grenade).

Giorgos a été condamné à 8 ans de prison au total, dont 7 pour le braquage et 1 pour la grenade. Giorgos a déjà purgé 18 mois en préventive et il a travaillé en prison (chaque journée de travail compte double). Tous calculs faits, il pourrait sortir début septembre en conditionnelle (3/5 de la peine).

Pendant la première journée du procès, deux prisonniers ont réussi à s’évader du tribunal. La police était tellement fixée sur la présence de plus de 100 anarchistes qu’apparemment ils faisaient moins attention aux autres…

Au cours des dernières semaines, des dizaines d’attaques incendiaires et autres en Grèce ont été revendiquées en solidarité avec Giorgos.

«Avec la violence comme élément structurel, le système organise l’ignorance et se fortifie à partir de ses renégats. La violence est partout. Elle est dans les petharxika [Punitions administratives infligées aux prisonniers pour raisons de désobéissance ou de mauvais comportement dans les prisons], dans les punitions et les cellules d’isolement. Sur le plan de la ville et dans la guerre. Au journal télévisé et dans les annonces publicitaires. Dans la police meurtrière et dans le saccage de l’environnement. Dans les jeux vidéo et dans les institutions pour mineurs.
Monsieur le président, combien vaut, selon ta démocratie, la vie d’un braqueur et combien pour celle d’un policier ? Combien vaut la vie d’un prisonnier dans ta démocratie moderne et combien celle d’un directeur de prison ? Combien vaut la vie d’un juge réputé et combien celle d’un maudit immigré pauvre ? Il va de soi que la vie humaine a un autre prix quand le mort est un défenseur de la classe dominante. Mais les balles valent la même chose. (peu clair)»
Giorgos Voutsis-Vogiatzis

Nous devrions nous armer avec toute la force de notre existence

Les jours du consentement, des promesses, de la compréhension et de la complaisance semblent être toujours plus comptés. La dictature de l’économie maintient le silence en utilisant différentes armes. Les assassins avec leurs mitraillettes au coin de la rue, la richesse des patrons derrière les portes sécurisées et les gardiens, les antidépresseurs qui promettent le bonheur, les diffuseurs de nouvelles qui suscitent/jouent sur la peur…

Rien ne tue de manière plus définitive que se contenter de savoir juste survivre

Nous le sentons depuis longtemps. Nous le savions très bien. Décembre nous l’a confirmé. Sur le fil du rasoir. Il n’y a pas de vie sans la sérénité (????) de derrière les barricades, sans les rues dépavées, sans le feu dans les centres commerciaux, sans le pillage d’un supermarché, sans le saut derrière le comptoir d’une banque…

Liberté pour l’anarchiste Giorgos Voutsis-Vogiatzis

Texte d’une affiche en solidarité avec Giorgos
Centre de médias alternatifs de Bruxelles, 14 avril 2009.
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Vendredi 27 mars 5 27 /03 /Mars 01:00

1h30 du matin au CSA X-Rousse. Après une nouvelle belle soirée rythmée par le rappeur toulousain de Tchad Unpoe un commando de huit fascistes débarque dans le local.

Alors que plus de 150 personnes étaient présentes durant la soirée, il ne reste à ce moment-là que deux personnes, un garçon et une fille finissant le ménage et fermant le local. C’est ce moment que choisissent ces personnes pour lyncher à huit contre un le camarade présent. Par chance il y a encore du monde dans la rue et rapidement des jeunes du quartier et du bar à côté parviennent à repousser un peu plus loin les assaillants et à sortir le copain qui, au sol, était roué de coups de pied.

Nous souhaitons rappeler que le CSA X-Rousse est un centre social de quartier qui développe de nombreuses initiatives à travers ses diverses énergies notamment du soutien scolaire pour les jeunes, activités pour les enfants, sorties patinoire ou bowling, permanences solidaires, repas de quartier, etc.


En se plaçant en tant qu’espace politique où se tissent des liens de solidarité et de convivialité le CSA semble déranger certaines franges réactionnaires.

Que se serait-il passé si les fascistes étaient venus un soir de repas de quartier, de soirée avec les mômes et les familles du quartier ?

En attaquant un lieu populaire et familial et en lynchant à huit contre un une personne présente, les fascistes ont eux-mêmes posé leurs règles. Ce qui s’est ensuite passé dans la nuit ne concerne en rien le CSA.

Nous remercions vivement toutes les personnes, habitant le quartier ou non, toutes les familles, enfants, commerçants qui nous ont manifesté leur soutien et leur solidarité.

Tous ensemble il est important que nous agissions pour que de tels événements ne se reproduisent jamais et nous invitons dès samedi soir à refuser le règne de la peur en participant massivement au concert de La K-Bine (rap from 93) et Skyzominus Crew (from Sainté) organisé au CSA.



PAS DE FASCISTES DANS NOS QUARTIERS !

PAS DE QUARTIERS POUR LES FASCISTES !

Rebellyon, 25 mars 2009.
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Mardi 17 mars 2 17 /03 /Mars 21:53

Le 29 mars 1985, les jeunes frères Rafael et Eduardo Vergara Toledo sont exécutés en pleine rue par des flics lancés à leur poursuite. Depuis, chaque année à cette même date, des milliers de personnes manifestent, profitant de l’occasion pour s’affronter aux forces de l’ordre à coups d’émeutes, de barricades, de pillages et de sabotages.

L’avènement de la dictature de la démocratie marchande, qui a suivi la dictature militaire de Pinochet, n’a changé que les formes de la domination. De la dévastation de territoires entiers par l’industrie minière ou forestière à l’écrasement de pauvres toujours plus enfermés dans des ghettos de misère pris entre les rackets de la pasta base et des carabiniers, le capitalisme éclate à la gueule de tous les exploités.

Le mouvement lycéen de 2006, la lutte contre le Transantiago (nouveau réseau de transport de la capitale) en 2007 ou la résistance déterminée de certaines communautés Mapuche rappellent cependant que la pacification sociale n’a pas que de beaux jours devant elle. Ces derniers temps, les affrontements dans les quartiers pauvres qui dépassent les rendez-vous émeutiers liés à certaines dates-anniversaire (11 septembre ou 29 mars, Jour du jeune combattant), tout comme la multiplication d’attaques diffuses explosives ou incendiaires contre l’État et le capital sont venues à leur tour troubler le bon ordre démocratique.

C’est dans ce contexte détonnant que, le 29 mars 2008, les carabiniers ont tabassé à mort le compagnon anarchiste Jhonny Cariqueo Yañez dans le quartier de Pudahuel, à Santiago. Son nom s’ajoute à une longue liste, car l’État, quel qu’il soit, au Chili, en Grèce comme partout, incarcère, torture et assassine les révolutionnaires comme les rebelles qui ne se résignent pas à leur sort.

Parce que nos révoltes se tissent aussi dans la solidarité, parce que l’oppression ne connaît pas de frontières, parce que les coups portés ici contribuent à desserrer les chaînes là-bas, une semaine de solidarité avec les révoltés du Chili se déroulera du 23 au 29 mars 2009.

Que la rage réchauffe les cœurs épris de liberté par delà les océans…



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Mercredi 4 mars 3 04 /03 /Mars 17:50

Partout en France, le peuple lutte : pour garder ses acquis, ses libertés individuelles, pour son salaire, sa dignité…

Chaque tentative des différents gouvernements et du patronat, tous au service du Capital, de porter atteinte à notre dignité engendre des résistances. Et qui dit résistance, dit répression.

Nous nous devons de nous tenir au courant de ces luttes et d’en être solidaires.

C
est la première raison dêtre de ce blog : informer ! Informer des différentes formes de résistance et des répressions qui sensuivent. Cela nous paraît important à lheure où les États européens sunissent dans la contre-révolution préventive. Important parce que sans information, il ne peut y avoir de coordination des résistances. Important aussi parce que la répression appelle la solidarité avec ceux qui en font lobjet afin de les soutenir dans leur lutte.

Nous sommes nombreux, au-delà de toute différence idéologique, à nous interroger sur le devenir de nos libertés les plus fondamentales. À nous de nous unir pour faire en sorte de garder celles-ci alors qu
elles ont été si chèrement acquises par ceux qui nous ont précédé. LHistoire est une suite de luttes qui ont permis de nous garantir certains droits ! À nous de tout faire pour que ça ne parte pas en déliquescence avec toutes les conséquences que cela peut avoir.

Unissons-nous dans la solidarité !
La solidarité est une arme !

Résistances et solidarités, 10 février 2009.
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Samedi 28 février 6 28 /02 /Fév 14:49

Mercredi, trois personnes emprisonnées dans le cadre de l’incendie du centre de rétention de Vincennes comparaissaient devant un juge des libertés lors dune audience non publique.

Ekma Mouktaré, Ali Diallo et Mahamadou Dramé ont tous trois été maintenus en détention. Appel sera fait de ce maintien, appel qui devrait avoir lieu dans quelques jours et pour lequel il conviendra de se mobiliser.

Pour mémoire, huit personnes sont inculpées pour cette révolte collective qui a abouti à la destruction du centre. Comme à Bordeaux où, suite à l
incendie du centre, quatre personnes sont incarcérées à la prison de Gradignan, ou à Toulouse où, après un début de feu à Cornebarrieu, ils sont trois à être emprisonnés à Seysses, il sagit pour l’État de faire des exemples dissuasifs, de «frapper fort» pour faire peur et faire en sorte que ceux quon appelle les «sans-papiers» acceptent dêtre pourchassés, raflés, enfermés, expulsés, séparés de ceux qui les entourent sans se révolter.

En attendant des dates de mobilisations concrètes, en plus de la lutte quotidienne contre la machine à surveiller, expulser, réprimer, enfermer… quelques pistes pour continuer à manifester notre solidarité :

1) Vous pouvez écrire aux personnes incarcérées dont nous avons les coordonnées, ils reçoivent du courrier et cela leur fait du bien de ne pas se sentir seuls :
Moïse Diakité, écrou no 369111 H, bât. D5 Maison darrêt des hommes de Fleury-Mérogis, 7 allée des Peupliers, 91700 Fleury-Mérogis. En France depuis 18 ans, il na pas vu ses sept enfants ni sa compagne depuis cinq mois, toutes ses demandes de remise en liberté ont été refusées malgré toutes les garanties de représentation nécessaires.
Ekma Mouktare, écrou no 367134, bât. D3 cellule D326 Maison darrêt des hommes de Fleury-Mérogis, 7 allée des Peupliers, 91700 Fleury-Mérogis. Ce très jeune homme dà peine 18 ans souffre beaucoup de sa détention, il espère bientôt pouvoir retrouver les membres de sa famille qui ici en France sont prêts à soccuper de lui.
Ali Diallo, écrou no 367347, bât. D5 Maison darrêt des hommes de Fleury-Mérogis, 7 allée des Peupliers, 91700 Fleury-Mérogis. Très jeune lui aussi, Ali espérait faire une formation de frigoriste pour poursuivre sa vie ici en France. Tout dabord remis en liberté début juillet, il sest rendu confiant à laudience qui faisait appel de cette remise en liberté et où son incarcération a été décidée.
Mahamadou Drame, écrou no 367337, Maison darrêt des hommes de Fleury-Mérogis, 7 allée des Peupliers, 91700 Fleury-Mérogis. Mahamadou travaillait depuis plusieurs années en France, notamment dans la restauration. Il avait été victime de plusieurs arrestations (rafles), notamment en se rendant à son travail. Sa famille proche vit ici.
Slaheddine El Ouertani, CICP, 21 ter rue Voltaire, 75011 Paris. Ce monsieur Tunisien venu en France pour aider sa famille fait partie de ces nombreux prisonniers pour lesquels des «problèmes» ou des «accidents» ou des «agressions» surviennent en prison. Hospitalisé depuis début novembre dans un état très grave, les courriers lui seront tous transmis et lus.
Nous ne sommes malheureusement pas en mesure de vous donner les coordonnées des autres inculpés emprisonnés pour le moment.

2) Vous pouvez signer la pétition qui demande la libération sans conditions de toutes ces personnes.

3) Vous pouvez participer à une initiative de solidarité quand il y en a une dans votre région.
Le vendredi 27 février, un concert de soutien a lieu à côté de Nantes.
Le vendredi 27 février (encore), un débat-projection à Perpignan.

Par courriel, 27 février 2009.
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Vendredi 27 février 5 27 /02 /Fév 00:04

Rappel des faits : Dans la nuit du 10 au 11 mai 2007, Damien, révolté par l’élection bling bling, a tenté d’incendier une voiture garée devant le Fouquet’s. Il est placé en détention préventive (six semaines) après plus de 48 heures de garde à vue. Paco, l’ami qui l’hébergeait, écope d’un emprisonnement de sept semaines.

Jugés le 18 février 2009, lors d’une audience qui a duré de 9 heures du matin à 14 heures !!, Avec un interrogatoire pour Damien d’une heure et demie (pour tenter de le déstabiliser, le pousser à donner des noms laissant sous-entendre que Paco aurait été le mentor du groupe autonome Cactus). Le verdict tombe comme un couperet : pour Damien, 12 mois dont 4 mois fermes, 3 ans de mise à l’épreuve, obligation de soins psychiatriques et interdiction de revoir ou parler à Paco A VIE !!!

Quant à Paco, qui n’a aucun fait concret dans l’affaire, qui n’a fait qu’héberger Damien, ignorant tout de ce qu’il allait faire, il écope de 4 mois fermes !!!

Ils ont dix jours pour faire appel, soit jusqu’au 28 février, CA URGE donc qu’ils soient soutenus. Merci.

25 février 2009
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Mercredi 14 janvier 3 14 /01 /Jan 17:20

The Common Place est un centre social autonome et radical à Leeds en Angleterre. Nous fonctionnons comme un lieu autogéré («do it yourself») et non commercial pour les groupes de musique et autres artistes locaux ; nous hébergeons aussi gratuitement différents groupes d’activité.


Il y a quelques mois nous avons projeté un film montrant la violence policière à l’encontre de manifestants pacifiques, passant outre les tentatives de nous intimider — ainsi que plusieurs autres lieux — en vue de ne pas organiser cette projection. À la suite de cela le harcèlement policier a abouti à nous retirer notre licence d’organisateur de spectacles et de vente d’alcool. Nous faisons appel de cette décision ; mais en attendant, nous luttons afin de rester ouverts malgré le déficit de ressources qui en découle.

Pour joindre l’utile à l’agréable, nous avons sorti ce CD en souvenir de quelques bons groupes que nous avons fait jouer. Tout l’argent récolté contribuera à nous aider à rester ouverts. Merci de votre aide !





Pétition de soutien
Sauvons The Common Place de la fermeture !

Nous soussignés, demandons au Conseil municipal de Leeds de revenir sur sa décision retirant la licence de club (Club Premises Certificate) accordée jusque là au Centre social de Leeds (aussi appelé The Common Place).

Nous pensons que cette décision du Conseil est totallement injustifiable. The Common Place est le seul espace culturel et politique indépendant et auto-financé dans la ville de Leeds. En tant que club privé, il constitue un lieu ressource essentiel pour des centaines d’habitants ; en outre, il soutient l’action associative et militante, en particulier dans les domaines des sans-logis, de l’habitat, de l’environnement, du droit des femmes et du droit d’asile.

En retirant la licence club à The Common Place, le Conseil annihile la possibilité pour ce lieu de générer les fonds nécessaires à son existence même, l’entraînant à une fermeture quasi certaine. Nous pensons que c’est exactement le type d’expérience que devrait soutenir le Conseil municipal de Leeds afin d’encourager la vie citoyenne de la ville.

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Dimanche 21 décembre 7 21 /12 /Déc 14:30

N’hésitez pas à faire circuler ces quelques nouvelles des inculpés de la révolte de Vincennes, dont certains sont emprisonnés depuis 6 mois sans toujours aucune date de procès, et à communiquer le plus largement possible leurs adresses et numéros décrou pour que celles et ceux qui le souhaitent puisssent leur écrire :

M. Diakité, passait jeudi en appel pour une remise en liberté conditionnelle. L
audience nétait pas publique, même si sa compagne, Anaïs, a pu y assister donc il ny a pas eu dappel pour y aller nombreux. La juge, la même que lors de la précédente audience en appel pour la remise en liberté, a décidé de maintenir M. Diakité en détention.

M. Diakité (pour ceux qui ne s
en rappellent pas est père de sept enfants français dont plusieurs sont scolarisés dans le 13e à Paris) a semblé fatigué à Anaïs, sa femme, et mercredi il a eu un malaise pendant la promenade.

Concernant les autres inculpés :

Aujourd
hui le jeune Ekma Mouktaré (17 ans ou 18 ans selon les sources) a eu sa première visite depuis six mois. Il semble très désorienté par ce qui lui arrive, on espère quune demande de remise en liberté sera bientôt faite.

Ali Diallo, le jeune homme qui avait été interpellé le soir même de l
incendie, a également eu une visite jeudi (la 2e). Petit détail : les gardiens ont refusé quon lui donne les chaussures dhiver quon avait achetées pour lui vu quil navait que ces chaussures dété (il y aurait un morceau de fer dans les semelles).

Mahamadou Dramé, qui travaillait en France depuis sept ans et qui se trouvait en rétention à Vincennes après s
être fait arrêter sur son lieu de travail a aussi eu sa 2e visite vendredi.

Quand à M. Slaheddine El Ouertani, victime selon les dires de l
administration pénitentiaire dune agression dans sa cellule début novembre, il est, selon le peu de nouvelles qui filtrent, toujours hospitalisé à la Pitié-Salpétrière et toujours dans le coma.

Des colis de Noël (on a le droit à 5 kilos) ont été préparés pour chacun d
eux (sauf bien sûr pour M. El Ouertani malheureusement).

Vous pouvez écrire à ces prisonniers, juste une carte, ça fait toujours plaisir et ça montre à ladministration que les gens sont entourés.

Voilà leurs numéros d
écrou et les adresses que vous pouvez diffuser à loisir dans vos différents réseaux :
Mahamadou Drame, écrou no 367337
Maison d
arrêt des hommes de Fleury-Mérogis,
7 allée des Peupliers, 91700 Fleury-Mérogis
Ekma Mouktare, écrou no 367134, bât. D3 cellule D326
Maison darrêt des hommes de Fleury-Mérogis,
7 allée des Peupliers, 91700 Fleury-Mérogis
Ali Diallo, écrou no 367347, bât. D5
Maison darrêt des hommes de Fleury-Mérogis,
7 allée des Peupliers, 91700 Fleury-Mérogis
Moise Diakité, écrou no 369111 H, bât. D5
Maison darrêt des hommes de Fleury-Mérogis,
7 allée des Peupliers, 91700 Fleury-Mérogis
(Les lettres doivent être adressées à une seule personne, ils ne pourront pas les faire circuler.)

Merci.

Liste de discussion du réseau
Éducation sans frontières, 20 décembre 2008.
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Mercredi 17 décembre 3 17 /12 /Déc 15:33
Ami(e)s d’Espace Noir,
Chères compagnonnes et chers compagnons,

Vous connaissez Espace Noir. Depuis 1986, la coopérative libertaire autogérée propose une vaste animation culturelle et politique dans la région de Saint-Imier, qui la fait connaître bien au-delà de la région. Puisant ses racines dans l
histoire du mouvement ouvrier et de lanarchisme (la région est le berceau de la Fédération jurassienne et de lInternationale anti-autoritaire), Espace Noir se veut un des «bastions» du mouvement anarchiste contemporain, ici et maintenant. Espace Noir expérimente et vit lautogestion dans son fonctionnement quotidien. Espace Noir sert dinfrastructure aux divers mouvements libertaires de la région et au-delà ; il participe aux luttes locales, régionales, nationales et internationales.

Malgré tout cela,
Espace Noir est en danger !


Espace Noir est confronté à des difficultés financières importantes. Suite à une augmentation des charges, aggravée par une période de baisse du chiffre d’affaires de la Taverne, et malgré une récente amélioration, faire face aux factures quotidiennes est un exercice de plus en plus difficile. Les créances s
accumulent avec les menaces qui en découlent. Après des années dactivité, une grande partie de linfrastructure technique et informatique est obsolète, inutilisable dans un avenir proche. Malheureusement sans matériel adéquat, il ny a plus de culture, et il devient difficile de poursuivre nos actions. Pour ne pas en finir et nous permettre de continuer de défendre une culture alternative, une culture de réflexion, de proposition — une culture de lutte ! — nous avons besoin de votre soutien politique et financier, matériel ou autre (diffusion de linformation, organisation de soirées de soutien, liens, échanges…).

Le financement de notre budget dépend essentiellement de l’apport bénévole des travailleurs et du chiffre d’affaires de la Taverne. Enfin, les 300 cotisants à l’Association Culture à Espace Noir et les dons nous permettent d’engranger environ 15'000 francs par année.

La limitation des subventions publiques est un choix qui assure notre autonomie et qui nous permet de prendre position en toute liberté dans le débat public. La contrepartie, économique, est que nous sommes tributaires uniquement des ressources que nous devons générer nous-mêmes par nos activités et notre créativité.

Espace Noir, c
est un lieu social. Il essaie de promouvoir une culture différente, et qui revendique une culture accessible à tous, où chacun peut sy impliquer, sinvestir, participer, se former grâce aux outils mis à disposition. Les travailleurs de la coopérative peuvent s’investir et développer des compétences dans des domaines d’activité variés : animation culturelle, service, cuisine, projection de films, vente de livres, informatique, technique de spectacles, etc.

Espace Noir, c
est un centre de solidarité, un outil pour les luttes politiques et sociales. Par la mise à disposition des locaux de réunion et de matériel divers, et par son implication en tant que telle (Espace Noir appelle à des manifs, prend position régulièrement dans lactualité sociale et politique…).

Une des caractéristiques d’Espace Noir est bien sûr son engagement sociopolitique affirmé. Cet engagement se retrouve dans le mode de fonctionnement (l’autogestion), dans ses choix culturels (week-end sur la mondialisation, contre le racisme, sur le féminisme, le syndicalisme, etc.) mais aussi dans l’action sociale et politique. La solidarité individuelle ou les luttes collectives (soutien aux ouvriers en grève de «La Boillat» Swissmetal, manifestations contre l’extrême droite, création d’une association de chômeurs, etc.) font également partie de ses priorités. Espace Noir participe ou organise des manifestations revendicatives et des mouvements associatifs dans les domaines des luttes ouvrières, de la défense des droits humains et de l’environnement.

Espace Noir pratique aussi la solidarité au quotidien en soutenant les personnes qui en font la demande dans leurs démarches administratives, en les conseillant et en les orientant vers des organismes pouvant les aider.

Espace Noir, c’est une centaine d’événements par année, 24 concerts dans tous les styles, 4 jam sessions, 50 films, 4 pièces de théâtre, 4 expositions, 8 débats et conférences, 4 événements thématiques et 3 actions sociales durant la saison 2007-2008.

Espace Noir, c
est une Taverne, ouverte de 8h15 à 0h30 six jours sur sept. Cest le centre névralgique de la coopérative, elle fait office de place du village. Elle en est aussi le poumon financier.

Espace Noir, c
est une Librairie. Elle dispose dun choix douvrages traitant de lhistoire ouvrière de la région, des classiques de la littérature et des ouvrages de sciences sociales et politiques.

Espace Noir, c
est un Théâtre/salle de Concerts. Il propose une vaste programmation. On y organise des conférences et des débats, des concerts de musique variées, des pièces de théâtre.

Espace Noir, c
est une Galerie. Des expositions dart plastique et thématique sont présentées aux visiteurs.

Espace Noir, c
est un Cinéma. Avec ses 35 places, il est le plus petit cinéma de Suisse et le dernier de toute une région périphérique. On y projette en version originale des films du monde entier, ainsi que des reportages thématiques [sur des sujets] tels que la xénophobie ou la précarité.

Espace Noir, c
est un Info-Kiosque. Il propose un grand panel de la presse alternative, des brochures et des dossiers, ainsi que des projections sur des thèmes engagés.

Espace Noir c’est un poste Internet. De nos jours certaines opérations de la vie courante deviennent difficiles sans un ordinateur avec accès Internet, or tout le monde n’en dispose pas encore. C’est une des raisons qui nous a décidés d’en mettre un à la disposition du public.

On tient à Espace Noir !
Espace Noir tiendra !


Merci d
avance pour toutes vos initiatives, salutations fraternelles.

Pour Espace Noir : Michel Némitz, May Dubuis
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Mardi 16 décembre 2 16 /12 /Déc 11:12
Besoin de soutien pour le jugement qui aura lieu le 19 janvier 2009 23e chambre du TGI de Paris à partir de 14 heures

Voici le bilan de mon arrestation (dont je fais partie en gros nous aurons fait 71h30 au total), merci à tout les soutiens mais nous avons encore besoin de vous…

Je me présente, […] ans, j’étais effectivement présent lors de la manifestation du vendredi 12 décembre 2008 face au Consulat de Grèce (16e arrondissement), à partir de 17h30.

Nous avons effectivement décidé de suivre l
appel de toute la gauche en ce qui concerne la solidarité avec la mort du jeune Grec qui a ainsi eu lieu le vendredi 5 décembre 2008 en Grèce assassiné par la police.

La gauche française lance alors un appel à la solidarité, je rejoins ce mouvement, tout se passe comme il le faut au début, nous nous mettons effectivement à scander de nombreux slogans […]
puis nous sommes assez vite rejoins par des camions de Police dun côté et des camions de Gendarmerie nationale et de CRS de lautre côté.

Je décide alors au début de courir et de me mettre dans un magasin pendant au moins 10 minutes, puis commence à ressortir. Je vois en face de moi d
un côté un cordon de 22 CRS prêts à me bondir dessus, et de lautre des policiers en civils qui tabassent une personne, voulant minterposer avec des amis à moi, mon amie se fait faire une clé de bras par ce policier en civil, qui me dit ensuite dans ces mots cruels : «Je vais te gober les yeux»

Puis n
ayant rien à me reprocher je me mets face au cordon de CRS. un deux commence à minsulter avec dans la main droite une gazeuse, et dans lautre le bâton et continue à minsulter et croit certainement que je lui réponde, ce que je ne fais pas bien sûr… Effectivement, on verra qu'avec la presse de mon côté, le CRS ne fait que parler et nagit en aucun cas…

Puis après la dispersion, pensant que tout le monde était parti, je traverse le trottoir pour aller en face avec mes amis et une copine que j
ai connu sur la manifestation, aussi en voulant rentrer chez moi, je me fais interpeller par les Gendarmes […] les Gendarmes nous entourent la copine et moi, nous demandent de nous arrêter alors quils sont à peu près 6 ou 8 gendarmes sur deux personnes. Je demande alors à mes deux amis de courir pour aller chercher la presse qui était encore en face… Ils reviennent donc avec plusieurs médias dont lAgence France Presse à qui je permets ainsi de filmer notre arrestation…

Nous arrivons donc dans un camion (qui sert normalement pour les sans-papiers) de police et sommes directement conduits au commissariat des Invalides (7e arrondissement), où nous sommes directement placés en garde à vue sans passer par le contrôle d
’identité (qui aurait du durer quatre heures). Nous sommes un total de six personnes à être arrêtées dans ce commissariat. Pendant les premières heures de garde à vue nous sommes mis dessous pour : «violence envers une personne de la fonction publique, entrave à la circulation sur une voie publique et pour moi jets de projectile sur une fonctionnaire de police»

Au moment d
arriver au bureau de linspecteur, je commence à nier tout ceci mais surtout à dire tout de suite précisément et clairement que je suis innocent du début à la fin. Puis je suis remis en cellule, pendant ce temps, la copine ne pouvant pas se mettre dans la même cellule que nous, elle reste assisse sur le banc à lentrée du commissariat pendant un peu plus de 30 heures. Une seconde fois, je vais dans le bureau mais cette fois ci pour faire valoir mes empreintes de mes mains, et des photos de mon profil afin de mieux me repérer plus tard.

Puis, juste après, je retourne dans le bureau d
un autre policier à qui je redis la même chose, en rajoutant que je désire ainsi être confronté au policier qui dit que jai lancé un projectile sur la police et me demandent si ils peuvent ainsi prendre mon ADN, ce que je refuse (tout en sachant que je risque un an de prison ferme et 15.000 euros damende), et je continue toujours à dire que je suis innocent.

Les repas sont assez froids, ce sont sont soit des
«bœufs carottes» soit un autre plat mais je ne sais plus. Au bout de mes premières 24 heures, je sors et vais pour signer de nouveau ma seconde garde à vue de 24 heures encore…

Je me recouche et ensuite suis encore réveillé par un autre inspecteur à qui je redis encore et encore et toujours la même chose. Le problème est que cet inspecteur est un peu bizarre, car celui ci veut et souhaite ainsi que je lui avoue tout ce que je n
ai jamais fait, donc je continue…

Je retourne encore dans un autre bureau, qui celui-ci allait être pour moi enfin la fin, ce qui n
est pas le cas, car nous sommes tous déférés au Parquet de Paris. Or, nous avons su plus tard que pour nous diriger au Parquet de Paris soit aller à Cité (75004), nous avons mobilisé deux commandants, un commissaire, une caserne de CRS et des motards. Voilà exactement nous étions dirigés : deux motards étaient devant, puis deux voitures de police, le premier camion avec trois prisonniers, le nôtre, deux autres voitures derrière et pour terminer deux motards.

J
ai aussi oublié les fouilles, nous avons été au total fouillés trois fois. Jai aussi oublié que nous avions été soutenus par des gens à l’extérieur et que nous voulions les remercier aussi bien pour le Commissariat que le TGI de Paris où des gens sont venus nous soutenir.

Au moment d
arriver au dépôt, nous allons déjà dans une moyenne salle où nous mangeons et où nous attendons pour aller en cellule. Puis nous sommes tous séparés et allons en cellule (où nous sommes six par cellule)…

Puis, le matin, nous voyons une assistante sociale, en la voyant je craque, je me mets à pleurer car vivre autant de temps enfermé, je ne pouvais plus. Celle-ci me pose des questions et me demande si elle doit ou peut appeller quelqu
un pour moi, je lui nomme donc un ami.

Puis, après cela, nous sommes encore fouillés juste avant d
aller devant le bureau du Procureur de la République qui décide ainsi de tout. Je passe devant celle-ci qui me dit que nous passons tous les six en comparution immédiate.

Puis nous retournons en cellule, avant d
être jugés, nous devons voir lavocat (soit le nôtre, soit un commis doffice). Mon avocat nétant pas là, je vois une avocate commise doffice qui me dit ainsi de refuser la comparution immédiate afin que je puisse ainsi me défendre et mieux préparer mon dossier, ce que jai dailleurs fait.

Puis juste avant d
y aller, des autres prisonniers nous avaient bien précisé quil y avait bien des gens pour nous… Enfin, nous entrons dans le box des coupables tous les six, où bien évidemment Madame le Juge dévoile la vie privée de tout le monde mais bon, puis cest au tour de Madame le Procureur de la République à faire son plaidoyer et qui demande ainsi au départ un contrôle judiciaire, une interdiction de circuler sur Paris pour les gens qui vivent en banlieue et une interdiction de se recontacter jusquau jugement suivant…

Le réquisitoire tombe et nous avons juste une question de s
abstenir de paraître dans le 8e arrondissement de Paris et de sabstenir dentrer en relation de quelque façon que ce soit, de recevoir, de rencontrer avec les co-prévenus […].

Nous sommes donc enfin libres, mais serons jugés un autre jour…

Nous avons ainsi besoin de preuves, d’un nombre de comité de soutien par rapport à cette affaire, car ayant aussi refusé de prendre l’ADN sur moi-même, voici donc l’avis reçu : Avis de placement sous contrôle judiciaire.
Voici la qualification suivante : Violence sur une personne dépositaire de l’autorité publique sans incapacité, entrave à la circulation sur une voie publique, refus de se soumettre au prélèvement biologique destiné à l’identification de son empreinte génétique par personne soupçonnée de crime ou délit.
Nous sommes donc convoqués au Tribunal de grande instance de Paris, 23e chambre, le 19 janvier 2009.
Nous donnons donc rendez-vous à partir de 13 heures au TGI de Paris. Venez nombreux ainsi nous soutenir.

[…] (un des prisonniers)
Indymédia Nantes, 16 décembre 2008.
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Dimanche 14 décembre 7 14 /12 /Déc 23:05
Non à la répression !

UNE FOIS DE PLUS ON CRIMINALISE DES MANIFESTANT-ES SOLIDAIRES DE LA RÉVOLTE DE LA JEUNESSE GRECQUE.

Comme vous le savez ce vendredi 12 décembre il y a eu une manifestation à Paris devant l’ambassade de Grèce en solidarité avec ce qui se passe là-bas, en solidarité aussi avec notre camarade Alexandros Grigoropoulos lâchement assassiné par la police grecque…

Comme à sa triste habitude les forces de répression de la préfecture de police parisienne ont multiplié les provocations durant ce rassemblement et ont pour finir effectué sans raison de violentes charges contre les manifestantEs qu
ils trouvaient trop remuantEs.

Cinq camarades ont été-es arrêté-es, ils risquent gros car la préfecture, la Dcri et ses agents qui étaient sur place devant l
ambassade de Grèce, ainsi que les Gm ont décidés de les «charger» un maximum dans leurs «dépositions». Ce soir dimanche 14 à 19 heures il y a eu un rassemblement de solidarité près du commissariat de la place des Invalides où nous avons appris que nos camarades ont été transférés au Dépôt de la préfecture de police de Paris, et quils risquaient jusquà 96 heures de garde à vue avant de passer devant un juge ou un procureur.

Un nouveau rassemblement de solidarité devrait avoir lieu demain mais nous n
’avons encore ni le lieu ni lheure : merci de relayer si vous avez dautres précisions.

AUSSI NOUS LANÇONS CET APPEL :
PAR TÉLÉPHONE DE PARIS DE PROVINCE DE PARTOUT EN EUROPE ET DANS LE MONDE EXIGEONS LA LIBÉRATION IMMÉDIATE ET SANS AUCUNE CONDITION DE NOS CINQ CAMARADES
NHÉSITONS PAS À TELEPHONER À LA PRÉFECTURE DE POLICE DE PARIS AUX NUMÉROS CI-DESSOUS
(DE PRÉFÉRENCE FAITES-LE DANS DES CABINES DE TÉLÉPHONE PUBLIQUES SURTOUT PAS À PARTIR DE VOS TÉL. PORTABLES OU DE VOS NUMÉROS PERSONNELS DE TÉL. FIXES)
Adresses et téléphones de la Préfecture de Police
4 bld du Palais 75195 PARIS RP
tél. 01 53 71 53 71
tél. 01 53 73 53 73

Indymédia Suisse romande, 14 décembre 2008.
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Dimanche 14 décembre 7 14 /12 /Déc 10:26
Message transféré du compte rendu d’un camarade.

Salut,

Nous étions une soixantaine rassemblés devant le commissariat du 7e arrondissement [
01 44 18 69 07] où sont retenus nos camarades arrétés pendant la manifestation de soutien au mouvement social grec de vendredi soir. La famille de Othman nous a indiqué que les policiers envisageaient de maintenir nos camarades en garde à vue jusqu’à lundi soir, soit plus de 48 heures, en application des lois Perben. Cela signifierait que nos camarades constitutent, au choix, une entreprise terroriste ou une bande organisée !

Nous appelons donc à un nouveau rassemblement dimanche soir, rendez-vous à 19 heures métro Invalides, pour aller devant le commissariat du 7e arrondissement, afin daccueillir nos camarades à la sortie de leur garde à vue, ou dexprimer notre indignation face au maintien éventuel de leur détention (notamment pour les trois camarades accusés dagression en réunion sur les flics).

Libération immédiate de nos camarades !
Non à la criminallisation du mouvement social !
Nous comptons sur votre présence.
Merci de faire suivre au maximum ce message !

Infozone, 14 décembre 2008
Liste d’information pour la France sauvage.


Manifestation à Paris en solidarité avec la «génération 600 euros» en Grèce

Quelque 300 personnes ont manifesté vendredi soir à Paris à proximité de l’ambassade de Grèce, en solidarité avec la «génération 600 euros», et ont partiellement bloqué lavenue des Champs-Élysées, a constaté une journaliste de lAFP.


Rassemblés à l
appel dorganisations de l’Éducation et de gauche, les manifestants se sont massés à quelques centaines de mètres de lArc de Triomphe, en haut des Champs-Élysées, et à proximité de lambassade, dont les forces de lordre leur barraient laccès.

Les manifestants ont fait irruption sur la célèbre avenue, qu
ils ont bloquée au moyen de barrières de chantier et en formant une chaîne humaine. La circulation a partiellement repris à la suite du départ des manifestants, talonnés par les forces de lordre.


Certains ont démonté des petits feux tricolores. Un panneau publicitaire et le pare-brise dune voiture ont été endommagés.

Six interpellations ont eu lieu, trois pour dégradations et trois pour jets de projectiles sur les forces de l
ordre, a-t-on indiqué de source policière.


Le leader dextrême-gauche Olivier Besancenot, à la tête du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) qui doit voir officiellement le jour en janvier, participait au rassemblement.

«Au-delà de l
indignation légitime de ce qui se passe en Grèce, on souhaitait faire entendre linquiétude des jeunes en France. Sans faire de parallèle douteux entre les situations politiques en France et en Grèce, la génération 600 euros de Grèce a bien des similitudes avec la génération CPE», a déclaré à la presse le président de lorganisation étudiante Unef, Jean-Baptiste Prévost.

Le contrat première embauche (CPE) est un contrat-jeunes que le gouvernement avait été contraint de retirer en 2006 après deux mois et demi de mobilisation des syndicats, des étudiants et des lycéens, descendus dans la rue par centaines de milliers.

Les «600 euros» sont une référence au salaire mensuel de jeunes actifs grecs.


Des militants du NPA brandissaient une pancarte sur laquelle on pouvait lire : «À bas le terrorisme d’État en Grèce et vive le peuple grec en lutte».

AFP, 13 décembre 2008.
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Vendredi 12 décembre 5 12 /12 /Déc 13:04

«Mes mots, s’ils respirent, ce nest pas de ramper mais de dire. Et ce que je dis ne plaît pas à ceux qui voudraient quon se taise. Car dans mon cas judiciaire, il faudrait que jaccepte le livret de la victime expiatoire à la bonne raison de ne plus rien faire, de ne plus se rebeller ou alors avec des mots sourds et aveugles, étrangement orphelins de leur musique.»
Jann-Marc Rouillan, Lettre à Jules.

Jean-Marc Rouillan est un militant communiste révolutionnaire depuis plus de trente ans. Jean-Marc Rouillan est un prisonnier politique depuis vingt et un ans. Jean-Marc Rouillan est devenu un écrivain depuis la parution de Je hais les matins, en 2001 [
Chez Denoël]. Il est aujourdhui lauteur de neuf ouvrages dans lesquels il décrit la condition carcérale ainsi que son expérience individuelle et collective de la lutte armée. Après avoir bénéficié de la semi-liberté pendant dix mois, Jean-Marc Rouillan est retourné à plein temps en prison, suite aux propos quil a tenus dans LExpress.

Contrairement à ce qu
on a parfois pu lire ou entendre au cours de lemballement médiatique qui a suivi, Jean-Marc Rouillan ne continuait pas de prôner la lutte armée, mais remettait dans une perspective historique un point de doctrine marxiste, qui fait partie des références dun bon nombre de militants et de sympathisants se réclamant de cette idéologie : «Le processus de lutte armée tel quil est né dans laprès-68, dans ce formidable élan démancipation, nexiste plus. Mais en tant que communiste, je reste convaincu que la lutte armée à un moment du processus révolutionnaire est nécessaire.» Et plus loin, répondant à la question du journaliste sur ses éventuels regrets, il commentait son interdiction de parler des faits pour lesquels il a été condamné en janvier 1989 et pour lesquels, rappelons-le, il a purgé sa peine de sûreté : «Je nai pas le droit de mexprimer là-dessus… Mais le fait que je ne mexprime pas est une réponse. Car il est évident que si je crachais sur tout ce quon avait fait, je pourrais mexprimer. Mais par cette obligation de silence, on empêche aussi notre expérience de tirer son vrai bilan critique.»

Pourquoi ces deux réponses, qui ne faisaient pourtant que reprendre ce que Jean-Marc Rouillan n
a jamais cessé de dire, dérangent-elles autant ? Sans doute parce quelles sortent de la bouche dun homme condamné à la perpétuité pour des «actes de terrorisme», qui na pas renié son engagement — malgré vingt et une années d’incarcération dont sept et demie à lisolement total et cinq grèves de la faim. Et quaujourdhui, cet homme, qui ne sest pas repenti, souhaite continuer de militer en intégrant un parti légaliste.

Comme on a pu le constater, le débat qui a suivi la parution de ces propos dans L
Express sest orienté sur la question de la repentance et sur la crédibilité dun nouveau parti, celui dOlivier Besancenot, lequel allait intégrer dans ses rangs un «ancien terroriste». Nulle part, il na été question de débattre du choix, discutable, quont fait certaines personnes qui se sont radicalisées dans la lutte et qui ont pris les armes au cours des années 1970-80. Et pour cause : pour débattre de la légitimité ou non dune telle option, il aurait fallu se replonger dans lhistoire de ces dernières décennies et remettre Action directe (AD) dans la perspective des autres organisations armées qui sont nées, en France, après Mai 68. Or, comme le constatait la chercheuse italienne Luisa Passerini, la connexion entre lélan contestataire de Mai et ces organisations est un des problèmes les plus difficiles à aborder de notre histoire récente [Lire Luisa Passerini, Autoritratto di gruppo, Florence, Giunti, 1988]. Et bâillonner certains des acteurs directs de cette histoire en les empêchant de tirer, à laide des armes de la critique, un bilan de leurs actions passées ne nous aidera certainement pas à comprendre comment lorganisation Action directe a pu, à un moment donné, décider, au nom de la révolution, dexécuter un général de larmement et le patron de la régie Renault. Il ne sagit pas ici de faire lapologie dAD, mais de dépasser les considérations «pseudo-psychologiques», qui ne prennent pas en compte la dimension collective de lélan contestataire de laprès 68 et, surtout, de montrer quil existe certains tabous dans cette histoire de la violence politique en France.

Action directe, une génération spontanée ? Retour sur les expériences de lutte armée après 1968

Quand on se penche sur le contexte des années 1970, en France, on constate que la réactivation de l’idéologie révolutionnaire après Mai 68 et, notamment, l’opposition à la guerre menée par les États-Unis au Vietnam, ont conduit à la formation de plusieurs groupes d’extrême gauche dont l’objectif était de ramener la classe ouvrière à sa mission historique en lui offrant un autre projet politique que celui des réformistes. C’est ainsi que se sont créées des organisations, aux tendances idéologiques souvent antagonistes, comme la JCR (Jeunesse communiste révolutionnaire, trotskiste) au printemps 1966, l’UJC-ml (Union des jeunesses Communistes marxistes-Léninistes) en 1966, la GP (Gauche prolétarienne) en février 1969, ou VLR (Vive la Révolution) en septembre 1969. La GP, groupe d’obédience maoïste qui comptait environ 3500 membres en 1971 [
Ces chiffres sont avancés par Isabelle Sommier, La Violence politique et son deuil. L’après 68 en France et en Italie, PUR, 1998, p. 238], est l’un des groupes les plus emblématiques. Qualifié de groupe «Mao-spontex» pour sa croyance en la spontanéité des masses, les «gépistes» entendaient dépasser les organisations ouvrières pour créer un «authentique» parti communiste ouvrier à partir de la lutte des peuples. Officiellement interdite en 1970, par les lois Marcellin (du nom du ministre de l’Intérieur Raymond Marcellin), la GP s’autodissout en 1973 après avoir formé une organisation parallèle armée, la NRP (Nouvelle résistance populaire), qui se distingue par des actions comme l’enlèvement d’un responsable de chez Renault. La NRP sera dissoute dès janvier 1974 par ses dirigeants, qui renoncent à la lutte armée. Tandis que d’anciens militants de la GP vont fonder, en avril 1973, le quotidien Libération, sous l’égide de Jean-Paul Sartre, certains rallieront, en 1977, les NAPAP (Noyaux armés pour l’autonomie prolétarienne) qui ont revendiqué des attentats et des sabotages ainsi que l’exécution, le 24 mars 1977, de Jean-Antoine Tramoni, le vigile de Renault, responsable, en février 1972, de la mort du syndicaliste et militant de la GP, Pierre Overnay. D’anciens «gépistes» vont également participer, en 1977, à la coordination CARLOS (Coordination autonome des révoltés en lutte ouverte contre la société), composée d’autonomes, d’anarchistes et de communistes révolutionnaires, engagés dans la lutte anticapitaliste et antinucléaire [Lire Retour sur les années de braise, Collectif éphémère, CRAS, mars 2005, p. 15].

Par ailleurs, alors que, en Espagne, des mouvements de grèves voient le jour à la fin des années 1960, des militants ouvriers, des étudiants s’organisent dans la contestation. Des étudiants catalans en exil à Toulouse établissent des contacts avec des militants français, ce qui conduit à la formation, en 1971, du MIL (Mouvement ibérique de libération). Cette organisation rassemble une vingtaine de membres français et espagnols, qui font le choix des armes et de la clandestinité. Conçu comme un groupe de soutien aux mouvements ouvriers en grève en Espagne, le MIL a pratiqué des «expropriations» (des braquages) de 1971 à 1973, essentiellement sur le territoire espagnol, ainsi que des vols d’imprimerie à Toulouse. L’objectif du MIL était aussi d’élaborer une «bibliothèque socialiste», une maison d’édition chargée de diffuser leurs idées et leurs références théoriques d’obédience anarchiste, marxiste, conseilliste, voire situationniste. Le groupe s’autodissout en août 1973. En septembre 1973, plusieurs membres de l’ex-MIL sont arrêtés et font l’objet d’une sévère répression de la part des autorités franquistes. Salvador Puig Antich est condamné à mort en janvier 1974. Une campagne de soutien s’active en Europe. Dès janvier 1974, une coordination de plusieurs personnes — dont des militants de l’ex-MIL, des anarchistes français et espagnols — s’organise sous le sigle de GAI (Groupes autonomes d’intervention) qui deviendra rapidement les GARI (Groupes d’action révolutionnaire internationalistes). Leur action vise à soutenir leurs camarades emprisonnés en Espagne et à demander leur libération. Le 2 mars 1974, Salvador Puig Antich est garrotté. Les GARI vont alors se radicaliser en pratiquant des sabotages sur les voies ferrées et des braquages, puis en kidnappant, à Paris, Baltasar Suarez, le directeur de la Banco Bilbao (mai 1974) ou en déposant des explosifs visant des bâtiments officiels de l’État franquiste, comme le Consulat d’Espagne (juillet 1974). Ils bloquent également le Tour de France en juillet 1974, lors de son passage dans les Pyrénées, et mettent le feu à des bus de pèlerins en partance pour Lourdes. Les GARI se sont autodissout fin août 1974 [
Pour une chronologie plus précise, on pourra se référer à l’article de La Lanterne noire, no 2 (décembre 1974-janvier 1975)].

En cette année de commémoration des quarante ans de Mai 68, si la GP a très souvent été citée, on ne peut pas en dire autant du MIL ou des GARI. Et quand le nom d’Action directe a surgi, ce ne fut pas toujours pour rappeler une filiation entre cette organisation et les discours et les pratiques de l’époque, mais parfois pour vanter notre «exception française» : la culture des urnes contre celle de la rue [
Nous faisons ici allusion aux propos tenus par Jean-François Sirinelli dans l’émission «La rumeur du monde», radiodiffusée sur France Culture, le 10 mai 2008]. S’il est vrai que la France n’a pas connu d’épisodes de violence d’une ampleur équivalente à ceux de l’Allemagne ou de l’Italie, cette vision de l’histoire nous paraît toutefois révélatrice d’une forme de refoulement ou d’une volonté de délégitimation d’organisations ayant entrepris, dans les années 1970-80, une stratégie de guérilla contre la violence étatique. Certains anciens militants eux-mêmes semblent des fois faire preuve d’amnésie à l’égard de leur passé et de leurs velléités, à l’époque, de prendre les armes. C’est ce que démontre très bien la politologue Isabelle Sommier dans son travail de recherche sur la forclusion de la violence politique en France et en Italie [Isabelle Sommier, La Violence politique et son deuil, op. cit.]. Elle constate une prise de distance de la part d’un grand nombre de ces militants vis-à-vis de ceux qui ont suivi jusqu’au bout leur combat. Et comme elle le fait remarquer, «les rares ouvrages écrits a posteriori par les acteurs directs surprennent par leur côté souvent anecdotique, voire apologétique, d’un Mai 68 qui semble n’avoir été qu’une gigantesque fête à la limite de la farce. De violence, il est peu question, sauf sous un jour ludique (les barricades) ou pour évoquer la répression. Les années suivantes sont, quant à elles, frappées par un black-out quasi-total : en France, elles ont surtout donné lieu à des diatribes acerbes de la part d’ex-militants [Ibidem, p. 25]». Pour donner une idée du refoulement concernant le recours à la violence d’une partie de l’extrême gauche ou de la filiation entre Mai 68 et les expériences de lutte armée, il suffit de se plonger dans l’historiographie de la lutte armée, en France, dans les années 1970. Celle-ci n’est pas pléthorique : le sujet est parfois évoqué dans quelques biographies d’anciens militants ou dans certains travaux de politologues, de sociologues ou de journalistes, mais il n’a jamais fait l’objet d’une véritable synthèse historique. Comme le souligne Luisa Passerini, qui a entrepris une recherche sur «la génération de 68», «au manque d’enquêtes s’ajoutent une aversion diffuse à en parler, le poids des préjugés et des rancœurs, un sentiment de tabou. [Luisa Passerini, Autoritratto di gruppo, op. cit., p. 188]»

Du MIL à AD : le parcours de Jean-Marc Rouillan

En mars 2005, un collectif éphémère publiait, aux éditions du CRAS [
CRAS : Centre de recherche sur l’alternative sociale a été fondé en 1979. Il archive tous types de documents sur les expériences alternatives et les courants de pensée opposés à l’ordre social (anarchistes, libertaires, autonomes, communistes anti-autoritaires). Le CRAS se veut indépendant de toute institution et de tout groupe constitué. BP 51026, 31010 Toulouse, cedex 6], une brochure, Retour sur les années de braise, les groupes autonomes et l’organisation Action directe, qui faisait état de l’absence d’étude objective sur AD. «Actuellement, constatait ce collectif, sur Action directe, nous n’avons connaissance que de la situation pénale, des conditions de détention et de l’état de santé des membres incarcérés.» En 2008, nous n’en savons guère plus. Il existe toutefois le texte émanant d’Action directe, paru dans Cahier Front no 6, que les auteurs de la brochure du CRAS reproduisent et datent de la fin des années 1990. On peut lire la version des prisonniers d’AD sur la genèse du groupe auquel ils ont appartenu. On y apprend notamment que «l’année 1977 est marquée par l’émergence du mouvement autonome européen et par sa liaison avec les offensives de la guérilla en Allemagne et en Italie. En France, des militants révolutionnaires issus de nombreuses et diverses expériences françaises et étrangères, depuis 1968, initient un processus de convergence. Et ils établissent une coordination politico-militaire, interne au mouvement autonome.» Ainsi «se retrouvent d’anciens membres de groupes armés […] du MIL et GARI […], des NAPAP […]. Durant près de deux ans, cette coordination mènera de nombreuses actions de sabotages et de préparation à la lutte armée.» Si le collectif éphémère du CRAS préfère employer le terme de «réseau» plutôt que de coordination, et évalue la durée de ce dernier à un an plutôt qu’à deux, il n’en reste pas moins, comme il le souligne, qu’«il y avait plusieurs ex-MIL et ex-GARI». Selon le CRAS, ce n’est pas, à proprement parler, cette coordination qui décide de créer AD, mais certains groupes et individus qui la constituent. Le collectif éphémère avance ensuite l’éventualité de la participation de membres des BI (Brigades Internationales) [BI : organisation communiste de tendance marxiste-léniniste, créée en 1973 après le coup d’État au Chili. La plupart de ses membres proviennent de la GP. De 1974 à 1977, les BI vont se concentrer sur la situation internationale et sur la solidarité en blessant et en exécutant des diplomates étrangers présents en France] à la création d’AD. Mais comme le déclare le CRAS, «c’est à eux d’en parler».

Toujours est-il que, contrairement à ce qu’on a parfois pu lire dans la presse ou entendre sur les ondes, AD ne paraît pas avoir surgi, tel un météore, dans le «climat pacifié» de la France du début des années 1980. À ce jour, nous n’avons pas suffisamment d’informations pour discuter plus précisément de la filiation d’Action directe avec tel ou tel groupe en particulier. Ce que nous voulons simplement tenter de dire ici, c’est que cette organisation s’enracine dans les expériences armées amorcées dans les années 1970. En ce sens, le point de vue des réalisateurs Pierre Carles et Georges Minangoy, dans leur film Ni vieux, ni traîtres (2004), est intéressant. Ce documentaire tente de revenir sur l’engagement, dans le MIL ou les GARI, de certains membres d’Action directe, en particulier Jean-Marc Rouillan. Certains pourront critiquer le manque de didactisme du film, son aspect trop anecdotique. D’autres pourront contester la filiation entre AD et les MIL-GARI. Nous ne souhaitons pas ici entrer dans ces polémiques, mais simplement souligner l’intérêt de l’entreprise de Pierre Carles et de Georges Minangoy : dans ce climat d’amnésie, ce documentaire aura au moins permis à quelques militants, ayant pour la plupart fait de la prison, de revenir sur cette période de leur vie.

Les livres de Jean-Marc Rouillan peuvent également nous donner des pistes sur la genèse d’AD, ou plus précisément, sur son propre parcours dans la lutte armée après Mai 68. Si ses textes sont davantage des tentatives de restitution du climat insurrectionnel de «ces années de braise» qu’un retour critique sur cette période de sa vie, ils demeurent néanmoins un matériel utile à l’historien. Le parti pris «littéraire» d’un ouvrage comme De Mémoire 1 [
Agone, 2007] nous est précieux pour comprendre, de l’intérieur, comment un jeune homme révolté est passé du gauchisme à la lutte armée au cours de l’automne 1971, à Toulouse. Après avoir fait partie un temps des CAL (Comités d’action lycéens) en 1968, Jean-Marc Rouillan s’est engagé au sein du GAL (Groupe autonome libertaire), avec ses copains du pavillon de la rue d’Aquitaine. Ce qui semblait l’intéresser avant tout, c’étaient ces moments-clé de l’histoire politique et sociale que sont les insurrections et les révolutions. Ainsi, le premier groupe constitué avec ses copains de lycée s’appelle-t-il Vive la Commune-GAL, en référence à la Commune de Paris. Il ne s’agissait pas d’une organisation bien structurée, produisant des textes, mais plus d’une manière de vivre contre l’ordre social. Dans De Mémoire 1, on découvre donc que Rouillan a grandi et acquis une conscience politique dans le bouillonnement intellectuel et contestataire de cette époque mais aussi, ce qui n’est pas négligeable dans son parcours, dans une ville du sud-ouest comportant une importante communauté d’exilés espagnols. C’est dans son quartier des Minimes et du Raisin qu’il a rencontré les guérilleros anarchistes et les compagnons de lutte de Durruti, qui l’ont décidé à prendre les armes.

Si la suite des «Mémoires» de Jean-Marc Rouillan n’est pas encore publiée, on sait néanmoins que ses premiers combats ont lieu dans l’Espagne franquiste, au sein du MIL et que cette expérience décisive revient, par flash, dans la plupart de ses ouvrages déjà parus. Dès Je hais les matins, Jean-Marc Rouillan évoque le MIL ; au fil d’un texte comme «Le voyage extraordinaire des enfants de l’Extérieur» [
Dans Lettre à Jules, Agone, 2004] surgissent des instantanés de sa vie clandestine ; certains de ses romans portent la trace écrite de son engagement dans le MIL : Le Roman du Gluck [Paris, L’esprit frappeur, 2003], Paul des Épinettes [Montreuil, L’insomniaque-Agnès Vienot, 2002] ou bien encore La Part des loups [Marseille, Agone, 2005] dont certains passages pourraient être lus comme une métaphore de son engagement en Espagne, au début des années 1970.

L’exécution de son compagnon de lutte, Salvador Puig Antich, est, semble-t-il, un événement clé dans le processus de radicalisation de Jean-Marc Rouillan, engagé à ce moment-là dans les GARI et connu, dans la clandestinité, sous le pseudonyme de «Sebas». Arrêté en décembre 1974 pour port d’armes, à Paris, il est incarcéré à la prison de la Santé et libéré en mai 1977 par une amnistie de Valéry Giscard d’Estaing, sans avoir été jugé. Sa participation à Action directe s’inscrit dans un processus de radicalisation extrême avec l’exécution du général Audran, le 25 janvier 1985 et celle de Georges Besse, le 17 novembre 1986. Quoi qu’on puisse penser de ces méthodes, rappelons que le nom du commando d’AD, qui a exécuté le patron de la régie Renault de l’époque, porte aussi la trace d’un événement qui a fortement marqué l’ensemble de l’extrême gauche dans les années 1970 : la mort de Pierre Overnay.

Ne pas se renier

Pour conclure, nous reviendrons sur les propos tenus par Jean-Marc Rouillan dans un entretien téléphonique accordé à la télévision catalane en février 2002, puis diffusé dans le documentaire Ni vieux, ni traîtres. Il nous a semblé que ces mots-là résumaient à eux seuls notre propos : «Je ne sortirai que si j’accepte de payer, et le paiement de cette rançon, c’est une déclaration, un texte politique qui condamne mon action dans l’organisation armée, mais bien au-delà, dans toutes les organisations auxquelles j’ai participé, comme le MIL, les GARI, jusqu’aux manifestations de l’après 68. Dans leur délire réactionnaire à vouloir tout édulcorer, l’histoire de la contestation armée dans ce pays n’est pas définitivement écrite, et cela tant que nous ne l’aurons pas co-signée de notre repentance. Cette repentance, c’est la rançon. La rançon du chantage. Tant qu’il me restera un soupçon de lucidité, je refuserai le chantage et je ne me renierai pas.»

Nous qui voulons comprendre, nous demandons la libération sans conditions de Jean-Marc Rouillan et de ses camarades encore emprisonnés. Nous souhaitons aussi qu’ils puissent s’exprimer librement, car leur témoignage est essentiel pour l’écriture de ce pan d’histoire refoulée.

Delphine Galonnier,
Toulouse, novembre 2008
Marginales, 4 décembre 2008
Revue de littérature et de critique sociale.

Delphine Galonnier est l’auteure d’un mémoire de Master 1 d’histoire immédiate, soutenu en septembre 2008 à l’Université de Toulouse Le Mirail, «Toulouse en noir et rouge : de la guérilla urbaine de 1971 à 1975. Fragments de l’aventure toulousaine du MIL et des GARI à travers les écrits de Jean-Marc Rouillan».
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