Vendredi 14 mai 2010
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La création de notre blog a coincidé avec les rencontres du IVe Observatoire critique de La Havane. Du 12 au 15 mars
2010 se sont déroulées à San José de las Lajas, une localité proche de la capitale, les rencontres du IVe Observatoire critique de Cuba. Cet événement, coordonné par la Chaire Haydée Santamaría,
a réuni un bon nombre de personnes venues de toute l’île, et qui ont eu l’occasion de présenter, d’écouter et d’examiner l’idéal libertaire et les pratiques d’autogestion, comme alternative à la
société cubaine contemporaine. Deux rédacteurs de ce blog étaient présents à San José de las Lajas.
Nous sommes un collectif d’individus réunis autour d’un objectif, donner à connaître le nouveau panorama social et
culturel, alternatif, contestataire, qui se dessine aujourd’hui dans l’île et où des groupes informels de jeunes artistes, musiciens, universitaires, se regroupent et se retrouvent autour de
discussions, de lectures, de manifestations à caractère culturel, de happenings … indépendamment des structures officielles. Ces formes de contestation là n’intéressent évidement pas les grands
médias occidentaux … ni les médias du régime qui préfèrent ne pas en parler.
Le blog Polémica cubana est mis à jour constamment. Pour tout
savoir sur la «Révolution dans la Révolution», visitez-le, faites-le connaître à vos ami-e-s…
http://www.polemicacubana.fr
Indymedia Paris, 13 mai 2010.
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Mercredi 5 mai 2010
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Si vous voyez les militant-e-s anarchistes comme des terroristes brutaux et sanguinaires, lisez vite le livre de
Francis Dupuis-Déri édité par l’Atelier de création libertaire. Entre tristesses et colères, Lacrymos parle délicatement de ces larmes sans dieu ni maître qui n’ont pas toujours
besoin de gaz lacrymogène pour couler. Pas vrai mec ?
Militant dans divers groupes
anarchistes et professeur de science politique à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), Francis Dupuis-Déri s’est pas mal baladé entre l’Amérique du Nord et la France. Mêlant ses deux statuts,
il a mené des recherches universitaires sur le mouvement anarchiste. Un jour, aux questions concernant leurs motivations politiques, leur mode d’organisation, leur processus de prise de décision
… qu’il posait aux anars qu’il croisait, il a eu l’idée d’ajouter une question originale : «Avez-vous déjà pleuré pour des raisons politiques ?»
Une partie des réponses enregistrées sur son magnétophone se trouve dans Lacrymos. Entre 2003 et 2007, Francis Dupuis-Déri a rencontré des militant-e-s à Montréal, à Québec, à Dijon, à
Strasbourg, à Paris et à Lausanne. Chacun-e se livre sincèrement et fait écho à des émotions que nombre d’anarchistes d’ici et d’ailleurs ont pu ressentir directement ou indirectement via les
médias dominants ou alternatifs.
Amélie avait douze ans quand elle a versé ses premières larmes politiques. C’était en assistant à la chute du mur de Berlin à la télévision. Plus tard, c’est le superbe film de Ken Loach,
Land and Freedom, qui l’a bouleversée. Ce film parle de la guerre civile espagnole et de la trahison des staliniens qui n’hésitaient pas à pointer leurs armes sur les combattants
anarchistes ou sur ceux du POUM. Socratis, lui se rappelle de la manifestation où son ami Michalis Kaltezas s’est fait abattre par la police. Trois balles dans la nuque. C’était à Athènes en
1985.
Avec Jean-Nicolas, nous revivons un épisode du squat des Tanneries ouvert à Dijon en 1998. Guillaume revient sur la vive émotion provoquée par une réflexion sur les rapports de domination au sein
d’un couple. Audrey a été révoltée par le racisme des blancs vis-à-vis des Inuits au Nunavut (premier territoire autochtone semi-autonome au Canada). Amélie raconte comment elle est tombée sur
l’expulsion d’un squat d’Africains alors qu’elle travaillait au centre d’histoire juive de Paris pour classer des documents relatifs aux rafles de la Gestapo. Mélanie se souvient d’une manif
violente à Québec. Les flics attaquaient avec des grenades lacrymogènes quand les manifestants n’avaient que des boules de neige pour répliquer.
Toujours au Québec, Francis participait à une action contre une parade de soldats qui partaient en Afghanistan. Après avoir essuyé les insultes des militaristes, il s’est effondré. Sa sœur
faisait partie des troupes qui partaient pour mener cette guerre néocoloniale. Yann était dans le campement No Border à Strasbourg. Il explique dans quelles conditions il a reçu plusieurs menaces
de mort de la part de policiers. Yann était à Gênes en 2001 pour manifester contre le sommet du G8. Après les scènes de guerre qui ont marqué le rendez-vous, il a voulu prendre un car affrété par
ATTAC et la LCR pour rentrer en France. «Les anars, on en veut pas…»
De l’injustice «ordinaire» aux drames insupportables, en passant par des conflits internes aux groupes et milieux militants ou des blessures «privées», les témoignages sont poignants. Il n’est
pas si évident de parler de ses pleurs, souvent assimilés à des faiblesses, surtout quand vous êtes né dans la catégorie des mâles. «J’ai déjà vu des hommes anarchistes pleurer pour des raisons
politiques et personnelles, mais je les compte sur les doigts d’une main», note Marie-Anne.
Alors, des larmes peuvent-elles être politiques ? En Occident, raison et émotion ne font pas bon ménage. On dit souvent que l’émotion nuit à la raison et que la raison neutralise les émotions.
Mathieu, de Montréal, n’est pas de cet avis : «Je sens vraiment que les émotions qui m’habitent font en sorte que je me positionne politiquement en tant qu’anarchiste. Quand je ressens fortement
un sentiment d’injustice, que j’en pleure, cela me ramène à la question politique. C’est l’émotion qui te pousse à trouver des raisons, à réfléchir. Sans émotion, pourquoi réfléchir ? Si tu
ressens intensément une émotion, par exemple de la rage face à une injustice, tu finis par te demander pourquoi cette injustice est-elle possible. Et là, tu descends dans la rue.»
Francis Dupuis-Déri, Lacrymos – Récits d’anarchistes face aux pleurs, Atelier de création libertaire, 94
pages. 10€.
Plus d’infos sur le site de l’Atelier de
création libertaire.
L’atelier de création libertaire sera présent au salon du livre libertaire qui se tiendra les 8 et 9 mai à l’espace
des Blancs-Manteaux, à Paris (IVe). Parmi leurs nouveautés, on trouvera L’anarchisme de
Malatesta, Bakounine et les révolutions de 1848, La vie sera mille fois plus belle (sur les Mujeres libres) et Virginie Barbet une Lyonnaise dans l’Internationale.
Paco - Le Mague, 28 avril 2010.
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Mercredi 27 janvier 2010
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Dimanche 18 octobre 2009
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Dimanche 13 septembre 2009
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Autour de la mort d’un compagnon au Chili, mais pas
seulement
Un anarchiste est mort. Un compagnon est mort. Un individu est mort. Le 22 mai 2009, à côté de l’École de
Gendarmerie de Santiago du Chili, l’engin qu’il transportait sur son vélo lui a ôté la vie. Il s’appelait Mauricio Morales.
Avoir prise sur le monde. Rendre des coups à ceux qui nous oppressent. Ceux qui font de notre existence un enfer. Se battre sans attendre. Pour la liberté. Pas par impatience d’on ne sait quels
lendemains radieux. Simplement parce notre vie c’est ici, et maintenant. Parce que nous n’en avons qu’une. Parce que personne d’autre ne le fera à notre place. Parce que les fers qui nous
enchaînent — État, religion, famille, exploitation, marchandise, ainsi que leurs défenseurs et leurs faux critiques — ne disparaîtront pas tous seuls.
Attaquer, donc. Briser la résignation. Refuser de marcher vers l’abattoir. Ne pas se contenter de
résister. Transformer les rapports. Scier les barreaux de la prison sociale. Seul ou à plusieurs. De jour comme de nuit. Encore et encore. Le souffle court et la main sûre. Avec toutes les
armes de la critique. Sans hiérarchies. Le feu, le blasphème, la pince-monseigneur, l’ironie, la poudre noire, le pamphlet, l’expropriation, le blocage, le grain de sable, l’affiche, le
flingue, l’émeute, le bras et le cœur. Le cerveau et les tripes. Visant juste. À chaque coin de rue.
«Ce n’est pas le moment. Nous ne sommes pas assez. Ça fait le jeu de l’ennemi. C’est de l’auto-destruction.»
Chœurs d’esclaves mûs par la trouille. Foule de spectateurs blindés de cynisme. Prêches de citoyens soudés par des miettes.
Le bon moment, ne serait-ce pas lorsqu’on est vivant ? Lorsqu’on peut se lancer à l’assaut de l’Existant, même au risque de tout perdre ? À moins que ce ne soit lorsqu’un stratège visionnaire
le décidera. Un jour. Oui, peut-être. Lorsque nos chairs grises seront déjà à moitié rongées par les vers. Ou jamais.
Le nombre suffisant pour se battre, il ne sera jamais assez élevé. Même si la guerre sociale est déjà là, qu’il ne tient qu’à chacun de l’approfondir et de la diffuser. Mieux vaut alors faire
un trait sur toutes les possibilités qu’offrent les individus, leurs affinités et leur détermination. Mieux vaut confier son sort aux grands nombres, à de futures majorités. À ces fossoyeurs de
la liberté qui se nomment aussi bien fascisme que stalinisme, théocratie que démocratie. Attendre la masse, tâter le peuple, espérer le prolétariat ou n’importe quelle autre chimère qui viendra
sonner le gong final. Avoir une calculette à la place du cœur.
L’ennemi a beau être parfois machiavélique, il y a bien longtemps déjà qu’il a abattu ses cartes : toute personne qui refuse de se plier aux mécanismes de l’exploitation et de la domination est
irrémédiablement broyée. Faut-il être devenu à ce point amnésique et insensible pour feindre de l’oublier ? Pour ne pas voir que le capitalisme élimine non seulement sans pitié ceux qui lui
barrent la route, mais aussi tous ceux qui lui sont inutiles ? Faire le jeu de l’ennemi, ce n’est alors certes pas de l’attaquer. C’est de s’y soumettre et de s’y résigner. Par sa passivité
comme par son silence.
Tout a été construit contre nous, et rien de ce qui fait ce monde n’est à préserver. Ni ses bâtiments, ni les rapports sociaux qui les meublent. Pas la moindre de ses institutions. Si brûler
les commerces ou les écoles du quartier où on survit est de l’auto-destruction, comme beaucoup l’ont encore craché en novembre 2005, il devient logique que partir en combattant devient un luxe
d’enfant gâté. C’est vrai ça, pourquoi s’acharner à vouloir tout démolir alors que ce système va jusqu’à proposer à ses rebelles des alternatives subventionnées, des paradis artificiels, et
même des niches aménagées ? Pourquoi mourir pour des idées alors que tant de saloperies techno-industrielles nous proposent déjà de crever les yeux ouverts et sans rien faire ? Crever sans rien
faire, justement.
Une «anarcho-libertaire» est morte. Une camarade est morte. Un individu est mort. Le 1er mai 2009, dans une usine désaffectée à côté de Chambéry, l’engin qu’elle fabriquait avec son compagnon
lui a ôté la vie. Elle s’appelait Zoé.
C’est à chaque fois le même creux au ventre. Douloureux. Qui nous travaille, se rappelle à nous. On est d’abord
frappé, comme transpercé par la nouvelle. On imagine la scène. On ne veut pas l’imaginer. Mauricio. Zoé. On ne les connaît pas. Certains se cherchent des excuses, se bricolent un bouclier de
pacotille. Sont-ils vraiment des camarades ? Faisaient-ils quelque chose qu’on partage totalement ? Cela vaut-il la peine ? Mais les morts ont souvent le grand défaut de se taire. De nous
laisser seuls. On écoute les infos en boucle, on cherche leurs proches. Ou pas. On tente un coup de solidarité avec un texte, voire en continuant de fréquenter les lieux désormais sous pression
policière. Ou pas.
Mais personne, non personne (ou presque), ne veut penser que ces deux-là, ça aurait pu être soi. Trop angoissant. Trop embarrassant surtout. Qu’on s’adonne à la chimie ou qu’on s’en
désintéresse n’est pas la question. Des camarades, des compagnons sont morts. Et pas en regardant la télé, ni en refaisant une fois de plus le monde dans un canapé.
Se reconnaître en eux. Se reconnaître dans des idées anti-autoritaires. Dans ce rêve d’une liberté sans mesure. Un rêve éminemment pratique. Une pratique qui libère. Et si cette tension vers la
liberté peut aussi abréger notre existence, ce n’est que parce que la vie est mortelle.
Alors ? Alors, tout continue, porté aussi par ceux qui trébuchent et ne se relèvent pas. Parce qu’il s’agit de bien plus que de corps disparus… parce que la lutte continue… parce que nous
n’avons pas le culte de la charogne… parce que la solidarité c’est l’attaque… parce que l’attaque contre toutes les dominations élève le plaisir de vivre…
«Transformons notre douleur en rage,
et notre rage en baril de poudre.»
Extrait de Peste Noire, recueil de
textes sur la mort de Mauri.
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Mercredi 12 août 2009
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Dimanche 31 mai 2009
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Nous avons déjà cité à plusieurs reprises le groupe Os Cangaceiros. Ce groupe clandestin, actif en France dans
les années 80, tire son nom des bandits sociaux brésiliens de la fin du XIXe siècle et du début du XXe. Les nouveaux Cangaceiros, ceux des années 80 sont, eux, issus entre autres des
Fossoyeurs du Vieux Monde. Basés à l’origine à Nice, les Fossoyeurs publient entre 1977 et 1983 quatre numéros de leur revue dans laquelle ils explicitent leurs visions politiques et critiques du mouvement révolutionnaire. Les Fossoyeurs comme plus tard les
Cangaceiros menèrent leur offensive par tous les moyens qu’ils étaient capables d’imaginer, dont l’édition de textes. Leur textes sont d’ailleurs signés mais par des pseudos, clandestinité
oblige. On peut y voir une tentative d’articulation entre la dimension collective forte du groupe et les individus qui le composent.
Les Fossoyeurs
se définissent eux-mêmes comme des délinquants et non comme militants ou gauchistes. Empruntant le discours et la critique de la quotidienneté des situationnistes, ils se pensent en tant que
groupe de marginaux par leur rejet du monde dans lequel ils vivent et leurs choix de vie et de survie. Dans leurs textes, ils se reconnaissent dans les formes de délinquance, de révoltes et de
conflits sociaux indépendants des organisations, partis, syndicats ou avant-gardes. Les Fossoyeurs refusent le travail salarié, avec pour leitmotiv : Ne jamais travailler. Ils sont souvent
étiquetés «pro-situs» pour les différencier des autres formes d’antagonismes politiques. Quelques textes des Fossoyeurs et plus tard de Os Cangaceiros seront d’ailleurs signés : des
situationnistes. Ils ont été ignorés par les officiels du mouvement situ.
Dans leurs textes et pratiques, ils mettent l’accent sur le rôle des syndicats et des partis politiques dans les trahisons successives des mouvements sociaux, passés et actuels, ainsi que sur
celui des avant-gardes révolutionnaires de l’époque, marxiste-léninistes, autonomes, anarchistes et autres, armées ou pas. Ils leur reprochent principalement de vouloir détourner et orienter à
leurs propres fins les révoltes sociales qui parcourent en permanence la société. Os Cangaceiros dira d’ailleurs plus tard «Nous n’avons qu’une seule forme de relation avec les groupes et
organisations politiques : la guerre. Ils sont tous nos ennemis, il n’y a pas d’exception.» Dans leur revue on trouve aussi des compte-rendus de leurs activités, du moins ce qu’ils peuvent
dire. Même si ces actions laissent parfois une impression d’échec, plutôt que de les décourager, ils tentent et réfléchissent à d’autres moyens. On sent nettement qu’ils se cherchent aussi bien
du point de vue théorique que pratique. Ils sont à la recherche de complices comme l’indique explicitement les titres de certains textes comme : «Choisir ses fréquentations», ou «Sur la
rencontre» dont voici quelques phrases : «Rarement autant ont éprouvé le besoin impérieux de sortir de leur isolement pratique, et rarement, paradoxe désolant, les rencontres n’ont véhiculé
autant d’illusions et de prétentions disproportionnées… La stratégie des rencontres est fondée sur ce seul projet ; la découverte des armes nécessaires à la pratique du bavardage, au bavardage
pratique.» Cela prend du temps, et les premiers contacts ne sont pas toujours fructueux, comme en témoignent les correspondances publiées.
Fin mars 1982, un squat s’ouvre rue de l’Est dans le 20e arrondissement de Paris. Par cette action, les nouveaux squatteurs proches
des Fossoyeurs entendent rompre et critiquer le discours politique autour des occupations de locaux vides. En effet, ils décident d’ouvrir un bâtiment neuf, encore partiellement habité. Pour
eux, le squat doit être une expropriation. Ils se barricadent et décrètent la rue interdite aux flics. Les accès à la rue sont bloqués et les flics chassés. Ils seront expulsés en octobre de la
même année après une forte résistance. Extrait de la revue Les Fossoyeurs datant de mai 83 :
«Du moment que nous ouvrons un territoire ne serait-ce que quelques portions d’immeubles et sur l’espace de quelques squats localisés au nord du 20e — à la rencontre, à la dépense, à la liesse
publique, nous sommes ammenés à déborder et vient alors, tôt ou tard, l’instant où on ne peut plus y durer. À l’est, nous n’avons pas été expulsés au terme d’une procédure juridique, mais sur
décision politique du parquet pour “trouble à l’ordre public” — environ cinquante plaintes avaient été centralisées, au point que le ministre de l’Intérieur avait été personnellement saisi de
cette “affaire” et cet instant concentre toute la question sociale du territoire. Certes, territorialement les prolétaires finissent inévitablement par perdre, face au potentiel militaire et
judiciaire de l’ennemi. Jamais ils ne possèdent le terrain durablement. S’ils pouvaient occuper une place et y durer, c’est qu’ils n’y feraient aucun bruit, aucun scandale. Mais ceux qui
platement nous donnent perdus d’avance dans l’affrontement avec les forces de l’ordre sont des têtes de mort. L’affrontement lui-même fait partie de la fête !»
Jusqu’en 1985, date de la parution du premier numéro de Os Cangaceiros, les pro-situs
croiseront et rencontreront des complices dans les différents conflits sociaux dans lesquels ils se retrouvent ou participent : grèves ouvrières en Pologne, dans les Asturies en Espagne et
aussi les émeutes dans des quartiers populaires en France, en Grande Bretagne et en Afrique du sud. Une grande part de leur temps est consacrée à se rendre dans les situations de conflit en
rupture avec les organisations syndicales et politiques. Que ce soit dans les quartiers ou dans le monde du travail. Ces expériences de lutte communes seront décrites dans les 3 numéros
d’Os Cangaceiros. En 1985, des émeutes et des révoltes éclatent dans les prisons françaises. Afin de briser le silence autour de la lutte des prisonniers, de multiples actions seront
réalisées : blocage de voies ferrées, sabotages d’installations ferroviaires, saccage d’imprimerie, blocage de deux lignes du métro parisien, incendies de voitures et dégradations de véhicules
du Tour de France. Dans le numéro 2 de Os Cangaceiros paru en novembre 85, un long
article retrace la lutte des prisonniers et la liste des actions de solidarité menées par Os Cangaceiros. «Nos moyens d’action sont ceux qu’utilise n’importe quel prolétaire : sabotage et
vandalisme. Nous ne faisons pas d’actions symboliques ; mais nous créons le désordre, comme savent le faire couramment des ouvriers en lutte qui barrent des routes ou des chemins de fer,
sabotent du matériel, des relais télé, etc.» Toujours dans le numéro 2 de la revue, un chapitre des notes éditoriales intitulé «Nous, Os Cangaceiros» apporte des précisions. La manière dont a
été rédigé cet édito est révélatrice d’un certain esprit des Cangaceiros. Ces notes ont été prises suite à une discussion collective après laquelle les réponses spontanées aux questions posées
sont retranscrites telles quelles. Extraits : «Nous parlons beaucoup de la violence dans les banlieues. Toutefois nous ne pensons pas qu’il n’y ait que là qu’il se passe quelque chose.
Seulement, beaucoup de nos semblables y vivent, et souvent nous-mêmes. Nous ne faisons pas que parler de la violence : c’est notre élément et même peut-on dire, notre lot quotidien. La violence
est d’abord celle des conditions qui nous sont faites, celle des gens qui les défendent et plus rarement, hélas, celle que nous leur renvoyons à la gueule. Nous ne connaissons pas tous nos
ennemis, mais on connaît ce qu’ils défendent. Tous nos alliés ne sont pas forcément nos complices. Il arrive qu’ils le soient. Nous ne sommes pas en rapport avec tous nos alliés. Les chômeurs
qui combattent l’indigence sont autant nos alliés que les travailleurs qui se révoltent contre le travail et échappent au contrôle des syndicats. […] À ceux qui se demandent si nous sommes
assembléistes, conseillistes, nous répondons que ce qui nous importe c’est de savoir comment les gens établissent et organisent le dialogue. Nous ne sommes pas des terroristes parce que nous
tenons à la clandestinité : Creuse vieille taupe, disait-on jadis. À notre époque, les gens qui affirment des exigences révolutionnaires passent pour des rêveurs. Mais l’homme est fait
de la même matière dont sont faits ses rêves. Nous sommes révolutionnaires. Os Cangaceiros veut dire : “Tout est possible”, “Nous sommes en guerre”, “Rien n’est vrai tout est permis”.
Nous sommes nombreux, par rapport à l’atomisation régnante. On a beaucoup d’alliés de par le monde. Notre programme est très ancien : Vivre sans temps morts. Nous comptons bien sûr lui assurer
sa publicité par le scandale. Il n’y a pas d’autres moyens dignes d’un tel programme. Notre existence en elle-même est déjà un scandale. Nous ne sommes évidemment pas indispensables : toutefois
il se trouve qu’en plusieurs occasions nous avons dû l’être. Dans la guerre sociale, nul ne peut être dispensé. Nous sommes aussi très méfiants — l’expérience prouve qu’on ne l’est jamais
assez. La méfiance juge de la confiance qu’on accorde aux autres. Nous ne faisons pas vraiment partie de ce qu’on appelle couramment “le monde du travail”, encore que nous en sommes issus. Mais
lorsque des luttes dignes de ce nom s’y déroulent, elles combattent elles aussi le monde du travail et s’en prennent à ce qui contraint les pauvres au travail, la nécessité de l’argent. […]
Nous sommes contre toute hiérarchie, et notre association se veut égalitaire dans la mesure où chacun doit être en mesure d’y décider. […] Nous considérons comme possible des contacts suivis
avec d’autres groupes sur cette condition élémentaire : le dépassement de toute forme d’agitation/propagande dans son activité. Ce que nous critiquons dans la politique, c’est l’État. La
question est d’apporter du sang neuf dans cette époque, et d’en avoir les moyens. À plusieurs reprises, lorsque nous sommes allés rencontrer des grévistes mineurs en Grande-Bretagne, on nous a
posé cette question élémentaire : “Quelle force constituez-vous réellement ? Qu’allez-vous pouvoir faire des informations que nous vous donnons ?” À ces questions il faut être en mesure de
répondre clairement, d’autant qu’un regroupement comme le nôtre n’est pas évident pour tous. On nous a aussi demandé, en Pologne : “Mais qui donc êtes-vous ? Quel est votre mouvement ?” Il faut
savoir manifester le caractère universel de notre existence. L’intérêt que nous portons aux révoltes de nos semblables dépasse l’intérêt qu’a le pauvre isolé pour le monde, qui est souvent sans
moyens. Cependant, il doit être bien clair que nous ne parlons que de ce qui nous concerne. En aucun cas, nous n’entendons faire de l’assistance aux luttes d’autrui. Nous entendons simplement
les rencontrer, et prendre part aux réjouissances. La plupart des travailleurs révoltés que l’on est amené à rencontrer sont encore influencés par l’état d’esprit militant issu de
l’ex-mouvement ouvrier. En l’état actuel, on ne peut miser que sur des rencontres avec des individus pris isolément, encore qu’il nous arrive de passer par le biais de groupes organisés qui
conservent encore quelques illusions sur le syndicalisme et où se trouvent des travailleurs révoltés. Si l’activisme de ces groupes nous laisse froids, on y connaît des gens qui sont très
proches de nous par le refus du travail. Les jeunes kids de banlieues, ayant plutôt l’habitude de rencontrer des gens isolés ou en bandes locales, sont toujours un peu étonnés de voir, quand
ils nous rencontrent, un groupe constitué et organisé. À l’opposé, les travailleurs en lutte, ayant plutôt l’habitude de voir des gens qui agissent en tant que membres d’une organisation
officielle, sont étonnés, quand ils nous rencontrent, de voir des individus qui semblent agir en leur seul nom. En Grande-Bretagne ou en Espagne, nombre de travailleurs révoltés ont été ainsi
surpris de voir un groupe de chômeurs-à-vie, organisés, ayant des contacts et des informations internationales, et disposant de certains moyens, alors qu’il existe indépendamment de tout
appareil politique et syndical. Finalement, nous intriguons par notre simple existence. Mais de toute façon, le seul risque sérieux que nous courons, c’est celui de mourir pauvres.»
Le 19-20 décembre 1985 : Georges Courtois et Patrick Thiolet, avec l’aide d’un pote Karim Kalki, prenent en otage le tribunal de Nantes, lors de leur procès. Ils exigent la présence de caméra,
et les jurés, les avocats et les magistrats se retrouvent à leur tour accusés et jugés. Ils ont négocié leur rédition, mais évidemment l’État n’a pas tenu ses promesses et Kalki fut emprisonné,
il sera par la suite lourdement condamné. Dans la revue numéro 3 datée de juin 87, Os Cangaceiros
publie plusieurs textes relatifs à cette prise d’otage : déclaration de Courtois, tracts et affiches de solidarité dans lesquels ils revendiquent des actions de sabotage qui perturbèrent
simultanément 11 stations du métro parisien. 35 personnes seront perquisitionnées et interrogées près d’un an après pour ces actions, mais les flics n’auront rien. Dans ce numéro, d’autres
situations sont transmises avec des textes sur les émeutes en Afrique du Sud, les mouvements sociaux qui secouent la France fin 1987 – début 1988, sur l’autonomie des ouvriers dans la lutte en
Espagne dans les années 80 et sur les émeutes en Grande-Bretagne. Dans les notes éditoriales, comme «les Lascars du LEP électronique», ils critiquent les étudiants et le mouvement de 86 contre
la loi Devaquet. Ils critiquent SOS Racisme et la gauche au pouvoir qui canalisent toutes les révoltes. «Le spectacle répugnant — pacifisme, jets de fleurs sur les CRS, respect ostensible du
fonctionnement de l’université, sens du réalisme et du sérieux, rattrapage des cours, grève à la japonaise, etc. — que les étudiants ont livré n’a d’égal que les kermesses démocratiques de SOS
Racisme.» Citons un autre extrait des Notes éditoriales : «La démocratie c’est de la merde. La démocratie n’est rien d’autre que la prétention de l’État à annexer la communication. L’État
démocratique est à la communication ce que l’argent est à la richesse, un représentant universel abstrait. Avec la démocratie se trouve consacrée l’absence de la communication en tant
qu’activité sociale de l’homme : la société est gagnée par l’intérêt privé, sous l’emprise effective de l’argent et de la marchandise qui deviennent le but de toute activité. La communication
n’existe plus que sous la forme dégradée, vide de toute humanité, du débat d’intérêt, la politique. L’essence de l’homme a été confisquée par la marchandise, l’État a confisqué la conscience de
l’homme. […] La politique est alors le lieu où les aspirations contrariées de l’homme trouvent leur existence ineffective. La politique achèvera, pendant les deux derniers siècles, de
dépouiller l’homme de son langage. L’État se chargera désormais de fournir une explication du monde aux individus, qui dès lors ne pourront plus se parler que par la médiation de son langage,
la politique. C’est bien pourquoi à notre époque la critique de la politique est la condition première de toute critique. Notons que les étudiants ont un rapport intellectuel avec l’État,
tandis que la bourgeoisie et les classes moyennes ont un rapport immédiatement pratique. Les premiers jugent la légitimité de l’État selon son concept abstrait, les seconds selon son efficacité
à faire régner l’ordre. Dans tous les cas, la démocratie est la caution centrale d’une société sans esprit, fondée concrètement sur l’exploitation et l’oppression d’autrui. Le mensonge
démocratique est là pour empêcher que la division existant dans cette société soit prononcée dans la pensée, publiquement. Il est là pour refouler la guerre sociale.»
En 1989, ils se concentrent sur les actions attaquant le projet de construction de 13.000 nouvelles places de prison. Les Cangaceiros volent les plans des futures taules et sabotent de nombreux
chantiers. Notamment en mélangeant du sucre au ciment, ce qui le rend friable. Ils choperont et tabasseront un architecte pour qu’au lieu de construire des murs, ils les rasent. L’ensemble des
actions et des plans volés seront rendus publics dans un document : Les 13.000 Belles.
Il sera largement distribué de façon autonome dans les zones des futures prisons, tentant de provoquer des réactions hostiles contre l’État. Le groupe sort essoufflé par cette campagne et des
conséquences non voulues. Les conséquences de ce travail pour le groupe sont critiquées : spécialisation, avant-gardisme et confrontation isolée avec l’État, médiatisation et répression. En
1987, ils publient un livre : L’incendie millénariste. Ce bouquin revient longuement sur
de nombreux mouvements millénaristes à travers l’histoire qui défièrent les autorités par leurs envies de vivre sans contrainte. Aucun diffuseur n’accepte le bouquin par peur d’être associé à
un groupe dans la ligne de mire des keufs. Face à la traque policière, les Cangaceiros se font plus discrets, tout en semant derrière eux des piles de leur livre et revues dans différents
endroits — bouches de métro, places publiques, etc. Certains s’exilent. En 1992, suite à la mort d’Ndréa, l’une d’eux, ils publient ces dernières lettres où elle explique son refus du traitement contre le cancer, et plus généralement de la médecine. Ce sera la dernière parution
et apparition des Cangaceiros.
Basse Intensité no 9, 28 mai 2008
Infokiosque radiophonique en direct des faubourgs de l’antimonde.
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Vendredi 24 avril 2009
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Le 25 octobre 2008, une soirée a eu lieu à l’Espace autogéré de Lausanne pour soutenir la création d’un centre
social de jeunesse en Chine. «Notre maison» (desiree house), situé à Wuhan en chine, est le premier lieu d’activités alternatives inspiré des centres autogérés européens et des squats. Le
centre a pu démarrer ses activités le 24 novembre.
Premiers pas vers une autre façon de vivre ensemble
On ne vient pas seulement dans cette maison pour s’opposer à une culture ou s’opposer à nous-mêmes,
mais aussi pour expérimenter des alternatives de vie. Là où nous vivons, l’esclavage des injustices est omniprésent et est maintenu par un réseau solide ; dans les familles, les écoles, au
travail, dans la rue, etc.
Les gens qui subissent la double répression du Totalitarisme et de l’Idéologie économique, interprètent
le monde de la même manière et dans un cercle vicieux en reproduisent les mécanismes. Ici comme ailleurs, la volonté de liberté n’a jamais été respectée.
«Notre maison» est une expérience et un défi
C’est également pour nous, une expérience sociale qui se base sur le principe de «démocratie directe anarchiste». À travers ce
projet, nous souhaitons ouvrir la possibilité d’une vie autre que celle imposée par le modèle traditionnel conservateur ou par les valeurs de la société moderne. Cette possibilité est souvent
massacrée dans notre société profondément hiérarchisée.
Le plus important n’est pas de provoquer tout de suite une révolution, mais d’établir de nouvelles
relations entre les gens : habituons-nous aux discussions et à l’autogestion sans hiérarchie. L’égalité entre tous les participants n’est pas chose facile dans notre société, patriarcale depuis
des siècles et des siècles. Dans «notre maison», nous n’avons pas de leader ni de porte-parole, dans cette phase de démarrage chacun s’exprime et s’explique pour soi.
Nous essayons de sortir des cases de nos ruches, d’avoir des réflexions sur nous-mêmes et de découvrir des activités alternatives. Espérons que ce premier pas inspirera de nouvelles idées et que
d’autres lieux seront créés ailleurs en Chine.
Jusqu’à présent, les activités que nous planifions sont :
— Une librairie alternative pour une autre information ;
— Des conférences et discussions sur divers thèmes de société ;
— Un local de répétition gratuit ;
— Mise à disposition d’un atelier d’art ;
— Des échanges de savoirs sur la musique et le dessin ;
— De petites expositions ;
— Un petit cinéma pour films indépendants ;
— Des petits concerts acoustiques ou électrifiés si la situation permet ;
— Un espace d’hébergement pour évadés de famille, travelers, groupes en tournée ;
— Des soirées ;
— Un atelier médias pour l’organisation et la diffusion d’informations alternatives.
Un grand merci à tous les gens de Lausanne ! J’espère que nous pourrons rester en contact et partager plus d’expériences.
http://www.douban.com/people/desireeyac/notes
http://a-desiree-social-center-wuhan.noblogs.org/
Collectif «desiree house», le 22 octobre 2008 à Wuhan, Chine
T’Okup no 77, février 2009.
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Vendredi 24 avril 2009
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21:52
…Le seul problème… social et autogéré
Social et autogéré parce que nous vivons une expérience collective et affinitaire. Pour l’émancipation des individus.
Social et autogéré parce qu’on estime avoir assez de ressources pour ne dépendre d’aucune institution, quelle
qu’elle soit. Nous
faisons nous-même ce que nous pouvons et voulons faire. Pour le DIY.
Social et autogéré parce que comme nous ne voulons intervenir dans les luttes et pratiques de personne pour leur dicter leur conduite, nous ne voulons que personne ne vienne nous dicter nos
luttes, nos pratiques, ni une quelconque conduite. Pour l’autodétermination des luttes.
Le seul problème… c’est le pouvoir.
Pourtant, le seul problème que l’on peut (op)poser à un pouvoir n’est pas un contre pouvoir, mais bien de défaire ces rapports de pouvoir qui le composent, lui et les autres. Les défaire à son
encontre et entre nous, dans toutes les épaisseurs de nos vies. Parce que le privé est politique, nous voulons définir nos rapports sociaux et interindividuels de manière autonome. Pour toutes
ces bonnes raisons, nous avons voulu concentrer toutes les forces de notre jeunesse dans un même lieu, qui n’est ni un centre, ni une zone, ni quoi que ce soit mais bel et bien… le seul
problème…
Le seul problème, c’est le pouvoir
Le tout c’est de le savoir
(OTH)
Problème : n. masc. du gr. problêma. Ce qui est lancé en avant ou projeté
• Par ext. Tout ce qui est difficile à concevoir
Bibliothèque :
1. Contre la gentrification, nous boycottons la bibliothèque Alcatraz du New Belsunce.
2. Pour permettre d’offrir à la consultation et au prêt des livres qui nous semblent, d’une manière ou d’une autre, intéressants, qu’on a envie de partager et inversement.
Bédés, littérature populaire, polar, féminisme, mouvement libertaire, histoire sociale, expériences collectives… Elle est encore à construire.
Accès Internet : Gratuit, sur logiciels libres. Ambiance Linus.
Distro : Parce que la musique DIY adoucit les meurtres, des disques déviants où la musique est jamais pareille. En plus c’est autoproduit, ce qui vous assure un son
unique.
Concerts de salons et spectacles ouatés : Le dimanche en fin d’après-midi, une fois par mois, pour dégriser.
Librairie : Pour diffuser des bouquins qui ne sont pas forcément ailleurs, des éditeurs qui sont sympas et surtout hors du giron de Lagarmard et autre Gallilère vaniteux. Aussi des trucs
qu’on aurait aimé
faire mais pour lesquels d’autres nous ont sympathiquement devancé…
Débats, discussions, tout ça, quoi. Dans la limite des affinités humaines et politiques disponibles.
Magasin gratuit : Regarder, prendre, échanger, déposer, essayer, pour le bonheur de tous.
Infokiosque : En exclusivité dans la rue Consolat, plus de 300 brochures de 1993 (par exemple) à nos jours. Des sujets variés et vérolés en renouvellement permanent, pour la modique somme
de prix libre.
Bouffe : Resto prix libre végétarien tous les premier vendredi du mois, le soâr. Welcome.
Projection : L’UGC Capitole a fermé. Ouverture du Pathé Végétal Consolat, tous les deuxième vendredi du mois, le soir. Enjoy.
Expos : Sporadiques mais à coup sûr superbes…
Réunions : Possibilité de réunions suivant affinités politiques. Contacter le journal. Ref. 50437#00
Éditions Acratos : Des ouvrages pédagogiques et ludiques pour l’éducation des jeunes enfants.
Label Acratos : Le plus hype des label anarko-rednecks provençaux en direct.
Ouverture régulière :
Du mardi au vendredi : 14h - 20h
Samedi : 10h30 - 19h
Dimanche : 14h - 20h
Contact :
…Le seul problème…
46, rue Consolat - 13001 Marseille
acratos(a)no-log.org
04 91 50 86 27
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Lundi 9 février 2009
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Dimanche 8 février 2009
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L’originalité de l’OCL repose
sur quelques caractéristiques essentielles : une théorie et une pratique du communisme libertaire fondées sur la lutte des classes ; le mouvementisme et la priorité donnée aux structures de
base liées par une communauté d’intérêts, l’anticapitalisme, l’anti-impérialisme, et l’impératif d’une rupture radicale avec l’exploitation, la domination et
l’aliénation dans
tous les domaines (politique, économie, rapports sociaux de sexe, environnement…). Nous privilégions l’intervention militante créatrice de ruptures politiques et sociales, plutôt que
l’affirmation
d’un «anarchisme»
idéaliste et incantatoire, coupé des affrontements de classes qui traversent la société. Ce positionnement est le produit de l’histoire du «courant anarchiste» depuis la
seconde moitié du XXe siècle.
L’OCL est issue de
l’Organisation
révolutionnaire anarchiste (ORA), qui prend ce nom en 1976 quand elle estime que la diversité des pratiques et projets étiquetés «anarchistes» est source de confusions.
L’ORA, pour sa
part, existait depuis 1967, mais d’abord comme tendance dans la Fédération anarchiste (FA). Les divergences étaient si importantes dans la FA
des années 60 que l’énergie militante y était consacrée davantage à se neutraliser mutuellement qu’à lutter. La FA est en effet empreinte d’un anarchisme idéologique fondé sur un
antimarxisme caricatural négateur, par exemple, de la lutte des classes comme facteur d’évolution historique. Dans le meilleur des cas, la pratique de ses groupes se limite à
la propagande de l’idéal anarchiste du XIXe siècle, dans une finalité pédagogique et éducationniste : «Apprenons l’Anarchie aux masses, elles finiront par se rallier sous les plis du drapeau noir.» Cela
ne satisfait bientôt plus celles et ceux qui souhaitent développer une intervention libertaire dans les luttes sociales (décolonisation, vie quotidienne, luttes des femmes, écologie, logement,
immigration…) : après avoir créé une tendance au sein de la FA, ils et elles la quitteront.
En réaction au vaste fourre-tout qu’est la FA de l’époque, l’ORA va développer une stratégie d’organisation structurée, fondée sur la cohérence, le volontarisme et la discipline militante (position dite «plate-formiste», en
référence à la plate-forme organisationnelle des anarchistes russes en exil rédigée par Archinov après la Révolution russe de 1917). Cependant, avec le succès que connaissent les groupes
gauchistes de l’après-68, l’ORA devient une organisation similaire à ses concurrentes trotskistes ou maoïstes, hormis dans ses références idéologiques et ses buts proclamés. Ouvriérisme outrancier,
activisme organisationnel, hiérarchisation des secteurs de lutte, simplification théorique et raccourcis doctrinaires finissent par déclencher une crise entre la pratique réelle des groupes et le
discours de l’organisation — crise que traduit à son congrès de 1976 le clivage entre deux tendances antagonistes.
La première fonde sa pratique et sa stratégie sur le secteur de l’entreprise et l’intervention dans les syndicats. L’Union des travailleurs communistes libertaires (UTCL) en naîtra alors, qui accordera la
primauté à la lutte sur le terrain économique par l’entrisme syndical et au développement d’un appareil politique classique. L’actuelle Alternative libertaire, qui lui a succédé, vise principalement à sa reconnaissance institutionnelle par la gauche de la gauche,
syndicale et politique.
La seconde tendance, aux antipodes de cette vision partidaire et ouvriériste, devient l’OCL. Elle estime que l’effort militant doit investir tous les
champs de lutte de la société, car la lutte des classes ne peut être réduite au seul terrain économique. Elle fait le bilan des travers gauchistes de l’ORA, et considère que
l’organisation
telle que définie par la plate-forme d’Archinov (unité idéologique, unité tactique, programme anarchiste) est une structure illusoire. Car ce ne sont pas les organisations
politiques ou syndicales qui transforment un sujet historique (le prolétariat) en sujet révolutionnaire, mais la combativité dans les luttes sociales, en permettant à des gens en mouvement de
passer d’une phase
revendicative à une phase rupturiste selon un processus de conscientisation et d’autonomisation.
Mais, bien que rompant avec le plate-formisme, l’OCL continue de vivre pendant quelques années sur un mode centralisé, qui se traduit notamment par une dichotomie Paris-province dans
la réalisation de son journal Front libertaire. Cela conduit à une crise majeure en 1978-1979, période où l’OCL parisienne est un temps séduite par les sirènes de l’«autonomie» importée
d’Italie et plaquée
sur une réalité hexagonale fort différente. Cette phase «autonome» n’est en fait qu’une résurgence de l’ouvriérisme des années précédentes, avec la «découverte» d’un nouveau sujet révolutionnaire, le jeune
prolétaire rebelle et urbain, et la mythification de l’émeute comme lieu central de l’affrontement de classe. Cette dérive entraînera une rupture Paris-province et la
disparition du journal, tout en donnant à l’OCL nombre d’acquis sur la violence révolutionnaire et la lutte armée.
Après 1979, l’OCL
ne compte plus qu’une dizaine de groupes, basés en province ; ils vont travailler à la mise en place d’un nouveau mensuel, Courant alternatif (CA), pris en charge
collectivement pour éviter la centralisation des lieux de décision et d’expression de l’organisation. CA est d’ailleurs édité par l’OCL mais sans en être
l’organe :
l’organisation
n’a pas une
expression unique, elle est traversée par des débats et des pratiques dont elle n’a pas l’exclusivité.
Durant la première moitié des années 80, l’OCL disparaît en tant qu’organisation classique (tout en conservant le mot dans son nom) : elle est une
coordination de groupes militants intervenant dans des mouvements locaux et spécifiques, mettant en commun leurs analyses et pratiques dans Courant alternatif, ou lors de rencontres
annuelles. L’OCL
apparaît ainsi comme une «organisation anti-organisationnelle» (un paradoxe à l’origine de bien des incompréhensions), en ce que l’effort militant doit, pour ses membres, porter non sur la mise en avant de
l’organisation et
son extension, mais sur une intervention dans les mouvements sociaux et le renforcement de ceux-ci, afin d’aller vers toujours plus d’autonomie et de radicalité dans les
luttes.
En 1986, avec la parution de L’État des lieux [L’État des lieux, et la politique
bordel ! est un livre collectif qui établit secteur par secteur (mouvements de libération nationale, antinucléaire, syndicalisme, antimilitarisme, lutte des femmes…) les acquis et les
positions de l’OCL
en 1986 — il est aujourd’hui épuisé], l’OCL fait le bilan des limites
d’une simple
juxtaposition des pratiques, et tente de favoriser le développement d’une organisation conçue comme un outil de partage et d’impulsion d’expériences et de réflexions militantes.
L’OCL a ainsi
participé ou construit avec d’autres un certain nombre de campagnes hexagonales (contre les sommets franco-africains, coordination nationale antifasciste, contre le G7, Initiative pour une alternative au
capitalisme, coordination Stop-Nucléaire, mouvement des chômeurs, solidarité avec les sans-papiers…), et choisi d’apparaître lorsque ses positions ne sont pas suffisamment développées par une lutte, et
qu’une affirmation
communiste libertaire spécifique s’impose.
La diffusion de Courant alternatif en kiosques a favorisé cette nouvelle approche, tout comme la production d’un matériel organisationnel spécifique : brochures, autocollants, affiches, tracts
hexagonaux et numéros thématiques hors série de CA… Au tournant du XXIe siècle a eu lieu une tentative de réunifier le mouvement anarchiste autour d’un «Appel à l’unité des libertaires».
L’OCL y a apporté
sa contribution avec un numéro spécial, «Mythes et réalités du mouvement anarchiste», rappelant que l’affiliation idéologique n’induit pas automatiquement une cohérence
politique. Une analyse que l’élection présidentielle de 2002 est venue illustrer, quand, à l’instar de la gauche, la quasi-totalité des structures libertaires ont versé dans
l’antifascisme
interclassiste en appelant à voter Chirac contre Le Pen. Anarchistes et gauchistes ont ainsi permis à la bourgeoisie de durcir sa domination et de reprendre son offensive de classe en confortant
les illusions démocratiques et citoyennes d’un «capitalisme à visage humain», et en laissant encore plus désemparé un mouvement social déjà en manque de repères. Ce alors que,
depuis les grèves de 1995, on constate une résurgence de la combativité des exploité-e-s qu’il convient d’alimenter dans une perspective révolutionnaire, en se débarrassant des instances
politiques et syndicales de cogestion qui contribuent à reproduire ce système tout en prétendant juguler ses excès.
Depuis 2003, l’OCL
entretient des relations privilégiées avec Offensive libertaire et sociale (OLS), regroupement militant issu de
l’antifascisme
radical, et qui par son cheminement propre élabore des analyses et des stratégies convergeant largement avec les nôtres. Des numéros communs de nos revues et les rencontres libertaires
d’Eychenat nous
permettent d’échanger sur notre militantisme, pour intervenir dans les luttes selon un même souci d’autonomie politique et de libération sociale, pour aller vers le développement
actualisé d’une
théorie et d’une
pratique communistes anarchistes et révolutionnaires toujours à réinventer.
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Mardi 27 janvier 2009
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27
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09:47
Déclaration
Öskra (frisson ! ?) Est un mouvement de lutte
d’étudiants contre l’université traditionnelle qui refusent de fermer les yeux sur les inégalités inhérentes à société. L’ordre social islandais a été bâti sur des fondations faites d’injustices
où c’est le sexe, la classe et la race qui donnent à chacun sa place et empêchent l’égalité. C’est une situation inacceptable.
Par conséquent, nous nous écartons de la politique étudiante traditionnelle, et mettons tous nos
efforts à combattre l’injustice de la société dans laquelle nous vivons. Nous ne nous laisserons pas acheter par des promesses d’allocations plus élevées, d’amélioration des parkings, ou de
meilleurs panini.
Öskra n’est ni un lieu de formation ni un tremplin pour de futurs hommes politiques. C’est un mouvement de gens qui luttent pour des changements radicaux dans l’ensemble
de la société. Pour atteindre nos objectifs nous n’utiliserons pas seulement des discours, mais aussi des actions directes qui profiteront à l’ensemble de la société, à la fois dans et en dehors
des murs de l’université.
Nous ne croyons pas aux méthodes de cogestion étudiante, qui, au fil des années, opposent sur le papier des «conservateurs», des «bénis-oui-oui» ou une «gauche intégrée», qui pensent que ce n’est
pas là le lieu d’essayer d’avoir un impact sur la société dans son ensemble, au moyens de pratiques politiques ou artistiques autres que symboliques.
Le temps est venu pour la démocratie directe !
Le temps est venu pour le changement !

Yfirlýsing
Öskra er hreyfing byltingasinnaðra háskólanema sem neita að loka augunum fyrir misréttinu í þjóðfélaginu. Íslenskt samfélag byggist á óréttlátu valdakerfi þar sem kyn, stétt og þjóðerni ráða
stöðu fólks og koma í veg fyrir raunverulegt jafnrétti. Slíkt ástand er óásættanlegt.
Við sniðgöngum hina hefðbundnu stúdentapólitík og beitum okkur af fullum krafti gegn því óréttlæti sem hefur fengið að ríkja í öllu samfélaginu. Það er ekki hægt að kaupa okkur með loforðum um
hærri námslán, malbikuð bílastæði eða betri samlokugrill. Við krefjumst allsherjar breytinga.
Hreyfingin Öskra er ekki starfsþjálfun fyrir stjórnmálamenn, við erum ekki pólitíkusar í framapoti heldur skríll sem krefst róttækra breytinga fyrir allt samfélagið og til að ná þeim árangri
munum við ekki beita prúðum ályktunum heldur samfélagsþjónustu og beinum aðgerðum, innan og utan háskólans.
Við höfum enga trú á aðferðum stúdentaráðs, sem hefur um langt skeið samanstaðið af íhaldspungum og kratableyðum sem telja það ekki í sínum verkahring að hafa áhrif á þjóðfélagið með öðrum
aðferðum en táknrænum gjörningum sem hafa hvorki pólitískan slagkraft né listrænt gildi.
Nú er tíminn fyrir beint lýðræði.
Nú er tími breytinga.
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Jeudi 18 décembre 2008
4
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19:17

On est dég’ ! Imaginez si les 150 encagoulés avaient débarqué dans nos locaux pour
nous alpaguer nous, au lieu d’enquiquiner les ultra-corréziens. Imaginez un peu la méchante pub que ça nous aurait fait ! La France entière s’arracherait
CQFD, le journal des anarcho-journaleux de la mouvance ultrapicole ! Hé, la SDAT !, houhou !, nous sommes là, nous aussi nous sommes des
affreux terroristes, houhou, boum !, boum !, tacatacatac !…
Quelques jours plus tard, rebelote : l’ex-directeur de la publication de Libé se fait sortir du lit par les flics comme n’importe quel quidam, et v’la le ramdam, toute la presse en
parle. Imaginez la pub si la maison Poulaga avait extrait de son pucier notre vénéré Sébastien Dubost ! Hé, les bleus, le Seb aussi il est dirlo, n’hésitez pas à venir le cueillir, le faire
pencher en avant et tousser trois fois. Nous pourrons alors crier à la liberté de la presse qu’on assassine, et merci pour la pub.
Bon… Une prochaine fois peut-être… Une prochaine fois, parce qu’on n’est pas près d’arrêter, avec tout le pognon que vous avez envoyé. P’tain, en septembre, on n’y croyait plus. Et voilà, trois
mois plus tard, 1500 abonnés supplémentaires ! Merci à vous tous ! Mais faut bien vous avouer notre dilemme. D’un côté, nous aurions été fort tristes d’abandonner le chien rouge, mais
de l’autre, nous aurions bien pris de grandes et vraies vacances. Il resterait toujours la solution de nous éclipser avec le grisbi, mais un vieux fond de sauce judéo-chrétienne nous empêche de
vous dépouiller.
Notez, ce serait peut-être une manière de faire venir à nous la flicaille et les spotlights…
Hé, la DCRI, on est lààà !
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Samedi 13 décembre 2008
6
13
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/Déc
/2008
21:55
OLS pour Offensive libertaire et sociale. Trois lettres ou trois mots, dont on ne peut dire qu’ils viennent envahir
à chaque numéro les lecteurs-trices fidèles d’Offensive. Pourtant, il s’agit bien du nom du groupe de l’organisation qui anime, publie, diffuse ce journal : pas d’appels massifs à
adhérer, pas de mise en avant dans chaque texte, pas de points de vue de l’organisation sur chaque article pour lequel on aurait un léger désaccord.
À la manière d’un collectif comme Noir et Rouge dans les années 1960, nous pourrions nous définir comme un groupe non-groupe, alors même que nous revendiquons la nécessité de s’organiser
collectivement. Drôle d’idée pour dire que l’OLS n’est pas l’organisation qui mènera droit à la révolution (même si nous comptons bien y participer !). Nous préférons imaginer l’OLS dans un
«milieu», une «mouvance» avec d’autres groupes, d’autres personnes en lutte. Pas forcément que des libertaires, mais en tout cas des collectifs pour qui le mot «révolution» garde un sens. C’est
aussi pour ça que ce journal évite de se positionner en donneur de leçon pour ne pas tomber dans le syndrome «du groupe qui a raison tout seul».
Rappeler notre existence dans cet édito est une manière de souligner un des fondements de cette revue. En la créant, nous avons voulu en faire un outil de lutte. La variété des thèmes traités
depuis les vingt premiers numéros montre aussi notre ouverture, et notre idée selon laquelle qu’il n’y a pas de luttes prioritaires. Si des réflexions ardues, pointues sont parfois publiées,
elles ne sont pas faites pour le plaisir de philosopher même si cela peut avoir son intérêt mais bien pour mettre en branle des réflexions, mettre en avant des luttes pour imaginer la manière
de saboter cette société (pour en recréer une meilleure évidemment !). Bref, si lire Offensive est une saine chose, s’engager dans des luttes l’est tout autant. À la manière d’un slogan
adressé aux fêtard-e-s, disons à nos «liseur-se-s» : «la lecture oui, la lutte aussi !»
Éditorial du no 20
d’Offensive, novembre
2008.
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Mardi 4 novembre 2008
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04
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/Nov
/2008
11:34
Ce lieu le Laboratoire s’inscrit sur deux constats, celui de la popularité
croissante des idées et des pratiques libertaires et celui de leur dilution dans le brouet du citoyennisme. Il formule aussi quelques hypothèses d’analyse de ce paradoxe : la division du mouvement libertaire en chapelles concurrentes (et les logiques hégémoniques qui en
découlent). Nos principes de base sont : un lieu anti-autoritaire où les décisions sont prises en assemblée générale, la solidarité avec les
luttes locales, régionales et internationales ; la défense et le développement des libertés individuelles et collectives. C’est dans cette voie que nous encourageons la création de groupes
autogérés et favorisons la collectivisation des ressources et des moyens de lutte. Nous ne voulons plus que les patrons, les politiciens et tous les autres petits chefs et gourous du
prêt-à-penser, décident ce que nous allons manger, payer, faire, travailler, penser. Nous voulons être libres de ces vautours.
Nous rejetons toute forme d’autorité qui juge et oppresse l’individu telle que la religion et la tradition patriarcale. Nous nous opposons aux guerres impérialistes et à l’idéologie capitaliste,
car elles mettent le profit, l’exploitation, la violence et les injustices sociales, et que celles-ci empiètent inévitablement sur les droits humains. Nous encourageons également les mouvements
de résistance radicale qui s’opposent aux abus de tout système et pensée autoritaire comme le racisme et le fascisme, l’ultra-libéralisme économique.
Nous croyons aussi que ceux qui parlent de révolution sans faire référence aux jouissances de la vie de
tous les jours, ont dans la bouche, un cadavre. Pour le Laboratoire situé en face d’une église rasée pour occupation par les Vaudois, ce lieu est traversé par cette histoire. On pourra y «avoir un diable au corps». Voici une expression
d’origine médiévale, brûlé jusqu’à l’ultime extrémité par
l’inquisition, le diable s’est insinué dans les corps des êtres humains afin de les sortir de la torpeur de leur existence. Ce qui se traduit pour
chacun(e) par vivre en continuel mouvement et ne pas pouvoir connaître la quiétude.
Pour le communisme,
Vive la liberté !
Vive l’anarchie !
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