Dimanche 31 mai 2009

Nous avons déjà cité à plusieurs reprises le groupe Os Cangaceiros. Ce groupe clandestin, actif en France dans les années 80, tire son nom des bandits sociaux brésiliens de la fin du XIXe siècle et du début du XXe. Les nouveaux Cangaceiros, ceux des années 80 sont, eux, issus entre autres des Fossoyeurs du Vieux Monde. Basés à l’origine à Nice, les Fossoyeurs publient entre 1977 et 1983 quatre numéros de leur revue dans laquelle ils explicitent leurs visions politiques et critiques du mouvement révolutionnaire. Les Fossoyeurs comme plus tard les Cangaceiros menèrent leur offensive par tous les moyens qu’ils étaient capables d’imaginer, dont l’édition de textes. Leur textes sont d’ailleurs signés mais par des pseudos, clandestinité oblige. On peut y voir une tentative d’articulation entre la dimension collective forte du groupe et les individus qui le composent.

Les Fossoyeurs se définissent eux-mêmes comme des délinquants et non comme militants ou gauchistes. Empruntant le discours et la critique de la quotidienneté des situationnistes, ils se pensent en tant que groupe de marginaux par leur rejet du monde dans lequel ils vivent et leurs choix de vie et de survie. Dans leurs textes, ils se reconnaissent dans les formes de délinquance, de révoltes et de conflits sociaux indépendants des organisations, partis, syndicats ou avant-gardes. Les Fossoyeurs refusent le travail salarié, avec pour leitmotiv : Ne jamais travailler. Ils sont souvent étiquetés «pro-situs» pour les différencier des autres formes d’antagonismes politiques. Quelques textes des Fossoyeurs et plus tard de Os Cangaceiros seront d’ailleurs signés : des situationnistes. Ils ont été ignorés par les officiels du mouvement situ.

Dans leurs textes et pratiques, ils mettent l’accent sur le rôle des syndicats et des partis politiques dans les trahisons successives des mouvements sociaux, passés et actuels, ainsi que sur celui des avant-gardes révolutionnaires de l’époque, marxiste-léninistes, autonomes, anarchistes et autres, armées ou pas. Ils leur reprochent principalement de vouloir détourner et orienter à leurs propres fins les révoltes sociales qui parcourent en permanence la société. Os Cangaceiros dira d’ailleurs plus tard «Nous n’avons qu’une seule forme de relation avec les groupes et organisations politiques : la guerre. Ils sont tous nos ennemis, il n’y a pas d’exception.» Dans leur revue on trouve aussi des compte-rendus de leurs activités, du moins ce qu’ils peuvent dire. Même si ces actions laissent parfois une impression d’échec, plutôt que de les décourager, ils tentent et réfléchissent à d’autres moyens. On sent nettement qu’ils se cherchent aussi bien du point de vue théorique que pratique. Ils sont à la recherche de complices comme l’indique explicitement les titres de certains textes comme : «Choisir ses fréquentations», ou «Sur la rencontre» dont voici quelques phrases : «Rarement autant ont éprouvé le besoin impérieux de sortir de leur isolement pratique, et rarement, paradoxe désolant, les rencontres n’ont véhiculé autant d’illusions et de prétentions disproportionnées… La stratégie des rencontres est fondée sur ce seul projet ; la découverte des armes nécessaires à la pratique du bavardage, au bavardage pratique.» Cela prend du temps, et les premiers contacts ne sont pas toujours fructueux, comme en témoignent les correspondances publiées.

Fin mars 1982, un squat s’ouvre rue de l’Est dans le 20e arrondissement de Paris. Par cette action, les nouveaux squatteurs proches des Fossoyeurs entendent rompre et critiquer le discours politique autour des occupations de locaux vides. En effet, ils décident d’ouvrir un bâtiment neuf, encore partiellement habité. Pour eux, le squat doit être une expropriation. Ils se barricadent et décrètent la rue interdite aux flics. Les accès à la rue sont bloqués et les flics chassés. Ils seront expulsés en octobre de la même année après une forte résistance. Extrait de la revue Les Fossoyeurs datant de mai 83 : «Du moment que nous ouvrons un territoire ne serait-ce que quelques portions d’immeubles et sur l’espace de quelques squats localisés au nord du 20e — à la rencontre, à la dépense, à la liesse publique, nous sommes ammenés à déborder et vient alors, tôt ou tard, l’instant où on ne peut plus y durer. À l’est, nous n’avons pas été expulsés au terme d’une procédure juridique, mais sur décision politique du parquet pour “trouble à l’ordre public” — environ cinquante plaintes avaient été centralisées, au point que le ministre de l’Intérieur avait été personnellement saisi de cette “affaire” et cet instant concentre toute la question sociale du territoire. Certes, territorialement les prolétaires finissent inévitablement par perdre, face au potentiel militaire et judiciaire de l’ennemi. Jamais ils ne possèdent le terrain durablement. S’ils pouvaient occuper une place et y durer, c’est qu’ils n’y feraient aucun bruit, aucun scandale. Mais ceux qui platement nous donnent perdus d’avance dans l’affrontement avec les forces de l’ordre sont des têtes de mort. L’affrontement lui-même fait partie de la fête !»

Jusqu’en 1985, date de la parution du premier numéro de Os Cangaceiros, les pro-situs croiseront et rencontreront des complices dans les différents conflits sociaux dans lesquels ils se retrouvent ou participent : grèves ouvrières en Pologne, dans les Asturies en Espagne et aussi les émeutes dans des quartiers populaires en France, en Grande Bretagne et en Afrique du sud. Une grande part de leur temps est consacrée à se rendre dans les situations de conflit en rupture avec les organisations syndicales et politiques. Que ce soit dans les quartiers ou dans le monde du travail. Ces expériences de lutte communes seront décrites dans les 3 numéros d’Os Cangaceiros. En 1985, des émeutes et des révoltes éclatent dans les prisons françaises. Afin de briser le silence autour de la lutte des prisonniers, de multiples actions seront réalisées : blocage de voies ferrées, sabotages d’installations ferroviaires, saccage d’imprimerie, blocage de deux lignes du métro parisien, incendies de voitures et dégradations de véhicules du Tour de France. Dans le numéro 2 de Os Cangaceiros paru en novembre 85, un long article retrace la lutte des prisonniers et la liste des actions de solidarité menées par Os Cangaceiros. «Nos moyens d’action sont ceux qu’utilise n’importe quel prolétaire : sabotage et vandalisme. Nous ne faisons pas d’actions symboliques ; mais nous créons le désordre, comme savent le faire couramment des ouvriers en lutte qui barrent des routes ou des chemins de fer, sabotent du matériel, des relais télé, etc.» Toujours dans le numéro 2 de la revue, un chapitre des notes éditoriales intitulé «Nous, Os Cangaceiros» apporte des précisions. La manière dont a été rédigé cet édito est révélatrice d’un certain esprit des Cangaceiros. Ces notes ont été prises suite à une discussion collective après laquelle les réponses spontanées aux questions posées sont retranscrites telles quelles. Extraits : «Nous parlons beaucoup de la violence dans les banlieues. Toutefois nous ne pensons pas qu’il n’y ait que là qu’il se passe quelque chose. Seulement, beaucoup de nos semblables y vivent, et souvent nous-mêmes. Nous ne faisons pas que parler de la violence : c’est notre élément et même peut-on dire, notre lot quotidien. La violence est d’abord celle des conditions qui nous sont faites, celle des gens qui les défendent et plus rarement, hélas, celle que nous leur renvoyons à la gueule. Nous ne connaissons pas tous nos ennemis, mais on connaît ce qu’ils défendent. Tous nos alliés ne sont pas forcément nos complices. Il arrive qu’ils le soient. Nous ne sommes pas en rapport avec tous nos alliés. Les chômeurs qui combattent l’indigence sont autant nos alliés que les travailleurs qui se révoltent contre le travail et échappent au contrôle des syndicats. […] À ceux qui se demandent si nous sommes assembléistes, conseillistes, nous répondons que ce qui nous importe c’est de savoir comment les gens établissent et organisent le dialogue. Nous ne sommes pas des terroristes parce que nous tenons à la clandestinité : Creuse vieille taupe, disait-on jadis. À notre époque, les gens qui affirment des exigences révolutionnaires passent pour des rêveurs. Mais l’homme est fait de la même matière dont sont faits ses rêves. Nous sommes révolutionnaires. Os Cangaceiros veut dire : “Tout est possible”, “Nous sommes en guerre”, “Rien n’est vrai tout est permis”. Nous sommes nombreux, par rapport à l’atomisation régnante. On a beaucoup d’alliés de par le monde. Notre programme est très ancien : Vivre sans temps morts. Nous comptons bien sûr lui assurer sa publicité par le scandale. Il n’y a pas d’autres moyens dignes d’un tel programme. Notre existence en elle-même est déjà un scandale. Nous ne sommes évidemment pas indispensables : toutefois il se trouve qu’en plusieurs occasions nous avons dû l’être. Dans la guerre sociale, nul ne peut être dispensé. Nous sommes aussi très méfiants — l’expérience prouve qu’on ne l’est jamais assez. La méfiance juge de la confiance qu’on accorde aux autres. Nous ne faisons pas vraiment partie de ce qu’on appelle couramment “le monde du travail”, encore que nous en sommes issus. Mais lorsque des luttes dignes de ce nom s’y déroulent, elles combattent elles aussi le monde du travail et s’en prennent à ce qui contraint les pauvres au travail, la nécessité de l’argent. […] Nous sommes contre toute hiérarchie, et notre association se veut égalitaire dans la mesure où chacun doit être en mesure d’y décider. […] Nous considérons comme possible des contacts suivis avec d’autres groupes sur cette condition élémentaire : le dépassement de toute forme d’agitation/propagande dans son activité. Ce que nous critiquons dans la politique, c’est l’État. La question est d’apporter du sang neuf dans cette époque, et d’en avoir les moyens. À plusieurs reprises, lorsque nous sommes allés rencontrer des grévistes mineurs en Grande-Bretagne, on nous a posé cette question élémentaire : “Quelle force constituez-vous réellement ? Qu’allez-vous pouvoir faire des informations que nous vous donnons ?” À ces questions il faut être en mesure de répondre clairement, d’autant qu’un regroupement comme le nôtre n’est pas évident pour tous. On nous a aussi demandé, en Pologne : “Mais qui donc êtes-vous ? Quel est votre mouvement ?” Il faut savoir manifester le caractère universel de notre existence. L’intérêt que nous portons aux révoltes de nos semblables dépasse l’intérêt qu’a le pauvre isolé pour le monde, qui est souvent sans moyens. Cependant, il doit être bien clair que nous ne parlons que de ce qui nous concerne. En aucun cas, nous n’entendons faire de l’assistance aux luttes d’autrui. Nous entendons simplement les rencontrer, et prendre part aux réjouissances. La plupart des travailleurs révoltés que l’on est amené à rencontrer sont encore influencés par l’état d’esprit militant issu de l’ex-mouvement ouvrier. En l’état actuel, on ne peut miser que sur des rencontres avec des individus pris isolément, encore qu’il nous arrive de passer par le biais de groupes organisés qui conservent encore quelques illusions sur le syndicalisme et où se trouvent des travailleurs révoltés. Si l’activisme de ces groupes nous laisse froids, on y connaît des gens qui sont très proches de nous par le refus du travail. Les jeunes kids de banlieues, ayant plutôt l’habitude de rencontrer des gens isolés ou en bandes locales, sont toujours un peu étonnés de voir, quand ils nous rencontrent, un groupe constitué et organisé. À l’opposé, les travailleurs en lutte, ayant plutôt l’habitude de voir des gens qui agissent en tant que membres d’une organisation officielle, sont étonnés, quand ils nous rencontrent, de voir des individus qui semblent agir en leur seul nom. En Grande-Bretagne ou en Espagne, nombre de travailleurs révoltés ont été ainsi surpris de voir un groupe de chômeurs-à-vie, organisés, ayant des contacts et des informations internationales, et disposant de certains moyens, alors qu’il existe indépendamment de tout appareil politique et syndical. Finalement, nous intriguons par notre simple existence. Mais de toute façon, le seul risque sérieux que nous courons, c’est celui de mourir pauvres.»

Le 19-20 décembre 1985 : Georges Courtois et Patrick Thiolet, avec l’aide d’un pote Karim Kalki, prenent en otage le tribunal de Nantes, lors de leur procès. Ils exigent la présence de caméra, et les jurés, les avocats et les magistrats se retrouvent à leur tour accusés et jugés. Ils ont négocié leur rédition, mais évidemment l’État n’a pas tenu ses promesses et Kalki fut emprisonné, il sera par la suite lourdement condamné. Dans la revue numéro 3 datée de juin 87, Os Cangaceiros publie plusieurs textes relatifs à cette prise d’otage : déclaration de Courtois, tracts et affiches de solidarité dans lesquels ils revendiquent des actions de sabotage qui perturbèrent simultanément 11 stations du métro parisien. 35 personnes seront perquisitionnées et interrogées près d’un an après pour ces actions, mais les flics n’auront rien. Dans ce numéro, d’autres situations sont transmises avec des textes sur les émeutes en Afrique du Sud, les mouvements sociaux qui secouent la France fin 1987 – début 1988, sur l’autonomie des ouvriers dans la lutte en Espagne dans les années 80 et sur les émeutes en Grande-Bretagne. Dans les notes éditoriales, comme «les Lascars du LEP électronique», ils critiquent les étudiants et le mouvement de 86 contre la loi Devaquet. Ils critiquent SOS Racisme et la gauche au pouvoir qui canalisent toutes les révoltes. «Le spectacle répugnant — pacifisme, jets de fleurs sur les CRS, respect ostensible du fonctionnement de l’université, sens du réalisme et du sérieux, rattrapage des cours, grève à la japonaise, etc. — que les étudiants ont livré n’a d’égal que les kermesses démocratiques de SOS Racisme.» Citons un autre extrait des Notes éditoriales : «La démocratie c’est de la merde. La démocratie n’est rien d’autre que la prétention de l’État à annexer la communication. L’État démocratique est à la communication ce que l’argent est à la richesse, un représentant universel abstrait. Avec la démocratie se trouve consacrée l’absence de la communication en tant qu’activité sociale de l’homme : la société est gagnée par l’intérêt privé, sous l’emprise effective de l’argent et de la marchandise qui deviennent le but de toute activité. La communication n’existe plus que sous la forme dégradée, vide de toute humanité, du débat d’intérêt, la politique. L’essence de l’homme a été confisquée par la marchandise, l’État a confisqué la conscience de l’homme. […] La politique est alors le lieu où les aspirations contrariées de l’homme trouvent leur existence ineffective. La politique achèvera, pendant les deux derniers siècles, de dépouiller l’homme de son langage. L’État se chargera désormais de fournir une explication du monde aux individus, qui dès lors ne pourront plus se parler que par la médiation de son langage, la politique. C’est bien pourquoi à notre époque la critique de la politique est la condition première de toute critique. Notons que les étudiants ont un rapport intellectuel avec l’État, tandis que la bourgeoisie et les classes moyennes ont un rapport immédiatement pratique. Les premiers jugent la légitimité de l’État selon son concept abstrait, les seconds selon son efficacité à faire régner l’ordre. Dans tous les cas, la démocratie est la caution centrale d’une société sans esprit, fondée concrètement sur l’exploitation et l’oppression d’autrui. Le mensonge démocratique est là pour empêcher que la division existant dans cette société soit prononcée dans la pensée, publiquement. Il est là pour refouler la guerre sociale.»

En 1989, ils se concentrent sur les actions attaquant le projet de construction de 13.000 nouvelles places de prison. Les Cangaceiros volent les plans des futures taules et sabotent de nombreux chantiers. Notamment en mélangeant du sucre au ciment, ce qui le rend friable. Ils choperont et tabasseront un architecte pour qu’au lieu de construire des murs, ils les rasent. L’ensemble des actions et des plans volés seront rendus publics dans un document : Les 13.000 Belles. Il sera largement distribué de façon autonome dans les zones des futures prisons, tentant de provoquer des réactions hostiles contre l’État. Le groupe sort essoufflé par cette campagne et des conséquences non voulues. Les conséquences de ce travail pour le groupe sont critiquées : spécialisation, avant-gardisme et confrontation isolée avec l’État, médiatisation et répression. En 1987, ils publient un livre : L’incendie millénariste. Ce bouquin revient longuement sur de nombreux mouvements millénaristes à travers l’histoire qui défièrent les autorités par leurs envies de vivre sans contrainte. Aucun diffuseur n’accepte le bouquin par peur d’être associé à un groupe dans la ligne de mire des keufs. Face à la traque policière, les Cangaceiros se font plus discrets, tout en semant derrière eux des piles de leur livre et revues dans différents endroits — bouches de métro, places publiques, etc. Certains s’exilent. En 1992, suite à la mort d’Ndréa, l’une d’eux, ils publient ces dernières lettres où elle explique son refus du traitement contre le cancer, et plus généralement de la médecine. Ce sera la dernière parution et apparition des Cangaceiros.

Basse Intensité no 9, 28 mai 2008
Infokiosque radiophonique en direct des faubourgs de l’antimonde.
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Vendredi 24 avril 2009

Le 25 octobre 2008, une soirée a eu lieu à l’Espace autogéré de Lausanne pour soutenir la création d’un centre social de jeunesse en Chine. «Notre maison» (desiree house), situé à Wuhan en chine, est le premier lieu d’activités alternatives inspiré des centres autogérés européens et des squats. Le centre a pu démarrer ses activités le 24 novembre.

Premiers pas vers une autre façon de vivre ensemble

On ne vient pas seulement dans cette maison pour s’opposer à une culture ou s’opposer à nous-mêmes, mais aussi pour expérimenter des alternatives de vie. Là où nous vivons, l’esclavage des injustices est omniprésent et est maintenu par un réseau solide ; dans les familles, les écoles, au travail, dans la rue, etc.

Les gens qui subissent la double répression du Totalitarisme et de l’Idéologie économique, interprètent le monde de la même manière et dans un cercle vicieux en reproduisent les mécanismes. Ici comme ailleurs, la volonté de liberté n’a jamais été respectée.


«Notre maison» est une expérience et un défi

C’est également pour nous, une expérience sociale qui se base sur le principe de «démocratie directe anarchiste». À travers ce projet, nous souhaitons ouvrir la possibilité d’une vie autre que celle imposée par le modèle traditionnel conservateur ou par les valeurs de la société moderne. Cette possibilité est souvent massacrée dans notre société profondément hiérarchisée.

Le plus important n’est pas de provoquer tout de suite une révolution, mais d’établir de nouvelles relations entre les gens : habituons-nous aux discussions et à l’autogestion sans hiérarchie. L’égalité entre tous les participants n’est pas chose facile dans notre société, patriarcale depuis des siècles et des siècles. Dans «notre maison», nous n’avons pas de leader ni de porte-parole, dans cette phase de démarrage chacun s’exprime et s’explique pour soi.

Nous essayons de sortir des cases de nos ruches, d’avoir des réflexions sur nous-mêmes et de découvrir des activités alternatives. Espérons que ce premier pas inspirera de nouvelles idées et que d’autres lieux seront créés ailleurs en Chine.

Jusqu’à présent, les activités que nous planifions sont :
— Une librairie alternative pour une autre information ;
— Des conférences et discussions sur divers thèmes de société ;
— Un local de répétition gratuit ;
— Mise à disposition d’un atelier d’art ;
— Des échanges de savoirs sur la musique et le dessin ;
— De petites expositions ;
— Un petit cinéma pour films indépendants ;
— Des petits concerts acoustiques ou électrifiés si la situation permet ;
— Un espace d’hébergement pour évadés de famille, travelers, groupes en tournée ;
— Des soirées ;
— Un atelier médias pour l’organisation et la diffusion d’informations alternatives.

Un grand merci à tous les gens de Lausanne ! J’espère que nous pourrons rester en contact et partager plus d’expériences.

http://www.douban.com/people/desireeyac/notes
http://a-desiree-social-center-wuhan.noblogs.org/

Collectif «desiree house», le 22 octobre 2008 à Wuhan, Chine
T’Okup no 77, février 2009.


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Vendredi 24 avril 2009
…Le seul problème… social et autogéré

Social et autogéré parce que nous vivons une expérience collective et affinitaire. Pour l’émancipation des individus.

Social et autogéré parce quon estime avoir assez de ressources pour ne dépendre daucune institution, quelle quelle soit. Nous faisons nous-même ce que nous pouvons et voulons faire. Pour le DIY.

Social et autogéré parce que comme nous ne voulons intervenir dans les luttes et pratiques de personne pour leur dicter leur conduite, nous ne voulons que personne ne vienne nous dicter nos luttes, nos pratiques, ni une quelconque conduite. Pour l
autodétermination des luttes.

Le seul problème… c
est le pouvoir.

Pourtant, le seul problème que l
on peut (op)poser à un pouvoir nest pas un contre pouvoir, mais bien de défaire ces rapports de pouvoir qui le composent, lui et les autres. Les défaire à son encontre et entre nous, dans toutes les épaisseurs de nos vies. Parce que le privé est politique, nous voulons définir nos rapports sociaux et interindividuels de manière autonome. Pour toutes ces bonnes raisons, nous avons voulu concentrer toutes les forces de notre jeunesse dans un même lieu, qui nest ni un centre, ni une zone, ni quoi que ce soit mais bel et bien… le seul problème…

Le seul problème, cest le pouvoir
Le tout cest de le savoir
(OTH)

Problème : n. masc. du gr. problêma. Ce qui est lancé en avant ou projeté
• Par ext. Tout ce qui est difficile à concevoir

Bibliothèque :
1. Contre la gentrification, nous boycottons la bibliothèque Alcatraz du New Belsunce.
2. Pour permettre d
offrir à la consultation et au prêt des livres qui nous semblent, dune manière ou dune autre, intéressants, quon a envie de partager et inversement. Bédés, littérature populaire, polar, féminisme, mouvement libertaire, histoire sociale, expériences collectives… Elle est encore à construire.

Accès Internet : Gratuit, sur logiciels libres. Ambiance Linus.

Distro : Parce que la musique DIY adoucit les meurtres, des disques déviants où la musique est jamais pareille. En plus c
est autoproduit, ce qui vous assure un son unique.

Concerts de salons et spectacles ouatés : Le dimanche en fin d
après-midi, une fois par mois, pour dégriser.

Librairie : Pour diffuser des bouquins qui ne sont pas forcément ailleurs, des éditeurs qui sont sympas et surtout hors du giron de Lagarmard et autre Gallilère vaniteux. Aussi des trucs qu
on aurait aimé faire mais pour lesquels dautres nous ont sympathiquement devancé…

Débats, discussions, tout ça, quoi. Dans la limite des affinités humaines et politiques disponibles.

Magasin gratuit : Regarder, prendre, échanger, déposer, essayer, pour le bonheur de tous.

Infokiosque : En exclusivité dans la rue Consolat, plus de 300 brochures de 1993 (par exemple) à nos jours. Des sujets variés et vérolés en renouvellement permanent, pour la modique somme de prix libre.

Bouffe : Resto prix libre végétarien tous les premier vendredi du mois, le soâr. Welcome.

Projection : L
UGC Capitole a fermé. Ouverture du Pathé Végétal Consolat, tous les deuxième vendredi du mois, le soir. Enjoy.

Expos : Sporadiques mais à coup sûr superbes…

Réunions : Possibilité de réunions suivant affinités politiques. Contacter le journal. Ref. 50437#00

Éditions Acratos : Des ouvrages pédagogiques et ludiques pour l
’éducation des jeunes enfants.

Label Acratos : Le plus hype des label anarko-rednecks provençaux en direct.

Ouverture régulière :
Du mardi au vendredi : 14h - 20h
Samedi : 10h30 - 19h
Dimanche : 14h - 20h

Contact :
…Le seul problème…
46, rue Consolat - 13001 Marseille
acratos(a)no-log.org
04 91 50 86 27
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Lundi 9 février 2009
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Dimanche 8 février 2009

Loriginalité de l’OCL repose sur quelques caractéristiques essentielles : une théorie et une pratique du communisme libertaire fondées sur la lutte des classes ; le mouvementisme et la priorité donnée aux structures de base liées par une communauté dintérêts, lanticapitalisme, lanti-impérialisme, et limpératif dune rupture radicale avec lexploitation, la domination et laliénation dans tous les domaines (politique, économie, rapports sociaux de sexe, environnement…). Nous privilégions lintervention militante créatrice de ruptures politiques et sociales, plutôt que laffirmation dun «anarchisme» idéaliste et incantatoire, coupé des affrontements de classes qui traversent la société. Ce positionnement est le produit de lhistoire du «courant anarchiste» depuis la seconde moitié du XXe siècle.

L
OCL est issue de lOrganisation révolutionnaire anarchiste (ORA), qui prend ce nom en 1976 quand elle estime que la diversité des pratiques et projets étiquetés «anarchistes» est source de confusions. LORA, pour sa part, existait depuis 1967, mais dabord comme tendance dans la Fédération anarchiste (FA). Les divergences étaient si importantes dans la FA des années 60 que lénergie militante y était consacrée davantage à se neutraliser mutuellement quà lutter. La FA est en effet empreinte dun anarchisme idéologique fondé sur un antimarxisme caricatural négateur, par exemple, de la lutte des classes comme facteur dévolution historique. Dans le meilleur des cas, la pratique de ses groupes se limite à la propagande de lidéal anarchiste du XIXe siècle, dans une finalité pédagogique et éducationniste : «Apprenons lAnarchie aux masses, elles finiront par se rallier sous les plis du drapeau noir.» Cela ne satisfait bientôt plus celles et ceux qui souhaitent développer une intervention libertaire dans les luttes sociales (décolonisation, vie quotidienne, luttes des femmes, écologie, logement, immigration…) : après avoir créé une tendance au sein de la FA, ils et elles la quitteront.

En réaction au vaste fourre-tout qu
est la FA de lépoque, lORA va développer une stratégie dorganisation structurée, fondée sur la cohérence, le volontarisme et la discipline militante (position dite «plate-formiste», en référence à la plate-forme organisationnelle des anarchistes russes en exil rédigée par Archinov après la Révolution russe de 1917). Cependant, avec le succès que connaissent les groupes gauchistes de laprès-68, lORA devient une organisation similaire à ses concurrentes trotskistes ou maoïstes, hormis dans ses références idéologiques et ses buts proclamés. Ouvriérisme outrancier, activisme organisationnel, hiérarchisation des secteurs de lutte, simplification théorique et raccourcis doctrinaires finissent par déclencher une crise entre la pratique réelle des groupes et le discours de lorganisation — crise que traduit à son congrès de 1976 le clivage entre deux tendances antagonistes.

La première fonde sa pratique et sa stratégie sur le secteur de l
entreprise et lintervention dans les syndicats. LUnion des travailleurs communistes libertaires (UTCL) en naîtra alors, qui accordera la primauté à la lutte sur le terrain économique par lentrisme syndical et au développement dun appareil politique classique. Lactuelle Alternative libertaire, qui lui a succédé, vise principalement à sa reconnaissance institutionnelle par la gauche de la gauche, syndicale et politique.

La seconde tendance, aux antipodes de cette vision partidaire et ouvriériste, devient l
OCL. Elle estime que leffort militant doit investir tous les champs de lutte de la société, car la lutte des classes ne peut être réduite au seul terrain économique. Elle fait le bilan des travers gauchistes de lORA, et considère que lorganisation telle que définie par la plate-forme dArchinov (unité idéologique, unité tactique, programme anarchiste) est une structure illusoire. Car ce ne sont pas les organisations politiques ou syndicales qui transforment un sujet historique (le prolétariat) en sujet révolutionnaire, mais la combativité dans les luttes sociales, en permettant à des gens en mouvement de passer dune phase revendicative à une phase rupturiste selon un processus de conscientisation et dautonomisation.

Mais, bien que rompant avec le plate-formisme, l
OCL continue de vivre pendant quelques années sur un mode centralisé, qui se traduit notamment par une dichotomie Paris-province dans la réalisation de son journal Front libertaire. Cela conduit à une crise majeure en 1978-1979, période où lOCL parisienne est un temps séduite par les sirènes de l«autonomie» importée dItalie et plaquée sur une réalité hexagonale fort différente. Cette phase «autonome» nest en fait quune résurgence de louvriérisme des années précédentes, avec la «découverte» dun nouveau sujet révolutionnaire, le jeune prolétaire rebelle et urbain, et la mythification de lémeute comme lieu central de laffrontement de classe. Cette dérive entraînera une rupture Paris-province et la disparition du journal, tout en donnant à lOCL nombre dacquis sur la violence révolutionnaire et la lutte armée.

Après 1979, l
OCL ne compte plus quune dizaine de groupes, basés en province ; ils vont travailler à la mise en place dun nouveau mensuel, Courant alternatif (CA), pris en charge collectivement pour éviter la centralisation des lieux de décision et dexpression de lorganisation. CA est dailleurs édité par lOCL mais sans en être lorgane : lorganisation na pas une expression unique, elle est traversée par des débats et des pratiques dont elle na pas lexclusivité.

Durant la première moitié des années 80, l
OCL disparaît en tant quorganisation classique (tout en conservant le mot dans son nom) : elle est une coordination de groupes militants intervenant dans des mouvements locaux et spécifiques, mettant en commun leurs analyses et pratiques dans Courant alternatif, ou lors de rencontres annuelles. LOCL apparaît ainsi comme une «organisation anti-organisationnelle» (un paradoxe à lorigine de bien des incompréhensions), en ce que leffort militant doit, pour ses membres, porter non sur la mise en avant de lorganisation et son extension, mais sur une intervention dans les mouvements sociaux et le renforcement de ceux-ci, afin daller vers toujours plus dautonomie et de radicalité dans les luttes.

En 1986, avec la parution de L
’État des lieux [LÉtat des lieux, et la politique bordel ! est un livre collectif qui établit secteur par secteur (mouvements de libération nationale, antinucléaire, syndicalisme, antimilitarisme, lutte des femmes…) les acquis et les positions de lOCL en 1986 — il est aujourdhui épuisé], lOCL fait le bilan des limites d’une simple juxtaposition des pratiques, et tente de favoriser le développement dune organisation conçue comme un outil de partage et dimpulsion dexpériences et de réflexions militantes.

L
OCL a ainsi participé ou construit avec dautres un certain nombre de campagnes hexagonales (contre les sommets franco-africains, coordination nationale antifasciste, contre le G7, Initiative pour une alternative au capitalisme, coordination Stop-Nucléaire, mouvement des chômeurs, solidarité avec les sans-papiers…), et choisi dapparaître lorsque ses positions ne sont pas suffisamment développées par une lutte, et quune affirmation communiste libertaire spécifique simpose.

La diffusion de Courant alternatif en kiosques a favorisé cette nouvelle approche, tout comme la production d
un matériel organisationnel spécifique : brochures, autocollants, affiches, tracts hexagonaux et numéros thématiques hors série de CA… Au tournant du XXIe siècle a eu lieu une tentative de réunifier le mouvement anarchiste autour dun «Appel à lunité des libertaires». LOCL y a apporté sa contribution avec un numéro spécial, «Mythes et réalités du mouvement anarchiste», rappelant que laffiliation idéologique ninduit pas automatiquement une cohérence politique. Une analyse que lélection présidentielle de 2002 est venue illustrer, quand, à linstar de la gauche, la quasi-totalité des structures libertaires ont versé dans lantifascisme interclassiste en appelant à voter Chirac contre Le Pen. Anarchistes et gauchistes ont ainsi permis à la bourgeoisie de durcir sa domination et de reprendre son offensive de classe en confortant les illusions démocratiques et citoyennes dun «capitalisme à visage humain», et en laissant encore plus désemparé un mouvement social déjà en manque de repères. Ce alors que, depuis les grèves de 1995, on constate une résurgence de la combativité des exploité-e-s quil convient dalimenter dans une perspective révolutionnaire, en se débarrassant des instances politiques et syndicales de cogestion qui contribuent à reproduire ce système tout en prétendant juguler ses excès.

Depuis 2003, l
OCL entretient des relations privilégiées avec Offensive libertaire et sociale (OLS), regroupement militant issu de lantifascisme radical, et qui par son cheminement propre élabore des analyses et des stratégies convergeant largement avec les nôtres. Des numéros communs de nos revues et les rencontres libertaires dEychenat nous permettent déchanger sur notre militantisme, pour intervenir dans les luttes selon un même souci dautonomie politique et de libération sociale, pour aller vers le développement actualisé dune théorie et dune pratique communistes anarchistes et révolutionnaires toujours à réinventer.
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Mardi 27 janvier 2009
Déclaration

Öskra (frisson ! ?) Est un mouvement de lutte d’étudiants contre l’université traditionnelle qui refusent de fermer les yeux sur les inégalités inhérentes à société. L’ordre social islandais a été bâti sur des fondations faites d’injustices où c’est le sexe, la classe et la race qui donnent à chacun sa place et empêchent l’égalité. C’est une situation inacceptable.

Par conséquent, nous nous écartons de la politique étudiante traditionnelle, et mettons tous nos efforts à combattre l’injustice de la société dans laquelle nous vivons. Nous ne nous laisserons pas acheter par des promesses d’allocations plus élevées, d’amélioration des parkings, ou de meilleurs panini.

Öskra n’est ni un lieu de formation ni un tremplin pour de futurs hommes politiques. C’est un mouvement de gens qui luttent pour des changements radicaux dans l’ensemble de la société. Pour atteindre nos objectifs nous n’utiliserons pas seulement des discours, mais aussi des actions directes qui profiteront à l’ensemble de la société, à la fois dans et en dehors des murs de l’université.

Nous ne croyons pas aux méthodes de cogestion étudiante, qui, au fil des années, opposent sur le papier des «conservateurs», des «bénis-oui-oui» ou une «gauche intégrée», qui pensent que ce n’est pas là le lieu d’essayer d’avoir un impact sur la société dans son ensemble, au moyens de pratiques politiques ou artistiques autres que symboliques.

Le temps est venu pour la démocratie directe !
Le temps est venu pour le changement !


Öskra
OCL, 20 janvier 2009.




Yfirlýsing


Öskra er hreyfing byltingasinnaðra háskólanema sem neita að loka augunum fyrir misréttinu í þjóðfélaginu. Íslenskt samfélag byggist á óréttlátu valdakerfi þar sem kyn, stétt og þjóðerni ráða stöðu fólks og koma í veg fyrir raunverulegt jafnrétti. Slíkt ástand er óásættanlegt.

Við sniðgöngum hina hefðbundnu stúdentapólitík og beitum okkur af fullum krafti gegn því óréttlæti sem hefur fengið að ríkja í öllu samfélaginu. Það er ekki hægt að kaupa okkur með loforðum um hærri námslán, malbikuð bílastæði eða betri samlokugrill. Við krefjumst allsherjar breytinga.

Hreyfingin Öskra er ekki starfsþjálfun fyrir stjórnmálamenn, við erum ekki pólitíkusar í framapoti heldur skríll sem krefst róttækra breytinga fyrir allt samfélagið og til að ná þeim árangri munum við ekki beita prúðum ályktunum heldur samfélagsþjónustu og beinum aðgerðum, innan og utan háskólans.

Við höfum enga trú á aðferðum stúdentaráðs, sem hefur um langt skeið samanstaðið af íhaldspungum og kratableyðum sem telja það ekki í sínum verkahring að hafa áhrif á þjóðfélagið með öðrum aðferðum en táknrænum gjörningum sem hafa hvorki pólitískan slagkraft né listrænt gildi.

Nú er tíminn fyrir beint lýðræði.
Nú er tími breytinga.
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Jeudi 18 décembre 2008

On est dég’ ! Imaginez si les 150 encagoulés avaient débarqué dans nos locaux pour nous alpaguer nous, au lieu d’enquiquiner les ultra-corréziens. Imaginez un peu la méchante pub que ça nous aurait fait ! La France entière s’arracherait CQFD, le journal des anarcho-journaleux de la mouvance ultrapicole ! Hé, la SDAT !, houhou !, nous sommes là, nous aussi nous sommes des affreux terroristes, houhou, boum !, boum !, tacatacatac !…

Quelques jours plus tard, rebelote : l’ex-directeur de la publication de Libé se fait sortir du lit par les flics comme n’importe quel quidam, et v’la le ramdam, toute la presse en parle. Imaginez la pub si la maison Poulaga avait extrait de son pucier notre vénéré Sébastien Dubost ! Hé, les bleus, le Seb aussi il est dirlo, n’hésitez pas à venir le cueillir, le faire pencher en avant et tousser trois fois. Nous pourrons alors crier à la liberté de la presse qu’on assassine, et merci pour la pub.

Bon… Une prochaine fois peut-être… Une prochaine fois, parce qu’on n’est pas près d’arrêter, avec tout le pognon que vous avez envoyé. P’tain, en septembre, on n’y croyait plus. Et voilà, trois mois plus tard, 1500 abonnés supplémentaires ! Merci à vous tous ! Mais faut bien vous avouer notre dilemme. D’un côté, nous aurions été fort tristes d’abandonner le chien rouge, mais de l’autre, nous aurions bien pris de grandes et vraies vacances. Il resterait toujours la solution de nous éclipser avec le grisbi, mais un vieux fond de sauce judéo-chrétienne nous empêche de vous dépouiller.

Notez, ce serait peut-être une manière de faire venir à nous la flicaille et les spotlights…

Hé, la DCRI, on est lààà !


CQFD, décembre 2008.

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Samedi 13 décembre 2008

OLS pour Offensive libertaire et sociale. Trois lettres ou trois mots, dont on ne peut dire qu’ils viennent envahir à chaque numéro les lecteurs-trices fidèles d’Offensive. Pourtant, il s’agit bien du nom du groupe ­ de l’organisation ­ qui anime, publie, diffuse ce journal : pas d’appels massifs à adhérer, pas de mise en avant dans chaque texte, pas de points de vue de l’organisation sur chaque article pour lequel on aurait un léger désaccord.

À la manière d’un collectif comme Noir et Rouge dans les années 1960, nous pourrions nous définir comme un groupe non-groupe, alors même que nous revendiquons la nécessité de s’organiser collectivement. Drôle d’idée pour dire que l’OLS n’est pas l’organisation qui mènera droit à la révolution (même si nous comptons bien y participer !). Nous préférons imaginer l’OLS dans un «milieu», une «mouvance» avec d’autres groupes, d’autres personnes en lutte. Pas forcément que des libertaires, mais en tout cas des collectifs pour qui le mot «révolution» garde un sens. C’est aussi pour ça que ce journal évite de se positionner en donneur de leçon pour ne pas tomber dans le syndrome «du groupe qui a raison tout seul».

Rappeler notre existence dans cet édito est une manière de souligner un des fondements de cette revue. En la créant, nous avons voulu en faire un outil de lutte. La variété des thèmes traités depuis les vingt premiers numéros montre aussi notre ouverture, et notre idée selon laquelle qu’il n’y a pas de luttes prioritaires. Si des réflexions ardues, pointues sont parfois publiées, elles ne sont pas faites pour le plaisir de philosopher ­ même si cela peut avoir son intérêt ­ mais bien pour mettre en branle des réflexions, mettre en avant des luttes pour imaginer la manière de saboter cette société (pour en recréer une meilleure évidemment !). Bref, si lire Offensive est une saine chose, s’engager dans des luttes l’est tout autant. À la manière d’un slogan adressé aux fêtard-e-s, disons à nos «liseur-se-s» : «la lecture oui, la lutte aussi !»

Éditorial du no 20 d’Offensive, novembre 2008.
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Mardi 4 novembre 2008
Ce lieu le Laboratoire s’inscrit sur deux constats, celui de la popularité croissante des idées et des pratiques libertaires et celui de leur dilution dans le brouet du citoyennisme. Il formule aussi quelques hypothèses danalyse de ce paradoxe : la division du mouvement libertaire en chapelles concurrentes (et les logiques hégémoniques qui en découlent). Nos principes de base sont : un lieu anti-autoritaire où les décisions sont prises en assemblée générale, la solidarité avec les luttes locales, régionales et internationales ; la défense et le développement des libertés individuelles et collectives. C’est dans cette voie que nous encourageons la création de groupes autogérés et favorisons la collectivisation des ressources et des moyens de lutte. Nous ne voulons plus que les patrons, les politiciens et tous les autres petits chefs et gourous du prêt-à-penser, décident ce que nous allons manger, payer, faire, travailler, penser. Nous voulons être libres de ces vautours.

Nous rejetons toute forme d’autorité qui juge et oppresse l’individu telle que la religion et la tradition patriarcale. Nous nous opposons aux guerres impérialistes et à l’idéologie capitaliste, car elles mettent le profit, l’exploitation, la violence et les injustices sociales, et que celles-ci empiètent inévitablement sur les droits humains. Nous encourageons également les mouvements de résistance radicale qui s’opposent aux abus de tout système et pensée autoritaire comme le racisme et le fascisme, l
ultra-libéralisme économique.

Nous croyons aussi que ceux qui parlent de révolution sans faire référence aux jouissances de la vie de tous les jours, ont dans la bouche, un cadavre. Pour le Laboratoire situé en face d
une église rasée pour occupation par les Vaudois, ce lieu est traversé par cette histoire. On pourra y «avoir un diable au corps». Voici une expression dorigine médiévale, brûlé jusquà lultime extrémité par linquisition, le diable sest insinué dans les corps des êtres humains afin de les sortir de la torpeur de leur existence. Ce qui se traduit pour chacun(e) par vivre en continuel mouvement et ne pas pouvoir connaître la quiétude.

Pour le communisme,
Vive la liberté !
Vive lanarchie !

Le Laboratoire, 3 novembre 2008
8 place saintJean, 26000 Valence.
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Mercredi 17 septembre 2008

Le mensuel de critique sociale CQFD vient de publier son 59e et peut-être avant-dernier numéro. À l’image de CQFD, beaucoup de médias associatifs, gages d’un effectif pluralisme, sont dans des situations précaires, et, vivant simplement des deniers de leurs lecteurs, ont plus que jamais besoin de notre soutien.
Nous reproduisons ci-dessous un appel de CQFD publié en dernière page du numéro de septembre 2008.
Acrimed, 17 septembre 2008.

L’abonnement ou l’abandon

Après cinq ans de critique sociale acharnée, les joyeux galériens de CQFD ont atteint les limites de l’abnégation. Maintenant, faut du pognon ! Sans banque ni pub, une seule solution : 2000 abonnés supplémentaires.

Flûte, y a plus de bière… Fin août, nous débarquons dans les locaux du journal la tête pleine du souvenir du sable qui nous chatouille encore les arpions, nous ouvrons le frigo et… y a plus de bière. À peine un fragment de fromage fossilisé datant, à vue de nez, du bouclage de juillet. C’est la rentrée, il faut aller fissa au ravitaillement et p’têt’ bien racheter un frigo propre. Nous jetons un œil sur le courrier accumulé : quelques réabonnements, des factures, un relevé de compte… Nous ouvrons la missive de La Poste d’un air faussement détaché pour découvrir, horreur, que le chiffre en bas à droite est presque aussi sec que nos gosiers !


C’est la mousse qui fait déborder le vase. Dans ce foutu canard, nous n’avons pas un seul vrai salarié, la cheville ouvrière empoche à peine quelques cacahuètes occasionnelles, nous nous usons sur des écrans aussi efficaces qu’une séance d’UV pour te griller les mirettes, nous peignons des cages d’escalier pour épargner nos finances, les dessinateurs gribouillent pour la gloire, les rédacteurs collectionnent les queues de cerise, et y a pas un kopeck pour acheter un pack !

CQFD, nous le tenons à bout de bras — et de foie — depuis plus de cinq ans. Onze mois par an à faire vivre ce journal avec les moyens du bord, soit un peu de votre oseille et beaucoup de notre huile de coude. Comme dit le Méhu à chaque fois qu’il se radine pour siroter un canon en nous regardant trimer : «J’ai jamais vu des chômeurs bosser autant !» Seulement voilà… Depuis quelques mois, quand l’un d’entre nous évoque un éventuel sabordage, plus personne ne répond : «Arrête tes conneries ! Passe-moi plutôt l’clacos pour finir mon godet…»

Pourtant, les raisons qui nous ont poussés à créer CQFD sont toujours d’actualité. En 2003, les bandits au pouvoir n’étaient pas vraiment complexés et leurs opposants les plus en vue aussi exaltants que des endives pataugeant dans la béchamel. Cinq ans plus tard, il est vital de continuer à se serrer les coudes. Notre chien rouge désire rester une erreur dans leur système comptable, à ronger le trognon de la droite bling-bling comme de la gauche en toc, gronder au mollet des fanatiques du boulot et des hallucinés de la négociation bidon, sans oublier de courser la bave aux lèvres les faux impertinents et les rebelles de plateaux télé… Mais plus dans les mêmes conditions.

Vous êtes cinq mille à acheter CQFD, dont deux mille abonnés. Nous savons pertinemment que vous ne rechignez pas à gonfler vos chèques de quelques euros de soutien. Nous savons aussi qu’autocollants et affiches ornent les murs de vos contrées. Nous vous remercions chaleureusement de votre complicité, sans laquelle nous n’aurions pu tenir.

Mais si vous souhaitez que l’aventure mensuelle se poursuive, il est impératif que vous soyez deux fois plus nombreux à acheter ce canard. Nous devons engranger de toute urgence deux mille abonnés supplémentaires. Attention, il ne s’agit pas de convertir les ventes en kiosque en abonnement, mais bien de dégoter deux mille nouveaux lecteurs d’ici novembre. Alors débrouillez-vous, cessez de faire circuler votre CQFD, usez de persuasion, de vos charmes, de menaces, mais obligez vos mémés, voisines, amis et ennemis à glisser une piécette dans la gamelle du clebs rouge. Il a soif.

CQFD no 59, septembre 2008
Mensuel de critique sociale.

Pour s’abonner à CQFD  :
11 numéros dont 3 spéciaux (France et étranger) : 22 euros ou plus en soutien
11 numéros pour petit budget : 17 euros
Groupés par 5 exemplaires : 50 euros
Gratuit pour les détenu-es
Chèques à l’ordre de CQFD - Le RIRe
BP 70054, 13192 Marseille Cedex 20

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Mercredi 3 septembre 2008
Intimidations et jeux policiers

Samedi 9 août, sur le coup de 18 heures, six flics débarquent à la bibliothèque anarchiste «Acrata» située dans le centre de Bruxelles. Bien qu’habillés en civil, ils se présentent directement comme faisant parti des services de l’Onem et de l’Horeca. Ils exigent de recevoir l’identité du responsable du local. Une des deux personnes présentes à ce moment-là refuse de présenter sa carte. Très vite, elle se fait menotter pour ensuite être embarquée au poste. La deuxième personne décide alors de se plier aux injonctions de la flicaille, et décline son identité.

Après une rapide fouille du local et les quelques remarques d’usage de la part des gardiens de l’ordre («sales anarchistes», …), notre compagnon est donc embarqué au poste et le local est mis sous scellés. Une fois au commissariat du centre, le copain n’a évidemment «rien à déclarer». Il sera assez vite relâché sans même avoir été interrogé sur quoi que ce soit. Les scellés seront retirés du local le lundi qui suit, sans que nous ayons reçu plus d’explications.

Ce petit jeu de pression ne nous étonne en rien. En ouvrant une bibliothèque anarchiste, nous ne nous attendions pas à nous faire des amis auprès de l’État et de ses chiens de garde. Cette intervention démontre bien à quoi sert la flicaille : rappeler à l’ordre tout esprit contestataire ou toute personne ne suivant pas les règles du jeu servant à maintenir un système de domination et d’exploitation.

Rien de bien neuf, c’est juste plus clair quand on y est confronté, et nous ne perdrons pas l’occasion de pouvoir le réaffirmer publiquement quand la situation se présente.

Pour notre part, il va de soi que nous maintenons tant les activités prévues (projections, resto-solidaire) que les permanences pendant lesquelles vous pouvez emprunter des livres, consulter des archives…

Aujourd’hui comme hier, l’anarchie est nécessaire.

Local anarchiste – 32, rue de la Grande Île – 1000 Bruxelles
Permanences : Jeudi 17h – 21h ; Samedi 14h – 18h



Intimidatie en politiespelletjes

Zaterdag 9 augustus, om zes uur stipt, vallen zes flikken in burger binnen in de anarchistische bibliotheek «Acrata» in het centrum van Brussel. Hoewel ze in burger gekleed gaan, stellen ze zich onmiddellijk voor als dienst Horeca en arbeidscontrole.

Ze willen de identiteit van de verantwoordelijke van het lokaal te weten komen. Eén van de twee aanwezigen weigert zijn identiteitskaart te tonen. Hij wordt dadelijk in de boeien geslaan en meegenomen naar het politiecommissariaat. De tweede persoon besluit om op de eisen van de flikken in te gaan en toont zijn identiteitsbewijs.

Na het lokaal oppervlakkig doorzocht te hebben en de gebruikelijke opmerkingen van de ordehandhavers («kloteanarchisten») wordt onze kameraad dus meegenomen naar het commissariaat en wordt het lokaal verzegeld. Eenmaal in het commissariaat heeft hij vanzelfsprekend «niets te verklaren». Hij wordt al snel vrijgelaten zonder echt over iets ondervraagd te worden. Het lokaal zou de daarop volgende maandag ontzegeld worden, zonder verdere uitleg.

Het verbaast ons helemaal niet dat men ons via dergelijke kunstgrepen onder druk probeert te zetten. Met de opening van een anarchistische bibliotheek hadden we allerminst verwacht vrienden te maken onder de staat en haar waakhonden. Deze interventie toont goed aan waartoe de flikken dienen : elk rebels bewustzijn of elke persoon die niet de regels van het spel volgt tot de orde roepen en zo een systeem van overheersing en uitbuiting in stand houden.

Niets nieuws onder de zon ; dezelfde realiteit wordt gewoon duidelijker wanneer men ermee geconfronteerd wordt en we zullen geen enkele gelegenheid onbenut laten om deze realiteit openlijk aan te kaarten.

Wat ons betreft, als anarchistisch lokaal, het spreekt voor zich dat zowel de voorziene activiteiten (filmprojecties, solidariteitsresto) als de permanenties (tijdens dewelke je boeken kan ontlenen, de archieven raadplegen etc.) zullen blijven plaatsvinden.

Acrata
Anarchistisch lokaal – 32, Groot Eilandstraat – 1000 Brussel
Permanenties : Donderdag 17u – 21u ; Zaterdag 14u – 18u
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Mercredi 13 août 2008

Pendant ce temps en Ontario... Les camarades de Common Cause continuent leur petit bonhomme de chemin. La nouvelle organisation anarchiste ontarienne, qui va bientôt célébrer sa première année d’existence, vient de sortir le cinquième numéro de son journal Linchpin.

Linchpin

La «une» est consacrée aux pertes d’emploi dans l
industrie de lauto ontarienne. Daprès les TCA, plus de 30.000 emplois ont disparu depuis 2001 dans la province (cest dire quils en avaient un peu plus quici…). Face à cela, les salariéEs tentent de résister sans grand succès. Il faut dire que la direction syndicale semble plus intéressée à gérer la décroissance quautre chose. Comme le souligne Mick S., seuls les syndiquéEs à la base peuvent changer la situation. Big B. aborde quant à lui (ou elle ?) la situation économique nord-américaine (récession ou pas ?).


À l'intérieur du journal on trouve un point de vue anarchiste sur les pensionnats pour autochtones de triste mémoire. On y apprend que le gouvernement canadien visait alors, par l
assimilation forcée, à «tuer lindien pour sauver lhomme». Selon Rev, les pensionnats étaient une école du capitalisme visant à éliminer les traditions autochtones et à faire des enfants de bons ouvriers ou de bonnes ménagères.

Du côté plus théorique, ou spécifiquement anar, Marley B. nous informe sur les côtés libertaires de la piraterie des XVIIe et XVIIIe siècle ainsi que, dans un autre texte, sur une conférence donnée par deux anars norvégiens sur la démocratie, l
action directe et lanarchisme.

Bien qu
ayant du se replier sur 4 pages (au lieu de 8), Linchpin a lavantage de la régularité. Ça reste une bonne publication pour sinformer de ce qui se passe de lautre côté de la rivière des Outaouais. On peut downloader le journal en pdf.

Progrès de l
anarchisme organisé

Common Cause, tout comme la NEFAC-Québec, se débat pour faire vivre une pratique de l
anarchisme organisé dans une province qui na pas vraiment de tradition anarchiste tout court. Les succès, modestes mais réels, enregistrés depuis un an peuvent lui donner espoir. Aujourdhui présente dans trois villes (Toronto, Hamilton et Ottawa), lorganisation a réussi quelques bons coups comme le premier salon du livre anarchiste dHamilton (250 participantEs) ou encore ladhésion en bloc du Ottawa Anarchist Discussion Group. À suivre…

Voix de faits, 10 août 2008.
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Mercredi 6 août 2008

«Un souffle violent agite lair, cest le verbe de révolte qui passe.»
Libertad.

Tu remontes la grand
rue, porté par le flot de tes pensées, tournes à gauche, comme dhabitude, dans la rue de Brion, et là, tu tombes en arrêt sous ce gigantesque massif de glycine. Humant les senteurs violettes, tu restes un instant immobile, puis tu te souviens de ton sac de livres pesant sur ton épaule. Voilà, des livres, tu avais oublié ! Alors, tu cueilles une poignée de ces petites fleurs odorantes, rebrousses chemin, passes devant le bar, tournes à droite et entres dans la fraîcheur de la bibliothèque-infokiosque du 152, grandrue, lançant dans les airs, comme un oracle, ta poignée de glycines.

Une nouvelle bibliothèque à saintJean-du-Gard. Pas pour refaire une bibliothèque municipale évidemment, puisqu
elle existe déjà. Mais plutôt pour partager nos bibliothèques qui dormaient, seules, dans de petits appartements. Révélatrices des vécus et parcours de chacun, chargées dambiance de tout temps et de partout. Avec des histoires de vies extraordinaires, de résistances quotidiennes et de révoltes collectives. Des romans noirs, bleu nuit, vert pomme ou rose tendre, des livres sur la grisaille du travail, du capital, des livres jaunis danarchie, des utopies mauves, des livres rouges de colère, des mondes imaginaires ou des réalités divergentes, floues, émouvantes. Pour faire profiter aussi tout un chacun des dons généreux de bibliothèques ou de petites maisons dédition amies aux noms évocateurs : lInsomniaque, la Fabrique, le CRAS, Syllepse, Verticales, Sulliver, Court-Circuit, LÉchappée, Acratie, Gallmeister, Égrégores, Place darmes, Après la lune, Rue des Cascades, les Presses du Réel, Mutines Séditions, le Sextant, Rytrut, lAltiplano, les Prairies Ordinaires, Le Chien Rouge, Ab Irato, CNT-RP, Libertalia, Agone… Des livres mais aussi des brochures, sur des sujets divers et variés, parfois brûlant dactualité, parfois moins et qui composent «linfokiosque».

«Il en est parfois des textes comme des êtres. Certains présentent la particularité de nous atteindre non pour ce qu’ils nous font partager, nous apprennent ou nous donnent à penser, mais parce quon y rencontre, par un de ces liens mystérieux qui passe aussi le temps et les barrières de la langue, quelque chose que lon sentait déjà.»
À couteaux tirés avec lexistant.

Parce que les livres, certains livres, semblent tomber juste au bon moment et peuvent nous aider à nous orienter et à nous perdre, peut-être. Et s
ils nous permettent parfois déchapper au monde qui nous entoure, ils alimentent aussi nos envies et nos rages à lencontre des maîtres de nos vies, de nos forces, de notre temps. Et parce que, bien entendu, cette bibliothèque a lambition immense de participer au désir de beaucoup, celui de transformer un monde qui nous coince, qui nous sépare, qui nous occupe. Alors, cette bibliothèque tentera dêtre un lieu ouvert aux discussions et aux échanges, amicaux et conflictuels, à toute proposition et au hasard, bien sûr, au plaisir de la rencontre, car il sagit moins, aujourdhui, de se lancer des certitudes à la tête que de chercher ensemble…

«Je lis seulement des livres d’occasion. Je les pose contre la corbeille à pain, je tourne une page dun doigt et elle reste immobile. Comme ça, je mâche et je lis.»
Erri de Luca.

Bibliothèque-infokiosque du 152, grandrue
30270 saintJean du Gard
Les samedis à partir de 15 heures
et parfois les mardis matin.
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Mercredi 30 juillet 2008

Rencontre libertaire avec des ateliers, discussions, projections, débats, bouffe…
Viens partager, apprendre des/aux autres. Si tu veux organiser quelque chose ce serait bien d’y inscrire dans la rubrique «workshop» du site ou sinon directement sur place.


Appel pour le quatrième Camp anarchiste en Suisse du 6 au 17.8.2008

Vivre sans rapports de domination

Les expériences faites dans le cadre d’autres camps et rencontres libertaires ont montré toute l’importance d’un lieu où des personnes puissent se retrouver régulièrement pour allier théories et pratiques anarchistes et passer ensemble un moment de convivialité. Il est clair pour nous qu’un camp limité dans le temps ressemble à une île où l’on se retire. Mais c’est justement aussi ce qui nous permet de créer un espace de liberté par-delà des contraintes de la normalité sociale quotidienne et qui nous permet de mettre en pratique nos idées d’une vie sociale sans domination et de les développer. Le «A-Camp» offre la possibilité de réfléchir sur et d’expérimenter la vie que nous voulons vivre. Au-delà des luttes quotidiennes contre les autorités de toutes sortes, contre le harcèlement sexiste ou identitaire et autres désagréments malheureusement courants dans cette société. Mais il s’agit également de reconnaître et de dépasser ces rapports de domination dans notre propre pratique quotidienne.

Le consensus de base est que l’absence de domination est incompatible avec les comportements sexistes et racistes. Les discriminations de toutes sortes ne doivent pas être tolérées et les personnes qui ne partagent pas cette position sont priées de rester chez elles. Nous sommes conscientEs que le «A-Camp» ne représente qu’une forme relative de l’absence de domination, parce que nous (re)produisons touTEs les mécanismes de domination de cette société. Nous partons du principe que touTEs les participantEs s’impliquent activement dans le déroulement du camp quand ils/ elles constatent chez eux/elles-mêmes ou d’autres de tels comportements. Que touTEs s’engagent ensemble pour que notre vie commune soit la plus libre possible de toute domination. Il doit être possible en tout temps de se confronter aux rapports de domination et à leurs conséquences.

Animer ensemble un camp ne signifie pas s’immerger de manière acritique dans un «sentiment d’appartenance au milieu». Il est important de montrer les contradictions et d’exprimer des critiques, pour que nous puissions apprendre les unEs des autres et remettre en question nos comportements. Les conflits sont OK ! Néanmoins, les rapports entre nous dans le cadre de ce camp anarchiste doivent être empreints de solidarité et de respect mutuels, ce qui implique d’accepter qu’il existe différentes opinions et approches.

Diversité auto-organisée 1 - L’organisation

Le groupe de préparation n’existe que jusqu’à ce que le camp commence. Dès cet instant, tout dépend de l’ensemble des participantEs au camp : le fonctionnement quotidien, le caractère plus ou moins plaisant ou jusqu’à quel point nous parvenons à réaliser nos utopies.

Nous nous occupons bel et bien de la préparation en cherchant un emplacement, en faisant de la pub et en essayant de réunir les infrastructures nécessaires, mais sans les personnes qui assurent le montage et le démontage du camp, son organisation ou celle de la cuisine. Sans les personnes qui s’occupent d’assurer le ravitaillement, qui font la cuisine, qui s’occupent des rangements, de l’accompagnement des enfants, etc. rien ne va !

Cette année, le camp débutera un mercredi, afin qu’il y ait suffisamment de temps pour le montage du camp. Vers la fin du camp, il y aura aussi une discussion sur la préparation et le bilan du camp. C’est aussi à ce moment là que devrait se constituer l’équipe du «A-Camp 2009».

Nous sommes conscientEs de la hiérarchie de savoir liée à un tel groupe de préparation et essayons pendant le camp de transmettre les informations de la manière la plus transparente possible, pour que, nous l’espérons, des structures définies en commun prennent le relais.

Comme nous espérons rencontrer au camp de nombreuses personnes parlant d'autres langues, nous voulons autant que possible que les réunions, les informations et les discussions soient multilingues. Nous aurons donc certainement besoin de personnes capables d’assurer des traductions.

Diversité auto-organisée 2 - Les ateliers et la culture

En dehors du fait de vivre ensemble et du partage de connaissances pendant le camp, nous considérons les ateliers et autres présentations comme des aspects centraux du camp. Certains sont en préparation ou déjà organisés. Vous en trouvez une
liste actualisée sur notre site. Nous souhaitons que beaucoup de campeurs/euses proposent des ateliers d’après leur(s) intérêt(s). Cela peut aussi bien être annoncé par le site (remplir simplement le formulaire) précité qu’être mis sur pied spontanément pendant le camp lui-même.

L’offre d’ateliers peut donc être aussi multiple et diverse que les intérêts des participantEs : On peut imaginer des ateliers de construction de chiottes à compost, d’ascension d’arbres, de rédaction d’un journal, de réalisation d’émissions de radio ou de théâtre de rue, tout comme des discussions sur des thèmes allant de l’anarchosyndicalisme, de l’antimilitarisme, des bases de l’anarchisme, du travail, de la vie en commun, de la pédagogie/ antipédagogie, jusqu’à l’anarchie des genres, donc antisexisme, intersexualité, critique de la RRC (relation romantique de couple). Finalement, tout dépend de ce que vous allez faire et préparer, donc annoncez-vous nombreux/euses pour nous parler des choses que vous voulez faire. La diversité du «A-Camp» ne peut naître que si les personnes qui travaillent chez eux/elles pratiquement ou théoriquement sur un thème quelconque, préparent et mettent sur pied un atelier. Nous souhaitons également un riche programme culturel. Si vous faites de la musique, que vous jouez du cabaret ou du théâtre ou que vous voulez animer une soirée, faites-nous signe. Le terrain offre également de la place pour jouer et danser, amenez le matériel nécessaire.

Mise en réseau avec d’autres

Afin de poursuivre la résistance contre la domination et l’exploitation dans le monde entier et de faire le lien avec les contenus du «A-Camp», nous voulons tenter de mettre le camp en réseau avec des luttes politiques concrètes. C’est pourquoi il serait bien que des personnes participant à ces luttes présentent au camp leurs derniers développements et leurs projets/perspectives. Faites donc jouer vos contacts avec d’autres camps ou caravanes libertaires, aux militantEs et organisations d’autres pays, pour que la participation au «A-Camp» soit en même temps un pas vers une mise en réseau pour la suite.


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Dimanche 20 juillet 2008
À toi pour qui l’espace autogéré compte, gourmet·te du potage de plombs, danseur de concert, interessé·e des débats, pratiquant.e du stagediving ou fétichiste de la sérigraphie, SACHE que l’espace autogéré prend ses vacances dès aujourd’hui et jusqu’à cet automne. Nous ne partons pas très loin, il s’agit plutôt de lire notre futur dans nos tripes. Et de la beauté de l’étron dépend l’alimentation, celle qui se renouvelle, évolue mais garde toujours les saveurs de nos sensibilités.

Les enrichis de la société des divertissements nous gavent tellement les yeux et les oreilles que l’on ne sent plus leurs mains dans nos poches. Plus de fric et moins de sens critiques. Posés sur leurs tapis roulants, ils nous trainent de mode en mode alors que notre vitesse immobile est engagée. Abrutis de boulot autant que de loisirs futiles. Oui oui facile à dire, facile de critiquer mais comment se tirer de ce modèle, comment garder l’envie de faire encore et encore bouffes, concerts, discos, manifs et débats, et que nous reste-t-il d’alternatif ? Comment rester ouvert sans s’y perdre ni perdre trop d’énergie ? Comment être particulier mais pas «ghetto» ? Tout cela n’est pas évident et beaucoup plus compliqué à inventer que de s’en mettre plein les fouilles ; là, les expériences regorgent ! Voilà en rapide ce qui se passe en ces murs cet été, et si une chose est sure : nous porterons notre tribut à la société de consommation, beau comme un pavé dans la disco !

Espace autogéré
antiprofitronik + antisexiste + antiraciste
since 1993


T’okup no 74, juin-juillet 2008.

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