Dimanche 30 mars 2008

Dimanche 30 Mars vers 00h45, le Pink Bar a été victime d’une agression fasciste d’environ 50 personnes armées (poings américains, couteaux, matraques téléscopiques, tournevis, etc.). La devanture du bar a été caillassée et toutes les vitres brisées. Au même moment se déroulait un concert antiraciste. 8 militants fascistes ont été interpellés.

Nous estimons que l’extrême droite a délibérement fait le choix d’attaquer un des rares lieux messins où se déroule des activités culturelles. De plus, ce dernier est situé dans un quartier populaire et métissé.

Afin qu’une telle situation ne se reproduise plus jamais, nous appellons tous les habitants du quartier, tous les commerçants, tous les antifascistes, syndicaux ou politiques, à participer à une journée de mobilisation contre l’extrême droite samedi 5 avril. Il se déroulera :
— Une manifestation à partir de 13 heures place des Paraiges (devant le Pink Bar),

— Un meeting antifasciste à 17 heures à La Chenille Bleue (rue Mazelle),

— Un concert le soir même au Pink Bar.

Premiers signataires : Collectif antifasciste du quartier des Allemands, le Pink Bar, la Chenille Bleue, l’Émile Vache, le City Kebab, restaurant la Casa Samoussa, etc.

Classe contre classe
, 30 mars 2008
Jeudi 11 octobre 2007
Les bons sentiments et la morale

blocher1.jpgOn ne combattra pas l’UDC seulement avec de bons sentiments et des injonctions morales. On ne la fera pas reculer par l’invocation de droits fondamentaux qui incarneraient une partie essentielle de la culture helvétique. On ne résistera pas à l’UDC en rappelant l’intérêt bien compris de «notre» économie, l’apport des immigrés-es aux comptes de l’AVS ou leur place dans un monde du travail où ils-elles occupent les emplois dont personne ne veut.

On ne fera pas reculer l’UDC à coups de référendums et d’initiatives et encore moins en élisant des gens qui partagent le pouvoir étatique et mettent en œuvre (avec plus ou moins de mauvaise conscience et plus rarement encore de réticence) les politiques xénophobes traditionnelles dans ce pays.

Toutes les forces qui demandent, au minimum, davantage de respect et de souci pour la personne humaine font un travail utile. Mais cela ne suffit pas. Il faut précipiter la rupture entre l’UDC et sa base populaire. Pour cela ces secteurs populaires doivent trouver une aide organisationnelle, politique et culturelle pour identifier, faire reconnaître et défendre leurs intérêts. Les luttes quotidiennes doivent s’ancrer dans un travail de longue haleine pour construire une autre vision du monde et de la politique, de la communauté et de la transformation sociale.

Domination, conformisme généralisé et barbarisation des rapports sociaux

Le système capitaliste, patriarcal et étatiste impose aux gens d’en bas une situation de déni, de souffrance et d’insécurité sociale. La base populaire de l’UDC subit elle aussi cette barbarisation des rapports sociaux.

Entre la politique effectivement menée par l’UDC et certaines aspirations de sa base populaire il existe une situation de tension permanente. Elle peut provoquer des déchirements importants. Pour juguler ces tensions sur les questions sociales qui soulèvent des intérêts immédiats et concrets, l’UDC doit produire des dérivatifs puissants. Cela la pousse à radicaliser ses opérations xénophobes et racistes. Elle doit aussi renforcer sa proposition politique générale : État autoritaire, répression et contrôle généralisés, liquidation des conquêtes et des protections sociales, saccage des politiques et des mécanismes de redistribution, démantèlement du service public.

La politique générale de l’UDC est inséparable d’une exigence de soumission et de conformisme généralisé.

La lutte pour l’égalité sociale

L’UDC doit être combattue en mettant au premier plan les intérêts et les besoins de tous-tes les dominés-es, avec une exigence d’égalité sociale. L’égalité sociale appelle une lutte de longue durée qui vise une transformation radicale de la société mais elle se décline aussi en objectifs précis, en revendications spécifiques, et en luttes partielles.

L’égalité sociale c’est l’égalité entre toutes les personnes, leur égale participation à l’institution de la société, au partage du pouvoir et à l’appropriation sociale des produits et des richesses. Seule une telle exigence peut permettre aux classes populaires et aux groupes sociaux dominés de se reconnaître dans un projet commun, de combattre ensemble, de s’émanciper des classes dominantes.

Pour nous la pleine réalisation de l’égalité sociale exige un projet socialiste, démocratique, autogestionnaire et libertaire. Un tel projet se concrétise dans une politique de libération, de généralisation de l’action directe populaire, d’extension et d’approfondissement de l’auto-organisation. C’est un projet de travail politique capable d’accumuler efficacement des avancées sur tous les terrains. L’égalité sociale c’est le moteur et la tension qui font avancer nos luttes.

Construire la résistance populaire

L’essentiel de la politique de libération est hors de l’activité politique institutionnelle. L’important c’est la construction systématique d’une résistance populaire généralisée qui permette à tous les groupes sociaux dominées de trouver une communauté, d’arracher davantage de liberté et d’égalité et de forger ensemble un projet d’émancipation commun.

Une telle démarche implique que la résistance populaire rompe avec toutes les politiques de gestion du système, y compris avec les politiques social-libérales.

L’UDC incarne à la fois une stratégie politique et un projet pour l’institution de la société. Il y a nécessité d’opposer au projet et à la stratégie de l’UDC une alternative de transformation sociale. Celle-ci doit prendre en charge non seulement la défense, l’extension et l’approfondissement des droits fondamentaux et des espaces démocratiques mais aussi la généralité de la question sociale.

La résistance contre Blocher implique la lutte pour changer le sort des majorités sociales qui, à un titre ou à un autre, depuis une position ou l’autre (genre, origine, appartenance ethnique, appartenance de classe, âge, etc.), sont dominées, exploitées, aliénées, niées dans leur identité, et leurs droits. L’UDC dresse une alternative fondamentale à laquelle il faut répondre fondamentalement.

L’UDC aime les immigrés-es

L’UDC aime les immigrés-es. Pas seulement parce que les patrons UDC exploitent tous-tes les immigrés-es avec ou sans papiers, quel que soit leur statut, leur nationalité, leur origine ou la pigmentation de leur peau. Mais aussi, et plus généralement, parce que l’opposition mise en scène par l’UDC entre immigration et communauté nationale sert à conforter une identité illusoire et des solidarités imaginaires entre «nationaux». L’UDC propose à ses fractions plébéiennes une lecture du monde, des catégories pour décoder et interpréter la réalité sociale, une consolation pour leur état présent, une stratégie pour agir sur le terrain politique, un projet de transformation de la société.

L’UDC crée de puissants dérivatifs politiques, culturels et symboliques pour masquer à sa base populaire sa condition sociale réélle. Mais la soumission à l’ordre social et au pouvoir qu’elle demande à ses troupes est contrebalancée par l’appel à combattre les élites «cosmopolites». La question sociale est expliquée et traitée par le biais de l’abus et de la concurrence entre l’étranger et le national.

la-protection-exceptionnelle-de-blocher.jpg
Boucs émissaires et élites «cosmopolites»

L’étranger et certaines «élites» (magma qui permet de tout ranger pour ne rien désigner de précis) sont les responsables de tous les problèmes, de tous les malheurs. Les élites parce qu’elles laissent les étrangers-es venir et s’installer. Les immigrés-es parce qu’ils viennent et s’installent. L’UDC vend le projet du retour à une Suisse traditionnelle qui «offrirait» à chacun-e la sécurité pour peu qu’il respecte l’ordre social, la hiérarchie et accepte son statut.

L’immigration est déclinée en figures menaçantes ou criminelles. La dernière en date étant l’immigré-e naturalisé-e.

L’UDC veut ruiner toute possibilité d’organisation et de défense collectives des classes populaires. Elle veut ramener les pauvres et les précaires à une misérable assistance aux démunis-es, obligés-es de courber la tête et de faire allégeance pour mériter la charité publique. Elle mène la guerre sociale contre le salariat dans son ensemble, contre les classes populaires, contre tous-tes les dominés-es.

L’UDC masque l’insécurité sociale généralisée, la fragilisation de la vie des gens, le mouvement de précarisation de l’ensemble du salariat (y compris de ses couches les mieux qualifiées, payées et socialement intégrées) par la proclamation d’une insécurité n’ayant à connaître que de l’action pénale et policière. Cette insécurité prend chaque jour plus clairement des connotations d’une criminalité ethnique et raciale. Immigrés-es, pauvres, précaires, prolétaires…

L’UDC contre la liberté

L’UDC veut briser les espaces démocratiques conquis par les classes populaires. Toutes les libertés qui ont facilité la construction d’organisations, de communautés et de cultures populaires doivent être saccagées. L’état d’exception imposé à des fractions entières de l’immigration préfigure le conformisme généralisé et la répression rampante pour touTEs. Mise au pas, mise au silence, politiques d’exception, impossibilité de construire des organisations de défense des classes populaires, tel est le vrai programme de l’UDC. Même si cette mise au pas avance masquée, sous les oripeaux d’une dénonciation hargneuse des élites cosmopolites, des abuseurs-euses, des étrangers-es, des dominés-es.

Les bourgeois aiment l’UDC

La bourgeoisie a besoin des immigrés-es aussi précaires et privés-es de droits que possible. L’UDC les lui procure. Les blochériens font de l’immigration un thème-clé de l’espace public. Du coup, tout est de la faute des immigrés-es. Les classes dominantes qui détiennent le pouvoir et exploitent n’ont plus aucune responsabilité.

L’UDC n’est pas simplement un parti xénophobe et/ou raciste. Elle n’est pas non plus une formation classique de type fasciste ou nazie. Elle est à la fois un parti d’assaut et un parti de refondation sociale. La base populaire est un atout essentiel pour ce parti bourgeois dans sa stratégie et son projet.

L’UDC lutte pour un projet de capitalisme total. Il implique la soumission politique, sociale, culturelle et idéologique des classes populaires à un ordre qui postule qu’on ne peut combattre les classes dominantes mais aussi que leur domination est légitime et seule apte à protéger le pays, la société, les personnes.

Il faut d’autre part pointer un mécanisme particulièrement pervers. L’UDC utilise sa rhétorique anti-immigration ou anti-mondialisation (notamment sur le thème européen) pour imposer une nouvelle répartition du pouvoir entre les divers clans bourgeois. Le parti de Blocher mène dans les faits une politique favorable à la globalisation capitaliste. Il abandonne simplement aux autres formations bourgeoises certaines tâches, dans une division du travail évidente.

L’UDC n'est pas contre les immigrés-es mais contre les droits des immigrés-es

L’UDC n’a aucune intention d’expulser massivement des immigrés-es. Sa politique procède par une action répressive sélective, «exemplaire», ponctuelle. Elle sert à mettre les immigrés-es sous le talon de fer, à les fragiliser, à mettre des obstacles dans la voie de leur organisation et de leur entrée en lutte. L’UDC n’est pas contre les immigrés-es mais contre les droits des immigrés-es. Son problème c’est de cultiver la fragilité et la précarité de l’immigration pour pouvoir mettre au service du capital une certaine force de travail taillable et corvéable à merci. Et cette action convient à merveille au patronat.

L’UDC passe des immigrés-es aux «abuseurs-es», des abuseurs-euses aux délinquants-es (les sans-pap sont définis par la droite comme des délinquants économiques), inventant des populations criminogènes, une délinquance socio-ethnique, agitant les peurs et les angoisses des gens. Tout cela sert d’écran et de dérivatif. Les immigrés-es sont présentés-es comme producteurs d’insécurité, en concurrence avec les membres de la communauté nationale. Cette entreprise systématique de disqualification, l’UDC la mène conjointement avec l’essentiel de la droite bourgeoise. C’est une politique d’État traditonnelle. Elle ouvre la voie à l’extension de politiques d’exception visant des catégories et des groupes sociaux entiers. Leurs droits fondamentaux sont limités. Parfois, ils n’ont plus de droits. Les NEM sont la figure la plus spectaculaire de ce processus. La bourgeoisie, toute la bourgeoisie et non seulement l’UDC, mène cette guerre sociale. Cette lutte exacerbée et radicale des dominant
s-es contre les dominés-es ne vise pas seulement les plus pauvres, les plus précaires, les plus fragiles. Elle constitue une politique de précarisation et d’asservissement de tout le salariat.

Coexistence pacifique avec l’UDC ?

Le projet de l’UDC est celui de toutes les classes dominantes de ce pays. Certes, il y peut y avoir entre les diverses forces politiques de la bourgeoisie des nuances, des différences tactiques, des objectifs plus ou moins nuancés. Mais l’essentiel est que toute la droite économique, culturelle et politique est alignée sur l’UDC pour mener la guerre sociale. Toutes les forces bourgeoises tirent parti de l’action de l’UDC pour faire avancer les intérêts généraux des classes dominantes, pour accroître l’exploitation.

La gauche de gouvernement et de paix sociale est directement associée à la politique menée contre les classes populaires et l’immigration. Elle gouverne, elle tire aussi parti du système, elle met en œuvre les politiques dites néo-libérales ou ultra-libérales. Le social-libéralisme a abandonné les classes populaires à leur sort et agit pour empêcher l’émergence de résistances et d'organisations. Cet abandon explique largement la séduction de l’UDC sur des secteurs populaires.

De la gauche classique, politique ou syndicale, seule une petite partie tente de résister à la bourgeoisie. Le réformisme traditionnel est isolé et affaibli. La gauche qui se veut radicale, de résistance, voire révolutionnaire, doit cesser de privilégier le terrain institutionnel et mettre ses forces dans la lutte sociale, dans la construction d’organisations populaires pouvant appuyer les démarches de libération et d’émancipation sur tous les terrains, sur tous les objectifs, pour toutes les revendications de l’égalité sociale.

Oser lutter !

La lutte contre le racisme et la xénophobie, contre le soft-apartheid d’État, contre le déni des droits fondamentaux, est inséparable de la résistance face une bourgeoisie en guerre sociale. Les classes dominantes mènent une évidente politique de classement et de division des dominés-es. Mais cette politique n’est qu’un outil pour l’asservissement généralisé des classes populaires.

La lutte pour l’égalité sociale est par excellence le terrain sur lequel se construit la communauté des dominés-es et des exploités-es. L’affirmation d’une alternative contre le capitalisme et le pouvoir des classes dominantes est une nécessité incontournable pour donner à nos luttes leur sens plein et aller de l’avant.

Action directe populaire et auto-organisation !
Lutte sociale contre l’asservisement !
Jeudi 11 octobre 2007
Jeudi 11 octobre 2007
Qu’a fait la police ?

76823911.jpgImposer une marche arrière dans la rue à l’UDC ne la fera évidemment pas reculer dans les urnes. Même si l’on comprend la joie des quelques agités qui ont réussi à faire faire demi-tour à Christoph Blocher et ses fans, les événements de samedi laissent un goût amer. Privés de leur parade dans les rues bernoises, les blochériens ont désormais beau jeu de crier aux atteintes à leur liberté d’expression. Et les images d’une place Fédérale saccagée sont du pain béni pour un parti qui pourra continuer à jouer les martyrs de la démocratie en flattant la fibre patriotique de son électorat. Il faut à cet égard s’interroger sur la stratégie de la police bernoise, qui avait pourtant annoncé s’être parée pour l’événement et avoir appelé des renforts. À partir du moment où l’UDC avait obtenu l’autorisation de se rendre sur la place Fédérale pour s’y rassembler, il paraissait évident que l’objectif prioritaire d’une opération de police devait consister à permettre à la manifestation de parvenir à son but sur un parcours sécurisé, et de tenir les trouble-fête à distance. Voir des hordes de casseurs pouvoir mettre à sac les abords du Palais fédéral, grâce à des forces de l’ordre leur laissant soigneusement le champ libre, relève dès lors du mystère difficile à percer. Un mystère d’autant plus épais que, si l’on en croit des déclarations de Pascal Couchepin, le Conseil fédéral se préoccupait depuis plusieurs jours des tensions annoncées autour de la manifestation de l’UDC. Et qu’un autre conseiller fédéral, l’UDC Samuel Schmid, en charge de la sécurité, se trouvait au Palais fédéral pendant ces événements. Un conseiller fédéral qui aurait dû prendre la parole au côté de son collègue Christoph Blocher, mais qui s’en est trouvé ainsi empêché. Ce qui doit plutôt l’arranger, à voir la distance qu’il s’ingénie, depuis quelques jours, à mettre entre son parti et lui, afin d’assurer sa réélection, le 12 décembre, dans tous les cas d’école… Les étonnants choix tactiques de la police bernoise ont eu des précédents.
77103231.jpg Par exemple un certain 31 mai 2003, dans les rues Basses de la Ville de Genève, laissées à la merci des casseurs par des forces de l’ordre aux abonnés absents. Ce qui avait permis dès le lendemain, lors des rassemblements anti-G8, d’assimiler dans l’inconscient collectif tout manifestant à un casseur potentiel, et de criminaliser le mouvement. Une dynamique qu’on pourrait fort retrouver ces prochains jours dans les polémiques que ne manqueront pas de susciter les déprédations commises à Berne. Au-delà des questions, reste l’essentiel, rendu presque invisible par les dégâts matériels qui monopolisent l’attention des médias. L’UDC n’a pas tout à fait rameuté les foules annoncées. Ils étaient un peu moins de 10.000, Pour la plupart très jeunes ou plutôt âgés, à l’image de ces catégories les plus fragiles de la population que l’UDC emprisonne dans ses peurs. Ils étaient rassemblés derrière Zottel, l’animal nauséabond que les amis de Christoph Blocher se sont choisi comme mascotte. En face, malgré la défection des principales forces de gauche, près de 3000 personnes ont réussi le pari de se réunir dans le calme pour condamner le racisme de la campagne de l’UDC. Cela prouve que, plus que dans la rue, les forces existent pour faire reculer l’UDC dans les esprits. Le combat doit se poursuivre. Pacifiquement, bien sûr. Mais avec détermination.

Didier ESTOPPEY, Le Courrier, 8 octobre 2007



swisstxt20071006.jpgCasseurs, vraiment ?
Quelques remarques sur l’échec de la marche de l’UDC
et réactions aux commentaires lus sur Indymedia


Concernant la liberté d’expression :
Tirer à balles en caoutchouc sur une foule (env. 500 personnes d’après les médias officiels) rassemblée sur la Krammgasse, attroupement qui était encore, à ce moment là, entièrement pacifique, afin de dégager le chemin pour l’UDC, est-ce vraiment privilégier la liberté d’expression ?

Enfermer 2000 personnes sur une place avec des jeeps à grilles de 3m de haut, avec des pandores armés de fusils perchés dessus, qui tirent sans hésiter dès que la foule essaie de quitter la place. Est-ce de la liberté d’expression et de la liberté de manifester ?

Combien de fois nous-a-t-on interdits d’aller manifester contre le WEF à Davos ? Interdiction soutenue en premier lieu par les politiciens UDC (mais aussi par ceux de droite et de gauche) !

Concernant les réactions politiques :
Force m’est de constater qu’en dehors de l’UDC et de la gauche qui tapent de concert sur les autonomes, en prétendant que tout le mal du monde est de leur faute, la droite, à commencer par Couchepin, regrette les débordements mais accuse l’UDC d’être celui qui provoque et ne fait que récolter la tempête bien méritée.

C’est du reste assez frappant de constater que c’est avant tout la gauche et l’extrême gauche qui entretiennent le mythe du casseur apolitique qui détruit tout par plaisir (cf. tous leurs communiqués de presse) et refusent de voir derrière les émeutiers, des militants politiques. Qu’ils soient d’accord ou non avec leurs méthodes et/ou leurs revendications est une chose, mais leur théorie (selon l’époque) du casseur, du black block zurichois ou des autonomes lyonnais (pour les plus vieux) responsable de tout c’est juste de l’aveuglement politique.


 À relever Samuel Schmied (conseiller fédéral UDC), qui, bien que passablement censuré par la presse, se distancie de la marche UDC à laquelle il a refusé de participer car il ne voulait pas défiler aux côtés de néo-nazis !

Concernant faire le jeu de l’UDC :
Peut-être (et encore cela se discute) cela fait-il un peu le jeu de l’UDC, mais c’est toujours mieux que de voir la Une des journaux avec Blocher porté triomphalement au Palais fédéral par le peuple. Et c’était ça la manchette alternative du Matin, si la marche pseudo-fasciste de l’UDC n’avait pas été bloquée.


Tout est question de symbole : l’UDC avait beaucoup misé sur l’image d’un parti gagneur, martyrisé par la classe politique, mais soutenu par le peuple et la rue. L’arrivée drapeau au vent au Palais fédéral devait illégitimer toute tentative de l’évincer du Conseil fédéral en donnant cette image de lui soutenu par la foule jusqu’au palais. Aujourd’hui la rue a dit non et l’UDC n’a pas ces images, il ne peut que jouer au parti pleurnichard qui ne peut pas se promener à Berne et que c’est la faute des méchants gauchos (alors peut-être marque-t-il des points mais certainement moins que dans l’autre scénario). Aujourd’hui l’UDC a l’étiquette UDC = émeutes et cela ne pourrait inciter une partie des votants à choisir des partis plus dans la tradition feutrée de la politique suisse.


563986.jpgConcernant les motivations politiques des manifestants (réponse à Dominique cf. post manif UDC) :
Et puis quant aux réalisations concrètes et au manque d’imagination c’est peut-être que tu ne regardes que du côté de la politique classique. J’ai l’impression, pour avoir discuté avec certain-es que la plupart des personnes présentes à Berne sont extrêmement investies dans des projets de vie quotidienne et ne cherchent pas à faire la révolution, à laquelle plus grand monde ne croit, ni à prendre le pouvoir, mais à se dégager suffisamment d’espace pour pouvoir développer des modes de vie alternatifs, quitte à être rejoints par ceux-lles qui le désirent. La politique politicienne ne les intéresse pas, elle est stérile, ils ne cherchent qu’à défendre la possibilité de construire un autre monde dans les interstices de celui-ci, pour tous ceux qui le veulent. Ils sont plus dans le concret que dans la théorie. Leur but n’est pas de se faire élire mais de continuer, et d’offrir la possibilité aux autres de pouvoir vivre différemment.

Mardi 13 février 2007
La Confédération nationale du travail (CNT) exprime son antifascisme historique en appelant à manifester samedi 24 février 2007 contre la convention nationale du FN qui se déroule à Lille Grand Palais les 24 et 25 février 2007.
    Seulement, pour notre syndicat, il n’est pas question de se joindre aux «forces républicaines» qui, à 3 mois des élections présidentielles, partent à la pêche aux bulletins de vote. Il n’y a pas eu de «coup de tonnerre» dans notre ciel le 21 avril 2002. La situation électorale actuelle est le fruit d’une évolution que nous n’avons pas découverte à cette occasion.
    En effet, la montée du Front national a d’abord servi des intérêts uniquement électoraux, lorsque le PS l’a utilisée pour diviser la droite, et pour rassembler autour de lui les autres partis de gauche.
    La montée du Front national a ensuite été la conséquence de ce qu’on a appelé la «lepénisation» des esprits, lorsque les politiciens ont permis aux propos démagogiques du FN d’atteindre une légitimité populaire. Car enfin, quand Le Pen parle de renvoyer les immigrés dans leur pays d’origine, de les priver de droits sociaux ou encore de casser les syndicats, n’oublions pas que ce sont les gouvernements de gauche comme de droite qui remplissent les charters, construisent des centres de rétention, votent des lois liberticides, envoient la police et l’armée pour stopper tout mouvement social, criminalisent les syndicalistes…
    La montée du Front national a enfin été la conséquence de la corruption et des mensonges des élus, des promesses non tenues, d’une gauche convertie à l’économie de marché, d’un syndicalisme institutionnalisé abandonnant les couches sociales pauvres.

Le combat que mène la CNT ne se fera certainement pas en appelant à voter pour qui que ce soit. Chaque adhérent fera à ce propos ce qu’il juge bon. C’est dans les entreprises, dans les quartiers, avec des organisations syndicales du monde entier que nous le menons, pour la construction d’un autre futur sans exploités ni exploiteurs, sans dominants condamnant à la misère la plus grande part de l’humanité.
    Car enfin, c’est sur ce terreau (le chômage, la précarité, la misère, l’exclusion et l’exploitation) que croît le fascisme. L’antifascisme de la CNT est indissociable de son anticapitalisme, tant il est évident que c’est la fin de l’exploitation qui sonnera définitivement la mort du fascisme.

Contre la tenue à Lille de la convention nationale du FN,
la CNT appelle à manifester sur ses propres bases :

— L’antifascisme est un combat quotidien (non aux récupérations politiciennes et électoralistes !) ;
— L’antifascisme n’est véritablement efficace que sur le plan économique et social (seule la lutte de classe peut contrecarrer le développement de l’extrême-droite !).

Rendez-vous samedi 24 février 2007 à 14h30,
porte de Paris, place Simon-Vollant (Métro Mairie de Lille).

CNT - Union locale interpro des syndicats de la métropole lilloise
1 rue de Broca, 59000 Lille - Métro Fives
Tél. 03 20 56 96 10 - Courriel - Site web régional
Permanence le mardi de 18 à 19h
Dimanche 17 décembre 2006
Le Progrès du 1er octobre 2006.

« Les militaires de la compagnie de gendarmerie de Saint-Claude étaient discrètement présents le long de la rue du Pré. Philippe de Villiers dispose de son propre service de sécurité, en l’occurrence un garde du corps. “Il y a des endroits où je ne peux plus me rendre, dit-il, mais j’ai la fierté de défendre mes convictions”. » (Le Progrès, 30 septembre 2006.)

Le Progrès du 17 décembre 2006.

Contact

Le Jura Libertaire
Au Coffre-Fortcoffre-fort.JPG
rue de Bonneville
(en face de l’I.M.E.)
F-39200 saintClaude

Activités
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