
Les OGM alimentaires font partie d’un nouveau marché hyper spéculatif, celui des biotechnologies où le vivant est cédé aux intérêts financiers via la brevetabilité des semences. Le transfert au privé de la recherche scientifique publique accentue cette course au profit et le manque de transparence qui l’accompagne. La lutte de la CNT contre ces OGM s’inscrit dans le cadre de son engagement syndical, anticapitaliste et internationaliste.
«Depuis sa création en 1978, la CNIL n’a cessé de faciliter et de légitimer l’exploitation numérique de nos vies.Des objectifs concrets de travail ont été exposés suite à la dissolution :
Main dans la main avec les gouvernements et les industriels, elle a concrètement travaillé à ce que l’inacceptable semble acceptable, en réduisant la liberté au contrôle des flux informatiques. Sa mission a consisté à endormir toute critique et toute révolte, en jugeant à notre place et en notre nom de ce qui pouvait porter le nom de liberté.
Loin de “protéger les libertés” comme elle le prétend, la CNIL favorise le développement du contrôle policier des populations via les nouvelles technologies dites “de l’information et de la communication” (TIC) : prolifération des fichiers policiers, vidéosurveillance, biométrie, fichage ADN, puces RFID, passeport biométrique, traçabilité des internautes, etc. “Les Français devront accepter un affaiblissement des libertés individuelles afin de renforcer la sécurité collective” : nous dit la CNIL en 2005.
Nous contestons la fonction prétendument protectrice de la CNIL, simulacre de contrepoids indépendant entre le pouvoir et les citoyens. Cet organe administratif avec ses 17 membres tous grands commis de l’État, ne mérite ni moyens ni compétences supplémentaires, mais sa dissolution pure et simple.»
Le bannissement de la biométrie et des puces RFID ; l’abolition de la vidéosurveillance sous toutes ses formes ; le démantèlement des fichiers de police (STIC, FNAEG, JUDEX, etc) ; l’abolition de la carte d’identité.Après deux heures de discussion, la direction de la CNIL a demandé aux employés de partir en congé et les a fait sortir, sous la surveillance de la police.
Depuis 10 heures ce matin, une soixantaine de personnes venues de toute la France occupe la Commission Nationale Informatiques et Libertés (CNIL) à Paris, 8 rue Vivienne, et annonce sa dissolution.
— Le bannissement de la biométrie et des puces RFID,
— L’abolition de la vidéosurveillance sous toutes ses formes,
— Le démantèlement des fichiers de police (STIC [1], FNAEG [2], JUDEX, etc),
— L’abolition de la carte d’identité.
[1] STIC : «Système de Traitement des Infractions Constatées», 23 millions de fichés.
[2] FNAEG : «Fichier National Automatisé des Empreintes Génétiques», c’est-à-dire fichier ADN, 500.000 fichés.
«Le marquage au fer des Indiens réduits en esclavage était devenu une pratique courante. En 1526, un décret royal parvint aux Amériques, stipulant que dorénavant, le marquage devrait être réalisé en présence d’un représentant de l’État, et une fois seulement que le statut de l’Indien concerné ait été vérifié. (…) Mais rien ne changea, bien que certaines sources indiquent qu’un gouverneur libéra un cargo d’esclaves que l’on envoyait illégalement aux mines. Avant de les remettre dans un bateau à destination de leur encomienda, il les fit marquer au fer rouge avec l’inscription “libre”, pour annuler le marquage au fer rouge du propriétaire illégal.»La CNIL fut créée en janvier 1978 par des bureaucrates, et dissoute en décembre 2007 par une partie du peuple.
Hans Koning, The conquest of America.
— Le pass’ navigo et ses nombreux avatars (décembre 2004),Jusqu’à la dissolution officielle de la CNIL en décembre 2007, rares ont été les habitants du territoire français à réaliser que l’on se moquait d’eux. Bien qu’on ait pu parfois entendre, au détour d’un bistrot de quartier, proférées avec lassitude, ces quelques sages paroles : «La CNIL ? Pfff… c’est du pipeau.»
— Les spams «dans le cadre professionnel» (mars 2005),
— Microsoft et Vivendi autorisés à utiliser des logiciels espions pour dénoncer les internautes usagers du peer-to-peer (avril 2005),
— La carte de fidélité biométrique (avril 2005),
— Les assureurs médicaux autorisés à constituer des fichiers de prescription de leurs assurés (AXA en 2004, Groupama et SwissLife en 2005),
— La biométrie dans les cantines scolaires (janvier 2006),
— Les entreprises de location de voitures autorisées à ficher les conducteurs auteurs d’infractions (juillet 2006),
— Le passeport biométrique,
— La biométrie faciale — reconnaissance automatique des visages par les caméras — autorisée «à des fins de recherche» (février 2007),
— Le dossier médical personnalisé, c’est-à-dire informatisé (mai 2007),
— Les compagnies d’assurances autorisées à mettre des mouchards électroniques dans les véhicules de leurs assurés (septembre 2007).
1) Mettre en place de façon provisoire, là où de nouvelles formes de surveillance numérique étaient créées, des contrepoids aussi futiles qu’elle-même.
2) Piloter en amont des projets industriels indéfendables de façon à les rendre compatibles avec le niveau de servitude médiatiquement annoncé comme acceptable [Un exemple parmi d’autres : Après avoir recalé le projet de la MAAF consistant à placer dans les voitures de ses assurés des mouchards électroniques, la CNIL a publié une norme simplifiée pour aider les assureurs à placer leurs mouchards sans être dans l’illégalité (mars 2006). Elle a en outre travaillé en partenariat avec la société AXA sur le même projet d’«adaptation de la prime d’assurance à l’usage réel du véhicule», aidant ainsi la compagnie d’assurance à contourner la loi (septembre 2007).].
3) Enfermer la question de la liberté dans une expertise incompréhensible de façon à désarmer toute opposition aux technologies informatiques.
D’abord, cette innovation remarquable : à dater du 1er janvier 2008 les bergers seront légalement contraints de pucer leurs brebis (cf. le texte du règlement européen en ligne sur Pièces et Main d’œuvre). On dit «brebis», comme on dirait cobayes. On sait que l’on fait d’abord aux bêtes ce que l’on fait ensuite aux hommes, en commençant par les plus faibles et démunis : les enfants, les vieux, les malades, les SDF, les nomades, les étrangers, les prisonniers. C’est tellement plus pratique pour la gestion du cheptel (cf. «Des moutons et des hommes» sur Pièces et Main d’œuvre).
Parmi les mensonges du techno-gratin figure en bonne place celui du «choix» que nous aurions d’accepter ou non telle ou telle technologie, en «citoyens libres», en «consommateurs avertis», en «individus rationnels», quitte à nous réfugier à la campagne pour «vivre en accord» avec nos idées, en cas de répugnance trop prononcée pour la vie technopolitaine.
Les bergers qui nous écrivent la lettre ci-jointe savent qu’il n’y a plus d’ailleurs : que les exploitants agricoles ayant évincé les paysans, ne sont guère plus que des sous-traitants de l’industrie agro-alimentaire, aux sols ravagés par les intrants chimiques, sous la surveillance tatillonne des satellites. En fait, le seul choix qu’il nous reste, c’est celui du refus. C’est celui qu’ils ont fait.
Et pour les connaisseurs :
“Do androids dream of electric sheep ?” (Philip K. DICK)
Nous, bergers des plaines, des causses et des montagnes, réunis pour notre sauvegarde, appelons toutes et tous à refuser les entraves électroniques. Nos troupeaux ne sont pas des machines et nous n’habitons pas dans des usines. Nous vous invitons à reproduire ce texte, et à en parler autour de vous.
Groupe nord ouest
Groupe sud-ouest : Bergères et bergers languedociens, rue du Port, 81500 Lavaur
Groupe sud–est : Léon Nampepusse, ancienne école, 84400 Sivergues

Camille a été relaxée par le tribunal de Mâcon ce mercredi — devant une salle solidaire (et fliquée) — : les gendarmes étaient hors-la-loi en lui imposant un dépistage biologique car la consommation de cannabis, déclarée par Camille, est du ressort du code de la Santé publique et non du pénal… C’est donc pas un des multiples crimes ou délits qui les autorisent à demander un prélèvement ADN.

Lire le compte-rendu de l’audience sur Rebellyon
Sur cette affaire, l’article de Lyon Mag’ de mars :
L’origine de cette affaire ?
Jacques Debray : Un soir de septembre 2006, Camille Baud, 26 ans, s’est fait contrôler par une patrouille de gendarmerie, alors qu’elle se trouvait avec son petit ami sur le parking d’un petit village près de Mâcon. Sans motif, les gendarmes ont fouillé la voiture et trouvé dans la boîte à gants une pipe à eau, qui sert généralement à fumer du haschisch. Ils ont alors arrêté le petit ami de Camille et l’ont placé en garde à vue avant de le relâcher avec un simple rappel à la loi. Mais le lendemain, Camille a été convoquée à la gendarmerie pour un prélèvement de son ADN. Ce qu’elle a immédiatement refusé.
Pourquoi elle a refusé ?
Mais pourquoi aurait-elle accepté de se soumettre à ce prélèvement ? Elle n’était coupable de rien et il n’y avait aucune preuve qu’elle avait consommé des stupéfiants. De plus, l’usage de stupéfiants n’entre pas dans la liste, pourtant très longue, des délits qui peuvent entraîner un fichage ADN.
Comment fonctionne le fichage ADN ?
Au départ, le fichage génétique a été instauré en 1998 pour ficher les délinquants sexuels. Mais les lois Sarkozy et Perben ont considérablement étendu le champ d’application du fichage ADN. Il est devenu possible en France de ficher quelqu’un sur une simple présomption de culpabilité. Et il suffit «d’indices graves ou concordants rendant vraisemblable qu’une personne ait commis une infraction». Exemple : le délit de «menace d’atteinte aux biens» peut entraîner un fichage ADN, ce qui explique que de nombreux faucheurs d’OGM ou des étudiants anti-CPE ont connu la même obligation de prélèvement.
En quoi le cas de Camille Baud est emblématique ?
Il illustre les dérives de ce type de fichage. Et ce genre de cas va forcément se multiplier. Car le problème aujourd’hui, c’est que les policiers et les gendarmes peuvent décider de prélever l’ADN de n’importe qui sans aucun contrôle des autorités judiciaires. Bref, c’est l’arbitraire le plus total. Et le fait que tout le monde puisse faire l’objet d’un fichage génétique montre qu’on dérive vers une société totalitaire. «Big Brother» s’est mis en marche et c’est inquiétant.
Ce que risque votre cliente ?
Refuser de se soumettre à un prélèvement d’ADN est passible de 15.000 euros d’amende et d’un an de prison ferme. En général, les tribunaux prononcent des peines d’amende symbolique. Mais c’est déjà trop quand on n’a rien fait d’autre que refuser un fichage arbitraire de son ADN ! D’autant qu’on n’a aucune garantie sur le devenir de ces données. Comment seront-elles utilisées, protégées ? Personne ne le sait et la Commission nationale de l’informatique et des libertés est impuissante vu le nombre croissant de personnes fichées. C’est pourquoi les juges ont un rôle essentiel pour une application de cette loi dans le respect des droits de l’homme. Si le tribunal relaxe cette jeune femme, les policiers sauront qu’ils ne peuvent plus faire n’importe quoi en matière de prélèvement génétique.


la querelle est close, de savoir si elle devait assurer le bonheur ou le malheur des hommes, tant il est évident qu’elle a cessé d’être un moyen pour devenir une fin. La physique moderne a pourtant promis, elle a tenu, et elle promet encore des résultats tangibles, sous formes de monceaux de cadavres. Jusqu’alors, en présence des conflits entre nations, voire du possible anéantissement d’une civilisation, nous réagissions selon nos critères moraux et politiques habituels. Mais voici l’espèce humaine promise à la destruction complète, que ce soit par l’emploi cynique des bombes nucléaires, fussent-elles «propres» (!), ou par les ravages dus aux déchets qui, en attendant, polluent de manière imprévisible le conditionnement atmosphérique et biologique de l’espèce, puisqu’une surenchère délirante dans les explosions «expérimentales» continue sous le couvert des «fins pacifiques». La pensée révolutionnaire voit les conditions élémentaires de son activité réduite à une marge telle qu’elle doit se retremper à ses sources de révolte, et, en deçà d’un monde qui ne sait plus nourrir que son propre cancer, retrouver les chances inconnues de la fureur.
Par sa dangerosité et la centralisation qu’il nécessite, par la culture de sûreté qu’il crée, commercialise et généralise, par les modes de subordination qu’il implique, le nucléaire, loin d’être un simple choix technologique, est partie intégrante des dispositifs de contrôle global de la planète. En quelques décennies à peine, le nucléaire a montré de quoi il était capable, depuis les victimes d’Hiroshima jusqu’aux catastrophes du nucléaire civil reconnues (Tchernobyl, Three Mile Island…), occultées (Windscale [octobre 1957, rebaptisée Sellafield], Kychtyn [accident de 1957 en URSS totalement occulté]…) ou évitées de justesse (Forsmark [Le 25 juillet 2006, la centrale de Forsmark, en Suède, est plongée dans le noir. Plus rien ne fonctionne, sauf le réacteur. Les générateurs de secours ne démarrent pas et la température du cœur grimpe : Tchernobyl n’est plus loin. Enfin, l’un d’entre eux accepte de redémarrer à la «manivelle»…]). Aujourd’hui, le nucléaire civil semble avoir le vent en poupe chez les gestionnaires capitalistes. Des projets grandioses, dont la réalisation dépendra de la possibilité des investissements financiers et des garanties des États, sont donc élaborés, comme l’EPR à Flamanville (réacteur civil français dit de troisième génération) ou bien encore ITER à Cadarache (projet international de réacteur à fusion nucléaire). Dans le domaine militaire, on assiste plutôt au développement d’armes miniaturisées pouvant être utilisées contre des populations aux quatre coins du monde, dans le cadre de «guerres préventives» et «d’opérations de police mondiale», bien que la possession de bombes classiques demeure l’un des objectifs des États et que les stocks de matières nucléaires constituent de réels dangers.