Nécrotechnologies, biométrie, etc.

Mercredi 18 novembre 2009

«Les choses n’ont pas été prévues ainsi». Voilà comment Claire Marin résume cette maladie mystérieuse qui s’est mise à hanter subitement sa vie à l’âge de 20 ans. Plus que de la maladie, elle développe le rapport que le malade entretient avec celle-ci. Éclairage sur quelques moments forts du livre, en compagnie de l’auteur qui a reçu le prix Jean Bernard 2008.

Le titre Hors de moi
[Éditions Allia] est une injonction à la maladie. Il a aussi une valeur de transcendance où l’auteur Claire Marin est la propre spectatrice de son mal. Il est enfin l’expression d’une colère. Claire Marin y raconte son rapport avec ce crabe qui la ronge de l’intérieur, une maladie auto-immune proche d’une polyarthrite rhumatoïde. Mais finalement, la maladie en tant que telle n’est pas le propos de son livre. D’ailleurs elle n’est jamais nommée, ou alors appelé pudiquement «Narcisse».


Sans glisser dans le pathos, elle développe son rapport à cette maladie, un rapport de haine et d’amour comme peuvent le ressentir les personnes touchées par l’anorexie ou la boulimie. « Il y a une ivresse de la douleur. Dans l’intensité de la crise et celle du soulagement lorsqu’elle cesse.»

Ainsi écrit-elle dans les premières pages : «Le discours de la maladie est presque toujours négatif, discours de la restriction et du renoncement. Il rappelle ce que l’on ne doit pas faire. Code de la vie, revu et appauvri […]. Mais la maladie réveille aussi une sensibilité qui s’était endormie. Tout devient plus émouvant.»

«Elle introduit un nouveau rythme. Non pas comme on pourrait le croire, le rythme lent de ceux dont le corps est freiné par les douleurs. Mais au contraire, elle accélère l’existence, elle contraint à une philosophie de l’instant présent, qui doit être intense, fort et sans concession.»

La maladie isole bien sûr. Elle isole d’autant plus lorsqu’elle est incurable, et que l’entourage, pourtant conciliant, présente des signes d’agacements malgré lui. «J’apprends à me taire. On ne comprend pas que je sois désormais incapable de vivre comme avant. On exige de moi que je mente. Je tais ma douleur aux proches, aux amis. Sans doute n’ont-ils pas cette impression. Même en me taisant, il se peut que j’en parle déjà trop.» Quant au malade qui vit chaque moment avec intensité, il s’interdit sans s’en apercevoir de se projeter dans le moyen ou long terme. «Le malade est idiot. Enfermé dans sa douleur, dans son corps qui le torture, dans sa tête obsédée par la maladie, ou possédée par la souffrance. Il ne parle plus comme les autres. Il ne conjugue plus qu’avec prudence ses phrases au futur. Il est un être du conditionnel.» Claire Marin, comme étrangère à son propre corps, réalise une description froide, à l’image du regard que porte le médecin sur son patient. Faiblesse osseuse, fonte des muscles, veines visibles sous la peau amincie par les corticoïdes , étrange habitude de se réveiller la nuit dans des positions absurdes «comme si les charnières de mes articulations s’étaient recroquevillées» écrit-elle, «giclées de douleur au creux des poignets, dans les bras, dans les hanches», perte de l’équilibre, perte de la capacité à écrire, sont quelques uns des symptômes d’une longue liste.

Claire Marin porte également un regard assez cynique sur l’accueil et prise en charge des patients en service hospitalier : «Je suis nue. Sur la table d’opération, sur ce lit d’hôpital, devant l’appareil de radiologie. On m’a dit d’attendre. Bientôt j’en aurai l’habitude. Je n’essayerai plus vainement de cacher derrières mes bras et mes mains, mes seins et mon sexe. Bientôt mon corps me sera indifférent. Je les laisserai me manipuler comme s’ils ne me touchaient pas. Quand ils aurons tout vu, tout exploré, il ne m’appartiendra plus. Il sera détaché de moi, définitivement converti en objet extérieur. Qu’y a-t-il alors d’étonnant à ce que je le méprise, le néglige, le maltraite ? N’est-ce pas ce qu’ils m’ont appris à faire ? […]»

«Lorsque l’on a été examinée pendant plusieurs années par des dizaines d’hommes et de femmes appartenant de près ou de loin au milieu médical, lorsqu’on les a vus nous observer comme un animal, nous ausculter avec curiosité, dégoût, nous manipuler sans égard, comme une chose, comme de la viande, nous piquer avec maladresse ou brutalité […], il reste la colère de l’humiliation.»

Élodie Courtejoie - Canal Académie, mars 2009.

Claire Marin est docteur en philosophie et professeur agrégé, ancienne élève de l’ENS.
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Jeudi 12 novembre 2009
Besançon : un couple mis en examen

Un couple qui refusait de voir son fils de 11 ans subir une chimiothérapie a été mis en examen.

Jeudi 12 novembre en fin d’après-midi, le couple qui avait été placé il y a deux jours en garde à vue pour avoir perturbé le bon fonctionnement du service d’hématologie pédiatrique du CHU, a été présenté à un juge d'instruction qui devrait le mettre en examen pour rebellion, outrages et injures à personnes exerçant une profession de santé.

Le couple, qui a en effet menacé deux médecins du service qui ont cependant refusé de porter plainte, devrait être placé sous contrôle judiciaire avec interdiction de se rendre à l’hôpital pour voir son fils qui fait l’objet d’un placement provisoire au Service d’aide à l’enfance.

Placé en garde à vue

Mercredi 11 novembre en début de matinée, un couple qui a été interpellé mardi 10 en fin d’après-midi parce qu’il perturbait le bon fonctionnement du service d’hématologie pédiatrique du CHU de Besançon, était toujours en garde à vue au commissariat de police. Le procureur de la République qualifie l’affaire de «très complexe et sensible». Alain Safar a poursuivi : «On se trouve devant une situation extrême.»

Le procureur de la République nous a confirmé que ce couple souhaitait récupérer son enfant de 11 ans qui souffre d’une tumeur car il s’opposait à ce que l’enfant subisse une chimiothérapie. Le personnel médical s’y est opposé, mais le couple a refusé de quitter le service comme il était invité à le faire. Face à ce refus, et devant l’impasse relationnelle avec les parents, le personnel a fait appel aux forces de l’ordre qui ont interpellé le couple pour «rébellion».

Il faut savoir que le juge des enfants, qui a été saisi de cette affaire en octobre, a pris une ordonnance de placement provisoire de l’enfant.

Leur presse (AP), 12 novembre 2009.
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Dimanche 25 octobre 2009

La maladie, c’est-à-dire, le mauvais fonctionnement de l’organisme, n’est pas le propre de l’homme. Les animaux aussi sont malades, et même les choses peuvent à leur manière présenter des défauts de fonctionnement. L’idée de la maladie comme anormalité est un grand classique, développé par la science médicale. La réponse à la maladie, principalement à cause de l’idéologie positiviste qui domine encore la médecine contemporaine, est celle de la guérison, c’est-à-dire, d’une intervention extérieure choisie sur la base de pratiques spécifiques, visant à rétablir les conditions d’une idée donnée de la normalité.

Pourtant, ce serait une erreur de penser que la recherche des causes de la maladie a toujours été mise en parallèle avec cette nécessité scientifique de rétablir la normalité. Des siècles durant, les remèdes ne sont pas allés de pair avec l’étude des causes, qui ont parfois été absolument fantastiques. Les remèdes avaient leurs propres logiques, surtout lorsqu’ils se basaient sur des connaissances empiriques des forces de la nature.

Plus récemment, une critique du sectarisme scientifique, incluant la médecine, s’est basée sur l’idée de la totalité humaine : une entité composée de divers éléments naturels — intellectuels, économiques, sociaux, culturels, politiques et ainsi de suite. C’est dans cette nouvelle perspective que les hypothèses dialectiques et matérialistes du marxisme se sont introduites. Cette totalité variablement décrite de l’homme nouveau, le vrai, qui n’est plus divisé en secteurs comme l’ancien positivisme nous y avait habitué, a de nouveau été enfermée par les marxistes dans un déterminisme unilatéral. La cause de la maladie a donc été considérée comme exclusivement reliée au capitalisme qui, en aliénant l’humain par le travail, l’a exposé à une relation distordue avec la nature et la «normalité», l’autre face de la maladie.

À notre avis, ni la thèse positiviste qui voit la maladie comme un mauvais fonctionnement de l’organisme, ni la thèse marxiste qui la voit comme résultat déterminé des méfaits du capitalisme, ne sont suffisantes. Les choses sont un petit peu plus compliquées que cela.

Tout simplement, nous ne pouvons pas dire qu’il n’y aurait plus de choses telles que la maladie dans une société libérée. Nous ne pouvons pas dire non plus que dans cet heureux événement, la maladie elle-même se réduirait à un simple affaiblissement de certaines forces hypothétiques qu’il nous reste à découvrir. Nous pensons que la maladie fait partie de la nature de l’état de vie de l’humain dans la société, c’est-à-dire qu’elle correspond à un certain prix à payer pour corriger les conditions optimales de la nature en vue d’obtenir la superficialité nécessaire à la construction des sociétés les plus libres.

Certainement que la croissance exponentielle de la maladie dans une société libre où la superficialité entre les individus serait réduite au strict minimum ne serait pas comparable à celle d’une société basée sur l’exploitation, telle que celle dans laquelle nous vivons aujourd’hui. Il en résulte que la lutte contre la maladie fait partie intégrante du conflit de classe. Pas tellement parce que la maladie est causée par le capital — ce qui serait une déclaration déterministe, donc inacceptable, mais parce qu’une société plus libre serait différente. Même dans sa négativité, elle serait plus proche de la vie, de l’être humain. Ainsi, la maladie serait une expression de notre humanité, tout comme elle est l’expression de notre terrifiante inhumanité aujourd’hui. C’est pourquoi nous n’avons jamais accepté la thèse simpliste que l’on peut résumer par le slogan entendu : «Faire de la maladie, une arme», même si elle mérite notre respect, notamment en ce qui concerne la maladie mentale.

Il n’est pas vraiment possible de proposer au patient un traitement qui serait exclusivement basé sur la lutte contre l’ennemi. Ici, la simplification serait absurde. La maladie, c’est aussi la souffrance, la douleur, la confusion, l’incertitude, le doute, la solitude, et ces éléments négatifs ne se limitent pas exclusivement à l’organisme, puisqu’ils attaquent aussi la conscience et la volonté. Élaborer de tels programmes de lutte sur ces bases serait tout à fait irréaliste et terriblement inhumain.

Mais la maladie peut devenir une arme si on la comprend à la fois dans ses causes et dans ses effets. Il peut être important pour moi de comprendre ce que sont les causes extérieures de ma maladie : les capitalistes et les exploiteurs, l’État et le Capital. Mais cela ne me suffit pas. Je dois aussi clarifier ma relation avec ma maladie, qui pourrait ne pas seulement être la souffrance, la douleur et la mort. Elle pourrait aussi être un moyen de mieux me comprendre, moi-même et les autres, ainsi que la réalité qui m’entoure et ce qui doit être fait pour la transformer ; aussi, avoir une meilleure compréhension des issues révolutionnaires.

Les erreurs qui ont été faites par le passé sur ce sujet proviennent d’un manque de clarté en raison de l’interprétation marxiste, basée sur la prétention de pouvoir établir une relation directe entre la maladie et le capital. Nous pensons aujourd’hui que cette relation est indirecte, c’est-à-dire, en prenant conscience de la maladie, pas de la maladie en général comme condition d’anormalité, mais de ma maladie comme un élément de ma vie, un élément de ma normalité.

Ensuite, place à la lutte contre cette maladie. Même si les combats ne sont pas toujours victorieux.

Alfredo M. Bonanno
Extrait du recueil Dissonances, paru chez Elephant Editions
à Londres en 2000 - Traduit par Non fides en octobre 2009.
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Vendredi 9 octobre 2009

«(…) Le cannabis enlève les douleurs, donne faim et aide à dormir ; cela m’a sauvé la vie sous chimio ; bon antidépresseur aussi — je parle que de mon cas là, mais je ne suis pas la seule avec la sclérose en plaques à le dire, pour les cancers et le sida aussi — ; c’est souvent pour faire passer les maux de la pathologie, mais surtout les maux des traitements (…)»

Atteint de la maladie de Crohn, interpellé comme un «terroriste» parce qu’il se soigne au cannabis sativa ! Quand la répression aveugle frappe durement les plus fragiles…

Cannabis Sans Frontières – Mouvement pour les Libertés s’élève contre l’arrestation, vendredi 2 octobre au matin, de M. Jacques Dupont [parce qu’il craint des complications pour sa famille et son entourage, de nouvelles poursuites judiciaires, parce qu’il ne veut pas que cette affaire nuise davantage à sa réputation et qu’il s’estime déjà lourdement sanctionné, M. Jacques Dupont apparaît sous un nom d’emprunt (comme lui, ils sont des milliers dans la clandestinité à subir une loi inique, victimes de l’hypocrisie)] et sa femme, et dénonce la procédure engagée contre lui pour consommation de cannabis.

M. Dupont est atteint de la maladie de Crohn. Il a choisi de soulager ses douleurs en ayant recourt au cannabis, qu’il cultivait chez lui à cet effet. Produisant du cannabis à seule fin d’apaiser ses souffrances physiques, il a été interpellé à son domicile au lever à 6 heures et demi du matin. À 7h20, il était placé en garde à vue. Et il devrait passer en jugement fin novembre.

Selon Jacques Dupont, sa douleur est efficacement soulagée par le cannabis — sans effets secondaires pénibles —, comme cela est reconnu en dehors des frontières françaises. Il a choisi ce type de traitement pour éviter les traitements «légaux», moins efficaces, et dont les effets secondaires sont parfois difficiles à supporter.

L’arrachage des huit pieds de cannabis sativa de Jacques Dupont correspond à une «mise en danger d’autrui» et s’apparente à de la «non assistance à personne en danger».

Nous continuons de dénoncer les points de vue dogmatiques de l’AFSSAPS (l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) et du législateur, exclusivement préoccupés d’une «morale» qui n’a aucune forme de pertinence dans la situation médicale parfois dramatique de personnes, comme Jacques Dupont, victimes de pathologies lourdes telle la maladie de Crohn ou la sclérose en plaques, entre autres…

En 2007, une étude de l’OFDT (Observatoire français des drogues et toxicomanies) relevait que la France compterait 200.000 autoproducteurs de cannabis. L’OFDT recensait alors soigneusement les motivations de ces cultivateurs «en placard» : la recherche d’une qualité garantie du produit, la peur d’être confronté aux nombreuses et fâcheuses conséquences du «deal de rue», l’économie réalisée par rapport au marché noir et l’entretien d’un réseau social et coopératif (dons, échanges, etc.)… Malheureusement, l’OFDT omettait une raison essentielle pour se livrer à l’autoproduction («autoculture» dans le vocable de l’OFDT) en dépit des risques légaux : l’automédication à des fins thérapeutiques.

À l’heure où le Mexique et l’Argentine ont décidé de légaliser la consommation personnelle de cannabis, alors qu’en Californie et ailleurs on discute d’encadrer le commerce de cette plante en lui appliquant un régime fiscal le normalisant, tandis que depuis plus de dix ans maintenant de nombreux États ont légalisé le recours à ses usages thérapeutiques, le harcèlement dont est victime la famille de M. Dupont est particulièrement scandaleux.

Rappelons qu’à l’instar de Jacques Dupont, ce sont des milliers de malades qui sont privés des soulagements que le cannabis peut leur procurer — et auxquels ils ont droit. Ce 15 octobre, c’est une personne atteinte de sclérose en plaques, Olivier Asetgiano, qui doit passer en jugement pour l’herbe qu’il cultive aussi à des fins thérapeutiques (cf. communiqué no 21).

Nul ne peut interdire à quelqu’un de recourir aux soins dont il a besoin.

Une pétition en faveur de la légalisation du cannabis à des fins thérapeutiques a été mise en ligne, ce mois d’août, sur le site lapetition.be. Une première initiative afin que cesse le scandale de cette médecine interdite.

Cannabis Sans Frontières – Mouvement pour les Libertés invite les personnes indignées par ce que vient de subir ce père de famille malade à signer cette pétition, à se joindre à la campagne pour la légalisation du cannabis thérapeutique, pour que les personnes atteintes de pathologies dont les traitements lourds sont difficiles à supporter retrouvent enfin leur dignité.

Que l’on rende ses plantes et son matériel de culture à Jacques Dupont pour qu’il puisse se soigner librement !

Cannabis Sans Frontières, 9 octobre 2009.
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Vendredi 9 octobre 2009
Police sanitaire ! Contrôle vaccinal !

Nous avons été prévenus depuis plus de six mois de ce qui nous attendait après la rentrée : une pandémie de grippe. Une pandémie spéciale, non pas parce que — les virus H1N1, ou d’autres, feront leur boulot habituel de virus — mais parce que les pouvoirs publics et privés menacent de frapper un grand coup : campagnes de vaccination massive, traitements anti-viraux systématiques, mesures de consignation des suspects, réquisition de tous les combattants, sur fond de bombardement médiatique intensif.
Pour plusieurs raisons que nous allons préciser ci-dessous, nous pensons que ces mesures ne sont pas pour l’essentiel motivées par des préoccupations de santé publique et que leur mise en œuvre ferait au contraire courir un risque sanitaire inconsidéré à la population. Plus gravement, nous pensons qu’elles constituent une nouvelle atteinte aux libertés civiles qui, si elle est acceptée sans résistance, ne manquera pas de constituer un précédent qui en justifiera de plus graves encore.

Les vaccinations et les traitements anti-viraux de masse

Les «autorités» — politiques, administratives, scientifiques, sanitaires, médiatiques, etc. — semblent vouloir présenter la vaccination forcée de millions de personnes sous diverses pressions comme une entreprise nécessaire. Il s’agit en fait d’une publicité mensongère sur des produits commerciaux élaborés d’abord pour le profit et accessoirement pour leur efficacité. Quant à leur innocuité… Il n’y a guère de vaccins ou d’anti-viraux qui n’aient leur triste histoire de «dégâts collatéraux» — poliomyélite, hépatites, etc. — que l’on ne manque pas de déplorer quand il est trop tard. Ces «bavures» criminelles, et régulières, ont pourtant une origine parfaitement connue : c’est l’autorisation de mise sur le marché, dans l’urgence et sous la pression des fabricants, de vaccins et d’anti-viraux qui n’ont jamais été sérieusement testés, ni du point de vue de leur efficacité, ni surtout du point de vue de leur innocuité. C’est la procédure ordinaire de mise sur le marché de produits industriels. Comme tout produit commercial, vaccins et anti-viraux sont renouvelés chaque année sans réel besoin, ou même imperturbablement diffusés à tour de bras pour épuiser les stocks. Les vaccinations à la chaîne et les traitements anti-viraux de masse sont la négation de ce que prétend être la médecine : ils diluent la responsabilité médicale et, plus gravement, ils réduisent à néant la liberté du médecin et celle du patient. Il y a une contradiction entre les prétentions de la médecine et sa réalité commerciale et industrielle. Les prescriptions à la chaîne, sans se donner le temps ni la peine de prendre des précautions personnalisées, sont des actes qui ne relèvent plus de la médecine, mais de la bureaucratie et du marchandage. Cette pratique médicale de masse, sa capacité à prévenir et à guérir de plus en plus contestée, inspire le doute. Comment faire face à la maladie ? Le vieux débat entre Pasteur et Bernard : «le microbe n’est rien, c’est le terrain qui est tout» est plus que jamais d’actualité.

Il faut sauver l’économie

«La société fonctionne comme un organisme pour lequel le maintien d’une activité économique contribuera à renforcer ses capacité de défense, voire sa survie.» (extrait du Plan national «Pandémie grippale», Service d’information du Gouvernement.) Parmi les raisons qui justifieraient la soudaine sollicitude des autorités pour les futurs grippés, on évoque les conséquences économiques effroyables d’une pandémie : journées de travail perdues, frais hospitaliers et médicaux, chute de la consommation, etc. Voilà des soucis assez cocasses dans un monde ruiné par cent ans de surproduction et de surconsommation. Serait-il si terrible que pendant quelques semaines les producteurs cessent de produire du béton et des automobiles, que les consommateurs désertent les centres commerciaux et les enfants leurs écoles ?

L’art de parler d’autre chose

Une pandémie, comme un ouragan ou une canicule, constitue une excellente diversion politique. C’est une catastrophe naturelle qui permet pendant une courte période, au nom de l’urgence absolue, de ne pas traiter de ce qui pourtant l’a produite ou l’a rendue possible : les conséquences logiques de plusieurs siècles de capitalisme, dont chacun depuis cinquante ans peut suivre les progrès en détail à la télévision.

«L’état d’exception sanitaire» et sa police

Le traitement médical autoritaire et la vaccination forcée de millions de personnes ne relèvent pas de la médecine, mais de la police. Une telle opération revient à enrôler médecins, infirmières, enseignants, secouristes, etc. comme agents supplétifs de la sécurité publique. Si les autorités parviennent à la mener sans encombre, nous pouvons être assurés que cette sorte de détournement de mission sera renouvelé sous d’autres prétextes. C’est ainsi que les situations d’exception se perpétuent, exactement comme on prolonge d’une année à la suivante, en les perfectionnant, les dispositions du plan Vigipirate.

Sécurité et liberté

Au nom de la lutte contre le «terrorisme», l’«immigration sauvage» ou l’«insécurité», on a imposé en trente ans des législations successives qui convergent toutes vers des restrictions des libertés. Il est désormais impossible de se risquer sur la voie publique sans avoir à justifier de son identité, de sa nationalité, de ses sources de revenu ou de son domicile. On nous annonce carrément, dans le cadre du plan Vigigrippe à venir, qu’il faudra désormais joindre à la paperasse indispensable qui gonfle déjà nos poches, un extrait de notre casier médical, un certificat de santé ou une attestation de soins, si toutefois quelque bureaucrate en blouse blanche ne nous maintient pas en quarantaine ou ne nous mobilise pas pour lui prêter main forte dans la chasse aux suspects de maladie et aux infectés récalcitrants. Les projet de réquisitions et de consignations constituent autant de menaces sur des droits et des libertés bien précis : liberté du travail, liberté de circulation et du choix de résidence et plus subtilement, des atteintes indirectes, telles que les droits de la défense lors de procès…

Nous en appelons à l’intelligence et au bon sens. Regroupons nous, organisons nous. Préservons collectivement notre liberté de soin. À bas la police sanitaire.

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Mardi 29 septembre 2009
Grande-Bretagne : une jeune fille meurt après un vaccin

Les autorités sanitaires britanniques ont temporairement interrompu aujourd’hui un programme de vaccination dans la ville anglaise de Coventry (centre), après le décès la veille d’une jeune fille de 14 ans survenu quelques heures après l’injection d’un vaccin contre le virus responsable du cancer du col de l’utérus.

Le Service national de santé (NHS) de Coventry a déclaré qu’il se donnait deux jours pour former les équipes de vaccination aux réponses à apporter concernant la sécurité de cette vaccination. «Nous espérons reprendre le programme dans les jours qui viennent», a déclaré le NHS.

La jeune Natalie Morton est morte à l’hôpital hier, quelques heures après avoir reçu le vaccin Cervarix, un vaccin qui protège contre deux souches du papillomavirus humain à l’origine du cancer du col de l’utérus. Elle avait été vaccinée dans son collège de Coventry. La jeune fille apparaissait en bonne santé avant l’injection. De son côté la principale du collège, Julie Roberts, a fait savoir que d’autres jeunes filles s’étaient senties mal après la vaccination, certaines ayant été renvoyées chez elles.

Le vaccin contre le cancer du col de l’utérus est couramment administré à des millions de jeunes filles en Europe et aux États-Unis. Aucun problème lié à sa sécurité n’a encore été rapporté.

Leur presse (AP), 29 septembre 2009.

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Lundi 28 septembre 2009
Le développement de l’éolien industriel en France, laboratoire mondial de la saloperie nucléaire, ne manque pas de sel. Il dévoile le mobile de la marchandise renouvelable et de ses défenseurs : la poursuite de notre asservissement industriel par d’autres moyens. Le pouvoir d’État ne s’en cache même pas : vous voulez du renouvelable, vous allez en bouffer ; mais vous continuerez à bouffer tout le reste. Les organisations autoproclamées «antinucléaires», quant à elles, ménagent et aménagent : elles prétendent vouloir sortir du nucléaire mais défendent la société qui le produit ; des grands groupes pétroliers et nucléaires, seuls à même de prendre en charge les infrastructures gigantesques que réclame l’éolien industriel, elles attendent davantage d’investissements ; de la technoscience, qui nous régale chaque jour de ses prouesses, elles espèrent davantage d’innovations. Dans le meilleur des mondes électrifié, l’heure est au «mix énergétique» : l’éolien ne remplace pas le nucléaire, il vient s’y ajouter et couvrir opportunément de vert les pollutions quotidiennes et les déchets éternels. Le renouvelable industriel tant prisé par l’écologisme ne sauvera pas «la planète», il ne fera qu’assurer le développement durable du capitalisme mondial.

Pour la société industrielle, produire de plus en plus d’énergie est une nécessité vitale. L’administration totale de l’existence à laquelle elle nous condamne pourrait cependant s’enrayer si on lui opposait énergiquement la question des besoins : les siens ne sont pas les nôtres.

La Coordination contre la société nucléaire vous invite à ce débat public le samedi 26 septembre 2009 à 19 heures, au CICP, 21ter rue Voltaire, 75011 Paris (métro Rue des Boulets ou Nation).


Collectif libertaire anti-nucléaire amiénois :
CNT-AIT - 8, rue des Cordeliers – 80000 AMIENS
Courriel du 16 septembre 2009.
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Jeudi 10 septembre 2009

Documentaire de Lina B. Moreco, 9 décembre 2008
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Lundi 27 juillet 2009

Professeur d’EPS et ancien entraîneur de Festina, Antoine Vayer dirige AlternatiV, une cellule de recherche sur la performance en Bretagne. Chaque semaine, il chronique le Tour pour Libération.


Contador, du kérosène dans les veines

La base 10 est la base de calcul référence en sciences, universellement utilisée par l’homme qui a les pieds sur terre. Il en existe d’autres, babylonienne, aztèque, voire indienne pour l’astronomie. Même la tête dans les étoiles, les repères existent et ces derniers nous ramènent depuis le boulier chinois au fait que 1+1 = 2. Il existe pourtant en juillet une «base Tour» où 1+1 = 2,6. Trente pour cent de gains en vingt ans d’EPO pour une modification du profil hématologique, voire génétique, que des milliers d’années avaient patiemment fait évoluer. Quel progrès pour l’amélioration du genre humain !

La VO2 (consommation d’oxygène) de Contador estimée après Verbier, c’est 99,5. Impossible, si l’on étudie la physiologie humaine. Comment faire décemment passer plus de 5 litres d’oxygène par minute dans un organisme ? Sauf avec du kérosène à base de sang, qui ferait tourner un 125 cm3 comme un 1300 cm3 ? Sauf en «base Tour», où la fable est racontée aux grands z’enfants que nous sommes par ceux qui, à quatre pattes, dévorent dans «la gamelle». Comparons en «base Tour d’Italie 2009» Danilo Di Luca, vice-roi du dernier Giro, deux fois positif à la Cera (une EPO de troisième génération, qui augmente le nombre de globules rouges), a grimpé à San Luca, au-dessus de Bologne, en 5’54’’ à 21,36 km/heure une pente à 9,7%. Ce qui correspond à six minutes à 100% de PMA (puissance pulmonaire maximale), 460 watts, soit 7,54 watts/kilo. Ce serait une VO2 de 94,5 millilitres par minute et par kilo pour Di Luca, à rapprocher donc des 99,5 de Contador.


La Cera, entre une foultitude d’autres produits et méthodes dopantes indétectables comme la transfusion de son propre sang, explique fort bien le «boost» de la performance. Contador est bien plus fort que la Cera en «base Tour». L’enchaînement exceptionnel d’une heure à 440 watts en puissance-étalon vers le Grand-Bornand, mercredi, pour les trois premiers du jour (Contador et les deux frères Schleck), sur les trois derniers cols (Araches, Romme, Colombière) de l’étape la plus dure de la Grande Boucle cette année, c’est presque du jamais vu.


Côté watts, c’est «amazing». Un humain s’est élevé dans les airs à 1864 mètres par heure sur une bicyclette dans un col de fin d’étape : Verbier, le 19 juillet. Et le bilan ? Huit coureurs terminent le Tour entre 410 et 440 watts de moyenne sur les principales difficultés du parcours. Comme le Ventoux, transformé par la «base Tour» en piste cyclable, et où une dizaine d’accélérations extraterrestres du pt’it Schleck, (celles-là même qui avaient «allumées» la polémique Rasmussen en 2007), réalisées bouche fermée, n’ont ému personne.


C’est comme au temps de la splendeur de Lance en 2004, son meilleur Tour. Avec son potentiel 2009, il n’aurait perdu que deux de ses sept Tours disputés contre lui-même. Il a maintenant des adversaires qui lui ont trouvé des jambes encore plus folles. Il faut redire les choses : le dopage est avéré à 410 watts, «miraculeux» à 430 et «mutant» à 450. Lors du procès Festina, j’avais été convoqué comme expert et témoin de moralité. Je parle de ce que je connais : la «base 10» et le dopage. Je continue de parler des conséquences des produits avec des coureurs, yeux dans les yeux. Ces démonstrations ont été corroborées par des aveux, des contrôles positifs et des décès. À quand un autre procès en «base 10», comme celui des Festina, didactique et pédagogique ? On pourrait même utiliser les urines stockées en France, qui peuvent être conservées légalement huit ans. On peut rêver d’un test de VO2 max pour Contador, dans la salle d’audience, avec un Oxycon (masque qui mesure le volume d’oxygène expiré). Le tout sur un vélo ergométrique doté de matériel embarqué mesurant les fameux watts. Laurent Fignon considère tout cela comme du «pipeau». La lutte et le discours antidopage ne sont pas confiés à des indépendants du monde sportif, comme l’expert allemand Franke ou le pape italien de la lutte contre le dopage, Sandro Donati. On vit la fable, on la subit aussi. Surtout les coureurs propres. Cela justifie les prix de la «base Tour», où la baguette tradition prend aussi 30% d’augmentation.

27 juillet 2009.




Des robots distancés par des extraterrestres

Avec Fred Portoleau, nos écrans étaient en mode veille technique cette semaine. Semaine avalée à une allure diesel d’enfer, sûrement pour ménager le vieux lion de 37 ans avec ses sept Tour de France à la ceinture et ses injecteurs un peu bouchés.

Après 15 étapes, la Grande Boucle estivale fonce à 40,783 kilomètres/heure de moyenne. On a toujours à l’esprit le record historique du Giro cette année, dont le profil était bien plus accidenté et difficile que celui du Tour : le tour d’Italie 2009 a été couru à la vitesse record de 40,14 kilomètres par heure. Un directeur sportif français (dont les coureurs gagnent) affirme que ces vitesses sont réalisées grâce aux vents d’ouest quand le parcours suit les aiguilles d’une montre. Hé-hé, le vent vient de l’est cette année, comme avec Sergueï Ivanov, son équipe Katusha et ses missiles russes. Le vent du levant qui souffle est celui des hormones de croissance, des EPO bio-similaires et des produits nouveaux dits «neurosensibles». Le Giro complètement toqué présageait le spectacle de juillet, qui ne l’est pas moins.


Raid splendide. Le Tour ? Un spectacle grandiose, mais je maintiens qu’il ne s’agit pas de sport car les règles sont tronquées par un doping organisé. Vous me direz : c’est pas nouveau ! Ce qui l’est, c’est que la traque aux dopés semble affaiblie. Vendredi, dans l’étape Vittel-Colmar, trente robots depuis Sonderbach, au pied du Platzerwasel, ont avalé à une vitesse infernale les 8,6 kilomètres d’ascension à 7,48 % de pente moyenne : 21,46 kilomètre/heure en poussant 420 watts, ce que je considère comme un dopage collectif avéré. De plus, ces trente robots ont été distancés par un extraterrestre, auteur d’un raid splendide : l’Allemand Heinrich Haussler, vainqueur ce jour-là à l’issu d’une échappée solitaire digne de celui de Tyler Hamilton (suspendu pour dopage) en 2003 à Bayonne ou de Michael Rasmussen (exclu du Tour 2007 pour avoir joué à cache-cache avec l’agence antidopage) sur le Ballon d’Alsace en 2005. Dès lors, on pouvait pressentir le pire.


Mais parlons de Verbier. Alberto Contador a été merveilleux avant-hier. Il a escaladé Verbier en 20’55’’, à 24,38 kilomètre/heure de moyenne depuis le Châble sur 8,5 kilomètres à 7,6% de dénivelé moyen. Soit 490 watts en puissance étalon… après cinq heures de vélo. La montée valaisane, relativement courte, pondère certes l’exploit. C’est à Bjarne Riis (aujourd’hui patron de la Saxo Bank des frères Schleck) et sa montée sur Hautacam en 1996 de 480 watts qu’appartient le record du monde du dopage. Le Riis d’Hautacam, c’est encore mieux qu’Armstrong du temps de sa splendeur. Et Lance ? Juste en dessous de ses meilleurs tours. À Verbier, entre lui et Contador, il y a sept autres extraterrestres. Dont les frères Schleck. Derrière, l’usage nouvellement légalisé des bons vieux corticoïdes permet à des gars de faire bonne figure à 425 watts plutôt que de finir comme à leur habitude dans le ventre mou. Un directeur technique national m’avait glissé il y a vingt ans qu’il fallait cela pour ne pas qu’«ils» passent aux produits «lourds», genre EPO.


Côté physio, on est gâté. Pour Contador : avec un effort de vingt minutes à 90% de VO2max, son poids de 62 kilos, sa puissance maximale aérobie serait de 493 watts, ce qui donne une consommation d’oxygène de 6,17 litres/minutes : 99,5 ml/min/kg ! Et le pied de la montée de Verbier a été torché après un «échauffement» de 200 kilomètres à 27 km/h. Des «repères» égaux à ceux de l’Anglais Bradley Wiggins, champion olympique de poursuite… sur un anneau plat et pendant quatre kilomètres seulement. Renversant.


«Un doigt». Et côté stigmates ? Les garçons arrivent sur les podiums frais comme des gardons, avec des petites grimaces pour nous rappeler qu’ils sentent tout de même un peu leurs jambes. On va vous donner quand mêmes quelques débuts d’explications. Qui tiennent à l’usage collectif de cocktails à base de neuroleptiques extrêmement puissants utilisés pour les syndromes maniaco-dépressifs. Notons l’usage d’anticonvulsivants, de médicaments hypertenseurs qui «régulent» la pression artérielle, mise à rude épreuve par les transfusions qui changent les volumes sanguins. Les preuves sont indirectes, comme peuvent l’être les watts. Mon ancien collègue prof d’EPS Manolo Saiz, en quittant le Tour avec les équipes espagnoles en 1998, avait dit : «On a mis un doigt, un doigt au cul du Tour.» Ce père spirituel de Laurent Jalabert et de Contador a ensuite pensé une bonne partie du cyclisme tel qu’il est aujourd’hui à travers le «Pro Tour». Avant d’être bêtement arrêté par les stups dans l’opération Puerto. Moi si j’étais sur Twitter comme Lance, j’écrirais par exemple : «Fist-fucking for doping-agency and police» [Approximativement : «J’encule les agences de lutte contre le dopage et la police»].

21 juillet.



«Même pas mal !» sur un Tour de récré

Tout est histoire de fréquence : à vot’ bon cœur, m’sieurs dames ! Celui de moult coureurs bat la démesure. Leurs pulsations cardiaques évoluent en moyenne entre 40 battements par minute (bpm) au repos et un maximum avoisinant les 190 bpm, si vous êtes jeune, car il «baisse» en vieillissant.

Beaucoup possèdent sur leur guidon un «cardiofréquencemètre» pour gérer cette marge et lire leur fréquence cardiaque transmise par télémétrie. C’est un vrai compte-tours de voiture. Mais il y a aussi un tour de passe-passe dans l’affaire dès qu’on regarde, le soir sur ordinateur, les courbes de ces fréquences qui épousent les profils des étapes. Parce qu’elles montent et descendent les courbes, un peu selon les difficultés naturelles et selon votre dopage. Le muscle creux penché à gauche dans la poitrine, souvent énorme et difforme chez les sportifs de haut niveau, mais adapté de manière biofonctionnelle pour «envoyer» plus d’hémoglobine à chaque contraction, a pour fonction de distribuer plus ou moins d’essence en fonction des besoins : du sang transporteur d’oxygène et de glucides dans les jambes dures.


Glandes. Là, le mélange explose dans les fibres plus ou moins rapides ou lentes, selon les anabolisants avalés l’hiver, et actionne les bielles-pédales. Le cœur serait commandé par les nerfs, reliés au cerveau forcément intelligent. Le cerveau ordonnerait donc l’injection de la pompe selon les informations reçues et transmises. Mais ces infos sont, disons, erronées à cause des produits chimiques qui détournent les signaux de douleurs reçus par l’athlète. Des glandes, dites sympathiques, fonctionnent et se développent ainsi presque toutes seules sans avoir à passer par le «tri» de l’encéphale. «Même pas mal !» comme disent les gosses à la récré.

C’est comme cela qu’un cancer peut se développer précocement ? Hum, c’est une piste sérieuse en tout cas. Un cycliste du Tour bien «soigné» n’a pas besoin de faire fonctionner son cerveau, seule la moelle épinière et une oreillette reliée au directeur sportif qui fait les comptes du jour suffiraient. Plus l’effort est censé être intense, plus la fourniture en «essence» est nécessaire et plus le cœur bat vite. Mais, au-delà d’un certain «régime moteur», il existe logiquement un seuil de fréquence cardiaque limitant, au-delà duquel tout devrait devenir difficile, voire impossible : l’organisme devrait «toxiner» à certaines vitesses et puissances fournies et faire «dérater» le mécanisme. Or, si ça dérate chez certains coureurs, ce n’est pas le cas de tous, n’est-ce pas ?

Chaque accélération brutale en danseuse au-delà, disons, de 170 bpm pour un cas moyen devrait forcer le coureur à se rasseoir sur sa selle. Il zigzaguerait, alors dans un monde réel et non virtuel. Qu’est-ce que je vois ? De la souffrance certes, mais pas partagée de manière équitable. La dream team Astana a peut-être trouvé, par une technique d’entraînement révolutionnaire, le moyen de respirer la bouche fermée dans les cols. Qui sera susceptible un jour de nous dire de clairement l’abus, l’excès, la duperie ? Qui pourra nous le dire, hein ? Peut-être les néoentraîneurs qui exercent le plus jeune métier du monde ? Comme par exemple le Néerlandais Merijn Zeeman, directeur sportif de Skil-Shimano. Cette équipe qui a obtenu une wild card pour participer au Tour parce qu’elle a donné la garantie de ne compter que des coureurs qui ne se dopent pas, ou plus, et qui n’ont pas cette possibilité de s’ouvrir les portes de «l’exploit». Mais c’est pas demain la veille qu’on ouvrira la boîte de Pandore à l’intérieur du peloton. Le premier de ses coureurs est positionné aux alentours de la 100e place au classement général. Skil-Shimano ne rêve à rien, juste de finir. Au classement par équipes, après une semaine, elle se trouve bonne dernière, déjà à près de deux heures.


Podium. Je n’arrive pas à m’enlever de la tête des grands faits d’armes du vélo : le triplé victorieux de l’équipe Gewiss, préparée par le docteur Ferrari, dans la Flèche wallonne en 1994, le podium Ullrich-Vinokourov-Klöden aux JO 2000 ou encore la démonstration de la force collective des Festina dans le col de la Croix-de-fer sur le Tour 1997. Nous n’avons encore rien vu sur le Tour de comparable avec cela, sauf l’équipe de Lance Contador et Alberto Armstrong. Reste que les électroencéphalogrammes sont plats : il n’y a pas eu de montagne dans les Pyrénées, l’Agence française de lutte contre le dopage est muette, et l’équipe Astana a contrôlé la course et ménagé les bpm de chacun. Pourquoi domine-t-elle de la tête des jambes ? Parce qu’elle a un cœur qui bat la mesure. C’est simple, non ?

13 juillet.



Chargés comme des mules

Male sanus in corpore inhumano : un esprit malsain dans un corps inhumain. «L’athlète» qui va «voler», comme on dit dans le jargon, dans les cols du Tour 2009, à Arcalis ou au Mont Ventoux, va certainement illustrer cette citation placée au cœur du sport de haut niveau. Tout s’y prête. Vous-même, avec un petit chronomètre, allez pouvoir le vérifier. Pourquoi cela changerait-il aujourd’hui ? Mentir effrontément est à la portée de tous, coureurs, journalistes ou organisateurs. L’hypocrisie est devenue une condition nécessaire et suffisante pour participer au cirque moderne de l’arène hexagonale, sorte de bocal de pharmacien où les piranhas se nourrissent de leurs déjections.

«Donkeypower». Depuis le début des années 1990, les produits ou méthodes qui oxygènent le sang, combinées à toutes les autres médications toxiques de plus en plus décrites par les anciens «champions» permettent aux leaders de produire sur leur deux roues une puissance, exprimée en watts, presque double de celle d’un âne du début du siècle tirant une charge et équivalente à celle fournie par une machine de propulsion à vapeur, avant l’invention de la propulsion mécanique.

Le célèbre «donkeypower», ou l’âne-vapeur, vaut officiellement 250 watts. Depuis des années, nous vous parlons avec Frédéric Portoleau, ingénieur, d’un «étalon vélocipédique» de 78 kilogrammes. Cela nous permet facilement de disséquer et de comparer les performances barbares dans les cols et dans l’histoire. On a ainsi défini une autre unité, le «cyclopower» : 410 watts. Ça ressemble à un 9 secondes et 7 dixièmes sur 100 mètres en athlétisme. Vous voyez Ben Johnson ? Disons qu’il y a toujours dans le peloton une grosse poignée de Ben Johnson, mais avec des taux de graisse de moins de 8% et des muscles bouffés par les corticoïdes dont l’usage est légalisé dans les faits depuis cette année.



Cette unité, le cyclopower donc, c’est celle du dopage avéré, incontestable en cyclisme. On se souvient qu’à partir de 1991, le docteur espagnol de Miguel Indurain, Sabino Padilla a obtenu une série de cinq victoires avec, en 1996, une vraie concurrence puisque plus de onze coureurs d’alors ont très largement dépassé la barre du cyclopower dans les cols finaux ciblés pour la mesure. Beaucoup «d’ânes» inconnus sont ainsi devenus des chevaux de course respectés dans le milieu en passant par le scanner de l’étalon.


En leur temps, les docteurs Heinrich et Cecchini ont aussi entretenu l’illusion avec des performances de la même veine. 1998 est une parenthèse. Pantani a dépassé les doses prescrites et n’est plus là, hélas, pour nous en parler. On se souvient que le magnanime dottore Ferrari a assis sa notoriété dès «le Tour du renouveau», en 1999, laissant place finalement au docteur Fuentes. Côté industrie pharmaceutique, Amgen, leader mondial de l’EPO, s’est offert une danseuse : le sponsoring du Tour de Californie avec l’objectif de dépasser un jour notre Grande Boucle. Mais Amgen est concurrencé en ce moment par des firmes qui produisent déjà des micropeptides ou modulateurs musculaires en phase d’expérimentation et qui portent pour l’heure des noms de code.


Dans les cols franchis en cours d’étapes on est capable de mettre en lumière un dopage collectif. Et comment ? On a ainsi vu passer quarante coureurs dans le col d’Aspin en 2004 développant 1,05 cyclopower (CP), barre du dopage dit «miraculeux». Au Tour d’Italie, tour de chauffe, cette année, trente-trois «équipiers» ont passé groupés la montée de San Martino di Castorza à 1,05 CP. Plus de sept leaders dans les cols finaux ont fait une moyenne à 1,05 CP.


Sur canapé. Comment procède-t-on ? Comme vous, devant votre télévision : on enclenche le chronomètre au point de départ précis référencé pour les principales difficultés du Tour 2009 et on l’arrête au sommet. Nos mesures tiennent compte de paramètres abscons mais tout à fait scientifiques comme, entre autres, la surface frontale, le coefficient de roulement, le pourcentage de la pente, la densité moyenne de l’air. Dans votre canapé vous allez vous surprendre à détecter «l’excellence», celle qui permet de franchir la barre du 1,1 cyclopower, soit 450 watts. Eh, ouais, c’est le Tour ! Je vous fais grâce d’autres calculs scientifiques qui reposent sur la connaissance de la physiologie humaine comme la VO2 max, l’index d’endurance, la biologie, etc. De sorte que vous pourrez dire que vous avez vu, de vos yeux vus, le dopage «mutant» qui fête son grand retour cette année. Et c’est ainsi que les valeurs anormales sont devenues la norme.

4 juillet.
Antoine Vayer - Libération

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Vendredi 18 juillet 2008
De la décharge de Solérieux au Tumulus du Tricastin

De nos jours, les hommes politiques rivalisent d’imagination dans leur guerre sans merci pour la sécurité du citoyen car il faut occulter le présent.

Pourtant, nul besoin de chercher un hypothétique ennemi. Celui qui terrorise est déjà là, agissant. Il terrorise et interdit de boire aux sources naturelles, de manger le poisson pêché là, d’accomplir tant de gestes évidents, gestes simples d
une vie où le danger nest pas dans leau que lon boit, lair que lon respire ni la terre que lon foule.

Celui qui déverse son poison goutte à goutte, distille déjà l
uranium dans les rivières et oblige ainsi les populations à se priver dy boire, de sy baigner, de prendre du poisson et dirriguer les terres agricoles. Pour tranquilliser les esprits, l’État prend des mesures qu’il voudrait drastiques et préventives. Mais, la prévention est de pure forme. Il ny a pas dinterdiction préventive à la circulation pour luranium, de son utilisation dans les centrales à son enfouissement plus ou moins contrôlé et polémique en tant que déchets radioactifs [Plusieurs tonnes de déchets radioactifs seraient enfouis sous un tumulus à Pierrelatte].

L’attaque intime du nucléaire

Nous sommes rendus impuissants. Obligés de nous retirer de la vie simple : de ne plus boire, de ne plus nager dans les cours d
eau, et bientôt de nous tenir cloisonnés pour éviter de respirer des substances nocives. Notre impuissance face à linjonction qui nous est faite daccepter la pénétration de ces corps étrangers — radioactivité — pour le bien de tous, pour notre confort. L’État nous oblige à accepter ce qui détruit notre corps dune manière irrémédiable et que les tenants du nucléaire voudraient que nous considérions comme aussi inéluctable que la vieillesse. Violence de lattaque envers nous, ce qui nous est propre, pour linfester ou lanéantir. Car désormais, vieillesse des centrales et sous-traitance aidant, les centrales nucléaires vont avoir de plus en plus de mal à passer pour les sources dénergie propres que présente l’idéologie nucléariste. Elles laissent échapper de toutes parts leurs particules nocives.

Les scientifiques le disent bien haut : «La possibilité d
un accident nucléaire grave en France nest pas une lubie des antinucléaires, les officiels ladmettent depuis longtemps». Ils ladmettent et le préparent dans le cadre du Codirpa [«Comité directeur pour la gestion de la phase postaccidentelle dun accident nucléaire ou dune urgence radiologique» : créé en 2005, neuf groupes de travail réunissent 130 experts (Commissions locales d’information, associations, élus, agences sanitaires, organismes d’expertises, autorités)]. Alors, plutôt que darrêter immédiatement les centrales nucléaires on réfléchit à la manière de traiter cet accident futur. On prépare la survie en milieu contaminé.

On nous prépare à être pollué dans l
intime de notre être, à être modifié dans nos gènes, dans linvisible de ce qui constitue notre corps, cette ultime enveloppe qui nous appartient encore quand nous navons plus rien dautre. Dans la violence générale quune majorité des humains subit, une frange du pouvoir a décidé que la pénétration du radioactif dans notre corps nétait pas importante en comparaison avec les énormes gains financiers que les centrales nucléaires représentent. «La radioactivité existe déjà à létat naturel.» Mais confond-on le viol avec un acte sexuel damour ou de désir ? La violence de la destruction de lun est-il comparable à la violence des ébats de lautre ? Jusquà quand serons-nous impuissants dans cette guerre intime menée contre nous ?

Tant qu
on ne sortira pas de la soumission volontaire à cette société du nucléaire, tant quon ne cessera pas daménager la catastrophe inéluctable, l’État et les entreprises capitalistes continueront leurs combats contre lindividu.

Arrêt immédiat du nucléaire !

Top Seveso & Le Laboratoire
Tract distribué à Valence le 17 juillet 2008.
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Samedi 21 juin 2008

Le tract reproduit ci-dessous a été diffusé à la manifestation du 26 avril 2008 en commémoration de Tchernobyl ayant eu lieu à Brest, organisée par le réseau Sortir du nucléaire et quelques associations et partis.
Critique de la forme de la manifestation et du fond des revendications, il propose d’autres pistes pour en finir avec le nucléaire et son monde. Il devrait être suivi d’une version plus longue, plus aboutie et moins soumise à l’actualité.
Section Vitale Autonome, 5 mai 2008.

Bas les masques !

«Voici bien l’une des indéniables originalités de la société actuelle : les remèdes quelle met en place nexistant quen raison des vices quils sont censés combattre, les premiers ne visent finalement quà la perpétuation des seconds ; et le caractère paradoxal de cet axiome ne lempêche pas de se vérifier quotidiennement, à tous les échelons, rien n’étant épargné : de la médecine à la politique en passant par la consommation marchande en général et les centres de satisfaction sexuelle en particulier. Cest sous cet aspect aussi que les catastrophes alimentaires, énergétiques ou écologiques savèrent trop semblables pour être considérées séparément : et comment ne seraient-ils pas si semblables, ces excès inséparables dune même démence économique toute puissante ? Qui dira le respect morbide et médiocre dont font preuve les gouvernants et responsables de tous bords quand, zélés serviteurs dun système radicalement opposé à lhomme, ils reconnaissent avec une admiration déférente, dans chacune de ces aberrantes impasses, la grimace cynique de leur seigneur, la “loi de la valeur” ? Plutôt périr en masse que remettre en cause un tel objet de culte : les chiens rentrent la queue et baissent leurs oreilles quand résonne la voix de leur maître.
Si donc, comme il est constatable, le personnel politique de notre époque présente une dégradation encore pire que celle subie par la saveur des légumes ou laspect des plages, ce nest pas uniquement dû au fait quil partait, dans cette évolution, de qualités initiales inférieures. Il sagissait pour lui, à lorigine, de ne pas toucher à la domination économique dans ce quelle avait dessentiel, et de ne discuter que de quelques à-côtés ; or à présent, cette domination sest étendue précisément à tous les anciens à-côtés, et le champ daction des histrions politiques a littéralement disparu : ils nauraient donc, en toute logique, quà disparaître eux-mêmes, ces masques désuets dune comédie sans objet ; mais ils restent, et resteront jusquau bout, en faux frais dune économie basée sur bien dautres mensonges encore.» [Tchernobyl, Anatomie dun nuage, éditions Gérard Lebovici, 1987, anonyme]

Ce livre qui, selon les dires de son auteur, était decidé à universellement déplaire, nous renseigne non seulement sur ce qu
a été la catastrophe de Tchernobyl, sur les manipulations des États et des nucléocrates, mais également, et par anticipation plutôt que par mention explicite (et pour cause ; nous sommes en 2008), sur la nature de la dite opposition au nucléaire aujourdhui. De tous côtés, il y a soumission à léconomisme, par linexistence de sa remise en question. En 1987, un certain réseau Sortir du nucléaire nexistait pas encore. Celui-ci nest né quen 1997. Rappelons quil nest pas le mouvement antinucléaire, mais seulement une de ses composantes. Ce dont nous ne pouvons quêtre déçus, cest quil porte aujourdhui des masques. Sont-ils ces «masques désuets dune comédie sans objet» ? Ils sont incontestablement médiatiques. La commémoration, que lon nous sert en ces temps de quarantième anniversaire dun certain mai, est dans ce dernier cas une tentative denterrement. Nul doute que les intentions du Réseau, et de toutes les associations se réclamant de lantinucléaire aujourdhui, ne sont pas denterrer Tchernobyl.

Effectivement, nous ne devons pas oublier ce qu
il sest passé durant ces journées davril 1986. Mais lauteur de ces quelques lignes se pose cette inévitable question : est-ce que porter des masques est utile à quelque chose ? Le nombre de victimes lié à ce quil est convenu dappeler un accident chez les nucléocrates, comme si ceci était naturel — des accidents arrivent, cest la vie —, ne cesse daugmenter. Mais il arrive moins souvent que soit mentionné le programme européen ETHOS (aujourdhui CORE) visant au final à faire accepter à la population locale les conséquences de lincident. Présentation de ce programme : «Vivre sous Tchernobyl, c’est réapprendre à vivre, à vivre autrement, intégrer au quotidien la présence de la radioactivité comme composante nouvelle de l’existence.» Ces propos profondément humanistes nous amènent à réfléchir sur ce quest le nucléaire aujourdhui, au-delà dune interprétation uniquement écologiste.

Le nucléaire n
est pas simplement une source dénergie qui pourrait être remplacée par des éoliennes industrielles. Silence, on tourne !, Lettre ouverte à la revue écologiste Silence ! et aux admirateurs des éoliennes industrielles récemment construites en France», in Notes & Morceaux Choisis no 5, p. 18] Il est ce qui amène lexistence à changer. Toute critique avant tout technique ou scientifique, comme celles publiées en grand nombre par le Réseau, fait limpasse sur le fait que cette industrie sest imposée sous prétexte de la crise pétrolière [Histoire lacunaire de l’opposition à l’énergie nucléaire en France, éditions La Lenteur (127, rue Amelot - 75011, Paris), 2007, Association contre le nucléaire et son monde - Présentation, p. 11], et que les États et une technocaste servile, après avoir imposé le risque quotidien de la catastrophe nucléaire, prétendent la maîtriser. Ils ont construit des monstres d’uranium et dacier quils affirment aujourdhui contrôler. Ils ont imposé le désastre, et se permettent davoir la prétention de pouvoir nous en sortir… À grand coup de simulations, par exemple, à Grenoble [«8 avril 2008 : Simulation d’accident nucléaire à Grenoble et Fontaine. Les cowboys sauveront-ils les cobayes ?»], pour ce qui est de la France. Le comité Irradiés de tous les pays, unissons-nous ! [in Histoire lacunaire de l’opposition à l’énergie nucléaire en France, p. 129], constitué en 1987 à la suite du désastre dont il est question aujourdhui, nous rappelle que «ce quaucun tyran navait jamais réussi : imposer sa domination pour 24.000 ans (demi-vie du plutonium 239), le nucléaire y est parvenu.» Nous savions que le nucléaire était dangereux ; nous savons maintenant quil est un instrument de contrôle social au service des États. Quoi de plus irréaliste alors que de leur demander gentiment la sortie du nucléaire ?

Nous ne devons pas non plus oublier que le nucléaire s
inscrit dans une société de surconsommation, qui pour survivre, a besoin de créer du besoin, dengendrer de linutile, qui au fil du temps, des campagnes de marketing et des résignations quotidiennes, devient nécessaire. Des centrales, nous nen voulions pas. Aujourdhui, nous en avons besoin. Toute critique du nucléaire qui oublierait de considérer dans son ensemble la société qui la engendré ; qui ne critiquerait pas en même temps que le nucléaire le capitalisme, l’État et la science, serait une impasse. Lenjeu est trop important pour laisser le mouvement antinucléaire apparaître comme étant un carnaval.

Ces quelques critiques énoncées à l
égard du pouvoir et dun dit contre-pouvoir ne sont pas suffisantes en elles-même. Ce texte doit être considéré avant tout comme une proposition. En France, il existe quelques collectifs et revues critiquant la société nucléaire dans son ensemble [ACNM citée plus haut ; la Coordination contre la société nucléaire (c/o CNT-AIT, BP 46, 91103 Corbeil Cedex) publiant un Bulletin — deux numéros parus à ce jour, le deuxième aborde la question de la gestion de crise ; le Collectif radicalement antinucléaire publiant la feuille Haute Tension Revues téléchargeables]. Cest de la refondation d’un mouvement antinucléaire dont il s’agit, sur des bases encore soumises à la discussion. Pour l’instant, ces bases pourraient être : œuvrer pour un arrêt immédiat du nucléaire, refuser la spécialisation et la hiérarchisation des luttes, refuser la collaboration avec les appareils politiques soumis à une logique d’État, refonder une critique radicale du nucléaire et de son monde, tirer les conséquences des échecs des luttes antinucléaires passées.

Un vengeur non-masqué, not so far away from Brest-Litovsk.
Contact : Section Vitale Autonome.
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Lundi 7 avril 2008
Dijon - biométrie : collèges taggés et fermés

Le jeudi 3 avril au matin, les collégiens des deux établissements scolaires de Côte-d’Or ayant choisi de faire installer des bornes biométriques (Les Lentillères à Dijon et Rostand à Quétigny), ont trouvé les portes de leur établissement fermées à l’aide de superglu dans les verrous et les murs repeints de tags «Non à la biométrie !» et «Biométrie = Fichage = Prison». Cette initiative s’inscrit sans doute dans un soutien à la campagne nationale contre la biométrie initiée actuellement en France. Quand les collèges se transforment en prisons et en laboratoires d’acclimatation au contrôle social, fermons-les !

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Jeudi 20 mars 2008
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Les OGM alimentaires font partie d’un nouveau marché hyper spéculatif, celui des biotechnologies où le vivant est cédé aux intérêts financiers via la brevetabilité des semences. Le transfert au privé de la recherche scientifique publique accentue cette course au profit et le manque de transparence qui laccompagne. La lutte de la CNT contre ces OGM sinscrit dans le cadre de son engagement syndical, anticapitaliste et internationaliste.

Lutte anti-OGM et action syndicale

Outre les dangers écologiques et sanitaires, il nous semble important d
un point de vue syndical de dénoncer lembrigadement des travailleurs de la terre dans la spirale de lindustrialisation à outrance de lagriculture. Dans ce domaine, nous citerons la «Politique Agricole Commune» qui devait, lors de sa première mise en place en 1962, ouvrir un avenir radieux. Au final, ce ne sont que surendettement des paysans, ainsi que pollution des sols et des nappes phréatiques, qui en résultent.

Droit à une alimentation saine pour tous et toutes

Nous (salariés, travailleurs en formation ou privés d’emploi) voulons pouvoir bénéficier d’une alimentation saine et en quantité suffisante. Nous refusons une société à deux vitesses où les aliments de qualité sont réservés aux nantis et la nourriture industrielle contenant les OGM aux plus pauvres.

Pour une auto-suffisance alimentaire des peuples

Nous ne sommes pas dupes de l
argumentaire pseudo-humanitaire libéral selon lequel les OGM seraient la solution à léradication de la faim dans le monde. La vraie cause des famines est la disparition des cultures vivrières au profit de monocultures d’exportation imposées par l’OMC. La souveraineté alimentaire des peuples ne doit pas plier sous la volonté des multinationales agroalimentaires. Les OGM ont été créés et commercialisés sur un court terme, non pas dans un élan humaniste mais malheureusement et simplement pour réaliser un profit maximal.

Confédération nationale du Travail
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Dimanche 23 décembre 2007
Comment protéger notre vie privée dans un monde où la traçabilité explose ?

Il y a deux ans, le professeur Sandy PENTLAND du MIT a fourni une centaine de téléphones à ses étudiants, des téléphones équipés d’un logiciel permettant à l’équipe du professeur PENTLAND d’étudier les interactions entre leurs possesseurs. Le professeur PENTLAND et son assistant, Nathan EAGLE, ont ainsi développé un modèle de réseau social plus précis et plus nuancé que ceux construits à partir d’interviews. Leur étude leur a permis de modéliser, à partir de nos comportements téléphoniques, la qualité de nos relations sociales et même d’apporter des résultats de modélisations plus personnels, comme la mesure de notre satisfaction au travail.

L’analyse des données issues de nos téléphones mobiles ouvre de nouveaux champs d’études, dont celui de la «fouille de la réalité» (reality mining), comme l’explique le professeur PENTLAND dans un passionnant entretien accordé à la Technology Review. Ces données ne vont pas servir seulement à tracer nos interactions sociales, mais nous aideront demain à mieux gérer et concevoir notre environnement, à mieux comprendre les flux qui le parcourent. À l’exemple de l’expérience Real Time Rome qui permettait de cartographier les flux de personnes dans la ville de Rome via les mobiles de ses habitants. Sur le même principe, PathIntelligence qu’évoquait récemment TechCrunch permet d’analyser, via les signaux des téléphones mobiles, les déplacements des clients dans des espaces commerciaux. Et ce ne sont là que les premiers balbutiements des possibilités qu’offre l’amas de données collectives que nous allons être capables d’accumuler.

Ce type de données, révélées par les capteurs qui se multiplient autour de nous, ne va cesser de croître, comme l’expliquait Adam GREENFIELD cette semaine à la conférence «Les matières du Design» à Minatec. Les capteurs, les nouvelles technologies, créent d’autant plus de surveillance que «l’informatique se dissout dans le comportement». Face à cet internet des choses, où nos objets sociaux sont capteurs, la traçabilité des individus atteint un stade nouveau, un seuil qui doit nous questionner.

Un pas plus loin dans la traçabilité

«La fouille de la réalité c’est permettre à l’infrastructure technologique de connaître des informations sur votre vie sociale», explique Sandy PENTLAND. Nos téléphones savent qui nous sommes. Avec Facebook, ils peuvent savoir quels rapports nous entretenons avec notre réseau social et, selon le statut de chacun de nos «amis», peuvent par exemple leur fournir des moyens différents de nous joindre.
«La fouille de la réalité consiste à faire attention à nos actions en ligne et utiliser cette information pour nous aider à établir des politiques de confidentialités conformes à nos interactions.» Nos téléphones sont déjà des capteurs de notre environnement : le protocole Bluetooth peut être une passerelle pour enregistrer, tracer et comprendre nos interactions avec les autres et en dessiner les relations. L’iPhone possède un accéléromètre qui permet de savoir si nous sommes assis ou en marche. Tous les téléphones disposent de microphones par le biais desquels on pourrait analyser le ton de notre voix, ou certaines caractéristiques de notre comportement (savoir si nous interrompons les gens, etc.)… Ces données peuvent par exemple nous dire quel rôle les gens jouent dans un groupe. «C’est certainement de la psychologie de bazar et les gens concernés savent déjà cela, mais jusqu’à présent nous étions incapables de le mesurer, à une telle échelle», souligne Sandy PENTLAND. Ce qui est certain, c’est que la fouille de la réalité va permettre de voir des choses d’une manière inédite : en cas de menace épidémiologique par exemple, nous pourrions surveiller les mouvements de population pour mieux prévenir un problème sanitaire majeur, voire identifier les gens qui ne se déplacent plus dans une zone infectieuse et sont donc présumés malades.

Demain, comme le rappelle le professeur PENTLAND, ces données vont avoir des applications très immédiates, pour la gestion de nos communications par exemple, qui pourront se fonder sur nos relations réelles. Mais également dans le domaine de la santé où nous pourrons surveiller et faire surveiller notre état de santé… Nous n’échapperons certainement pas à l’informatique omniprésente ni à la fouille de la réalité. Tout au mieux peut-on édicter des règles avant qu’il ne soit trop tard, pour essayer de limiter les multiples débordements qui ne vont pas manquer.

Répondre par un respect plus grand de la vie privée

Mais comment préserver la vie privée dans un monde où les téléphones sont constamment en train de rendre compte de notre vie, de nos déplacements ? «Nous avons certainement besoin d’en débattre et d’établir un nouveau pacte pour la vie privée — pour qu’on puisse utiliser ces données sans en abuser», clame le professeur PENTLAND. Adam GREENFIELD ne dit pas autre chose en proposant ses cinq principes éthiques sur lesquels devraient se bâtir les systèmes pervasifs. Pour autant, est-ce suffisant ?

Si demain la fouille de la réalité devient possible, il faut que celle-ci soit strictement encadrée afin de garantir, bien plus qu’elle ne le fait aujourd’hui, la protection des utilisateurs. Et ceci suppose au moins que les services, les applications, les autorités n’aient jamais accès aux données d’identification. Alors qu’elles sont accessibles d’un clic, alors que la technologie permet avec toujours plus de facilité tous les croisements possibles et inimaginables, ne faut-il pas envisager que ces croisements soient rendus impossibles ?

Cela signifie certainement qu’il va falloir prendre des mesures plus radicales pour protéger l’intimité, pour décorréler les données personnelles (celles qui permettent de nous identifier clairement) de ce panoptique généralisé. C’est en cela peut-être qu’il faut entendre les critiques récentes à l’encontre de la CNIL. Contrairement à ce que nous sommes en train de faire, la nouvelle puissance de ces données nécessite certainement plus encore de renforcer et protéger l’anonymat et l’intimité des utilisateurs.

Cela signifie que ces informations accessibles d’un clic doivent être encore plus coupées de celles qui permettent de nous identifier. Qu’elles ne peuvent et ne devraient pas être accessibles sur simple décision de police, mais bien uniquement sur décision de justice et dans un cadre légal qui ne doit pas en simplifier l’accès, au contraire. Que les procédures d’anonymisation devraient être normales, systématiques, voire obligatoires. Contrairement à ce que nous sommes en train de faire, il va certainement falloir réaffirmer plus avant la protection de nos données personnelles, leur inviolabilité : plutôt que de laisser leur pervasivité affleurer.

Dans un monde de données ambiantes, la tentation de tout savoir devient presque irrésistible. Pourtant, face aux résistances sociales et psychologiques que cela ne va pas manquer d’introduire, il s’agit bien d’en comprendre l’essence et non pas de les minorer. En s’insinuant dans des transactions dont elle était absente, l’intelligence ambiante va bouleverser notre rapport à notre environnement et à l’information qui émane de nous même. Pour y répondre, il va certainement falloir offrir toujours plus de garanties à l’individu et décider d’un vrai bond en avant dans la protection de l’intimité. En échange de la collecte des données collectives que l’informatique omniprésente va libérer, nous ne pouvons pas céder nos données personnelles. Au contraire.

Hubert GUILLAUD
Internet Actu, 21 décembre 2007
 
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Vendredi 14 décembre 2007
À 10 heures vendredi 14 décembre, une petite centaine de personnes ont envahi les locaux de la CNIL et prononcé sa dissolution.

Les occupant-e-s étaient venus de toute la France et impliqués dans divers collectifs d’analyse, d’information et d’action (Groupe Oblomoff, Pièces et Main d’œuvre
, Mouvement pour l’Abolition de la Carte d’Identité (MACI), Halte aux puces !, Coordination contre la biométrie, Souriez, vous êtes filmés ! & compagnie…)

Des banderoles ont été accrochées à la façade. Elles annonçaient : «La CNIL 1978 - 2007 : dissolution», «Informatique ou liberté, il faut choisir», ou encore «Fichage, adn, biométrie, vidéo-surveillance : l’État contrôle, la CNIL s’incline».

Après s’être dispersés dans les locaux pour annoncer la dissolution de l’institution et distribuer un texte explicatif, les occupant-e-s ont convoqué une réunion à laquelle ont assisté une partie des employés ainsi que le secrétaire général «Ian Padova». Ils y ont exposé leurs raisons en détails :
«Depuis sa création en 1978, la CNIL n’a cessé de faciliter et de légitimer l’exploitation numérique de nos vies.

Main dans la main avec les gouvernements et les industriels, elle a concrètement travaillé à ce que l’inacceptable semble acceptable, en réduisant la liberté au contrôle des flux informatiques. Sa mission a consisté à endormir toute critique et toute révolte, en jugeant à notre place et en notre nom de ce qui pouvait porter le nom de liberté.

Loin de “protéger les libertés” comme elle le prétend, la CNIL favorise le développement du contrôle policier des populations via les nouvelles technologies dites “de l’information et de la communication” (TIC) : prolifération des fichiers policiers, vidéosurveillance, biométrie, fichage ADN, puces RFID, passeport biométrique, traçabilité des internautes, etc. “Les Français devront accepter un affaiblissement des libertés individuelles afin de renforcer la sécurité collective” : nous dit la CNIL en 2005.

Nous contestons la fonction prétendument protectrice de la CNIL, simulacre de contrepoids indépendant entre le pouvoir et les citoyens. Cet organe administratif avec ses 17 membres tous grands commis de l’État, ne mérite ni moyens ni compétences supplémentaires, mais sa dissolution pure et simple.»
Des objectifs concrets de travail ont été exposés suite à la dissolution :
Le bannissement de la biométrie et des puces RFID ; l’abolition de la vidéosurveillance sous toutes ses formes ; le démantèlement des fichiers de police (STIC, FNAEG, JUDEX, etc) ; l’abolition de la carte d’identité.
Après deux heures de discussion, la direction de la CNIL a demandé aux employés de partir en congé et les a fait sortir, sous la surveillance de la police.

Vers 14h30, le président de la CNIL, Alex Türk, en déplacement à Lille, a fait savoir qu’il demandait l’évacuation des locaux. Afin d’appuyer sa demande, quelques cinq cars de CRS s’étaient déjà regroupés près de l’institution.

Quelques dizaines de gendarmes-mobiles, sont entrés de force dans les locaux puis ont poussé brutalement à l’extérieur les occupants qui s’étaient regroupés dans le hall et se maintenaient en chaîne en criant «La CNIL, c’est CNUL !»

Sous l’œil bienveilant du secrétaire général de cette structure prétendument garante du contrôle de l’État, les policiers ont ensuite encerclé les occupant-e-s dans la cour et les ont soumis à un fichage systématique.

Pour aujourd’hui la CNIL est dissoute, les luttes concrètes continuent sur le terrain.

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