Fichages et flicages

Jeudi 12 novembre 2009
«Il y a aussi beaucoup de justiciers masqués»

Pour dénoncer le fichage généralisé, le Collectif casseurs-euses de préjugés détourne les héros de BD, à Lausanne.

Le Collectif casseurs-euses de préjugés s’est fait connaître en juin dernier, défilant à Lausanne contre les «lois anticagoules» et les mesures policières déployées lors du défilé du 1er Mai. Il est réapparu hier dans un genre plus décalé. Dissimulés derrière un masque blanc, ses membres ont collé une centaine d’affiches place Chauderon, à Lausanne, pour protester contre le fichage policier. «118.000 personnes sont fichées en Suisse. Nous en offrons 100 de plus à la police fédérale. Si elle parvient à les identifier…» sourit le syndicaliste Aristides Pedrazza.

Le collectif a en effet affiché des hordes de héros de bande dessinée. Mais tous sont masqués : Spider-Man, Batman, un Bob l’Eponge masqué, un Calvin sans Hobbes mais masqué, le Concombre masqué. «On criminalise les manifestants encagoulés, commente Aristides Pedrazza. Or la BD nous montre que beaucoup de personnages masqués ne sont pas des criminels mais des justiciers. »


6000 Suisses fichés

Avec cette action, le collectif espérait délivrer son message. «La Suisse est toujours frappée d’hyperfichie, tonne Aristides Pedrazza. Tous ceux qui critiquent le système ou osent être à la gauche des socialistes peuvent être surveillés. On veut savoir qui fiche qui, et avoir accès aux données de la police fédérale. Qui ne me fera pas croire qu’il y a 118.000 dangereux membres d’Al-Qaida en Suisse!»


Fin octobre, Berne a en effet annoncé que 118.000 personnes, dont 6000 Suisses, sont enregistrées dans la base de données des services secrets intérieurs. Le Service d’analyse et de prévention précisant que sa mission est de réunir des données liées au terrorisme, à l’espionnage, à l’extrémisme violent, au matériel nucléaire et au trafic d’armes. Reste que ceux qui veulent savoir s’ils figurent dans le fichier peuvent déposer une demande auprès du préposé fédéral à la protection des données. En comparaison, lors du fameux scandale des fiches, en 1989, on apprenait que 900.000 personnes avaient été fichées durant la guerre froide.

Leur presse (Renaud Michiels, Le Matin), 10 novembre 2009.


Lausanne : Des héros masqués singent le fichage


Le Collectif casseurs et casseuses de pré-jugés a affiché, hier à Chauderon, une centaine de portraits de héros de BD masqués. Leur action dénonce le fichage de manifestants au visage camouflé. «Nous nous moquons de la fichite aiguë qui rattrappe ce pays, ironise le syndicaliste Aristides Pedraza. La publication de ces portraits accroîtra de 100 unités les 118.000 personnes fichées par la police.»

Leur presse (20 minutes), 10 novembre.


Le Courrier, 10 novembre
Quotidien suisse indépendant.


118'000 personnes fichées en Suisse

Les services secrets intérieurs étoffent continuellement leur base de données. À fin août, plus de 118'000 personnes y étaient enregistrées, dont quelque 6000 citoyens suisses. Il y a trois ans et demi, les profils fichés étaient au nombre de 100'000 au total, dont 4000 Suisses.

Le développement du système de traitement des données relatives à la protection de l’État (ISIS) a contribué à cette évolution, a expliqué le Service d’analyse et de prévention (SAP) vendredi lors d’une journée d’information. Cette entité a pour mission de réunir des informations concernant le terrorisme, l
espionnage, lextrémisme violent, le matériel nucléaire et le trafic darmes.

ISIS n
est pas une «banque de données de suspects», a précisé Philipp Kronig, responsable de la gestion des données. Environ un tiers des entrées sont dailleurs effacées après un contrôle de pertinence.

Le service met un accent particulier sur l
espionnage, phénomène beaucoup plus répandu que ce que lon pense généralement. Il existe dans les entreprises actives dans les technologies complexes mais aussi dans les hautes écoles.

Les particuliers désirant savoir s
ils figurent dans ISIS peuvent déposer une demande auprès du préposé fédéral à la protection des données. Mais selon Philipp Kronig, une personne napprend généralement son fichage que lorsquil nest déjà plus dactualité.

Leur presse (swissinfo.ch), 23 octobre.


Assez de répression, assez de criminalisation pour celles et ceux qui résistent ! Libertés pour nos luttes !


Manifestation
Mardi 9 juin, 17h30, à la place de la Palud, Lausanne
Venez toutes et tous masquéEs à votre fantaisie !

De plus en plus souvent, de plus en plus durement, nous sommes fichéEs, contrôléEs, harceléEs, amendéEs.

Ce 1er mai 2009 à Lausanne, il n’y avait aucun des prétextes habituels aux interventions policières. Pourtant, un tronçon de la manifestation a été razzié, réduit avec toute la puissance de l
appareil policier et fiché. Parmi les personnes arrêtées le 1er mai, il y avait deux enfants. Les personnes qui ont protesté contre cette action ont également été largement filmées et photographiées.

Nous ne nous laisserons pas faire. Nous ne laisserons pas liquider un à un les droits fondamentaux conquis dans la lutte. Nous ne laisserons pas censurer, diviser et briser notre résistance contre ce système. Nous refusons de devenir les policiers-ères les unEs des autres pour satisfaire les exigences du pouvoir.

Nous nous opposons à tout fichage politique.

Nous exigeons :
1. Que soient détruits tous les éléments de fichage accumulés par la police le 1er mai,
2. Que soient précisés les démarches et le cadre légal du fichage politique contre les personnes et les collectifs qui luttent dans cette ville et ce canton,
3. Que le préposé cantonal à la surveillance et la protection des données soit mandaté pour faire une enquête précise sur lensemble de laction répressive du 1er mai, vu la présence de la police cantonale à cette occasion,
4. Que toutes les fiches soient communiquées aux personnes concernées et détruites,
5. Que les droits démocratiques fondamentaux soient reconnus et que le pouvoir sengage publiquement à les respecter et en particulier que le droit de manifestation soit garanti.


L
’intervention des forces de l’ordre, en ce 1er mai 2009, relève de la responsabilité de la Municipalité de Lausanne. Le pouvoir soutient qu’il s’agissait d’une intervention «préventive». La vérité c’est que les personnes arrêtées l’ont été pour ce qu’elles disaient et pensaient, pour la manière dont elles étaient habillées, pour leur aspect, sans doute pour leur culture et leurs opinions. Une logique de police politique est revendiquée par cette même Municipalité qui limite les droits syndicaux de ses employés-es et exerce une pression systématique contre leur liberté d’expression. C’est aussi cette Municipalité qui met sur pied une unité de fichage contre les usagerEs du RI — de son propre aveu «une des plus dures de Suisse» — sous prétexte de lutter contre des fraudes et des abus qui relèvent bien plus souvent de la disqualification des pauvres que de la réalité des faits.

Ne nous faisons aucune illusion. Ce qui s
est passé le 1er mai 2009 à Lausanne nest pas une bavure. Cest une action commandée par le pouvoir politique. Elle relève dune stratégie densemble. On a arrêté des manifestantEs jeunes, dont sept mineurEs. La police a fiché de tous les âges, de convictions diverses mais solidaires de la liberté de sexprimer, de sorganiser et de manifester et du droit de lutter.

Dans ce pays, on ne condamne pas que tel groupe de manifestantEs décrit par le pouvoir comme potentiellement «casseurs ou dangereux». On condamne les gens qui sont sur les piquets de grève. On met en procès les gens qui distribuent des tracts aux portes des entreprises, sur le domaine soi-disant privé des capitalistes. On sanctionne des gens qui occupent des maisons et des espaces pour pouvoir vivre. Les patrons licencient les gens qui organisent les syndicats dans les entreprises tandis que l
’État défend les lois injustes qui leur permettent de le faire. On punit ou on menace celles et ceux qui construisent des maisons de paille ou qui entretiennent des jardins autogérés. Tout ce qui nest pas accepté par le pouvoir, tout ce qui exprime une résistance ou une alternative est suspect, surveillé et réprimé.

L
’État construit pas à pas une guerre sociale contre toutes les résistances qui contestent le fonctionnement et les objectifs de ce système. La répression du 1er mai à Lausanne est un signe pour toutes celles et tous ceux qui sont partie prenante des résistances populaires.

Des milliers de femmes et d
hommes se sont engagéEs pour que nous puissions manifester librement le 1er mai, journée internationale de luttes et de revendications du monde du travail. En attaquant cette manifestation, le pouvoir nous envoie un message clair : toutes les luttes sociales sont dans son collimateur.

Les lois, le droit et l
’État sont très souvent injustes et inégalitaires. On ne traite pas de la même manière celles et ceux qui ont largent et la puissance face à celles et ceux den bas. Pour celles et ceux den bas, la suspicion, le contrôle, la surveillance, la répression. Pour celles et ceux den haut, la tolérance, et un système qui fonctionne tout entier à leur profit. Quand donc sont sanctionnéEs les patronNEs qui violent les conventions collectives, ceux et celles qui imposent des conditions de travail porteuses daccidents, de mutilation et de mort ? Ceux et celles qui paient des salaires de misère ? Ceux et celles qui licencient les salariéEs qui contestent et qui sorganisent ?

Le même État qui donne 68 milliards de garantie à l
UBS, refuse dinstituer des garanties légales contre le licenciement des déléguéEs syndicaux-ales. Le pouvoir qui verse des misères daide sociale et ne fait rien contre les patronNEs qui font les «working poors». L’État accuse systématiquement dabus celles et ceux qui «bénéficient» de laide sociale ou des prestations des assurances. Aux usagers-ères du Revenu dinsertion (RI), la surveillance et les contrôles. Aux entreprises à bas salaire, le silence et le consentement.

Dans sa besogne répressive l
’État nagit pas seul. Et si des camarades qui soutiennent simplement une action de migrantEs sont inculpés dorganisation de manifestation non autorisée, ce sont des polices politiques privées au service de grandes entreprises capitalistes et dorganisations qui fliquent les mouvements comme ATTAC et le Groupe anti-répression.

Il y a la répression de plus en plus ouverte contre celles et ceux qui résistent. Mais il y a bien davantage un travail permanent du pouvoir pour imposer la soumission et le silence aux classes populaires. Le projet de loi contre les cagoules qui va jusqu
à sanctionner la complicité pour se masquer ne relève pas seulement du délire sécuritaire de ce système. Il veut nous intimider toutes et tous et forcer chacunE à porter le masque de la soumission.

Collectif «casseurs/casseuses de pré-jugé», juin 2009.
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Dimanche 1 novembre 2009

La police [britannique] rassemble actuellement des informations personnelles sur des milliers d’activistes qui participent à des réunions ou à des manifestations à caractère politique et stocke ses données sur un réseau regroupant des bases de renseignements nationales.

Cet outil gardé secret a été conçu pour surveiller «les extrémistes locaux», c
est ce que révèle le journal le Guardian dans le premier dune série de trois reportages consacrés au maintien de lordre lors de manifestations. Des informations détaillées sur les activités politiques de militants sont en ce moment stockées sur des systèmes dinformation qui sinterpénètrent, même si ces militants nont pas commis de délit.

Des officiers supérieurs de police disent que «l
extrémisme intérieur», un terme créé par la police mais qui na pas de valeur juridique, peut inclure des activistes soupçonnés de trouble mineur à lordre public comme des actions directes pacifiques ou la désobéissance civile.

Trois unités de la police nationale chargées de combattre «l
extrémisme intérieur» sont dirigées par le comité «terrorisme et problèmes connexes» de lAssociation des Responsables de la Police (Acpo). Au total, lassociation reçoit 10 millions deuros dargent public du ministère de lIntérieur et emploie 100 personnes.

L
enquête du Guardian révèle un certain nombre de choses :
Lunité principale (NPOIU) gère une base de données centrale où figurent des milliers de soi-disant extrémistes locaux. Elle filtre les renseignements fournis par les forces de police qui opèrent en Angleterre et au Pays de Galles et qui déploient systématiquement des équipes de surveillance lors de manifestations, de rassemblements ou de réunions publiques. Cette unité possède des fichiers détaillés sur des manifestants qui sont classés par nom.
Les véhicules utilisés par les manifestants sont suivis sur tout le territoire via un système de caméras permettant la reconnaissance automatique des plaques dimmatriculation. Un homme, qui na pas de casier judiciaire, a été contrôlé plus de 25 fois en moins de 3 ans après quune balise a été placée contre sa voiture alors quil participait à une petite manifestation contre la chasse aux canards et aux faisans. Les équipes dinterception sont déployées le long des routes conduisant à des manifestions pour surveiller les participants.
Les unités de surveillance, connues sous le nom d’Équipes de Renseignements ou «Recueilleurs de Preuves», filment et prennent des photos des activistes lorsquils rentrent ou quittent des réunions publiques. Ces images sont rentrées sur des bases de données afin que la police puisse retracer les activités politiques de ces activistes. Les informations sont ajoutées à la base de données centrale.
Des policiers en charge de la surveillance sont équipés de «cartes aidant à lidentification» utilisées pour reconnaître les visages des individus cibles qui risquent daprès la police de verser dans lextrémisme. Les cibles incluent des activistes connus que lon voit régulièrement dans les manifestations. Une de ces cartes, produite par la Police Métropolitaine en charge du Grand Londres pour surveiller des activistes lors dun salon de larmement, contient la photo du comique Mark Thomas.
Léquipe du NPOIU travaille en tandem avec deux autres branches moins connues de lAssociation des Responsables de la Police, le Netcu, qui conseille des milliers de sociétés pour lorganisation de campagnes politiques et la NTDN, qui met en commun les renseignements réunis lors denquêtes concernant des manifestants à travers le pays.

Dennis OConnor, un haut responsable de la police, publiera le mois prochain les conclusions de son enquête nationale concernant le maintien de lordre lors de manifestations. Il a déjà annoncé quil sattend à des changements à grande échelle. Ses inspecteurs, à qui il a demandé de faire le point sur les méthodes de la police suite à la gestion controversée par la police métropolitaine de Londres des manifestations qui ont se sont déroulées à loccasion du G20, envisagent un complet remaniement des trois unités de lAcpo, qui, leur a-t-on dit, manquent de reconnaissance légale.

L
infrastructure nationale de lAcpo qui traite de lextrémisme intérieur a été mise en place avec le soutien du ministère de lIntérieur dans le but de combattre les activistes pour les droits des animaux qui commettaient de graves délits. Des officiers supérieurs de police reconnaissent que lactivité criminelle en lien avec ces groupes est en recul, mais les unités qui traitent de lextrémisme intérieur ont élargi leurs attributions à des groupes activistes incluant des groupes anti-guerre ou environnementaux qui ont seulement recours à laction directe pacifique.

Pour les trois unités de l
Acpo, lextrémisme intérieur se divise en quatre catégories : lactivisme pour les droits des animaux, les groupes dextrême droite comme la Ligue de Défense anglaise, les groupes «dextrême gauche» incluant les militants anti-guerre et les extrémistes environnementaux.

Anton Setchell, coordinateur national de l
Acpo, dit que les gens qui se trouvent sur les bases de données «nont aucune raison de sinquiéter». Mais il refuse de dévoiler le nombre de personnes qui figurent sur la base de données nationale, arguant «que ce nest pas facile» de les compter. Il estime quils ont des fichiers sur des milliers de personnes ainsi que des photos. Daprès lui, les informations recueillies par les officiers chargés de la surveillance sur des personnes qui participent à des manifestations sont anodines et il ajoute que ces informations sont rentrées dans la base de données nationale.

Il dit pouvoir comprendre ceux qui n
acceptent pas dêtre surveillés à des réunions ouvertes à tous quand ils nont rien fait de mal.

Leur presse (Guardian), 25 octobre 2009.


Police in £9m scheme to log ‘domestic extremists’


Thousands of activists monitored on network of overlapping databases.

Police are gathering the personal details of thousands of activists who attend political meetings and protests, and storing their data on a network of nationwide intelligence databases.


The hidden apparatus has been constructed to monitor “domestic extremists”, the Guardian can reveal in the first of a three-day series into the policing of protests. Detailed information about the political activities of campaigners is being stored on a number of overlapping IT systems, even if they have not committed a crime.

Senior officers say domestic extremism, a term coined by police that has no legal basis, can include activists suspected of minor public order offences such as peaceful direct action and civil disobedience.

Three national police units responsible for combating domestic extremism are run by the “terrorism and allied matters” committee of the Association of Chief Police Officers (Acpo). In total, it receives £9m in public funding, from police forces and the Home Office, and employs a staff of 100.

An investigation by the Guardian can reveal:
• The main unit, the National Public Order Intelligence Unit (NPOIU), runs a central database which lists thousands of so-called domestic extremists. It filters intelligence supplied by police forces across England and Wales, which routinely deploy surveillance teams at protests, rallies and public meetings. The NPOIU contains detailed files on individual protesters who are searchable by name.
• Vehicles associated with protesters are being tracked via a nationwide system of automatic number plate recognition (ANPR) cameras. One man, who has no criminal record, was stopped more than 25 times in less than three years after a “protest” marker was placed against his car after he attended a small protest against duck and pheasant shooting. ANPR “interceptor teams” are being deployed on roads leading to protests to monitor attendance.
• Police surveillance units, known as Forward Intelligence Teams (FIT) and Evidence Gatherers, record footage and take photographs of campaigners as they enter and leave openly advertised public meetings. These images are entered on force-wide databases so that police can chronicle the campaigners’ political activities. The information is added to the central NPOIU.
• Surveillance officers are provided with “spotter cards” used to identify the faces of target individuals who police believe are at risk of becoming involved in domestic extremism. Targets include high-profile activists regularly seen taking part in protests. One spotter card, produced by the Met to monitor campaigners against an arms fair, includes a mugshot of the comedian Mark Thomas.
• NPOIU works in tandem with two other little-known Acpo branches, the National Extremism Tactical Coordination Unit (Netcu), which advises thousands of companies on how to manage political campaigns, and the National Domestic Extremism Team, which pools intelligence gathered by investigations into protesters across the country.

Denis O’Connor, the chief inspector of constabulary, will next month release the findings of his national review of policing of protests. He has already signalled he anticipates wide scale change. His inspectors, who were asked to review tactics in the wake of the Metropolitan police’s controversial handling of the G20 protests, are considering a complete overhaul of the three Acpo units, which they have been told lack statutory accountability.

Acpo’s national infrastructure for dealing with domestic extremism was set up with the backing of the Home Office in an attempt to combat animal rights activists who were committing serious crimes. Senior officers concede the criminal activity associated with these groups has receded, but the units dealing with domestic extremism have expanded their remit to incorporate campaign groups across the political spectrum, including anti-war and environmental groups that have only ever engaged in peaceful direct action.

All three units divide their work into four categories of domestic extremism: animal rights campaigns; far-right groups such as the English Defence League; “extreme leftwing” protest groups, including anti-war campaigners; and “environmental extremism” such as Climate Camp and Plane Stupid campaigns.

Anton Setchell, who is in overall command of Acpo’s domestic extremism remit, said people who find themselves on the databases “should not worry at all”. But he refused to disclose how many names were on the NPOIU’s national database, claiming it was “not easy” to count. He estimated they had files on thousands of people. As well as photographs, he said FIT surveillance officers noted down what he claimed was harmless information about people’s attendance at demonstrations and this information was fed into the national database.

He said he could understand that peaceful activists objected to being monitored at open meetings when they had done nothing wrong. “What I would say where the police are doing that there would need to be the proper justifications,” he said.

Their press (Guardian), October 25th, 2009.
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Dimanche 25 octobre 2009
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Samedi 10 octobre 2009
Appel à soutien : procès ADN

Au cours du mois de juin, une maison occupée proche du Vigan (30), se fait perquisitionner. Certains de ses habitants sont soupçonnés de vol à la roulotte. En fait, après avoir travaillé, ces derniers rencontrèrent des difficultés afin de récupérer leur salaire. Ils décidèrent d’alerter les salariés travaillant encore pour le même patron, mais également d
exiger vivement leur dû, qui leur fût remis non sans difficultés. Au cours de la soirée suivant «laltercation», le véhicule du patron aurait été cambriolé. Dès lors la perquisition sen suit chez les premiers soupçonnés et une personne est placée en garde à vue (Gauthier). Au cours de celle-ci, il est disculpé du vol, mais les flics veulent parrallèlement obtenir ses empreintes, sa photo et son ADN, celui-ci refuse mais accepte de signer une Reconnaissance Préalable de Culpabilité.

À savoir : la comparution en RPC est une procédure récente du droit français, créée pour alléger le calendrier judiciaire. Lors de la GAV si le prévenu accepte de reconnaître sa culpabilité sur un délit, en loccurence le refus d’ADN, il passera devant un procureur à huis clos, accompagné de son avocat, pour saccorder sur une peine. Si aucun accord nest trouvé, passage en procédure pénale habituelle.

Le refus de prélevement ADN, est puni d
un an demprisonnement ainsi que dune amende de 15.000 euro. À la création du Fichier National Automatisé des Empreintes Génétiques en 98, l’État avait dressé lépouvantail du délinquant sexuel pour en «justifier» la mise en place. En 2003, et cela sans surprise, les infractions les plus banales rentrent dans le fichier. De plus le refus de prélèvement ADN est un délit permanent, on peut être condamné et être reconvoqué indéfiniment.

Aujourd
hui le prélèvement ADN est quasi systématique lors des GAV, les procès pour refus sont de plus en plus nombreux. Justice et science font apparaître lADN comme preuve irréfutable, ce qui est très contestable car il existe des patrimoines génétiques similaires, [et lempreinte génétique peut être altérée par la vieillesse, les maladies, le fait de fumer].

Le fichage ADN rentre dans une logique étatique de contrôle permanent sur nos vies, l
’État, ses flics et ses scientifiques se sont dotés dun panel large doutils de surveillance via la diversification et la fusion des fichiers policiers (EDVIRST, CRISTINA, FNAEG) ; les caméras, le développement de la biométrie (puces RFID).

Des fichiers de police tels ceux d
EUROPOL vont jusquà ficher les personnes dites «susceptibles de passer à lacte», ce qui laisse entendre quil existerait une prédisposition génétique à des attitudes criminogènes.

Le refus du fichage s
inscrit dans une lutte qui va outre celle du fichage en lui-même, cest une lutte contre un système qui tend à garder tout contrôle sur nos vies aussi bien en exploitant quen réprimant.

Le 19 octobre Gauthier passera au tribunal de Nîmes, dans le cadre d
une RPC, à aucun moment il ne pense pouvoir saccorder sur une quelconque peine avec le procureur. Il exige la relaxe pure et simple. Ainsi, si celle-ci nest pas prononcée, aucun autre arrangement ne sera possible et une procédure pénale sen suivra.

Un appel à soutien est lancé, un rassemblement aura lieu à lextérieur du tribunal.
Créer des solidarités hors tribunaux permet de ne pas se cantonner à une défense juridique mais de poser nos exigences dans la rue, rééquilibrer le rapport de force. Et au-delà de notre soutien à Gauthier, cest un refus du flicage en général que nous poserons ce jour là à Nîmes.
Venons nombreux
devant le Tribunal de Grande Instance de Nîmes
à 8h15 le 19 octobre.

CONTRE LE FICHAGE ! CONTRE LE FLICAGE !

Courriel du 9 octobre 2009.
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Samedi 10 octobre 2009
Refus d’un prélèvement biologique en prison : trois mois ferme

Un détenu de la prison de Longuenesse a écopé de trois mois ferme … pour avoir refusé de se soumettre à un prélèvement biologique.

Ferdinand Shpata conteste les déclarations d
un policier, confirmées par des témoins, lors dun passage en prison le 10 juillet. Le fonctionnaire de police dit avoir entendu le détenu lancer : «Jem… la police et Sarkozy».

Pour le prévenu, la venue des policiers navait pas été annoncée. Et quand il les a vus dans la pièce à côté du parloir, il a tourné les talons. Daprès lui, les policiers lont rejoint dans le couloir alors quils nen avaient pas le droit. Finalement, dans laprès-midi, les policiers sont venus dans sa cellule et en sont repartis avec une brosse à dents qui a permis le prélèvement.

«Les policiers ont été agonis d
injures. Vous devez savoir que la loi ne prévoit pas de convocation pour un prélèvement et que la présence dun avocat nest pas nécessaire. Vous vous opposez à lenrichissement dune banque de données performante», lance le vice-procureur qui requiert trois mois ferme.

«Il estimait qu
il navait pas à donner une nouvelle fois son ADN. Il na pas été suffisamment informé sur ses droits», estime son avocat qui réclame la relaxe et, sil devait être condamné, le maintien de ses remises de peine. Cest la voie retenue par le tribunal avec une peine de deux mois ferme et 100 € de dommages et intérêts à verser au policier.

Leur presse (La Voix du Nord), 9 octobre 2009.
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Vendredi 9 octobre 2009

Après la dernière vague de fichage ADN (voir Indymedia 27.06.09) nous faisons part d’un nouveau cas.

Le 29 septembre 2009 une personne du mouvement squat biennois a été prise sans titre de transport valable (comme les transports publics devraient être gratuits pour tous) entre Bienne et Berne. Suite à cela le personel du train avertit la police, qui emmena la personne et lui préleva son ADN sans trop d’explications alors quelle refusait et demandait une ordonnance juridique. Puis elle fut relachée.

Selon la loi fédérale cette prise d
ADN est illégale. La police na pas forcément besoin dune ordonnance juridique pour prendre lADN tant que la personne est daccord, mais devient obligatoire dès quelle refuse. Après ça doit être traité comme un recours. La police nest autorisée à prendre lADN dune personne quavec son accord, un refus doit être traité comme un recours donc une ordonnance juridique doit être présentée. Donc une partie des prises dADN de mai-juin de cette année à Bienne se sont passée en dehors du cadre légal. De plus la police est théoriquement obligée dinformer la personne concernée de ces droits, ce quelle na jamais fait.

Annoncez sil vous plaît les prises dADN soit à l’Antirep de Bienne ou à celui de Berne et faites toujours un texte de mémoire sur ce qui sest passé.
Si vous avez dautres informations sur les bases légales sil vous plaît commentez.

Antirep Biel/Bienne - Indymedia Suisse romande, 8 octobre 2009.
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Lundi 5 octobre 2009
Bonjour à tous,

Alors, voilà un peu des nouvelles.

Je suis convoqué le 29 octobre à 14 heures au tribunal de Nîmes, pour refus de donner mon ADN.

J’aimerais organiser un rassemblement le matin. Objectif du rassemblement : faire une grosse distribution de nouriture de récup’, pourquoi pas, faire une grosse soupe populaire, à prix libre, afin de payer les frais de justice (avocat, et éventuellement, condamnation), plus, faire de l’information par rapport au fichage, dénoncer tous les abus de notre système économico-politico-judiciaire.

Toutes les initiatives dans ce sens sont les bienvenues. Faites circuler l’info.

On se tient au courant d’ici là. Je serais de retour dans la région, vers le 20 octobre.

Bonne pandémie à tous…

Courriel du 2 octobre 2009.
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Lundi 21 septembre 2009

Il agit toujours en plein jour, devant un public ami, après avoir invité la presse et même parfois la police. Juché sur un escabeau, il "barbouille" une des grandes affiches qui enlaidissent le paysage de l'un de ses slogans préférés - "la pub fait dé-penser". Si la police n'a pas assisté au spectacle, il se rend à pied au commissariat pour faire une déposition.

François Vaillant est l'un des fondateurs du Collectif des déboulonneurs. Cet ancien dominicain de 58 ans, rédacteur en chef de la revue Alternatives non violentes, doit comparaître lundi 21 septembre devant le tribunal de Rouen. Non pas en tant que "barbouilleur", mais parce qu'il refuse de figurer dans le Fichier national des empreintes génétiques, le Fnaeg. Pourquoi, demande-t-il, les empreintes d'"un dissident, pas un délinquant", figureraient-elles dans ce fichier qui recense déjà plus d'un million de personnes ? Pourquoi accepter l'existence d'un tel fichier, "une aubaine dans l'éventualité d'un gouvernement de type Vichy" ?

En mai 2007, il avait été condamné à 1 euro d'amende pour dégradation de mobilier urbain. Il rêve maintenant d'un procès contre un afficheur. Des paysans du Larzac qui l'ont formé quand il avait 20 ans, il a appris que le procès est une tribune publique, un des outils de la désobéissance civile. Ce lundi, sa cause sera celle des centaines de personnes qui, chaque année, refusent un prélèvement d'ADN.

Un an après avoir été condamné, il avait été convoqué au commissariat et, sommé d'offrir un échantillon de salive, avait refusé d'ouvrir la bouche. Il le sait : il a la loi contre lui, et l'infraction est passible d'un an de prison ferme et de 15.000 euros d'amende.

Marie-Christine Blandin viendra témoigner en sa faveur. Depuis qu'elle a été élue sénatrice (Verts), l'"ancienne prof de sciences nat'", effrayée par les conséquences du fichage génétique, fait le tour de France des tribunaux pour soutenir les récalcitrants. Vendredi 18 septembre, elle devait être à Caen au procès de François Dufour et de l'un de ses camarades du Collectif des faucheurs volontaires. Jugé en mai 2008 pour refus de prélèvement, l'ancien porte-parole de la Confédération paysanne avait été relaxé, mais le parquet a fait appel.

Les procès pour refus de prélèvement d'ADN se multiplient. Au ministère de la justice, faute de statistiques sur les relaxes, leur nombre demeure inconnu. Reste celui des condamnations : 245 en 2004, 519 en 2007. C'est peu, comparé à l'inflation du nombre de personnes fichées : 40.000 en 2004, 806.356 au 1er octobre 2008, 1.080.000 au 1er septembre 2009. Au cours du seul mois d'août, 34.500 personnes ont été répertoriées dans le Fnaeg, indique le commissaire principal Bernard Manzoni, à la police technique et scientifique, installée à Ecully, près de Lyon.

Le Fnaeg est "un outil efficace", note le commissaire. Depuis sa création, il a permis 25.000 rapprochements entre des traces relevées sur une scène d'infraction et des empreintes fichées. "Il faut reconnaître qu'il permet de résoudre des affaires, mais on est maintenant dans une logique d'alimentation du fichier, estime Matthieu Bonduelle, le secrétaire général du Syndicat de la magistrature. Personne ne prône le fichage généralisé, mais, de fait, on est en train de l'effectuer."

Plus d'un million aujourd'hui, combien demain ? "On n'est pas en vitesse de croisière", remarque Yann Padova, le secrétaire général de la Commission nationale informatique et libertés (CNIL). Avant d'occuper ces fonctions, Yann Padova avait fait un calcul basé sur des statistiques policières et judiciaires de 2003 et 2004 : potentiellement, le Fnaeg était alors susceptible de répertorier les empreintes de 4 millions de personnes.

C'est que le recrutement est large : y figurent non seulement les personnes qui ont été condamnées dans le cadre de 137 infractions (à l'exception notable des délits financiers), mais aussi les suspects à l'encontre desquels "il existe des indices graves ou concordants". Sur les 1.080.000 personnes fichées au 1er septembre, 263.000 l'avaient été à la suite d'une condamnation (leur empreinte sera conservée quarante ans), et 817.000 simplement comme "mises en cause dans des affaires judiciaires" (la conservation est alors de vingt-cinq ans).

Créé en 1998 sous Lionel Jospin pour recenser les empreintes des auteurs d'infractions sexuelles, modifié en 2001 par la loi Vaillant, le Fnaeg a changé de nature en 2003, lorsque Nicolas Sarkozy était ministre de l'Intérieur. Les infractions banales et les personnes suspectées ont été introduites, la sanction pour refus a été alourdie, et surtout les officiers de police judiciaire ont été habilités à ordonner un prélèvement, alors que seuls les magistrats avaient ce privilège.

La CNIL reçoit chaque année "une petite dizaine" de plaintes de personnes qui demandent à être radiées du fichier. Parmi elles, un père qui y figurait pour non-paiement de pension alimentaire. Pour Benjamin Deceuninck, un des animateurs du collectif Refus-ADN, "la police a automatisé le fichage : maintenant, dès qu'on se retrouve au commissariat, on doit donner son empreinte, c'est une politique du chiffre".

Lui-même a déposé un recours devant la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH), à Strasbourg, en octobre 2008, après avoir été condamné à 500 euros d'amende par la Cour de cassation pour refus de prélèvement. La CEDH a aussi été saisie par un collectif de trente-deux faucheurs volontaires. C'est que les récalcitrants se recrutent chez les désobéisseurs de tout poil, des anti-OGM aux anti-pub en passant par les jeunes gens de Tarnac. Mais pas seulement.

Jean-Yves Hubert, lui, se souviendra longtemps de ce matin de 2006 où il s'est disputé avec son colocataire pour une histoire de loyer. Ils se sont battus, le colocataire a porté plainte. Au commissariat, le jeune homme a refusé qu'on lui prélève un peu de salive. Question de principe. Etudiant en informatique, il refuse d'être "catalogué comme un violeur", s'interroge sur ce que ce fichier "donnera à l'avenir", voit "un acte de défiance" dans cette volonté de le ficher et, "par symétrie", se méfie. Il a été condamné à 500 euros d'amende et un an de prison avec sursis pour violences volontaires et refus de prélèvement d'ADN.

Devenu consultant en informatique, le jeune homme n'en est pas quitte pour autant. Car le délit est "continu". Un an après sa condamnation, nouvelle convocation pour prélèvement, nouveau refus, nouvelle amende. Jean-Yves Hubert fait appel, perd. Son "entêtement" lui a coûté 2850 euros et il peut à tout moment recevoir une nouvelle convocation - "peut-être au lendemain de la publication de l'article...", plaisante-t-il. Quelques mois avant la fameuse bagarre, il avait adhéré à l'UMP. Il n'a pas renouvelé sa cotisation.

Leur presse (Marie-Pierre Subtil, Le Monde), 18 septembre 2009.
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Jeudi 10 septembre 2009

Nos amis de Bellaciao publient un bien curieux échange de mails entre une journaliste de la Revue de la Gendarmerie Nationale et mes petits camarades activistes clowns. Mort de rire.

Selon ce que nous pouvons lire sur Bellaciao, une journaliste travaillant pour la très austère Revue de la Gendarmerie Nationale a fait une étrange demande aux clowns rebelles qui ne ratent jamais une occasion pour chahuter les défilés militaires avec des lance-croquettes et autres bains moussants pour guerres propres.

«Dans le cadre du prochain dossier de la Revue (à paraître en septembre) traitant des mouvements contestataires, nous avons un article mentionnant votre association, explique une Barbara en Rangers. C’est pourquoi j’aurais souhaité savoir s’il était possible d’exploiter certaines de vos photos afin d’illustrer au mieux cet article et en même temps de donner davantage de visibilité à votre mouvement. Pour ce faire, vous pouvez très bien nous soumettre une série de photos de haute définition (à partir de 2MO par contre c’est le seul souci technique) avec les crédits photos à mentionner. En attendant des nouvelles de votre part, je vous souhaite une bonne journée. Bien cordialement.» Suit l’adresse électronique de la gendarmette, barbara…gendarmerie.interieur.gouv.fr

Lors des manifestations anti-militaristes, anti-nucléaires, anti-antiterrorisme…, clowns radicaux hirsutes et gendarmes bien rasés entretiennent des rapports pour le moins tendus. À Strasbourg, à Paris, sur la presqu’île atomique de Crozon et ailleurs, les RG (Réprimons gaiement), les CRS (Clowns à responsabilité sociale), les GIGN-OL (Groupe d’intervention des gros nez - oups Lyon), les BAC (Brigade activiste des clowns), les BCA (Bureau des clowns affranchis) et quelques autres ont pu sentir de près l’haleine virile des valeureux gardiens de l’ordre capitaliste.


Que faire devant une demande aussi incongrue ? Les gros nez ne se sont pas dégonflés et ont répondu avec un humour désarmant. «Nous côtoyons la gendarmerie régulièrement lors des actions de désobéissance de l’armée des clowns, que ce soit les gendarmeries locales ou les gardes mobiles, rappelle un clown sans grade. Dans notre stratégie d’action directe non-violente, il nous semble important de ne jamais confondre les êtres humains et les fonctions qu’ils occupent. Nous avons donc un rapport cordial avec les hommes et les femmes gendarmes qui se trouvent face à nous, sans jamais oublier qu’ils sont aussi une “force” de maintien de l’ordre, une force armée et une force ayant le monopole légal de la violence.»

Ce préalable poli fait, notre clown prend soin de rappeler quelques vérités. «Les dérives sécuritaires actuelles ne nous font pas non plus oublier que ce sont ces forces armées qui sont amenées à obéir à des ordres de plus en plus injustes, de plus en plus arbitraires. Nos actions ironiques peuvent certes vous paraître “marrantes”, “rigolotes”, “gentillettes”, mais elles sont avant tout politiques et subversives et cherchent à questionner tout le monde : l’opinion publique et ceux qui semblent l’analyser (ou la manipuler) en permanence, les matraqueurs et les matraqués, les exploiteurs et les exploités, les violents et les non-violents…»

La demande de la gendarmerie nationale peut surprendre à plus d’un titre. Notamment quand on sait à quel point des photographes appointés par la maison Poulaga mitraillent les actions et les manifestations. «Nous savons que nous sommes bien “suivis”, doux euphémisme lucide sur notre fichage et notre flicage quasi-permament, poursuit le clown rebelle. Aussi, nous prenons avec humour votre demande d’autorisation d’exploiter nos photographies de l’armée des clowns. Vous en avez sûrement plus que nous. Mais peut-être que le cloisonnement entre services faits que vous n’avez pas accès à l’iconographie de la DCRI ou autres services de votre ministère de la Défense.» Question subsidiaire : «Demandez-vous l’autorisation aux black-blocs quand vous illustrez un article sur Comment provoquer l’escalade de la violence grâce à des policiers en civil ?»

À ce stade, on sent qu’une pointe d’énervement commence à chatouiller les grosses narines rouges de l’anti-soldat d’une armée sans dieu ni maître, sans héros ni victimes. «Sachez que nous ne cherchons pas une visibilité coûte que coûte, d’autant moins si elle doit passer par une connivence avec la revue de la gendarmerie. L’armée mondiale des clowns est insurgée, rebelle et les clowns eux-mêmes sont… clandestins. Clandestins comme ceux qu’on n’autorise pas à rester dans nos pays occidentaux, clandestins comme les sans-voix que l’État opprime de plus en plus. Contre tous ces drames quotidiens, nous avons pris le parti d’en rire, le parti de se moquer de ce sérieux, de cette rationalité qui aimerait nous rendre triste, le parti de repousser les lignes de jeux derrière les bottes de vos soldats, de franchir les grillages protégeant vos pires secrets d’État.» C’est dit.

Bon. Revenons à la question initiale. Les clowns insurgés vont-ils envoyer leur album de famille à la Barbara de la revue des souliers à clous ? Rien n’est moins sûr. Fidèles à leur stratégie diabolique, les traîtres tentent plutôt de démoraliser l’ennemi, de le submerger d’amour, bref de l’inviter à déserter. «Oh, Barbara, quelle connerie la guerre», disait déjà Jacques Prévert. «Au lieu de vouloir mettre de belles images dans votre revue sérieuse, venez faire des actions avec nous, vous verrez que l’armée des clowns a davantage d’humanité que votre ministère de la guerre. Et peut-être que l’illustre inconnu que vous croisez en allant faire vos courses ou en marchant dans la rue est un clown en civil», termine l’Auguste ultra-autonome en envoyant un «Gros Bisous» à son interlocutrice qui n’en demande peut-être pas tant.

Smile is not dead… Je ne suis pas abonné à la Revue de la Gendarmerie Nationale, mais j’aimerais bien feuilleter le numéro de septembre. La situation est grave, mais pas désespérée. Clowns de tous les pays, unissez-vous !

Pour visiter la folle planète des clowns insurgés et leurs unités d’anti-élites, allez par exemple sur le site des Anglais de la CIRCA (Clandestine Insurgent Rebel Clown Army), des Clolonels hollandais, du Bataillon Brouhaha du Québec et, bien sûr, de la Brigade Activiste des Clowns (BAC).

Paco - Le Mague, 27 août 2009.
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Lundi 7 septembre 2009

Rassemblement de soutien à une personne inculpée pour avoir refusé de donner son ADN à la police
Rendez-vous le vendredi 18 septembre 2009 à 13h30
devant le Tribunal de Grande Instance de Grenoble
Ligne de tram B, arrêt Palais de justice

Fichage encore, contrôle toujours…

En avril dernier, M. est soumise à un contrôle d’identité dans la rue, devant une ancienne maison occupée. Tout de suite la police lui reproche des délits farfelus, comme les dégradations de la maison (en réalité commises par les propriétaires eux-mêmes lors d
une expulsion illégale musclée un mois auparavant). La volonté des flics est donc claire.

M. est ensuite conduite au commissariat, accusée dun délit mineur. De son bon droit, elle refuse de se soumettre au prélèvement dADN. En effet, la loi stipule que refuser le fichage ADN est un droit… mais elle prévoit une peine d’un an de prison ferme et de 15.000 euros d’amende pour celles et ceux qui refusent le prélèvement. Elle est donc mise en garde à vue, doù elle sortira avec une convocation au Tribunal de Grande Instance pour le 18 septembre 2009 pour son refus.

Comment faire face à une telle logique ?

Le prélèvement ADN a été instauré à la fin des années 1990 par le gouvernement Jospin, au départ pour les délinquants sexuels seulement, ne vous inquiétez pas messieurs-dames. Suite à une multiplication des lois sécuritaires (LSI, LSQ, etc.), le prélèvement concerne aujourd’hui toute personne soupçonnée d’un délit (sauf les délits financiers…). L’état d’esprit est au fichage généralisé : «Les citoyens seraient mieux protégés si leurs données ADN étaient recueillies dès leur naissance.» (Chritian Estrosi, député-maire UMP de Nice, rapporteur du projet de loi de «sécurité intérieure», cité dans Le Monde du 16 janvier 2007.)

Le Fichier National Automatisé des Empreintes Génétiques, créé en 1998, compte aujourd’hui 717.000 profils ADN. 30.000 dossiers sont ajoutés chaque mois. Les vœux de Christian Estrosi finiront-ils par être exaucés ? Pour la sécurité de tou-te-s, bien entendu…

Comme la vidéosurveillance, la biométrie, les fichiers Edvige, Cristina et compagnie, le fichage ADN s’inscrit dans une logique globale de contrôle des populations considérées comme «dangereuses» (jeunes des banlieues pauvres, étudiant-e-s et lycéen-ne-s «agité-e-s», chômeurs heureux, sans-papiers, anarchistes, grévistes, etc.).

Cette logique de contrôle est inacceptable parce qu’elle court-circuite notre aptitude à nous organiser pour un changement social, parce qu’elle contient intrinsèquement les germes d’une société totalitaire.

M. s
est opposée à ces pratiques totalitaires et pour cette raison, elle se retrouve convoquée devant le Tribunal de Grande Instance le 18 septembre prochain.

Non au fichage, non au flicage, refusez de donner votre ADN ! Soutenons toutes les formes de révolte qui font chavirer la machine policière !

Rassemblement de soutien vendredi 18 septembre 2009 à 13h30
devant le Tribunal de Grande Instance de Grenoble

5 septembre 2009
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Mardi 14 juillet 2009

Nous sommes sans visage car nous refusons le spectacle médiatique, car nous sommes tout le monde, car le carnaval nous attend, car le monde est à l’envers, car nous sommes partout. En portant des masques nous montrons que ce que nous sommes est moins important que ce que nous voulons, et nous voulons tout pour tout le monde.

Nous masquer est un refus de la représentation individuelle : nos luttes n’ont ni leader ni représentantE, elles sont par essence anti-hiérarchiques, anti-autoritaires et anti-patriarcales, chacunE peut y tenir un rôle égal, sans distinction de sexe, de provenance… ; ainsi nos masques nous rendent solidaires des gens qui ne peuvent pas venir en manif. Si tu veux savoir pourquoi l’on est ici, les manifestantEs, des tracts ou des banderoles te l’expliquent.

La contestation ne peut pas se contenter de s’exprimer uniquement dans les limites et les modalités imposées par les autorités. Dès lors, aller contre l’État c’est rencontrer sa violence : chage, inculpations, amendes, prison, assassinats (Gênes, Göteborg, Zurich). Dans cette manifestation, des policiers/ères en civil se «promènent», des caméras nous lment, des journalistes nous photographient. Nous n’avons pas envie que la police nous reconnaisse an qu’elle remplisse ses ches et étaye ses enquêtes. Nous refusons le chage policier et nous nous en protégeons.

Les missionnaires hystériques du non-masquage le sont par naïveté mais aussi par ignorance du vrai visage de l’État. Ils oublient la violence des mesures de sécurité et les conséquences du chage. Ils pleurent plus une vitre cassée que des millions de vies brisées. Tout cela parce qu’ils/elles cherchent à être reconnuEs comme «interlocuteurs/trices» des tyrans plutôt que de les chasser.

Nous assumons totalement nos différentes façons de manifester : que l’on tague, que l’on déle ou que l’on porte atteinte à des objets spéciques (publicités, malbouffe, prisons, banques…).

Lorsque des manifestantEs masquéEs marquent la rue, les «pacistes» et les médias crient à la violence et à l’anti-démocratie. Mais lorsque les publicitaires le font quotidiennement, de façon massive et sexiste… les voilà bien silencieux/euses ?!

Non, comme aiment à le répéter les ics ou hommes et femmes au pouvoir, nous ne sommes ni des terroristes ni des perturbateurs professionnelLEs de manifestations. Ceux/Celles-ci, grâce aux médias, détournent l’attention de la vraie violence et de la destruction systématique : le capitalisme et ses conséquences. Ainsi, aucune identité n’est demandée à ceux/celles qui blanchissent leur argent dans les banques suisses. D’autres, commes le G8, vont jusqu’à se cacher dans une vallée encastrée entre lac et montagnes, protégés par l’armée, la police (eux/elles aussi sont cagouléEs!) et des barbelés.

Les manifs molles des indignéEs, nous, on en a assez vues ! Les libertés sont maigres et il n’est pas question que l’on s’en prive pendant ce court instant de bonheur qu’est la révolte en action ! Rejoins-nous ! La pacication de notre société répond au très grand besoin de contrôle social et d’exploitation des capitalistes. La société cherche à nous imposer son image : beau/belle, bronzéE, maigre, propre, coincéE, branchéE, dynamique. Nous on est tellement moches que l’on préfère se cacher. :-)

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Vendredi 10 juillet 2009

Des manifestants qui portent une cagoule, des femmes musulmanes qui portent une burka. Apparemment tout les oppose. Mais l’État leur réserve le même traitement : l’interdiction (déjà décrétée pour la cagoule, en projet pour la burka). Alors il faut s’interroger. En criminalisant une extrême minorité, l’État se donne le pouvoir de contrôler et d’anesthésier des pans entiers de population.

Ici en s’attaquant aux cagoulés, il paralyse et divise l’ensemble des militants et en s’attaquant aux femmes en burka, il stigmatise et isole l’ensemble des musulmans ou considérés comme tels (déjà en 1958, l’État colonial faisait brûler les voiles des femmes algériennes pour endiguer la lutte des insurgés). Le prétexte : combattre ceux dont l’identité cachée représenterait un facteur d’«insécurité». La vérité : nous contraindre à être toujours visible aux yeux de tous, refuser l’existence de «communautés» (familiales, amicales, politiques ou religieuses…) échappant au contrôle. La force devant rester le monopole du pouvoir, l’État développe, de son côté, des sections d’interventions armées, entraînées et cagoulées. Il s’agit de continuer à dessiner la figure à double tête d’un supposé «ennemi intérieur» islamiste ou «ultragauchiste» afin de s’autoriser à antiterroriser tout le monde. Alors gardons l’œil et méfions-nous toujours : derrière le masque (qu’il soit burka, cagoule, capuche ou écharpe…) de ceux que l’État dévoile comme étant nos ennemis il y a nous-mêmes surtout quand cela ne nous ressemble pas du tout.

Résistons ensemble no 77, juillet 2009
Contre les violences policières et sécuritaires.


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Vendredi 3 juillet 2009

Contre le prélèvement d’ADN arbitraire et la criminalisation des mouvements sociaux ! Manifestation contre la répression policière et les prises d’ADN arbitraires le 4 juillet 2009, 14 heures, gare de Bienne.


Suite à l’évacuation forcée de la famille von Allmen de la rue de la Source 5 à Bienne, les six occupants arrêtés ont subi un prélèvement de leur ADN. Six autres personnes, dont trois actives au Centre autonome de jeunesse, ont également subi des prélèvements ADN après avoir répondu à une invitation de la police cantonale au sujet de la manifestation du 16 mai en soutien au Tripouze. Les prélèvements d’ADN ont été faits systématiquement, sans même vérifier si les personnes avaient participé à la manifestation. Certaines d’entre elles n’y étaient d’ailleurs pas présentes.

Cette grave atteinte aux droits fondamentaux est totalement disproportionnée. Ces mesures sont dignes de la politique répressive d’un État policier. Dans la même veine, on peut citer entre autres le passeport biométrique, les méthodes disproportionnées d’intimidation de la police cantonale pour obtenir des informations ou encore l’espionnage de groupes altermondialistes par Securitas.

Nous ne voulons pas du fichage des milieux alternatifs !
Nous ne voulons pas de la criminalisation des mouvements sociaux !
Nous voulons le retrait immédiat des données ADN du registre !

Montrons un signal fort d’opposition
à cette politique répressive ! Solidarité !

Déguisez-vous afin de manifester votre refus d’être fichés.
Le contrôle, c’est pas drôle !


OSL-Bienne - La BIU - Familie von Allmen
Antifa Biel – ATTAC – AJZ/CAJ - Anti-Rep Biel/Bienne.
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Mercredi 20 mai 2009

Manifester en cachant son visage sera bientôt interdit dans le canton de Vaud. Les députés ont adopté une modification de loi qui permettra d’amender les personnes cagoulées ou portant des objets dangereux dans les défilés.

Gauche et droite ont unanimement condamné les casseurs masqués qui infiltrent les rassemblements autorisés. «Les personnes cagoulées discréditent les organisateurs des manifestations et les causes défendues», a déclaré Grégoire Junod, chef du groupe socialiste. Chacun doit pouvoir défendre ses opinions à visage découvert.

Les opinions divergeaient en revanche fortement sur la méthode. Les députés ont longuement débattu pour savoir si une telle restriction des libertés d’expression et de manifestation se justifiait dans tous les cas où devait être réservée aux situations potentiellement dangereuses.

Pour les socialistes, les écologistes et «À gauche toute !», une interdiction des cagoules n
est pas une garantie contre les débordements. Inversément, des personnes masquées dans une manifestations nont pas forcément de mauvaises intentions.

Les députés de gauche proposaient donc que l
autorisation des cagoules reste la règle et quune interdiction soit possible au cas par cas. Cette proposition a été repoussée par 68 voix contre 60, sans abstention.

Cette nouvelle disposition permettra aux policiers dintervenir de manière préventive, sest félicitée la conseillère d’État Jacqueline de Quattro. Lors des débordements en marge de la venue de Christoph Blocher au Comptoir suisse, en septembre 2007, les forces de lordre navaient pas pu intervenir avant quun délit ne soit commis, a-t-elle rappelé.

Leur presse (ATS), 19 mai 2009.

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Mercredi 13 mai 2009

Projet de loi — Le Château veut interdire de manifester masqué et avec des objets dangereux. La gauche conteste les contours de la loi, mais s’accommode sur le fond.

Les manifestants seront-ils bientôt tenus de battre le pavé à visage découvert, sous peine damende ? Les députés pourraient se pencher dès mardi prochain sur un projet de loi en ce sens. Émanant du Conseil d’État, celui-ci vise à introduire dans la norme pénale linterdiction «de toute tenue vestimentaire ou de tout autre équipement propre à empêcher lidentification».

Garde-fou inefficace ?

Masques, cagoules, casques et autres accessoires seraient donc proscrits. Tout comme le port d
objets «piquants, tranchants, contondants, explosibles ou projetant des substances». Rappelons que le projet de loi avait été lancé au lendemain des débordements lors du défilé du 1er Mai 2008.

Comme souvent sur les sujets «sécuritaires», un affrontement gauche-droite semble cette fois encore se dessiner. Parmi les onze membres de la commission chargée de l
’examiner, les cinq députés socialistes, Verts et d«À gauche toute !» ont ainsi recommandé le refus dentrer en matière sur cette mouture du texte.

Le rapport de minorité dont ils se sont fendus considère qu
«au regard des importantes restrictions aux droits fondamentaux (…), les effets sont trop minces pour pouvoir être justifiés». En clair, rien ne démontre que lidentification des participants soit une garantie contre les débordements.

Le rapport s
inquiète aussi de ce que la loi envisagée ne tienne pas compte des situations particulières, où la «volonté de discrétion» serait légitime. Par exemple, lors de défilés de sans-papiers, de déboutés du droit dasile ou de minorités stigmatisées. Par ailleurs, linterdiction de tout accessoire «ayant pour effet de dissimuler le visage» laisse une marge dinterprétation trop large. Un manifestant coiffé dun bonnet lors dun défilé hivernal serait ainsi théoriquement amendable.


Excepté la Fête du bois…

Si des exceptions sont autorisées en fonction du type de manifestation, les demandes devront faire l
objet dun préavis communal. De fait, comme le relève la députée Verte Marianne Savary, ce régime sappliquerait à des cortèges aussi paisibles que celui de la Fête du bois à Lausanne (où les enfants des classes enfantines et primaires sont masqués).

Autre disposition décriée du projet gouvernemental, celle qui pénalise «la tentative et la complicité» de dissimulation. Jugée source d
abus et inapplicable, elle a cependant été retoquée par la commission, à une très courte majorité il est vrai (6 voix contre 5).

Hormis les points contestés de ce texte, le principe de l
interdiction en soi ne suscite pourtant pas lire de la gauche. Lannée dernière, lors de la mise en consultation du projet, cette mesure chère à la cheffe du Département de la sécurité, Jacqueline de Quattro, avait au contraire montré son pouvoir de séduction au-delà des rangs bourgeois.

«Un faux débat»


Chef de file des députés socialistes, Grégoire Junod se dit personnellement «favorable à manifester à visage découvert». Pour ce syndicaliste, la question du maintien de l
ordre nest pas seule en cause. «Je suis convaincu que dans les manifestations ouvrières, les cagoules font du tort à limage des salariés.» Grégoire Junod tient toutefois à préciser que son groupe ne sest pas encore prononcé sur le projet de loi. «Sur le fond, on partage entièrement les préoccupations de Jacqueline de Quattro et de la police», indique quant à elle Marianne Savary, qui salue par ailleurs linterdiction des objets dangereux. Du côté d«À gauche toute !» en revanche, lopposition de principe est plus frontale.

«Pour nous, le droit de manifester est très précieux et indispensable, dit la députée popiste Christiane Jaquet-Berger. Bien sûr, il n
est pas dans notre tradition de manifester cagoulés. Mais porter une cagoule ne signifie pas pour autant quon va casser des vitrines et frapper sur la foule. Je pense que cest là un faux débat.»

Arnaud Crevoisier - Le Courrier, 8 mai 2009
Quotidien suisse et indépendant.
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