Sous l'œil des caméras

Samedi 21 novembre 2009

À l’appel du CDL (Collectif Démocratie et Libertés)
Rassemblement contre la vidéosurveillance à Paris lundi 23 novembre, à 18h30 devant l’hôtel de ville.

Le Conseil de Paris vote, lundi 23 novembre, pour donner ou non l’autorisation à Bertrand Delanoë de signer une  convention avec la préfecture de police pour mettre en œuvre le plan «1000 caméras pour Paris», et contribuer pour 5 millions d’euros aux travaux (budget de la préfecture : 300 millions d’euros).

Le CDL a rassemblé près de 10.000 signatures contre le plan du gouvernement de Nicolas Sarkozy. Des conseils de quartier de plusieurs arrondissements ont voté des vœux hostiles à ce plan. 19 Conseils d’arrondissement ont malgré tout voté pour, la plupart des élus de la majorité municipale socialiste et apparentés appliquant consciencieusement une consigne de vote les alliant pour l’occasion aux élus de l’UMP (qui réclament déjà un nouveau plan de vidéosurveillance de la capitale !…).

Venez nombreux exprimer votre opposition
au plan de déploiement de caméras de surveillance dans nos rues !


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Mardi 17 novembre 2009
Un canular sur la vidéosurveillance questionne les Dijonnais
La Mairie piégée par un détracteur masqué


Les habitants du centre ville ont reçu à la fin du mois dernier une étrange lettre émanant de la «Direction de la Tranquillité Publique». Objet de la missive : informer les résidents du dispositif de la vidéosurveillance… Si la forme est très administrative, le fond est vraiment discutable. Et pour cause : ce ne sont pas les services de la Mairie qui l’ont écrite, mais clairement un opposant au système…

L’histoire vraie de Georges Smith


Dans cette lettre reçue par les résidents du centre-ville, rien ne laisse supposer qu’il s’agit en réalité d’un canular. Absolument tout a été pensé pour que les Dijonnais tombent dans le panneau. La présentation est en effet la copie conforme d’un papier 100% officiel : le logo de la Ville, la mise en page très administrative, le ton sérieux et même la signature de l’attaché de la communication, un certain Georges Smith… En composant le numéro de téléphone indiqué au bas de la lettre, les Dijonnais tombent sur la véritable Direction de la Tranquillité Publique : «Et je peux vous dire que je ne m’appelle pas Georges Smith…», annonce d’emblée un employé du service ayant souhaité rester anonyme. Apparemment, les services de la Ville sont au courant. «Vous n’êtes pas les premiers à nous questionner, au moins une dizaine de personnes nous ont déjà appelés pour s’assurer qu’il s’agissait d’un canular.»

Surveiller «vos allées et venues»

À y regarder de plus près, le faux est flagrant. «Le logo est affublé de cornes méphistophéliques, et puis il y a une grosse faute d’orthographe à “Tranquillité”», commente l’employé. Quant au contenu, il ne fait guère de doute que la Mairie n’en est pas l’auteur… Morceaux choisis : «Vous n’êtes pas sans savoir que notre commune souhaite désormais privilégier les moyens modernes de répression, plutôt que des mesures d’égalité sociale devenues trop coûteuses, complexes et archaïques. (…) Désormais, toutes vos allées et venues (ainsi que celles des personnes vous rendant visite) seront filmées en permanence…»

Un canular passible d’un an d’emprisonnement

«Nous ne savons pas qui est derrière tout cela, affirme l’employé. Mais le service juridique de la Ville se réserve le droit d’entamer une action en justice.» Une usurpation de fonction comme celle-ci relève en effet de l’article 433.13 du code pénal, qui prévoit notamment un an d’emprisonnement et 15.000 euros d’amende à l’encontre du contrevenant. «En tout cas, c’est très astucieux ce qu’il a fait. Je suis certain que devant la Justice, cette personne se défendrait en affirmant que la méprise avec un réel document administratif est impossible», ajoute cet authentique mais anonyme employé de la Direction de la Tranquillité publique.

À moins qu’il ne s’agisse en réalité du fameux Georges Smith… «La vérité est toujours ailleurs», avait l’habitude de dire un personnage d’une célèbre série de science-fiction.

Leur presse (Hanaë Grimal, dijOnscOpe), 6 octobre 2009.




Contribution de
Gil scott heron au débat «Vidéosurveillance à Dijon : tous acteurs ?»

ARTICLE PREMIER. — La destination de l’espace public est l’échange et la circulation des marchandises. Comme toutes les autres marchandises, les hommes s’y déplacent librement.

ARTICLE DEUX. — L’espace public est l’espace qui n’appartient à personne. Ce qui n’appartient à personne appartient à l’État. L’État concède à la sémiocratie marchande l’occupation de l’espace susdit.

ARTICLE TROIS. — Les bureaux sont faits pour travailler. La plage est faite pour bronzer. Ceux qui veulent s’amuser vont de leur plein gré dans les espaces de loisir, discothèques et autres luna-parks aménagés à cet effet. Dans la bibliothèque, il y a les livres. Dans les hospices, il y a les vieux. Dans les pavillons, il y a les familles. La vie est faite de moments détachables. Chaque moment a sa place. Tout est en ordre. Nul ne s’en plaint.

ARTICLE TROIS BIS. — Le désordre aussi a sa fonction spéciale. Il rentre dans l’Intégrale, à l’emplacement prévu pour les évènements imprévus. Pour le bien-être de tous, les citoyens sont invités à se trouver sur la voie publique lors des fêtes organisées à leur attention, à intervalles réguliers, par les services du Ministère de l’Intérieur et de la Culture. Nos agents d’ambiance sont là pour vous servir. Il n’est pas interdit d’être aimable avec eux, même si vous êtes en règle.

ARTICLE QUATRE. — À chaque enfant est assigné un adulte-référent. Cet adulte est responsable devant la Loi du comportement de l’enfant qui lui est attribué. En raison de leur formation psycho-sociale encore incomplète, et dans l’intérêt même de leur développement, les enfants n’ont pas lieu de jouer dans l’espace public hors de la surveillance de leurs adultes-référents. En tout état de cause, les enfants se classent en deux groupes : les hypercinétiques, qui reçoivent de la Ritaline, et les hypocinétiques, qu’il convient de placer sous Prozac.

ARTICLE CINQ. — Dans un souci de préservation du paysage et de respect de l’ambiance sociale, il paraît souhaitable que les corps non conformes aux normes esthético-sanitaires en vigueur, publiées quotidiennement dans la presse nationale, s’abstiennent de circuler dans les lieux publics entre neuf heures et vingt heures trente. Durant cette tranche horaire, les mendiants seront en revanche tolérés aux heures de plus forte affluence, où ils participent à l’édification de tous, par l’exemple repoussant qu’ils constituent.

ARTICLE SIX. — Le but de la vie est le bonheur. Le bonheur est une donnée objective qui se mesure en quantités exactes. Or chacun le sait de nos jours : là où règne la transparence, règne le bonheur ; ce qui ne cherche pas à se montrer cherche seulement, par là, à se cacher ; et tout ce qui cherche à se cacher doit être tenu pour suspect. Il est par conséquent du devoir d’ingérence du Biopouvoir de faire disparaître toute opacité de votre vie. Le Biopouvoir veut votre bonheur. S’il le faut, il le voudra contre vous.

ARTICLE SEPT. — Pour la sécurité de tous, il convient que l’espace public soit intégralement surveillé. Là où le contrôle demeure imparfait, la foule est invitée à réprimer en son sein tout comportement contraire à la dignité humaine. Tout rassemblement anonyme, toute conduite anormale devront donc être signalés aux patrouilles de l’Action Préventive de Proximité (A.P.P.). Dénoncer les agents du Parti Imaginaire parmi nous, c’est un devoir citoyen, c’est agir pour leur bien, et pour le bien de tous.

ARTICLE HUIT. — L’espace public est un espace neutre, c’est-à-dire que toute manifestation d’existence singulière y représente une atteinte à l’intégrité d’autrui. Tout sera désormais mis en œuvre, mobilier urbain, décors adéquats, Contrôle Continu (C.C.), pour rendre impossibles de telles manifestations, dont on sait quelles intolérables nuisances elles occasionnent à nos concitoyens.

ARTICLE NEUF. — Nous remercions l’ensemble de ceux qui, par leur comportement, ont contribué à ce que l’énoncé de ces principes aille de soi.

ARTICLE DIX. — RIEN NE DOIT PLUS ARRIVER.

Leur presse (dijOnscOpe), 15 septembre.
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Samedi 31 octobre 2009
«Il n’y a plus dactes de vandalisme là où il y a des caméras»

Trente-deux caméras de surveillance gardent un œil en permanence sur six secteurs de la ville jugés sensibles. Cinq d’entre elles viennent d’être installées, impasses Saint-Antoine et du Moulin. Douze autres caméras devraient être installées dici la fin de lannée.

Le but est avant tout «dissuasif». En quelques années, les rues et parkings de Lons se sont équipés d
une trentaine de caméras qui filment en continu les allées et venues de tout un chacun. Quatre aux abords de la Maison commune, huit vers la MJC, neuf surveillant le parking Regard… Des lieux jugés sensibles, choisis par la ville après consultation des services de police.

«Le recours à la vidéo-surveillance porte ses fruits. Il n
y a plus dactes de vandalisme sur ces sites, indique Daniel Bourgeois, conseiller municipal délégué à la gestion des espaces publics. Avant, il ne se passait pas une semaine sans que des carreaux ne soient cassés à la Maison commune, par exemple.»

Jusqu
ici, dans la cité lédonienne, le dispositif sest avéré plus dissuasif que répressif. «Les bandes sont conservées huit jours, dans des lieux sécurisés où personne ne met les pieds, puis effacées automatiquement, explique Daniel Bourgeois. Elles ne sont consultables que par la police, sur demande du procureur de la République. Et, à ma connaissance, cela nest jamais arrivé à Lons.»


Au début du mois, cinq nouvelles caméras ont été installées pour surveiller les abords des impasses du Moulin et Saint-Antoine, en plein centre-ville, vers la rue Lecourbe. «Il y avait régulièrement des feux de poubelle dans le coin, raconte un riverain. On verra bien si ça change quelque chose…» Six autres caméras sont sur le point d
être mises en place vers le giratoire Bernard-Sautot, cest-à-dire vers le centre commercial de la Marjorie, deux sont également prévues rue de la Préfecture et quatre autres garderont un œil sur les alentours du Cosec, dans le quartier du Solvan. «Ce ne sont pas des endroits qui posent problème, mais plutôt des secteurs où il pourrait y avoir des soucis», explique Daniel Bourgeois.

Ces installations, votées l
an dernier en conseil municipal pour un budget de 47.000 euros, étaient initialement programmées au printemps dernier. «Les appels doffres, puis le manque de disponibilité des entreprises, ont retardé le projet. Mais si tout va bien, tout sera en place dici la fin de lannée», confie le conseiller municipal. Qui nexclut pas limplantation dautres caméras. «Nous ferons le point dans cinq ou six mois. Mais de toute façon, cest le conseil municipal qui décidera.»

Leur presse (Cloé Makrides, Le Progrès), 29 octobre 2009.



Parking Regard : 9 caméras déjà installées  
Maison de l’emploi : 3 caméras déjà installées
Maison commune : 4 caméras déjà installées
MJC : 8 déjà installées   
Services techniques : 3 déjà installées   
Impasse Saint-Antoine et impasse du Moulin : 5 déjà installées   
Rue de la Préfecture : 2 caméras à venir   
GES COSEC : 4 caméras à venir   
Croisement Sautot : 6 caméras à venir
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Vendredi 14 août 2009
À l’automne, les caméras de surveillance investiront la ville

Le conseil municipal la validé cet hiver, il y aura bien une douzaine de caméras de surveillance installées dans des secteurs jugés sensibles. Les premiers travaux sont faits, elles seront installées en septembre. Un sujet délicat.

C
est du sensible, du très sensible et les élus marchent sur des œufs quand ils abordent le sujet… Linstallation de caméras a pour objectif avoué la sécurité dans la cité. En même temps, pour beaucoup cest un œil qui se braque sur eux sans quils le sachent et sans quon leur demande leur avis.

Sécurité publique ? Liberté de lindividu ? Le débat est sans fin, mais force est de constater quil agite toutes les municipalités. On se souvient de Dole où les caméras ont été acceptées par lancienne équipe et refusées par la nouvelle. À Saint-Claude, même topo alors quà Morez, elles se multiplient.

À Lons, les élus ont validé le projet cet hiver après un long débat où la gauche s
était abstenue en arguant du fait que les crédits dÉtat (qui financent en grande partie ce type déquipement) devaient servir à autre chose. Finalement, il a été décidé dinstaller une douzaine de caméras (pardon, le projet parle de vidéosurveillance…) qui devaient entrer en fonction cet été. Il y aura un petit retard, les tranchées destinées à passer les câbles ont été faites, mais la pose des caméras est prévue pour septembre.

Il y en aura trois dans l
impasse Saint-Antoine et la petite place Grancher, là où des vandales avaient coupé un arbre. Deux autres sont prévues dans limpasse du Moulin, sombre et étroite, qui rejoint la rue Émile-Monnot. Cinq seront installées sur le giratoire Bernard-Sautot, cest-à-dire vers le centre commercial de la Marjorie, pas destinées à surveiller les habitants du quartier assure-t-on en mairie, mais à repérer les véhicules qui montent vers la Marjorie ou filent aux Mouillères. Deux autres seront placées devant la préfecture… Il y a quelques semaines, les élus ont décidé den placer quatre autres aux abords du GES dès le mois doctobre et den remplacer une dans le parking souterrain place de la Liberté (dans ce second vote, une partie de lopposition sest prononcée pour).


Et, pour rester dans le débat de fond, Bernard Viret — adjoint à lurbanisme — ne manque pas de rappeler le principe de base qui veut que personne ne regarde les vidéos exceptées la police municipale et la police dÉtat en cas de problème nécessitant des recherches. Sinon, les bandes ne sont pas regardées et elles sont effacées automatiquement toutes les semaines…

Un dispositif déjà en service depuis deux ans à la Maison commune et la MJC
Que ce soit en conseil municipal ou plus largement au niveau national, le sujet a beau susciter le débat sur le rôle d'un éventuel «big brother», la vidéosurveillance est une réalité qui fait partie du quotidien de chaque citoyen. Chacun de nous est filmé quand il va à sa banque, quand il franchit un péage dautoroute, quand il entre dans un magasin, etc.
À Lons, les caméras fleurissent depuis belle lurette et le problème de fond reste le même : la liberté individuelle. Bien entendu, quand cest la collectivité qui prend cette décision, le sujet devient plus aigu. Pourtant, il faut le savoir, chacun de nous est filmé à longueur de journée sans même quil limagine.
À Lons, le débat est dailleurs tronqué puisque huit caméras ont été installées il y a deux ans autour de la Maison commune et sept autres aux abords de la MJC lan dernier, avant que le sujet soit abordé de façon globale en conseil municipal.

Leur presse (Armand Spicher, Le Progrès), 11 août 2009.
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Mardi 30 juin 2009
Les caméras encore détruites à Sartrouville

Des projectiles ont été tirés dimanche soir sur trois caméras de vidéosurveillance à Sartrouville. Les prochains appareils installés seront blindés, pour résister aux balles.

Les caméras de la cité des Indes à Sartrouville (Yvelines) ont encore une fois été visées par des tirs d’arme à feu dans la nuit de dimanche à lundi. Vers 23 heures, avenue de l’Europe, un scooter s’arrête devant l’œil électronique, réparé il y a trois semaines. Les deux hommes juchés sur la machine ont pris le soin d’enfiler une cagoule.

L’un des deux met pied à terre et braque un pistolet de calibre 22 long rifle en direction de la caméra. Le premier objectif rend l’âme. Le scooter fait le tour de la cité et deux autres caméras sont détruites selon le même procédé. Dans le bureau de la police municipale, l’opérateur assiste impuissant à la scène. «Il n’a pas eu le temps de réagir entre la première et la dernière dégradation ; il ne s’est passé que quelques instants, précise le maire, Pierre Fond (UMP). Ces caméras appartiennent au Logement francilien. Les nôtres sont désormais blindées.»

Le scooter sera retrouvé incendié un peu plus loin afin d’éviter que les forces de l’ordre réalisent le moindre prélèvement qui permettrait de remonter jusqu’aux auteurs.


Au mois d’avril dernier, une demi-douzaine de caméras avaient déjà été détruites par un duo à scooter armé d’un fusil. Les hommes du commissariat pensaient tenir une piste. Mais les nouvelles dégradations ont réduit leurs espoirs à néant. Ils vont aujourd’hui tout recommencer pour arrêter les coupables. «Ce n’est pas une affaire simple, précise une source proche de l’enquête. Il y a de nombreux suspects dans ce quartier et les raisons de casser les caméras ne manquent pas.»

Hier, l’édile ne cachait pas sa colère. «C’est insupportable, s’indigne-t-il. Nous avons commencé un mouvement de réappropriation de ce quartier qui est aux mains des délinquants. On les dérange et ils passent à l’action.» Le maire avance que les tirs sur les caméras sont le fait de délinquants «organisés et efficaces». «Ils nous prennent de vitesse, mais on ne va pas laisser les choses comme ça. Je veux de l’action ! On va trouver une réponse pour les contrer parce qu’on le doit aux habitants du quartier.»

Dans un avenir proche, de nouvelles caméras, blindées cette fois-ci, devraient remplacer les anciens modèles.

Leur presse (Julien Constant, Le Parisien), 30 juin 2009.


Des coups de feu tirés sur les caméras

Onze caméras de vidéosurveillance ont été détruites à Sartrouville en l’espace d’une semaine. Dimanche soir, trois ont encore été la cible de tireurs qui circulaient à scooter.

Qui en veut au système de vidéosurveillance de Sartrouville ? Dimanche soir, trois caméras ont été détruites. En une semaine, pas moins de onze ont été dégradées, certaines deux fois de suite.

Aux environs de 22h25, dimanche, trois caméras de surveillance ont été atteintes par des tirs de fusil de chasse, sur la place Nationale, dans le quartier du Vieux-Pays.

Les auteurs de ces dégradations opéraient casqués depuis un scooter. Peu après les faits, la police a contrôlé deux individus à proximité, mais ils n’ont pas été placés en garde à vue.

Vendredi soir, une caméra située sur l’avenue de l’Europe avait été touchée, cette fois par une décharge de chevrotine. Le week-end dernier, c’était déjà la vidéosurveillance de la place Nationale qui avait été la cible des délinquants. Aussitôt remplacé, le matériel n’aura pas terminé la semaine.

D’après une source proche du dossier, il est difficile pour l’heure de se faire une idée sur les motivations des auteurs de ces dégradations. «On ne sait pas si c’est pour protéger un trafic ou simplement de la provoc.»

Pour Pierre Fond (UMP), le maire de Sartrouville, quel que soit le mobile, la réponse est claire : «On va remplacer le matériel détruit par du plus résistant. Il y a des modèles qui résistent aux balles. Il est impératif de le réinstaller.»

Pionnier en la matière, Sartrouville s’est doté depuis douze ans d’une cinquantaine de caméras de vidéosurveillance. «Nous allons rétablir notre système de sécurité, voire le renforcer, affirme l’édile, qui voit dans ces actes de vandalisme une justification de son action. Visiblement, si on les détruit, c’est que ces caméras gênent. C’est la preuve qu’elles servent. Et, de toute façon, il n’est pas question d’abandonner les habitants et ces territoires à des délinquants.»

Leur presse (Matthieu Suc, Le Parisien), 31 mars.
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Vendredi 10 avril 2009
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Mardi 10 mars 2009

Le Courrier de saintClaude & sa région, 5 mars 2009.
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Lundi 29 septembre 2008
Vidéosurveillance :
Du débat politique au vandalisme


Avant de filmer, elles avaient fait beaucoup parler. L’installation de caméras de vidéosurveillance sur la sous-préfecture du haut Jura avait fait l’objet d’un débat politique lors des Municipales entre le maire sortant, Jean-Louis Millet, et son opposant Francis Lahaut. Le premier souhaitait installer un dispositif en plusieurs points de la ville. Le second estimait que cela ne faisait que déplacer les problèmes de délinquance, sans les résoudre. Seul l’équipement du parking souterrain de la Côte Joyeuse, derrière le Palais des sports, faisait l’unanimité. Il a fait l’objet de plusieurs incendies de véhicules, et de nombreux vols ou actes de vandalisme. Une douzaine de caméras discrètes a été installée durant l’été à l’intérieur de l’édifice. Les deux dernières aux entrées ont été fixées mardi. Et l’une d’entre elles a déjà été détruite par jet de pierre dans la nuit de samedi à dimanche. Reste à voir si les autres caméras pourront fournir les images de son ou de ses bourreaux.

Presse jaune, 29 septembre 2008
(Le Progrès, édition du Jura).
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Lundi 8 septembre 2008

Cinq militants qui avaient été arrêtés lors de l’action anti vidéo-surveillance organisée par la CBIL, passeront en procès le vendredi 19 septembre à 9 heures au tribunal de police de Ploermel.

Venez les soutenir ! Faites passer l’info.

Pour rappel, résumé de l’action du samedi 3 février 2007 :

Samedi matin une quinzaine de militant-es/sympathisant-es de la Coordination pour une Bretagne indépendante et libertaire (CBIL) s’étaient donné rendez-vous pour un
collage anti-sécuritaire à Ploërmel.

Il n’aura pas fallu longtemps pour voir débouler les cow-boys locaux qui n’ont vraisemblablement pas apprécié que l’on vienne troubler la quiétude de cette ville dont le maire est désormais connu pour son allégeance au Vatican, à la mafia russe et au lobby sarkozyste de la vidéo-surveillance.

Le shériff, nerveux et menaçant, voulait visiblement faire des exemples. Six militant-es ont ainsi été embarqué-es par les gendarmes. Ceux-ci se sont illustrés par leur tact et leur courtoisie habituelle : à un militant qui demandait la raison de son contrôle d’identité il a été répondu : «De toute façon, si t’es pas content, on te fait le coup de Vigie Pirate». À bon entendeur…

Tandis que s’organisait un rassemblement devant la Gendarmerie, à l’intérieur le standard était soumis à rude épreuve. Les camarades ont finalement été relâché-es après que des procès verbaux d’une minceur ridicule aient été dressés.

En tous cas, le message est passé : il ne fait pas bon contester les délires et projets liberticides de la municipalité de Ploërmel. Prochainement une trentaine de caméras supplémentaires et deux autres statues dont l’une représentant «Saint Georges terrassant le mal» et l’autre, Charles de Gaulle. Dormez bien, braves gens et surtout, comme disait Yann Baol 2 : «N’ayez pas peur» !


Infozone, 7 septembre 2008.



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Samedi 28 juin 2008

Le sujet a fait le tour des rédactions britanniques (BBC, Telegraph, VNUNet) : un projet de recherche mené à l’Université de Portsmouth se propose de mettre au point en trois ans une caméra de surveillance «intelligente» capable de s’orienter automatiquement vers… le crime ! Et de donner l’alerte, of course. Cela, on s’en doute, par la grâce de notre amie l’intelligence artificielle.

Exemple qui tue, livré par le
communiqué de presse et repris ad nauseum : dans un parking, le bruit d’une vitre de voiture fracturée serait interprété comme tel par un logiciel et provoquerait illico la rotation de la caméra la plus proche en direction du forfait. Le même algorithme saurait interpréter des bruits de bagarre, tandis qu’un autre confirmerait la chose en analysant l’image. Merveilleux, non ?

Bizarrement, cette information sort lorsque le public british découvre que les caméras de surveillance, qui ont envahi leur quotidien comme aucun autre (une caméra pour 14 habitants), sont tout le contraire d’une baguette magique. Le très sérieux
Guardian présentait par exemple le 6 mai dernier les conclusions d’un rapport officiel du Viido (Visual Images, Identifications and Detections Office), un service de New Scotland Yard, qui admet que les milliards engloutis dans ces caméras n’ont pas rapporté grand chose. Ainsi, seuls 3% des vols dans la rue à Londres ont été élucidés grâce à elles.

L’inefficacité des caméras largement démontrée

Aujourd’hui, le même
Guardian enfonce le clou avec un article signé par le pape états-unien de la sécurité Bruce Schneier. L’inefficacité des caméras a été démontrée «again and again» (encore et encore), affirme cet expert réputé. Elles résolvent très peu de crimes et leur effet dissuasif est minimal. Pourquoi ? Les raisons sont multiples, je vous les range dans trois tiroirs.

Les premières sont d’ordre technique — mauvais éclairage, définition trop faible… — on ne peut y répondre qu’en dépensant encore plus. Seconde catégorie : combien de flics regardent les 500.000 caméras de Londres ? Si une scène inquiétante est observée, combien de temps avant qu’une patrouille intervienne ? On met là le doigt sur le calcul initial : on a beaucoup investi dans le matériel, précisément pour économiser sur l’humain…

Et c’est là qu’intervient l’argument du logiciel «intelligent» : investissez encore un peu plus et on vous livre des yeux et des oreilles artificielles qui scruteront les images et la bande son de milliers de caméras, à la recherche d’indices, et alerteront les surveillants humains à la moindre anomalie.

Seulement voilà, il y a encore et surtout les arguments du troisième type. Bruce Schneier relève que «les criminels ont tendance à ne pas regarder avec obligeance droit dans la caméra». Les salauds ! Ce n’est pas tout : «Les meilleures caméras sont contrariées par les lunettes de soleil et les couvre-chefs.» Il est bien temps de le découvrir. Cerise sur le gâteau, figurez-vous que les caméras ne couvrent pas 100% des quartiers, même les plus chauds, et que … les voyous sont au courant ! Et jouent hors champ.

Le surveillé s’adapte à la surveillance

Surprise : le délinquant a un cerveau et s’en sert. Face à une mesure destinée à l’enquiquiner, il adapte son comportement. Ce qui est bête, c’est que les partisans de ces investissements massifs dans une technologie sécuritaire n’y pensent pas avant. Comment ? Vous dites ? … en fait ils s’en doutent, mais s’en foutent ? Le but visé serait surtout de donner l’impression de faire quelques chose ? Et d’offrir des contrats affriolants à des entreprises privées, de réduire les effectifs du service public. C’est vous qui le dites.

Et le coup de la «caméra intelligente» nous montre la suite du scénario. Du déjà vu. «Zut, notre première génération de bidules sécuritaires ne satisfait pas tout à fait le client. Pas grave, justement nous avons en magasin une nouvelle génération de la même camelote qui donnera toute satisfaction.» Comme si les voyous n’allaient pas apprendre à passer sous le nouveau radar aussi facilement qu’ils se sont moqués du précédent.

Voilà donc encore un bel exemple de technologie sécuritaire qui permet surtout d’attraper des «innocents». Je veux dire : d’une part des gens qui n’ont rien fait de mal, qui verront par exemple débouler les keufs parce qu’une caméra soi-disant intelligente aura pris une esquisse de capoeira pour une castagne. Et d’autre part, sans doute, des voyous un peu neuneu, à la ramasse, pas fichus de s’adapter à la quincaillerie dernier cri de la maison poulaga. Génial.

Au fait, si je parle de tout ça, c’est parce que la France d’après, après avoir étudié le fiasco britannique, s’apprête à le photocopier.

Aïe ! tech, 26 juin 2008.
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Dimanche 6 janvier 2008

«30 ans au service des libertés !», clame la carte de vœux de la Commission Nationale Informatique et Libertés (CNIL) et de son président Alex Türk en ce début 2008.
Pour fêter ça, trois fois plus de caméras nous surveilleront bientôt, selon l’annonce faite par Michèle Alliot-Marie, ministre de lIntérieur, avec les encouragements dAlex Türk : «Je comprends parfaitement que les autorités françaises envisagent de développer cet outil qui vient de faire la preuve de son utilité en Grande-Bretagne. Je suis d’ailleurs certain qu’une majorité de Français seraient d’accord, beaucoup considérant d’ailleurs qu’ils n’ont rien à cacher. La Cnil n’est pas contre la mise en place de réseaux de vidéosurveillance par principe. (…) Les citoyens sont prêts à accepter une légère réduction de leurs libertés pour améliorer le niveau de sécurité collective.» (La Croix, 9/07/07)
Cest un expert qui vous parle : en 30 ans dexistence, la CNIL na rien fait dautre que daider les citoyens «à accepter une légère réduction de leurs libertés» : prolifération des fichiers de police y compris illégaux, usages tous azimuts du Numéro dinscription au répertoire (NIR), traçabilité des internautes, invasion des caméras de vidéosurveillance, systèmes de contrôles biométriques, puces RFID, prélèvements ADN, futur Dossier Médical Personnalisé, etc.
Et les employés de la CNIL sétonnent encore que des opposants occupent leurs locaux, comme le 14 décembre dernier.
Nous ne reviendrons pas en arrière. Les adolescents de 2008 ne voient pas où est le problème. Ça tombe bien, le marché est considérable, et les vendeurs de dispositifs de techno-surveillance affichent de splendides projections de croissance.
Quelques exemples dattributions de marchés publics : 2,27 millions deuros TTC pour lextension du réseau de vidéosurveillance de la Communauté urbaine de Strasbourg (novembre 2007) ; 1,5 million deuros TTC pour la refonte et lextension de la vidéosurveillance sur une portion de lautoroute A40 en Haute-Savoie (octobre 2007) ; 145.000 € pour linstallation dun système de vidéosurveillance au stade Jean Laville de Gueugnon.
2007. Le premier employeur grenoblois (le groupe Schneider : Merlin-Gerin, Telemecanique et Square D) devient le numéro 1 mondial de la vidéosurveillance.
Nul doute que son conseil dadministration ne sabre le champagne pour les 30 ans de la CNIL. Les politiques locaux (Destot, Baile, Sans Nicolas) réclament plus de caméras.
Quant aux 6.300 employés de la cuvette qui apportent leur concours à ce fleuron du flicage, ils appartiennent sans doute à cette majorité de Français qui «n’ont rien à cacher» : découvrons donc ci-dessous, avec le Mouvement pour lAbolition de la Carte d'Identité (MACI), comment leur boîte tire profit de la «légère réduction de nos libertés».


Schneider/Merlin-Gerin
Le modèle grenoblois, leader mondial de la vidéosurveillance


1944. Après deux années d’impuissance des polices française et allemande face aux sabotages, attentats et réquisitions des Résistants grenoblois, la Milice abat Paul Vallier, employé de Merlin-Gerin, et l’un des chefs des groupes francs. En hommage à la Résistance locale, De Gaulle nomme Grenoble «Compagnon de la Libération», un boulevard et une place reçoivent le nom de Paul Vallier.

2007. Le premier employeur grenoblois (le groupe Schneider : Merlin-Gerin, Telemecanique et Square D) devient le numéro un mondial de la vidéosurveillance. Les politiques locaux (Destot, Baile, Sans Nicolas) réclament plus de caméras.

Vallier contre Destot. L’un veut échapper à la police. L’autre met en place une police infaillible. Intérêts industriels et volonté politique : assemblons le puzzle des liens entretenus par Grenoble avec la vidéosurveillance.

Pièce no 1 : Schneider, numéro un mondial de la vidéosurveillance

Spécialiste en automatismes et contrôles d’accès, le groupe français Schneider annonce le 1er août 2007 le rachat (pour 1,12 milliard d’euros) de Pelco, entreprise
californienne spécialiste des caméras, des outils d’enregistrement et de traitement du signal vidéo (mais pas de l’installation ni des logiciels). Le président du directoire de Schneider se vante de son achat (2.200 salariés, 506 millions de dollars de chiffre d’affaires, croissance annuelle moyenne de 21%) dans Les Échos du 2 août 2007 : «la sécurité offre un profil de croissance très attrayant et la vidéo devient un système clef dans la gestion du bâtiment». Aujourd’hui, le tiers du chiffre d’affaires de Schneider provient de la partie Automatisme & Contrôle. Ainsi, le groupe devient le leader mondial de la vidéosurveillance, marché mondial lui aussi en plein essor : 7 milliards d’euros en 2004, 9 en 2006, 12 en 2007. «Avec un taux de croissance de 14% par an, c’est le segment qui progresse de loin le plus vite en matière de sécurité, devant le contrôle d’accès, la surveillance physique et l’alarme d’intrusion», rappellent Les Échos.


Pièce no 2 : Schneider, premier employeur grenoblois

«Merlin-Gerin est bien à l’image de Grenoble ; à moins que ce ne soit Grenoble qui soit à l’image de Merlin-Gerin.»
Pierre Frappat, Grenoble, le mythe blessé, Alain Moreau, 1979.

Le groupe Schneider, c’est à Grenoble sa filiale Merlin-Gerin, emblème de la ville.
Une enseigne Schneider, juchée sur l’immeuble du «World Trade Center» de Grenoble, domine la gare. Du panorama de la Bastille, le site de la presqu’île (entre la gare et le polygone scientifique) est immanquable. De même à Meylan derrière le Carrefour, les bureaux de Schneider s’étendent sur une vaste surface. Quel grenoblois n’a pas eu un parent ou un voisin employé chez Merlin-Gerin ?

Fondée en 1919 par Paul-Louis Merlin et Gaston Gerin, l’entreprise se spécialise dans la production et la distribution électriques. Sur ses nombreux sites isérois, Merlin-Gerin emploie en 1970 jusqu’à 8.000
personnes. Aujourd’hui, «le premier employeur grenoblois» [Les Nouvelles de Grenoble, hors série Economie, octobre 2004] rassemble 6.300 salariés sur 27 sites en Isère (Grenoble, Échirolles, Eybens, Le Fontanil, Moirans, Meylan, Montbonnot, Saint-Étienne-de-Saint-Geoirs, Saint-Marcellin, Saint-Quentin-Fallavier et Varces). En 1992, le groupe Schneider rachète Merlin-Gerin.

Et Schneider ? 1836 : les frères Schneider reprennent les fonderies du Creusot. Deux ans plus tard, ils créent Schneider & Cie. 1891 : spécialiste de l’armement, Schneider se lance sur le marché encore balbutiant de l’électricité. Après-guerre : Schneider abandonne les armes et se tourne vers la construction, la sidérurgie et l’électricité. L’entreprise diversifie ses débouchés et s’ouvre à de nouveaux marchés. Le groupe rachète Telemecanique (1988), Square D (1991), et Merlin-Gerin (1992). Schneider Electrics, présent dans 130 pays, réalise en 2006 13,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires (+ 17% par rapport à 2005) et le premier semestre 2007 est «au-delà des prévisions». Les activités du groupe se déclinent en deux parties : Distribution électrique, Automatismes & Contrôle [Le Dauphiné Libéré, 21/08/2007 et Le Monde, 22/02/2007].

Digression : l’affaire Alavoine. Cette étrange histoire mérite quelques lignes, puisqu’elle concerne les activités de Schneider à Grenoble. Le 14 décembre 1991, Laurence Alavoine, ingénieur spécialisée dans la sécurité nucléaire, habilitée secret Défense, travaillant sur la rénovation de centrales nucléaires dans les pays de l’Est disparaît lors d’une balade en Chartreuse. Le matin de sa disparition elle rédigeait un mémoire de 12 pages sur ses collègues et les activités de Schneider. Les mois précédents, elle évoquait ses craintes de «disparaître», sa connaissance «d’une affaire dangereuse», sans en dire plus, «pour protéger sa famille» car «ils n’hésiteront pas à m’éliminer si je parle». Son mari et des articles de presse posent des questions sur cette disparition ; on retrouve finalement son corps en avril, dans un pierrier. La justice classe l’affaire et la direction de Schneider n’a «aucun commentaire à faire». Un an plus tard, Schneider revend sa filiale nucléaire à Data Systems & Solutions [Libération, 29/03/2002, Le Dauphiné Libéré, 01/04/2002, 03/04/2002, 13/04/2002, Le Monde, 03/04/2002, Objectifs Rhône-Alpes, mai 2002].

Revenons à nos moutons électriques. «Le centre de décision du groupe, dont Merlin-Gerin représentait une part très importante, a définitivement quitté la sphère grenoblois
e au cours de la dernière décennie», ainsi «aujourd’hui, aucune grande décision stratégique n’est prise dans la cité dauphinoise» [Didier Retour (directeur de l’École Supérieure des Affaires de Grenoble), Le Point, 25/03/2004]. Mais c’est encore aux Ruires, à Eybens, que se trouve le site où Schneider a regroupé, en 2006, 1400 chercheurs dans son «Électropole».

Le Figaro du 13 octobre 2006 nous apprend qu'«un an après avoir rassemblé ses forces nationales en matière de recherche fondamentale sur “le Technopole” de Grenoble, Schneider Electric y a inauguré hier son “Électropole”. Celui-ci regroupe sur 33.500 mètres carrés les équipes françaises du groupe en matière de recherche appliquée dans les secteurs électronique et électromécanique. Cette concentration de matière grise a nécessité 85 millions d’euros d’investissements, dont 60 millions pour l’Électropole. Les 1.400 personnes concernées, dont 290 en recherche fondamentale, ont pour mission de stimuler l’innovation, présentée comme le fer de lance de la nouvelle stratégie que souhaite insuffler Jean-Pascal Tricoire, qui a pris la tête du groupe depuis mai dernier. Innovation à laquelle Schneider Electric consacre chaque année de l’ordre de 5% de son chiffre d’affaires, soit 11,7 millions en 2005. Les équipe
s grenobloises de Schneider Electric, comme celles des 45 autres sites de recherche du groupe répartis dans 25 pays, ont pour mission de développer des produits plus fiables et des solutions d’efficacité énergétique».


Pièce no 3 : La police est une politique

Le 21 janvier 1995, la loi Pasqua autorise l’implantation de la vidéosurveillance dans les lieux publics. En décembre 2005, la loi anti-terroriste de Nicolas Sarkozy élargit le champ d’application des caméras : abords des bâtiments privés et accès direct aux images pour les services de police et de gendarmerie, hors du contrôle de la Justice. Le gouvernement prépare maintenant une nouvelle loi d’orientation et de programmation pour la sécurité intérieure (LOPSI 2, remplaçant la LOPSI de 2002). «Impressionné par “l’efficacité de la police britannique”, Nicolas Sarkozy a ainsi demandé à son gouvernement de tripler le nombre de caméras de vidéosurveillance (…). Il y a de quoi soutenir un marché mondial en pleine croissance» [Les Échos, 02/08/2007 et Le Monde, 10/07/2007]. Face à ce déferlement, Alex Türk, le président de la CNIL (Commission Nationale Informatique et Libertés, l’organisme d’État chargé de la validation des fichiers) «a estimé qu’il n’existait pas “d’opposition de principe”». Selon lui, simplement, «les citoyens devront être conscients qu’ils perdront une partie de leur liberté pour renforcer la sécurité collective» [Le Figaro, 10/07/2007]. Les multiples rapports qui dénoncent l’inutilité de la vidéosurveillance (déplacement des infractions, changement des modes opératoires, etc.) pourraient interroger. Ne vaut-il pas mieux des réverbères que des caméras ? Si les gestionnaires de la CNIL se posent peut-être cette question, ils sont incapables d’attaquer les causes politiques du déferlement policier. C’est pourquoi des contestataires occupaient le 14 décembre cette vitrine du ministère de l’Intérieur, dénonçant son rôle nuisible. Finalement l’impact de la vidéosurveillance sur la délinquance a peu d’importance, puisque son véritable objet n’est pas là.

La création de valeur économique est le premier objectif. Il est avoué, nous n’épiloguerons pas dessus en renvoyant simplement au célèbre «Livre Bleu» édité par les industriels du GIXEL.

Quant à «l’avènement d’une société de surveillance», inlassablement annoncé par la CNIL, c’est bien l’autre but de l’opération et non pas l’un des «effets pervers» de la multiplication des caméras. Rendre la société transparente et totalement contrôlable est l’un des objectifs des gouvernements des pays industrialisés. Chacun y va de son analyse : au choix cela démontre la force ou l’
extrême faiblesse de la classe dominante. Une chose est sûre : les dispositifs se resserrent autour de nous. Vidéosurveillance, biométrie, carte d’identité électronique, RFID, prélèvement ADN… sans réaction dans la population. Habitués à vivre en liberté surveillée, notre état de suspects rend coupables celles et ceux qui refusent le contrôle, et la boucle est bouclée.

Qu’en pensent les hommes politiques grenoblois ? En novembre 2007, Henry Baile (figure locale de l’UMP) adresse aux grenoblois le tract «Sécurité» : «À considérer la peur dans laquelle vivent nos commerçants de voir leurs magasins dévalisés en une nuit, nous ne pouvons rester insensibles. Il me paraît nécessaire que Grenoble s’engage à suivre le plan national d’action de développement de la vidéo protection (sic) pour améliorer concrètement la sécurité des Grenoblois dans leur vie quotidienne et augmenter le taux d’élucidation des affaires par les services de police.» Le 11 décembre, le Dauphiné Libéré interroge Fabien de Sans Nicolas, candidat déclaré à la mairie de Grenoble, qui a retrouvé à l’UMP «toutes les valeurs qui [l’] ont guidé depuis l’armée : le mérite, la solidarité». «On peut essayer de parler de l’insécurité de manière équilibrée, en évoquant par exemple le recours à la vidéo-surveillance, sans que l’on soit taxé de sécuritaire…» La position des sarkozystes est claire. Et à gauche ?

Pour une vidéosurveillance républicaine (gratuite et efficace) ? Le 26 juillet dernier, Michel Destot, maire socialiste de Grenoble participe à la réunion (présidée par la ministre de l’Intérieur) sur la vidéosurveillance dans les espaces publics et les transports en commun, en tant que président du Groupement des Autorités Responsables de Transports Publics (GART). But de cette réunion : tripler le nombre de caméras sur le territoire français d’ici 2012. Lors de cette séance, «après avoir rappelé les efforts fournis depuis de nombreuses années par les autorités organisatrices en matière de lutte contre l’insécurité, Michel Destot a exprimé la volonté des autorités organisatrices de poursuivre leur action afin de lutter contre le terrorisme». Michel Destot souligne que les élus sont «soucieux de la préservation de la vie privée de leurs concitoyens et que les systèmes devaient être installés avec discernement». Conscient du danger que représente la vidéosurveillance, Michel Destot tient une position très ferme, une position socialiste : «les autorités organisatrices ne peuvent assumer seules les co
ûts de mise en œuvre de systèmes de plus en plus sophistiqués dont les finalités en termes de sécurité ou de sûreté excèdent leur responsabilité et leur mission» [31/07/2007].

En bref : la vidéosurveillance, oui si l’État paye. Et oui si elle est mise en œuvre «avec discernement». Voilà des paroles insensées. Nous viendrait-il à l’idée de réclamer d’être surveillé avec discernement ? «OK, vous pouvez m’injecter une puce électronique GPS dans le bras, mais avec discernement et si c’est remboursé par la Sécu.» ou «Une caméra dans mon salon ? C’est gratuit ? Bon d’accord, mais installez-la avec discernement». Le nombre de caméras en France, donc à Grenoble, va tripler d’ici 2012. Quel sens le mot «discernement» peut-il alors avoir ? De même, l’argument financier est sans valeur : quand on refuse la surveillance, on ne se bat pas pour savoir qui va la financer.

Le troisième et dernier argument parfois avancé par des opposants à la vidéosurveillance est l’absence d’efficacité. Malheureux ! C’est justement une chance. Le jour où les dispositifs de contrôle et de surveillance rempliront à 100% leur mission, nous serons dans un État littéralement totalitaire. Les caméras généralisent la présomption de culpabilité. Nous ne voulons pas une présomption de culpabilité plus ou moins efficace, mais la présomption d’innocence. Se battre pour une vidéosurveillanc
e «efficace», c’est se tromper d’argument.

22 mars 1944. Vol des fichiers du S.T.O. et des cartes d’alimentation, attentats à la caserne de Bonne, au Polygone d’artillerie, à l’hôtel de l’état-major italien… les groupes francs harcèlent depuis deux ans occupants et collaborateurs. La Milice abat le responsable de «Combat», Paul Gariboldi dit Vallier, dessinateur industriel chez Merlin-Gerin. À la Libération, on donne le nom du jeune mort à un boulevard et à une place. Quand Michel Destot lui rend hommage en mars 2006, il oublie de nous dire comment les Paul Vallier de demain pourront résister, face à une police infaillible, une vidéosurveillance efficace et une carte d’identité infalsifiable. Aux yeux de l’État, les résistants sont des terroristes (toujours) ou des héros (parfois, mais trop tard). Michel Destot, qui n’est pas un terroriste mais un homme politique, indigne membre de la Ligue des Droits de l’Homme, ne se pose pas ces questions. Dans la même position gestionnaire que Fabien de Sans Nicolas, Henry Baile, ou la CNIL, aux commandes de l’Appareil, il ne peut pas comprendre que l’inflation de la machinerie d’État nous fait plus de mal que ne pourront jamais nous en faire quelques délinquants. Son seul but est d’enrober de velours des décisions de fer.

Destot, simple flic. Sacrifier la politique à la technique, sacrifier les libertés à la sécurité, c’est le credo de tous les techniciens. Les bons techniciens peuvent être de droite comme de gauche, seule compte leur soumission à l’appareil d’État et à la technique. S’opposer aux technologies de police, c’est formuler les problèmes en termes politiques et de transformation sociale, non en termes gestionnaires.

On aura compris que même le terme d’homme politique est abusif. Finalement, Michel Destot, ingénieur au CEA devenu maire de Grenoble, n’est qu’un technicien.

Technopolis, technopolice.

Mouvement pour l’abolition de la carte d’identité (MACI), 5 janvier 2008.
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Mercredi 5 décembre 2007
La vidéosurveillance progresse dans le Jura

Dole, Saint-Claude, Morez ont des projets. Lons-le-Saunier également qui a déjà plusieurs dispositifs en fonctionnement. L’État encourage ces politiques avec de substantielles subventions.

Ras-le-bol. Ce sentiment est à l’origine de la plupart des projets de vidéosurveillance qui existent dans le département. À l’image de ce qui se prépare à Saint-Claude, par exemple. Début novembre, le maire Jean-Louis Millet expliquait dans nos colonnes que le système allait être mis en place plus vite que prévu pour faire face à la «recrudescence» d’une certaine forme de petite délinquance. L’élu dénonçait une série de «feux de poubelles, voitures esquintées». La goutte d’eau qui a fait déborder le vase a été les dégradations commises à la salle des fêtes. La ville avait déjà annoncé la mise en place de caméras dans le parking souterrain de la Côte Joyeuse. Cette fois, ce sont la place des Carmes où se font «de nombreux rassemblements nocturnes» et la rue des Écoles «où circulent beaucoup de jeunes», qui pourraient en bénéficier. «Les riverains en font la demande de manière récurrente. Mais nous déterminerons les lieux précis par une concertation avec la police municipale et la gendarmerie.» L’installation devrait démarrer dès le premier trimestre 2008. Une première tranche de travaux est estimée à 200.000 euros, subventionnée à hauteur de 84.000 euros. «C’est l’équipement du QG — qui devrait se trouver dans des locaux municipaux — et la connectique le plus cher. Je ne sais pas encore combien de caméras seront installées.» Le conseil municipal devrait entériner tout cela le 20 décembre.

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Même proximité dans le temps du côté de Dole. «Les travaux devraient commencer au début de l’année», commente Jean-Claude Protet, l’adjoint à la communication, aux affaires générales, internationales et à la sécurité. Au programme : seize ou dix-sept caméras réparties sur deux secteurs. Dans l’hyper centre-ville et aux Mesnils-Pasteur. «C’est une demande forte des habitants. Nous avons déjà fait une expérience sur des parkings des Mesnils-Pasteur, la délinquance a chuté de 80%», souligne l’adjoint de Gilbert BARBIER. Il s’agirait comme à Saint-Claude d’un système d’enregistrement d’images ensuite consultables par les services habilités, mais également pourvu d’une possibilité de les visionner «en direct» en mairie. Voire depuis le commissariat. Une proposition du préfet qui a également été faite à la ville de Lons-le-Saunier (lire par ailleurs). Le montant estimé des travaux est de 293.000 euros subventionné à hauteur d’environ 35% par l’État. «Nous en sommes à la phase technique. Nous avons notamment à choisir entre un système wi-fi et le câblage télé pour acheminer les images», termine Jean-Claude Protet.

Le dossier morézien est à peine moins avancé. «Le comité local de sécurité et de prévention de la délinquance l’a validé», précise le maire Jean-Paul Salino. «Nous sommes en train de finaliser le cahier des charges. A priori, nous pourrions bénéficier d’une subvention de l’État de 75.000 euros. Notre projet porte sur une douzaine de caméras. Nous avons listé, en collaboration avec la gendarmerie, les lieux difficiles à surveiller. Il s’agit de quelques secteurs en centre-ville, de bâtiments publics, des sorties de lycées et collèges…»


Lons : Une longueur d’avance…

La ville préfecture a déjà mis la vidéosurveillance en place sur la Maison commune, trois parkings et un passage souterrain à la gare. D’autres projets se profilent.

Le passage souterrain de la gare est l’équipement le plus ancien en matière de vidéosurveillance à Lons. Et ce système a déjà largement fait ses preuves. Le commandant Patrick Vey, adjoint au directeur départemental de la sécurité publique, se souvient d’au moins deux affaires, de tags et de vol, qui ont été résolues grâce à lui. La ville préfecture ne s’en est pas tenue là. Les parkings de la place de la Liberté, du 11-Novembre et de la rue Regard sont également filmés. La maison commune de la Marjorie est équipée de huit caméras intérieures et extérieures depuis environ un an. Le même genre de système est prévu pour la MJC. «Le dossier est budgété. Il coûte 30.000 euros subventionnés à 50% par l’État», commente le député-maire Jacques Pélissard. «Les marchés sont passés et les travaux devraient commencer dans les semaines à venir. Les caméras pourraient être opérationnelles début 2008.» La ville a d’autres projets dans ses cartons. «Nous pensons au centre social, par exemple», détaille Jacques Pélissard.

Pour l’instant, à Lons comme dans le reste du département, la vidéosurveillance est un enregistrement d’images. Il n’y a pas de visionnage «en direct». Question de budget : il semble difficile de payer du personnel pour surveiller en permanence des moniteurs. Mais le préfet a proposé à la ville préfecture et à Dole une centralisation des images dans les commissariats. Une idée à laquelle le député-maire lédonien se dit «ouvert».

293.365 euros au titre du FIPD

«Plusieurs millions ont été affectés au Fonds interministériel de prévention de la délinquance (FIPD) pour l’ensemble de la France cette année. Cet argent a été réparti dans les départements en fonction de leur population et de la délinquance qu’ils ont à subir. Le Jura a obtenu 293.365 euros.» Ce sont ces fonds, explique Christian Cuchet, le directeur de cabinet du préfet Christian Rouyer, qui servent à financer les divers projets jurassiens de vidéosurveillance. «C’est la première fois que nous bénéficions de ces crédits», détaille Christian Cuchet, «et le préfet a souhaité qu’ils soient principalement utilisés pour porter des projets préventifs. Le conseil départemental de prévention de la délinquance a décidé de privilégier la vidéosurveillance. Ils sont affectés à 90% à cela. Le reste servira à financer des actions comme celles du CIDF (Centre d’information sur les droits des femmes, ndlr) sur les violences faites aux femmes.»

L’an prochain, ces fonds devraient appuyer des opérations de «prévention situationnelle». En clair, à améliorer l’urbain chaque fois que cela améliore la sécurité. Il peut s’agir, par exemple, de sécuriser des entrées d’immeubles ou de financer de l’éclairage public.

Presse jaune, 5 décembre 2007
(Jean-François Butet, Le Progrès).
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