Santé & Social

Samedi 31 octobre 2009

La loi «Hôpital, Patients, santé, Territoires» du 21 juillet 2009 crée les Agences régionales de Santé (ARS) qui auront la compétence des actuelles Agences régionales de l’Hospitalisation (ARH) + le volet médico-social des services de l’État + certaines compétences de l’Assurance maladie.

Les 26 directeurs généraux ont été nommés en Conseil des ministres du 30 septembre 2009.

Leurs missions sont claires : coordonner l’évolution du système hospitalier et médicosocial par le redéploiement des services, des activités ou des équipements lourds en vue de rationaliser l’offre de soins et surtout d’en diminuer le coût.

À la tête de l’ARS Rhône-Alpes, un Super Patron : Denis Morin - Directeur Général, nommé par décret en Conseil des ministres, il va régner en maître (sous le contrôle politique direct du ministère) sur les professions de santé, le secteur hospitalier et les établissements et services médico-sociaux.

La loi et les missions des ARS renforce l’autoritarisme et le centralisme, conforte une vision de «l’hôpital comme une entreprise» dans la perspective d’une marchandisation de la santé, veut briser le monopole de la Sécurité sociale et la mettre en concurrence avec les assureurs. Les ARS seront le centre de cette entreprise de démolition.

Hôpital – Sécurité Sociale = «logique d’entreprise»

Fusions.

La Direction tente de nous faire croire que l’objectif de cette fusion est d’améliorer le service rendu aux assurés et que les conditions de travail du personnel n’en seront qu’améliorées … alors que se ne sera qu’une étape à une régionalisation qui empirera encore ce que nous connaissons.

Morcellement du travail, industrialisation de la production, management standardisé, au nom de la productivité les plates-formes téléphoniques se substituent à l’accueil au guichet, trois minutes au téléphone, fiche-standard sous les yeux, remplacent le contact avec l’assuré, et tout est fait pour rayer des mémoires le fondement de la Protection sociale : principe de solidarité (création de la Sécurité sociale par la Charte du Conseil national de la Résistance en mars 1944) et le refus de tout système de type assurantiel.

On se demande ce qu’il restera de la proximité, du service aux assurés, de la manière de traiter les difficultés sociales.

La direction nous amuse avec les accords sur l’ATT (Accord sur le Temps de Travail), négociés pour garder des miettes et pendant ce temps on ne parle pas de la démolition en profondeur que représentent les fusions, de la dégradation des conditions de travail, du manque de personnel, de la précarisation de l’emploi par l’emploi de et de plus en plus massif de CDD, du recours de la sous-traitance de plus en plus présente dans les CPAM, de la casse de la protection sociale.

Nous, syndicalistes révolutionnaires, anarcho-syndicalistes et syndicalistes de luttes de classe, avons clairement fait notre choix. Nous refusons de continuer à négocier nos défaites et, au contraire, nous voulons organiser nos victoires.

Pour inverser la vapeur, une mobilisation massive et déterminée est nécessaire !

Pour la CNT, faire face à toutes ces attaques nécessite de sortir de la sectorisation des luttes pour établir un véritable et durable rapport de force social, d’agir par le «tous ensemble» et de penser : Grève Générale Reconductible.

Luttons par la lutte syndicale et sociale pour imposer un autre modèle de société, plus libre et plus juste, pour que notre avenir ne soit pas notre présent en pire !

Contact : Tél. 06 82 19 04 22 - Salle 15 bis, bourse du Travail, cours Victor-Hugo 42028 saintÉtienne cedex 1 - Permanence tous les vendredis à partir de 18h30.

Tract diffusé à la CPAM de saintÉtienne par
la section CNT organismes sociaux de la Loire, 22 octobre 2009.
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Dimanche 27 septembre 2009

Mardi 15 septembre 2009, Mme Kokoszka Catherine, directrice départementale de la Protection judiciaire de la jeunesse de Paris a tenté de mettre fin à ses jours par défenestration sur son lieu de travail. Selon certains de ses collègues, cet acte faisait suite à une réunion de la direction interrégionale Île-de-France - Outre-mer de la PJJ au cours de laquelle les directeurs départementaux ont appris des fermetures de structures qu’ils devaient annoncer aux services concernés.

Mme Kokovska n’a semble-t-il pas supporté cette annonce supplémentaire dont la conséquence est de mettre en péril les services éducatifs au détriment des jeunes pris en charge.

Au moment où le ministère de la Justice mène une propagande pour soit-disant lutter contre le taux élevé de suicides en milieu carcéral, il semblerait qu’en parallèle, une autre politique soit menée pour conduire la Protection judiciaire de la jeunesse à un suicide collectif !

Cette politique est entamée depuis déjà de nombreuses années avec le vote de lois de plus  en plus répressives (lois Perben, loi prévention de la délinquance, loi sur la récidive…) et l’ouverture de structures fermées (Centres éducatifs fermés et Établissements pénitentiaires pour mineurs). Fin 2009 l’ordonnance du 2 février 1945 devrait disparaître pour laisser place à un Code pénal des mineurs qui mettra certainement un terme définitif aux prises en charge éducatives.

Dans le quotidien des éducateurs et éducatrices, la pression est de plus en plus grande envers celles et ceux qui cherchent à proposer des solutions éducatives (deux éducatrices de Saint-Denis en ont fait les frais cette année en étant mutées pour raisons de service), qui refusent de sacrifier les projets des adolescents au profit de l’application de directives autoritaires, qui refusent tout simplement d’être de simples exécutants.

Dans ce contexte où ceux qui réforment ont comme seul souci de faire des économies budgétaires en diminuant le personnel et au travers d’opérations immobilières, ce sont les adolescents qui sont les premiers à en souffrir.

L’administration demande aux professionnels non pas de penser l’accompagnement éducatif dans toute sa dimension subjective non limitative et non restrictive mais bien d’accompagner des mesures de surveillance et/ou de répression. Tout cela concourt à la multiplication de  situations inhumaines qui ne laissent pas d’autres destinées aux jeunes que la rue ou la prison.

Il est temps de laisser de côté nos individualismes pour affronter collectivement cette machine à tuer quest le capitalisme !

Fédération CNT santé social
et collectivités territoriales, 21 septembre 2009.


Pression, répression, dépression, défenestration

Ce jour-là, la réunion hebdomadaire des directeurs se prépare. La directrice départementale de la PJJ de Paris n’y siègera pas. Son siège, elle l’a pris pour enjamber la fenêtre et se jeter dans le vide. Une réunion, semble-t-il, pourtant comme les autres, tristement banale avec son cortège de fermeture d’établissements, de dé-structuration, de dé-localisation, de personnels à re-déployer.

É
ducatrice de formation, chargée à ce poste de direction d’acter les directives de sa hiérarchie, la défenestration sur le lieu du travail, juste avant la réunion, semble venir à la place de ce qui n’a pu se dire ? Bien que personne ne puisse parler au nom de l’autre, on peut avancer cependant qu’un tel passage à l’acte vient signifier quelque chose de l’impasse dans laquelle, elle fut contrainte de se débattre, jusqu’à l’absurde.

Aux nouvelles méthodes de gestion publique qui visent la normalisation des pratiques, et au détournement de l’Ordonnance de 45, qui oriente les nouvelles missions de la PJJ en transformant les éducateurs en contrôleurs, s’ajoute la contrainte d’une pseudo-pédagogie qui vise à redresser le comportement, en faisant l’économie du travail d’élaboration psychique et de sa subjectivation.

Si l’Ordonnance de 45 interrogeait la réalité des faits à la lumière de la réalité psychique, si les éducateurs se faisaient passeurs pour ces jeunes en impasse, les derniers remaniements de l’Ordonnance de 45 détournent l’esprit de la loi, en la recentrant sur un objectif de «mise au pas», qui vient empêcher ces jeunes en errance de «prendre pied». Contre un supposé laxisme, la fermeté s’est mutée en fermeture d’établissements éducatifs, et en enfermement : enfermement dans les murs, enfermement psychique.

Sommés de mettre leur éthique et leur savoir-faire au placard pour répondre à la pression de la violence, par la violence de la seule ré-pression, les éducateurs sont poussés à devenir des exécutants musclés de consignes politiques relayées par leur administration. Comment alors permettre à ces adolescents de retrouver le désir de s’inscrire dans une réalité sociale vivante et vivable, une réalité qui donne envie de vivre ?

Quelle marge de manœuvre devant un mode de gestion centralisé de la délinquance, qui introduit ses techniques de normalisation, ses référentiels de mesures, avec fiches techniques, questionnaires directifs, procédures obligatoires, et «recommandations de bonnes pratiques professionnelles» ?

Là où la visée éducative est de permettre que ces adolescents, pris dans le tumulte de leurs pulsions, trouvent les repères subjectifs nécessaires à leur inscription dans la vie, le patient travail d’équipe est nié, annulé au profit d’une prise en charge contractualisée par un document établissant les objectifs et les moyens de les atteindre, dans le déni de la singularité et de la subjectivité, dans le déni de l’inventivité de chacun. La rencontre s’impose, stérilisée, et donc stérile, une rencontre vidée de sa résonance psychique, qui ne s’interroge plus mais programme.

Avec la volonté d’uniformiser les pratiques, s’affirme le fantasme d’en
finir avec le singulier, au profit d’un mode de prise en charge débarrassé de ses scories affectives…

La boucle se boucle enfin sur une «logique de la performance», avec la
LOLF, qui indexe les budgets sur des objectifs quantitatifs, dont les critères sont définis par les Administrations Centrales.

Programmer, dresser, conditionner, normaliser, mesurer, quantifier, évaluer… destructurer, délocaliser, redéployer… autant de noms de cette entreprise destructrice de l’homme, qui laisse chacun aux prises avec sa solitude, son angoisse et sa culpabilité.

Qu’une directrice de la PJJ n’ait eu d’autre recours que de s’éjecter
par la fenêtre pour échapper à sa fonction, dans le silence de l’acte, en dit long sur l’impossible tâche à laquelle elle essaya de se soumettre.

Danièle Epstein, psychanalyste,
a
nciennement psychologue à la PJJ de Paris

Projet d’article pour Libération, 20 septembre.
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Jeudi 15 janvier 2009

La fédération CNT santé social et collectivités territoriales appelle les personnels de la protection judiciaire de la jeunesse à se joindre au mouvement de grève reconductible du 15 janvier 2009.

La parution du rapport de la  commission Varinard n’a fait que mettre au grand jour les orientations actuelles de la protection judiciaire de la jeunesse. La seule préoccupation de cette administration est de répondre à la demande de durcissement de la politique pénale menée envers la jeunesse.  Avant le rapport Varinard, nous avons vu la disparition des protections jeunes majeurs, la chute des prises en charge au civil (avec pour objectif leur disparition), et la priorité donnée au tout pénal avec notamment les centres fermés dits «éducatifs» et les établissements pénitentiaires pour mineurs.

Les 70 préconisations du rapport ne sont donc que la recette à appliquer pour continuer ce que la protection judiciaire de la jeunesse a déjà engagé : mettre fin à l’éducation et promouvoir la punition et la répression.

Malheureusement, le rapport de la commission Varinard ne poursuit pas qu’un seul but. Ses préconisations, si elles se transforment en loi, vont être d
une grande aide à lapplication de la révision générale des politiques publiques (RGPP).

En effet, nous voyons déjà que l
orientation vers «le tout pénal» a des conséquences immédiates sur les suppressions de postes et fermetures de structures. Ce sont bien évidemment les services de milieu ouvert, les services d’insertion et les petites structures dhébergement qui sont les premiers touchés, structures dont les missions visent à maintenir les jeunes en lien avec la société contrairement au CEF et aux EPM.

Nous devons donc nous mobiliser,
—  Pour que notre travail auprès des jeunes en difficulté ne se résume pas à du contrôle et de la probation.
—  Pour exiger la fermeture de tous les lieux privatifs de liberté contraires à une éducation émancipatrice.
—  Pour le renforcement du travail en milieu ouvert, travail en hébergement (ouvert sur la société) et un travail dinsertion partant de ladhésion des jeunes afin de construire avec eux de vrais projets personnalisés.
—  Contre les nouvelles procédures d«entretien professionnel». Ces  évaluations qui vont introduire le salaire au mérite ne sont là que pour renforcer le rapport de soumission envers la hiérarchie, dont le seul objectif est de nous faire appliquer les orientations répressives avec le chantage au salaire pour celles et ceux qui décideront de contester.

C
est en étant en grève reconductible à partir du 15 janvier 2009  et en nous réunissant en assemblées générales souveraines que  nous pourrons établir un réel rapport de force, décider dactions efficaces et élargir le mouvement au delà de la PJJ.

Cest un projet de société que nous avons à combattre,
nous ne pouvons pas rester seul-e-s.

Nenfermons pas la jeunesse, aidons-la à sémanciper.

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Jeudi 1 janvier 2009

Notre rôle à nous travailleurs sociaux, est de donner à tous des opportunités sans discrimination. Aujourd’hui, nous faisons le constat que notre rôle est en danger.

Avec la loi dite «prévention de la délinquance», nous collaborons au fichage, au contrôle des populations les plus en difficulté ; la délation devient notre nouvel outil de travail. Retour du : population pauvre = classe dangereuse !

La culture du chiffre dont notre gouvernement est adepte, nous impose du résultat en nous plaçant en concurrence. Nous sommes poussés à rendre notre travail rentable, que se soit en taux d’insertion, en pourcentage de baisse de la délinquance, etc. Pas étonnant que nous devenions des pions au service des entreprises — entreprises qui, à la base sont des associations, des institutions — que le gouvernement veut transformer dans un but lucratif et ainsi modifier notre rôle. Pour améliorer notre rendement, des cadres dirigeants, aux formations de management et gestion d’entreprises, arrivent aux postes de directions des institutions médico-sociales. Cette politique individualiste tente de gommer ce qui fait notre mission principale : travailler sur le lien social.

Notre rôle est mis à mal par un système qui prend bien souvent des airs de charité institutionnelle, maintenant les personnes bénéficiaires dans la dépendance ou encore dans des conditions de vie précaires fournissant une main d’œuvre peu chère (prenons l’exemple du RSA…).


Travail social : précarisation, dégradation des conditions de travail, logique d’entreprise…

Travailleurs du social, notre quotidien est la confrontation avec les difficultés, la pauvreté, l’exclusion. Maux générés par une société capitaliste où une minorité, le patronat pour s’enrichir, appauvrit une majorité : nous, que l’on soit travailleur ou alors privé d’emploi, travailleur du social ou alors usager de ces services.

Le gouvernement, main dans la main avec le MEDEF, continue sa politique de régression sociale : diminution du nombre de fonctionnaires, privatisation des services publics (l’éducation, la santé, etc., soumis alors aux logiques du marché), diminution des subventions dans le secteur social…

Dans ce secteur comme ailleurs, la part des emplois non qualifiés et sous statut précaire s’accroît quand le «noyau dur» des professions sociales (éducateurs spécialisés, assistants sociaux, animateurs, etc.) stagne. Les temps partiels perdurent, ouvrant la porte à toujours plus de flexibilité pour l’employeur et cela avec les heures complémentaires non majorées.

Autre évolution : l’augmentation des cadres gestionnaires non issus du social, porteurs de méthodes de management directement issues du monde de l’entreprise. Témoignage d’une professionnelle d’un Conseil général : «Je dois accueillir, écouter, comprendre et cela demande beaucoup de temps. Or celui-ci est contrôlé et il arrive que ma responsable m’appelle en plein entretien pour me dire que j’ai dépassé mon temps et que je dois arrêter l’entretien. Je ne dois pas dépasser un quart d’heure.»

Enfin les tâches administratives incombent de plus en plus aux intervenants de première ligne, ce genre d’activité réduit le temps passé avec les usagers, sans compter l’empilement des dispositifs. «Lorsque l’urgence des situations doit faire avec la standardisation et la multiplication des procédures, la rationalisation budgétaire des coûts, nous nous voyons confrontés à la réduction de la relation d’aide en une relation de service, soumise à la logique de la performance et de la productivité.»

Refusons cette logique d’entreprise !
Exigeons l’arrêt du recours au travail précaire !


Travail social : logique de flicage ?

Le 17 juillet 2007, une assistante sociale d’une association d’aide aux femmes battues de Belfort est convoquée par la police de l’air et des frontières, dans le cadre d’une instruction concernant une femme immigrée victime de violences conjugales, que l’association avait accompagnée et hébergée. Refusant de communiquer à la police l’adresse de cette femme recherchée depuis le refus de renouvellement de sa carte de séjour, elle est placée durant trois heures en garde à vue pour suspicion d’«aide au séjour irrégulier».

De plus en plus, les travailleurs sociaux se trouvent confrontés à des policiers insistants, voire menaçants, afin d’obtenir d’eux des informations. Des opérations de recherche de sans-papiers dans des structures du secteur social, des centres d’hébergement, d’accueil et de soins se multiplient avec notamment l’intervention de la police dans ces locaux, des demandes de communication de fichiers et de dossiers nominatifs par des magistrats.

Dans la loi dite «prévention de la délinquance» adoptée en mars 2007, la délation est instituée comme nouvel outil de travail, cela sous peine de sanctions pour les professionnels du social, de la santé, de l’éducation, etc., refusant son application.

L’article 8 de cette loi prévoit en effet, que «lorsqu’un professionnel de l’action sociale […] constate l’aggravation des difficultés sociales, éducatives ou matérielles d’une personne ou d’une famille appelle l’intervention de plusieurs professionnels, il en informe le maire de la commune de résidence et le président du Conseil général».

Ce qui a été confié à une assistante sociale, un médecin, un éducateur… peut alors se retrouver sur le bureau du maire ou du président du Conseil général ; levée du secret professionnel au nom de la prévention de la délinquance, cela au mépris du respect de la vie privée, principe fondamental de notre droit, inscrit à l’article 9 du Code civil.

À partir du fichier des enfants scolarisés où sont signalés les absences, les avertissements, les difficultés scolaires, etc., le maire peut demander la suspension des allocations familiales, convoquer les parents devant un conseil des droits et devoirs des familles, prononcer un rappel à l’ordre : condamnation à des stages de responsabilité parentale.

Dans cette loi dite «prévention de la délinquance», ce sont bien les populations en difficulté, en situation précaire, qui sont visées, qui sont assimilées à des populations potentiellement dangereuses qu’il faut ficher, contrôler et punir.

L’accompagnement des personnes devient contrôle social du fait des politiques publiques sécuritaires qui se développent depuis un certain nombre d’années (Loi de Sécurité Quotidienne sous gouvernement socialiste, Loi Sarkozy sur la Sécurité Intérieure, les lois Perben…).

Refusons ces politiques publiques sécuritaires, cette logique de flicage : exigeons l’abrogation de la loi dite «prévention de la délinquance», opposons-nous à tous type de fichage («Base-élèves», «EDVIRSP»…) !

Travailleurs et travailleuses du social : esclavagistes ?

Un seul exemple : le RSA qui concerne notamment les allocataires du RMI et de l’API.

Ce Revenu de Solidarité Active, remplacera le Revenu Minimum d’Insertion ainsi que l’Allocation Parent Isolé. Il entrera en vigueur le 1er juillet 2009.

Les allocataires du RSA verront «leurs devoirs» en matière d’emploi renforcés ; ils seront tenus de rechercher un emploi, c'est-à-dire de s’inscrire à l’ANPE dans les mêmes conditions que tous les demandeurs d’emploi.

Comme les chômeurs indemnisés par l’Assedic (et ce, depuis la loi no 2008-758 du 1er août 2008 relative aux droits et devoirs des demandeurs d’emploi), ils devront respecter les obligations définies dans leur projet personnalisé d’accès à l’emploi (PPAE) et ne pourront refuser deux offres «raisonnables» sous peine de sanction/suspension de la prestation…

Avec le RSA, sous prétexte d’insertion, les bénéficiaires de minima sociaux seront obligés d’accepter n’importe quel boulot ! (comme d’ailleurs n’importe quels chômeurs indemnisés par l’Assedic).

Le patronat aura désormais à sa disposition une main d’œuvre contrainte d’accepter les pires conditions de travail et de salaire et notamment les temps partiels les plus extrêmes.

Le RSA concernera aussi les travailleurs les plus pauvres : il sera désormais possible de cumuler de façon régulière et indéterminée un revenu d’assistance (le RSA) et un revenu du travail faiblement rémunéré. Quel cadeau fait encore une fois au patronat qui pourra alors pousser les salariés à accepter un temps partiel dissimulé en contrepartie du revenu de solidarité.

Le RSA : dispositif de subvention au bas salaire et au travail à temps partiel !

L’emploi précaire va se développer de manière exponentielle : un des freins à son expansion était notamment la possibilité offerte par l’existence d’un revenu minimum même misérable de refuser les offres les plus pourries ; c’est terminé : le RMI tirait de fait vers le haut les conditions salariales, le RSA va les entraîner inexorablement vers le bas.

Avec le RSA, les bénéficiaires du RMI et de l’API vont voir un certain nombre de leurs droits connexes diminués : allocation logement, CMU, exonération de la taxe d’habitation, gratuité des transports publics… Question maintien des droits, rien n’est clairement stipulé !

L’insertion dans le cadre du RMI était considérée comme multidimensionnelle : elle risque d’être réduite dans le RSA à la seule dimension professionnelle ; tout le volet accompagnement concernant l’accès au logement, à une meilleure santé, etc., présent dans le cadre du RMI risque de disparaître ; le travailleur social aura alors simplement comme mission, d’accompagner l’allocataire à trouver un petit boulot sans possibilité de choisir son secteur d’activité, à temps partiel parmi les plus pénibles, sous-payé, précaire…

Refusons cette logique !


Travail social : charité institutionnelle ?

Le travail social contient encore aujourd’hui des valeurs héritées de la charité chrétienne. Cette logique caritative s’est institutionnalisée. Elle permet à l’employeur de demander toujours plus à ses salariés, il doit être dévoué, disponible, dépasser son temps de travail sans pour autant être payé en heures supplémentaires. Toute heure de travail doit être payée et majorée s’il s’agit d’heure supplémentaire ! Non aux heures travaillées bénévoles !

Cette conception de l’action sociale induit chez les travailleurs et travailleuses un regard misérabiliste sur les personnes accompagnées et l’adoption d’une pratique professionnelle paternaliste, moralisatrice et culpabilisante.

Refusons de rentrer dans ce système normatif et infantilisant. Nous pensons qu’il est possible d’exercer autrement nos métiers ; pas question pour nous de faire rentrer nos publics dans le moule de la société, de formater de «bons citoyens», il s’agit au contraire de restaurer l’autonomie, de permettre au gens de vivre dans cette société sans pour autant y souscrire, il s’agit de travailler à l’émancipation de tous et toutes !


Face à toutes ces logiques, nous voulons opposer la solidarité entre salariés du secteur social et usagers : à travers le soutien des usagers aux travailleurs de ce secteur en lutte, et la dénonciation par ces mêmes travailleurs des atteintes aux droits des usagers.

Nous voulons l’autogestion des structures sociales (CCAS, CHRS…) ; autogestion de ces structures par les travailleurs et usagers.

Pour cela, nous avons comme outil le syndicat, pour défendre nos droits de travailleurs et notre vision des services sociaux égalitaires, solidaires, accessibles à tous et toutes.

Et c’est au sein de la Confédération Nationale du Travail que nous entendons lutter sur la base d’un syndicalisme de démocratie directe et révolutionnaire car il s’agit de combattre les causes de la misère mais aussi de construire les fondations d’une société nouvelle.

LA CNT, C’EST QUOI ?
UN SYNDICAT ! Parce que cette forme d’organisation, telle qu’elle a été définie par ses fondateurs et qui reste plus que jamais d’actualité, englobe à la fois le champ économique, politique, social et culturel. Parce qu’elle a écrit les plus belles pages de l’histoire du mouvement ouvrier. Parce qu’elle est directement issue du peuple et qu’elle représente au plus près ses intérêts. Parce qu’elle remet en cause le rôle dirigeant des partis au sein du mouvement social. Parce qu’elle offre une structure solide sur laquelle s’appuyer pour lutter au quotidien et pour, ensuite, réorganiser la société.
DE COMBAT ! Parce que la plupart des syndicats sont actuellement englués dans la collaboration avec les classes dirigeantes. Parce que l’État et le patronat ne se laissent pas convaincre par de belles paroles. Parce que les intérêts des travailleurs et travailleuses s’opposent radicalement aux intérêts du capitalisme. Parce que seule la lutte est payante (grèves, occupations, manifestations, boycott…). Parce que les grandes avancées sociales n’ont été arrachées que dans l’action et la mobilisation.
AUTOGESTIONNAIRE ! Parce que les permanents syndicaux, dans leur ensemble, génèrent la passivité et la bureaucratie au sein de leurs organisations. Parce que les décisions doivent être prises à la base par les syndiqué-e-s elles et eux-mêmes. Parce que nos délégué-e-s sont élu-e-s sur des mandats précis et qu’ils et elles sont révocables à tout moment par l’assemblée générale du syndicat. Parce que nous tenons à l’autonomie des syndicats locaux et au fédéralisme. Parce que nous préconisons l’auto-organisation des luttes (comités de grève, coordinations…).
SOLIDAIRE ! Parce que les hiérarchies de salaires et de fonctions ainsi que les différences de statuts, renforcent les divisions et l’égoïsme au sein de la population, et s’opposent à la construction d’une société égalitaire et autogérée... Parce que seules la réflexion et l’action interprofessionnelles ou inter catégorielles permettent d’éviter le corporatisme… Parce que les luttes des femmes, des chômeurs et chômeuses, des précaires, des mal logé-es, des sans-papiers, des lycéens et lycéennes, des étudiants et étudiantes sont aussi les nôtres. Parce que les travailleurs et travailleuses du monde entier sont tous et toutes victimes des mêmes maux.

Confédération Nationale du Travail
Syndicat Santé Social de l’Isère, décembre 2008.

POUR CONTACTER LA CNT DANS LE JURA
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Vendredi 12 décembre 2008

Rassurez-vous, vous n’aurez bientôt plus à craindre d’agression en allant chercher vos paupiettes chez le boucher situé à côté du collège du quartier. Nos chères têtes blondes sont en effet une priorité absolue pour le gouvernement actuel. D’autant plus que la peur anti-jeunes dope l’audimat des journaux télévisés lorsque les déboires sentimentaux présidentiels ne sont pas là pour le faire. Nous élevons nos enfants dans un monde merveilleux. L’école, gratuite, laïque et obligatoire, créée pour leur donner toutes leurs chances d’intégration dans la société, n’est plus en mesure de garantir leur sécurité.

La semaine dernière, des gendarmes ont déboulé dans un collège pendant les cours, avec un chien manifestement en manque, ont terrorisé les élèves présents, détruit un ordinateur et ordonné à des adolescents épouvantés et humiliés de se mettre en sous-vêtements dans les couloirs. Dans le même temps, les sbires d’un ministre de l’Immigration et de l’Identité nationale qui veut «réhabiliter Vichy» raflent des enfants jusque dans les cours d’école, et les expulsent en moins de 48 heures.

Et la justice dans tout ça ? Effectivement, elle n’oublie pas les enfants. Elle y pense tellement que nous avons eu droit à un déploiement de mesures sécuritaires ces dernières années. Abaissement de la responsabilité pénale à 10 ans, possibilité d’incarcération à partir de 13, suppression de l’excuse de minorité et application de peines plancher pour les mineurs de 16 ans récidivistes, ouverture des établissements pénitentiaires pour mineurs…

La réponse répressive, déjà particulièrement prolixe, devrait pouvoir s’étoffer prochainement en suivant les propositions du rapport Varinard, rendu début décembre. Pour le premier trimestre 2009, l’Hagarde des Sots Rachida Dati demande au père Noël l’élaboration d’un Code de la justice des mineurs, qui proposera entre autres :
—  La possibilité de mettre en retenue un enfant de moins de 12 ans pendant 6 heures, renouvelable une fois (6+6, ça fait 12 heures dans un commissariat, pour un gosse de 10 ans, ça cause) ;
—  L’incarcération possible à partir de 12 ans dans les cas de crimes, et à partir de 14 ans pour les autres délits ;
—  La peine de fin de semaine, c’est-à-dire mettre un môme en prison le week-end pour lui éviter d’aller délinquer avec ses petits camarades ;
—  Le principe de césure de la procédure, pour pouvoir statuer immédiatement sur la culpabilité du mineur et sur les dommages et intérêts, tout en différant le prononcé de la sanction.
Pour mieux faire passer la pilule, ce rapport préconise également de changer la terminologie, et de ne plus parler désormais d’enfants, mais de mineurs.

Il ne faut pourtant pas se leurrer : si les principes fondamentaux de l’ordonnance de 1945 ne sont officiellement pas remis en cause, et qu’il faut toujours privilégier l’éducation à la sanction, les préconisations mettent les bouchées double sur le versant répressif, et s’assoient confortablement sur l’éducation. Et de fait, avec tout ce beau monde assis dessus, les moyens affectés à l’insertion s’aplatissent à vue d’œil.

Les moyens affectés à la Protection judiciaire sont en diminution constante. La majorité des crédits sont alloués pour des centres éducatifs fermés (dernière alternative avant l’emprisonnement) et des EPM. L’obligation de rendement ainsi que les quotas de prise en charge font planer les menaces de la fermeture de certaines structures et de suppressions de postes, rendant quasiment impossible un véritable travail de réinsertion et de suivi.

L’Éducation nationale, qui doit donner à chacun ses chances d’intégration, subit un régime draconien : elle perd ses profs (30.000 postes de moins en 3 ans, et plus de 13.000 suppressions prévues pour 2009) et voit ses programmes allégés. Les classes sont surchargées, le redoublement quasiment supprimé, et on espère que les difficultés d’un élève se résorberont de fait l’année suivante, ou que l’on pourra ignorer la question jusqu’à l’âge fatidique des 16 ans.

Comment peut-on lutter contre la délinquance sans s’occuper de son origine elle-même ? On peut changer les formules autant qu’on voudra, il n’empêche qu’un établissement pénitentiaire pour mineurs reste une prison pour gosses, et qu’un délinquant juvénile a bien de l’acné.
N’enfermons pas la jeunesse, aidons-la à s’émanciper.

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Mercredi 3 décembre 2008

Ce mercredi 3 décembre, la commission Varinard a rendu à Rachida Dati son rapport, lequel préconise 70 mesures pour réformer la justice des mineurs. Ce rapport commandé par la garde des Sceaux au printemps dernier est sans surprise au regard des politiques menées depuis plusieurs années. Les lois Perben de 2002 et 2004, les récentes lois sur «la prévention de la délinquance» et  sur la récidive dont la principale mesure est la mise en place des peines planchers, ainsi que les multiples déclarations mensongères de Mme Dati ne pouvaient qu’aboutir à des préconisations  réactionnaires.

L
ordonnance du 2 février 1945 relative à lenfance délinquante était loin dêtre révolutionnaire. Mais elle avait au moins le mérite — dans un contexte daprès guerre — daffirmer la primauté de léducatif sur le répressif.

La commission évoquée plus haut, dans une soi disant «volonté de clarté, de cohérence et d
innovation» préconise de supprimer la référence à lenfance et la juridiction spécialisée (Tribunal pour enfants) qui laccompagne. Il faudrait désormais parler de mineurs délinquants pour lesquels serait élaboré un code de justice pénale spécifique. Les jeunes de moins de 18 ans ne sont donc plus que des mineurs délinquants ou criminels quil faut «rééduquer» par des sanctions pénales et ce dès le plus jeune âge.

En effet, en s
appuyant sur lexpertise de professionnels ayant accepté de collaborer, la commission propose labaissement de la majorité pénale à 12 ans, âge auquel on pourrait désormais incarcérer un jeune en matière criminelle. Elle réaffirme aussi la fin de la prise en compte de la minorité pour les jeunes de plus de 16 ans. En matière dinnovation, des jeunes pourront ainsi exécuter des peines de prison durant les week-ends pendant quatre semaines consécutives. Un bon moyen de leur faire aimer lécole…

L
objectif de ce rapport est donc, une fois de plus, de stigmatiser une jeunesse en difficulté et de culpabiliser les parents en les sanctionnant lorsque les acteurs de la justice considèrent quils ne sont pas assez présents. À aucun moment les membres de la commission ne font de liens avec les difficultés économiques  et sociales rencontrées par les familles alors que dans le même temps, ces dernières sont obligées de travailler davantage pour arriver à survivre. Cest un pas de plus vers lenfermement de la jeunesse. Seul un réel rapport de forces, construit par les professionnels et les personnes directement concernées par la mise en pratique de ces politiques, permettra de faire reculer l’État dans ses attaques répétées envers la jeunesse.

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Mardi 14 octobre 2008

La mesure d’activité de jour est une nouvelle «mesure éducative» instaurée par la loi prévention de la délinquance du 5 mars 2007. Le décret dapplication est paru le 26 décembre 2007.

Une mesure de plus pour justifier l’enfermement

La mesure d
activité de jour est prononcée par un magistrat pour des enfants mineurs de tous âges, et pour les enfants de 13 à 18 ans dans le cadre de procédures pénales. Elle consiste à imposer une activité à dominante scolaire ou professionnelle aux jeunes pour une durée maximale de 12 mois.

Lorsque cette mesure est prononcée pour des enfants de moins de 13 ans ou dans le cadre de la composition pénale (pour éviter les poursuites) ou en attendant un jugement, on peut penser que sa non exécution n
aura pas de conséquences trop lourdes même si le magistrat en tient compte au moment du jugement. Par contre cette mesure peut aussi être prononcée dans le cadre dun contrôle judiciaire, dun sursis avec mise à l’épreuve ou dun aménagement de peine. Dans le cas de sa non exécution, la conséquence peut être la révocation, cest-à-dire lincarcération.

De la personnalisation à l’individualisation du projet

La mesure d
activité de jour est une mesure de plus répressive visant à contrôler et normaliser les jeunes plutôt quà les accompagner.

Pour une bonne partie, ces mesures seront confiées aux établissements d
’insertion de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ). Jusquà la parution de ce décret, les services dinsertion étaient les seuls lieux de la PJJ où les jeunes pouvaient être en activité et construire un projet (pas nécessairement professionnel) sans la contrainte dune mesure judiciaire et même pour certains sans être connu de la justice.

Il n
est pas inutile de rajouter que les rapports entre les adultes et les jeunes y sont par conséquent plus détendus et les phénomènes de violences beaucoup plus rares que dans des structures accueillant des jeunes (souvent les mêmes) sous contrainte judiciaire.

C
est donc la nature même de lactivité qui est bouleversée car un jeune accueilli dans un cadre contraignant ne pourra plus dire «Ce projet ne me convient pas, je ne suis pas prêt pour linstant». Pour les adultes, cest aussi une autre manière denvisager lactivité. On ne part plus du désir du jeune mais de la commande dun magistrat. Comme on le constate avec les différentes réformes de lécole, la construction dun projet répond davantage à une commande sociale quà la prise en compte de la personne et de ses désirs.

Neuf mois après la parution du décret, environ une centaine de mesures ont été prononcées par les magistrats. Les premiers constats semblent être des échecs, ce qui confirme ce que certains magistrats avaient dénoncé sur l
’inutilité d'un tel dispositif.

Du côté des professionnels de l
éducation, la résistance sest fait attendre... et on attend toujours.

Mais peut-être que certains n
osent pas avouer quils sont contents davoir enfin un moyen contraignant pour mettre les jeunes en activité ?

La Griffe du Social no 15, octobre 2008
Bulletin mensuel des travailleurs sociaux
du Syndicat CNT santé social & CT région parisienne.
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Lundi 13 octobre 2008

La lutte des travailleurs sociaux en formation qui a démarré au début de cette année 2008 a ouvert des débats qui reviennent régulièrement dans le secteur social.

S’organiser et organiser la lutte

L'organisation de la lutte, qui pour certains, était trop lente relevait «d
un manque dorganisation au préalable des travailleurs sociaux et dune instance capable de les représenter».

L
absence des grandes centrales syndicales a pourtant permis à ce mouvement dimpliquer un nombre important de travailleurs sociaux en formation. Beaucoup ont dit «Jai beaucoup appris en quelques semaines» ou «Ça nous a permis de faire des choses collectivement et de nous rencontrer» ou encore «On a pu avoir des échanges sur la précarité et lavenir du travail social quon aurait peut-être jamais partagé avec autant de monde». Cest donc bien dans les assemblées générales décoles ou de régions que sest construit le mouvement, que se construit la pensée, quon se confronte à ses propres contradictions. En résumé, quon se prend en main et quon ne laisse pas aux permanents syndicaux aller négocier à la place des personnes qui luttent. On a pu voir par exemple une organisation syndicale réclamer la création dun organisme paritaire pour gérer largent des gratifications, revendication qui nest jamais sortie de la moindre assemblée générale ou des différentes coordinations.

Le danger du corporatisme

Le manque d
organisation collective du secteur social a aussi donné des envies de créer des organisations professionnelles pouvant représenter les travailleurs sociaux.

On voit par exemple la tentative d
émergence dobjectif ONES (Organisation nationale des éducateurs spécialisés) dont le seul nom invite déjà à la division et à un repli corporatiste au sein même des travailleurs sociaux. Du côté des assistants de services sociaux on soriente ce type de fonctionnement depuis plusieurs années déjà avec lANAS (Association nationale des assistants de services sociaux).

Lors de la lutte contre le projet de loi de prévention de la délinquance, démarré fin 2003, une majorité de syndicats et d
associations ont pu sunir pour sopposer à ce projet de société. LANAS de son côté, pour répondre aux sirènes du corporatisme a préféré négocier des amendements de manière isolée sans prendre la mesure de la dangerosité de cette loi qui ne fait pas que modifier le travail des professionnels. Elle sattaque plus particulièrement aux personnes les plus fragiles et mettre des travailleurs sociaux dans les commissariats (comme cela a pu être défendu) nempêche pas les forces de lordre doutrepasser leurs droits. Par contre, ce qui est sûr, cest que les personnes vont se méfier encore davantage des travailleurs sociaux en pensant quils sont les collègues des flics.

Et le syndicalisme ?

Si le syndicalisme est en pleine désaffection et peut-être encore davantage chez les travailleurs sociaux, il nous paraît pourtant être le seul moyen d
organisation efficace pour lutter à la fois pour nos conditions de travail et se préoccuper des conséquences de nos pratiques auprès des publics avec lesquels nous travaillons. Le syndicalisme dit «de service», sil peut apparaître utile à certains pour défendre leurs droits à un moment donné, reste néanmoins une démarche très individualiste et se résume souvent à de lassistanat sans implication des personnes.

En tant qu
organisation anarcho-syndicaliste et syndicaliste révolutionnaire, nous défendons un syndicalisme autogestionnaire et sans permanent. Seuls celles et ceux qui travaillent (salariés ou en formation) doivent décider dans les luttes. Pourquoi déléguer les décisions à des professionnels du syndicalisme qui ne travaillent plus et qui sont subventionnés par ceux quils sont censés combattre ?

Choisir de se syndiquer à la CNT, c
est choisir de ne pas sarrêter à lunique défense des droits moraux et matériel des salariés. Cest faire le lien permanent entre ce quil se passe à lendroit où on travaille, où on se forme avec ce quil se passe dans nos vies et dans la société au quotidien. Cest aussi un lieu démancipation où chacun et chacune dans les assemblées générales souveraines peut faire valoir son point de vue au même titre que nimporte quel autre membre du syndicat.

Nous pensons que seul un syndicalisme portant un réel projet de société visant à l’autogestion peut nous libérer des multiples compromis négociés chaque jour qui font reculer nos droits (salariés ou pas) et les moyens d
agir sur nos vies. Commençons, ou plutôt continuons par lautogestion des luttes et ne nous laissons pas gagner par les divisions catégorielles et entre salariés et «usagers».

La Griffe du Social no 15, octobre 2008
Bulletin mensuel des travailleurs sociaux
du Syndicat CNT santé social & CT région parisienne.
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Lundi 22 septembre 2008
«C’est un Sénégalais âgé de 22 ans environ, mesurant 1 m 80, portant des lunettes de vue rondes en métal. Cheveux crépus très courts, toujours bien habillé, parlant un français très châtié. Il dort le matin jusqu’à 12 heures au moins, et sort peu de peur d’être contrôlé par la police.» Voici comment en juin dernier une assistante sociale s’est transformée en parfaite agent d’une politique sécuritaire, en dénonçant à la police un homme rencontré au domicile d’une femme dont elle suit les enfants dans le cadre d’une mesure d’assistance éducative en milieu ouvert (AEMO). Tout à fait légitimée et encouragée par les orientations politiques que Sarkozy, entre autres, voudrait imposer dans le travail social depuis plusieurs années maintenant. De son avant-projet de loi de prévention de la délinquance en 2004, qui initiait l’obligation de signalement au maire de toute personne en difficulté sociale, éducative ou matérielle, à l’interpellation en novembre 2007 de deux intervenantes sociales travaillant pour France Terre d’Asile, dans le cadre d’un dispositif de protection de l’enfance financé par l’État, le message est clair : les travailleurs sociaux doivent se transformer en agents de délation. Il s’agit dans cette politique de non seulement stigmatiser voir criminaliser les personnes bénéficiaires de l’aide sociale de l’État, de les sortir de ces dispositifs mais aussi de criminaliser les travailleurs sociaux qui ne collaboreraient pas. Les personnes visées sont évidemment en premier lieu les sans-papiers, et plus généralement des migrants suivis de près par l’ensemble des personnes précaires dès leur plus jeune âge.

Le «délit de pauvreté» n’est pas nouveau et n’est pas non plus l’apanage de la droite puisqu’en 2001 une certaine Ségolène Royal alors déléguée à la famille affirmait «150.000 enfants placés sont retirés des familles en situation de précarité, il faut aider les parents fragiles à ne pas devenir maltraitants». Le matraquage de lois ou de projets de lois visant à utiliser le travail social au service de la politique de répression des sans-papiers et de stigmatisation des migrants s’accélère ces derniers temps. En septembre 2007 à l’occasion du projet de loi sur la maîtrise de l’immigration, de l’intégration et de l’asile un député UMP tente de remettre en cause l’accueil inconditionnel dans les structures d’hébergement d’urgence en proposant de subordonner cet accueil au fait d’être en situation régulière sur le territoire.

Les contestations de ces politiques sécuritaires, les résistances à l’instrumentalisation du travail social au service de la répression et du libéralisme se multiplient. Des collectifs se créent pour dénoncer les lois et autres rapports qui transforment les usagers en individus «menaçants» voir en délinquants. Des grèves s’organisent pour revendiquer «un autre travail social». Des travailleurs sociaux résistent aussi individuellement, comme à Belfort où une assistante sociale n’a rien concédé lorsque la Police l’a sommée de donner le lieu d’hébergement d’une femme sans-papiers qu’elle avait aidée. Si ces mouvements sociaux et ces résistances individuelles viennent alimenter la nécessaire lutte contre l’ensemble des politiques sécuritaires et libérales à l’œuvre aujourd’hui, il ne faut pas oublier de replacer le travail social dans le cadre de son exercice. Qu’il soit sous la tutelle directe des structures étatiques (DDASS, Conseil général, mairies…) ou exercé dans des associations financées par ces structures, le travail social s’inscrit dans des politiques sociales et donc est un instrument de l’État. Si l’État finance un travail d’aide, d’accompagnement, d’insertion auprès de certaines personnes ne nous leurrons pas sur la fonction de ce travail. Il ne s’agit pas, comme voudraient le croire certain-e-s, de venir en aide aux plus démunis de façon détachée de toute politique ou de toute idéologie mais bien de participer à garantir la paix sociale. Il ne s’agit pas de lutter contre les discriminations que subissent certain-e-s personnes mais bien d’assurer l’insertion des plus exclus dans une société inégalitaire, injuste et hiérarchisée.

Le travailleur social doit être neutre ? Quand certains travailleurs sociaux pouvaient encore se raconter qu’ils exerçaient leur travail en simple réponse aux besoins des usagers il n’en est rien aujourd’hui. La «sacro-sainte» neutralité, largement enseignée dans les formations de travailleurs sociaux et dans laquelle certains se vantent d’exercer, ne peut plus cacher leur participation active à un système qui court à la perte des plus précaires. Car s’il n’a jamais été possible d’être neutre dans le travail social, il n’est plus possible aujourd’hui de revendiquer qu’il faut l’être. La neutralité mène à la délation, à la criminalisation des personnes rencontrées et à la collaboration active avec les politiques racistes et libérales de l’État. Marquer sa solidarité avec les personnes accueillies, ne pas transmettre les papiers d’identité ou titres de séjour aux DDASS, omettre certaines informations sur les personnes, falsifier les évaluations… bref mentir à l’État dès que c’est nécessaire ; les marges de manœuvre sont faibles mais restent des actes de résistance individuelle et collective indispensables. Bien plus est à faire acte de résistance encore en analysant la posture même que l’on a en tant que travailleur social dans la relation avec les personnes rencontrées. Car si l’on se pense soi-même comme dépourvu de toutes «difficultés» «souffrances», «problèmes» dès que l’on passe la porte du travail ; si l’on pense nous-mêmes ne pas être inscrits dans les systèmes qui oppressent tant les personnes que nous rencontrons ; bref si l’on se croit «objectif», «neutre» dans la relation avec la personne accueillie, fort est à parier que l’on soit tout à fait satisfait de la part de pouvoir d’État que nous avons. Ce que nous trouvons ordinaire dans notre travail social quotidien, catégoriser, cataloguer, jargonner sur les personnes n’est autre que coller à ce que l’État attend de nous : décider de qui l’État «aide», pour qui l’État accepte de dépenser quelques maigres deniers. Ces catégories sont construites par l’État d’abord dans un souci d’économie puis dans une idée de contrôle. Demandons-nous donc si la posture qui consiste à définir une personne dans une classification de «pathologies sociales» n’est pas la même que celle qui va consister à la dénoncer auprès d’autres services de l’État, la police par exemple ? Ne s’est-on pas, dans les deux cas, arrogé un pouvoir, un droit sur l’autre sous couvert de savoir ce qui est mieux pour elle ou pour la société ? N’y a-t-il pas seulement un système de valeurs qui sépare les deux postures ? Pour être travailleuse sociale moi-même, il me semble que le seul travail social possible encore aujourd’hui, est celui qui va rompre avec cette pseudo-neutralité et faire apparaitre (auprès de nos collègues notamment) à quel point il est plus que jamais temps de détourner ce petit pouvoir d’État que nous avons.

Lénaïc
Infos & analyses libertaires no 73, septembre-octobre 2008
Bimestriel de la
Coordination des groupes anarchistes.

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Dimanche 10 août 2008

Dans une circulaire, le directeur de la CNAM autorise les médecins à porter plainte contre ces assurés, en invoquant leurs comportements «inappropriés».

Sous la houlette de son directeur, Frédéric Van Roekeghem, l’assurance maladie semble avoir décidé de concourir pour le titre de meilleur exécutant de la politique sarkozyste tendant à stigmatiser les plus défavorisés pour faire passer ses mesures de régression sociale. Au début de l’été, on s’en souvient, M. Roekeghem avait déjà fait scandale en proposant de faire des économies sur le dos des assurés atteints de maladies de longue durée. Cette fois, c’est sur les patients couverts par la CMU (couverture maladie universelle) qu’il jette son dévolu. Dans une circulaire en date du 30 juin, le patron de la Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CNAM) précise les «nouvelles missions confiées aux conciliateurs» de l’assurance maladie pour le traitement des plaintes de bénéficiaires de la CMU victimes de refus de soins, mais aussi — là est le nouveau scandale — pour la prise en compte des «réclamations portées par des professionnels de santé à l’encontre des bénéficiaires de la CMU».

Retard injustifié

Vous avez bien lu : la CNAM invite, implicitement, des soignants à s’en prendre à des patients. Sombre et triste première dans l’histoire de la Sécu. Que M. Roekeghem motive en reprenant à son compte les reproches formulés par des toubibs contre les patients en CMU. «Selon certains professionnels de santé, le bénéfice de la dispense d’avance de frais constitue un facteur déresponsabilisant pour l’assuré», écrit-il dans la circulaire, sans prendre la moindre distance avec cette assertion tout droit sortie de la propagande de l’UMP. À la suite de quoi, le directeur énumère des «exemples de griefs admissibles : retards injustifiés aux rendez-vous, rendez-vous manqués et non annulés, traitements non suivis ou interrompus, exigences exorbitantes». En conséquence, lit-on dans la circulaire, «il est demandé aux caisses de porter une attention particulière» aux réclamations de ces médecins, cela dans le but d’«éradiquer les facteurs potentiellement générateurs de refus de soins». En une pirouette, les victimes de discriminations sont transformées en coupables de leur malheur. Un combat légitime et urgent (fréquent chez les spécialistes, moindre chez les généralistes, le refus de soins pour les patients en CMU est un phénomène avéré) est détourné de son sens. Les conciliateurs de la CNAM sont invités, «en cas de comportement inapproprié du patient», à lui adresser «des rappels à l’ordre».

Une association de médecins, le
Comegas (Collectif des médecins généralistes pour l’accès aux soins), qui vient de révéler l’affaire, juge «consternante une situation qui amène l’assurance maladie solidaire à autoriser des soignants à porter plainte contre ses assurés, pour tenter de régler ce qui n’est que des difficultés relationnelles, dues à des a priori envers les plus fragiles de notre société». Le Comegas relève que «jamais aucune preuve ni étude n’ont été apportées permettant d’asseoir les allégations» contre les CMUistes.

Pas de preuve

Et rien ne permet d’affirmer que les comportements évoqués seraient «plus fréquents» parmi ces assurés que dans le reste de la population, ajoute l’association, qui, du coup, pointe le caractère d’évidence «discriminatoire» des mesures prises par la CNAM en direction des seuls CMUistes, et a décidé de saisir la HALDE (Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité).

Au siège de l’assurance maladie, interrogé par l’Humanité, on se contente d’indiquer que «diverses autorités compétentes», le ministère de la Santé, le conseil de l’ordre des médecins, la HALDE, «ont été tenues informées» de la préparation de la circulaire.

Yves Housson - L’Humanité, 8 août 2008.
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Samedi 9 août 2008

Hier à Sellières, une partie des employés demandait le renvoi de la directrice qui a rendez-vous devant le centre intercommunal des affaires sociales le 18 août.


«Directrice renvoyée, personnel soulagé.» La revendication est sans équivoque. Hier à Sellières, devant l’entrée de la maison de retraite Les Charmettes, ils étaient une quinzaine — sur vingt-huit employés — à manifester, banderoles et écriteaux en main. «On est à bout. On vient travailler avec un stress chronique, on subit du harcèlement moral de la part de la directrice Nathalie Benoit» insiste Anne Guillemin, la comptable. Le terme est lâché.

Pour les employés des Charmettes, aides-soignantes, cuisiniers, secrétaire de direction et même la psychologue de l
établissement, il faut faire front pour lutter contre «ces manipulations et ces acharnements». «La pression quotidienne a des répercussions sur la santé du personnel, précise encore Sandrine Arbey, la secrétaire de direction : anxiété, trouble du sommeil, prise dantidépresseurs et donc arrêts de travail.» C’est la méthode manageriale qui est pointée du doigt mais aussi la personne de Nathalie Benoit.

Un droit à se défendre

En fonction depuis cinq ans, la directrice «sollicite des informations». «Le plus difficile, c
est quon ne me laisse pas le droit à la défense, puisque je nai rien su jusquà présent» explique-t-elle. «Comment agir si je ne sais pas ce quon me reproche ?» sinterroge-t-elle. Une incompréhension que partagent dautres employés non grévistes. «Je ne soutiens ni les uns ni les autres, mais je trouve que Mme Benoit a confiance en son personnel et quelle nest pas derrière notre dos» lance Patricia Blanchard, aide-soignante depuis 24 ans et qui a connu dautres directeurs.

Pourtant à l
extérieur, la souffrance est palpable. À limage dAnthony Monney, ancien cuisinier aux Charmettes. «Elle me surveillait constamment, et elle a même téléphoné à mon nouvel employeur» précise lhomme de 31 ans. Depuis larrivée de Nathalie Benoit, la maison de retraite a connu dix-neuf départs demployés. Un signe du mal-être ambiant pour les grévistes.

Le mouvement interrompu en attendant

À l
heure actuelle, cest au conseil d’administration de prendre une décision. Le président du centre intercommunal des affaires sociales, Bernard Urbain veut «désamorcer la situation». Déjà alerté par la médecine du travail mettant en avant «les troubles psychosociaux dun nombre important demployés», le président du CIAS va déclencher avec le conseil dadministration «une procédure particulière afin que la directrice réponde à ces accusations». Une solution qui satisfait dans un premier temps les grévistes, qui interrompent leur mouvement jusquau 18 août, date à laquelle le conseil dadministration prendra sa décision officielle.

Carole Raynaud - Le Progrès (édition du Jura), 9 août 2008.
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Vendredi 8 août 2008
Grève à la maison de retraite des Charmettes

Une partie du personnel de la maison de retraite des Charmettes, à Sellières, sera en grève aujourd’hui. Le syndicat CFDT du Jura dénonce des «pressions de la direction sur le personnel» insuffisamment prises en compte.

Usage de somnifères et d
antidépresseurs, arrêts maladie à répétition, départ volontaire de plusieurs agents, autant de signes qui, pour Sandrine Arbey, secrétaire de direction depuis quatre ans à la maison de retraite des Charmettes, traduisent «la profonde souffrance du personnel de létablissement». «Depuis plusieurs mois, nous travaillons dans un climat de méfiance et de tension, explique Sandrine Arbey. Nous avons tenté de parler et de résoudre la situation avec la directrice qui, pour nous, est à lorigine de ces problèmes, mais sans résultat.»

Divers démarches ont été entamées, jusqu
à la réunion de confrontation qui a eu lieu mercredi 30 juillet dernier, à la demande de Bernard Urbain, le président du Centre intercommunal dAction sociale (CIAS) et dun membre de la Direction départementale des Affaires sanitaires et sociales. «Le président sest engagé à réunir le conseil dadministration de létablissement mardi dernier, explique Sandrine Arbey. Il devait nous joindre pour nous informer de la décision prise concernant le départ de la directrice, qui est notre revendication. Mais rien ne sest passé. Cest pourquoi nous allons jusquà la grève.»

Une dizaine des vingt-huit membres du personnel devrait suivre le mouvement dès ce matin et manifester devant la maison de retraite. Une partie des agents a été réquisitionnée par la direction pour assurer la journée de travail. Ni le président du CIAS, ni la directrice, détachée de l
hôpital de Lons-le-Saunier, nont pu être joints hier soir pour sexprimer sur ce conflit.

Sarah Fréquelin - Le Progrès (édition du Jura), 8 août 2008.
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Mardi 24 juin 2008
Une garantie pour les travailleurs sociaux mais pas pour le travail social

Nous avons eu à plusieurs reprises l’occasion de relayer dans les colonnes de La Griffe du Social des situations où des travailleurs sociaux se trouvaient tourmentés par la police et la justice par rapport à leur action — dans le cadre de leurs fonctions — envers des personnes sans papiers [Voir les numéros 8 et 10 de La Griffe]. Dans la plupart de ces cas, cest laccusation «daide au séjour irrégulier» qui était retenue contre ces professionnels qui nimaginaient pas un instant que le respect de l’éthique du travail social puisse les conduire en garde à vue, voire devant un juge.

Suite au retentissement de ces différentes affaires, Valérie Létard, secrétaire d
’État à la solidarité, a saisi la commission «éthique et déontologie» du CSTS [Conseil supérieur du travail social. Il s’agit d’une instance composée de 68 membres représentants les ministères concernés, les organisations syndicales, les centres de formations, des associations à caractère social, d’usagers… chargée de mener une réflexion sur les évolutions du secteur social.] afin quune réflexion soit engagée sur le sujet et puisse déboucher sur un cadre juridique garantissant aux travailleurs sociaux de pouvoir intervenir librement auprès des populations migrantes sans être sommés par la police de collaborer à linterpellation et à lexpulsion des étrangers.

Ainsi, le CSTS a rendu début juin son avis qui constate la multiplication d
opérations visant à interpeller les personnes sans papiers au sein des établissements à caractère social et à se procurer des dossiers et fichiers nominatifs. Elle précise en outre que ces méthodes «témoignent dune forme de méconnaissance de la finalité du travail social et portent atteinte à lexercice de ce dernier».

Au final, le CSTS conclut qu
’il y a «un besoin urgent de clarification entre les diverses réglementations» et prône l’élaboration dun cadre juridique permettant de préserver le travail social des incursions sécuritaires et répressives qui tendent à se banaliser ces derniers temps. Une circulaire devrait donc voir le jour sous l’égide dune commission interministérielle regroupant les Affaires sociales, la Justice et lIntérieur.

Dans le contexte actuel, on pourrait être tenté de se réjouir de la parution d
un tel texte, destiné à garantir aux travailleurs sociaux une sécurité dans lexercice de leur fonction. Cependant, il ne sagit en définitive que de rappeler en quoi consiste le travail social et de redéfinir son rôle dans un contexte précis. La nécessité de r‚affirmer, notamment par une circulaire, ce qui fait le fondement du travail social n’en dit-elle pas long sur l’état de santé de ce dernier et sur la confusion qui sinstalle sur la nature de ses missions ?

L
instrumentalisation des travailleurs sociaux qui est opérée par l’État, dans son obsession répressive, en vient à gommer peu à peu la frontière qui délimite — dans le système actuel — ce qui relève du social et ce qui relève de la police. Et lorsquon en vient à devoir protéger les travailleurs sociaux des méthodes policières, on dispose dun sérieux indicateur sur l’état de la société dans laquelle on vit…

Cest donc au quotidien, dans nos pratiques et dans nos structures, quil convient daffirmer et de défendre lidée dun travail social tourné vers la personne, en marge des préoccupations politiques au goût du jour. Pour la CNT, la meilleure garantie face aux pressions et à la répression dont font lobjet à lheure actuelle les travailleurs sociaux reste laction collective, la solidarité et la riposte syndicale.


Éclairage sur le délit d’aide au séjour irrégulier

La loi sur lentrée et le séjour des étrangers du 26 novembre 2003 instaure le délit «daide au séjour irrégulier». Toute personne permettant à un étranger en situation «irrégulière» de se maintenir sur le territoire devient donc passible de poursuites en justice pouvant se traduire par une peine demprisonnement et une amende conséquente.

Cependant, une disposition précise que quiconque «agit afin de répondre à un danger grave ou imminent menaçant la vie ou lintégrité physique de léranger ne peut être condamnée pour aide au séjour irrégulier». Ainsi, les travailleurs sociaux ne sont pas a priori concernés par le délit «daide au séjour irrégulier» dans la mesure où par le biais de laccès à un hébergement, €des soins… leur intervention répond pleinement à cette disposition. Dans ce cas de figure, sils sont tenus de répondre tout de même aux convocations de la police, ils ne peuvent être poursuivis pour ce motif et ne peuvent être contraints de livrer des informations confidentielles sauf en cas de péril pour la personne.

Mais il faut bien constater qu
il sagit là dune  vision quelque peu restrictive du travail social dont la raison dêtre semble se résumer, pour les tenanciers de lordre et de la sécurité, au simple maintien en vie des individus, surtout s’ils sont étrangers. Quid de toute action sociale ou éducative qui naurait pas nécessairement pour but daider un étranger à survivre mais simplement à vivre ? Ici, il semble que seul le danger de mort rende légitime le travail social. Au delà, il devient un délit.

La Griffe du Social no 14, juin 2008
Bulletin mensuel des travailleurs sociaux du syndicat CNT
santé social & collectivités territoriales de la région parisienne.

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Lundi 9 juin 2008
Grève, le 6 juin dernier, chez TSP Ambulances (Beuvry)

Ils ont choisi la grève pour crier leur colère. Dix ambulanciers — sur quatorze — de la société TSP Ambulances, basée à Beuvry, ont arrêté le travail hier matin. Des négociations au cours de la journée ont permis d’aboutir sur des accords verbaux.

Dressée devant les locaux de la société, à l’angle de la route nationale et de la rue Gosselin, une banderole affiche la couleur. Au cœur des revendications : les salaires, et plus précisément un coefficient réducteur — spécifique aux ambulanciers — sur lesquels ils sont calculés. «Il correspond, paraît-il, au temps perdu à attendre nos clients dans les hôpitaux et les salles d
attente, expliquent les salariés grévistes, qui dépendent des ministères de la Santé et du Transport. Or, cest un problème qui ne dépend absolument pas de nous, mais des clients et des médecins.»

La situation s
est envenimée très récemment. «En recevant nos fiches de paie du mois de mai, on sest aperçu que le coefficient nétait plus de 85% mais de 80. On nous demande donc aujourdhui de travailler 46 heures pour pouvoir gagner léquivalent de 35 heures !»

Autres revendications : calcul de la paie à la semaine et non à la quatorzaine, journée de repos en conséquence par jour de permanence travaillé, accession aux types 1, 2 et 3 pour certaines tâches annexes comme les scolaires…

Après une journée de négociations avec la direction, un terrain d
entente a été trouvé. «On a eu gain de cause, notamment sur les 85%, la journée de repos et les types 1», se félicitait-on en fin d'après-midi chez les grévistes, qui avaient prévu de ne pas reprendre le travail avant mardi. Lundi, un juriste viendra officialiser les accords et la fin du mouvement.

La Voix du Nord, 8 juin 2008.


À Provence et Aubagne

Hier, le 9 juin 2008, en région PACA, à Aubagne, un mouvement social s’est créé auprès de la Société Provence et Aubagne ambulances.

Ce cri de colère du au taux de 0,75% appliqué sur les heures de travail, est parti d’un groupe de salariés syndiqués ou non de la CGT. Le ras le bol devant l
augmentation incessante des conditions de vie et la stagnation des salaires a poussé ce groupe à une action de débrayage.

Dès 11 heures, les équipages désirant participer au mouvement sont rentrés sur leur base (environ 40% du personnel roulant), ont rendu les clefs des ambus et ont rejoint leurs collègues devant l
entreprise. Environ 45 minutes plus tard le patron de lentreprise sest présenté aux employés pour connaître les raisons de ce mouvement. Devant lénoncé des demandes, un dialogue sest instauré, mais na pas porté ses fruits.

Devant la continuité du mouvement, et après trois négociations consécutives, le personnel s
est vu proposer avec effet immédiat, le passage du taux horaire de 0,75% à 0,85%, seuls les heures des permanences et travail de nuit restent pour linstant à lancien taux. Une commission interne à lentreprise va être mise en place pour étudier limpact que cette décision a sur lentreprise, puis se réunira tous les deux mois afin de déterminer selon la progression de lentreprise, quels sont les avantages que le personnel sera en droit dobtenir. À 16 heures 30, le personnel a repris le travail.
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Vendredi 16 mai 2008

Plus de 5000 travailleurs sociaux en formation, formateurs et salariés du secteur sanitaire et social sont venus de toute la France pour dénoncer notamment le caractère discriminatoire et profondément inégalitaire du décret paru le 31 janvier dernier concernant les gratifications des stages en travail social. La manifestation devait se terminer à la Sorbonne où se tenait ce même jour les assises du travail social. Une délégation mandatée par la coordination nationale des travailleurs sociaux en formation devait également être reçue en fin d’après midi.

Alors que la manifestation regagnait pacifiquement la place de la Sorbonne, les forces de l’ordre ont dû trouver que la dispersion ne se faisait pas assez rapidement et ont gazé à trois reprises les manifestants. Vers 20h30, une centaine de personnes était encore encerclée par les CRS.

Comme à chaque fois que le rapport de force devient défavorable à l
’État, ce dernier vient nous rappeler les limites de la liberté quil prétend tant défendre afin de nous mettre au pas.

La fédération CNT santé social et collectivités territoriales tient à réaffirmer qu
elle restera auprès de celles et ceux qui luttent. Ce coup de force de l’État doit nous permettre détendre le mouvement et de rester solidaires face à la répression.

Concernant le décret sur la gratification des stages, nous maintenons que cette mesure ne résoudra en rien la précarité que connaissent bon nombre de travailleurs sociaux en formation.

Seul un véritable statut de travailleur social en formation permettra un accès à toutes et tous à la formation de manière égalitaire, quel que soit le niveau du diplôme préparé et sans subordination au lieu de stage.

Seul-e-s, nous ne pouvons rien,
Uni-e-s, nous pouvons tout !
Nous n’aurons que ce que nous prendrons !

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