Dimanche 30 mars 2008
Barcelone, 15 mars 2008

Rappelons quelques faits : dans le quartier de Sants, un squat autonome résiste encore et toujours au capital : c’est Can Vies. Squatté en mai 1997 par de jeunes comunistes il est devenu une référence des luttes autonomes à Barcelone, savoureux mélange dindépendantistes et anarchistes…

Or en 2007 une plainte est déposée par le propriétaire des lieux qui nest autre que lentreprise des transports publics de Barcelone TMB (Transports Metropolitans de Barcelona). Le 22 janvier a lieu le procès qui est finalement gagné par les squateureuses le 1er février 2008.

Or depuis octobre 2007 des travailleureuses de TMB sont en lutte. Ce sont les conducteurs dautobus de Barcelone (environ 3000) qui demandent 2 jours de repos par semaine. Le conflit est mené par une assemblée de travailleureuses qui décident la suite à donner à leur lutte. Cest-à-dire une lutte menée non par des syndicats mais par les travailleureuses eux-mêmes.

Et il y a pourtant des syndicats à la TMB : le comité dentreprise est composé de 27 délégués syndicaux : 5 UGT et 5 CC.OO (genre FO ou CFDT), 5 SIT (corporatiste à la solde des patrons) 5 ACTUB (corporatiste combatif), 7 CGT (branche séparée de la CNT espagnole, anarchosyndicaliste très présente à Barcelone dans les transports et lindustrie). Or seuls deux syndicats soutiennent le conflit : CGT et ACTUB. Les autres dénigrent.

Le conflit larvé éclate juste avant Noël : 4 jours de grève suivis de trois autres après le jour de l
an. Or à ce moment déjà, en vue du procès de Can Vies, des contacts se nouent entre conducteurs en lutte et squateureuses. Des réunions rasssemblant diférents collectifs soutenant la lutte des conducteurs se font à Can Vies, la «presse» squatteuse comme le Contra Infos ou lInfo Usurpa appelle à la solidarité active avec les grévistes. La solidarité active prend la forme de tags dans toute la ville, de collage daffiches, dactes de soutien devant les mairies de quartier, de sabotages (environ 200 autobus sabotés durant les différentes périodes de grève, depuis des pneus troués, tags sur le pare-brise ou boules de pétanques lancées sur les bus circulant en dehors des minimums établis), de participation aux piquets de grève… et des conférences-débats dans les squats avec des conducteurs de bus (à Can Vies, au Blokes Fantasma, à lAteneu Popular de lAixample, la Teixidora, la Revoltosa et plein dautres que joublie).

Le summum survient après la victoire de Can Vies. Le quartier de Sants commence alors une campagne : on a gagné le procès et maintenant on va gagner les deux jours de repos par semaine. Le 9 février, 5000 personnes défilent dans les rues de Barcelone en solidarité avec les conducteurs de bus en lutte. Dont nombre de squatteureuses répartis selon les tendances derrière les pancartes indépendantistes, de la CNT ou encore de Can Vies.

Et la lutte continue. La direction ne plie pas, persiste … et signe : déclarations de guerre aux grévistes, envoi des forces de police pour escorter les bus à la sortie des garages, charges et détentions de deux conducteurs, campagne de presse diffamatoire (articles comme «l
escalade de la violence»), contre-campagne de propagande de lentreprise pour isoler les grévistes et retourner lopinion…

Et pourtant les conducteurs ne cèdent pas. Après une nouvelle semaine de grève début mars (du 3 au 7 mars) ils continuent de faire grève chaque jeudi. Et ce bien que 50 d
entre eux soient sanctionnés pour action de sabotage et comme par hasard 10 des 11 délegués de lassemblée de travailleureuses.

Plus dinfos sur le blog de l’assemblée de conducteurs.

Lundi 10 mars 2008
Un mois avec sursis pour avoir saboté le métro

Le tribunal a reconnu coupables de sabotage deux agents de la RATP, accusés par leur employeur d’avoir interrompu le trafic de la ligne 6, lors des grèves de l’automne.

La CGT ne décolère pas. Pour le syndicat, le tribunal correctionnel de Paris a commis vendredi «une entrave au droit de grève» : les magistrats de la 10e chambre ont condamné deux agents de la RATP à un mois de prison avec sursis pour avoir saboté la ligne 6 du métro parisien, le 14 novembre, lors des grèves de cet automne contre la réforme des régimes spéciaux de retraites. Stéphane Juillard, 35 ans, et Thierry Bono, 44 ans, ont été reconnus coupables de vol de «rupteur d’alarme». Les juges n’ont toutefois pas suivi les réquisitions, plus sévères, du procureur qui avait demandé début février deux mois avec sursis et 200 euros d’amende.

La stratégie des deux prévenus, qui risquent de perdre leur emploi, n’avait pas vraiment convaincu. Niant l’exaction qui a interrompu l’alimentation et immobilisé, une dizaine de minutes, des rames de la ligne 6 dans les stations ou à l’intérieur des tunnels, les deux hommes ont affirmé avoir vu sur les voies un troisième homme s’enfuir. Une version démentie par des photographies fournies par la RATP, qui montrent les deux agents sur les rails quelques minutes avant les faits. Les défenseurs des agents rétorquent que ces clichés «d’une provenance inconnue» ne décrivent «à aucun moment les employés faire ce qu’on leur reproche».

Risque de panique chez les voyageurs

La CGT, qui «apporte son soutien le plus total» aux condamnés, envisage de faire appel. L’organisation avait déposé un préavis de grève peu suivi lors de l’audience du 1er février.

La RATP souligne que ce vol aurait pu entraîner un mouvement de panique chez les voyageurs et avoir de graves conséquences sur «la sécurité ferroviaire».

C.J. (lefigaro.fr) avec AFP, 7 mars 2008



RATP : deux agents condamnés à un mois avec sursis pour un «sabotage» pendant des grèves

Deux agents de la RATP, accusés par leur employeur d’avoir saboté la ligne 6 à l’occasion des grèves de l’automne, ont été jugés coupables par le tribunal correctionnel de Paris et condamnés vendredi à un mois de prison avec sursis.

«Nous sommes scandalisés par cette décision» et «apportons notre soutien le plus total aux deux agents» condamnés, a immédiatement réagi le secrétaire général CGT Métro-RER, Éric Nabet, venu soutenir les deux agents avec une quarantaine de militants.

Le responsable CGT, pour qui le tribunal voulait juste «faire un exemple», a dénoncé «une entrave au droit de grève». Le syndicat envisage de faire appel.

Le tribunal s’est pourtant montré moins sévère que ne l’avait requis la procureure lors de l’audience du 1er février. Aude Le Guilcher avait alors demandé une peine de 2 mois d’emprisonnement avec sursis et 200 euros d’amende.

Malgré les dénégations des deux agents, âgés de 35 et 44 ans, les magistrats de la 10e chambre ont estimé qu’ils avaient bien volé un «rupteur d’alarme» le 14 novembre, en pleine grève contre la réforme des régimes spéciaux de retraite.

Cette opération avait coupé l’alimentation des rames sur une partie de la ligne 6 du métro et provoqué leur arrêt immédiat durant une dizaine de minutes, dans les stations ou à l’intérieur des tunnels.

À
l’audience, l’avocat de la RATP, Me Thibault Cayla avait estimé qu’un tel acte était «inadmissible» car il aurait pu entraîner un mouvement de panique chez les voyageurs et avoir de graves conséquences sur «la sécurité ferroviaire».

Les deux prévenus avaient quant à eux nié le vol du «rupteur», en dépit de photos montrant leur présence sur les voies quelques minutes avant les faits. Ils avaient affirmé avoir vu un troisième homme qui s’enfuyait.

Une version jugée «peu crédible» par la procureure, qui s’était dite «atterrée par autant de mauvaise foi».

Vendredi, l’une des avocates des deux salariés a de nouveau contesté les photos produites par la RATP car, a-t-elle dit, «on ne sait pas d’où elles proviennent».

«Ces preuves ne sont pas formelles. À aucun moment, on ne voit les deux agents faire ce qu’on leur reproche», a renchéri M. Nabet.

AFP, 7 mars 2008
Vendredi 15 février 2008
Suite aux grèves de novembre-décembre 2007, la RATP a déposé une dizaine de plaintes, notamment pour «actes de malveillance» suite au déclenchement de rupteurs d’alimentation, ce qui coupe le courant et arrête les métro. Deux agents de la ligne 6 passaient en procès le 1er février pour ce motif, d’où grève ce jour-là, suivie essentiellement sur les lignes 6 et 9.

Mais la répression des luttes se fait aussi en interne. Un rassemblement a eu lieu au dépôt de bus des Lilas (93) le 30/01 car les premières convocations tombaient ce jour-là. En tout, une trentaine d’agents RATP dépendants de ce dépôt sont convoqués en vue de sanction.

Sur la ligne 8 du métro, 2 conducteurs étaient menacés de sanctions importantes (5 jours de mise à pied, mutation d’office). Un préavis de grève est déposé pour le 25/01. Comme le prévoit la législation, les agents devaient se déclarer grévistes 48h à l’avance… et ils l’ont fait avec une telle majorité que la RATP a préféré prendre des sanctions plus légères…


Hactivist News Service, 13 février 2008
 

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