Transports

Samedi 28 novembre 2009
Grenoble : 140 bornes de compostage de tickets de tramway dégradées

Quelque 140 bornes de compostage de tickets de tramway ont été endommagés par de l’acide dans le centre de Grenoble, dans la nuit, a-t-on appris de source policière.

Selon la société des transports en communs de l’aggomération grenobloise, qui a porté plainte pour acte de vandalisme et mise en danger d’autrui, le préjudice est estimé à 140.000 euros.


Certaines bornes ont pu être remises en service, a-t-on précisé. En avril 2008, une centaine de bornes avaient déjà la cible de dégradations similaires. Les auteurs n’avaient pas été retrouvés.


Leur presse (AFP), 13 novembre 2009.


Trams grenoblois : mais qui met de l’acide dans les valideurs ?


Début 2008, l’affaire avait mis la pagaille sur le réseau des transports en commun grenoblois et, d’après les estimations de la Sémitag, provoqué «pour 100.000 euros de dégâts» et «un manque à gagner de 50.000 euros». L’affaire ? Une centaine de machines servant à composter les tickets sur les quais du tramway avaient été bousillées par un ou plusieurs individus versant de l’acide dans lesdites machines, principalement sur la ligne B. Avec une dernière vague de dégradations début avril 2008. Des analyses. Une enquête. Un sentiment : «Que ça part du campus». Mais le (ou les) coupable(s) qui cour(en)t toujours. Car depuis, plus rien.


Jusqu’à la dernière nuit. Selon les informations de Grenews.com, dans la nuit de jeudi à vendredi, il y a eu de nouvelles dégradations, au centre-ville cette fois, sur les lignes B (arrêts «Île Verte», «Notre-Dame/Musée», «Sainte-Claire/Les Halles»), mais aussi A («Albert Ier de Belgique», «Chavant», «Verdun», «Dubedout», «Victor-Hugo», «Alsace-Lorraine») et C («Hôtel de Ville», «Chavant», «Gustave-Rivet», «Foch-Ferrié»). Soit quelque 140 bornes en tout. «On va attendre les analyses, mais c’est sans doute le même procédé que la dernière fois et donc de l’acide qui a été versé», réagit le président de la Sémitag Jacques Chiron. «On a déjà déposé plainte (pour acte de vandalisme et mise en danger d’autrui), évidemment. Il y aura une nouvelle enquête et on regardera ce qu’ont filmé les caméras aux arrêts, sans trop d’espoirs car je suppose que l’auteur n’en ignorait pas la présence (…) Vraiment, je suis en colère. D’une part, parce que tout réparer va prendre du temps et représenter un coût élévé (le préjudice est estimé à 140.000 euros). Et puis bien sûr, parce que celui qui fait cela est un inconscient. C’est un idiot qui ne mesure pas ce qu’il fait. C’est de l’acide, alors imaginez qu’un gamin touche la machine puis se frotte les yeux…»


Depuis très tôt ce vendredi matin, des agents réparent et remettent en marche des machines sur chaque quai. Et posent des autocollants «Valideur hors service» sur les autres, «le temps que les pièces commandées arrivent».


Selon nos dernières informations, des analyses ont déjà été pratiquées et le produit utilisé par le ou les vandales serait décrit comme «très acide».


Leur presse (Grenews), 13 novembre.


Tramway : le retour des «vandales à l’acide»


Le retour des «vandales à l’acide». Cela aurait pu être le titre d’un mauvais épisode d’une série policière allemande des années 80. C’est le constat fait hier matin par les usagers des lignes de Tram A, B et C dans le centre-ville de Grenoble.


Dans la nuit de jeudi à vendredi, de l’acide a été projeté dans au moins 140 valideurs de billets installés dans le centre-ville de Grenoble. Début 2008, les machines de la Sémitag avaient déjà subi le même sort. Pendant plus de quatre mois, entre janvier et avril, presque chaque nuit des machines étaient ainsi la cible de vandales.


Les lignes de tram A, B et C sont donc, cette fois, touchées notamment aux arrêts «Albert 1er de Belgique», «Chavant», «Verdun», «Dubedout», «Victor-Hugo», «Alsace-Lorraine», «Île Verte», «Notre-Dame/Musée», ou encore «Hôtel de Ville», «Chavant», «Gustave-Rivet»…


«Des inconscients»

 

L’opération qui a peut-être ravi quelques usagers qui ont pu se déplacer gratuitement ne fait pas rire du tout la Sémitag. Au contraire.


Au-delà du coût des réparations, plus de 140.000 euros, «les auteurs de cette action sont inconscients et idiots. Ils ont utilisé de l’acide. Imaginez qu’un enfant touche une machine puis se frotte les yeux… il peut devenir aveugle !» s’énerve le président de la Sémitag Jacques Chiron.


«On a déjà déposé plainte, évidemment, expliquait-il hier. Il y aura une nouvelle enquête et on regardera ce qu’ont filmé les caméras aux arrêts, Sans trop d’espoirs car je suppose que l’auteur n’en ignorait pas la présence.»


Hier toute la journée, les agents ont réparé des machines sur chaque quai. Et posaient des autocollants «Valideur hors service» sur les autres, «le temps que les pièces commandées arrivent».


«Des analyses sont en cours afin de déterminer si le produit utilisé dans la nuit de jeudi à vendredi est le même que celui retrouvé sur les machines en 2008.»


Selon nos informations, l’action de la nuit dernière n’a pas été revendiquée.


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Samedi 28 novembre 2009

Le phénomène est apparu il y a plusieurs mois selon la police allemande et ne cesse de s’amplifier au point que cette dernière parle désormais «dactions politiques».

Que se passe-t-il au juste ? Réponse : depuis plusieurs mois, donc, les incendies se multiplient en Allemagne contre les grosses cylindrées, à Berlin et à Hambourg principalement.

Plus de 200 véhicules ont ainsi déjà été incendiés cette année, en Allemagne, en majorité des Mercedes et des BMW, mais aussi des Volkswagen ou encore des Ferrari. Et pour la police, la plupart de ces incendies ont une origine politique. Ils surviennent souvent dans d
anciennes banlieues ouvrières, très prisées désormais par les classes moyennes et supérieures. Des voitures appartenant à des grandes sociétés type Vattenfall ou Deutsche Telekom ont également été touchées. La police soupçonne des groupes dextrême gauche dêtre à lorigine de ces attaques, mais sans évoquer un mouvement coordonné de grande ampleur.

Le retour des Brigades rouges par le feu ?

Leur presse (Yahoo! Actualités), 27 novembre 2009.

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Vendredi 13 novembre 2009
Maintien du dépôt de Dole :
les cheminots gagnent la bataille


Le 20 octobre dernier, à la suite du mouvement de grève national à la SNCF, les cheminots de Dole décidaient de reprendre leur mouvement de grève tournante pour sauver le dépôt de Dole et ses emplois (notre édition du 21 octobre). Le mouvement, très suivi, a finalement fait plier la direction qui a annoncé lundi et mardi le maintien des 33 postes de contrôleurs et des 19 agents de conduite jusqu’à décembre 2011.

Le dépôt de Dole est donc sauvé pour au moins deux ans. L’avenir des trois agents sédentaires du
site est encore en suspens. «Cest une belle victoire. Cela prouve bien que les combats perdus sont ceux qui ne sont pas menés» expliquait hier soir Patrick Goyet à lhôtel de ville de Dole, où devait se tenir une nouvelle réunion pour la défense du bassin ferroviaire. «La mobilisation a été très forte et ceux de Besançon y ont participé, cela a beaucoup joué» précise le responsable des cheminots CGT de Dole.

«En novembre 2008, la direction annonce qu
elle va fermer le dépôt. En mai, elle nous explique quelle maintient huit emplois et aujourdhui, on conserve les 19 emplois initiaux.»

Pour autant, cette victoire locale n
empêchera pas dautres mobilisations de la CGT. «Car lavenir de lentreprise nous préoccupe.»

Un préavis de grève nationale a été lancé pour le 17 novembre concernant les personnels de guichet et une manifestation nationale est prévue le 8 décembre à Paris, «à laquelle participeront les cheminots jurassiens». Les préavis de la grève tournante des contrôleurs et des conducteurs ont par contre été levés lundi et mardi matin.

Leur presse (Serge Dumont, Le Progrès), 13 novembre 2009.
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Samedi 13 juin 2009

Dîner de mutuelles de fraudeurs à la Rôtisserie, le dimanche 14 juin 2009, 4 rue Ste-Marthe, métro Belleville, 19h à 22h30
Taboulé, salade verte, fromage, curry bœuf, ratatouille, riz basmati, gâteaux divers et variés… Prix libre.
Les bénéfices seront reversés à la mutuelle des Piratp et à celle du 14e naissante, pour alimenter nos caisses communes.

Tickets chers… Passe Navigo imposé : fichage, déplacements enregistrés, nouvelle industrie juteuse et polluante… GPSR, police ferroviaire, contrôleurs, flics, militaires «Vigipirate»… Vidéosurveillance… Chasse aux sans-papiers, pub, campagnes infantilisantes sur la civilité… Mobilier anti-SDF dans les stations… «Service minimum» anti-grève… Ouvrier-e-s du nettoyage proprement pressurés…

Face au déploiement d’une logique sécuritaire de plus en plus absurde dans les transports en commun, au harcèlement des personnes immigrées à travers les contrôles, à la mise en place forcée de technologies comme le Navigo et sa puce RFID, et les caméras de surveillance, bref, à une politique qui utilise les transports publics comme un laboratoire de gestion des foules, et pour promouvoir l’accès gratuit à des transports qui seraient autogérés et financés solidairement par la collectivité,
Nous nous sommes organisés en mutuelles de fraudeurs.


Nous n’avons plus d’abonnement, n’achetons pas ou peu de tickets et cotisons à une caisse commune qui nous permet de régler nos amendes. Pour nous organiser, échanger des bons moyens de passer les portiques, éviter les contrôleurs, trafiquer les tickets (pendant qu’il y en a encore), faire des descentes en fanfare dans les wagons, nous nous rencontrons régulièrement dans plusieurs quartiers de Paris et de la banlieue, à Ménilmontant, Nation, Saint-Denis, Pernety et ailleurs.

MODE D’EMPLOI :
— Décider de monter une caisse collective permettant de se rembourser les amendes prises dans les métros, bus, RER, trains, tramways d’Île-de-France.
— Se retrouver à une dizaine de personnes (pour commencer) avec vos potes, collègues de travail et/ou de galère, voisins.
— Fixer une cotisation mensuelle à verser dans une caisse commune (entre 5 et 7 euros par exemple).
— Se réunir régulièrement pour faire le point.
— S’échanger les astuces de fraude et d’esquive des contrôleurs.


Une mutuelle de fraudeurs peut être un bon point de départ pour s’attaquer aux politiques de la RATP et de la SNCF, repenser ensemble la question des transports publics, et celle du quotidien salarié auquel ils sont rattachés. Nous ne voulons pas payer pour aller travailler pour payer pour aller travailler pour payer pour aller travailler pour payer etc.

Nous serons ravis, fraudeurs, resquilleurs, pirates, d’échanger autour de cette pratique.

Pour rejoindre une mutuelle, trouver des conseils pour créer la vôtre, passer une soirée tranquille, venez boustifailler à la Rôtisserie le 14 juin.

Les Piratp et la Mutuelle du 14e naissante - juin 2009

Rien ne vous empêche bien sûr de créer vos mutuelles de fraudeurs aussi en province parce que les contrôleurs sévissent aussi dans les villes de province partout ou il y a des transports publics comme privatisés.

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Mardi 17 février 2009

Durant la grève des cheminots de novembre dernier [2007], le sabotage a refait son apparition en tant que méthode de lutte [Il ne semble pas que ce type d’action ait été utilisé durant les grandes grèves cheminotes de 1986-87 ou de 1995], et les médias ont bien été obligés de le signaler. Le sabotage («Mam’zelle Cisaille» comme on disait au début du XXe siècle) n’a pourtant rien d’exceptionnel lorsqu’on le replace dans l’histoire du mouvement ouvrier. Il a de tout temps été une des armes des travailleurs que cela soit dans la résistance quotidienne à l’exploitation ou lors de luttes.

Cette pratique avait-elle été quelque peu oubliée par les cheminots ? Était-elle cantonnée à une utilisation très locale et donc ignorée des médias ? On peut toutefois percevoir cette réapparition comme significative de certaines évolutions :
—  Évolution des luttes qui, sous des formes classiques, n’aboutissent pas. Des syndicats aujourd’hui bien trop ouvertement intégrés au système et desquels on attend plus grand-chose si ce n’est la négociation de redditions successives (et de plus en plus précoces). Le cadre légal de la grève qui tend à se restreindre.
—  Évolution technique avec la multiplication des Lignes à grande vitesse (LGV) sur lesquelles se concentrent des flux de passagers de plus en plus importants. Des actes de sabotages sur ce type de lignes, très performantes mais aussi très fragiles, entraînent immédiatement une paralysie d’une large partie du réseau et des pertes de thunes incroyables. Le mode de production capitaliste se transforme, les conditions et donc les formes de la lutte de classes évoluent, de nouvelles pratiques apparaissent, d’autres, oubliées, refont surface.

Le 15 novembre, deuxième jour de grève, la direction de la SNCF fait publiquement état de divers actes de sabotage (blocages d’aiguillages par des cailloux) survenus à Lille, Metz et Sète. Dans la nuit du 20 au 21 novembre (veille de l’ouverture de négociations entre gouvernement et syndicats) ce sont quatre LGV qui sont paralysées par l’incendie de câbles longeant les rails. C’est cette dernière méthode qui est le plus médiatisée et cause semble-t-il le plus de dégât au (faible) trafic. Pourtant, les «actes de malveillance» dénoncés par la SNCF, qui se sont produits sur tout le territoire, ne manquent pas de diversité : blocages de trains par des piquets de grève, blocages d’aiguillages avec des cailloux ou par le dépôt de ballast, bris de vitres, purge des freins des trains, dérangements sur la signalisation, incendie de centre de signalisation, dégradation de postes d’aiguillages, épandage d’huile sur les rails, fermeture de signaux, systèmes de sécurité actionnés manuellement, vols de clefs des locomotives, allumage de torches de sécurité sur les voies, mise en place d’obstacles sur les voies, dégradation de lecteurs de cartes d’accès, pose d’autocollants sur les vitres des trains, saccages divers (à la gare de Gap, des distributeurs automatiques, des ordinateurs et des panneaux d’affichage ont été détruits) [Pour plus de détails sur ces actions et sur les condamnations voir le site Cette semaine]. La SNCF a déposé plus d’une cinquantaine de plaintes.

La condamnation de ces actions a été unanime du côté du pouvoir (SNCF, gouvernement et syndicats) et la théorie du complot a vite refait surface : l’État (sous la plume de ses journaleux) a évoqué une éventuelle concertation (une organisation secrète !) alors que certains syndicats et groupes gauchistes y voyaient une manœuvre des services barbouzes de l’État [«Des sabotages survenus très opportunément pour le gouvernement […] tout était planifié pour faire cesser le mouvement coûte que coûte» ; Le Monde libertaire, no 1496, 19/11-05/12/07]. Comme si des cheminots des quatre coins du pays ne pouvaient avoir, au même moment, cette idée simple : bloquer les derniers trains circulant du réseau et si possible à des dates stratégiques/symboliques. Des actions de ce type se sont même poursuivies après la fin officielle du conflit (notamment les 24 et 26 décembre).

Mais les condamnations ne sont pas restées verbales et se sont aussi traduites devant les tribunaux. Les flics ont réussi à mettre la main sur quelques auteurs présumés de sabotages : quatre mois avec sursis et 3500 € de dommages et intérêts pour un cheminot de Thionville qui a détruit avec des chaises les vitres d’un poste d’aiguillage le 22 novembre ; un mois avec sursis pour deux agents de la RATP accusés d’avoir coupé l’électricité sur une ligne du métro ; deux individus mis en examen depuis le 22 novembre à Blainville, accusés d’avoir purgé les freins d’un train de marchandise ; un conducteur mis en examen depuis le 27 décembre pour le sabotage du portail d’entrée de la gare de triage de Sibelin.

Avec le recentrage de plus en plus flagrant de la CGT (majoritaire à la SNCF), l’instauration du service minimum, le dégoût et la colère qui montent, il n’est donc pas dit que la prochaine grève des transports ne soit ponctuée que de tristes manifestations traîne-savates.

Alex


Quand la CGT appelait au sabotage !

Si le sabotage a toujours été une arme utilisée individuellement et spontanément par le travailleur contre son patron (l’exploiteur !), il a aussi été préconisé comme tactique par des organisations ouvrières et/ou syndicales et notamment l’une d’elles : la CGT. Oui oui, la CGT, celle dont les actuels dirigeants dénoncent les cheminots saboteurs avec la vigueur d’un ministre de l’Intérieur. Mais c’était tout de même il y a bien longtemps.

Il était donc une fois, en 1895. Alors qu’une grève des travailleurs des chemins de fer est dans l’air, et que le recours à l’armée pour la briser est envisageable, Eugène Guérard (secrétaire général du Syndicat national des chemins de fer) déclare que les militaires ne pourraient surveiller les 30.000 km de réseaux et que «dans ces conditions, il serait bien extraordinaire que les rails ne fussent pas enlevés sur le parcours…» [
Cf. Élie Fruit, Les Syndicats dans les chemins de fer en France (1890-1910), Paris, Éditions ouvrières, 1976, p. 90. Dans les chemins de fer, le sabotage apparaît dès le développement de ce secteur. Ainsi, lors de la révolution de février 1848, de très nombreux sabotages ont lieu : destructions de gares, incendies de ponts. Ibid., p. 45.]. Menaces ou promesses ? Ce n’est qu’un début.

Car lorsque l’on évoque le sabotage et la CGT, il est une figure qui s’impose d’emblée, celle du militant anarchiste Émile Pouget (1860-1931). Défendant la nécessité de la lutte organisée dans les syndicats contre le Capital et l’État, il est l’un des dirigeants de la CGT qui met en avant la tactique du sabotage dans la lutte. Il s’inspire alors de l’expérience anglaise (boycottage et sabotage) et de l’usage quotidien qu’en font les ouvriers. Cet acte, bien que le plus souvent individuel, vient «souligner la revendication collective» pour «ramener les patrons récalcitrants à de meilleurs sentiments». Selon le principe «à mauvaise paye, mauvais travail» cette tactique peut s’appliquer au travail à temps (sabotage de la quantité) ou aux pièces (sabotage à la qualité). À son initiative, le principe du sabotage est adopté par les congrès de la CGT de Toulouse (1897), Rennes (1898) et Paris (1900) et une commission «boycottage et sabotage» est même mise en place au sein de la Confédération (elle existera semble-t-il jusqu’en 1918). À Toulouse, Pouget propose une motion en réponse à la mesure du préfet de la Seine qui a interdit aux travailleurs municipaux de participer au Congrès : «Le Congrès, reconnaissant qu’il est superflu de blâmer le gouvernement qui est dans son rôle en serrant la bride aux travailleurs, engage les travailleurs municipaux à faire pour cent mille francs de dégâts dans les services de la ville de Paris» ; les délégués CGT applaudissent unanimement. À la suite du Congrès, Pouget annonce dans son journal Le Père Peinard, la préparation d’une brochure sur le sujet et appelle : «Les bons bougres qui auraient des tuyaux à faire connaître sur la question, — surtout des moyens de saboter appropriés à chaque industrie — sont invités à les faire connaître, ils seront utilisés». La célèbre brochure, Le Sabotage, est finalement publiée vers 1911-1912 [
Elle est aujourd’hui disponible dans plusieurs éditions mais aussi sur le Net. Elle va notamment influencer les IWW (Industrial Workers of the World), organisation syndicaliste révolutionnaire américaine. «Si le travailleur considère que le sabotage est nécessaire, il le rend moral. Sa nécessité est l’excuse de son existence. Pour nous, discuter de sa moralité serait aussi absurde que de discuter de la moralité de la grève ou de la lutte des classes elle-même. […] La grève est la bataille rangée de la lutte des classes, le sabotage en est la guérilla, la guerre au quotidien entre deux classes opposées.» Cf. Elizabeth Gurley Flynn, Sabotage, Cleveland, IWW Publishing Bureau, 1916.] ; elle est un long exposé des différentes applications pratiques du sabotage : «les coiffeurs que les patrons refuseront de laisser partir à l’heure syndicale, saboteront la coiffure des clients en faisant des “échelles” par de malencontreux coups de rasoir ; les mécaniciens de locomotives pourront, moyennant l’achat d’une certaine poudre, mettre hors d’état leur machine, etc.» [Sur Pouget on peut lire : Christian de Goustine, Pouget, les matins noirs du syndicalisme, Paris, La Tête de feuilles, 1972, 250 p. et Émile Pouget, Le Père Peinard, Paris, Galilée, 1976, 354 p.]

Un autre CGTiste, Alexandre Renault (1882-1914), bien moins connu, est lui surnommé le «professeur de sabotage du réseau de l’État» [
Voir Jean Maitron, Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français]. Syndicaliste révolutionnaire du réseau de l’Ouest-État, il est en 1910 secrétaire du Syndicat national des travailleurs des chemins de fer. Il publie au début de juillet 1910 une brochure tirée à 10.000 exemplaires, La Grève des chemins de fer d’octobre 1910, où il suggère les «précautions» à prendre au moment de la déclaration de grève : «Il faudrait que des équipes de camarades résolus, décidés coûte que coûte à empêcher la circulation des trains, soient dès maintenant constituées dans tous les groupes et les points importants. Il faudrait choisir des camarades parmi les professionnels, parmi ceux qui, connaissant le mieux les rouages du service, sauraient trouver les endroits sensibles, les points faibles, frapperaient à coup sûr sans faire de destruction imbécile et, par leur façon efficace, adroite, intelligente autant qu’énergique, rendront d’un seul coup, inutilisable pour quelques jours, le matériel indispensable au fonctionnement du service et à la marche des trains.» Il est révoqué en septembre pour excitation au sabotage. En octobre la grève éclate et plusieurs sabotages ont lieu (comme par exemple le «tamponnage» de deux machines sur la plaque tournante du dépôt de Tergnier qui fera de si belles cartes-postales). Alexandre Renault est arrêté.

Le ministre Aristide Briand (ancienne crapule socialiste devenue crapule tout court), partisan de la répression, invente alors un vaste complot de saboteurs. Selon lui, «tous les procédés de sabotage les plus modernes devaient être utilisés ; les ponts devaient être dynamités, les aiguilles détruites et, pour compléter cette œuvre criminelle, les organisateurs avaient été jusqu’à préparer la destruction des écluses, qui aurait eu pour résultat d’empêcher la navigation sur les canaux et les fleuves, et d’empêcher par conséquent le ravitaillement par eau». Mais il s’agit en fait d’un plan mis au point pour la grève avortée de 1898 par les Chevaliers du travail (un éphémère groupement socialiste) et écrit par… Briant lui-même, à l’époque où il était un défenseur acharné de la grève générale
douard Dolléans, Histoire du mouvement ouvrier, 1871-1936, t. II, Paris, Armand Colin, 1946, p. 179.] !

Renault est mis en liberté provisoire en mars 1911, mais doit se réfugier en Belgique puis à Londres pour échapper à la police qui le recherche pour un nouveau sabotage. Il ne retourne en France qu’en juin 1913. Au début de la guerre, Alexandre Renault, mobilisé, demande son intégration au réseau de l’État (plutôt conduire un train que porter un fusil), mais elle est refusée. Il est rapidement envoyé au front où il est tué le 25 octobre 1914.

Il ne semble pas que, par la suite, des organisations aient ainsi ouvertement appelé au sabotage. Mais cela n’a pourtant pas freiné la créativité des travailleurs.

Oncle Paul
Incendo no 2, mai 2008
Le journal qui brûle d’en découdre.

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Samedi 14 février 2009

Suite à la création d’un syndicat CNT dans l’Ain (CNT Interpro 01), nous avons décidé de relancer une démarche visant à recenser les cheminots syndiqués à la CNT mais actuellement isolés.
Parmi les adhérents d’Interpro 01, nous comptons deux camarades qui travaillent à la SNCF, à Ambérieu-en-Bugey, site de fret dans l’Ain, entre Lyon et Chambéry. Nous savons que d’autres cheminots, dans d’autres secteurs géographiques, sont syndiqués à la CNT.

Les buts sont :

Mettre en contact les cheminots au niveau national, se fédérer pour lancer des actions et exister syndicalement dans le milieu ferroviaire (à la SNCF et aussi dans les autres boîtes de transport ferroviaire qui se multiplient).

Renforcer la CNT aux chemins de fer en agissant et en se faisant connaître auprès des cheminots.

De multiples raisons poussent à implanter la CNT dans le monde ferroviaire :

1. La direction de la SNCF met en place, depuis un certain temps, une politique d’éclatement de l’entreprise, voulue par le gouvernement et ses prédécesseurs :
—  Il n’est plus question d’usager mais de client.
—  Les installations ferroviaires se dégradent de plus en plus.
—  Filialisation des différents services de la SNCF : fret, voyageur TER en 2009, et très rapidement, d’après les déclarations de Pepy, président de la SNCF, de la partie gestion de l’infrastructure (postes d’aiguillage…).
—  Sans compter la dégradation des conditions de transport pour les usagers, des conditions de travail pour les cheminots et la volonté de la direction de la SNCF de mettre au rebut la réglementation du travail (RH077).

2. Les entreprises ferroviaires privées, nouvellement créées (EWS, Véolia, Euro Cargo Rail, etc.), proposent des conditions de travail au rabais qui ont déjà amené leurs employés à des revendications et préavis de grève (amplitude de travail excessive, non paiement des heures supplémentaires, etc.), et des incidents de sécurité graves par manque de formation des agents.

3. L’attitude des syndicats en place génère beaucoup de mécontentement chez les cheminots. La grève de novembre 2007, contre la réforme des retraites, est révélatrice de ce ras-le-bol : durant une semaine, sans la tutelle des organisations syndicales, le mouvement était très dur et autogéré par les AG. Les «culs-de-plomb» syndicaux, que sont les permanents fédéraux et apparatchiks des syndicats réformateurs, n’ont eu qu’une idée en tête : nous faire reprendre le boulot, coûte que coûte, pour enfin pouvoir s’asseoir à côté de leurs vrais camarades, que sont les dirigeants de la SNCF, et négocier les miettes du gâteau.

Cela fut fait et la réalité s’imposa à tous les cheminots ce jour-là : ces gens-là ont plus peur des cheminots que de nos patrons (car, lancés comme nous l’étions, ils ne nous contrôlaient plus).

Leur frilosité suspecte et collaborationniste avec la direction amène, malheureusement, certains collègues à renoncer à toute idée de lutte. Cette conséquence accentue la trahison faite à la classe ouvrière. D’autres, très nombreux, au contraire, aspirent à une radicalisation des luttes.


La CNT doit jouer son rôle de syndicat de combat contre l’État et le patronat, d’autant plus que certains camarades ont déjà fait ce choix et rencontrent d’autres cheminots qui sont prêts à les rejoindre.

Nous ne développerons la CNT aux chemins de fer que si la CNT Cheminots met en place une activité syndicale réelle.

L’enjeu est de taille quand on connaît l’importance du syndicalisme cheminot auprès de la population, que son rôle soit réel ou qu’il relève de l’imaginaire collectif.

Il ne tient qu’à nous, cheminots, de donner une réalité, une efficacité à notre engagement à la CNT.

Camarade cheminot
cénétiste ou sympathisant de la CNT,
fais-toi connaître !

Lionel & Cédrick - Interpro 01
Le Combat syndicaliste, janvier 2009
Mensuel des syndicats CNT.
POUR CONTACTER LA CNT DANS LE JURA
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Mercredi 28 janvier 2009
Les agriculteurs grecs bloquent la circulation routière

Des milliers d’agriculteurs ont manifesté en Grèce pour la dixième journée consécutive mercredi, installant des barrages routiers et bloquant des postes-frontières pour protester contre la baisse des prix agricoles.

Une soixantaine de barrages ont été dressés sur différentes routes du pays, interrompant notamment la circulation entre la capitale Athènes et Salonique, la deuxième ville du pays.

La frontière avec la Bulgarie était fermée, provoquant des embouteillages longs de plusieurs kilomètres.

Dans le Péloponnèse, en revanche, plusieurs barrages ont été levés. «Les gens sont fatigués, ils voient que leur campagne faiblit, ils sont désespérés (…) participer à un tel mouvement cela signifie une perte de revenus», a déclaré le chef de la Fédération des exploitants agricoles, George Goniotakis.

À Athènes, des centaines de salariés du secteur public ont défilé vers le ministère des Finances pour protester contre la réforme des retraites et du système de santé.

Des affrontements ont opposé à la fin de la manifestation des policiers à un groupe d
anarchistes qui ont endommagé une banque et des magasins.

Les agriculteurs exigent une revalorisation des aides publiques et une baisse des impôts pour pallier le ralentissement de l
activité économique.

Ils ont rejeté l
offre dun plan gouvernemental de 500 millions deuros, le jugeant insuffisant.


«De l’aspirine»

Les agriculteurs affirment que les prix des denrées ont baissé de 50% tandis que la hausse du prix des carburants l
an passé a augmenté dun tiers les coûts quils doivent supporter.

«Ce plan ne va pas soigner nos douleurs, c’est comme s’ils nous donnaient de l’aspirine», a déclaré un céréalier présent au poste-frontière de Promachonas, point de passage vers la Bulgarie.

La Chambre de commerce et d
industrie dAthènes a appelé à la fin des blocages, soulignant quils entrainaient des difficultés dapprovisionnements en matières premières et en produits manufacturés.

Après les violences urbaines qui ont touché le pays au mois de décembre, ces manifestations constituent un nouveau défi pour le gouvernement conservateur du Premier ministre Costas Karamanlis, qui dispose d
une majorité dun siège au parlement.

«Le gouvernement a tout fait pour satisfaire les demandes des agriculteurs», a dit le porte-parole du gouvernement, Evangelos Antonaros. «Maintenant, c’est aux agriculteurs de réagir (…) Il ne sert à rien de bloquer les routes.»


Les perturbations ont également touché le transport aérien. Un arrêt de travail de trois heures, à l
appel de lADEDY, le syndicat du service public, a contraint la compagnie Olympic Airlines à annuler au moins seize vols.

Les perturbations dans les transports publics devraient gagner les services de bus et de métro des grandes villes au cours de la journée, l
ADEDY ayant appelé à des débrayages.

Presse bourgeoise :
L
’Express / Reuters, 28 janvier 2009.
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Samedi 24 janvier 2009

Quand l’encadrement réformiste casse les grèves sauvages…

Sud Rail et la FUT-SP font une proposition responsable : Pour la légalisation de la «grève de la gratuité»

Les usagers ont été gravement pénalisés lors de la dernière grève à la gare saintLazare, et s’ils l’ont été aussi longtemps, c’est notamment en raison de la mauvaise qualité du dialogue social qui prévaut dans cette entreprise comme dans beaucoup d’autres.

Sud Rail et la FUT-SP, Fédération des usagers des transports et des services publics, demandent la légalisation de la «grève de la gratuité».

Autrement dit, faire circuler normalement les trains, sans faire payer les voyageurs et sans contrôler les billets.

Cette grève de la gratuité est bien sûr généralisable, notamment aux autres modes de transport de voyageurs (métros, bus, trams).

Évidemment sa mise en œuvre ne peut être systématique, dans la mesure où pour être possible, elle implique la participation des agents commerciaux des gares et des trains. Mais elle pourrait constituer une alternative aux grèves «classiques» dans de nombreuses situations, et permettre ainsi la circulation des trains.

Or, jusqu’à présent, les entreprises de transport, notamment la SNCF, ont lourdement sanctionné les contrôleurs qui assuraient leur service mais ne vérifiaient pas les billets : c’est ce qu’on appelle la «grève de la pince». À croire que la SNCF préfère les grèves qui gênent les usagers !

La situation a changé. En juillet 2007, la Cour européenne des droits de l’homme a en effet déclaré «licite» la grève de la gratuité. Il reste à transposer cette décision dans la loi française. Au cours de l’émission «Revu et corrigé», diffusée le 16 janvier, et à laquelle participaient Christian Mahieux, secrétaire fédéral de Sud Rail, et Jean-Claude Delarue, porte-parole de la FUT-SP, les deux représentants du PS et de l’UMP, Benoît Hamon et Éric Raoult, ont exprimé leur intérêt pour la grève de la gratuité.

Sud Rail et la FUT-SP pensent qu’il est temps de tenir compte de l’évolution du droit européen et de celle de l’opinion publique : nous demandons au gouvernement de faire voter une loi en ce sens et nous invitons dès maintenant la SNCF et les autres entreprises de transport à ne pas prendre de sanctions contre leurs employés qui décideraient de faire grève sans pénaliser les usagers.

saintDenis, 22 janvier 2009.

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Vendredi 16 janvier 2009
Grève à Paris Saint-Lazare :
Les agents de conduite votent pour la reprise du travail


Après 31 jours de grève, après plus de vingt jours sans que la direction ne propose de rencontre, après les déclarations incendiaires de M. Farandou (directeur du Transilien) avec comme conséquence l’agression sauvage et organisée d’un agent de conduite, les conducteurs de la région de Paris Saint-Lazare, ont unanimement décidé de cesser le travail ce matin.

La direction décidait dans la matinée de fermer la gare et dévacuer les usagers avec les forces de lordre. En dépit de cette situation dramatique, la direction ne proposait toujours pas de rencontre à midi. Lassemblée générale des conducteurs, réunie à 10 heures, a été rejointe par les agents sédentaires de la gare, eux aussi victimes dagressions verbales et premières cibles des attaques découlant de la campagne de Farandou.

C
est ensemble que les cheminots, excédés par lattitude de la direction, ont décidé de «forcer» une rencontre avec le directeur de région.

Face aux agents de la production, la direction a donc revu sa copie et proposait d’ouvrir enfin de nouvelles négociations. Devant cette annonce les agents, responsables, ont donc choisi de reporter le vote sur la reconduction de la grève à 16 heures, afin de connaître les propositions de la direction et le cas échéant de pouvoir assurer une reprise du travail permettant de ramener les usagers pour la pointe du soir.

Dans l
après midi une délégation de lassemblée générale a donc été reçue. Devant la détermination des agents et la hauteur de la mobilisation, la direction a donc consenti à de nouvelles propositions.

Sans satisfaire à l
ensemble des points de blocage exprimés depuis plus de cinq mois par les organisations syndicales, la direction a enfin décidé davancer sur le débat des moyens en effectifs pour permettre une organisation du travail plus adaptée au service demandé.

Ces propositions sont en deçà des revendications de l
’assemblée générale, néanmoins, les cheminots réunis à 16 heures, ont décidé de mettre fin à ce conflit.

Sud Rail ne considère pas cette issue de grève comme une grande victoire. Pour nous, qu
il faille attendre 31 jours pour avoir une vraie proposition, quil faille une agression découlant dune campagne médiatique agressive par la direction SNCF, quil faille complètement stopper le service public et fermer une gare, pour que l’entreprise sorte de son silence et fasse des propositions, afin d’aboutir à un accord minimaliste, est très symptomatique de la conception même du dialogue social de la SNCF.

Il appartient désormais à l’entreprise publique SNCF de mesurer le mécontentement des cheminots sur sa «stratégie sociale» menée depuis plusieurs années. Il lui appartient d’éviter, par le dialogue, de nouvelles crises majeures comme celle qui vient de se terminer sur la région de Paris Saint-Lazare.

Dans tous les cas, ce conflit, s
il aurait largement put être évité, aura démontré que les salariés peuvent encore revendiquer, quils peuvent encore sorganiser et que la loi du moins disant social nest pas une fatalité. Les politiques libérales basées sur les reculs sociaux ne sont pas inéluctables.

Sud Rail, 13 janvier 2009.


Agents de conduite de Paris Saint-Lazare :
31 jours de grève pour enfin négocier !


Le mouvement de grève des agents de conduite de Paris Saint-Lazare est exemplaire à bien des égards :

Un mouvement reconductible, placé sous la responsabilité des grévistes à travers les Assemblées Générales. Ce sont les grévistes qui décidaient de la forme de leur grève (59 minutes certains jours, une journée complète d’autres fois).

Un mouvement unitaire : Sud Rail, FGAAC, CGT, FO appelaient à cette grève. Même si la fédération CGT a désavoué les grévistes dès le 20 décembre, même si le syndicat CGT, seul, a signé fin décembre un accord avec la direction rejeté par l’AG.

Un mouvement durement combattu par la direction : durant des semaines, la direction a parié sur un pourrissement du conflit, refusant toute discussion avec les grévistes. La responsabilité des grévistes et des syndicats qui les soutenaient ayant fait échouer cette manœuvre, la direction s’est lancée en fin de semaine dernière dans une dénonciation publique des grévistes, une stigmatisation stupide de Sud Rail dans les médias. L’agression d’un ADC par sept usagers le 13 janvier est la conséquence directe de l’appel à la curée lancée par le directeur du Transilien ! Fort heureusement, tout au long de la grève, Sud Rail a maintenu les contacts avec les usagers, avec la Fédération des usagers des transports des services publics. Le 14 janvier, les agents de conduite en grève se sont unis aux agents de la Gare, eux/elles aussi révolté-e-s par la situation subie quotidiennement.

Certes les engagements pris par la direction auprès d’une organisation syndicale qui s’était engagée contre l’avis des grévistes, ne permettent pas une victoire sur l’ensemble des revendications porté par ceux-ci.

Mais l’unité dans la lutte, la démocratie syndicale, la détermination collective ont arraché ce que la direction refusait depuis des semaines : 84 embauches d’agents de conduite en 2009, des journées de service supplémentaires qui permettent d’améliorer les roulements, etc.

Quand on se défend on gagne,
et quand on se défend ensemble on gagne encore plus.

Ce sont les cheminot-e-s
qui doivent prendre leur avenir en main.

Gagner ici c’est gagner pour tous ! no 4, 14 janvier 2009
Bulletin d’informations de la fédération des syndicats Sud Rail
.

Tout le monde sait qu’unis nous sommes plus forts, qu’en agissant ensemble nous avons bien plus de chances de gagner, et que les acquis des uns sont des points d’appui pour tous. Mais pour étendre les avancées obtenues ici ou là, pour unifier nos luttes, encore faut-il les connaître : ce ne sont pas les patrons qui vont en faire la publicité, c’est le syndicat qui doit faire ce travail, en utilisant son réseau militant, en mettant les cotisations syndicales des syndiqués au service de l’action revendicative !


Communiqué suite aux propos
des présidents de la République et de la SNCF


Quand on est président de la SNCF ou président de la République, on a le droit de colporter des mensonges auprès des médias ?

Les cheminots ne sont pas payés lorsqu’ils font grève. Les cheminots ont une retenue de salaire d’une heure lorsqu’ils font grève 59 minutes. Les cheminots ont une retenue de salaire d’une journée, lorsqu’ils font grève une journée. Les cheminots ont une retenue de salaire de 8 jours lorsqu’ils font grève 8 jours.

Quand on est président de la SNCF ou président de la République, on est là pour restreindre la démocratie ?

Le 2 août 2007, les parlementaires ont restreint le droit de grève dans les entreprises de transport. Ainsi le délai de préavis auparavant de cinq jours a été porté à quinze jours. Mais ça ne résout rien lorsque les patrons refusent de négocier : à Paris Saint-Lazare, c’est dès novembre que Sud Rail avait préavisé du conflit qui s’est terminé le 14 janvier ! Mais avant la grève, la direction n’a discuté de rien, et durant les trente premiers jours de grève, elle a refusé de négocier avec les grévistes. Aujourd’hui Sarkozy et Pépy s’en prennent à ceux qui leur ont donné tort en montrant que la lutte collective permet de gagner : ils veulent restreindre encore plus le droit de grève ! Ainsi, pour une heure de grève, la journée complète serait retirée sur le salaire ! Cela s’appelle du vol.

Quand on est président de la SNCF ou président de la République, on est obligé d’être hypocrite avec les usagers ?

Qui peut croire que ceux qui organisent chaque jour la casse du service public se soucient des usagers ? Les grèves sont une gêne importante pour les usagers. C’est vrai, car nous avons un travail utile, comme des millions de salariés. Mais les usagers de la SNCF sont victimes des trains en retard, supprimés, bondés, sales, chaque jour. Améliorer le sort des usagers, ce serait donner des moyens financiers et en effectifs au service public. Pourquoi ceux qui nous dirigent et versent, le temps d’une apparition au journal télévisé, des larmes de crocodiles sur les usagers, sanctionnent-ils les cheminots lorsqu’ils pratiquent cette autre forme d’action collective qu’est la grève de gratuité ? La Fédération des usagers des transports et des services publics (FUTSP) et la fédération Sud Rail ont plusieurs fois demandé qu’on cesse de qualifier d’
«illégal» ce type de mouvements. En vain…

Quand on est président de la SNCF ou président de la République… on pratique tout simplement la lutte des classes.

Nous vivons dans un système où les intérêts du plus grand nombre, celles et ceux qui travaillent (ou le voudraient mais en sont privés par le chômage), sont opposés à ceux d’une infime minorité qui concentre entre ses mains profits financiers, pouvoirs économique et politique. Le gouvernement et ses serviteurs défendent les intérêts des plus riches. De tout temps, le patronat a cherché à limiter les droits des salariés dans l’entreprise. Pour la grève, comme pour bien des conquêtes sociales de la classe ouvrière, c’est la pratique, l’action collective qui ont imposé le droit ; le droit de grève n’est pas un cadeau des patrons et des gouvernements : c’est un acquis arraché par celles et ceux qui ont fait des grèves … lorsque ce n’était pas légal de le faire ! C’est par la grève que nos droits sociaux fondamentaux furent obtenus, et conservés malgré de multiples remises en cause : sans grève, pas de retraite, pas de réduction du temps de travail, pas de congés payés, pas de SMIC, pas de protection sociale… Il est donc logique que les patrons et leurs soutiens s’attaquent au droit de grève : plus les conditions légales pour faire grève sont compliquées, plus cela rend difficile la défense des salariés … et c’est cela qu’ils souhaitent !

Quand on est président de la SNCF ou président de la République … on trouve en face de soi des syndicalistes qui font juste … du syndicalisme !

Gouvernements et patrons ont réussi à acheter la complicité d’une partie du mouvement syndical, mais il reste de très nombreux syndicalistes qui se contentent de faire du syndicalisme, donc d’avoir recours parfois par la grève (et pas seulement à Sud Rail et à Solidaires, bien sûr !). La haine des présidents contre ces syndicalistes est pitoyable !

Sud Rail, 15 janvier 2009.


Soutien à Sud Rail :
Soyons tou-te-s «irresponsables» !


Aujourd’hui jeudi 15 janvier, le président Sarkozy a prononcé un discours de vœux aux «forces économiques». Comme à son habitude de superman gesticulatoire, prompt à sauver la nation de tous les périls qui la menacent et à réformer le capitalisme mondial, N. Sarkozy a aujourd’hui de nouveau décidé de s’attaquer aux organisations syndicales.

Évoquant la récente grève des cheminots à la gare de Saint-Lazare, il a ainsi déclaré que les syndicalistes de Sud Rail étaient des «irresponsables», qui «cassent le service public et bafouent l’intérêt des usagers». Ce qui est bien paradoxal lorsque l’on sait que les cheminot-e-s viennent de perdre 31 jours de salaires pour défendre la mise en place de moyens permettant d’assurer un meilleur service pour tou-te-s les usager-e-s.

Ces propos sont une nouvelle fois la preuve de la volonté du gouvernement de nier au syndicalisme ses droits les plus élémentaires, à commencer par la grève. Face aux menaces que représentent nos syndicats, dont le renforcement des effectifs permet de promouvoir de manière démocratique les luttes collectives des salarié-e-s comme des étudiant-e-s, les gouvernants se trouvent de fait notoirement démunis.

Les méthodes qui sont celles des syndicats Sud sont désormais connues : primauté du fonctionnement démocratique par la mise en place d’assemblées générales ouvertes à l’ensemble des travailleurs/euses afin de prendre collectivement les décisions pour l’organisation de nos luttes, et intransigeance face aux réformes anti-sociales. En refusant le syndicalisme de «diagnostic partagé» prêt à plier le dos face au patronat et/ou au gouvernement, le syndicalisme défendu par l’union syndicale Solidaires (dont les syndicats Sud font partie) offre aux salarié-e-s la possibilité de défendre leurs droits, et d’en revendiquer de nouveaux.

Dans ce contexte plus que jamais, nous apportons notre soutien à Sud Rail et aux méthodes syndicales qui tendent à remettre au premier plan l’intérêt des salarié-e-s. Nous prouverons en rejoignant massivement la journée de grève du 29 janvier que ces propos n’ont pour effet que de renforcer notre détermination.

Fédération des syndicats Sud Étudiant, 15 janvier 2009.
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Vendredi 7 novembre 2008

Le mouvement national lancé hier par la CGT et Sud-Rail a été très suivi au dépôt de Dole, où tous les conducteurs au planning ont fait grève.

Selon la CGT, le mouvement a mobilisé plus de 70% des effectifs à Besançon, 50% à Dijon-Perrigny et entre 40 et 50% à Chalon-sur-Saône. «Nationalement, avec 51 ou 52% de grévistes, c’est un beau succès» expliquait hier après-midi Patrick Goyet, secrétaire général du syndicat CGT des cheminots de Dole.

La mobilisation doloise s’explique par la volonté de la direction régionale, dont plusieurs membres se sont déplacés hier sur le site, de fermer le dépôt de Dole fin 2009 (notre édition de jeudi). Un comité de soutien a été mis en place par la CGT, qui a été reçue par le maire Jean-Claude Wambst. «La direction met les gars sous pression, en leur disant qu’ensuite ils n’auront plus le choix de leur mutation. Ça risque de se radicaliser dans les semaines à venir» assure la CGT, qui prévoit des actions locales.

Le Progrès (édition du Jura), 7 novembre 2008.
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Lundi 30 juin 2008
Halte à la fraude : transports gratuits pour tous

Depuis quelques temps sur Besançon, Ginko mène une campagne anti-fraude de grande ampleur et à grands frais. Où l’on peut voir des slogans tels que «Sans la fraude, ici il y aurait un abri de bus» ou encore «Frauder cest pas malin», ou encore «Sans la fraude il y aurait un accès de plain-pied au bus».
Cette campagne vise à stigmatiser, criminaliser les fraudeurs quon nous présente au mieux comme des inconscients, au pire comme des délinquants ; leur action selon Keolis, nuisant à la qualité du service de transport en commun…

Mais qui est Keolis ? Quels sont ses buts ?

Keolis est le dépositaire privé d
une mission de service public assuré par la CTB jusquen 2002. Il est bon de savoir que le chiffre daffaire de GINKO (28 millons en 2006) est constitué en grande partie de fonds publics, donc les deniers des contribuables.

Étant privé, Keolis a pour objectif de répondre aux intérêts de ses actionnaires, qui sont la SNCF (à hauteur de 46%), AXA (26%) et la Caisse de dépôt et placement du Québec (26%), et se doit donc de réaliser des bénéfices grâce à l
argent de la collectivité. Ils se chiffrent en 2006 à près de 250.000 euros sur ses deux filiales bisontines, 110.000 revenant à Ginko et 140.000 pour Urbest, une filiale sous-traitante.

Et donc a qui cela ne revient pas ? Aux usagers mais aussi aux salariés de Ginko ; ces
derniers à la suite de larrivée de leur nouveau patron, décidé à économiser un maximum dargent : suppression de primes, refus daugmentation de salaires et suppression des cantines, se sont insurgés pour la revalorisation de leur salaire.

Mais les prix n
excluent-ils pas certaines tranches sociales de laccès aux transports en commun ?

En effet, pour tous, se déplacer est une nécessité, pour les travailleurs, les personnes âgées, les personnes en recherche d
emploi… Or, combien de ces précaires sont obligés de frauder pour pouvoir accéder à tous ces impondérables de la vie sociale ? Cest donc une véritable ségrégation par largent qui sexerce sur les personnes de condition sociale modeste, sur ces méchants fraudeurs sur qui on tape, sur ces méchants fraudeurs qui sont passibles dune amende de 41 euros en cas de non-présentation de ticket valide, de 78 euros en cas de non-paiement sous sept jours, voire de poursuites judiciaires… Cher payé pour pouvoir se déplacer !

De même, les actes de vandalisme, expression d
une colère sourde, nauraient pas lieu dêtre si les transports en commun étaient gratuits pour tous, et la collectivité ne serait pas contrainte de payer 55.000 euros pour linstallation de caméras dans les bus Ginko.

À Chateauroux, le taux de fréquentation des transports en commun a augmenté de 76% s
uite à lannonce de leur gratuité. Et quel bénéfice écologique !

De plus en plus, la voiture apparaît comme un désastre écoloqique mais reste le moyen de circulation le plus attrayant. Pour cause, rien n
est fait afin que les transports en commun soient une alternative efficace car ils ne sont ni gratuits ni accessibles à tous. Lexemple de Chateauroux nest-il pas une initiative nécessaire ? Et Besançon, ville novatrice (RMI, développement durable), ferait bien de lui emboîter le pas. Alors que lécologie simpose comme une nécessité vitale, la rentabilité et les intérêts des investisseurs semblent savérer plus importants que la sauvegarde de lenvironnement et le bien-être des habitants.

Transports en commun : quelles mesures à prendre
pour une alternative viable ?

La gratuité des transports en commun : Parce quelle généraliserait leur fréquentation et permettrait à tous dy accéder sans distinction sociale. De plus, le coût des contrôleurs, des tickets, des caméras et des dégradations serait ainsi économisé, réduisant ainsi linvestissement à presque rien.
 Gestion des transports en communs par les collectivité locales : Parce quun service public na pas pour mission denrichir des actionnaires.
 Plus de lignes et plus de bus intra et péri urbain.
 Des horaires plus larges que ce soit pour le travail ou les loisirs.



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Samedi 21 juin 2008

Les trois premières semaines de novembre 2007 se sont déroulées des grèves à la SNCF et à la RATP contre la réforme des retraites, bloquant largement le trafic ferroviaire et urbain. Outre les formes d’actions classiques comme l’occupation des dépôts, les manifestations ou les piquets de grève, une autre tradition, toujours présente, est revenue à la lumière : le sabotage. Qu’il s’agisse de pierres dans le système d’aiguillage, d’incendies de systèmes électriques ou de câbles, de gare saccagée, de vols de clefs de locomotives, de lecteurs de carte d’accès dégradés, d’huile sur les rails ou de signalisation endommagée, ils ont été variés et continus dans tout le pays.

La SNCF a porté plus d’une cinquantaine de plaintes pour la forme (ces histoires se réglant plus «en interne»). Quelques condamnations sont cependant déjà tombées : quatre mois avec sursis pour un cheminot à Thionville qui a détruit avec des chaises les vitres d’un poste d’aiguillage le 22 novembre 2007, un mois avec sursis le 7 mars 2008 pour deux agents de la RATP accusés d’avoir interrompu l’électricité de la ligne 6 du métro. Deux individus sont mis en examen depuis le 22 novembre 2007 à Blainville, accusés d’avoir vidé l’air du système de freinage d’un train de marchandise qui allait partir, et un conducteur de train est mis en examen depuis le 27 décembre 2007 pour le sabotage du portail d’entrée de la gare de triage de Sibelin.

Enfin, signalons que les sabotages anonymes ont continué après la fin officielle du conflit : les 24 et 26 décembre, trois incendies de câbles et de transformateur électrique ont provoqué d’importants retards sur les TGV Paris-Lille (câble sectionné et d’autres incendiés vers Ressons, Oise), sur les TGV Paris-Marseille (150 mètres de câbles incendiés vers Lambesc, Bouches-du-Rhône) et les TGV Paris-Dijon-Lausanne (transformateur incendié vers Velars-sur-Ouche, Côte d’Or).

Le 23 janvier 2008, trois nouveaux incendies de câbles perturbaient fortement le trafic entre Paris et Marseille (4 mètres de câbles incendiés vers Claveyzon, Drôme), Lyon-Marseille (incendie vers Saulieu, Côte d’Or) et Paris-Rennes (15 mètres de câbles incendiés vers Saint-Aubindes-Landes, Ille-et-Vilaine).

Cette semaine no 95, avril 2008

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Mardi 20 mai 2008
Port de Marseille : échauffourées entre dockers et forces de l’ordre

Le conflit social au Port autonome de Marseille s’est envenimé mardi matin avec de vives empoignades entre des agents grévistes et les forces de lordre, a-t-on appris de source policière. Un policier a été blessé à la tête devant la mairie et un véhicule des forces de lordre a été incendié.

Les manifestants ont jeté des chaises, des pierres et des bouteilles sur les policiers. Les CRS ont riposté en envoyant des bombes lacrymogènes. La situation a dégénéré à la fin de la rencontre entre la délégation des agents CGT du port et ladjointe au maire chargée de la qualité de la ville, Martine Vassal, en labsence du maire Jean-Claude Gaudin et de son premier adjoint Roland Blum, retenus à Paris.

Les manifestants ont voulu organiser une conférence de presse devant l
Hôtel de ville, à laquelle se sont opposées les forces de lordre. Quelque 500 agents manifestaient jusque-là contre le projet de réforme du statut des ports, dont lexamen commence ce mardi au Sénat.

La direction du Port autonome de Marseille estime avoir «perdu à ce jour 50 escales de navires depuis le début des mouvements sociaux le 17 avril, dont 45 escales de navires de marchandises». «Ces annulations ont entraîné une perte de trafic de 35.000 conteneurs, de 11.000 tonnes de produits pétroliers et de 1270 passagers. Les pertes financières sont estimées à plus d'un million d
euros», précise-t-on de même source.

NouvelObs/AP, 20 mai 2008


Violents affrontements sur le Vieux-Port

Le Vieux-Port a vécu ce mardi matin un drôle de western, qui a démarré pile quand, sortant de la mairie de Marseille après avoir été reçu par une adjointe, un porte-parole des employés portuaires en grève s’est adressé aux manifestants : «Pas d’incidents. Un peu de calme, les gars !» Et c’est parti en vrille, instantanément. Coups de matraque, lacrymos, jets de cailloux : pendant trente minutes, la violence se déchaîne de tous côtés. Des chaises prises sur les terrasses de bar volent, un début d’incendie se déclare dans un camion de police. Les flics répliquent en balançant de la lacrymo à tout va et s’inquiètent : «Ça tire des billes !» Des fusées de détresse, aussi, ainsi que des bouteilles. Un marteau vole bas, de très gros cailloux également.

Un gradé fait son rapport au talkie : «Ça caillasse de partout ! C’est pas bon ! On est encerclés de partout, des accrochages très sévères.» Autre message : «Jourdain de Polaire ! Ils remontent au contact sur le Vieux-Port !» «Ils sont dans le parking ! Y a des usagers ! Faut évacuer le parking !» Les yeux brûlent. Des militaires américains, en escale avec leur porte-avions, contemplent les ébats, des passants marchent en panique. L’ambiance est bizarre : des grands moments de violence et d’insultes, puis le calme et de nouveau les pétards, les lacrymos… Un flic lâche à un CGTiste du service d’ordre : «Franchement, ça ne sert à rien qu’on se tape dessus entre nous !» Mais ça continue.

Pourtant, à 7h30, l’ambiance semblait bon enfant quand, pour marquer le premier jour d’examen par le Sénat du projet de loi qui doit aboutir à une privatisation partielle des ports, des agents du port autonome de Marseille (PAM) et des dockers ont placé deux engins tout près de la mairie en gueulant : «On va vous niquer ! On reste là quinze jours ! Appelez du renfort !» Polis, donc, avec une banderole : «Gaudin ! Tu ne vendras pas notre port !» Mais le sénateur-maire UMP, très favorable à la réforme qui lui semble seule à même de relancer des ports français en perte de vitesse inquiétante, n’est pas là : il est au Sénat, justement, à Paris.

Les CRS, nombreux (200, selon la police), mettent en face leurs camionnettes. Puis on attend. Les manifestants veulent aller devant la mairie, les policiers refusent. Un gradé : «Pas possible ! J’ai des instructions du Préfet de ne pas les laisser avancer.» À 10h45, tout part en quenouille : les manifestants, 500 à 700 selon la police, veulent avancer, les flics s’y opposent. Au bout d’une demi-heure, ça se calme, sans trop de dégâts, à part un véhicule de la police municipale partiellement brûlé. Mais toute cette violence, à qui la faute ?

«On était venus sans volonté de détériorer, assure Pascal Galéoté, secrétaire général des agents du Port (CGT). Les forces de l’ordre ont décidé de franchir une étape et je crains le pire.» Stéphane Stamatiou, secrétaire général des dockers de Fos-sur-Mer (CGT) : «Les d
ébordements ne sont que la traduction du premier flic de France qui a bien dressé ses troupes. Lorsque les manifestants demandent à être écoutés, ils n’ont que les lacrymos en réponse.» Il prévient : «Si on s’amuse au rapport de forces, on verra ! Les portuaires ne sont pas à la maternelle, ce sont des hommes, des vrais et s’il faut qu’on le montre, on le montrera. Ce n’est pas en recevant des coups de bâton dans le derrière que ça va faire avancer les choses.»

Pascal Galéoté ajoute : «Les flics sont sur les dents, ils doivent avoir des consignes. Le gouvernement essaye de faire passer un message de dureté, de fermeté. Mais dans deux jours, on est encore dans la rue [pour la manif de jeudi]. Comment ça va se passer ? Vous croyez que les salariés vont oublier ce qui s’est passé aujourd’hui ? Il va falloir gérer ça.»

Et gérer ça, c’est aussi le problème du Port. Les actions sporadiques menées depuis un mois ont fait perdre au PAM un million d’euros, selon ses chiffres, sans compter les pertes des entreprises de la place portuaire et des clients du port. Le PAM affirme avoir perdu 50 escales de navires depuis le 17 avril, soit 35.000 conteneurs qui représentent, selon lui, «l’équivalent de deux semaines de trafic».

Or, le conflit pourrait durer jusqu’au 31 octobre, date prévue pour la fin des négociations sur les transferts prévus de personnel et d’outillage du public au privé. La CGT se dit «dans la capacité de s’inscrire dans le long terme», mais Pascal Galéoté s’interroge : «Vous voyez l’impact économique que ça a ?» Le syndicat préfèrerait de vraies négociations, car il n’est pas opposé en bloc à la réforme et se dit prêt à discuter. «L’opposition frontale n’est pas salvatrice», admet Galéoté. «On n’est pas des gréviculteurs, assure Daniel Manca (dockers CGT). On ne fera pas grève illimitée. Mais il faut des accords négociés. Et il y a un débat de fond : le maire, ici, veut des hôtels de luxe sur le port, des bateaux de croisière, un Palais des Congrès, une marina, pour nous éliminer petit à petit, pour que ceux qui profitent du Port ne soient pas ceux qui, comme nous, y travaillent.»

Michel Henry
LibéAix-Marseille, 20 mai 2008


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Dimanche 30 mars 2008
Barcelone, 15 mars 2008

Rappelons quelques faits : dans le quartier de Sants, un squat autonome résiste encore et toujours au capital : c’est Can Vies. Squatté en mai 1997 par de jeunes comunistes il est devenu une référence des luttes autonomes à Barcelone, savoureux mélange dindépendantistes et anarchistes…

Or en 2007 une plainte est déposée par le propriétaire des lieux qui nest autre que lentreprise des transports publics de Barcelone TMB (Transports Metropolitans de Barcelona). Le 22 janvier a lieu le procès qui est finalement gagné par les squateureuses le 1er février 2008.

Or depuis octobre 2007 des travailleureuses de TMB sont en lutte. Ce sont les conducteurs dautobus de Barcelone (environ 3000) qui demandent 2 jours de repos par semaine. Le conflit est mené par une assemblée de travailleureuses qui décident la suite à donner à leur lutte. Cest-à-dire une lutte menée non par des syndicats mais par les travailleureuses eux-mêmes.

Et il y a pourtant des syndicats à la TMB : le comité dentreprise est composé de 27 délégués syndicaux : 5 UGT et 5 CC.OO (genre FO ou CFDT), 5 SIT (corporatiste à la solde des patrons) 5 ACTUB (corporatiste combatif), 7 CGT (branche séparée de la CNT espagnole, anarchosyndicaliste très présente à Barcelone dans les transports et lindustrie). Or seuls deux syndicats soutiennent le conflit : CGT et ACTUB. Les autres dénigrent.

Le conflit larvé éclate juste avant Noël : 4 jours de grève suivis de trois autres après le jour de l
an. Or à ce moment déjà, en vue du procès de Can Vies, des contacts se nouent entre conducteurs en lutte et squateureuses. Des réunions rasssemblant diférents collectifs soutenant la lutte des conducteurs se font à Can Vies, la «presse» squatteuse comme le Contra Infos ou lInfo Usurpa appelle à la solidarité active avec les grévistes. La solidarité active prend la forme de tags dans toute la ville, de collage daffiches, dactes de soutien devant les mairies de quartier, de sabotages (environ 200 autobus sabotés durant les différentes périodes de grève, depuis des pneus troués, tags sur le pare-brise ou boules de pétanques lancées sur les bus circulant en dehors des minimums établis), de participation aux piquets de grève… et des conférences-débats dans les squats avec des conducteurs de bus (à Can Vies, au Blokes Fantasma, à lAteneu Popular de lAixample, la Teixidora, la Revoltosa et plein dautres que joublie).

Le summum survient après la victoire de Can Vies. Le quartier de Sants commence alors une campagne : on a gagné le procès et maintenant on va gagner les deux jours de repos par semaine. Le 9 février, 5000 personnes défilent dans les rues de Barcelone en solidarité avec les conducteurs de bus en lutte. Dont nombre de squatteureuses répartis selon les tendances derrière les pancartes indépendantistes, de la CNT ou encore de Can Vies.

Et la lutte continue. La direction ne plie pas, persiste … et signe : déclarations de guerre aux grévistes, envoi des forces de police pour escorter les bus à la sortie des garages, charges et détentions de deux conducteurs, campagne de presse diffamatoire (articles comme «l
escalade de la violence»), contre-campagne de propagande de lentreprise pour isoler les grévistes et retourner lopinion…

Et pourtant les conducteurs ne cèdent pas. Après une nouvelle semaine de grève début mars (du 3 au 7 mars) ils continuent de faire grève chaque jeudi. Et ce bien que 50 d
entre eux soient sanctionnés pour action de sabotage et comme par hasard 10 des 11 délegués de lassemblée de travailleureuses.

Plus dinfos sur le blog de l’assemblée de conducteurs.

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Lundi 10 mars 2008
Un mois avec sursis pour avoir saboté le métro

Le tribunal a reconnu coupables de sabotage deux agents de la RATP, accusés par leur employeur d’avoir interrompu le trafic de la ligne 6, lors des grèves de l’automne.

La CGT ne décolère pas. Pour le syndicat, le tribunal correctionnel de Paris a commis vendredi «une entrave au droit de grève» : les magistrats de la 10e chambre ont condamné deux agents de la RATP à un mois de prison avec sursis pour avoir saboté la ligne 6 du métro parisien, le 14 novembre, lors des grèves de cet automne contre la réforme des régimes spéciaux de retraites. Stéphane Juillard, 35 ans, et Thierry Bono, 44 ans, ont été reconnus coupables de vol de «rupteur d’alarme». Les juges n’ont toutefois pas suivi les réquisitions, plus sévères, du procureur qui avait demandé début février deux mois avec sursis et 200 euros d’amende.

La stratégie des deux prévenus, qui risquent de perdre leur emploi, n’avait pas vraiment convaincu. Niant l’exaction qui a interrompu l’alimentation et immobilisé, une dizaine de minutes, des rames de la ligne 6 dans les stations ou à l’intérieur des tunnels, les deux hommes ont affirmé avoir vu sur les voies un troisième homme s’enfuir. Une version démentie par des photographies fournies par la RATP, qui montrent les deux agents sur les rails quelques minutes avant les faits. Les défenseurs des agents rétorquent que ces clichés «d’une provenance inconnue» ne décrivent «à aucun moment les employés faire ce qu’on leur reproche».

Risque de panique chez les voyageurs

La CGT, qui «apporte son soutien le plus total» aux condamnés, envisage de faire appel. L’organisation avait déposé un préavis de grève peu suivi lors de l’audience du 1er février.

La RATP souligne que ce vol aurait pu entraîner un mouvement de panique chez les voyageurs et avoir de graves conséquences sur «la sécurité ferroviaire».

C.J. (lefigaro.fr) avec AFP, 7 mars 2008



RATP : deux agents condamnés à un mois avec sursis pour un «sabotage» pendant des grèves

Deux agents de la RATP, accusés par leur employeur d’avoir saboté la ligne 6 à l’occasion des grèves de l’automne, ont été jugés coupables par le tribunal correctionnel de Paris et condamnés vendredi à un mois de prison avec sursis.

«Nous sommes scandalisés par cette décision» et «apportons notre soutien le plus total aux deux agents» condamnés, a immédiatement réagi le secrétaire général CGT Métro-RER, Éric Nabet, venu soutenir les deux agents avec une quarantaine de militants.

Le responsable CGT, pour qui le tribunal voulait juste «faire un exemple», a dénoncé «une entrave au droit de grève». Le syndicat envisage de faire appel.

Le tribunal s’est pourtant montré moins sévère que ne l’avait requis la procureure lors de l’audience du 1er février. Aude Le Guilcher avait alors demandé une peine de 2 mois d’emprisonnement avec sursis et 200 euros d’amende.

Malgré les dénégations des deux agents, âgés de 35 et 44 ans, les magistrats de la 10e chambre ont estimé qu’ils avaient bien volé un «rupteur d’alarme» le 14 novembre, en pleine grève contre la réforme des régimes spéciaux de retraite.

Cette opération avait coupé l’alimentation des rames sur une partie de la ligne 6 du métro et provoqué leur arrêt immédiat durant une dizaine de minutes, dans les stations ou à l’intérieur des tunnels.

À
l’audience, l’avocat de la RATP, Me Thibault Cayla avait estimé qu’un tel acte était «inadmissible» car il aurait pu entraîner un mouvement de panique chez les voyageurs et avoir de graves conséquences sur «la sécurité ferroviaire».

Les deux prévenus avaient quant à eux nié le vol du «rupteur», en dépit de photos montrant leur présence sur les voies quelques minutes avant les faits. Ils avaient affirmé avoir vu un troisième homme qui s’enfuyait.

Une version jugée «peu crédible» par la procureure, qui s’était dite «atterrée par autant de mauvaise foi».

Vendredi, l’une des avocates des deux salariés a de nouveau contesté les photos produites par la RATP car, a-t-elle dit, «on ne sait pas d’où elles proviennent».

«Ces preuves ne sont pas formelles. À aucun moment, on ne voit les deux agents faire ce qu’on leur reproche», a renchéri M. Nabet.

AFP, 7 mars 2008
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