Terre et environnement

Dimanche 15 novembre 2009
Lettre ouverte

René Riesel
Vallongue
48210 Mas Saint-Chély
à M. Stephan Pinède
Directeur départemental des services vétérinaires
Zone Artisanale du Gévaudan
48000 Mende
Vallongue, le 17 octobre 2009

Monsieur,

Après celui que vous m’aviez adressé le 18 août j’ai également reçu votre courrier recommandé, avec accusé de réception, du 30 septembre. Vous m’y mettez à nouveau «en demeure de faire mettre en oeuvre par [mon] vétérinaire sanitaire une vaccination valable de [mes] animaux éligibles contre les sérotypes 1 et 8 de la FCO dans un délai n’excédant pas 15 jours à compter de la réception de cette lettre». Vous m’y informez aussi qu’«en l’absence de l’attestation, par [mon] vétérinaire sanitaire d’une première injection de primo-vaccination ou d’un rappel sous ces quinze jours, de même (en cas de primovaccination) qu’en l’absence d’une seconde injection dans le délai prévu par le laboratoire fabricant du vaccin utilisé», vous serez «contraint de transmettre à Madame le procureur de la République un procès verbal de constatation du non respect des mesures collectives obligatoires de prophylaxie des maladies animales, contravention pénale de 4e classe».

J’ai pris bonne note de vos injonctions. Je n’en persiste pas moins à refuser de soumettre mon cheptel à la vaccination contre l’un et l’autre des dits sérotypes. Ceci valant également pour celles qui pourraient se voir imposées à l’avenir contre tel ou tel des vingt-deux autres sérotypes connus dont la manifestation sous nos latitudes est, comme on sait, des plus envisageables à plus ou moins brève échéance.

Je ne mentionnerai donc qu’à titre de curiosité un détail, forcément secondaire face à une si dangereuse maladie, indiscutablement vectorielle et non contagieuse, que votre précédent ministre de tutelle, désormais recasé dans l’industrie pharmaceutique, présentait sans rire comme la plus grande crise sanitaire depuis 50 ans : eussé-je été dans de plus dociles dispositions qu’il m’aurait de toute façon été impossible d’obtempérer à votre sommation dans le délai imparti. Mes brebis sont en lutte ou gravides et, s’il faut en croire le chapitre 2.1.9, consacré à la Blue Tongue, du Manuel des tests de diagnostic et des vaccins pour les ruminants terrestres de l’O.I.E.-Organisation mondiale de la santé animale, «attenuated virus vaccines are teratogenic and should not be administred to pregnant sheep during the first half of pregnancy as this may cause fetal death and abnormalities». De même, Newsom et Marsh (Les maladies du mouton, Vigot, Paris 1961, 2e édition américaine 1958) soulignaient déjà : «On a trouvé en Californie qu’il y avait un risque à vacciner les brebis gestantes. Schultz et De Lay (1955) signalent des pertes sérieuses chez les agneaux de brebis vaccinées alors qu’elles étaient pleines de 4 à 8 semaines. Beaucoup d’agneaux furent mort-nés ou présentèrent des symptômes de développement cérébral imparfait. Il est donc recommandé de vacciner les brebis reproductrices au moins trois semaines avant la lutte, ou bien après les trois premiers mois de gestation.»

Je vous laisse libre de juger qu’il ne s’agirait là, en toute hypothèse, que de dégâts collatéraux, qui ne pèseraient rien en regard des bénéfices dont votre courrier fait maladroitement la propagande. Une telle conviction paraît du reste partagée car il est notoire qu’on ne s’est pas privé de faire n’importe quoi dans cette comique blitzkrieg antivirale, vaccinant des bêtes gestantes aussi bien que des animaux infectés, avec les résultats qu’il fallait attendre. Ceux-ci sont constatables par n’importe quel éleveur mais, malheureusement, «la qualité des données recueillies n’a pas toujours permis d’évaluer correctement le rôle réel du vaccin dans la survenue de l’effet indésirable» et l’A.F.S.S.A. ne peut faire autrement qu’en conclure : «À ce jour, les données recueillies ne remettent pas en cause le principe de la vaccination.» (A.F.S.S.A., 31 mai 2009)

C’est précisément ce que votre courrier comporte de propagande, d’intimidations et de mensonges implicites ou explicites qui donne tout son sens, bien au-delà des considérations qu’on pourrait émettre sur ses bénéficiaires directs (cette industrie de la pharmacie dont vous me recommandez de suivre les prescriptions), à la manipulation dont vous êtes l’exécutant.

Vous demeurez, là encore, libre de hausser les épaules : à considérer la pandémie étatico-médiatique autour de la redoutable grippe qu’on endigue en se mouchant dans son coude et qu’on soigne au paracétamol, qui se soucierait qu’on traite les ruminants comme des hommes ? Ainsi qu’on peut en faire quotidiennement le constat à tout propos, les perspectives sont d’ailleurs excellentes pour les agents du Ministère de la Peur et il relève de la bonne gouvernance d’avoir su vérifier, sous couvert de santé animale (et, prochainement, de «traçabilité» quand le puçage des moutons deviendra obligatoire après qu’on l’ait fait adopter aux hommes librement, sans la moindre coercition) qu’il en coûte finalement fort peu désormais pour perfectionner l’administration des hommes.

Je vois de l’intimidation et un mensonge implicite dans votre affirmation selon laquelle mon cheptel n’étant «pas valablement vacciné» il constituerait, «à ce titre, un cheptel dans lequel la circulation de la maladie pourra survenir avec les conséquences sanitaires et économiques que l’on connaît». Les données «épidémiologiques» du même O.I.E. signalent : «Taux de mortalité normalement faible chez les ovins mais pouvant atteindre 10% lors de certaines épizooties. Maladie non contagieuse» et j’entends, ce qui ne regarde que moi, faire mon affaire de ce que vous appelez des «conséquences sanitaires et économiques» en accompagnant comme je le peux le développement d’immunités naturelles chez mes animaux.

Je refuse de les livrer aveuglément aux marchands de chimie et de me soumettre moi-même à cet exercice d’infantilisation ou plutôt de préparation aux futurs états d’urgence. Et si vous me comprenez mal, songez aux brasiers et aux dispositifs de la fièvre aphteuse ou, mieux encore, reportez-vous au Guide d’aide à la décision pour la gestion du milieu agricole en cas d’accident nucléaire que votre fonction vous interdit d’ignorer. Ce catalogue constamment mis à jour de monstruosités et d’inepties technocratiques est accessible, transparence oblige, sur le site Internet du ministère de l’agriculture mais on le verrait bien accompagner les liasses de formulaires «P.A.C.» adressées annuellement aux agriculteurs. Coproduit par l’Autorité de sûreté nucléaire (A.S.N.) et la Direction générale de l’alimentation (D.G.A.L.) avec le concours des Instituts techniques qui sont le fleuron de la «Profession», il est le résultat d’une initiative à l’origine de laquelle on trouve les fameuses Organisations professionnelles agricoles («O.P.A.»). À la lumière du genre de sollicitude qui s’y exprime à l’endroit du bétail animal et humain on comprend mieux à quoi pourrait servir la discipline déjà acquise dans de précédentes «situations de crise» : fièvre aphteuse, varron, F.C.O. où l’éradication n’a cessé d’être le maître mot de l’impuissance bureaucratique.

Mais, surtout, vous n’ignorez pas qu’un troupeau non vacciné ne présente aucun risque pour les cheptels avoisinants. Dans le cas contraire que ne faudrait-il pas redouter du réservoir sans fond que constitue la «biodiversité» de nos «territoires» ? La nature ne vous facilite pas les choses : pas de vaccination envisageable pour les ruminants sauvages ! Mais il n’y a là bien sûr rien qui remette si peu que ce soit en cause la vérité statistique du seuil de 80% d’animaux vaccinés que vous vous glorifierez immanquablement d’avoir atteint. À l’instar de la bureaucratie stalinienne exaltant régulièrement la pulvérisation des objectifs de ses plans quinquennaux ou, plus trivialement, du policier qui a fait son chiffre.

J’ajouterai trois remarques pour en finir avec cet aspect. La première est que les considérations alambiquées de l’O.I.E. à propos de la perspective inverse (culicoides transportant les virus atténués à partir d’animaux vaccinés) incitent au moins à une certaine perplexité. La seconde est qu’en vous targuant d’avoir gagné une bataille («aucun foyer n’est recensé en Lozère à ce jour pour l’année 2009 (pour mémoire : 111 foyers en 2008)»), sans préciser sur quel critère — réactions sérologiques ? manifestations cliniques ? — est opéré un décompte si flatteur qu’il fait songer à la propagande pour les radars routiers ou la vidéoprotection, vous négligez délibérément de faire la part de l’effet provisoire des vaccinations et de l’effet plus durable de l’acquisition par les animaux d’une immunité naturelle que l’A.F.S.S.A. elle-même ne conteste pas. La troisième remarque sera brève : on vaccine en Afrique du Sud depuis le début du XXe siècle.

Enfin, qui s’interdirait de voir que le mensonge, explicite cette fois, vole au secours de l’intimidation (mais vous êtes peut-être, sans le savoir, par habitude fonctionnelle en somme, convaincu de la vertu des prophéties autoréalisatrices) dans cette partie de votre courrier où votre traitement de texte écrit que mon cheptel non «valablement vacciné (…) constitue, à ce titre, une exception dans notre département» ? Le nombre de lettres semblables que vous avez dû faire sortir de l’imprimante et envoyer le jour même aux autres coupables d’insubordination de ce département dément absolument cette assertion. Il n’est du reste pas besoin de participer à quelque «collectif» que ce soit (quoique certains aient su produire un remarquable travail de désintoxication, je pense en particulier aux vétérinaires du G.I.E. Zone Verte) pour savoir que de telles «exceptions» persistent à se manifester ouvertement sur l’ensemble du territoire français.

Bien sûr, certains n’auront pas manqué de laisser la fermeté de leurs convictions s’éroder devant la menace, c’est ce sur quoi vous comptiez, mais de nombreux signes indiquent en même temps qu’après l’annonce par un ministre quelque peu bousculé d’une seconde campagne obligatoire (mais gratuite !) en 2010, et au vu des résultats de la première, il va vous falloir singulièrement hausser le ton contre de nouveaux récalcitrants pour continuer à faire régner l’ordre vaccinal.

Il ne me convient pas de vous y aider.

Je déclare ma solidarité pratique avec les autres opposants à cette campagne de vaccination forcée.

Je vous prie d’agréer, Monsieur, mes sincères salutations.

René Riesel
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Vendredi 6 novembre 2009

Film de Julien David et Gilles Guerraz, 2007
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Samedi 10 octobre 2009
Raffinerie Total de Gonfreville-l’Orcher (Seine-Maritime), 8 octobre 2009
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Mercredi 30 septembre 2009

Les raisons de notre opposition au projet du Center Parc
Nous refusons d’admettre qu’un bien commun, comme le bois des Avenières à Roybon, soit accaparé par et pour l’intérêt privé de la société Pierre et Vacances ;
Nous refusons d’admettre que ce projet d’intérêt privé soit financé par la collectivité qui ne bénéficiera d’aucun avantage ;
Nous condamnons le fait que Center Parcs devienne la vitrine des Chambarans ;
Nous défendons notre attachement à un lieu (un territoire) inexploité et sans valeur marchande ;
Nous dénonçons la propagande faite par la société Pierre et Vacances et par certains élus qui présentent la destruction de plus de 50 ha de forêt comme du développement durable ;
Nous dénonçons le développement durable comme moyen de propagande et comme nouvelle pierre angulaire de la société industrielle ;
Nous vous invitons à dénoncer ce projet et à donner vos raisons en les affichant.
Quelques opposants à Center Parc
Affiche collée en juin 2009.

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Dimanche 27 septembre 2009
Anti-G20 - Londres, avril 2009
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Jeudi 24 septembre 2009
Alors que la centrale nucléaire de Fessenheim (68) sera mise à l’arrêt en octobre en vue de sa troisième inspection générale et décennale, l’ensemble des organisations anti-nucléaires appelle à une manifestation nationale le samedi 3 octobre à Colmar (20 km des réacteurs) pour réclamer sa fermeture. Mais le lobby nucléaire et l’État s’opposent à la fermeture de la plus vieille centrale du pays (inaugurée en mars 77). Par crainte d’inaugurer un processus de fermeture des vieux réacteurs ? Au contraire, les nucléocrates veulent prolonger la durée de vie de l’ensemble du parc nucléaire tout en se lançant dans la construction de nouveaux réacteurs — EPR, ou encore ITER qui servira à apprivoiser le soleil grâce à la fusion entre deux formes d’hydrogène. «Fessenheim» produit aujourd’hui moins de 2,5% d’électricité de l’Hexagone.

En imposant au peuple le tout nucléaire, l’État français et EDF entendent garder le leadership de la production d’électricité sur le marché international, puisque le producteur est le principal fournisseur européen d’électricité, pendant qu’Areva poursuit sa quête : construire et construire encore des réacteurs de par le monde.

TOUS ET TOUTES À COLMAR CONTRE LA NUCLÉOCRATIE
ET POUR LA FERMETURE DÉFINITIVE DE FESSENHEIM !

Le nucléaire, civil et militaire : ça va de pair

Rappelons que l’utilisation à un mode industriel des matières radioactives est inéluctablement criminelle. De l’extraction de l’uranium à son retraitement, la chaîne de transformation et d’utilisation du minerai engage de graves conséquences… Des travailleurs des mines d’extraction supportant des conditions de travail dignes des colonies (comme au Niger), aux salariés sous-traitants qui assurent la maintenance des centrales, à ceux s’occupant des déchets et du retraitement et sans omettre la production d’armement, tous et toutes amplifient considérablement les risques pour leur santé et leur environnement. Quant à la pollution radioactive, elle fait bien plus de méfaits que l’histoire nous l’indique officiellement (Hiroshima, Tchernobyl) : les très nombreux accidents «limités» dans presque toutes les centrales ; les marines militaires des pays possédant des engins à propulsion nucléaire (combustion et fuites) ; les essais militaires (discrets) ; l’environnement des mines d’extraction, les déchets jetés discrètement au hasard… Etc. En quelques décennies à peine, le nucléaire a montré de quoi il était capable…

Par essence les politiques nucléaires sont incompatibles avec une société fédéraliste comme avec la lutte pour arriver à celle-ci

Par sa dangerosité et la centralisation qu’il nécessite, par la culture de sûreté qu’il crée, commercialise et généralise, par les modes de subordination qu’il implique, le nucléaire, loin d’être un simple choix technologique, est partie intégrante des dispositifs de contrôle global de la planète. Le nucléaire civil a toujours le vent en poupe chez les gestionnaires du capitalisme, le développement des énergies renouvelables reste après tout largement en dessous des potentialités. Dans le domaine militaire, on assiste au développement d’armes miniaturisées, utilisées contre des populations aux quatre coins du monde, dans le cadre de «guerres préventives» et d’«opérations de police mondiale», mais la possession de bombes classiques reste d’actualité.

Aux causes de désastres propres à toutes les formes d’industrialisation, l’industrie nucléaire ajoute la radioactivité artificielle qui s’étend dans le temps. Aussi, loin de nier comme autrefois les dangers, les nucléocrates comptent désormais préparer les populations à apprendre à survivre en milieu contaminé. Le risque nucléaire étant la chose la plus partagée, il doit maintenant être le mieux accepté : «Tout irradié potentiel doit donc devenir le complice de sa propre irradiation et de celle des autres, encadré par les uniformes kakis et les blouses blanches avec, pour seul horizon, les rangées de cercueils de plomb, pour que le monde tel qu’il est continue à fonctionner, dans lequel le citoyen culpabilisé devient acteur de sa soumission.»

À ceux qui prétendent inscrire l’uranium comme énergie renouvelable, nous affirmons que le nucléaire est une énergie sale !

L'électricité, quelle que soit son origine, ne peut pas remplacer le pétrole…

En restant sur le terrain des alternatives sans remettre en cause la boulimie énergétique actuelle, les écologistes d’État jouent le rôle de tartuffes et d’administrateurs de nos vies irradiées, toujours à la place que l’État leur assigne. Tout regroupement antinucléaire conséquent devrait avoir en mémoire la défaite du mouvement à la fin des années 70 et au début des années 80 due à la stratégie électorale prédominante, à une critique insuffisante et marginale de la société de consommation.

L’exigence d’arrêt immédiat du nucléaire ne relève pas pour la CNT de la surenchère. Elle implique la rupture avec les logiques capitalistes et étatiques. Cette perspective autonome est difficile et incertaine et sa réalisation ne dépend pas que de nous. Mais nous avons la volonté d’y contribuer, pour vivre libres, debout, et non à genoux avec des épées de Damoclès au-dessus de nos têtes.

Retrouvons-nous toutes et tous les 3 et 4 octobre 2009 à Colmar
pour exiger que la centrale de Fessenheim ne redémarre jamais.
Rendez-vous à 14 heures place Rapp.

Prévoyant 25.000 manifestant-es, les autorités dévoilent une nouvelle mise en scène alarmiste et liberticide
Préfecture du Haut-Rhin, mairie de Colmar et commissariat central, s’inquiètent de ce que «… 25.000 manifestants pacifiques bloqueront tout le centre ville (touristique), alors que des casseurs non anti-nucléaires, venant notamment d’outre Rhin, voudront en profiter…» Aussi le rendez-vous place Rapp est interdit, les anti-nucléaires sont sommés de se regrouper sur un stade SNCF, un «trou à rat» qui rappelle étrangement le Strasbourg anti-Otan et d’emprunter un nouveau parcours, imposé ! Une grande mise en scène est organisée ces derniers jours sur les précautions contre ceux qui se rassembleront le 3 octobre comme s’ils étaient incontrôlables, et sur l’entraînement des policiers sur le thème des imaginaires violences urbaines qui accompagneraient la manifestation.
Rappelons aux écologistes que la violence n’intéresse pas qu’EDF et les nucléocrates, mais également l’ensemble des pourfendeurs du mouvement social dans son ensemble et donc quel que soient les raisons de contester publiquement. À quand l’interdiction de manifester ?
Le rendez-vous reste maintenu place Rapp,
14 heures, au sein du cortège libertaire.

CNT 68, 22 septembre 2009.
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Samedi 25 avril 2009
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Mardi 31 mars 2009

Les éleveurs de vaches, de brebis ou de chèvres et les apiculteurs réunis dans des collectifs, hors des structures syndicales, viennent publiquement de réaffirmer, lors de la journée d’action nationale du 26 mars, leur refus catégorique de la vaccination obligatoire et de la désinsectisation, pour lutter contre la fièvre catarrhale ovine.

Contrairement à ce que les administrations de l’État français et de l
Union européenne veulent faire croire, ce nest pas la fièvre catarrhale ovine (FCO), le problème des éleveurs, mais ces administrations elles-mêmes.

Car même si cette nouvelle pathologie a créé ici ou là des dégâts dans certains élevages, c
est bien la collusion dune logique vétérinaire pasteurienne (toujours prête à éradiquer) et dune logique industrielle (toujours prête à développer des marchés juteux) qui les met encore une fois en difficulté.

Dans cette affaire de vaccination obligatoire, il faut, pour être exhaustif, rajouter à la liste des handicaps pour les éleveurs, les syndicats agricoles.

Ils se sont tous prononcés pour une prophylaxie obligatoire, chacun bien sûr avec des motifs idéologiques différents, mais avec toujours le souci commun de maintenir les paysans sous tutelle, la leur et celle de l
’État.

On peut même affirmer que l
insistance des syndicats pour une prophylaxie obligatoire est pour beaucoup dans les mesures prises par les instances nationales et européennes pour lutter contre la FCO.

Heureusement les éleveurs, confrontés, eux, à la réalité de la FCO, de la vaccination et de la désinsectisation obligatoires et à leurs conséquences respectives, ont dit non.

Ce refus a eu pour première conséquence de contraindre certains de ces syndicats, comme la Confédération paysanne — ses militants étant largement impliqués dans les collectifs — à un changement de cap spectaculaire, puisque celle-ci demande aujourd'hui l
arrêt de toute obligation prophylactique et déclare soutenir les collectifs. Tant mieux.

La deuxième conséquence, nous l
espérons, pourrait être la fin de lobligation vaccinale et de la désinsectisation pour la campagne 2009-2010.

Préconisant l
action syndicale directe, sans intermédiaire bureaucratique, notre Fédération salue linitiative des collectifs.

Au nom de ces mêmes convictions, nous mettons en garde ces collectifs, aujourd
hui regroupés dans la Coordination nationale des collectifs contre l’obligation de vacciner, contre toute mise sous tutelle syndicale. Toutes les craintes sont permises, la Confédération paysanne et la FNAB se déclarant dans leurs derniers communiqués parties prenantes de cette coordination «en tant que relais national» (?).

Notre Fédération comme il y a plusieurs semaines (communiqué du 12/2/09) appelle tous les éleveurs à rejoindre ces collectifs.

Elle rappelle également, qu
au-delà de cette mobilisation exemplaire (à ce jour plus de 60 collectifs regroupant près de 2000 éleveurs), contre la prophylaxie obligatoire anti-FCO, il faut remettre en cause les logiques industrielles et normatives qui détruisent nos métiers de bergers, de vachers, de chevriers.  Dès aujourdhui reparlons du marquage électronique de nos bêtes que lon veut nous imposer dès 2010.

Cette nouvelle contrainte inepte, nous est aussi «vendue» au nom de la protection de la santé publique, qui dépendrait soit-disant de la «traçabilité», concept industriel s
il en est.

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Vendredi 27 mars 2009
Bonjour,

Donnant suite à votre intérêt pour la réaction des habitants du Jura face au déploiement du Wimax, voici des nouveautés qui ne manqueront pas de vous surprendre et dont je souhaite vous faire part, au nom de notre collectif de citoyens.

Comme vous le savez, le Wimax, réseau d’antennes relais pour l
’Internet, nest pas vraiment bien vu par tous les habitants du Jura. Il faut savoir que contrairement à ce quon imagine, dans la plupart des petits villages du Jura, lADSL couvre déjà 75 à 95% des foyers et pour les foyers restants, loffre satellitaire d’Orange à 30€ par mois marche vraiment très bien. Par exemple à Aiglepierre, lieu dune des 43 antennes implantées, 85% des habitants ont déjà le haut débit avec lADSL.

Nous nous demandions alors : Pourquoi alors investir autant dans un gadget dont personne ne voit vraiment l
utilité mais qui met en danger la santé de tous ?

Voilà ce que nous avons découvert :

Le réseau Wimax a été décidé sous la présidence du Conseil général de G. Bailly, qui s
est beaucoup impliqué dans le dossier. Sous la présidence de G. Bailly, le Conseil général a versé une subvention de 15,2M€, à Connectic 39, fillilale dAPRR (Autoroutes Paris Rhin Rhône, filliale elle-même dEiffage) qui a construit et qui exploitera avec Altitude le réseau Wimax.

Ces 15,2M€ garantissent une rentabilité après impôts de 11% par an pendant 20 ans aux actionnaires du consortium, qui n
ayant investi que 2M€ repartiront avec 12,6M€ de bénéfices. Comparez avec votre compte épargne, ou votre livret A, et cherchez lerreur !

Mais il y a plus…

G. Bailly qui a été l
un des moteurs de ce projet au niveau départemental est aussi … actionnaire et administrateur de lAPRR qui tous les ans lui verse des divendes et des jetons de présence.

On dit que la santé n
a pas de prix, je nen suis plus si sûre !…

Vous trouverez tous les éléments matériels relatifs à ces faits sur notre blog et en particulier sur cet article.

Notre collectif organise également une réunion d
information le mardi 7 avril à 20h30 au Château Pécauld dArbois avec une scientifique spécialiste de limpact des ondes sur le vivant.

Antennes-relais : Quels risques pour la santé ?
L’impact des ondes sur l’homme et l’animal
Conférence-débat avec le Dr Françoise Heitz (Drôme)

Vous serait-il possible d
annoncer la conférence dans votre journal ou à vos proches ?

Sincères remerciements et bonne journée !

Brigitte, collectif «Entre citoyens»
Téléphone : 03 84 73 89 50
Courriel du 26 mars 2009.
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Lundi 23 mars 2009

Bonjour,
Voici deux articles assez détonnants sur le Wimax dans le Jura.
Dans le premier article on apprend que le président du Conseil général qui a fait voter le réseau Wimax et a offert 12M€ aux APRR (Autoroutes Paris-Rhin-Rhône, une des filliales d’Eiffage) est aussi … administrateur et actionnaire de cette même société.
Dans le deuxième article, on apprend que les actionnaires des APRR peuvent compter sur une rentabilité annuelle de 11% grace à cette même subvention. Comparez avec votre compte épargne ou livret et cherchez l’erreur…
Politique, argent et santé publique ne font visiblement pas bon ménage.
Bien à vous,
Jean-Baptiste, collectif Entre Citoyens
Courriel du 22 mars 2009.
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Mardi 24 février 2009
Communiqué

Face à la nouvelle pathologie qui touche les troupeaux de bovins, d’ovins et de caprins, dite fièvre catarrhale ovine (FCO), lUE et l’État français veulent imposer aux éleveurs la vaccination et la désinsectisation de leurs troupeaux.

Cette maladie virale, venue d
Afrique du Sud, transmise par un moucheron, est non contagieuse, non transmissible à lhomme, et relativement peu pathogène pour les troupeaux en bonne santé.

Face à cette nouvelle maladie, installée durablement chez nous à cause des modifications climatiques, seule une immunisation naturelle des troupeaux est à rechercher.

Un élevage respectueux des équilibres biologiques et un accompagnement, en cas de problèmes graves, par des méthodes alternatives, permettent d
y arriver sans trop, voire aucune mortalité.

La vaccination, au-delà des problèmes directs qu
elle provoque pour les animaux vaccinés (perte de production, mortalité, avortement…), empêche la sélection, par les éleveurs, de souches naturellement résistantes.

C
est pourtant ce savoir-faire ancestral de sélection qui a permis lélevage depuis le Néolithique.

Mais, une fois de plus, contre toute réalité, des méthodes non respectueuses des équilibres biologiques, sont imposées aux éleveurs, par l
industrie, pour son plus grand profit, via les institutions européennes, les États et leurs services vétérinaires.

De l
éradication du varron (parasite cutané des bovins), à la FCO, en passant par le marquage électronique (obligatoire à partir du 31 décembre 2009), les mesures se succédent, réduisant les éleveurs à de simples exécutants, tout choix leur étant refusé.

L
industrialisation de lagriculture a démontré sa nocivité, les conséquences sur lenvironnement et notre santé ne sont plus à démontrer. Il est temps de porter un coup darrêt à cette fuite en avant, en refusant ces mesures inutiles et dangeureuses.

Aujourdhui des collectifs déleveurs se constituent un peu partout en France pour organiser ce refus et faire bloc face aux menaces que ladministration ne manque pas dadresser à ceux qui refusent vaccination et désinsectisation.
Notre fédération appelle les éleveurs à rejoindre ces collectifs et à lutter pour le respect de leurs choix déleveurs conscients et responsables. Seule une lutte collective et solidaire peut permettre à chaque éleveur de faire respecter ses choix et empêcher la répression administrative.

Fédération CNT des travailleurs
de la terre de l’environnement, 15 février 2009.
POUR CONTACTER LA CNT DANS LE JURA

Pour en savoir plus sur la FCO voir le site du GIE Zone Verte.
Collectif 43 pour le libre choix prophylactique de la FCO



Débat autour du vaccin contre la fièvre catarrhale

Ces éléveurs d’ovins jugent «inutile» et même «risquée» cette mesure, privilégiant la phytothérapie pour que les animaux augmentent leurs défenses naturelles.

Depuis le 4 novembre en France, les éleveurs ovins ont l’obligation de vacciner leurs bêtes contre la FCO (Fièvre catarrhale ovine). Des agriculteurs du département, assurant que «l’élimination du virus de la FCO est impossible», ont créé le Collectif 43.

«Nous sommes contre la vaccination obligatoire. Nous voulons que la liberté de choix des éleveurs soit respectée», martèlent Jean-Louis Cottier et Xavier Vigouroux. Un message bien entendu par une trentaine d’éleveurs présents lors d’une réunion publique, la semaine dernière à l’Immeuble interconsulaire, au Puy-en-Velay. Des éleveurs d’autant plus en colère que cette vaccination entre en pratique à partir du 30 avril… alors qu’elle ne sera plus obligatoire en 2010 !

«Le collectif 43 est un outil pour se faire entendre face à l’administration, cela pour ne pas être pénalisé en fonction de notre positionnement, explique Jean-Louis Cottier. Ces pénalités peuvent aller de la suppression des primes à l’interdiction de commercialiser des animaux.» Toujours selon notre interlocuteur, «la vaccination est inutile pour une maladie non contagieuse, non transmissible à l’homme et peu pathogène pour les sérotypes 8 et 1 actuels et susceptible d’immunité naturelle. Nous choisissons l’immunité naturelle de nos troupeaux. Chacun prend sa responsabilité. C’est l’obligation de vacciner que nous n’acceptons pas.» Au-delà du refus de l’obligation, une orientation est proposée : «Nous devons choisir les moyens et la méthode à mettre en place dans nos élevages. La phytothérapie (traitement de certaines affections par les plantes), permet d’avoir des bêtes en bonne santé, donc plus aptes à la défense naturelle.» Ces méthodes alternatives ont des adeptes qui, officiellement, sont regroupés sous le nom de «GIE zone verte». Il s’agit d’un Groupement d’intérêt économique, des vétérinaires ayant signé le protocole «Zone verte» allant dans le sens du collectif 43.

Boris Matussière

Repères

Les témoignages des éleveurs dépassent le sujet de l’inutilité du vaccin pour évoquer ses risques.

«Il y a de moins en moins d’agneaux sur le marché. Je crois qu’il existe un lien entre le vaccin et la stérilité des béliers», commente l’un. Un autre ajoute : «Je connais de graves soucis suite à la vaccination. Les cas de mort-nés ou d’avortement vers les six mois sont de plus en plus fréquents.»

Dans les quinze jours à venir, une délégation de six éleveurs du Collectif 43 prendra rendez-vous avec les groupements de défense sanitaire et de vétérinaires afin de défendre le choix de la prophylaxie sur la FCO.


«La gestion de cette crise par l’État est calamiteuse»

Stéphane Montigny, membre du Collectif 43, est éleveur de cent huit brebis à Langeac. Il pratique l’élevage plein-air intégral.

Son témoignage apporte un éclairage économique significatif : «Les vaccins sont pris en charge par l’Europe et nous, nous devons payer les prestations du vétérinaire», explique-t-il. «Il y a un vaccin par sérotype, donc il faut deux piqûres par bête. Le vaccin est valable 6 à 8 mois. Les subventions européennes vont bientôt être stoppées et, au même moment, la vaccination ne sera plus obligatoire», s’étonne Stéphane Montigny. Tout en s’interrogeant : «L’obligation est-elle d’ordre sanitaire ou économique ? »

L’éleveur opte pour l’immunité naturelle, un choix pris dans d’autres pays : «En Grèce, l’obligation de la vaccination a pris fin en raison de son inutilité. En Afrique, les bêtes atteintes par la FCO ont depuis longtemps développé une immunité naturelle. Chez nous, la maladie est installée et d’autres sérotypes sont à venir. Le vaccin est inutile, et non sans effet indésirable.»

Il se fait même plus critique : «La gestion de cette crise par l’État se fait de façon calamiteuse : il y a moins de vaccins que de bêtes. C’est une question de responsabilité personnelle et d’une plus grande connaissance du milieu.»


FCO ou «maladie de la langue bleue»

La FCO (Fièvre catarrhale ovine) est aussi appelée «maladie de la langue bleue». Elle est virale, transmise par des insectes vecteurs du type culicoides (moucherons).

Il existe vingt-quatre sérotypes viraux différents répertoriés au monde.

Les espèces sensibles à la fièvre catarrhale ovine sont les ruminants domestiques. Il s’agit notamment des ovins, bovins, caprins mais aussi les animaux sauvages.

Elle n’affecte pas l’homme et donc elle n’inspire aucune inquiétude ni pour la population, ni pour le consommateur.

Jusqu’en 1998 elle était exotique. Puis, plusieurs sérotypes sont apparus dans le sud de l’Europe (1, 2, 4 et 16). Le sérotype 8 est arrivé en 2006 dans le nord de l’Europe et s’est répandu largement sur le territoire communautaire à partir de 2007.

Une soixantaine de départements français, dont la Haute-Loire, sont concernés par les sérotypes 1 et 8.

Le Progrès (édition de Haute-Loire), 18 février 2009.
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Dimanche 15 février 2009

Au Sénat, un amendement a été adopté pour permettre de faciliter les autorisations de préparations naturelles comme le purin d’ortie. Mais les «bios» restent très sceptiques.

L’affaire avait fait du bruit. Il y a trois ans à Bellegarde (Ain) Éric Petiot, spécialiste de l’horticulture bio, avait été contrôlé sans ménagement par les fraudes puis entendu et poursuivi pour avoir vendu et fait la promotion, lors de stages, du purin d’ortie. La semaine dernière au Sénat, sur proposition d’élus Verts et PRG, était proposé un amendement pour faciliter les procédures d’autorisation des «préparations naturelles peu préoccupantes» comme le purin d’ortie. La secrétaire d’État émettait dans la foulée un avis favorable pour que le sujet rentre dans le projet de loi du Grenelle de l’environnement.

L’affaire du purin semblait classée au rayon des dossiers ubuesques. Pourtant, l’annonce est loin de satisfaire ceux qui s’étaient rassemblés par milliers pour soutenir l’horticulteur de Bellegarde et l’utilisation du bio en général. «On a obtenu gain de cause sur un point, mais on n’est pas encore à l’abri d’une mauvaise surprise. Le décret n’est pas encore pris», explique Bernard Bertrand le porte-parole des «pro-purin». «En fait, le gouvernement ne prend pas au sérieux le bio en général. Il n’est pas pressé de valoriser les préparations naturelles. Les lobbies sont derrière cela.»

Depuis le déferlement médiatique qui a entouré l’affaire Petiot, les contrôleurs de la DGCCRF l’ont laissé tranquille. Si la préparation n’est toujours pas légale, les poursuites ont été oubliées. L’administration ferme les yeux. Mais cela ne satisfait pas l’intéressé. «Je reste très pessimiste, je parlerai même d’une franche reculade : les botanistes n’ont jamais été autant contrôlés par les fraudes. Toutes les préparations qui marchent bien ne seront jamais utilisées. Il ne faudrait pas se focaliser sur ce purin d’ortie. On a réduit les aides aux formations sur les traitements par le bio à 50%, celles en conventionnelles le sont à 100%.» Toujours militant, Éric Petiot a bien du mal à concéder que le purin d’ortie et sa possible réintégration dans la légalité sont une avancée. «Je ne suis pas pessimiste, ce n’est pas mon genre, je suis réaliste. Le gouvernement a instauré la réunionite, il a une capacité énorme à “acter”. On l’a vu avec le Grenelle. Mais après, il faut passer aux actes. Jusqu’alors, pour nous, il n’y a eu aucune promesse tenue…» Et le «professeur» de vouloir prendre l’affaire de son purin avec un peu d’humour. «Ce qui est assez cocasse, c’est que depuis l’interdiction de la préparation, on n’a jamais autant accueilli de gens envoyés par les chambres d’Agriculture. On s’est même demandé, si ce n’était pas pour mieux nous cadrer ou nous surveiller… Il y a trop d’argent en jeu.»

Presse bourgeoise : Olivier Leroy
Le Progrès (édition de l’Ain), 15 février 2009.



Actions sur le front de l’ortie :
Avec le purin d’ortie le combat continue (Le Progrès, 15 février 2009)
Putain d’ortie, purin d’idées (Lons-le-Saunier, 12 décembre 2006)
Qui sème la censure récolte l’écriture (Oyonnax, 13 octobre 2006)
Appel lyonnais
Appel national
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Lundi 9 février 2009
Rencontre avec des militants
de la coopérative «le Cabas noir» de saintÉtienne


Quelles ont été les raisons de la création de cette coopérative ?

L’idée de la coopérative est née au sein d’un petit groupe de gens de la CNT Loire habitant tous à la campagne, parce qu’en étant à la campagne, nous avons accès à de bons produits pas chers (sur les marchés). Alors qu’en ville, les bons produits sont plutôt diffusés dans des réseaux destinés à des «bobos» et sont peu accessibles à des gens ayant des revenus modestes.

La rencontre avec les gens de Coopéquita, lors du congrès de la FTTE en Lozère, nous a permis d’entrevoir comment on pouvait faire, concrètement, pour mettre en œuvre ce projet. Nous nous sommes inspirés des statuts de Coopéquita, mais avec une différence fondamentale : à saintÉtienne, nous n’avions aucun producteur adhérent à la CNT.

À quelles conditions doit répondre un producteur pour travailler avec la coopérative ?

Un producteur doit d’abord être conforme aux statuts. Il ne doit exploiter personne, en n’ayant recours qu’exceptionnellement au travail salarié (saisonniers) ; les producteurs sont des indépendants, des exploitations familiales ou des coopératives. Par ailleurs, ils doivent proposer des produits de qualité (pas d’OGM, pas d’utilisation systématique de produits chimiques, alimentation saine des animaux, respect de l’environnement…). Nous ne demandons pas de label (Bio ou autre) et nous nous assurons par nous-mêmes du respect de ces contraintes par le producteur. Nous cherchons des producteurs avec qui nous pouvons établir des relations de confiance et leurs exploitations sont ouvertes à tous les adhérents qui souhaitent les visiter pour voir comment ils travaillent.

La décision d’accueillir un nouveau producteur se fait en AG, avec tous les adhérents et, notamment, les autres producteurs. Les discussions peuvent être assez longues, car il y a plein d’autres éléments à prendre en compte, en plus de ces contraintes statutaires. Tout d’abord, la question de la proximité et de l’acheminement : nous ne tenons pas à ce que la venue d’un nouveau producteur augmente le nombre de véhicules sur les routes ! Nous parlons également du prix des produits.

Signalons que, même si nous tenons avant tout à privilégier avant tout les circuits courts, nous pouvons aussi dans certains cas, soutenir des producteurs plus éloignés, comme les coopératives zapatistes du Chiapas. Et de toute façon, nous n’avons pas trouvé de producteurs de café dans la région stéphanoise !

Pouvez-vous nous décrire le mode de fonctionnement de la coopérative ?

Nous avons une AG par trimestre environ. C’est là que se prennent toutes les décisions importantes (orientations) avec l’ensemble des adhérents. Chaque «visiteur» du Cabas noir devient automatiquement adhérent. L’adhésion est à prix libre. La coopérative est ouverte tous les jeudis de 16 à 20 heures, sauf veille de marché : nous organisons un marché paysan, avec la présence des producteurs, le quatrième vendredi de chaque mois. Lors des permanences, la vente est assurée par des adhérents «non-producteurs», parce que nous ne souhaitons pas donner une surcharge de travail aux producteurs, et toujours dans un souci de limitation du trafic routier !

Nous tenons également à dire que nous ne faisons aucune marge sur les produits : ils sont mis à disposition au prix du producteur. Les frais de fonctionnement sont couverts par la caisse prix libre : nous proposons, lors des permanences et des marchés, des boissons et des choses à grignoter. Il faut également signaler que le Cabas noir n’a pas comme unique but la diffusion des produits, mais il se veut également un lieu convivial et un lieu d’échange militant où chacun peut venir discuter autour d’un café, échanger des informations, déposer des tracts, etc. Nous avons aussi un présentoir pour des revues (et parmi elles le Combat syndicaliste !) et un infokiosque.

Pour finir, nous tenons à dire que nous sommes très contents, car, si les visiteurs du Cabas noir étaient, au début surtout, des adhérents CNT ou des copains, nous avons maintenant de plus en plus de gens du quartier qui viennent.

Quel est votre point de vue sur les multinationales de la chimie (Monsanto) qui, grâce aux OGM et pesticides, font main basse sur l’alimentation humaine (contrat d’exclusivité, semence, brevet) ?

Devine !

Quelles sont les activités prévues dans les mois à venir ? Avez-vous de nouveaux projets ?

Nous allons mettre en place des animations lors des permanences qui sont actuellement un peu tristounettes. Nous avons notamment été contactés par un collectif d’étudiants de l’université de saintÉtienne, qui cherchait un lieu pour organiser des discussions autour de thèmes variés, une sorte de café philosophique, mais qui ne s’appellerait pas comme ça, pour essayer de toucher un public le plus large possible. Ceci devrait se mettre en place à partir du mois de janvier 2009. Nous avons également évoqué l’idée de faire des projections, suivies de débats.

Propos recueillis par Didier - éduc 69
Le Combat syndicaliste, janvier 2009
Mensuel de la CNT.



Le Cabas noir :
À l’image des anciennes coopératives ouvrières


Le Cabas noir organisait samedi son assemblée générale suivie d’une soirée festive de clôture. Rencontre avec son président, Jean-Pierre Dubuquet, qui revendique plutôt le titre d’animateur.

Comment est née cette association ?

Nous avons commencé en septembre 2007. Les syndicats de la Confédération nationale du travail lancent régulièrement des initiatives comme le Salon de l’autre livre ou l’idée de cette coopérative. Nous avions rencontré des petits paysans de Bordeaux qui s’étaient déjà organisés. Cela nous a donné envie d’essayer. L’association existe aujourd’hui de manière autonome.

Quel en est le concept ?

Nous fonctionnons sur le modèle des coopératives ouvrières du XIXe siècle. Nous avons la volonté de montrer que les gens peuvent s’organiser d’une manière égalitaire en gardant une autonomie financière. Nous refusons toute idée de subvention. C’est un soutien aux gens qui font une authentique agriculture de paysans, les petits producteurs locaux. On veut éviter les grands trajets et les intermédiaires. Ainsi, l’environnement est préservé, le travail reçoit une juste rémunération et le consommateur trouve des produits de qualité à des prix tout à fait corrects. C’est aussi un lieu d’échange où les gens partagent les infos, les idées. Nous tenons à démontrer que l’on peut passer des idées à leur réalisation.

L’histoire stéphanoise est-elle un élément important ?

L’histoire est importante. Savoir et faire savoir d’où on vient et ce que l’on doit à nos anciens. Les premières caisses de chômage ou les mutuelles ont été constituées uniquement avec les cotisations des ouvriers. Saint-Étienne a un très fort passé ouvrier militant. Cela disparaît mais ça réapparaît.

Comment vous organisez-vous ?

Une permanence a lieu chaque jeudi de 16 heures à 20 heures, sauf veille du marché qui se tient le quatrième vendredi du mois. On trouve à la permanence les produits non périssables, et au marché, les produits frais. Les producteurs et les consommateurs sont tous adhérents à l’association. La cotisation est libre. Il y a des gens du quartier qui viennent, c’est aussi ce que nous recherchions.

Combien comptez-vous d’adhérents ?

Il y a plus de deux cents adhérents dont une dizaine de producteurs qui proposent fruits, légumes, vin, charcuterie, viande, sirops, herbes, fromage, miel…

Parlez-nous de la soirée de samedi soir.

Nous achetons des produits du commerce solidaire. Nous souhaitons pouvoir les payer à la commande, ne plus en attendre la vente. Nous souhaitons réunir la trésorerie nécessaire. C’est le dernier marché avant la rentrée. Ce sera festif avec de la musique, un buffet et une buvette en participation libre.


Deux regards de producteurs du Cabas Noir

Deux producteurs du Cabas noir nous livrent leurs impressions sur le concept du Cabas noir.

Bernard Crozier produit les fromages de ses chèvres, brebis et vaches. Il a repris l’exploitation paternelle depuis 31 ans : «L’association me permet de renouer avec le milieu militant. Il y existe une éthique : le respect de la nature, le respect des autres. J’essaie de garder des prix abordables. Mes cinq enfants ont tous fait des études universitaires. Je ne manque de rien. J’adapte mon style de vie, je n’achète pas nécessairement du neuf. Le Cabas noir a apporté le plus qui me rend heureux.»

Jean-Louis Barrière est apiculteur depuis 1993 à Saint-Étienne et se définit comme un paysan citadin : «Après plusieus petits boulots et des voyages, j’ai essayé de me réinsérer. A quarante ans, c’était difficile. Si on n’est pas pile dans le système, ça ne marche pas. Je me suis donc installé comme apiculteur. L’avantage, c’est que je me sens libre. Mais c’est un métier très aléatoire avec les intempéries, la mortalité des abeilles. On peut juste en survivre. Ma femme a été obligée de travailler. Je ne peux pas offrir de loisirs à mes enfants. Nos trois enfants marchent bien, c’est notre grande fierté. Mais, je ne suis jamais à la maison. Ça, c’est dur ! Quoi faire d’autre ? Il faut rester philosophe !»

Le Progrès (édition de la Loire), 13 juillet 2008.
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Mardi 6 janvier 2009

L’arrivée de la fibre optique à partir de février, si elle ouvre la voie au très haut débit dans le Jura, repose aussi le problème des risques pour la santé, surtout avec l’installation provisoire du wimax.

Fin janvier ou au plus tard début février, la fibre optique arrivera presque partout dans le département. Autrement dit le Jura aura posé la colonne vertébrale d’un système qui, à moyen terme, devrait permettre à tout le monde d’accéder au très haut débit. Comme le souligne Jean-Claude Servillat, élu en charge du dossier au Conseil général : «On pourra avoir du haut-débit, mais il faudra l’amener partout et passer très vite au très haut débit. En 2009, notre travail va consister à répondre aux besoins. On envisage des liens avec l’Ain et la Suisse pour permettre aux habitants d’avoir un accès et une vision du monde comme l’ont les habitants des grandes métropoles.»

Voilà pour la finalité. Reste les modalités pratiques, et là, des distorsions apparaissent car si la plus grande partie du territoire sera couverte, il subsistera des zones blanches qui vont nécessiter l’implantation de nouveaux émetteurs. Or à Aiglepierre, par exemple, la population s’y oppose en invoquant le principe de précaution par rapport aux risques éventuels sur la santé.

Le Conseil général va devoir tenir compte de ce risque d’opposition qui s’est déjà manifesté cet été en Saône-et-Loire par la voix d’un collectif (lire ci-dessous), mais pour Jean-Claude Servillat, c’est la loi qui compte : «Nous avons mandaté un concessionnaire, ce professionnel applique les textes en vigueur qui imposent des normes de puissance et de propagation. On travaille donc dans un contexte d’autorisation d’État, on est dans la légalité et notre matériel agréé. Sur les pylônes existants, il y a déjà toutes sortes de choses et on a fait des études, on est de 100 à 200 fois en dessous des puissances autorisées. Quand il faut installer un pylône, on fait attention d’être assez loin des habitations. Le wimax — qui est une solution intermédiaire — sera utilisé pour atteindre les gens qu’on ne peut pas toucher autrement, mais les ondes reçues ne sont pas plus importantes que celles émises par des antennes paraboliques, il n’y a pas de critiques réelles du wimax.»

Le Conseil général veut bien entendre les doléances, mais sa stratégie est définitivement adoptée, d’autant que les cas de refus d’implantation d’émetteurs par les élus sont rares. Quant aux personnes électro-hypersensibles (les HES) qui ne supportent pas les ondes, il n’y aura — semble-t-il — pas grand-chose à faire pour elles : «C’est une maladie qu’on ne connaît pas bien, certaines personnes peuvent être plus sensibles aux ondes que d’autres, on ne sait pas pourquoi. J’admets que ces gens puissent être malheureux, qu’ils puissent ressentir des troubles, mais il n’y a pas de preuves scientifiques que c’est consécutif à une sensibilité aux ondes radio et ça n’a jamais provoqué de cancers. Il y a une différence entre la réalité et le ressenti des gens !»

Armand Spicher


En Saône-et-Loire, des opposants demandent des «zones blanches»

Cet été, le collectif des HES de Saône-et-Loire a adressé un courrier au président du Conseil général, Arnaud Montebourg, et à plusieurs présidents de communautés de communes afin de les sensibiliser aux dangers pour la santé des ondes pulsées du wimax.

Ce collectif, en relation directe avec l’association Robin des Toits qui milite activement au niveau national contre l’implantation d’émetteurs, rappelle que certaines personnes dites électro-hypersensibles (HES) ne supportent pas les ondes émises par les émetteurs et que leur vie devient d’autant plus insupportable que ces émetteurs se répandent partout sur le territoire.

En Saône-et-Loire, le Conseil général a choisi le wimax pour amener le haut et le très haut débit dans les zones non couvertes par l’ADSL. Le collectif pose donc la question de l’avenir de ces personnes dont la seule solution semble la fuite… et va même jusqu’à demander la création de zones blanches, protégées des émetteurs, pour que ces personnes puissent trouver un lieu de vie durable.

Par ailleurs, le collectif a fait savoir au président Montebourg qu’il le tiendrait responsable des conséquences sanitaires dues à l’éventuelle exposition des gens aux ondes wimax.

On n’en est pas encore là dans le Jura. À l’heure actuelle, aucune personne électro-hypersensible ne semble avoir été répertoriée, ce qui ne signifie pas qu’il n’y en a pas, mais le collectif citoyen d’Aiglepierre qui se bat pour refuser le wimax démontre bien que ce système ne fait pas l’unanimité et soulève des craintes, certes plus ou moins justifiées.

Il n’est pas exclu dans ce contexte que ce collectif puisse être rejoint à plus ou moins court terme par d’autres opposants, sachant qu’il existe encore plusieurs dizaines de zones d’ombre dans le département (près de soixante-quinze répertoriées officieusement) et qu’a priori, la solution envisagée pour les «arroser» reste le wimax.

Pour ceux qui refusent cette technologie (au demeurant coûteuse malgré les aides promises par le Conseil général) des sous-répartiteurs, autrement appelés NRA zones d’ombres, sont envisagés, mais compte tenu du nombre éventuel à installer, la facture risque d’être lourde. En tout cas, le budget global voté pour le haut débit dans le Jura (près de 40 millions d’euros) risque bien de s’alourdir s’il faut répondre à tous ces «cas particuliers».

A.S.


Pour y voir un peu plus clair
Dans le Jura, le Conseil général a décidé depuis plusieurs années d’amener le haut débit et très vite le très haut débit dans chaque foyer.
De discussions en études, le choix s’est porté sur la fibre optique.
Des câbles enfouis amèneront à peu près partout la possibilité d’obtenir le haut débit. Cette première étape que constitue ce travail d’acheminement doit s’achever dans les semaines qui viennent. À partir de là, il faudra dans une seconde étape «vendre» le haut débit à la population et l’inciter à se connecter pour pouvoir utiliser Internet de manière satisfaisante en terme de vitesse.
C’est l’objectif que s’est assignée l’assemblée départementale en 2009.
Malgré cette «couverture» par fibre optique du territoire, il subsiste un certain nombre de zones où l’ADSL ne passe pas, bref où on ne peut pas se connecter à Internet.
Pour répondre aux besoins des habitants de ces zones, une solution transitoire a été choisie, c’est la technologie du wimax placé sur un pylône (la plupart du temps existant et servant déjà à d’autres systèmes de communication sans fil). Contrairement à la fibre optique, le wimax fonctionne par ondes pulsées et doit être tenu à distance des habitations. C’est cette technologie que certains dénoncent pour ses risques éventuels sur la santé. L’autre solution éventuelle, c’est le NRA zones d’ombres, autrement dit, une technique de sous-répartiteurs.

Le Progrès (édition du Jura), 4 janvier 2009.
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Mardi 6 janvier 2009

Texte diffusé par une quinzaine de personnes lors de la Fête de la Science 2008, le dimanche 23 novembre devant les locaux des nucléocrates de l’IRSN.

Tu es face à l
IRSN. Tu es chez lassistante sociale du nucléaire, celle qui cogère sa merde et met du vernis sur ses brèches. Pour cette journée, elle a rapiécé ses dossiers mités afin de te faire connaître les «secrets du nouveau réacteur EPR, la gestion des déchets, la surveillance de la radioactivité dans lenvironnement, lutilisation des rayonnements ionisants sur lhomme, lorganisation nationale en situation de catastrophe nucléaire»…

Tes oreilles s
ouvriront et tu nentendras pas, tes yeux regarderont et tu ne verras pas.

Non, tu ne seras pas instruit des conséquences de la construction de nouveaux réacteurs EPR, de la mise en place d
autoroutes délectricité, de ces lignes à haute tension et de toutes les nuisances qui vont avec. Non, tu nauras pas connaissance de la routine du désastre qui voit se multiplier quotidiennement ce que ces autruches du nucléaire qualifient par euphémisme d«incident». Tu ne verras pas que Tricastin nest quun exemple parmi beaucoup dautres qui ne font pas lobjet dun tapage médiatique.

Non, tu ne sauras pas que derrière la catastrophe qui s
envisage désormais «sérieusement», cest un quadrillage et une gestion militaire qui tattendent. La propagande de lIRSN préfèrera te faire croire que ses camions équipés pour mesurer la contamination interne et la distribution de pastilles diode, font de ta «santé» la première préoccupation. Non, tu nentendras pas que des déchets enfouis sous tes pieds ne sont quune manière temporaire denterrer un problème qui lui, dure des milliers dannées. On ne te parlera jamais de fuite en avant de technocrates ravis davoir «solutionné», avec des chimères de fond de paillasse, laberration dun développement industriel et des besoins énergétiques quil implique.

Non, tu ne verras pas reposer le problème d
un monde dont il faut toujours un peu plus saccommoder sous couvert de «moins pire». LIRSN et ses experts lacceptent et veulent te le faire accepter. Parce que dans leur esprit, lhypothèse dune catastrophe où, comme en Biélorussie, la vie deviendra une stratégie permanente pour éviter dêtre trop contaminé représente un «moindre mal». Parce que dans leur esprit, lhypothèse déjà bien actuelle dun monde qui continue son accomplissement de déchetterie mondialisée se conçoit aussi comme un «moindre mal». Quimporte si maintenant lintoxication et lempoisonnement viennent de choses aussi simples que boire, manger, respirer, se baigner, profiter des choses de la vie, il suffit de les interdire ou de trouver un juteux protocole industriel pour circonscrire le problème. Non, tu ne verras pas que lIRSN bouffe dans la même gamelle que ceux quelle est censée contrôler. Tu nentendras jamais lIRSN conclure quil faut abandonner le nucléaire au vue de ses risques et de la dépossession quil induit sur nos vies.

Que d
enrobage, que de trompe lœil, que dateliers, que danimations tes yeux vont absorber. Que de présentations de guides de survie, que de savants calculs de dose admissible, que de pinaillage autour des probabilités du risque, que de discours prétendument responsables tes oreilles vont entendre. On te leurrera, leur mascarade recouvrira dun voile opaque laberration du nucléaire et du monde qui va avec.

Je veux briser cette vitrine.

Te dire que la nouvelle stratégie de communication «transparente» de ces statisticiens de la mort durable et leur mise en scène d
une gestion efficace ne sont quun miroir aux alouettes. Te crier que lIRSN participe à faire accepter le nucléaire en limitant la perception négative que tu pourrais en avoir. Te faire voir que lIRSN gère comme des épiphénomènes les bavures dune industrie qui est nécessairement mortifère. Te souffler à loreille que ces nucléocrates ont choisi pour toi une vie assistée de tout un tas de dispositifs militaires et scientifiques, de mises aux normes et de mises au pas, dans lequel la liberté, lautonomie individuelle, la joie de vivre seront de plus en plus éteintes. Te montrer que derrière leur batterie dexperts, de laboratoires et de règlements se cachent lineptie et laberration dun monstre qui nest pas uniquement dangereux pour des milliers dannées, mais qui rend aussi indispensables ses experts, ses laboratoires et ses règlements.

Le suc de leur tromperie est ainsi parvenu à les rendre nécessaires. Rien n
est plus envisageable sans eux. Jamais le monde tel-quil-est-et-quil-ne-faut-surtout-pas-renverser navait trouvé de meilleur garant. À cause de cette marmite bouillante que représente le nucléaire, cette batterie dexperts, de laboratoires et de règlements tient le possible en otage. Un possible figé qui, à part connaître lempoisonnement de cette planète, verra à peu près toujours les mêmes en haut et les autres en bas, les mêmes qui «savent» et les autres qui suivent.

Ce que ces nucléocrates craignent réellement, ce n
est pas le désastre en cours et à venir, ce ne sont pas non plus les appels de leurs sbires citoyennistes à une «meilleure» gestion, tous parlent encore la langue du mal nécessaire. Ce quils ont à redouter, cest la remise en cause de leur Diktat.

Il nous reste encore le choix de partager le refus du nucléaire et du monde qui va avec.

Des cobayes du laboratoire mondialisé
A-Infos, 17 décembre 2008
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