Samedi 25 avril 2009
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Mardi 31 mars 2009

Les éleveurs de vaches, de brebis ou de chèvres et les apiculteurs réunis dans des collectifs, hors des structures syndicales, viennent publiquement de réaffirmer, lors de la journée d’action nationale du 26 mars, leur refus catégorique de la vaccination obligatoire et de la désinsectisation, pour lutter contre la fièvre catarrhale ovine.

Contrairement à ce que les administrations de l’État français et de l
Union européenne veulent faire croire, ce nest pas la fièvre catarrhale ovine (FCO), le problème des éleveurs, mais ces administrations elles-mêmes.

Car même si cette nouvelle pathologie a créé ici ou là des dégâts dans certains élevages, c
est bien la collusion dune logique vétérinaire pasteurienne (toujours prête à éradiquer) et dune logique industrielle (toujours prête à développer des marchés juteux) qui les met encore une fois en difficulté.

Dans cette affaire de vaccination obligatoire, il faut, pour être exhaustif, rajouter à la liste des handicaps pour les éleveurs, les syndicats agricoles.

Ils se sont tous prononcés pour une prophylaxie obligatoire, chacun bien sûr avec des motifs idéologiques différents, mais avec toujours le souci commun de maintenir les paysans sous tutelle, la leur et celle de l
’État.

On peut même affirmer que l
insistance des syndicats pour une prophylaxie obligatoire est pour beaucoup dans les mesures prises par les instances nationales et européennes pour lutter contre la FCO.

Heureusement les éleveurs, confrontés, eux, à la réalité de la FCO, de la vaccination et de la désinsectisation obligatoires et à leurs conséquences respectives, ont dit non.

Ce refus a eu pour première conséquence de contraindre certains de ces syndicats, comme la Confédération paysanne — ses militants étant largement impliqués dans les collectifs — à un changement de cap spectaculaire, puisque celle-ci demande aujourd'hui l
arrêt de toute obligation prophylactique et déclare soutenir les collectifs. Tant mieux.

La deuxième conséquence, nous l
espérons, pourrait être la fin de lobligation vaccinale et de la désinsectisation pour la campagne 2009-2010.

Préconisant l
action syndicale directe, sans intermédiaire bureaucratique, notre Fédération salue linitiative des collectifs.

Au nom de ces mêmes convictions, nous mettons en garde ces collectifs, aujourd
hui regroupés dans la Coordination nationale des collectifs contre l’obligation de vacciner, contre toute mise sous tutelle syndicale. Toutes les craintes sont permises, la Confédération paysanne et la FNAB se déclarant dans leurs derniers communiqués parties prenantes de cette coordination «en tant que relais national» (?).

Notre Fédération comme il y a plusieurs semaines (communiqué du 12/2/09) appelle tous les éleveurs à rejoindre ces collectifs.

Elle rappelle également, qu
au-delà de cette mobilisation exemplaire (à ce jour plus de 60 collectifs regroupant près de 2000 éleveurs), contre la prophylaxie obligatoire anti-FCO, il faut remettre en cause les logiques industrielles et normatives qui détruisent nos métiers de bergers, de vachers, de chevriers.  Dès aujourdhui reparlons du marquage électronique de nos bêtes que lon veut nous imposer dès 2010.

Cette nouvelle contrainte inepte, nous est aussi «vendue» au nom de la protection de la santé publique, qui dépendrait soit-disant de la «traçabilité», concept industriel s
il en est.

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Vendredi 27 mars 2009
Bonjour,

Donnant suite à votre intérêt pour la réaction des habitants du Jura face au déploiement du Wimax, voici des nouveautés qui ne manqueront pas de vous surprendre et dont je souhaite vous faire part, au nom de notre collectif de citoyens.

Comme vous le savez, le Wimax, réseau d’antennes relais pour l
’Internet, nest pas vraiment bien vu par tous les habitants du Jura. Il faut savoir que contrairement à ce quon imagine, dans la plupart des petits villages du Jura, lADSL couvre déjà 75 à 95% des foyers et pour les foyers restants, loffre satellitaire d’Orange à 30€ par mois marche vraiment très bien. Par exemple à Aiglepierre, lieu dune des 43 antennes implantées, 85% des habitants ont déjà le haut débit avec lADSL.

Nous nous demandions alors : Pourquoi alors investir autant dans un gadget dont personne ne voit vraiment l
utilité mais qui met en danger la santé de tous ?

Voilà ce que nous avons découvert :

Le réseau Wimax a été décidé sous la présidence du Conseil général de G. Bailly, qui s
est beaucoup impliqué dans le dossier. Sous la présidence de G. Bailly, le Conseil général a versé une subvention de 15,2M€, à Connectic 39, fillilale dAPRR (Autoroutes Paris Rhin Rhône, filliale elle-même dEiffage) qui a construit et qui exploitera avec Altitude le réseau Wimax.

Ces 15,2M€ garantissent une rentabilité après impôts de 11% par an pendant 20 ans aux actionnaires du consortium, qui n
ayant investi que 2M€ repartiront avec 12,6M€ de bénéfices. Comparez avec votre compte épargne, ou votre livret A, et cherchez lerreur !

Mais il y a plus…

G. Bailly qui a été l
un des moteurs de ce projet au niveau départemental est aussi … actionnaire et administrateur de lAPRR qui tous les ans lui verse des divendes et des jetons de présence.

On dit que la santé n
a pas de prix, je nen suis plus si sûre !…

Vous trouverez tous les éléments matériels relatifs à ces faits sur notre blog et en particulier sur cet article.

Notre collectif organise également une réunion d
information le mardi 7 avril à 20h30 au Château Pécauld dArbois avec une scientifique spécialiste de limpact des ondes sur le vivant.

Antennes-relais : Quels risques pour la santé ?
L’impact des ondes sur l’homme et l’animal
Conférence-débat avec le Dr Françoise Heitz (Drôme)

Vous serait-il possible d
annoncer la conférence dans votre journal ou à vos proches ?

Sincères remerciements et bonne journée !

Brigitte, collectif «Entre citoyens»
Téléphone : 03 84 73 89 50
Courriel du 26 mars 2009.
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Lundi 23 mars 2009

Bonjour,
Voici deux articles assez détonnants sur le Wimax dans le Jura.
Dans le premier article on apprend que le président du Conseil général qui a fait voter le réseau Wimax et a offert 12M€ aux APRR (Autoroutes Paris-Rhin-Rhône, une des filliales d’Eiffage) est aussi … administrateur et actionnaire de cette même société.
Dans le deuxième article, on apprend que les actionnaires des APRR peuvent compter sur une rentabilité annuelle de 11% grace à cette même subvention. Comparez avec votre compte épargne ou livret et cherchez l’erreur…
Politique, argent et santé publique ne font visiblement pas bon ménage.
Bien à vous,
Jean-Baptiste, collectif Entre Citoyens
Courriel du 22 mars 2009.
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Mardi 24 février 2009
Communiqué

Face à la nouvelle pathologie qui touche les troupeaux de bovins, d’ovins et de caprins, dite fièvre catarrhale ovine (FCO), lUE et l’État français veulent imposer aux éleveurs la vaccination et la désinsectisation de leurs troupeaux.

Cette maladie virale, venue d
Afrique du Sud, transmise par un moucheron, est non contagieuse, non transmissible à lhomme, et relativement peu pathogène pour les troupeaux en bonne santé.

Face à cette nouvelle maladie, installée durablement chez nous à cause des modifications climatiques, seule une immunisation naturelle des troupeaux est à rechercher.

Un élevage respectueux des équilibres biologiques et un accompagnement, en cas de problèmes graves, par des méthodes alternatives, permettent d
y arriver sans trop, voire aucune mortalité.

La vaccination, au-delà des problèmes directs qu
elle provoque pour les animaux vaccinés (perte de production, mortalité, avortement…), empêche la sélection, par les éleveurs, de souches naturellement résistantes.

C
est pourtant ce savoir-faire ancestral de sélection qui a permis lélevage depuis le Néolithique.

Mais, une fois de plus, contre toute réalité, des méthodes non respectueuses des équilibres biologiques, sont imposées aux éleveurs, par l
industrie, pour son plus grand profit, via les institutions européennes, les États et leurs services vétérinaires.

De l
éradication du varron (parasite cutané des bovins), à la FCO, en passant par le marquage électronique (obligatoire à partir du 31 décembre 2009), les mesures se succédent, réduisant les éleveurs à de simples exécutants, tout choix leur étant refusé.

L
industrialisation de lagriculture a démontré sa nocivité, les conséquences sur lenvironnement et notre santé ne sont plus à démontrer. Il est temps de porter un coup darrêt à cette fuite en avant, en refusant ces mesures inutiles et dangeureuses.

Aujourdhui des collectifs déleveurs se constituent un peu partout en France pour organiser ce refus et faire bloc face aux menaces que ladministration ne manque pas dadresser à ceux qui refusent vaccination et désinsectisation.
Notre fédération appelle les éleveurs à rejoindre ces collectifs et à lutter pour le respect de leurs choix déleveurs conscients et responsables. Seule une lutte collective et solidaire peut permettre à chaque éleveur de faire respecter ses choix et empêcher la répression administrative.

Fédération CNT des travailleurs
de la terre de l’environnement, 15 février 2009.
POUR CONTACTER LA CNT DANS LE JURA

Pour en savoir plus sur la FCO voir le site du GIE Zone Verte.
Collectif 43 pour le libre choix prophylactique de la FCO



Débat autour du vaccin contre la fièvre catarrhale

Ces éléveurs d’ovins jugent «inutile» et même «risquée» cette mesure, privilégiant la phytothérapie pour que les animaux augmentent leurs défenses naturelles.

Depuis le 4 novembre en France, les éleveurs ovins ont l’obligation de vacciner leurs bêtes contre la FCO (Fièvre catarrhale ovine). Des agriculteurs du département, assurant que «l’élimination du virus de la FCO est impossible», ont créé le Collectif 43.

«Nous sommes contre la vaccination obligatoire. Nous voulons que la liberté de choix des éleveurs soit respectée», martèlent Jean-Louis Cottier et Xavier Vigouroux. Un message bien entendu par une trentaine d’éleveurs présents lors d’une réunion publique, la semaine dernière à l’Immeuble interconsulaire, au Puy-en-Velay. Des éleveurs d’autant plus en colère que cette vaccination entre en pratique à partir du 30 avril… alors qu’elle ne sera plus obligatoire en 2010 !

«Le collectif 43 est un outil pour se faire entendre face à l’administration, cela pour ne pas être pénalisé en fonction de notre positionnement, explique Jean-Louis Cottier. Ces pénalités peuvent aller de la suppression des primes à l’interdiction de commercialiser des animaux.» Toujours selon notre interlocuteur, «la vaccination est inutile pour une maladie non contagieuse, non transmissible à l’homme et peu pathogène pour les sérotypes 8 et 1 actuels et susceptible d’immunité naturelle. Nous choisissons l’immunité naturelle de nos troupeaux. Chacun prend sa responsabilité. C’est l’obligation de vacciner que nous n’acceptons pas.» Au-delà du refus de l’obligation, une orientation est proposée : «Nous devons choisir les moyens et la méthode à mettre en place dans nos élevages. La phytothérapie (traitement de certaines affections par les plantes), permet d’avoir des bêtes en bonne santé, donc plus aptes à la défense naturelle.» Ces méthodes alternatives ont des adeptes qui, officiellement, sont regroupés sous le nom de «GIE zone verte». Il s’agit d’un Groupement d’intérêt économique, des vétérinaires ayant signé le protocole «Zone verte» allant dans le sens du collectif 43.

Boris Matussière

Repères

Les témoignages des éleveurs dépassent le sujet de l’inutilité du vaccin pour évoquer ses risques.

«Il y a de moins en moins d’agneaux sur le marché. Je crois qu’il existe un lien entre le vaccin et la stérilité des béliers», commente l’un. Un autre ajoute : «Je connais de graves soucis suite à la vaccination. Les cas de mort-nés ou d’avortement vers les six mois sont de plus en plus fréquents.»

Dans les quinze jours à venir, une délégation de six éleveurs du Collectif 43 prendra rendez-vous avec les groupements de défense sanitaire et de vétérinaires afin de défendre le choix de la prophylaxie sur la FCO.


«La gestion de cette crise par l’État est calamiteuse»

Stéphane Montigny, membre du Collectif 43, est éleveur de cent huit brebis à Langeac. Il pratique l’élevage plein-air intégral.

Son témoignage apporte un éclairage économique significatif : «Les vaccins sont pris en charge par l’Europe et nous, nous devons payer les prestations du vétérinaire», explique-t-il. «Il y a un vaccin par sérotype, donc il faut deux piqûres par bête. Le vaccin est valable 6 à 8 mois. Les subventions européennes vont bientôt être stoppées et, au même moment, la vaccination ne sera plus obligatoire», s’étonne Stéphane Montigny. Tout en s’interrogeant : «L’obligation est-elle d’ordre sanitaire ou économique ? »

L’éleveur opte pour l’immunité naturelle, un choix pris dans d’autres pays : «En Grèce, l’obligation de la vaccination a pris fin en raison de son inutilité. En Afrique, les bêtes atteintes par la FCO ont depuis longtemps développé une immunité naturelle. Chez nous, la maladie est installée et d’autres sérotypes sont à venir. Le vaccin est inutile, et non sans effet indésirable.»

Il se fait même plus critique : «La gestion de cette crise par l’État se fait de façon calamiteuse : il y a moins de vaccins que de bêtes. C’est une question de responsabilité personnelle et d’une plus grande connaissance du milieu.»


FCO ou «maladie de la langue bleue»

La FCO (Fièvre catarrhale ovine) est aussi appelée «maladie de la langue bleue». Elle est virale, transmise par des insectes vecteurs du type culicoides (moucherons).

Il existe vingt-quatre sérotypes viraux différents répertoriés au monde.

Les espèces sensibles à la fièvre catarrhale ovine sont les ruminants domestiques. Il s’agit notamment des ovins, bovins, caprins mais aussi les animaux sauvages.

Elle n’affecte pas l’homme et donc elle n’inspire aucune inquiétude ni pour la population, ni pour le consommateur.

Jusqu’en 1998 elle était exotique. Puis, plusieurs sérotypes sont apparus dans le sud de l’Europe (1, 2, 4 et 16). Le sérotype 8 est arrivé en 2006 dans le nord de l’Europe et s’est répandu largement sur le territoire communautaire à partir de 2007.

Une soixantaine de départements français, dont la Haute-Loire, sont concernés par les sérotypes 1 et 8.

Le Progrès (édition de Haute-Loire), 18 février 2009.
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Dimanche 15 février 2009

Au Sénat, un amendement a été adopté pour permettre de faciliter les autorisations de préparations naturelles comme le purin d’ortie. Mais les «bios» restent très sceptiques.

L’affaire avait fait du bruit. Il y a trois ans à Bellegarde (Ain) Éric Petiot, spécialiste de l’horticulture bio, avait été contrôlé sans ménagement par les fraudes puis entendu et poursuivi pour avoir vendu et fait la promotion, lors de stages, du purin d’ortie. La semaine dernière au Sénat, sur proposition d’élus Verts et PRG, était proposé un amendement pour faciliter les procédures d’autorisation des «préparations naturelles peu préoccupantes» comme le purin d’ortie. La secrétaire d’État émettait dans la foulée un avis favorable pour que le sujet rentre dans le projet de loi du Grenelle de l’environnement.

L’affaire du purin semblait classée au rayon des dossiers ubuesques. Pourtant, l’annonce est loin de satisfaire ceux qui s’étaient rassemblés par milliers pour soutenir l’horticulteur de Bellegarde et l’utilisation du bio en général. «On a obtenu gain de cause sur un point, mais on n’est pas encore à l’abri d’une mauvaise surprise. Le décret n’est pas encore pris», explique Bernard Bertrand le porte-parole des «pro-purin». «En fait, le gouvernement ne prend pas au sérieux le bio en général. Il n’est pas pressé de valoriser les préparations naturelles. Les lobbies sont derrière cela.»

Depuis le déferlement médiatique qui a entouré l’affaire Petiot, les contrôleurs de la DGCCRF l’ont laissé tranquille. Si la préparation n’est toujours pas légale, les poursuites ont été oubliées. L’administration ferme les yeux. Mais cela ne satisfait pas l’intéressé. «Je reste très pessimiste, je parlerai même d’une franche reculade : les botanistes n’ont jamais été autant contrôlés par les fraudes. Toutes les préparations qui marchent bien ne seront jamais utilisées. Il ne faudrait pas se focaliser sur ce purin d’ortie. On a réduit les aides aux formations sur les traitements par le bio à 50%, celles en conventionnelles le sont à 100%.» Toujours militant, Éric Petiot a bien du mal à concéder que le purin d’ortie et sa possible réintégration dans la légalité sont une avancée. «Je ne suis pas pessimiste, ce n’est pas mon genre, je suis réaliste. Le gouvernement a instauré la réunionite, il a une capacité énorme à “acter”. On l’a vu avec le Grenelle. Mais après, il faut passer aux actes. Jusqu’alors, pour nous, il n’y a eu aucune promesse tenue…» Et le «professeur» de vouloir prendre l’affaire de son purin avec un peu d’humour. «Ce qui est assez cocasse, c’est que depuis l’interdiction de la préparation, on n’a jamais autant accueilli de gens envoyés par les chambres d’Agriculture. On s’est même demandé, si ce n’était pas pour mieux nous cadrer ou nous surveiller… Il y a trop d’argent en jeu.»

Presse bourgeoise : Olivier Leroy
Le Progrès (édition de l’Ain), 15 février 2009.



Actions sur le front de l’ortie :
Avec le purin d’ortie le combat continue (Le Progrès, 15 février 2009)
Putain d’ortie, purin d’idées (Lons-le-Saunier, 12 décembre 2006)
Qui sème la censure récolte l’écriture (Oyonnax, 13 octobre 2006)
Appel lyonnais
Appel national
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Lundi 9 février 2009
Rencontre avec des militants
de la coopérative «le Cabas noir» de saintÉtienne


Quelles ont été les raisons de la création de cette coopérative ?

L’idée de la coopérative est née au sein d’un petit groupe de gens de la CNT Loire habitant tous à la campagne, parce qu’en étant à la campagne, nous avons accès à de bons produits pas chers (sur les marchés). Alors qu’en ville, les bons produits sont plutôt diffusés dans des réseaux destinés à des «bobos» et sont peu accessibles à des gens ayant des revenus modestes.

La rencontre avec les gens de Coopéquita, lors du congrès de la FTTE en Lozère, nous a permis d’entrevoir comment on pouvait faire, concrètement, pour mettre en œuvre ce projet. Nous nous sommes inspirés des statuts de Coopéquita, mais avec une différence fondamentale : à saintÉtienne, nous n’avions aucun producteur adhérent à la CNT.

À quelles conditions doit répondre un producteur pour travailler avec la coopérative ?

Un producteur doit d’abord être conforme aux statuts. Il ne doit exploiter personne, en n’ayant recours qu’exceptionnellement au travail salarié (saisonniers) ; les producteurs sont des indépendants, des exploitations familiales ou des coopératives. Par ailleurs, ils doivent proposer des produits de qualité (pas d’OGM, pas d’utilisation systématique de produits chimiques, alimentation saine des animaux, respect de l’environnement…). Nous ne demandons pas de label (Bio ou autre) et nous nous assurons par nous-mêmes du respect de ces contraintes par le producteur. Nous cherchons des producteurs avec qui nous pouvons établir des relations de confiance et leurs exploitations sont ouvertes à tous les adhérents qui souhaitent les visiter pour voir comment ils travaillent.

La décision d’accueillir un nouveau producteur se fait en AG, avec tous les adhérents et, notamment, les autres producteurs. Les discussions peuvent être assez longues, car il y a plein d’autres éléments à prendre en compte, en plus de ces contraintes statutaires. Tout d’abord, la question de la proximité et de l’acheminement : nous ne tenons pas à ce que la venue d’un nouveau producteur augmente le nombre de véhicules sur les routes ! Nous parlons également du prix des produits.

Signalons que, même si nous tenons avant tout à privilégier avant tout les circuits courts, nous pouvons aussi dans certains cas, soutenir des producteurs plus éloignés, comme les coopératives zapatistes du Chiapas. Et de toute façon, nous n’avons pas trouvé de producteurs de café dans la région stéphanoise !

Pouvez-vous nous décrire le mode de fonctionnement de la coopérative ?

Nous avons une AG par trimestre environ. C’est là que se prennent toutes les décisions importantes (orientations) avec l’ensemble des adhérents. Chaque «visiteur» du Cabas noir devient automatiquement adhérent. L’adhésion est à prix libre. La coopérative est ouverte tous les jeudis de 16 à 20 heures, sauf veille de marché : nous organisons un marché paysan, avec la présence des producteurs, le quatrième vendredi de chaque mois. Lors des permanences, la vente est assurée par des adhérents «non-producteurs», parce que nous ne souhaitons pas donner une surcharge de travail aux producteurs, et toujours dans un souci de limitation du trafic routier !

Nous tenons également à dire que nous ne faisons aucune marge sur les produits : ils sont mis à disposition au prix du producteur. Les frais de fonctionnement sont couverts par la caisse prix libre : nous proposons, lors des permanences et des marchés, des boissons et des choses à grignoter. Il faut également signaler que le Cabas noir n’a pas comme unique but la diffusion des produits, mais il se veut également un lieu convivial et un lieu d’échange militant où chacun peut venir discuter autour d’un café, échanger des informations, déposer des tracts, etc. Nous avons aussi un présentoir pour des revues (et parmi elles le Combat syndicaliste !) et un infokiosque.

Pour finir, nous tenons à dire que nous sommes très contents, car, si les visiteurs du Cabas noir étaient, au début surtout, des adhérents CNT ou des copains, nous avons maintenant de plus en plus de gens du quartier qui viennent.

Quel est votre point de vue sur les multinationales de la chimie (Monsanto) qui, grâce aux OGM et pesticides, font main basse sur l’alimentation humaine (contrat d’exclusivité, semence, brevet) ?

Devine !

Quelles sont les activités prévues dans les mois à venir ? Avez-vous de nouveaux projets ?

Nous allons mettre en place des animations lors des permanences qui sont actuellement un peu tristounettes. Nous avons notamment été contactés par un collectif d’étudiants de l’université de saintÉtienne, qui cherchait un lieu pour organiser des discussions autour de thèmes variés, une sorte de café philosophique, mais qui ne s’appellerait pas comme ça, pour essayer de toucher un public le plus large possible. Ceci devrait se mettre en place à partir du mois de janvier 2009. Nous avons également évoqué l’idée de faire des projections, suivies de débats.

Propos recueillis par Didier - éduc 69
Le Combat syndicaliste, janvier 2009
Mensuel de la CNT.



Le Cabas noir :
À l’image des anciennes coopératives ouvrières


Le Cabas noir organisait samedi son assemblée générale suivie d’une soirée festive de clôture. Rencontre avec son président, Jean-Pierre Dubuquet, qui revendique plutôt le titre d’animateur.

Comment est née cette association ?

Nous avons commencé en septembre 2007. Les syndicats de la Confédération nationale du travail lancent régulièrement des initiatives comme le Salon de l’autre livre ou l’idée de cette coopérative. Nous avions rencontré des petits paysans de Bordeaux qui s’étaient déjà organisés. Cela nous a donné envie d’essayer. L’association existe aujourd’hui de manière autonome.

Quel en est le concept ?

Nous fonctionnons sur le modèle des coopératives ouvrières du XIXe siècle. Nous avons la volonté de montrer que les gens peuvent s’organiser d’une manière égalitaire en gardant une autonomie financière. Nous refusons toute idée de subvention. C’est un soutien aux gens qui font une authentique agriculture de paysans, les petits producteurs locaux. On veut éviter les grands trajets et les intermédiaires. Ainsi, l’environnement est préservé, le travail reçoit une juste rémunération et le consommateur trouve des produits de qualité à des prix tout à fait corrects. C’est aussi un lieu d’échange où les gens partagent les infos, les idées. Nous tenons à démontrer que l’on peut passer des idées à leur réalisation.

L’histoire stéphanoise est-elle un élément important ?

L’histoire est importante. Savoir et faire savoir d’où on vient et ce que l’on doit à nos anciens. Les premières caisses de chômage ou les mutuelles ont été constituées uniquement avec les cotisations des ouvriers. Saint-Étienne a un très fort passé ouvrier militant. Cela disparaît mais ça réapparaît.

Comment vous organisez-vous ?

Une permanence a lieu chaque jeudi de 16 heures à 20 heures, sauf veille du marché qui se tient le quatrième vendredi du mois. On trouve à la permanence les produits non périssables, et au marché, les produits frais. Les producteurs et les consommateurs sont tous adhérents à l’association. La cotisation est libre. Il y a des gens du quartier qui viennent, c’est aussi ce que nous recherchions.

Combien comptez-vous d’adhérents ?

Il y a plus de deux cents adhérents dont une dizaine de producteurs qui proposent fruits, légumes, vin, charcuterie, viande, sirops, herbes, fromage, miel…

Parlez-nous de la soirée de samedi soir.

Nous achetons des produits du commerce solidaire. Nous souhaitons pouvoir les payer à la commande, ne plus en attendre la vente. Nous souhaitons réunir la trésorerie nécessaire. C’est le dernier marché avant la rentrée. Ce sera festif avec de la musique, un buffet et une buvette en participation libre.


Deux regards de producteurs du Cabas Noir

Deux producteurs du Cabas noir nous livrent leurs impressions sur le concept du Cabas noir.

Bernard Crozier produit les fromages de ses chèvres, brebis et vaches. Il a repris l’exploitation paternelle depuis 31 ans : «L’association me permet de renouer avec le milieu militant. Il y existe une éthique : le respect de la nature, le respect des autres. J’essaie de garder des prix abordables. Mes cinq enfants ont tous fait des études universitaires. Je ne manque de rien. J’adapte mon style de vie, je n’achète pas nécessairement du neuf. Le Cabas noir a apporté le plus qui me rend heureux.»

Jean-Louis Barrière est apiculteur depuis 1993 à Saint-Étienne et se définit comme un paysan citadin : «Après plusieus petits boulots et des voyages, j’ai essayé de me réinsérer. A quarante ans, c’était difficile. Si on n’est pas pile dans le système, ça ne marche pas. Je me suis donc installé comme apiculteur. L’avantage, c’est que je me sens libre. Mais c’est un métier très aléatoire avec les intempéries, la mortalité des abeilles. On peut juste en survivre. Ma femme a été obligée de travailler. Je ne peux pas offrir de loisirs à mes enfants. Nos trois enfants marchent bien, c’est notre grande fierté. Mais, je ne suis jamais à la maison. Ça, c’est dur ! Quoi faire d’autre ? Il faut rester philosophe !»

Le Progrès (édition de la Loire), 13 juillet 2008.
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Mardi 6 janvier 2009

L’arrivée de la fibre optique à partir de février, si elle ouvre la voie au très haut débit dans le Jura, repose aussi le problème des risques pour la santé, surtout avec l’installation provisoire du wimax.

Fin janvier ou au plus tard début février, la fibre optique arrivera presque partout dans le département. Autrement dit le Jura aura posé la colonne vertébrale d’un système qui, à moyen terme, devrait permettre à tout le monde d’accéder au très haut débit. Comme le souligne Jean-Claude Servillat, élu en charge du dossier au Conseil général : «On pourra avoir du haut-débit, mais il faudra l’amener partout et passer très vite au très haut débit. En 2009, notre travail va consister à répondre aux besoins. On envisage des liens avec l’Ain et la Suisse pour permettre aux habitants d’avoir un accès et une vision du monde comme l’ont les habitants des grandes métropoles.»

Voilà pour la finalité. Reste les modalités pratiques, et là, des distorsions apparaissent car si la plus grande partie du territoire sera couverte, il subsistera des zones blanches qui vont nécessiter l’implantation de nouveaux émetteurs. Or à Aiglepierre, par exemple, la population s’y oppose en invoquant le principe de précaution par rapport aux risques éventuels sur la santé.

Le Conseil général va devoir tenir compte de ce risque d’opposition qui s’est déjà manifesté cet été en Saône-et-Loire par la voix d’un collectif (lire ci-dessous), mais pour Jean-Claude Servillat, c’est la loi qui compte : «Nous avons mandaté un concessionnaire, ce professionnel applique les textes en vigueur qui imposent des normes de puissance et de propagation. On travaille donc dans un contexte d’autorisation d’État, on est dans la légalité et notre matériel agréé. Sur les pylônes existants, il y a déjà toutes sortes de choses et on a fait des études, on est de 100 à 200 fois en dessous des puissances autorisées. Quand il faut installer un pylône, on fait attention d’être assez loin des habitations. Le wimax — qui est une solution intermédiaire — sera utilisé pour atteindre les gens qu’on ne peut pas toucher autrement, mais les ondes reçues ne sont pas plus importantes que celles émises par des antennes paraboliques, il n’y a pas de critiques réelles du wimax.»

Le Conseil général veut bien entendre les doléances, mais sa stratégie est définitivement adoptée, d’autant que les cas de refus d’implantation d’émetteurs par les élus sont rares. Quant aux personnes électro-hypersensibles (les HES) qui ne supportent pas les ondes, il n’y aura — semble-t-il — pas grand-chose à faire pour elles : «C’est une maladie qu’on ne connaît pas bien, certaines personnes peuvent être plus sensibles aux ondes que d’autres, on ne sait pas pourquoi. J’admets que ces gens puissent être malheureux, qu’ils puissent ressentir des troubles, mais il n’y a pas de preuves scientifiques que c’est consécutif à une sensibilité aux ondes radio et ça n’a jamais provoqué de cancers. Il y a une différence entre la réalité et le ressenti des gens !»

Armand Spicher


En Saône-et-Loire, des opposants demandent des «zones blanches»

Cet été, le collectif des HES de Saône-et-Loire a adressé un courrier au président du Conseil général, Arnaud Montebourg, et à plusieurs présidents de communautés de communes afin de les sensibiliser aux dangers pour la santé des ondes pulsées du wimax.

Ce collectif, en relation directe avec l’association Robin des Toits qui milite activement au niveau national contre l’implantation d’émetteurs, rappelle que certaines personnes dites électro-hypersensibles (HES) ne supportent pas les ondes émises par les émetteurs et que leur vie devient d’autant plus insupportable que ces émetteurs se répandent partout sur le territoire.

En Saône-et-Loire, le Conseil général a choisi le wimax pour amener le haut et le très haut débit dans les zones non couvertes par l’ADSL. Le collectif pose donc la question de l’avenir de ces personnes dont la seule solution semble la fuite… et va même jusqu’à demander la création de zones blanches, protégées des émetteurs, pour que ces personnes puissent trouver un lieu de vie durable.

Par ailleurs, le collectif a fait savoir au président Montebourg qu’il le tiendrait responsable des conséquences sanitaires dues à l’éventuelle exposition des gens aux ondes wimax.

On n’en est pas encore là dans le Jura. À l’heure actuelle, aucune personne électro-hypersensible ne semble avoir été répertoriée, ce qui ne signifie pas qu’il n’y en a pas, mais le collectif citoyen d’Aiglepierre qui se bat pour refuser le wimax démontre bien que ce système ne fait pas l’unanimité et soulève des craintes, certes plus ou moins justifiées.

Il n’est pas exclu dans ce contexte que ce collectif puisse être rejoint à plus ou moins court terme par d’autres opposants, sachant qu’il existe encore plusieurs dizaines de zones d’ombre dans le département (près de soixante-quinze répertoriées officieusement) et qu’a priori, la solution envisagée pour les «arroser» reste le wimax.

Pour ceux qui refusent cette technologie (au demeurant coûteuse malgré les aides promises par le Conseil général) des sous-répartiteurs, autrement appelés NRA zones d’ombres, sont envisagés, mais compte tenu du nombre éventuel à installer, la facture risque d’être lourde. En tout cas, le budget global voté pour le haut débit dans le Jura (près de 40 millions d’euros) risque bien de s’alourdir s’il faut répondre à tous ces «cas particuliers».

A.S.


Pour y voir un peu plus clair
Dans le Jura, le Conseil général a décidé depuis plusieurs années d’amener le haut débit et très vite le très haut débit dans chaque foyer.
De discussions en études, le choix s’est porté sur la fibre optique.
Des câbles enfouis amèneront à peu près partout la possibilité d’obtenir le haut débit. Cette première étape que constitue ce travail d’acheminement doit s’achever dans les semaines qui viennent. À partir de là, il faudra dans une seconde étape «vendre» le haut débit à la population et l’inciter à se connecter pour pouvoir utiliser Internet de manière satisfaisante en terme de vitesse.
C’est l’objectif que s’est assignée l’assemblée départementale en 2009.
Malgré cette «couverture» par fibre optique du territoire, il subsiste un certain nombre de zones où l’ADSL ne passe pas, bref où on ne peut pas se connecter à Internet.
Pour répondre aux besoins des habitants de ces zones, une solution transitoire a été choisie, c’est la technologie du wimax placé sur un pylône (la plupart du temps existant et servant déjà à d’autres systèmes de communication sans fil). Contrairement à la fibre optique, le wimax fonctionne par ondes pulsées et doit être tenu à distance des habitations. C’est cette technologie que certains dénoncent pour ses risques éventuels sur la santé. L’autre solution éventuelle, c’est le NRA zones d’ombres, autrement dit, une technique de sous-répartiteurs.

Le Progrès (édition du Jura), 4 janvier 2009.
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Mardi 6 janvier 2009

Texte diffusé par une quinzaine de personnes lors de la Fête de la Science 2008, le dimanche 23 novembre devant les locaux des nucléocrates de l’IRSN.

Tu es face à l
IRSN. Tu es chez lassistante sociale du nucléaire, celle qui cogère sa merde et met du vernis sur ses brèches. Pour cette journée, elle a rapiécé ses dossiers mités afin de te faire connaître les «secrets du nouveau réacteur EPR, la gestion des déchets, la surveillance de la radioactivité dans lenvironnement, lutilisation des rayonnements ionisants sur lhomme, lorganisation nationale en situation de catastrophe nucléaire»…

Tes oreilles s
ouvriront et tu nentendras pas, tes yeux regarderont et tu ne verras pas.

Non, tu ne seras pas instruit des conséquences de la construction de nouveaux réacteurs EPR, de la mise en place d
autoroutes délectricité, de ces lignes à haute tension et de toutes les nuisances qui vont avec. Non, tu nauras pas connaissance de la routine du désastre qui voit se multiplier quotidiennement ce que ces autruches du nucléaire qualifient par euphémisme d«incident». Tu ne verras pas que Tricastin nest quun exemple parmi beaucoup dautres qui ne font pas lobjet dun tapage médiatique.

Non, tu ne sauras pas que derrière la catastrophe qui s
envisage désormais «sérieusement», cest un quadrillage et une gestion militaire qui tattendent. La propagande de lIRSN préfèrera te faire croire que ses camions équipés pour mesurer la contamination interne et la distribution de pastilles diode, font de ta «santé» la première préoccupation. Non, tu nentendras pas que des déchets enfouis sous tes pieds ne sont quune manière temporaire denterrer un problème qui lui, dure des milliers dannées. On ne te parlera jamais de fuite en avant de technocrates ravis davoir «solutionné», avec des chimères de fond de paillasse, laberration dun développement industriel et des besoins énergétiques quil implique.

Non, tu ne verras pas reposer le problème d
un monde dont il faut toujours un peu plus saccommoder sous couvert de «moins pire». LIRSN et ses experts lacceptent et veulent te le faire accepter. Parce que dans leur esprit, lhypothèse dune catastrophe où, comme en Biélorussie, la vie deviendra une stratégie permanente pour éviter dêtre trop contaminé représente un «moindre mal». Parce que dans leur esprit, lhypothèse déjà bien actuelle dun monde qui continue son accomplissement de déchetterie mondialisée se conçoit aussi comme un «moindre mal». Quimporte si maintenant lintoxication et lempoisonnement viennent de choses aussi simples que boire, manger, respirer, se baigner, profiter des choses de la vie, il suffit de les interdire ou de trouver un juteux protocole industriel pour circonscrire le problème. Non, tu ne verras pas que lIRSN bouffe dans la même gamelle que ceux quelle est censée contrôler. Tu nentendras jamais lIRSN conclure quil faut abandonner le nucléaire au vue de ses risques et de la dépossession quil induit sur nos vies.

Que d
enrobage, que de trompe lœil, que dateliers, que danimations tes yeux vont absorber. Que de présentations de guides de survie, que de savants calculs de dose admissible, que de pinaillage autour des probabilités du risque, que de discours prétendument responsables tes oreilles vont entendre. On te leurrera, leur mascarade recouvrira dun voile opaque laberration du nucléaire et du monde qui va avec.

Je veux briser cette vitrine.

Te dire que la nouvelle stratégie de communication «transparente» de ces statisticiens de la mort durable et leur mise en scène d
une gestion efficace ne sont quun miroir aux alouettes. Te crier que lIRSN participe à faire accepter le nucléaire en limitant la perception négative que tu pourrais en avoir. Te faire voir que lIRSN gère comme des épiphénomènes les bavures dune industrie qui est nécessairement mortifère. Te souffler à loreille que ces nucléocrates ont choisi pour toi une vie assistée de tout un tas de dispositifs militaires et scientifiques, de mises aux normes et de mises au pas, dans lequel la liberté, lautonomie individuelle, la joie de vivre seront de plus en plus éteintes. Te montrer que derrière leur batterie dexperts, de laboratoires et de règlements se cachent lineptie et laberration dun monstre qui nest pas uniquement dangereux pour des milliers dannées, mais qui rend aussi indispensables ses experts, ses laboratoires et ses règlements.

Le suc de leur tromperie est ainsi parvenu à les rendre nécessaires. Rien n
est plus envisageable sans eux. Jamais le monde tel-quil-est-et-quil-ne-faut-surtout-pas-renverser navait trouvé de meilleur garant. À cause de cette marmite bouillante que représente le nucléaire, cette batterie dexperts, de laboratoires et de règlements tient le possible en otage. Un possible figé qui, à part connaître lempoisonnement de cette planète, verra à peu près toujours les mêmes en haut et les autres en bas, les mêmes qui «savent» et les autres qui suivent.

Ce que ces nucléocrates craignent réellement, ce n
est pas le désastre en cours et à venir, ce ne sont pas non plus les appels de leurs sbires citoyennistes à une «meilleure» gestion, tous parlent encore la langue du mal nécessaire. Ce quils ont à redouter, cest la remise en cause de leur Diktat.

Il nous reste encore le choix de partager le refus du nucléaire et du monde qui va avec.

Des cobayes du laboratoire mondialisé
A-Infos, 17 décembre 2008
Une agence d'actualités par, pour et au sujet des anars.
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Vendredi 21 novembre 2008
Reportage :
une nuit avec des chasseurs de la Somme


«Chasseurs = gros cons», glapit Charlie Hebdo, entre deux odes au «respect de l’autre», à la «tolérance» et à la «diversité». Le Plan B a enfilé ses bottes et sest rendu en baie de Somme pour vérifier si cet «électorat paléolithique» (21.7.99) de «ploucs énervés» (9.2.00) et autres «fachos du terroir» (21.7.99) savérait bel et bien «incapable de sexprimer autrement quen éructant des lambeaux de phrases» (22.12.99).

Sur la route communale de Cayeux-sur-Mer, on piste difficilement la camionnette jaune postal qui cahote sur un petit chemin. Stop. «Mieux vaut mettre les bottes tout de suite, nous conseille Cédric, et un capieux [
«Chapeau»] aussi. Parce que ça va être une belle nuit, mais ça souffle…» Lui, la trentaine moustachue, enfile sa combinaison kaki.

«Regarde, des bernaches !» Le Plan B lève les yeux au ciel. «Et là-bas, ce que t
entends, cest des cormorans, des sales bêtes, un peu corbeaux des mers, mais protégées…» On entre dans labri, sous terre. Cédric ouvre de petites fenêtres, les meurtrières qui donnent sur la mare, au ras de leau. La lumière du jour décline, juste un halo rosé à lhorizon. On branche une ampoule sur une batterie de voiture.


Tir groupé

Cédric vient ici toutes les semaines, une fois ou deux : «Je quitte un peu plus tôt la verrerie, et je me sens mieux, tout de suite. De toute façon, je vais me barrer de là-bas dès que je peux : je suis entouré de bonnes femmes, dans cette boîte, et elles passent leurs journées à cancaner des ragots.» Lui a enchaîné les petits boulots, «cartonnage, manutention, chauffeur poids lourd, tout ce que je pouvais trouver. Quand tu n
as pas de diplôme, cest comme ça. Mais je ne me plains pas, si tu nes pas fainéant, tu trouves toujours…»

Le «Vimeu rouge», plateau adossé à la mer, c
est une région ouvrière qui, jusquaux années 1980, a résisté à la désindustrialisation. Dans le décolletage, la robinetterie, la serrurerie, la fonderie, un tissu de pentes entreprises sest maintenu. Puis la digue a lâché, et cest aujourdhui devenu le coin de Picardie qui compte le plus de Rmistes.

«J
ai travaillé comme manut pour un sous-traitant dAlcatel à Eu, la frontière normande. Cétait presque stable, ça me convenait pas trop mal, mais la société a perdu le contrat avec Alcatel. La moitié a été licenciée, les intérimaires dabord. Jétais dans la charrette… Ça ma écœuré parce que je croyais quils membaucheraient…»

Avec le chômage arrivent les joies du temps libre : «Tu sors un peu trop, et pas seulement pour aller à la chasse. Tu tâtes la bouteille, tu fais des conneries aussi.» Dans la foulée, sa femme le quitte, avec la gamine sous le bras. Tir groupé. Lui se retrouve chez sa tante, sans emploi, sans sa fille surtout. «Je me suis réfugié à la hutte. Au calme, au milieu de la nature, sans radio, sans télé, sans personne.» Parce que, «depuis tout gosse», c
est sa vocation, «soccuper de la nature». «Jai commencé une école pour travailler dans le parc du Marquenterre, mais je m’ennuyais là-dedans, je ne tenais pas en place. Je nai pas eu la qualification.» Cétait sa planche de salut, pourtant : se raccrocher à l’économie du tourisme.

«J
ai terminé en fin de droits dAssedic. Heureusement, on est dans le rural, on se débrouille, on troque, on a nos lapins, nos poules, le jardin, cest déjà ça…» Cédric a finalement trouvé un poste dans une petite verrerie. Il voit sa fille tous les quinze jours, s’occupe de ses animaux et de l’entretien dune hutte, pas celle-là, une autre, moins bien placée, mais quil a héritée de son père.




La chasse à l’emploi

«Un peu de chauffage ?» Sous la meurtrière centrale, un radiateur à pétrole rougit. Le fusil, «un Verney-Carron semi-automatique», est posé au-dessus du lit. En buvant un verre de cidre, il ouvre le «cahier de bord», où sont consignées «toutes les prises, avec l
heure, la date, les personnes présentes, le sens du vent, la lune, les marées, etc. Aujourdhui, cest vent douest, pas terrible, mieux vaut un bon vent du nord… Et la marée, cest à minuit. Tu vois, hier, ils nont rien eu.»

Des phares, une silhouette dans la nuit : c’est Fabien qui arrive en retard : «J’avais un alternateur à changer», s
excuse-t-il. Lui a ouvert un garage à son compte, et se réjouit de son «indépendance» : «Jen ai trop bavé chez des patrons. À mes 14 ans, je suis entré chez un escroc. Après, je suis passé par lusine à cailloux de Cayeux. On les triait. Les plus beaux étaient utilisés pour les cosmétiques, le reste, cétait pour le granulat, les chantiers… Cétait dur physiquement. Un an darmée, chez les paras, et puis jai retrouvé une place dans une concession. Sauf que le gérant ne me payait même pas au Smic, sous prétexte que je navais pas mon CAP de mécano. Jai obtenu mon diplôme, mais rien à faire, il ne m’a pas augmenté. Ça a duré dix ans…» Une ultime dispute avec le chef, et voilà que Fabien rachète un garage : «Maintenant, je me sens libre, sans personne derrière mon dos.»

Ce sentiment de liberté se paye dune constante inquiétude. «Le premier mois, une fois payées la TVA, la location et tout, on sest retrouvés avec 2000 balles, on flippait ! Et petit à petit, on a réussi à se faire un salaire chacun. Mais là, on entre dans notre troisième année, la dernière sans trop de charges. En plus, un concessionnaire Renault vient de sinstaller à la sortie du village. Bon, on a vérifié, ses pièces sont plus chères, et il est ouvert moins longtemps que nous.»

Car Fabien ne compte pas ses heures. Dès 5 heures du matin, les yeux rougis de sommeil, il sortira de la hutte. «En arrivant chez moi, je me prends une douche, je m
offre une demi-heure de sieste.» Sa femme, elle, sera déjà partie à lusine : elle séchine comme polisseuse de moules. «Ensuite, je dépose ma fille à lécole avant daller au boulot. Je nen ai quune pour le moment, moi qui avais neuf frères et sœurs ! Faut déjà avoir les moyens de lélever correctement, les études, ça coûte cher. Et puis, trouver du travail, de nos jours, cest pas facile…

— Ma petite, ajoute Cédric, en CM2, c
est déjà pas évident. Elle est ballottée entre sa mère et moi…»

Un craquement, un gros : Le Plan B tressaille. «T
inquiète pas, cest la hutte flottante qui se soulève avec la marée.» Tandis que, dehors, la mer envahit la baie, les deux amis échangent des impressions sur leurs expériences, leurs difficultés de pères.

La hutte, cest leur refuge. Un point stable dans des parcours professionnels tortueux — presque toujours —, dans des histoires familiales embrouillées, souvent. À lintérieur, des travailleurs ordinaires, dont la place est menacée, quand lagriculture disparaît et que lindustrie décline au profit des services «dévirilisés», ces activités de «contact-clientèle» où les zygomatiques surclassent les biceps ; où politesse, bonne présentation et sourire tiennent lieu de compétence. Des hommes des campagnes, quand la ville gagne sur les champs, jusque dans leurs marais — leur loisir — quil faudrait bientôt réduire pour ne pas gêner les touristes. La hutte, cest une coupure conviviale, une nuit durant, temps qui suspend son vol avec les canards, dans lordinaire des soucis [Voir les travaux de Christophe Baticle, chercheur à l’université Jules-Verne d’Amiens, et le mémoire de Pierre Sommet, Des chasseurs en campagne, les mobiles du militantisme, CPNT, Amiens, 2002].




Quinquinquinquinquin !

Sur une labié improvisée entre deux matelas, Cédric déballe «une tarte normande achetée à Champion». Pendant que le cassoulet mijote dans l
unique casserole, sur le réchaud, on scrute la mare avec des jumelles. «On naura rien ce soir, prédit Fabien. Sans appelants [Canards domestiques disposés autour ou à la surface de la mare qui attirent par leurs chants les oiseaux sauvages], cest trop calme…

«Ils veulent nous éliminer doucement, renchérit Cédric : ils nous interdisent les canards. L
an dernier, ils ont raccourci la saison, et bientôt il faudra quon se paie des billes en acier trois fois plus chères… Et, avec les journalistes, on nest pas aidés : ils nous transforment en des sauvages en treillis, et soutiennent les écolos-bobos. Alors, la grippe aviaire par-dessus…» De quoi sinterroger sur une certaine conception de lécologie qui sacharne moins contre lagrobusiness et lélevage en batterie que sur la chasse et ses «chasseurs fachos», cibles favorites de Daniel Cohn-Bendit.

Une bouteille de rouge, on se régale, jusqu
à un clapotement, quasi imperceptible. La conversation se fige. Les deux compères décrochent leurs calibres 12, sans bruit, lunette au canon. Ils éteignent la faible lumière et ouvrent délicatement les visées.

«Des sarcelles, me chuchote Fabien.

— Elles sont loin, remarque Cédric. On y va quand même ?»

Hochement de tête. Ils ajustent leur tir. Le Plan B bouche ses oreilles déjà ébréchées par les jacassements dArlette Chabot. Deux coups chacun. Les douilles rebondissent à l’intérieur. Les oiseaux ont décampé…

«Mi grave [
«Pas grave»], lance Cédric. On vient surtout ici pour se retrouver entre nous. On a plus de bredouilles que  de  prises.»  La  lumière revient, le calme. «Les sarcelles, ça fait “quinquinquinquinquin”, une femelle siffieuse, c’est “cracracracracra”, un mâle “fui-fui”. Dans le noir, on les repère comme ça.»

L’aurore pointe son nez. On plie nos couvertures. Voilà une nuit bien éloignée du sketch hilarant des Inconnus et de leurs chasseurs de galinette cendrée, ivres dès l
aube, tirant tous azimuts, ratant leur cible à bout portant, et qui «sont toujours broucouilles : ils nont pas tué un oiseau, ou plutôt un oisouille, comme on dit ici dans le Bouchonnois».

Leurs gibecières à eux aussi demeurent vides, et aucun des deux ne s’en plaint.




Le chasseur rasta
Sur la portière arrière du vieux transporteur de Cédric, deux autocollants : le canard de la Fédération des chasseurs de la baie de Somme et le sigle CPNT, Chasse Pêche Nature et Tradition. L’assimilation de l’ensemble des chasseurs à un ramassas de «macho-goujato-sexistes» (Libération, 22.8.00) «se nourrissant d’un populisme anti-européen» (Le Monde, 19.8.01) doit beaucoup aux coups médiatiques réalisés par cette organisation. Agression du député PS Vincent Peillon en 2000, attaques contre la ministre de l’Environnement Dominique Voynet en 2000-2001, manifestations quasi annuelles contre «les plans des écolos» (diminution des périodes de chasse, grippe aviaire, etc.) : les actions de CPNT fournissent à la presse parisienne la matière d’une indignation tonitruante. Dès lors, il est facile de ranger tout chasseur au nombre des «extrémistes» qui «ne pensent qu’à leur plaisir : la tuerie animale» (Charlie Hebdo, 19.1.00) Une aubaine pour le mouvement, qui cultive par réaction l’image d’un «village gaulois» assiégé par les élites bourgeoises. Parmi 1,4 million de chasseurs français, on compte 30% de paysans retraités et 27% d’ouvriers.
Des jeunes aussi, surtout parmi les huttiers. Ils n’entrent pas toujours dans le cadre des clichés. Au marais de Fresnes-sur-Authie, Le Plan B accompagne Samuel, 28 ans, tout en kaki, longues dreadlocks remontées en chignon. Dès qu’elle le peut, sa copine Aurélie l’accompagne lors de ses veillées. En pleine parano de grippe aviaire, on sort les cages de son Kangoo : «Je pourrais aller à la chasse sans mon fusil mais pas sans mes canards», peste-t-il en regardant la «frontière » du Pas-de-Calais, où les chasseurs sont autorisés à laisser libres leurs volatiles, à 50 mètres de la mare. «Ça me fait mal au cœur de devoir les laisser enfermés. Quoi de plus beau que voir ta oigne [Petit canard siffleur, symbole du département de la Somme] qui s’ébroue au soleil levant ?» Après sa formation d’élagueur-bûcheron, Samuel a trouvé du travail à Paris. «Je voudrais revenir à la campagne, mais, malheureusement, c’est dans les grandes villes qu’on trouve du taf. Enfin, aujourd’hui, ils parlent de privatiser le service, on n’est à l’abri de rien. En tout cas, il n’y a pas un week-end où je ne remonte pas dans le coin, m’occuper des canards et du chien. »
Portait d’un tueur, vraiment ? Quand Serge Dassault s’offrait à l’automne 1996 un safari en forêt de Rambouillet en abattant des biches au fusil à lunette perché sur la tourelle d’un 4×4 conduit par son chauffeur, la presse n’a pas titré sur le patron extrémiste qui «ne pense qu’à son plaisir : la tuerie animale».

Le Plan B no 3, juillet-septembre 2006
Critique des médias et enquêtes sociales.
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Samedi 25 octobre 2008

Alors que l’État relance le programme nucléaire, avec lannonce de la construction dun nouveau réacteur EPR (au Tricastin peut-être, le site est candidat), quatre incidents ont eu lieu dans le même secteur en lespace de trois semaines.

Au Tricastin, c
est une cuve qui a débordé sur un site Areva, déversant dans le sol et les cours deau environnants plusieurs dizaines de kilos duranium… Non loin de là, un tumulus qui cachait une décharge radioactive est «retrouvé», un rapport avouant que dès 1977 «900 kilos environ duranium auraient quitté la butte via les eaux souterraines» et quil reste encore 770 tonnes de déchets radioactifs. À Romans-sur-Isère, une canalisation rompue depuis plusieurs années a été découverte dans une usine elle aussi gérée par Areva. En plus de son égout fuyard, qui permet de rejeter directement dans lIsère à peu près nimporte quoi sans aucun contrôle, lusine rejette légalement dans la station dépuration de la ville de Romans une activité alpha (la plus dangereuse une fois dans lorganisme) de plusieurs millions de becquerels par an, dus à des transuraniens —qui sont aussi très toxiques sur le plan chimique— et qui se retrouvent donc dans leau et la nourriture. Cela fait déjà trois mois quune fuite de déchets radioactifs à eu lieu dans lusine FBFC-CERCA, et les nucléocrates du groupe Areva (à qui appartient lusine) continuent à faire comme si de rien nétait. (Rappelons à titre de comparaison que les centrales nucléaires nont pas le droit de rejeter des émetteurs alpha…)

Les décideurs «jouent» avec la vie des gens, qu
ils considèrent juste bons à travailler sans relâche jusquà la retraite pour les chanceux, et le cancer pour les autres.

Ces récents «incidents» mettent à nouveau en lumière la question du risque nucléaire. On voit ressortir le cortège d
experts habituels, indépendants ou non et des pseudo conférences pour, soit minimiser lincident, soit pointer du doigt des anomalies de fonctionnement en faisant semblant de croire que le nucléaire peut être sûr sil est bien géré.

Les leucémiques rient jaunes.

Nous ne nous contenterons pas de réclamer plus de contrôle et plus de transparence en matière de nucléaire ni même de lutter pour l
environnement en changeant nos ampoules. Que dire enfin de ceux qui sérigent en lobby antinucléaire pour faire pression sur les élus (qui profitent du nucléaire), ou sur l’État, et renforcent ainsi son rôle de gestionnaire pseudo-bienveillant… Sans parler de ceux qui veulent un nucléaire «100% public, donc moins radioactif !»…

En Biélorussie le programme européen Ethos apprend aux gens à vivre avec la radioactivité après un accident (ici Tchernobyl), pour promouvoir «un développement durable sous contrainte radiologique». En clair, les populations participent «démocratiquement» à la gestion de leur lente (ou rapide) agonie en territoire contaminé !

Et ici, que penser des sempiternelles manifs citoyennes qui accompagnent chaque incident jugé un peu trop préoccupant ? Ne servent-elles pas, elles aussi, à une forme de gestion participative, en canalisant la révolte ? Ces manifestations sont l
occasion de focaliser des critiques, qui pourraient être plus radicales apparaissant ici ou là. La fausse conscience se met en marche, mais pour quoi faire, pour aller où ? Grâce à cette forme de critique, le pouvoir peut mesurer le niveau dacceptation des citoyens cobayes vis à vis des conditions de leur exploitation…

Depuis toujours les «forces de l
ordre», les magistrats, les gouvernants et l’État en général méprisent, humilient, violentent et parfois tuent les habitants des quartiers populaires, les pauvres dici et dailleurs. À Romans, les habitants de la Monnaie ont su clarifier en actes des problèmes existants (société nucléaire = société policière) à 600 mètres de lusine nucléaire.

Nous ne réclamons pas un débat démocratique. La seule démocratie valable pour nous, c
est la démocratie directe.

L
heure est à la lutte, certains ont commencé : des blocages de trains de déchets et des occupations de pylônes ont eu lieu en Normandie, des sabotages moins médiatiques ont régulièrement lieu un peu partout. Arrêtons de pleurnicher en comptant les becquerels et les kilos duranium rejetés, on ne peut prier pour être débarrassé de maux dont on persiste à vouloir les causes. La seule position conséquente est la sortie immédiate du nucléaire et la destruction de cette société spectaculaire marchande, seule solution pour stopper la boulimie énergétique.

Attaquons le nucléaire et son monde
partout où c’est possible !
Arrêtons de gérer les nuisances :
Détruisons-les !

CNT-AIT Valence & F.D.H.F.
c/o Le Laboratoire, 25 octobre 2008.
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Vendredi 17 octobre 2008

Samedi 25 octobre, manifestation contre le nucléaire à Tricastin. Le collectif anti-nucléaire 84 (composé de membres des Verts, de Greenpeace, Sortir du nucléaire, de citoyens et d’anars) organise une «Marche pour la vie» (contre le nucléaire) de Tricastin à Bollène (allez simple), rendez-vous à 14 heures devant la centrale.
Nous appelons à rejoindre cette manifestation (rencard en queue de cortège) pour y faire entendre un autre son de cloche : Contre le nucléaire et son monde c’est-à-dire Contre le capitalisme !
Quelques AvignonaisES

Le nucléaire c’est capital

Les «incidents» nucléaires à répétition, notamment au Tricastin, font la une des médias depuis cet été. Il y a peu, cela occupait tout au plus quatre lignes au fond d’un quotidien local. Ce type d’«incidents» (niveau 0 ou 1) ne s’est pourtant pas multiplié, puisqu’on en relève plus de 80 chaque année. On peut donc s’
interroger sur cette nouvelle stratégie médiatique de lindustrie nucléaire quon nous présente comme celle de la «transparence», qui suscite des réactions dont les autorités sétonnent :
«Si a chaque fois que nous sommes transparents, nous provoquons des craintes, il y a un problème.» (Anne Lauvergeon, Libération du 19/07/08)
«Le revers de la transparence, cest le risque de psychose.» (Jean-Pierre Lambertin, maire de Lapalud et vice président du conseil de région, Le Dauphiné Libéré du 18/07/08)
Dans la perspective des nucléocrates, il est logique que les craintes et inquiétudes des populations soient qualifiées de psychose et quelles deviennent le centre du problème (et non pas les Kg duranium perdus dans la nature). Ils montrent comment ils gèrent la situation : en colmatant les brèches, en mettant les fautifs à lamende, en indemnisant les riverains, et en exprimant leurs «regrets pour toutes les inquiétudes posées».

Cette «transparence» a pour effet de banaliser les accidents nucléaires par un flot d
informations. On peut même supposer que cela en est lobjectif, quil sagit de connaître les limites, de savoir jusquoù peut aller le mécontentement. Et sur ce sujet, les autorités peuvent être rassurées : les populations locales (les cobayes ?) se sont contentées, jusquà présent, de demander des indemnisations.

Pas d
inquiétude, cest démocratique ! La démocratie est là pour rassurer, détourner lattention, nous faire croire que nous participons à un jeu dont nous navons pas fixé les règles. Et quimporte si avant, tout était plus opaque que transparent. L’État (gouvernements de droite et de gauche) a certes imposé le choix et la poursuite du programme nucléaire, et pas selon ses critères «démocratiques», mais en ce qui concerne les accidents, il se targue pour linstant dêtre «transparent et démocratique».

On peut encore aller plus loin : en Biélorussie, ce sont les populations qui n
ont pas été évacuées qui gèrent leur mort lente. Sur les conseils dexperts, elles font elles-mêmes les analyses de radioactivité et tentent de suivre tout un programme de gestes quotidiens pour ne pas trop sexposer aux radiations. Ainsi, les autorités peuvent affirmer que si les habitants développent un cancer, cest uniquement parce quils ne respectent pas ces indications. Cest une façon «démocratique» dautogérer son cancer (ce qui devrait réjouir les partisans de lautogestion). On ne sera pas surpris dapprendre que des experts français sont sur place, prennent des notes et tirent des enseignements…

La démocratie n
est peut-être pas parfaite mais elle protège au moins nos libertés, non ? En plus, elle nous préserve du fascisme ! Pourtant cette belle démocratie a souvent montré par le passé quelle peut décider de seffacer discrètement pour devenir bien plus autoritaire. Il est fort probable quen cas daccident majeur, l’État norganisera pas de réunions avec les différentes instances citoyennes afin de gérer le problème. Cest larmée qui prendra les choses en main. Si Tricastin nous pète à la gueule, ce sont les militaires qui seront chargés dévacuer ou de parquer les millions dhabitants de la vallée du Rhône (à l’image du traitement réservé à la population de la Nouvelle Orléans lors de louragan Katrina).

Le nucléaire au moins révèle la démocratie telle qu
elle est : une farce qui nous donne lillusion que nous décidons, alors que ce sont en réalité quelques élus et dirigeants (parfois après consultation de militants professionnels et/ou de la population, et seulement en cas daccidents minimes). La démocratie est le mode le plus adapté actuellement à la gestion du capital et donc du nucléaire.

C
est à ce jeu de dupes que participent nombre d’associations citoyennistes, ces tocards, qui ne parlent pas de larrêt du nucléaire, et qui se contentent de demander une meilleure gestion et des contrôles plus rigoureux. Sans parler de ceux qui veulent un nucléaire «100% public, donc moins radioactif !»… Que dire enfin de ceux qui sérigent en lobby antinucléaire pour faire pression sur les élus (qui profitent du nucléaire), ou sur l’État, et renforcent ainsi son rôle de gestionnaire pseudo-bienveillant…

Si l
industrie nucléaire a le vent en poupe, cest quelle est la plus adaptée pour produire lénergie dont ce monde capitaliste a besoin ; quimporte sa nocivité ou ses dangers (radiations, déchets, cancers, etc.). Elle nest que lextrême caricature dun système industriel qui produit sans cesse des nuisances (agro-alimentaire, amiante, cancer toujours, etc.). Le nucléaire ne disparaîtra donc que si une nouvelle énergie économiquement plus intéressante est à même de la remplacer… ou si un mouvement de protestation de grande ampleur ayant pour base les populations locales, entre en conflit direct avec l’État sans chercher à négocier ni à le convaincre, mais le considère pour ce quil est : un ennemi, un péril pour notre existence même. Cest se leurrer que de vouloir lutter contre le nucléaire sans se débarrasser de la société et du système économique qui le font exister. Comme le disait lautre : «Toute contestation partielle rejoint la fonction répressive du vieux monde.»

À bas le nucléaire
À bas le capitalisme
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Lundi 22 septembre 2008

Les populations dabeilles domestiques déclinent partout dans le monde. Pourquoi ? Les causes possibles de cette érosion sont au centre de vifs débats. Mais, alors que scientifiques et apiculteurs en discutent, les premiers effets sur la production de fruits et légumes se font dores et déjà sentir aux États-Unis.
Dennis van Engelsdorp, 39 ans, chercheur au département dagronomie de luniversité de Pennsylvanie, est lun des premiers scientifiques à avoir décrit, à lautomne 2006, ce que les Américains ont baptisé le Syndrome deffondrement des colonies (Colony Collapse Disorder, ou CCD).

Comment définir le Syndrome d
effondrement des colonies dabeilles ?
Disons qu
il sagit dun phénomène caractérisé par la disparition brutale — quelques jours à quelques semaines — de la quasi-totalité dune colonie. On ne retrouve dans la ruche que la reine et les individus les plus jeunes. Quant aux cadavres des individus adultes, ils ne sont pas retrouvés dans la ruche, ni même à proximité.

L
érosion des populations dabeilles ailleurs quaux États-Unis est-elle caractérisée par de tels phénomènes ?
Dans plusieurs pays européens, en tout cas, des situations similaires ont été rapportées. Mais au-delà de ce que nous nommons CCD, nous constatons une surmortalité annuelle supérieure à 30% dans tous les pays où il existe une documentation correcte de la mortalité des abeilles. Ce rythme ne pourra pas être supporté longtemps.

Quelles sont pour l
heure les répercussions économiques de cette situation ?
Aux États-Unis, la problématique est particulière, parce que nous avons de très gros apiculteurs, dont certains gèrent jusqu
à 40.000 colonies. En Europe, un apiculteur soccupe de quelques centaines de colonies tout au plus.

Surtout, aux États-Unis, un apiculteur sur deux ne vit pas du commerce de miel, mais de la transhumance de ses ruches. C
est, à la différence de ce qui se passe en Europe, une véritable industrie, avec des apiculteurs qui chargent plusieurs centaines de colonies par camion et qui parcourent le pays pour vendre aux grandes exploitations de fruits et légumes un service de pollinisation.

Par exemple ?
Par exemple, un apiculteur de Pennsylvanie commencera la saison sur les plantations d
oranges de Floride, puis il reviendra en Pennsylvanie poser ses ruches dans les plantations de pommes, puis chez les producteurs de myrtilles du Maine, puis en Californie dans les grandes plantations damandes…

À chaque fois, il loue aux producteurs les services de pollinisation de ses abeilles. La question économique ne se limite donc pas à la production de miel, mais se répercute largement sur les coûts de production des fruits et légumes.

L
impact se fait-il déjà sentir ?
Jusqu'à présent, les apiculteurs ont globalement réussi à répondre à la demande de pollinisation. Mais si l
on continue encore trois ou quatre hivers avec des mortalités dabeilles de plus de 30%, on va commencer à voir des apiculteurs mettre la clé sous la porte.

Il y a un vrai risque. La Californie, par exemple, produit 80% des amandes consommées dans le monde. Aujourd
hui, il faut la moitié des 2,4 millions de colonies dabeilles américaines pour polliniser ces plantations damandiers. En 2012, si tout continue au même rythme, il ny aura plus suffisamment dabeilles aux États-Unis pour polliniser ces seules cultures.

Déjà, la réduction des populations d
abeilles se fait sentir : auparavant, les apiculteurs louaient la colonie dabeilles entre 45 et 65 dollars (32 à 46 euros). Cette année, le prix payé par les producteurs damandes se situe autour de 170 dollars (120 euros) par colonie. Globalement, le coût de la pollinisation a augmenté pour tous les types de producteurs.

Et, pour la première fois, des producteurs de concombres de Caroline du Nord ont réduit leur production jusqu
à 50% simplement parce quils nont pas trouvé suffisamment de colonies disponibles pour assurer la pollinisation.

Et les pollinisateurs sauvages ?
Aux États-Unis, il y avait trois principales espèces de bourdons (qui, comme les abeilles domestiques, comptent parmi les insectes pollinisateurs) : l’une est éteinte et les deux autres sont menacées. En Europe, une étude récente a montré que les insectes pollinisateurs sauvages sont aussi en déclin, ce qui provoque celui de plusieurs plantes sauvages qui en dépendent.

Y a-t-il aux États-Unis un débat sur les pesticides et leur implication dans le déclin des abeilles ?
Oui. L
une de nos priorités est dailleurs danalyser les résidus de pesticides dans les ruches. Mais quand nous relevons des échantillons dans les ruches, atteintes ou non par le CCD, nous ne trouvons pas de traces conséquentes de résidus chimiques. Cependant, il nest pas exclu que les pesticides aient des effets sublétaux plusieurs semaines après lexposition, provoquant par exemple un affaiblissement du système immunitaire des insectes.

Et les ondes électromagnétiques émises par les antennes-relais ou encore les cultures génétiquement modifiées…
Les auteurs de la seule publication suggérant un lien éventuel avec la téléphonie mobile se sont rétractés. Quant aux endroits aux États-Unis où il y a le plus de cultures de maïs Bt, ils ne correspondent pas aux zones où les plus fortes mortalités sont relevées… Seule une étude européenne a suggéré que des abeilles exposées à des cultures génétiquement modifiées pouvaient être plus sensibles à certains pathogènes. Nous savons une chose : nous retrouvons chez beaucoup d
abeilles touchées par le CCD une sorte de virus grippal nommé Israeli Accute Paralysis Virus (IAPV). Mais toute la question est de savoir pourquoi il devient mortel dans certaines colonies et pas dans dautres… En létat des connaissances, on ne peut quattribuer le déclin des abeilles à un ensemble de causes, et non à une en particulier.

Propos recueillis par Stéphane Foucart
Le Monde, 19 septembre 2008.
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Lundi 15 septembre 2008
Projection et débat le samedi 20 septembre 2008, à 18 heures, au 43, rue de Stalingrad, à Montreuil [Politiciens, en particulier politiciens écologistes installés à la mairie de Montreuil, s’abstenir !] Métro Croix-de-Chavaux.

Pendant des dizaines d’années, l’institution scolaire, t’a rabâché : «N’aies pas peur, t’occupes de rien, tout va bien, tout ira bien, y en a qui pensent pour toi et qui assurent pour toi.» Mais le monde est de plus en plus invivable. L’industrie nous empoisonne et nous tue à petit feu, comme le montre la multiplication des accidents dans les installations nucléaires au Tricastin et ailleurs, ponctués de catastrophes qui nous exterminent en gros et en détail, comme celle de Tchernobyl, il y a vingt ans. Le désastre est tel qu’il est devenu impossible de le cacher.

Voilà pourquoi, dans l’Éducation nationale aussi, le ton change. Au nom du «développement durable» et de «l’écoresponsabilité», on t’explique désormais que nous sommes tous dans la même galère et que nous devons tous être solidaires aux bancs de rames pour que la galère ne coule pas. Dans les établissements scolaires, le ministère de l’Éducation va donc généraliser les Plans particuliers de mise en sûreté (PPMS) et les opérations de simulation de catastrophe dès la rentrée. Il veut effectuer davantage d’exercices de confinement car, en cas de pépin l’une des premières mesures des PPMS, c’est de cloîtrer les élèves dans les classes, d’interdire aux parents de venir les chercher et d’obéir sans broncher aux ordres de l’autorité.

Pas besoin de réfléchir longtemps pour comprendre que les mesures d’urgence de l’État ne protégent personne des retombées dangereuses, des quotidiennes ou des «exceptionnelles» qui durent des décennies, des siècles, parfois des millénaires dans le cas du nucléaire, et se foutent des «confinements», des «périmètres de sécurité» et autres «mises en sûreté» locales et momentanées. Comme le nuage de Tchernobyl qui a tourné pendant des années, sans tenir compte des frontières, autour de la planète, semant la désolation derrière lui. Si, demain, la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine, située à 80 kilomètres en amont de Paris pète, même les rats auront peu de chance de s’en tirer indemnes.

En réalité, avec les devoirs et les simulations sur la «gestion des risques», l’institution scolaire compte t’inculquer tes devoirs de citoyen : penser et parler lorsque l’autorité t’y autorise, croire ce qu’elle affirme, se méfier des individus, y compris des proches qui n’avalent pas le discours officiel, dénoncer les inconnus, présentés comme des dangers potentiels pour ta sécurité, pour celle de l’État comme «terroristes». Elle t’apprend, par la peur et par la contrainte, à accepter et à gérer la société de merde et ses poubelles que l’État et les industriels produisent depuis longtemps et qu’ils veulent maintenir le plus longtemps possible, même au prix des pires catastrophes. Ils veulent t’accoutumer à survivre dans des milieux mortifères. Et par leurs mesures de protection en cas de désastre, ils te prennent en otage, comme d’ailleurs ta famille et tes amis.

N’oublie jamais que le seul risque que le capitaine de la galère redoute en cas de tempête, c’est la mutinerie, le risque que des galériens n’acceptent pas ses mesures de contrainte, se rencontrent, s’entendent et se révoltent ensemble contre lui, contre le monde d’esclavagistes qu’il protège.

Des électrons libres.


Quelques préconisations du ministère de l’Éducation, en 2007, en cas d’accident majeur, sur les rapports entre la hiérarchie scolaire et les familles, les journalistes…
— Rappeler qu’il ne faut pas venir chercher les enfants.
— Recevoir avec prudence les informations personnelles souvent subjectives.
— Indiquer la radio qui relaie les informations objectives données par le préfet.
— Informer en respectant les instructions du préfet.
— Avoir des relations avec la presse en conformité avec les consignes du préfet.
— Signaler les incidents aux autorités.
— Le préfet a autorité pour réquisitionner biens et personnes, pour informer : le chef d’établissement est placé sous son autorité.
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Dimanche 14 septembre 2008

Pour certains chasseurs, notamment ceux sans fusil, cette classification place le chien avant eux. La présence du chien entre le chasseur et le gibier assure la liaison entre lhomme et la nature sauvage.

Bernard fait partie de cette catégorie de chasseurs sans fusil, qui trouvent leur plaisir uniquement à travers le travail du chien. Issue de l
ancestrale vénerie, sa meute de chiens courants lui apporte, à elle seule, tous les éléments nécessaires pour élever la pratique de la chasse au niveau dun art de vivre. Pour lui, la confrontation de lanimal avec la meute constitue une sorte de fête sauvage au cours de laquelle le gibier peut jouer sa chance en utilisant les ruses héritées de limpitoyable nécessité de survie en milieu naturel. Au cours de cet affrontement, le chien éprouve une véritable exaltation, expression dune joie intense qui se transmet au meneur.

Transcendé, celui-ci peut accéder alors à un état second qui le mène en osmose totale avec la nature. L
homme libre, libéré alors de toutes contraintes, le chien, lanimal sauvage et lenvironnement ne constituent plus quune seule entité. Bernard explique ce phénomène par la présence dune part danimalité au cœur de lêtre humain. Cette portion danimalité autrefois importante se trouve généralement atrophiée par les nouvelles conditions de vie transformées par un exode rural massif. Cette modification expliquerait le désintérêt voire lhostilité de certaines personnes à légard de la chasse. Pourtant, la tendance actuelle de retour vers la nature peut procurer à certains lopportunité de retrouver cet instinct conservé en germe au fond de chaque individu.

Pour conforter la légitimité de la chasse, une éthique rigoureuse est nécessaire. La présence du chien entre le chasseur et le gibier assure la liaison entre l
homme et la nature sauvage, évitant ainsi la confrontation directe dans un combat forcément inégal. Quil soit courant, darrêt, dordre, retriever, de sang ou terrier, chaque chien dans sa catégorie se situe au centre de la chasse et contribue à un acte éventuel de prélèvement. Il possède également un fort pouvoir attractif auprès des non chasseurs et particulièrement chez les jeunes, parfois chasseurs en devenir. Cet attrait ancestral de lhomme envers le chien explique lafflux important du public pour assister à toutes les manifestations et concours impliquant des chiens. Dans une époque où lacte de chasse ne se justifie plus comme fonction purement alimentaire, il doit retrouver, au-delà des simples actions de gestion des populations, toutes ses valeurs en matière de noblesse, de beauté et de plaisir.

Pour atteindre ce but, la présence effective du chien au centre de l
action savère indispensable.

André Jeanpierre

L’action de chasse aux chiens courants

Héritée de la vénerie, ce type de chasse obéit à des règles précises, exprimées dans un langage riche et bien particulier. Tout d’abord, la meute libérée (découplée) doit commencer la «quête» dont le but est de trouver l
endroit (reposée) où le gibier sest nourri pendant la nuit. Ce but atteint il sagit par le «rapprocher» de trouver lendroit (retirée) où il se trouve, pour le mettre en fuite (lancer). Le chasseur sinterdit à cet instant de tirer lanimal devenu dans linstant vulnérable alors que commence la phase la plus passionnante, la poursuite (menée). Plus ou moins longue, à lissue toujours incertaine car donnant la chance au gibier déchapper à la meute, elle peut se conclure par lintervention du meneur ou de tireurs postés ou par la capture du gibier par la meute elle-même, acte qui constitue la récompense suprême pour les chiens (curée). Ce mode de chasse appliqué au lièvre (spécialisation appelée créance) prend toute sa subtilité par les trésors de ruses propres à cet animal et par la faiblesse de la trace olfactive (la voie) qui permet au chien de tenir la piste. Le meneur est informé de lévolution de la chasse par les cris de ses chiens (les récris). Ce dialogue interne à la meute, sorte de symphonie à plusieurs partitions, indique la présence dune voie et fournit des informations sur la position de lanimal poursuivi.

Les qualités du chien courant

En règle générale, le chien courant doit savoir se tenir en meute et donner de la voix pendant le rapprocher et la menée. Sa bonne résistance physique doit lui permettre de tenir la poursuite le plus longtemps possible. Il devra être sage, obéissant sans être soumis, avoir de l
initiative et un bon retour. Il devra répondre au moins à une ou plusieurs des spécialités assurées au sein de la meute que lon définit ainsi : le chien de charge qui possède une aptitude à bien conserver la voie ; le chien de chemin, qui, grâce à la subtilité de son flair, sadapte aux natures de sol difficiles comme la rocaille, le bitume ou les étendues sableuses ; le rapprocheur, qui est particulièrement efficace dans le suivi de la voie de la nuit précédente, trace fine dont les molécules olfactives sont souvent très élevées par rapport au sol ; le lanceur qui est chargé de mettre lanimal debout.

Recette : la terrine de lièvre

Faire mariner pendant 48 heures dans du vin rouge le lièvre découpé en plusieurs morceaux avec 300 g de veau. Assaisonner cette marinade avec oignons, échalotes, ail, persil, le tout bien haché. Ajouter du sel et du poivre. Ajouter également, une branche de thym, deux feuilles de laurier, deux clous de girofle, deux grains de genièvre. Ces derniers ingrédients seront retirés avant le façonnage de la terrine. Retirer la viande de la marinade, détacher la chair des os et la couper en filets. Mélanger le foie du lièvre haché avec 500 g de chair à saucisse. Couper 250 g de lard en petits filets. Tapisser une terrine de bardes de lard et disposer en intercalant deux couches de filets, une couche de chair à saucisse et une barde de lard. Mettre le couvercle à la terrine et la faire cuire dans le four, au bain-marie, pendant au moins 2 heures 30 à 3 heures.

Le Progrès (édition du Jura), 14 septembre 2008.
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