Dépassement de l'art

Jeudi 13 août 2009
Les situationnistes avaient annoncé dans les années cinquante et soixante le «dépassement» et la «réalisation» de l’art. Pour eux, l’art avait perdu sa raison d’être et son histoire était terminée ; et Guy Debord a réaffirmé en 1985 que cette proclamation n’était pas exagérée, parce que «depuis 1954 on n’a jamais plus vu paraître, où que ce soit, un seul artiste auquel on aurait pu reconnaître un véritable intérêt» [Guy Debord, préface à Potlach 1954-1957, éditions Gérard Lebovici, 1985].

Si l’on prend au sérieux les thèses situationnistes — et il est devenu difficile de ne pas le faire  — alors surgit inévitablement cette question : comment se poser aujourd’hui face à la production artistique qui a continué dans le demi-siècle qui nous sépare de la fondation de l’I.S., et dans des proportions auparavant inimaginables ? La condamner en bloc est assurément très cohérent, mais n’offre aucune explication de ce qui est advenu, c’est-à-dire l’échec du projet historique de réaliser l’art dans la vie. Le dépassement de l’art tenté par les situationnistes a été en vérité un projet de sauver l’art, une dernière grande déclaration d’amour pour l’art et la poésie, jugés trop importants pour être laissés aux artistes et aux institutions culturelles. Ce n’était pas la créativité artistique que les situationnistes considéraient comme périmée, mais la fonction sociale de l’art, devenu incapable de contenir les richesses possibles de la vie humaine.

On doit admettre — et Debord lui-même l’a fait — que la réalisation de l’art n’a pas eu lieu. L’assaut du ciel est retombé sur terre, la société capitaliste spectaculaire, sérieusement ébranlée autour de 1970 (et il n’y avait pas que des révolutionnaires exaltés pour l’affirmer — il suffit de lire les rapports du patronat de l’époque [Par ex. en Luc Boltanski/Ève Chiapello, Le nouvel esprit du capitalisme, Gallimard 1999, p. 249]) a réinstauré son règne sans partage, qui voit pointer à son horizon non plus la révolution, mais la chute définitive dans la barbarie généralisée. Dans cette situation, l’art qui, dans les années soixante, pouvait aux yeux des esprits les plus «avancés» sembler trop peu par rapport au «grandiose développement possible» [Internationale situationniste no 8  (1964)], ferait aujourd’hui figure de dernier refuge de la liberté. S’il n’est pas la richesse humaine réalisée, il pourrait être au moins ce qui en tient lieu, le souvenir, l’annonciation de sa venue possible. Ce serait mieux que rien. On pourrait donc finalement donner raison aux thèses de Theodor W. Adorno avec une argumentation «situationniste».

Mais si, du point de vue d’une critique radicale du monde existant (qui trouve nécessairement une de ses racines dans la pensée de Debord) il semble possible — du fait de l’évolution historique, et faute de mieux — d’admettre à nouveau la possibilité d’un art contemporain en général, cela ne signifie pas forcément faire l’éloge de cet «art contemporain», c’est-à-dire de la production artistique qui a effectivement eu lieu après 1975. La réflexion théorique n’a pas pour tâche de justifier le présent ou de le glorifier — et cela est vrai non seulement pour la politique ou l’économie, mais aussi pour l’art. Avant d’analyser ce que font les artistes d’aujourd’hui (ou ceux que le marché, les médias et les institutions désignent comme tels) il faudrait peut-être poser une question préalable : quelles attentes  peut-on formuler légitimement à l’égard de l’art contemporain ?

Bien sûr, certains nieront a priori la pertinence de tout discours sur l’art contemporain fondé sur une théorie sociale. Aujourd’hui, dans la «démocratie plurielle» évoquée onctueusement à longueur de journée, chacun, artiste et public, est libre, dit-on, de faire son choix dans la pluralité des pratiques et d’y effectuer son zapping selon ses envies. Tout jugement de valeur qui se veut objectif, surtout s’il se fonde sur des considérations non strictement internes à l’œuvre, passe alors pour démodé, voire totalitaire.

Il n’y a rien qu’on puisse objecter à cette conception libérale de l’art : chacun est effectivement libre de s’y adonner comme il est libre de manger chez McDonalds, de regarder la télévision, ou de voter aux élections. En revanche, ceux qui ne s’en accommodent pas, ou qui prétendent au moins qu’il devrait être possible d’élaborer quelques critères qui ne soient pas purement subjectifs pour parler des produits culturels et juger de leur importance, seraient peut-être d’accord sur ce point de départ minimal : les productions culturelles font partie de la sphère symbolique, de ces structures avec lesquelles les hommes ont toujours tenté de se représenter et de s’expliquer à eux-mêmes la vie et la société, et parfois aussi de les critiquer. On peut s’interroger alors sur la capacité de l’art contemporain à créer des symboles qui ne seraient pas purement personnels, mais qui correspondraient à un vécu plus large, et sur cette base on pourrait risquer quelques opinions sur les créations d’aujourd’hui.

La question ne doit pas être posée de façon abstraite : il ne s’agit pas de déterminer une essence intemporelle de l’art au-delà de ce que nous venons d’énoncer, mais de parler du hic et nunc. Quels sont les traits essentiels de la vie d’aujourd’hui qui demandent une traduction sur le plan symbolique ? Il ne peut pas s’agir simplement d’injustices, de guerres et de discriminations, parce que celles-ci forment depuis longtemps le tissu de l’existence sociale. Plus spécifiquement, l’époque «contemporaine» se distingue par la prévalence désormais totale de ce phénomène que déjà Karl Marx a appelé le fétichisme de la marchandise. Ce terme indique bien plus qu’une adoration exagérée des marchandises, et il ne se réfère pas non plus à une simple mystification. Dans la société moderne — capitaliste et industrielle — presque toute activité sociale prend la forme d’une marchandise, matérielle ou immatérielle. La valeur de la marchandise est déterminée par le temps de travail nécessaire à sa production. Ce ne sont pas les qualités concrètes des objets qui décident de leur sort, mais la quantité de travail qui leur est incorporée — et celle-ci s’exprime toujours dans une somme d’argent. Les produits de l’homme commencent ainsi à mener une vie autonome, régie par les lois de l’argent et de son accumulation en capital. Le «fétichisme de la marchandise» est à prendre à la lettre : les hommes modernes — tout comme ceux qu’ils nomment les «sauvages» — vénèrent ce qu’ils ont produit eux-mêmes, en attribuant à leurs idoles une vie indépendante et le pouvoir de les gouverner à leur tour. Il ne s’agit pas d’une illusion ou d’une tromperie, mais du mode de fonctionnement réel de la société marchande. Cette logique de la marchandise domine désormais tous les secteurs de la vie, bien au-delà de l’économie (et la théorie du spectacle de Debord en reste une des meilleures descriptions). Parmi les très nombreuses conséquences de cette religion matérialisée, il faut ici mentionner la suivante : en tant que marchandises, tous les objets et tous les actes sont égaux. Ils ne sont rien d’autre que des quantités plus ou moins grandes de travail accumulé, et donc d’argent. C’est le marché qui exécute cette homologation, au-delà des intentions subjectives des acteurs. Le règne de la marchandise est donc terriblement monotone, et il est même sans contenu. Une forme vide et abstraite, toujours la même, une pure quantité sans qualité — l’argent — s’impose peu à peu à la multiplicité infinie et concrète du monde. La marchandise et l’argent sont indifférents au monde qui n’est pour eux qu’un matériel à utiliser. L’existence même d’un monde concret, avec ses lois et ses résistances, est finalement un obstacle pour l’accumulation du capital qui n’a d’autre but que lui-même. Pour transformer chaque somme d’argent en une somme plus grande, le capitalisme consomme le monde entier — sur le plan social, écologique, esthétique, éthique. Derrière la marchandise et son fétichisme se cache une véritable «pulsion de mort», une tendance, inconsciente mais puissante, à l’«anéantissement du monde».

L’équivalent du fétichisme de la marchandise dans la vie psychique individuelle est le narcissisme. Ici, ce terme n’indique pas seulement une adoration de son propre corps, ou de sa propre personne. Il s’agit d’une grave pathologie, bien connue en psychanalyse : une personne adulte conserve la structure psychique des toutes premières années de son enfance où il n’y a pas encore distinction entre le moi et le monde. Tout objet extérieur est vécu par le narcissique comme une projection de son propre moi, et en revanche ce moi reste terriblement pauvre à cause de son incapacité à s’enrichir dans de véritables relations avec des objets extérieurs — en effet, le sujet, pour ce faire, devrait d’abord reconnaître l’autonomie du monde extérieur et sa propre dépendance à son égard. Le narcissique peut apparaître comme une personne «normale» ; en vérité il n’est jamais sorti de la fusion originaire avec le monde environnant et fait tout pour maintenir l’illusion de toute-puissance qui en découle. Cette forme de psychose, rare à l’époque de Freud, est devenue au cours du siècle l’une des affections psychiques principales ; on peut en voir les traces un peu partout. Non par hasard : on y retrouve la même perte du réel, la même absence de monde — d’un monde reconnu dans son autonomie fondamentale — qui caractérise le fétichisme de la marchandise. D’ailleurs, cette dénégation résolue de l’existence d’un monde indépendant de nos actions et de nos désirs a représenté dès le début le centre de la modernité : c’est le programme énoncé par Descartes lorsqu’il découvre dans l’existence de sa propre personne la seule certitude possible.

Or, on peut s’attendre à ce que l’art contemporain, s’il veut être plus qu’une branche de l’industrie culturelle, tienne compte de ce détraquement si grave du rapport entre l’homme et son monde, qui n’est pas un destin métaphysique, mais la conséquence de la logique de la marchandise. George Lukács reprochait déjà à l’art d’avant-garde son «absence de monde» ; aujourd’hui, ce terme prend une signification nouvelle. Il semble alors légitime d’espérer l’apparition d’œuvres qui laissent entrevoir la possibilité d’arrêter la dérive vers l’inhumain et qui sauvegardent l’horizon ultime d’une réconciliation future entre l’homme et le monde, l’homme et la nature, l’homme et la société, et cela sans trahir cette perspective avec la prétention de sa réalisation immédiate ou déjà advenue. On peut discerner une telle orientation vers la réconciliation dans les œuvres — au sens le plus large — qui prêtent une véritable attention à leur matériel, que ce soit la pierre, le tissu, l’environnement, la couleur ou le son. Le monde est plein d’architectes qui ignorent tout des propriétés des matériaux qu’ils emploient (la nouvelle Bibliothèque nationale à Paris en est un cas d’école), de stylistes qui ne savent pas comment tombe un tissu, de peintres qui seraient incapables de dessiner une pomme. C’est la culture du «projet» pour lequel le matériel n’est trop souvent qu’un support inerte que le sujet peut manipuler pour y déposer ces «idées». C’est une forme de narcissisme et de dénégation du monde, ressenti comme trop indocile aux sentiments de toute-puissance du consommateur. Explorer les potentialités et les limites du matériel, du son, des mots, et voir où on peut arriver ensemble, au lieu de les plier à sa volonté, constitue ainsi un premier pas vers un rapport moins violent avec le monde, les autres hommes, la nature. Cela n’est pas un plaidoyer pour un art «objectif» ou un refus de l’introspection et de toute œuvre où le sujet s’occupe de lui-même : on peut comprendre, et dire, beaucoup de choses sur le «monde» en regardant à l’intérieur de soi (et on peut aussi parler du monde extérieur sans y trouver en vérité autre [chose] que des reflets de soi-même).

La logique fétichiste traverse la société entière, et aussi chaque individu. Elle ne permet pas de distinguer nettement entre acteurs et victimes, oppresseurs et opprimés, exploiteurs et exploités, bons et méchants. Tout un chacun participe à cette logique (mais pas de la même manière). C’est pourquoi la bonne volonté (par exemple, l’intention de se battre contre les préjugés, ou pour les victimes du Sida) ne suffit pas. Pousser les individus à être un peu plus gentils et conviviaux dans leur vie quotidienne, comme le propose l’«esthétique relationnelle», dégrade l’art en thérapie contre la froideur du monde. S’il veut briser la dureté des individus fétichistes et narcissiques, l’art lui-même doit être dur et difficile. Cela ne veut pas dire volontairement cryptique, mais exigeant. Cet art doit heurter — non des conventions morales déjà complètement ébranlées, mais l’entêtement des êtres humains dans leur existence empirique, leur pétrification dans les catégories courantes (ce qui aujourd’hui n’exclut pas la liquéfaction la plus extrême). Idéalement, ce ne sont pas les œuvres qui doivent plaire aux hommes, mais les hommes qui devraient tenter de suffire aux œuvres. Il ne revient pas au spectateur/consommateur de choisir son œuvre, mais à l’œuvre de choisir son public, en déterminant qui est digne d’elle. Ce n’est pas à nous de juger Beethoven ou Malevitch ; ce sont eux qui nous jugent et qui jugent de notre faculté de jugement. L’art, s’il ne veut pas participer à la marche de ce monde, doit s’abstenir de venir à la rencontre des «gens», faciliter leur vie, rendre la société plus sympathique, être utile, plaire ; il reste plus fidèle à sa vocation lorsqu’il s’oppose à la communication facile et s’efforce de confronter son public avec quelque chose de plus «grand» que lui. Il ne faut pas aimer les hommes, mais ce qui les dévore.

Mais est-ce que ce genre d’œuvres va arriver ? Les signaux ne sont guère encourageants. Il est beaucoup plus facile de dresser un constat du monde actuel que d’indiquer des œuvres qui en rendent vraiment compte, ou seulement de les imaginer concrètement. Encore moins voit-on avancer un courant artistique cohérent capable d’assumer l’état du monde, tel que l’ont fait la peinture abstraite réagissant au devenir-abstrait de la vie sociale au début du XXe siècle, ou le surréalistes, d’un côté, et les constructivistes, de l’autre, en offrant différents instruments pour réagir à l’irruption de la société industrielle dans la vie quotidienne et au «désenchantement du monde».

Il faut cependant poser la question : la situation actuelle de l’art contemporain, maintes fois déplorée, est-elle une simple aberration ? Est-ce la faute des artistes, des musées, des institutions ? Peut-on envisager une correction de la situation ? Une grande conférence de tous les professionnels de l’art qui décident de tout changer dans le monde de l’art ? Y a-t-il des artistes à valoriser qui sont actuellement négligés injustement, mais qui pourraient redresser la barre ? Faut-il refaire les programmes des écoles d’art ? Employer autrement les ressources que l’État alloue à la culture ? Rien n’est moins sûr. Le problème est plus grave. C’est l’état actuel de la société, et l’évolution qui l’a amené, qui rend si difficile toute autre situation de l’art. Le problème est que, depuis que quelque chose comme l’«art» existe — à partir de la Renaissance — jamais son rôle social a été si petit, jamais son existence si marginale, bien qu’on n’ait jamais vu une telle quantité d’artistes et une telle masse d’informations et de connaissances artistiques circuler dans le public, et de queues si longues devant les expositions. Le problème de l’art contemporain est son manque total de poids dans la vie collective, et le plus drôle c’est que ses professionnels s’en accommodent parfaitement — parce que ils n’ont jamais gagné autant. Mais y a-t-il des œuvres qui rendront compte, dans cent ans, de ce que nous sommes en train de vivre aujourd’hui ? Et y a-t-il des gens qui en ressentent la nécessité ?

Texte d’Anselm Jappe, auteur de Guy Debord. Essai, Denoël (2001) et Les Aventures de la marchandise. Pour une nouvelle critique de la valeur, Denoël (2003).
Critique radicale de la valeur, 11 mai 2009.
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Mardi 4 août 2009

Mondo Cane (1962)
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Lundi 2 février 2009
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Mercredi 28 janvier 2009
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Lundi 26 janvier 2009
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Dimanche 25 janvier 2009

Première partie du film de Pierre Carles, 2002

(la seconde partie est manquante)
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Samedi 24 janvier 2009
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Vendredi 23 janvier 2009
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Dimanche 18 janvier 2009
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Jeudi 25 décembre 2008
Bertrand Roger,

À propos de la non-programmation par mk2 de mon dernier film Choron, dernière (coréalisé avec Martin), j’ai reçu ce mèl de Nathanaël Karmitz en réponse à celui que je vous ai envoyé la semaine dernière.

Monsieur,
Vos propos sont tout simplement inacceptables. Pour votre parfaite information, nous avons informé votre distributeur depuis cet été que la date choisie était très chargée et que nous étions déjà engagé sur la sortie d’autres films à cette date au mk2 Beaubourg. De plus, et bien que vous ne vouliez pas lentendre, ce film na pas enthousiasmé notre programmateur contrairement à certains de vos précédents films. Manifestement cela vous est difficile à accepter mais cela na rien à voir avec vos affabulations et autres théories du complot.
Nathanaël Karmitz

Admettons que je sois un grand paranoïaque. Admettons que ce soit seulement parce que vous n’avez pas aimé Choron, dernière, que ce film ne sera pas à l’affiche du mk2 Beaubourg le 7 janvier 2009. Admettons que je sois un adepte de la «théorie du complot» et que les relations d’amitié entre Philippe Val, BHL et Marin Karmitz ne soient pour rien dans la non-programmation de Choron, dernière au mk2… Admettons.

Si l’on suit le raisonnement de votre directeur, on doit aussi considérer comme «affabulateurs» deux autres individus : Marie Demart, la programmatrice de Choron, dernière (avec Tadrart Films), et Jack Mercier qui a distribué en salles mon premier film
Pas vu pas pris (avec Cara M).

Marie Demart affirme n’avoir reçu une réponse négative de mk2 pour Choron, dernière qu’à la mi-décembre 2008 et non pas l’été dernier, comme le prétend Nathanaël Karmitz. C’était, en effet, tout simplement impossible : 3B productions n’a décidé que… fin septembre 2008 de sortir le film. Ce n’est qu’à partir de cette date que Marie Demart a pris contact avec les exploitants, dont vous à mk2. On en peut envisager que deux hypothèses : soit mk2 ment, soit c’est Marie Demart qui raconte n’importe quoi. Je pencherais pour la première.

Autre personne qui me semble difficilement pouvoir être qualifiée d’affabulateur : Jack Mercier, actuellement retraité, qui a laissé le souvenir d’un homme droit et intègre dans le monde de la distribution indépendante. En 1999, il a raconté dans un entretien à Charlie Hebdo que Marin Karmitz avait refusé de sortir Pas vu pas pris au mk2 de peur d’indisposer Canal +, mis en cause dans le film. Ses propos n’ont pas fait l’objet d’un démenti de la part de mk2.

Aujourd’hui, vous continuez d’entretenir l’illusion que mk2 serait un «petit» de l’exploitation cinématographique, défendant le cinéma indépendant, se battant pour «une autre idée du cinéma». Je ne suis pas le seul à penser que la réalité est tout autre. Voici ce qu’écrivait un lecteur du Monde le 14/12/08 :

Jai connu Marin Karmitz [cinéaste, producteur, exploitant, distributeur et fondateur de MK2, membre de la commission Copé sur lavenir de la télévision publique] au Moulin dAndé quand il tournait Coup pour coup [en 1972] dans lusine Blin & Blin à Elbeuf-sur-Seine. Jy jouais les figurants avec dautres pour faire «louvrier» du textile en guerre contre leur patron. À cette époque, Marin était du côté de la révolution. Aujourdhui, il trouve que Nicolas Sarkozy, le fossoyeur de Gaz de France, bientôt de La Poste, le bon ami du Medef, «a peut-être sauvé France Télévisions». [Le Monde du 9 décembre] Tout est dans le peut-être… parce que ça nest pas certain ?
Jean-Pierre J.

En octobre 2002, au moment de la sortie de mon troisième film Enfin pris ?, j’avais qualifié Marin Karmitz d’«imposteur» dans la revue de cinéma Repérages. En représailles, mk2 avait retiré le film de ses salles. Avec Choron, dernière, l’histoire se renouvelle. De père en fils.

Pierre Carles
Le Journal d’un homme moderne, 23 décembre 2008.



«Choron, dernière» - Communiqué de presse (suite)

Suite de l’assignation en référé de 3B et Tadrart Films
par MM. Cabu, Val et Wolinski le 19 décembre 2008.


Monsieur le Président du Tribunal de Grande Instance de Paris
(assignation en référé) a statué :

«Statuant par mise à disposition au greffe, par ordonnance contradictoire et en premier ressort,
Mettons hors de cause la société 3B ;
Disons n’y avoir lieu à référé pour le surplus ;
Condamnons M. Jean CABUT, M. Philippe VAL, M. Georges WOLINSKI aux dépens et à payer à la société 3B et à la société TADRART FILMS la somme de 1000 euros chacune par application de l’article 700 du Code de procédure civile.
Fait à Paris, le 19 décembre 2008.»

Le film CHORON, DERNIÈRE est LA seule riposte aux polémiques présentes et futures. Les enjeux du film de Pierre Carles et Martin vont, heureusement, bien au-delà d’une entreprise de dénigrement convenu. C’est le portrait d’un homme, le Professeur CHORON, qu’aujourd’hui encore, aucun mouvement politique ou idéologique ne peut, n’a pu et ne pourra «récupérer».

3B productions et Tadrart Films (Jean Bréhat et Muriel Merlin),
22 décembre 2008.



Voir aussi,
Inauguration du musée d’art contemporain à Marseille (1994)
Juppé, forcément… (1995)
Pas de calmants pour Jeanne (1996)
Le désarroi esthétique (1996)
Pas vu pas pris (1998)
Gauche / Droite (1999)
La sociologie est un sport de combat (2001)
Enfin pris ? (2002)
Danger travail (2003)
Volem rien foutre à la Coutellerie (2004)
Ni vieux ni traîtres (2006)
Volem rien foutre al païs : 1re partie - 2e partie (2007)
Martin sur Choron, dernière
Choron, dernière : Charlie Hebdo & Marin Karmitz contre Pierre Carles
Pas de Choron au mk2 Beaubourg
Procès «Charlie Hebdo» / «Choron, dernière» : revue de presse
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Vendredi 19 décembre 2008
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Samedi 16 août 2008
«Bande à part» (extrait, Jean-Luc Godard, 1964)


«The Dreamers» (extrait, Bernardo Bertolucci, 2003)
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Samedi 19 janvier 2008

Le 10 janvier cela fera déjà trois ans que le phare du 10 rue des Trois Portes s’est éteint… Pour ne pas oublier ce que Choron a apporté aux quelques rares humoristes encore drôles dans ce pays, Martin, qui est auteur pour le Groland, et Pierre Carles ont réalisé un magnifique documentaire afin de mieux cerner ce personnage unique et hors du commun qui nous manque terriblement.

Marc Bihan : Le film Choron dernière est-il bien distribué dans les salles ?
Pour l’instant Choron Dernière n’a été préacheté par aucune télévision française. Or un film qui n’a pas de préachat télé a fort peu de chance de sortir en salles. C’est pourquoi on fait tourner Choron Dernière, même dans sa version non finalisée, dans les festivals en attendant de trouver l’argent pour le sortir. Et l’écho qu’il rencontre lors des projections est au-delà de toutes nos espérances. Ce qui nous fait plaisir avec Pierre, c’est quand on voit des jeunes venir nous dire qu’en leur faisant découvrir Choron — qu’ils ne connaissent généralement pas — on leur fait prendre conscience qu’ils vivent dans un monde rempli d’interdits et de morale dégoulinante. La liberté de ton de Choron les fait bander. Moins les chaînes de télé, apparemment. Choron fait encore peur, même mort…

Il n’y a plus de presse satirique en France, comment expliques-tu cela ?
Tout simplement parce que c’est une marchandise à e
mmerdements. Quand on a sorti Zoo avec Faujour et Berth, un journal dans lequel collaboraient Choron, Vuillemin et Schlingo, on s’est mangé un tas de procès. Les sommes demandées par la justice étaient astronomiques au regard des ventes du journal. Résultat, trop de fric a servi à payer les amendes et Zoo a coulé. La censure aujourd’hui ne se fait plus par l’interdiction du journal, comme cela a été le cas pour Hara Kiri, mais par le fric. Pour preuve, l’éditeur de Zoo a fini avec un contrôle fiscal. Quand tu vois qu’en plus, des tarés religieux sont prêts à te faire la peau pour un malheureux dessin qui se moque de leur religion, quel éditeur aura le courage de nos jours de sortir en kiosques un vrai journal satirique ? Je te laisse chercher, je vais me chercher une bière…

Choron a énormément influencé un tas d’artistes, c’est pour rendre hommage à ce personnage si injustement inconsidéré, et pour remettre les pendules à l’heure, que tu as fait ce film avec Pierre Carles ?
Attention, on ne prend pas Choron pour un dieu. Notre but n’est pas de le hisser sur un piédestal car on montre aussi ses mauvais côtés dans le film. Finalement, c’est Choron lui-même qui emporte l’adhésion du public. Parce qu’il est naturellement drôle, touchant même. Il m’entendrait dire ça, il me balancerait son verre de champagne à la gueule en me traitant de connard. Il détestait qu’on dise qu’il était quelqu’un de bien. Le film est aussi là pour rappeler que Choron n’était pas, comme certains aiment à le penser, qu’un provocateur. Choron a été l’un des plus grands patrons de presse français. En publiant Hara Kiri et Charlie Hebdo, il a donné un écho national à une nouvelle forme d’humour dont tout le monde s’inspire encore aujourd’hui. Comme le dit Marc-Édouard Nabe, Choron est le diamant brut sur lequel tous les humoristes sont venus gratter quelques éclats. Sans lui, pas de Nuls, pas de Guignols, pas de Groland. À Groland, on revendique complètement sa filiation, on en est même fiers. La semaine de sa mort, Moustic a présenté toute l’émission, déguisé en Choron, mais on n’a pas évoqué son décès. Parce que pour nous, l’esprit de Choron est toujours vivant… Ne serait-ce que dans les conneries qu’on peut écrire dans Bienvenue au Groland.



Raymond Deffossé et Michaël Kael présentent le film de Pierre Carles et Éric Martin Choron dernière lors du Festival grolandais, le 22 septembre 2006.


Les humoristes sont tous mièvres et politiquement corrects en ce moment. Quels sont ceux qui trouvent grâce à tes yeux ?
Sans hésiter Sacha Baron Cohen dans Borat. Ça m’a scotché. Borat est pour moi ce qui se rapproche le plus cinématographiquement de l’esprit Hara Kiri. Tu vois quelqu’un produire ça en France ? Je te laisse encore chercher, je vais me chercher une autre bière…

Groland est-il le dernier endroit où l’on peut encore rire de tout ?
Oui… Et on n’en est pas fiers pour autant parce que le vrai problème c’est qu’ailleurs on n’a le droit de rire de rien. Ou l’humour est tellement au ras des pâquerettes que t’as envie de te tirer une balle en entendant les sketches des soit-disants nouveaux comiques. Pour revenir à Groland, je trouve que Benoît Delépine dégage la même énergie qu’un Choron. Même après vingt verres dans le nez, il est capable de trouver une idée géniale ou de remuer ciel et terre pour créer un festival du film grolandais, tourner un film, organiser un entartage géant. C’est ce genre de dingues qui rendent la vie plus belle. Choron disait que notre passage sur terre ne dure qu’une demi-seconde. Pourquoi le passer à se faire chier ?

Connais-tu les réactions de Val, Cabu et Wolinski suite à la sortie de ton film ?
Le film n’étant pas sorti, il n’y a pas de réaction. Mais on les attend et on est prêt.

Wolinski y passe pour un être infect et pitoyable n’ayant aucune reconnaissance envers celui qui l’a fait connaître. Cabu est complètement à la botte de Val. Quant à ce dernier, je n’en parle même pas… Quels sont tes sentiments face à tant d’ingratitude envers Choron ?
Je vois surtout trois humoristes qui sont devenus terriblement tristes et qui cherchent à gommer Choron de l’histoire de Charlie Hebdo, comme on gommait les gens gênants sur les photos staliniennes… Je peux comprendre que tout n’ait pas été rose lorsque Choron était gestionnaire et que certaines rancœurs aient subsisté. Mais franchement, si le prof n’avait pas balancé ses couilles dans le potage pour publier leurs dessins et croire en leur talent, seraient-ils devenus les caricaturistes qu’ils sont aujourd’hui ? Bien que le niveau ait beaucoup baissé. Les dessins de Wolinski dans Le Journal du Dimanche et dans Paris Match sont nullissimes ! Je ne te parle même pas des sommes astronomiques que Choron a dû trouver pour payer les procès engendrés par les unes d’Hara Kiri ou les visuels photos. C’est simple, quand Choron est mort, il était endetté jusqu’au cou. Pendant ce temps, Cabu, Val et Wolinski buvaient leur bière chez Lipp.

On voit Cavanna très ému à l’évocation de son vieux pote Choron. Pourtant on sent qu’il n’est pas facile pour lui de prendre position, on le sent sous l’emprise de Val. Tu penses qu’il regrette d’avoir retourné sa veste à une période ?
Je ne sais pas, je ne suis pas dans sa tête. Mais ce qui est sûr, c’est que Cavanna démonte dans le film la théorie défendue par Cabu et Wolinski qui veut que ce soit Cavanna qui ait tout inventé dans Charlie Hebdo. Il remet Choron à sa juste place. La place d’un vrai créateur.

Beaucoup l’ont lâché à la fin de Charlie Hebdo ; heureusement il restait les fidèles comme Vuillemin, Berroyer, Nabe, Schlingo et d’autres. Y avait-il une famille choronienne ?
Oui et tu viens de citer tous ses apôtres. Ah non, il en manque un : saint Lefred Thouron.

Que penses-tu de la nouvelle version de Charlie Hebdo avec Val à sa tête ?
Franchement, même en étant un ancien d’Indo, Choron n’aurait jamais eu l’indécence d’encourager la guerre du Kosovo ou la guerre du Golfe comme l’a fait le nouveau Charlie. Val a fait d’un journal de voyous un journal de moralistes. À partir du moment où tu te positionnes sur l’échiquier politique, tu es dans l’obligation de démontrer que le camp adverse a tort. Donc, tu dois passer pour quelqu’un d’intelligent, qui a le sens de l’analyse, de l’à propos. Et tu deviens chiant, comme Val. Le rêve de Val est de devenir un grand éditorialiste que l’on invite sur tous les médias pour déballer sa science infuse et ses fumeuses théories sur le siècle des Lumières. La seule chose qu’on peut accorder à Charlie, c’est qu’ils n’ont pas flanché dans l’affaire des caricatures de Mahomet. En même temps, pour un journal qui se dit satirique, c’est le minimum syndical. Mais je suis certain que, même dans cette affaire, Choron aurait trouvé un angle d’attaque inattendu qui aurait fait chier les deux camps. En tout cas, il ne se serait jamais drapé dans les atours d’un grand défenseur de la liberté d’expression comme a pu le faire Val.

Quels sont les meilleurs souvenirs que tu garderas de tes moments passés avec le professeur ?
Tous, sans exception !… J’adorais aller rue des Trois Portes dans son bureau, j’étais toujours bien reçu. Un petit coup de blanc et hop ! on bossait pour Zoo ou le bouquin Tout s’éclaire. Avec le prof, j’étais sûr de me marrer trois heures non-stop. Je me rappelle d’un soir où il a mis tout le monde à la porte vers 21 heures En nous raccompagnant au métro, il a croisé sur le chemin un groupe de musiciens roumains. Ni une ni deux, il est parti acheter du champagne dans une épicerie voisine et nous a réinvités chez lui. Les musiciens ont joué et se sont retrouvés avec la casquette du prof remplis de billets de 50 balles. Ils sont ressortis complètement bourrés et ont gagné en deux heures ce qu’ils devaient difficilement gagner en une semaine.

Et l’anecdote qui t’as fait le plus marrer en sa compagnie ?
C’est lorsqu’on est allé sur un plateau télé pour faire la promo de Zoo. Dans les coulisses, MC Solaar, qui était un grand fan du prof, est venu le voir pour lui dire toute son admiration. Choron a demandé à MC Solaar s’il savait ce qu’était un Noir ? Solaar a répondu : «Non !» «Soixante kilos de connerie dans une combinaison de plongée» lui a rétorqué le prof. Putain, t’aurais dû voir la gueule d’MC !

Quelle est l’image que tu aimerais que les gens aient de Choron après avoir vu ton film ?
Yann Kerninon, ancien collaborateur de Zoo, l’a très bien résumé : «Choron était un gentleman déguisé en salaud qui a passé sa vie à rire avec talent d’une société de salauds déguisés en gentlemen».



Le 22 septembre 2006, lors du 2e Festival du film grolandais (Quend-Plage-Les-Pins), Éric Martin et Pierre Carles présentent en avant première leur dernier film, Choron Dernière. Dans la salle, Carles reconnaît l’ex-directeur des programmes de Canal +, Alain de Greef, en poste en 1995 lorsque son film,  Pas vu pas pris, commandé par la chaîne, a été censuré. Et au quart de tour… c’est parti.


Aura-t-on un jour la chance de voir diffuser ce film sur Canal malgré l’altercation houleuse de Pierre Carles et De Greef lors du festival du film grolandais ?
Le jour où Canal mettra du pognon dans un film de Pierre Carles il faudra faire officialiser le miracle par le Vatican ! Pierre s’est carbonisé à Canal avec son premier film «Pas vu, pas pris». La direction de l’époque où officiait Alain De Greef, n’avait pas aimé ses méthodes d’investigation. De Greef reprochait à Pierre d’avoir piégé des stars de la télé en leur posant des questions dérangeantes sur le rapport médias-pouvoir. Ce qui est marrant, c’est qu’à la même époque, l’intelligentsia française encensait Michael Moore, dont on connaît aujourd’hui les méthodes de travail carrément douteuses. Il suffit de voir ce qu’il raconte sur le système de santé français dans son dernier film Sicko pour s’en assurer. Mais Michael Moore critique le système américain. Ça ne mange pas de pain, et ça fait plaisir à tout le monde. Par contre si tu oses critiquer le système français, tu te retrouves très vite sur le banc de touche. Je trouve honteux que le film de Pierre Carles, La sociologie est un sport de combat, seul documentaire réalisé sur le sociologue Pierre Bourdieu, n’ait jamais été diffusé sur une chaîne publique française alors qu’il est par exemple projeté dans des universités américaines. Ça fait vraiment mal au cul après ça de payer sa redevance !

Pour quand est prévue la sortie en dvd de Choron dernière ?
Comme pour les autres films, après sa sortie en salle. Et ce n’est pas gagné ! Y a-t-il un de vos lecteurs qui a 100.000 euros à nous filer pour terminer le film ?

Lors d’une émission de télé, l’écrivain Alain Soral comparait Choron à Dieudonné et affirmait que si le prof était encore vivant aujourd’hui il soutiendrait certainement Le Pen ! Que répondrais-tu à Soral ?
D’abord que c’est un gros tas de merde ! Ensuite qu’il faut être méchamment culotté pour se substituer à Choron et prétendre savoir ce qu’il aurait fait pendant les élections. D’ailleurs il n’aurait rien fait. Choron considérait la classe politique comme un troupeau d’ânes et je l’ai toujours entendu conchier Le Pen. Mais c’est marrant que tu parles de Dieudonné. Il y a sur Dailymotion, l’intégrale d’une émission TV diffusée il y a quelques années, dans laquelle Marc-Édouard Nabe moque l’antifascisme de Dieudonné (qui à l’époque se présentait à Dreux contre le Front National) et analyse que si ce dernier est anti-Le Pen c’est justement parce que Le Pen le fait bander. Regardes comment a fini Dieudonné. En train de serrer la main du borgne après les élections présidentielles ! Sauf que tu ne verras jamais Nabe, que des bien pensants comme Gérard Miller traitent de fasciste, dans une fête des Bleu Blanc Rouge. C’est un peu comme pour Choron. Les valeurs sont inversées. Les ordures ne sont pas toujours celles qu’on croit.

Quels sont tes projets à venir après ce documentaire ?
Me saouler la gueule. Tu veux une bière ?


Le Mague, 10 janvier 2008.

Les livres incontournables : Moi Odile, femme à Choron, hélas introuvable, le meilleur livre écrit sur l’aventure des éditions du Square, Mengès, 1983. Vous me croirez si vous voulez rassemblées par Jean-Marie Gourio, Flammarion, 1993. Tout s’éclaire par Martin et Choron, La Dilettante, 2001.



Voir aussi,


Inauguration du musée d’art contemporain à Marseille (1994)
Juppé, forcément… (1995)
Pas de calmants pour Jeanne (1996)
Le Désarroi esthétique (1996)
Pas vu pas pris (1998)
Gauche/Droite (1999)
La sociologie est un sport de combat (2001)
Enfin pris ? (2002)
Danger travail (2003)
Volem rien foutre à la Coutellerie (2004)
Ni vieux ni traîtres (2006)
Débat sur Volem rien foutre (2007)
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