Presse

Mardi 3 mai 2 03 /05 /Mai 15:14

 

Les Bosquets

 

Pour ceux à qui l’histoire aurait échappé, elle vaut un petit retour. Le très sérieux journal Le Point, et ses non moins reconnus rédacteurs Jean-Michel Décugis, joints à Christophe Labbé et Olivia Decasens, se sont fait piéger par un petit gars nommé Abdel faisant office de «fixeur» à Clichy-sous-Bois [Voir Arrêts sur images et écouter l’émission de D. Mermet sur le sujet ]. Ce jeune homme de 23 ans s’est donc fait passer lors d’un entretien téléphonique avec le journaliste, avec un certain talent d’imitateur, pour une jeune femme malienne mariée à un homme polygame, vivant dans la cité des Bosquets à Clichy. Cette petite ville de Seine-Saint-Denis avait déjà défrayé la chronique lorsqu’en 2005, elle fut le point de départ d’une révolte sociale d’ampleur nationale après la mort de deux adolescents, Zyed Benna et Bouna Traoré, dans un transformateur électrique, alors qu’ils voulaient éviter un contrôle de police.

 

La banlieue, zone de guerre ?

 

Le titre de couv était à la fois effrayant et aguicheur : «Immigration, Roms, allocations, mensonges… Ce qu’on n’ose pas dire», avec en Une le portrait de la fille d’Alexandre Romanès, du cirque du même nom. De quoi susciter l’adhésion des amateurs de thèses lepénistes. La banlieue n’est, certes, pas toujours rose, mais qu’est-ce donc que ce petit métier qui a émergé en octobre dernier sur la scène médiatique ? Le «fixeur» est connu des rédactions et de leurs lecteurs, auditeurs et téléspectateurs, puisque ce sont eux qui se font enlever avec les journalistes vadrouillant dans les pays en guerre, leur servant d’intercesseurs, de guides et d’interprètes. Mais «la banlieue» serait-elle donc un pays en guerre, peuplé d’habitants armés jusqu’aux dents et baragouinant un sabir incompréhensible, pour que les journalistes d’investigation aient besoin de tels guides dans les cités HLM ?

 

Guérilla urbaine

 

Les habitants des quartiers dits «populaires» sont, à n’en pas douter, victimes d’une guerre de classes et des préjugés qui en découlent. Peut-être est-ce dû à la sociologie, les journalistes y vivant rarement et les connaissant mal ; peut-être est‑ce la faute aux politiques, qui ont cru bon de décréter l’état d’urgence [Du jamais-vu depuis la guerre d’Algérie sur le territoire français] le 9 novembre 2005 pour mettre fin aux troubles, donnant lieu à des scènes dignes d’Apocalypse Now, avec hélicos dont le phare balaye les façades des immeubles et les terrains de foot pelés, allant même jusqu’à prévoir l’envoi de drones dans les grands ensembles. Aux grands maux sociaux, les grands remèdes sécuritaires.

 

Le collaborateur le moins cher

 

Enfin du point de vue syndical, la précarisation des travailleurs de la presse connaît un nouvel échelon. Après avoir vu les «pigistes», journalistes rémunérés à la tâche, puis les «correspondants locaux de presse» (ou CLP), qui sont réputés «rendre service à un journal» et sont payés environ 5 euros l’article et 3 euros la photo, mais sont malgré tout déclarés, on découvre aujourd’hui les «fixeurs», jeunes gens à qui ont peut glisser un petit billet dans une cage d’escalier pour les remercier de leurs bons et — le plus souvent — loyaux services.

 

Ça presse no 1, avril 2011
Bulletin du SIPM-CNT.

 

 

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Dimanche 1 mai 7 01 /05 /Mai 17:43

 

Il y a une semaine, alors qu'il marchait dans les rues de Misrata, un jeune homme, que je persisterai à nommer Baptiste D., était blessé au cou d'une balle perdue.


La première dépêche, datée du 24/04/2011, que j'ai lue donnant cette nouvelle parlait d'un «journaliste français dont l'identité n'a pas été communiquée». Elle concluait, sans autre précision :

«Il est tiré d'affaire, après avoir été opéré», a indiqué un médecin de l'hôpital Hikma où le blessé a été transporté.

 

La dernière dépêche concernant Baptiste, entre temps identifié et devenu «blogueur français», nous dit qu'il «est maintenant soigné dans un hôpital de Benghazi» et que, «selon les médecins, il est paralysé en dessous de la ceinture et son état est critique mais stable». On nous laisse deviner que son rapatriement en France est encore en attente…

 

Cette dépêche, reprise sous diverses réécritures et troncatures par différents supports d'information, nous apprend que les ami(e)s de Baptiste — trois garçons et deux filles — ont organisé une rencontre avec la presse, hier, à Benghazi. Le journaliste de l'AFP note qu'ils «y ont fait un exposé avec présentation de graphiques animés sur les souffrances de la population de Misrata», mais se contente, dans la première partie de son papier, de reprendre le communiqué déjà mis en ligne sur le blog En route !

 

 

Le 26 avril, dans un article intitulé Qui sont ces blogueurs français partis à Misrata ?, Quentin Girard et Élodie Auffray, de Libération, proposaient un «retour sur une démarche qui surprend».

 

Nos deux auteurs, très futés, ont vite repéré, dans la page de présentation du blog, «un passage de L'insurrection qui vient». Et pour être bien compris, rappellent : «Ce pamphlet très à gauche, publié par des auteurs anonymes, Le Comité invisible, en 2007, a été attribué par le ministère de l'Intérieur au collectif de Tarnac, notamment Julien Coupat». Ils poussent même l'art du «décryptage» jusqu'à faire cette étonnante découverte :

Ce paragraphe est le premier du chapitre En Route (…), auquel fait référence le nom du blog. Le chapitre qui suit dans le pamphlet, Se Trouver, étant aussi l'adresse url du blog (…).

 

Du grand journalisme de terrain, en somme…

 

Par bonheur, les deux rédacteurs laissent un peu la parole à un «interlocuteur» «qui se trouve en France et édite les textes», ce qui permet de mieux comprendre le projet de ce blog collectif. Incidemment, nous apprenons que cet «interlocuteur», qui tient à rester anonyme, avait pris contact avec Libé «dès le 4 avril». Des acharnés du «décryptage» en concluront peut-être que, contrairement à Rue89, Libération a raté le scoupe…

 

Un dernier paragraphe donne un témoignage, journalistique donc crédible, sur ces témoins à la «démarche qui surprend» :

Un journaliste, qui a rencontré l'un des blogueurs à Misrata, décrit quelqu'un de réfléchi : «Ce n'était pas du tout un illuminé. Il avait un discours clairement militant, mais son objectif était de faire son blog et d'informer. Il m'a impressionné par sa connaissance du terrain. Il avait des infos très pointues, que personne d'autre n'avait».

 

Il suffit de lire les textes d'En route ! pour s'en rendre compte.

 

Tripoli Street, place à découvert

 

À lire le compte-rendu de la rencontre des ami(e)s de Baptiste avec les journalistes à Benghazi, on sent bien que tout ne s'est pas passé dans une saine et franche ambiance de confraternité entre les freelance et les encartés.

Interrogés pour savoir s'ils n'estimaient pas irresponsable de venir dans une zone de guerre sans assurance médicale, sans entraînement spécifique et sans parler l'arabe, l'une des blogueuses a répondu : «Je ne pense pas».
(…)
«C'est de la folie», affirme toutefois un responsable d'une équipe de sécurité engagée par un grand média international. «C'est l'exemple typique d'individus qui n'ont aucun entraînement ni aucune expérience des zones de conflit et qui vont dans un endroit où l'on sait que les risques sont élevés», estime-t-il sous couvert de l'anonymat.

 

Oui, nous avons bien lu, c'est «un responsable d'une équipe de sécurité engagée par un grand média international», autrement dit un baroudeur reconverti en chien de garde, qui se permet de juger de l'usage que font ces jeunes gens et jeunes filles de leur liberté.

 

Tamina Building, vu d'une meurtrière

 

(En contrepartie, on gardera en mémoire, la déclaration du journaliste américain, Ned Parker : «C'est un journaliste courageux qui couvrait l'évènement dans la meilleure tradition du journalisme. Il a été touché par une balle perdue et cela aurait pu arriver à n'importe qui.»)

 

L’escalier qui bibliothèque, 30 avril 2011.

 

 

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Mardi 19 avril 2 19 /04 /Avr 17:11

Ici d’ailleurs : entre deux mondes

 

Tresse radiophonique à deux voix entre Tunis et Bruxelles

en duplex sur Radio Air libre et Radio Kalima

 

«Le printemps des peuples arabes», «le soulèvement du monde arabe», «la révolution du Jasmin», «l’insurrection de la jeunesse arabe», comme si nommer permettait de saisir pour mieux prévoir l’avenir. Partir d’ailleurs alors, de ce quelque chose qui nous touche profondément dans cet événement même si sa signification nous demeure (encore) obscure. Alors on en discute, on décrypte les nouvelles qui nous viennent de là-bas, on essaye de ne pas trop lire les médias dominants, on se surprend à parcourir les pages Facebook, à se passer les sites de «cyber-militants» intéressants, à allez aux manifestations de solidarité pour discuter, pour rencontrer d’autres qui ont de la famille ou des amis là-bas, on fait des émissions radios. Mais quelque chose ne cesse de nous échapper, de couler en travers des informations, on a du mal à se rapporter. Nous avons besoin d'autres récits. Petit à petit l’idée d’y aller se matérialise, l’envie de partir en Tunisie pour suspendre la machine à interprétation qui nous ramène toujours dans le même cul de sac : l’homme qui se soulève est sans explication.

 

Nous partons alors d’une hypothèse : le soulèvement tunisien et ces conséquences rendent à nouveau concrète, palpable, pensable la question d’une insurrection victorieuse. Nous ne sommes ni des journalistes, ni des ethnologues. Dans un premier temps nous retranscrivons nos récits, jours après jours, avec toute leur charge d’ambigüité, de contradiction, d’erreur, de naïveté et de manque de connaissance. La méthode est simple : se laisser affecter, sans chercher à enquêter, ni même à comprendre et à retenir. Retranscrire ce qui en nous est malléable, altéré, modifié par l’expérience d’une situation politique. Assumer cette division : dans les moments où l’on est le plus affecté, on ne peut pas rapporter l’expérience sans pour autant renoncer à faire de l’affection un instrument de connaissance. Simplement, le temps de l’analyse viendra plus tard.

 

Déjà un premier groupe est parti en Tunisie et la semaine dernière nous avons eu la chance de faire une première émission en duplex avec Radio Kalima. L’occasion de faire passer des récits, des dates, des lieux, des chansons, des pratiques. Approcher cette constellation saturée au sein de laquelle un élément imprévu est venu modifier profondément les coordonnées en ouvrant le sens du possible et que notre langage fatigué ne peut nommer autrement que «révolution». Ce jeudi soir ce sera la deuxième et l’envie de partager sans attendre cette expérience, de se la dés-approprier nous pousse à ouvrir l’invitation à tous ceux qui veulent partager ce qu’ils vivent, ce qu’ils sentent, ce qu’ils pensent.

 

JEUDI 21 AVRIL À PARTIR DE 21H

SUR RADIO AIR LIBRE (87.7 FM)

 

P.-S. : Si vous avez des difficultés à écouter Radio Air Libre sur la bande FM, il est également possible d’écouter l’émission en ligne.
N’hésitez pas non plus à aller découvrir le site de Radio Kalima.
Si vous voulez inter-venir durant l’émission vous pouvez aussi appeler à ce numéro :  02/ 344 58 55.

 

Indymedia Bruxelles, 18 avril 2011.

 


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Lundi 18 avril 1 18 /04 /Avr 13:29

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Vendredi 15 avril 5 15 /04 /Avr 11:20

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Samedi 9 avril 6 09 /04 /Avr 11:59

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Lundi 4 avril 1 04 /04 /Avr 07:57

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Dimanche 27 mars 7 27 /03 /Mars 18:34

 

Bonjour,
Nous souhaitons créer une sorte d'imprimerie autogérée à prix libre sur la ville de Lyon qui permettra (nous l'espérons) de diffuser notre information plus largement et au delà du cercle militant qui sait déjà où aller trouver son information, ceci est à l'état de simple projet pour le moment car nous souhaitons un investissement le plus large possible autour de cette initiative et que toutes les structures / groupes n'ont pas encore été toutes contactées. 
Donc voilà si vous pouviez publier l'article suivant sur votre site afin d'accroître sa visibilité et de féderer le plus possible ça serait sympa. 
Bonne journée. 
(Vendredi 18 mars 2011.)

 

 

(…) Nous avons fixé la date de la première réunion qui aura lieu le jeudi 31 mars à la Lutine au 91 rue Montesquieu dans le septième arrondissement de Lyon à partir de 19 heures.
Le but de la réunion sera dans un premier temps de présenter le projet, de mettre en relation ses divers acteurs potentiels et si on a le temps d'organiser un peu les tâches pour le lancement de ce projet. 
(Vendredi 25 mars.)

 

 

 

 

Présentation d'une initiative autour d’un projet d’information

 

Voici une proposition de mutualisation de nos moyens autour du thème de la diffusion de notre information. L’initiative présentée ici a pour but de mettre à disposition une infrastructure de production d’information pour toutes celles et tous ceux qui luttent et qui veulent que ça se sache !

 

En cette période d’engouement révolutionnaire on peut tous voir que c’est l’information dans toutes ses formes qui aide énormément à la construction d’un mouvement révolutionnaire. Nous voyons aussi que la diffusion de cette information est bien souvent limitée, le pouvoir médiatique des grands groupes pèse très lourd dans la balance quand il s’agit de mentir ouvertement sur un mouvement social. Par exemple à Lyon lors de l’épisode de la prison Bellecour BFM TV n’a pas hésité à montrer des images vieilles de trois jours avec la mention «en direct», cette chaîne n’a pas non plus oublié de qualifier les détenus de la place Bellecour de «casseurs» et on se retrouve dans la situation où un énorme mensonge devient vérité pour le plus grand nombre.

 

Il existe bien des médias libres mais beaucoup d’entre eux sont sur internet et ils ne constituent pas une source suffisamment consultée d’information. En revanche, lorsque nous tentons de sortir du cadre virtuel et que nous nous attaquons à des affiches, des stickers, des tracts les mêmes problèmes viennent à se poser : la disponibilité, le coût On a tous un pote ou un proche qui peut imprimer une vingtaine d’affiches sur l’imprimante de son taf mais si on veut pouvoir sortir une grosse quantité d’information rapidement et pour pas trop cher on se retrouve vite dans une impasse.

 

Pour tenter de pallier à ce manque nous souhaiterions acquérir et autogérer les moyens de produire nous-mêmes de l’information par nos propres moyens comme des stickers, des affiches, des tracts… Si nous arrivons à nous mobiliser autour d’un projet comme celui-ci nous pourrions très facilement faire circuler nos informations de manière plus vaste, mieux organisée… Enfin il faut savoir que pour produire tout ça il nous faut très peu de choses : trouver un photocopieur A3/A4 d’occasion, de l’encre et des supports divers pour notre information (papier autocollant, grande quantité de papier…), enfin un lieu accessible qui acceptera d’accueillir le matériel et ses utilisateurs. De cette manière nous pourrions obtenir l’autonomie de la production de notre information, celle-ci pouvant également l’être dans une plus grande échelle (à titre d’exemple 1000 autocolants reviendraient à une dizaine d’euros, meme pas 1 centime la page A4…). Ainsi les personnes souhaitant utiliser ce matériel imprimeront selon leurs besoins en versant une contribution à prix libre permettant le prolongement de cette imprimerie (réapprovisionnement papier et encre). Un tel dispositif aurait de nombreux avantages, le premier est indéniablement la capacité de produire (et donc diffuser) de l’info en sortant un peu plus du simple milieu militant, on sort également de la dépendance envers des structures marchandes.

 

Des individus ou collectifs se sont déjà montré intéressés par le projet et pour le financer nous pensions à un ou deux concert / bouffe de soutien.

 

Pour toutes celles et tous ceux qui seraient tenté-e-s pour réfléchir autour de ce projet nous pouvons essayer de nous retrouver pour en discuter :


Contact

 


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Dimanche 27 mars 7 27 /03 /Mars 10:04

 

Un nouvel arrivant parmi les medias libres hexagonaux ce n'est pas si souvent ! C'est pour ça qu'on s'est dit que ça méritait bien une petite colonne centrale pour informer les indynautes que désormais en se rendant sur bordeaux.indymedia.org, vous pourrez vous tenir au courant des luttes dans cette région.

 

Plus globalement, d'autes indymedia continuent de se créer un peu partout, en Afrique notamment suite à des rencontres, des collectifs s'organisent au Mali ou encore au Sénégal. Les occupantEs de Tahrir square en Égypte comptent bien continuer le combat et ont commencé le processus de création d'un indymedia, pour combattre la propagande des médias et de l'armée.

 

Finalement, on y est pas encore mais on s'en rapproche des 1000 médias libres qui fleurissent, hein Brice.

 

Indymedia Nantes, 24 mars 2011.

 


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Dimanche 20 mars 7 20 /03 /Mars 13:12
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Samedi 19 mars 6 19 /03 /Mars 10:45

 

Pègre et Glose est une revue théorique pratique ayant pour vocation à la fois de produire une réflexion critique sur les luttes actuelles et d’inciter au dépassement révolutionnaire. Au sein de la guerre sociale, nos agissements, de la publication de texte à l’attaque pratique de l’Existant, trouvent leur cohérence dans le refus de la compromission. Ce refus ne se parade pas d’un principe de pureté mais convient aux termes d’une époque où rien ne nous confirme et qu’aucun avenir ne se dessine à l’horizon. Ces caractéristiques, qui n’ont rien pour nous déplaire, bouleversent les schémas traditionnels de la lutte des classes. Ainsi, les possibilités révolutionnaires ne résident plus tant dans l’accumulation de force par le prolétariat en vue de sa possible montée en puissance mais bien dans l’attaque de nos propres conditions et rôles sociaux, comme phénomènes de reproduction du Capital. Ces attaques, que nous regroupons dans le terme d’écart, nous annoncent la possibilité d’une révolution abolissant immédiatement toutes les classes et la valeur dans son ensemble.

 

Ailleurs que dans l’écart, il n’y a que le Capital.

 

Contact

 


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Mardi 15 mars 2 15 /03 /Mars 12:19

À qui le tour ?


Ça n’en finit pas, et c’est tant mieux. Jour après jour, le Maghreb et le Moyen-Orient s’enflamment davantage. À coups de pieds au cul, les Tunisiens ont viré Ben Ali. Plusieurs semaines d’occupation de la rue, de manifestations de masse et d’affrontements violents ont été nécessaires. Après trois semaines de siège de la capitale, le peuple égyptien vire Moubarak.

 

 

 

Dans les deux cas, des centaines de personnes l’ont payé de leur vie, puisque flics et militaires ont ouvert le feu sur les manifestant-es. Ces derniers ont opposé une résistance et une volonté exemplaires : commissariats, banques, supermarchés et bâtiments officiels ont cramé. Des pluies de pierres et de molotovs ont répondu à la matraque et au fusil. À l’heure où nous mettons sous presse, le pouvoir libyen et son tyran Kadhafi — que Sarko, Chirac et Mitterrand ont toujours ménagé pour raisons commerciales — va peut-être sombrer lui aussi. Encore une fois, la résistance du peuple est déterminée, et la répression sans pitié. Dans le même temps, la riposte populaire s’est déclarée dans nombre de pays voisins. Les situations sont diverses mais la liste s’allonge : Algérie, Yémen, Bahreïn, Jordanie, Iran, Liban, Maroc, Soudan…

 

Bien sûr, on se méfie des effets d’annonces. Ni «sociales», ni «communistes», ces révolutions resteraient à ce jour «démocratiques» — avec toutes les perversités que recouvre aujourd’hui ce terme. Les profiteurs sont toujours là, et guettent comme des vautours. Les jeux de chaises musicales au sommet du pouvoir ne trompent pas : les élites politiques retournent très vite leur veste et les bourgeoisies locales ne savent que trop bien conserver leurs acquis. Mais rien n’est joué. En Tunisie comme en Égypte, les grèves se multiplient, les manifestations continuent, et des revendications sociales et politiques sont mises en avant.

 

À propos de la Tunisie, les médias français ont parlé de «révolution du jasmin». Un épithète qui pue l’orientalisme et ses fantasmes coloniaux. Quant aux dirigeant-es occidentaux, notamment français, si certain-es comme MAM, Fillon ou Guigou ont été égratignés pour leurs liens avec Ben Ali ou Moubarak, cela n’a pas été plus loin. La honte, celle d’un État guerrier, raciste, policier qui n’a jamais hésité à s’allier avec ces dictatures pour échanger des armes contre des villas au soleil. Des relations néo-coloniales, à l’instar de la «Françafrique» dont on donne encore l’exemple ici avec la sale guerre oubliée de la France au Cameroun.

 

Les peuples africains ont en face d’eux des dictatures et des régimes autoritaires, corrompus, appuyés en coulisse par les États occidentaux. La meilleure solidarité qu’on puisse avoir ici même serait d’opposer à nos dirigeants une résistance digne des peuples du Maghreb. Il suffit néanmoins d’un coup d’œil sur ces derniers mois pour être rapidement ramenés à la réalité. La manif’ du 1er février au Caire, qui a participé à enterrer le régime Moubarak, a rassemblé un million de personnes. En comparaison des trois millions d’octobre 2010, du CPE ou des révoltes de 2005, on se dit qu’il y a matière à réflexion… Certains osent d’ailleurs ce parallèle : «Une croissance inégalitaire, un chômage élevé, des manifestations réprimées par des appareils policiers obèses, une jeunesse instruite et sans débouchés, des bourgeois parasites qui vivent en touristes dans leur propre pays» [Serge Halimi, «L’impossible arrive», Le Monde Diplomatique, février 2011.], les maux semblent similaires mais les brutalités quotidiennes n’ont pas les mêmes échelles. Ces régimes ne tenaient qu’à un fil : l’unique répression, sa force brutale et la peur qu’elle inspire. Une fois celle-ci mise en branle, tout l’édifice social tombe comme un château de cartes.

 

La Brique no 26, mars-avril 2011.

 

 

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Lundi 14 mars 1 14 /03 /Mars 18:00

Le CATS (Collectif Anarchiste de Traduction et de Scannerisation) de Caen a été créé en janvier 2011.

 

Nous nous proposons de traduire en français des textes écrits en anglais ou en espagnol, de scanneriser des vieux textes français imprimés qu’on ne peut pas trouver sur internet parce que personne ne les a numérisés et de réaliser des sous-titrages de documentaires militants.

 

Nous privilégions les textes traitant de sujets, évènements, théories, organisations peu connus en France. Traduire des textes traitant de choses sur lesquelles il existe une abondante littérature francophone n'est pas notre priorité.

 

Nous précisons que nous ne traduisons pas seulement des textes anars mais aussi des textes qui nous semblent intéressants d'un point de vue anar et subversif : textes communistes de conseils, situs, féministes etc…

 

Le CATS regroupe principalement des militantEs et sympathisantEs anarchistes mais pas uniquement. Des personnes qui ne sont pas anars ont décidé de nous aider à réaliser des traductions et nous nous réjouissons de leur participation.

 

Le CATS est évidemment indépendant de tout parti, syndicat ou institution.

 

Son fonctionnement est autogéré au cours de réunions collectives apériodiques.

 

Les traductions, sous-titrages, scannerisations réalisées sont mises à disposition en téléchargement libre sur le site du collectif.

 

Ces textes sont librement diffusables et reproductibles. On se contente de demander d’indiquer l’origine de la traduction, à savoir le nom, la localisation de notre collectif et l’adresse internet de son site.

 

Les débuts du CATS seront modestes mais, avec le temps et les efforts de ses participantEs, nous espérons pouvoir traduire, diffuser et communiser une quantité importante de textes. Nous concevons notre activité dans la longue durée.

 

On peut nous contacter à notre adresse mail.

 

Voici une brève présentation des six premiers textes mis en téléchargement libre :

1920-1934 : La mort de la gauche autrichienne. Un récit du rapide déclin, face au fascisme, de l’un des plus puissants mouvements ouvrier et de gauche au monde. 
La purge finale des makhnovistes 1937-1938. Un court récit de la répression qui s'abattit sur d'anciens membres du mouvement makhnoviste en 1937-38. 
Irlande 1920 : Un soulèvement à Munster. Une histoire cachée de grèves solidaires, de socialisme, de conseils ouvriers et de révolution dans un coin de l'Irlande rurale. 
1927 : la grève des mineurs du Colorado et le massacre de la mine Columbine. Court récit d’une grève de mineurs dans le Colorado en 1927 et du massacre de grévistes à la mine de  Columbine par la milice d’État. La grève mena à une fermeture quasi complète de l’industrie minière dans l’État. 
1982-2001 : AFA, Anti-Fascist Action (Action Antifasciste). Voici une courte histoire d’AFA qui a mené une guerre secrète contre l’extrême-droite et l’a virée des rues de Grande-Bretagne. 
Les makhnovistes grecs. Un court récit du rôle des Grecs de la mer Noire dans le mouvement makhnoviste.

 

Nous vous tiendrons régulièrement au courant des nouvelles traductions effectuées.

 

Merci de faire circuler cette information. 

 

Dimanche 13 mars 2011.

 


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Mardi 1 mars 2 01 /03 /Mars 19:13

Le Monde découvre et représente des «émeutes» en Libye

 

Comment représenter les diverses formes des soulèvements populaires dans «le monde arabe», comme on dit ? Comment les rendre accessibles aux lecteurs d’un grand quotidien vespéral ? 
Par une infographie, pardi !

 

D’abord choisir de pertinentes illustrations :

 

 

Puis les distribuer sur une carte (ici partiellement reproduite) :

 

 

Représenter des émeutes par une grenade ou une bombe, quelle bonne idée !

 

Et résumer la situation en Libye par des morts et des… émeutes, quelle fulgurance !

 

Le tout pour une infographie qui n’apprend rien, n’explique rien… même à des enfants de Maternelle.

 

C’est dans Le Monde daté du 1er mars 2011. 

 

Acrimed, 1er mars 2011.

 


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Dimanche 20 février 7 20 /02 /Fév 18:36

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