Mardi 8 avril 2008

Comme nous vous l’avions expliqué dans les messages précédents, nous avions lancé un appel au boycott de cette journée de formation des professeurs par l’armée.

Cet appel a visiblement été bien suivi, puisqu’une quarantaine de jeunes profs étaient présents … dans un amphithéâtre de 250 places.

Les effectifs ont même encore diminué lors des tables rondes prévues l’après-midi !

Ce type d’action montre qu’il est toujours nécessaire d’être actifs pour s’opposer à ce qui parait pourtant parfois comme une fatalité.

Certes, l’armée est venue. Mais le boycott a été suivi, et la venue de militaires a clairement été perçue comme quelque chose n’allant pas de soi.

Cerise sur le gateau, des tags avaient fleuri devant l’université de Savoie et devant l’IUFM, sur le sol, devant les entrées : «Non à l’armée à l’école», pouvait-on lire en rose fluo.

Des tags que l’université essaya sans succès de camoufler en garant dessus une voiture (garer une voiture sur le trottoir, en toute illégalité, on a vu mieux comme civisme…). Deux jours après, les tags avaient disparu.

Nous espérons pour notre part que les professeurs, stagiaires ou titulaires, sauront reconduire ce type de luttes de terrain.

Salutations antimilitaristes à toutes et tous.

F.A. de Chambéry, 3 avril 2008
Mercredi 26 mars 2008
Chair à canon et chair à patron … Quand l’IUFM a les mains sales …

Le MEDEF, syndicat de patrons dont une des branches égare 18 millions d’euros en liquide, a un partenariat avec l’IUFM de Grenoble, et notamment sur le site de Chambéry.

Non, ce n’est pas pour apprendre à compter. Ce n’est pas non plus pour y suivre des cours de philo sur la déontologie, par exemple. Il s’agit d’encadrer des cours sur les relations école-entreprise. Et, quand il s’agit d’entreprise, qui est mieux placé que le MEDEF ? Il faut bien reconnaître qu’en ce qui concerne la conscience de classe, la lutte des classes, la communication, ce syndicat est très bien placé. Quoi de plus logique que le MEDEF tisse des liens étroits avec celles et ceux qui lui forment de la main d’œuvre ? En effet, autant anticiper, non ?

Mais puisque la chair à patrons ne suffit pas, l’IUFM accueille aussi les amateurs de chair à canon.

En effet, le 1er avril prochain, et ce n’est pas un poisson d’avril, l’armée sera présente une journée à l’IUFM de Chambéry.

C’est à l’Université de Savoie qu’une conférence et des tables rondes (sur le thème de l’autorité, a-t-on entendu…) auront lieu. Ce sera sur le thème de l’autorité. Et oui.

Non seulement l’armée fait du racolage actif auprès des établissements scolaires et en particulier auprès des lycées professionnels, mais là encore, les militaires, en fins stratèges, préfèrent prendre les devants et s’adresser directement aux profs en formation.

Que ce soit pour les patrons ou pour les militaires, chacun se cachera donc derrière sa hiérarchie, et derrière ses obligations et les moyens de pression explicites (fiches de présence à signer) ou bien derrière des moyens de pressions intériorisés. Par exemple, «si je ne viens pas, ou si je dis quelque chose, je risque de me griller, et j’en ai bavé pour avoir le concours, alors…»

Alors justement, nous, nous pensons que ce qui se passe est scandaleux, certes, mais très intéressant.

Quelle sera la capacité de réaction des jeunes enseignants ?

Qu’en sera-t-il de leur soumission … ou de leur insoumission ?

Que feront celles et ceux qui, dans leurs cours, évoquent la Résistance, rendent hommage au courage de celles et ceux qui risquaient tout quand il était tellement plus simple de se taire et de subir ?

Que feront celles et ceux qui voient dans l’enseignement non pas le gavage et l’apprentissage de savoirs indigestes mais le développement d’une réflexion et d’un esprit critique chez leurs élèves ?

Ce premier avril, il ne s’agira pas de blaguer. Mais la véritable leçon que les jeunes enseignants auront à donner à leurs élèves, sera d’abord une leçon à se donner à eux mêmes.

Une leçon où la réflexion, la conscience et les actes devront se manifester. Sans faux semblants, et sans fuite.

L’enjeu est grand, pour les élèves, pour les professeurs, et pour l’ensemble de la société qui n’est jamais figée mais qui n’existe que par les gens qui la composent.

Lundi 25 février 2008


Dernièrement fut lancée, en Israël, une large campagne contre les soldats qui évitent de faire leur service militaire. Une annonce publicitaire a été diffusée sur toutes les chaînes télévision pour déclarer qu’un «vrai Israélien» ne déserte pas l’armée. Quelques objecteurs de conscience ont réalisé ensemble une annonce publicitaire alternative afin de contrer cette campagne.

Jeudi 3 janvier 2008


Falloujah : le massacre caché («Fallujah La strage nascosta»)
    film documentaire italien de Sigfrido RANUCCI
    diffusé le 8 novembre 2005 sur la télévision RAI News 24
Dimanche 9 septembre 2007
L’ampleur de la privatisation des fonctions remplies par le passé, lors de conflits armés, est une des caractéristiques de l’actuelle guerre menée en Irak ou en Afghanistan. C’est aussi une des dimensions des opérations «contre-insurrectionnelles» conduites dans un pays comme la Colombie. Nous publions ci-dessous une sorte de bilan effectuée par une journaliste d’une agence fort traditionnelle — AP — qui explicite ce changement à l’œuvre et les implications qui en découlent aux plans juridique, constitutionnel et politique ; sans même parler de la dimension économique de ces dépenses dites de «sécurité». (À l’encontre)

Le personnel lié à des entreprises privées auxquelles sont sous-traitées des tâches de «sécurité» est actuellement presque aussi nombreux en Irak que l’ensemble des soldats états-uniens. Environ la moitié de ce personnel est constituée de gardes de sécurité privés, équipés d'armes automatiques, d'hélicoptères et de véhicules blindés.

   
Ils opèrent avec peu ou pas de supervision, ils ne sont responsables que devant les entreprises qui les emploient. Et à mesure que le pays sombre dans l’anarchie et la guerre civile, cette armée privée a été accusée d’avoir tiré sans distinction sur les troupes irakiennes et américaines, et d’avoir abattu un nombre inconnu de citoyens irakiens qui se sont trop approchés de leurs convois lourdement armés.

Aucun n’a été poursuivi ni inculpé
Il y a beaucoup de confusion parmi les experts légaux et les responsables militaires sur la question de savoir quelles lois — pour autant qu’il en existe — peuvent être appliquées à des Américains employés dans ce type de force, qui compte au moins 48.000 hommes.
   
En effet, du point de vue légal ils opèrent dans une zone grise. Contrairement aux soldats, ils ne sont pas tenus par le Code de Justice Militaire. Les forces d’occupation américaines ont obtenu l’introduction d’une disposition spéciale spécifiant qu’elles ne peuvent pas être poursuivies par les Irakiens pour des crimes commis dans le pays.
   
Les compagnies de sécurité insistent sur le fait que leurs employés sont régis par des règles de conduite interne et par des protocoles d’utilisation de la force établis par l’Autorité Provisoire (américaine) installé par les forces d’occupation états-uniennes et qui a dirigé en Irak pendant les 14 mois qui ont suivi l’invasion.
   
Mais beaucoup de soldats sur le terrain — qui gagnent en une année ce que les gardes privés peuvent gagner en un seul mois — disent que leurs homologues devraient être responsables devant autorité supérieure, comme ils le sont eux-mêmes. Plus de 60 soldats américains en Irak ont été traduits devant la cour martiale pour le meurtre de citoyens irakiens.
   
Certains analystes militaires et responsables du gouvernement estiment que les mercenaires devraient être jugés selon le Military Extraterritorial Jurisdiction Act, qui couvre les crimes commis à l’étranger. Mais jusqu’à maintenant cette juridiction ne leur a pas été appliquée.
   
Des firmes de sécurité gagnent plus de 4 milliards de dollars grâce à des contrats gouvernementaux, mais selon le Government Accountability Office (organe de contrôle des dépenses publiques) le gouvernement ignore combien de miliciens privés sont engagés par l’État et où ils se trouvent. Et les compagnies privées ne sont pas obligées de rapporter les incidents violents impliquant leurs employés.
   
Les gardes de sécurité constituent maintenant presque le 50% du personnel des firmes sous-traitantes engagées en Irak — un nombre qui a augmenté de manière exponentielle depuis l’invasion de 2003, lorsque le Secrétaire à la Défense d’alors, Donald Rumsfeld, a déclaré que la reconstruction de l’Irak était la priorité. Mais le mouvement insurrectionnel imprévu et des centaines d’attaques terroristes ont poussé le pays dans le chaos, et maintenant, c’est la sécurité qui est devenue prioritaire.
   
Le nombre de gardes privés en temps de guerre est sans précédent. Il en va de même pour leurs tâches, dont la plupart étaient traditionnellement effectuées par des soldats. Ils protègent des opérations militaires et des personnalités importantes, y compris le Général David Petraeus, le commandant états-unien à Bagdad. Ils protègent également des dignitaires étrangers en visite et des milliers de sites en construction.

Ils sont parfois mieux armés que les détachements militaires

Leur présence a également eu un impact sur l’orientation de la guerre. La bataille de Falloudja [décembre 2004] — un assaut militaire manqué dans lequel on estime à 27 le nombre de Marines tués, ainsi qu’un nombre inconnu de civils — a été déclenchée en représailles après qu’une foule d’insurgés aient lynché, mutilé et brûlé quatre gardes de Blackwater [parmi les plus importantes firmes privées états-unienne devant assurer la «sécurité»] dans cette ville.
   
Jan Schakowsky — représentante démocrate de l’Illinois, dont les efforts en vue d'établir une plus grande responsabilité en matière d’établissement de contrats de sous-traitance ont conduit à un amendement dans le budget du Pentagone de l'année prochaine — a déclaré : «Je comprends bien qu’il s’agit d’une guerre, mais ce n’est pas une excuse pour permettre à cette très importante force privée d’employés armés — et je risquerai même le terme de mercenaires — courir partout sans être responsables devant quiconque».

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Des incidents concernant des coups de feu
On estime que Blackwater a un millier d’employés en Irak, et reçoit au moins 800 millions de dollars en contrats gouvernementaux. C'est l’une des firmes de sécurité la plus en vue en Irak, avec sa flotte d’hélicoptères «Little Bird» et des vigiles armés qui pullulent à Bagdad et au-delà.
   
Cette compagnie, qui cultive le secret, est dirigée par un ancien SEAL des Marines [SEAL (phoque en anglais), pour SEa (mer), Air (air) and Land (terre)troupes amphibies], dont le siège est un énorme complexe dans la zone marécageuse de la Caroline du Nord. Jusqu’aux attentats du 11 septembre, cette compagnie avait peu de contrats de sécurité.
   
Depuis lors, les profits de Blackwater se sont envolés. Et cette entreprise est devenue le centre de nombreuses controverses concernant les milices privées en Irak, y compris la mort par balle, le 30 mai 2007, d’un citoyen irakien dont on estimait qu’il roulait trop près d’un détachement de sécurité de Blackwater.
   
«Le fait que ce conducteur irakien ait été tué à coups de fusil a augmenté les tensions. Les Irakiens sont très en colère» a expliqué Schakowsky.
   
La porte-parole de la compagnie, Anne Tyrell, a expliqué dans un e-mail à Associated Press, que la fusillade était justifiée : «Selon les rapports et des récits de témoins, le professionnel de Blackwater a agi légalement et de manière appropriée». Les demandes d’informations complémentaires de la part d’Associated Press sont restées sans réponse.
   
Il y a d’autres incidents de fusillades dont on suspecte les milices privées : Dans un incident, le superviseur de la compagnie Triple Canopy, dont le siège est en Virginie, a annoncé qu’il allait «tuer quelqu’un aujourd’hui» avant de tirer sur des civils irakiens pour s’amuser. D’après deux employés, il en a peut-être tué un.
   
Ces derniers, l’ancien Army Ranger Charles L. Sheppard III et l’ex-sniper des Marines Shane B. Schmidt, ont été renvoyés de cette compagnie. Ils ont riposté en portant plainte pour licenciement abusif. Leur plainte n’a pas identifié leur chef d’équipe, qui, selon leurs dires, avait ouvert le feu délibérément sur des civils à au moins deux reprises pendant que leur détachement se déplaçait à Bagdad. Il a simplement été identifié comme un ancien militaire de l’Oklahoma.
   
Sur son site Internet, Triple Canopy affirme que les trois hommes ont été licenciés pour n’avoir pas rapporté immédiatement des incidents impliquant des fusillades. Suite à une enquête préliminaire, Triple Canopy a rapporté que personne n’avait été blessé, et a transmis son information au gouvernement états-unien.
   
Patricia Smith, une avocate représentant Sheppard et Schmidt, a affirmé que le Département de Justice avait refusé d’investiguer. Ce dernier a refusé de commenter cette affaire.
   
Le 1er août 2007, un juré du comté de Fairfax, en Virginie, a décidé que Triple Canopy n’avait pas licencié abusivement les deux hommes. Mais la cheffe du jury, Lea Overby a également publié une note cinglante de la part du jury déclarant que la compagnie avait fait preuve d’une «conduite médiocre, d’une carence dans les procédures standards de rapport, des méthodes d'investigation défectueuses et des doubles standards inéquitables».
   
Selon Overby, les instructions faites aux membres du jury par le juge ne leur laissaient pas d’autre choix que de se prononcer contre les anciens employés. «Mais nous ne sommes pas d’accord avec la manière dont Triple Canopy les a traités», a-t-elle écrit.
   
Des employés mécontents de Aegis Defense Services, basé à Londres et détenteur d’un des plus importants contrats de sécurité en Irak — évalué à plus de 430 millions — ont posté des vidéos sur l’Internet en 2005, montrant des gardes de la compagnie en train de tirer à l’arme automatique sur des civils depuis l’arrière d'un véhicule de sécurité qui roulait.
   
Dans une des séquences, les tirs visent un véhicule civil, faisant perdre au conducteur le contrôle de son véhicule et percuter un taxi. Un autre clip montre une auto blanche touchée par des tirs d’armes automatiques, puis s’immobiliser lentement.
   
Dans les vidéos, le véhicule de sécurité ne s’arrête pas. Il continue sa route, laissant les civils dans leurs véhicules endommagés.
   
Après avoir, dans un premier temps, nié toute implication dans ces incidents, Aegis, qui est géré par l’ex-lieutenant colonel de la Garde écossaise Tim Spicer, a déclaré que les fusillades étaient légales et conformes aux directives d’emploi de la force établies par le CPA [Autorité provisoire] de l’époque. Ces directives donnent à des gardes de sécurité le droit de tirer en direction de véhicules qui s’approchent de trop près, ou trop rapidement. Lors de l’enquête menée par les réviseurs de l’armée états-unienne, ces derniers ont donné raison à Aegis.
   
D’après les responsables militaires, dans le chaos irakien, où les voitures piégées et les attentats suicide ont lieu tous les jours, de telles fusillades de la part de mercenaires sont courantes. Le nombre d’Irakiens blessés ou tués par des gardes privés n’est pas connu.
   
En 2005, dans cette ville blessée de Faloudja, à quelque 60 kilomètres à l’ouest de Bagdad, seize gardes de sécurité américains ont été arrêtés et emprisonnés par des Marines états-uniens au lendemain d’incidents au cours desquels ils ont été suspectés de tirer sur un poste d'observation des Marines, sur une patrouille et sur des civils qui marchaient et d’autres qui roulaient dans la ville.
   
Des gardes, employés de Zapata Engineering de la Caroline du Nord, ont été mis en détention durant trois jours. «Ils ont été mis en détention parce que leurs actions constituaient une menace pour les forces de coalition. Je dirais qu’il s’agit là d’un événement sérieux» a déclaré à l’époque le porte-parole des Marines, le lieutenant-colonel Dave Laplan.
    Les gardes, qui ont ensuite été libérés et renvoyés aux États-Unis, ont prétendu que les Marines les avaient humiliés et raillés en prison, les appelant «mercenaires» et les intimidant avec des chiens. Les gardes privés ont nié avoir participé aux fusillades.
   
L’année dernière, le Service naval d’enquête criminelle a clos son instruction «par manque d’éléments pour poursuite légale» a expliqué un porte-parole. Aucun des seize hommes n’a été inculpé.
   
Pourtant, quelques jours après les fusillades, le major général des Marines, Stephen T. Johnson, commandant de la partie occidentale de l’Irak, a banni les 16 gardes de toutes les installations militaires de cette région.
   
Dans des lettres qu’il a adressées à chacun de ces hommes, le général écrivait : «Votre convoi roulait à toute vitesse à travers la ville, tirant sans distinction, et certains de ces tirs ont touché des positions tenues par des Marines. Vos actions ont mis en danger les vies d’Irakiens innocents et de membres des services états-uniens dans la localité.»

Ressentiment des militaires
Depuis que les gardes américains privés ont commencé à essaimer en Irak, il y a beaucoup d’animosité entre eux et les soldats. Beaucoup de ces derniers sont des ex-membres, très entraînés, de groupes militaires d’élite, y compris des Navy SEALS, des Bérets Verts et des Army Rangers.
   
«La plupart des gars leur en veulent» explique l’ex-Lieutenant-colonel des Marines Mike Zacchea, qui a passé deux ans en Irak pour entraîner et bâtir l’armée irakienne. «Il y a cette impression que si ces gars voulaient vraiment faire les choses comme il faut, ils seraient restés dans l’armée.»
   
Zacchea, qui est maintenant à la retraite à Long Island, NY., a dit qu’en tant que conseiller supérieur du bataillon, plusieurs compagnies de sécurité lui ont proposé des postes, avec des salaires moyens de 1000 dollars par jour. Cela ne l’intéressait pas : «Je ne voulais pas aller en Irak en tant que mercenaire. Je n’y crois pas. Je ne crois pas que ce qu’ils font est correct. En réalité, ces gars sont des agents libres. Ils ne sont soumis à aucune loi. Ils sont des combattants sans uniforme. Personne n’opère un suivi de leurs activités.»
   
À fin 2004, le Reconstruction Operations Center (ROC, Centre d’Opérations de Reconstruction) a été ouvert à Bagdad. Son objectif était d’enregistrer les déplacements des sous-traitants armés et des troupes militaires dans tout le pays et d’enregistrer les incidents violents. Néanmoins, la participation est volontaire.
   
Selon des chefs militaires, le gouvernement devrait exiger que les sous-traitants armés signalent leurs déplacements et leur utilisation d’armes. L’année dernière, des cadres supérieurs de la 3e Division d’Infanterie à Bagdad ont dit à des auditeurs du GAO [General Accounting Office] en visite, que le manque de coordination continuait à mettre en danger  les vies des soldats et des sous-traitants armés. Ils ont ajouté que des détachements de sécurité privés continuaient à pénétrer dans des zones de combat sans avertissement. Dans certains cas, des officiers militaires se sont plaints de n’avoir aucun moyen de communiquer avec les détachements de sécurité privés.
   
Beaucoup de grandes compagnies de sécurité prétendent que leurs gardes se coordonnent avec le ROC, et déposent des rapports des épisodes de fusillades. Mais les auditeurs du gouvernement en Irak ont rapporté l’année dernière que certains des sous-traitants armés disaient qu’ils avaient cessé de signaler de telles fusillades, parce qu’elles avaient lieu tellement souvent qu’il était impossible de faire des rapports pour chaque épisode.

Deborah Hastings, 24 août 2007
Jeudi 12 avril 2007
Il y a longtemps déjà que l’Armée tente de s’imposer dans les écoles. Les généraux français de la guerre d’Algérie, tenants de l’idéologie de «l’ennemi intérieur», ont-ils fait des petits ? Veulent-ils seulement recruter les jeunes de 11 à 14 ans en «échec scolaire» ? Ou bien doivent-ils faire comprendre aux futurEs civilEs que toute résistance, toute révolte, est vaine face aux forces impressionnantes de l’ordre établi ? Force est de constater que la présence de l’Armée se banalise partout.

L’année dernière à la même époque, l’Armée organisait des manœuvres sons-&-lumières en pleine ville de saintClaude pendant plusieurs semaines. À Moirans-en-Montagne, petite ville située dans le périmètre pluri-départemental choisi par l’Armée pour ses exercices grandeur nature, les élèves ramassaient les douilles usagées de l’opération séduction sur le trottoir les menant au collège et c’était à celui ou à celle qui s’en bourrait le plus les poches.


Plein les yeux, plein les oreilles :
Tandis qu’une campagne d’affichage pour le recrutement bat actuellement son plein partout, tout cet hiver la Bresse jurassienne a connu le vacarme des rase-mottes des avions de chasse de l’Armée de l’air décollant de Dijon quasi-quotidiennement. — Sachant que l’heure de vol d’un Rafale coûte 20.000 €, combien d’heures de cours et combien de titularisations pérennes d’«emplois de vie scolaire» pourrait-on assurer à la place ?
    Pour les «18 à 21 ans, en situation de retard ou de difficulté scolaire, sans diplôme et sans emploi, de nationalité française», l’Armée remplace à la fois l’école et l’ANPE en pratiquant, depuis deux ans, «l’éducation comportementale» de jeunes travailleurEs militariséEs dans des camps de la «deuxième chance». «Centres qui s’inspirent eux-mêmes d’un dispositif créé par l’Armée dans les Dom-Tom.» Ceci afin de livrer cette main d’œuvre aux patrons «du BTP et du service à la personne» (interview du colonel Sauvonnet à Topo, magazine des Missions Jeunes de Franche-Comté).
    Parallèlement, le ministère de la Défense envoie systématiquement à destination des CDI et sur papier glacé son hebdomadaire L’Armée magazine, et le ministère de l’Intérieur le sien, Intérieur magazine. Mais il y a plus grave.
    Grâce à la casse du service public d’éducation et au zèle propagandiste de l’institution militaire, unE élève de troisième sur deux suit d’ores et déjà l’option «découverte des métiers de la Défense» au collège Jeanne-d’Arc de Champagnole. Et l’expérience s’élargit, puisqu’une convention entre l’Armée et l’Éducation nationale vient d’être signée le 22 mars dernier, prévoyant l’instauration d’une option «initiation à la Défense» dans certains établissements scolaires volontaires. En plus des deux établissements privés jurassiens qui le faisaient déjà depuis 2004 (Fénelon à Lons et Jeanne-d’Arc à Champagnole), trois autres lycées du Doubs sont impliqués : le lycée technique Jules-Haag, le lycée privé saintPaul-saintJoseph à Besançon, ainsi que le lycée Toussaint-Louverture à Pontarlier. Établissements dans lesquels le 19e régiment du Génie propose ses conférences aux élèves «volontaires».
    Enfin, les bornes ont
été largement dépassées au lycée Duhamel (Dole). Toute la journée mercredi 28 et jeudi 29 mars, deux soldats armés et casqués étaient postés sur le parking. Dans le périmètre scolaire, près de l’internat, deux camions de munitions, deux jeeps dont une avec une arme lourde et les troufions allant avec, armés et casqués. Ainsi deux jours durant, les élèves et leurs professeurEs ont pu travailler… comme au spectacle, mais sous bonne garde, sous le joug de la paix kakie. La vieille France veille sur ses colonies de l’intérieur, sur ses «jeunes» dont elle a peur, sur ses classes dangereuses.


Pourquoi l’Éducation aurait-elle intérêt à s’allier avec l’Armée ? Et surtout, quelle stratégie poursuit cette dernière, en déployant ainsi ses manœuvres jusque dans les cours de récréation ? Où est le retour sur cet investissement ? D’abord, la propagande de recrutement par le spectaculaire mensonge de «l’aventure» sous les drapeaux. Et puis en définitive,
la menace visible et tangible d’une répression guerrière, inculquée et martelée dans les inconscients enfantins et adolescents : futurEs travailleurEs qui auront tant de raisons de s’élever contre les injustices qui leur seront faites — ces injustices que le sabre et le goupillon perpétuent depuis toujours.

Avec l’ensemble de la communauté éducative, avec les élèves et les parents, nous revendiquons l’interdiction d’accès aux lieux d’éducation, quels qu’ils soient, à l’Armée, à la Police, à la Gendarmerie et autres corps assimilés. Collectivement, nous devons et nous pouvons nous opposer à toute incursion illégitime.

Alors que les
pouvoirs publics criminalisent les pauvres et conduisent l’offensive non seulement contre les déboutéEs de tous les droits (d’asile, à l’éducation, à la culture, à l’emploi, au logement, à la santé, à la retraite…) mais aussi contre celles et ceux qui les soutiennent, toute intrusion des forces répressives à l’école est lourde de sens. Alors si, comme tous les signes l’indiquent, certains serviteurs de l’État rêvaient réellement à un remake de la Semaine sanglante, nous travaillerions à ce que les prolétaires y jouent leur propre scénario. En se remettant à chanter que «nos balles sont pour nos propres généraux».

Contact

Le Jura Libertaire
Au Coffre-Fortcoffre-fort.JPG
rue de Bonneville
(en face de l’I.M.E.)
F-39200 saintClaude

Activités
à venir cet hiver
Tu viens ou tu crains !



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