Dimanche 21 juin 2009

Il faut donc avoir le «courage» d’avouer qu’il est nécessaire de finir un mouvement, non pas de le clore mais de le mettre en veilleuse, de le laisser se reposer en ayant l’espoir d’une reprise de feu lors de la rentrée prochaine, la lutte qui se tape des congés non payés et non redevables, une sorte d’avance dans la pensée, de consommation mouvementaire. Cela ne prend pas cette année, négocions la pause et reprenons l’année prochaine, en promettant main sur le cœur et voile sur les yeux que c’est la seule issue possible et imaginable.

Entendre ce discours, venant de la part de personne se revendiquant militante pour changer l’ordre des choses laisse perplexe, cela déroute, on se positionne dans un creux idéologique suicidaire, défaitiste et pas du tout révolutionnaire. On se prend à oublier que la raison même de notre engagement, de nos luttes est le dépassement salutaire de la simple mobilisation rituelle s’instaurant dans les cadres qu’ils nous autorisent à défendre. Notre mobilisation n’est pas un CDD que l’on va renouveler, après être passée par la case saisonnière du repos tranquille, notre lutte est un engagement qui sert une visée et s’inscrit dans le temps, et s’enracine dans les murs. Déstabiliser les dogmes et établir le bordel dans nos têtes et dans la pensée prémâchée qu’ils nous servent.

Haro sur les jusqu’au-boutistes qui pensent autre chose, contre ces voyous qui viennent pourrir nos AG (nouveau sanctuaire des luttes auto-digérées), qui nous mettent face à nos contradictions et face à notre fausse lâcheté. Halte, pensons autre chose, et jouons la peur du chiffre, projetons nos peurs sur l’absence de personne, évitons de nous voir en face et mettons sur le compte de la mobilisation ratée des consciences et des cœurs notre défaitisme, la nécessité de ne pas poursuivre la réflexion jusqu’au bout. Tout en s’empêchant de s’interroger que le système mis en place va nous avoir lui, jusqu’au bout, va détruire nos aspirations lui jusqu’au bout, va s’immiscer et s’instaurer dans nos plus profonds désir de changement, lui va mettre en place la nécessaire sortie de crise, la gestion syndicale les nouveaux professionnels (pas si nouveau !!) du management des luttes, qui se sentent responsables des foules et de l’avenir des étudiants. Mais face à cela dressons le constat de la folie suicidaire de ceux qui osent espérer que le mouvement étudiant est un mouvement mou qui ne changera ni de direction ni d’aspiration quel qu’en soit le nombre, que si nous montrons, nous ceux qui sommes engagés dans la lutte quotidienne et perpétuelle, qui nous interrogeons tous les jours sur la nécessité de dépasser le système capitaliste, qui observons sa violence et analysons ses défaillances, que si nous montrons qu’il est destabilisable. À dix ou à cent, ou même à mille peu importe, tant que nous pouvons montrer aux yeux (et surtout à la tête) de tous, que le géant qui se dresse en face de nous a des pieds en argile, des pieds de monument qui n’a de solide que l’apparat et de puissant que la force diffuse de la peur qu’il visse au plus profond de nos têtes. C’est donc cela le dépassement, le jusqu’au-boutisme, le gauchisme nécessaire, c’est cette responsabilité-là que l’on devrait s’incomber.

Frapper là où ça fait mal, contre-attaquer et sortir des cadres qu’ils nous imposent. La force du système actuel réside dans la possibilité qu’il a à gérer les reformes et leurs contestations, à faire le mal et son antidote, à nous pousser dans nos retranchements les plus ultimes et à compter sur ceux qui gèrent pour pouvoir gérer le pire. De négocier la vaseline. La résistance se fait dans tous les domaines, la vraie la seule le mouvement qui ne s’arrête pas face à une ridicule histoire d’examen ou de répression. C’est là où réside notre force ; les examens sont comme les bulletins de vote, il titillent notre conscience de citoyen respectueux des normes établies ; de citoyenneté il n’y en a pas, car notre citoyenneté ne s’exerce pas dans une communauté dont nous gérons le devenir ; la démocratie du bulletin de vote crée nos limites et notre consentement, les examens déstabilisent notre conscience et détruisent notre rage et notre révolte. Rocher stable sur lequel vient s’écraser des montagnes d’écume, de plus en plus noire, récoltant le désespoir de ceux qui luttent.

La situation, elle, est beaucoup plus grave, la situation veut que l’on puisse se dresser tous ensemble, contre la tenue de cette mascarade d’examen qui signifie le dépassement d’un cap et la deuxième défaite en si peu de temps. La situation elle, n’est pas ajournable, elle ne peut revenir sur le devant de la scène de par la suite car la situation est toujours au devant de nous, la libéralisation de l’éducation, de la santé, de nos droits, de ce que l’on prétend encore appeler démocratie, est une réalité qui s’exerce tous les jours, qui est continue, qui ne s’arrête pas. Aller les bloquer, c’est justement attaquer le gouvernement sur son propre terrain, c’est être présent sur un domaine où ils ne nous attendent plus. Leur certitude de notre défaitisme face à cette situation les pousse à chaque fois à faire pourrir un mouvement et le faire se censurer sur la question des examens.

Oui aujourd’hui, le combat se situe là, car nous sommes à l’aube de l’effet Thatcher sur nos luttes, oui ici maintenant, peu importe le rapport de force tant que nous sommes tous ensemble organisés dans une même visée de lutte. Pour toutes ces raisons et du fait même de ne pouvoir dépasser la situation de soit-disant privilégiés que l’on nous colle, le mouvement étudiant ne sera jamais un mouvement révolutionnaire, un mouvement qui ne fait pas que contester des réformes, mais qui déstabilise le pouvoir et remet en cause le système en entier. L’effort est difficile, les privilèges bien ancré, le confort qui va avec aussi, le mouvement étudiant n’est pas (pour l’instant) un mouvement révolutionnaire, les exemples de 68 ou même du CPE nous le démontrent clairement. Jusqu’au-boutiste étudiant abstenez-vous ou allons chercher autre chose.

Un individu, le 20 juin 2009.
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Mercredi 20 mai 2009

Dix-neuf policiers et carabiniers ont été blessés mardi à Turin, dans le nord de l’Italie, dans des affrontements avec des milliers détudiants qui manifestaient contre la tenue dun G8 des recteurs duniversités, selon lagence Ansa.

Tout au long de laprès-midi, les forces de lordre ont affronté à plusieurs reprises les manifestants, tentant sans succès de les disperser avec des jets de gaz lacrymogène, a constaté un journaliste de lAFP.

Les étudiants ont tenté de forcer le cordon de police qui se trouve autour du château de Valentino, lieu de la rencontre du G8, jetant des pierres et des extincteurs contre les policiers.


Dix-sept policiers et deux carabiniers ont été blessés mais sans gravité au cours de ces affrontements. Deux manifestants ont été arrêtés, a indiqué lAnsa.

Les étudiants protestaient contre la crise économique mondiale qui touche aussi les universités et dont ils ne veulent pas faire les frais. Les étudiants s
en sont pris à plusieurs banques à leur passage.


LItalie préside cette année le G8, le groupe des huit pays les plus développés du monde et un sommet de cette organisation aura lieu du 8 au 10 juillet.

Dans le cadre de la présidence italienne du G8, le recteur de l
’École polytechnique de Turin, Francesco Profumo, avait invité les responsables de 40 universités de 19 pays pour discuter de problèmes économiques et éthiques et de développement durable.

«Notre initiative — les quatre T, tolérance, talent et technologie à Turin — a un sens, mais le malaise général des étudiants est évident», a dit M. Profumo.

«Nous avons eu un gros problème de communication, nous devons changer notre mode de communiquer avec les étudiants», a-t-il ajouté.


Les incidents de Turin sont «une sonnette dalarme inquiétante» à un peu plus dun mois du sommet du G8, a estimé pour sa part Cristiano Leggeri, un responsable de la police du syndicat de droite UGL.

«Nous sommes profondément préoccupés car nous avons assisté à Turin à des scènes de violence que nous pensions dépassées», a-t-il dit, selon l
agence Ansa.


Les chefs d’État ou de gouvernement du G8 (États-Unis, France, Russie, Allemagne, Japon, Canada, Grande Bretagne et Italie) doivent se retrouver du 8 au 10 juillet à LAquila, dans la région touchée début avril par un violent séisme ayant fait près de 300 morts.

Le précédent sommet du G8 accueilli par l
Italie, en juillet 2001 à Gênes (nord-ouest) avait été marqué par de violents heurts entre policiers et manifestants qui sétaient soldés par la mort dun jeune contestataire.

Leur presse (AFP), 19 mai 2009.



Policiers et étudiants s’affrontent en marge du G8 des universités

(…)
D’après des participants à la manifestation, les étudiants étrangers, notamment français, ont été les plus virulents au cours des incidents.

En milieu d’après-midi, le calme était revenu dans le centre-ville de Turin.

«Je crois qu’il y a un malaise général, parmi les étudiants, dans lequel je me reconnais», a déclaré Francesco Profumo, le recteur de l’université polytechnique de Turin, à l’occasion de la conférence de presse concluant la rencontre des universitaires. «Nous ne nous sommes pas barricadés et sommes prêts au dialogue avec les étudiants.»

Les organisations d’extrême gauche sont mobilisées pour mettre en place des manifestations lors des prochaines réunions du G8 — que préside cette année l’Italie —, en particulier la semaine prochaine quand se retrouveront, à Rome, les ministres de la Justice et de l’Intérieur des huit pays les plus industrialisés sur le thème de la sécurité.

Afin d’éviter de tels problèmes lors du sommet des chefs d’État et de gouvernement du G8 qui aura lieu en juillet, le président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, a décidé de l’organiser à L’Aquila, en affirmant que les protestataires anti-globalisation n’oseraient pas créer de troubles dans une région qui vient d’être frappée par un tremblement de terre meurtrier.

Leur presse (Alexis Masciarelli, France 24), 19 mai.

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Vendredi 8 mai 2009
Ce matin, un peu avant 6 heures, lalarme incendie du bâtiment Sciences sest déclenchée (visiblement, une personne a fumé trop près dun détecteur). Les agents incendie sont alors intervenus pour faire une ronde et arrêter lalarme. Lors de cette ronde, ils ont constaté leffraction dune salle de labo où se trouvaient des produits chimiques. Ils ont donc signalé ce fait à la hiérarchie. Les pompiers interviennent notamment avec lunité chargée des produits dangereux. Lintervention de cette unité nécessite aussi la présence de la police. Mais cette dernière nest pas entrée avant larrivée de la présidente Josette Travers à 6h30. Les policiers sont rentrés dans le bâtiment vers 6h45 et ont procédé aux constations dans le labo et interpellé les personnes présentes (environ 18). Ces personnes ont été conduites à lhôtel de police.

Une plainte a été déposée par la Présidence pour effraction contre X. Deux personnes, qui n
ont subi quun test dalcoolémie, sont resorties vers 10h30.

UniCaen Off, 8 mai 2009.


Université de Caen :
19 bloqueurs évacués et interpellés


La présidence de l’université de Caen a alerté la police ce matin, pour faire évacuer les locaux, occupés depuis deux semaines.

La présidence a [dénoncé] des tentatives, par certains occupants du bâtiment science, de s
introduire dans une arrière-salle de laboratoire, où sont entreposés des produits chimiques dangereux.

«J
ai appelé la police ce matin à cause dune intrusion des occupants dans un laboratoire», déclare Josette Travert, la présidente. «Une armoire à produits a été ouverte, des tiroirs fouillés. Nous avons constaté des dégradations assez importantes, notamment des grafitis sur les murs et des inscriptions à la peinture», ajoute-t-elle.


19 interpellations

Selon la présidente, qui était présente lors de l
intervention, «tout sest déroulé dans le plus grand calme, il ny a eu aucune violence, les personnes nont opposé aucune forme de résistance ni physique, ni verbale».

Dix-neuf étudiants et marginaux extérieurs à la fac ont été interpellés vers 6 heures. Ils ont été placés garde à vue ou en salles de dégrisement. La présidence de l
université a porté plainte «au motif dintrusion dans le laboratoire et de dégradations».

L
activité de luniversité de Caen est perturbée depuis environ trois mois dans le cadre de la contestation nationale des étudiants et enseignants-chercheurs contre les réformes du gouvernement du système universitaire.

Depuis deux semaines, trois bâtiments étaient occupés, dont un a été libéré jeudi par les bloqueurs.
Des affrontements ont aussi opposés les forces de lordre et les étudiants mardi, à loccasion dune manifestation.

Leur presse (Ouest-France), 8 mai.


«(…)
21 personnes ont été interpellées. (…) Depuis deux semaines, trois bâtiments étaient occupés, dont un a été libéré jeudi par les bloqueurs et les deux autres vendredi matin par les forces de l’ordre.»
Leur presse (Le Parisien), 8 mai.
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Mercredi 6 mai 2009
Accroche-toi au pinceau, jenlève la hiérarchie !

La section universitaire rennaise de la CNT-FAU se félicite de la décision de la direction de l’université Rennes 2 de mettre fin, enfin, aux différences hiérarchiques entre les salariés de cette institution.

L
édition du Ouest-France du 5 mai 2009 nous le prouve en présentant (photo ci-jointe) M. Jean-Émile Gombert, vice-président du Conseil scientifique de Rennes 2, nettoyant de ses mains les murs graffités du bâtiment L de luniversité, se suppléant en cela au travail des personnels IATOSS. Il répond, et par son intermédiaire lensemble de la direction, à une des principales revendications de notre organisation syndicale (partage et rotation des tâches, suppression des différences statutaires…).

Nous nous félicitons de surcroît de l
illustration flagrante du manque de moyens de luniversité que cette photo met en lumière, situation dénoncée depuis longtemps par les militants et organisations universitaires.


Ensuite, nous espérons que M. Gombert sera correctement noté par son supérieur hiérarchique pour ce travail, comme le sont les personnels IATOSS depuis lannée 2007.

Enfin, nous refusons de prêter crédit aux cris d
orfraie de tristes sires dénonçant la flagrante et sinistre démagogie indigne de mandarins universitaires que la mise en scène de cette action ponctuelle de nettoyage pourrait révéler.

CNT-FAU Rennes, 6 mai 2009.


Rennes 2 : Après le blocage, les profs nettoient la fac

Cet après-midi, entre les cours, des enseignants et personnels se sont retrouvés au pôle langues dont les murs avaient été couverts de tags mercredi dernier.

Munis de combinaisons de protection, de produit anti-tags et de papier, ils ont recouvert les inscriptions.

«Une action symbolique de remise en état»
, explique Danielle Charles Le Bihan, vice-présidente de l
université Rennes 2. Le plus gros des travaux aura lieu en effet cet été.

Les cours continuent de se dérouler sur le campus. Le début des examens est lui fixé au lundi 18 mai.

Leur presse (Ouest-France), 4 mai.



Rennes 2 : Les personnels nettoient les murs

Hier midi, entre les cours, des enseignants et personnels se sont retroussé les manches pour masquer les tags qui recouvraient les murs du pôle langues.

«Il ne s’agit pas de tout repeindre, mais de recouvrir les tags pour une remise en état symbolique des lieux», explique Danielle Charles-Le Bihan, vice-présidente de l’université Rennes 2. Mercredi dernier, peu avant 21 heures et la fin des cours, des tags avaient été inscrits sur les murs du pôle langues «dont certains racistes, à l’encontre de la société de vigiles».

En combinaison de protection, munis de produits anti-tags, de papiers et de collants, des personnels de l’université les ont recouverts. Mais, le plus gros des travaux sera effectué cet été. Aucun bilan chiffré du coût des dégradations, du vol de matériel, de l’emploi de la société de vigiles n’est arrêté. Mais la présidence évoque déjà «un coût supérieur à 100.000 €. À elle seule, la porte de la Présidence, en verre sécurisé, coûte 20.000 €.
» (…)

Leur presse (Agnès Le Morvan, Ouest-France), 5 mai.
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Vendredi 20 mars 2009

C’est la deuxième fois que cette professeur d’anglais de La Baule subit une agression de ce type, commise devant des sixièmes. L’auteure, élève en troisième, risque l’exclusion et le tribunal.

C
est la deuxième fois ! La pauvre enseignante danglais, pas très éloignée de lheure de la retraite, avait reçu une tarte en pleine figure des mains dun groupe de garçons, voici cinq ans, au lycée Grand-Air de La Baule (Loire-Atlantique). Elle en a reçu une seconde la semaine dernière.

En pleine classe ! Devant des élèves de 6e, choqués de voir surgir en plein cours — la porte de la classe était ouverte — une fille encagoulée qui a projeté une tarte à la crème à la face de l
enseignante. Cette dernière a juste eu le temps de faire barrage avec ses mains : le cou et le buste ont été éclaboussés. Lauteure de lagression sest enfuie.

Convocation devant le procureur

Il a fallu attendre le lendemain pour que les langues des élèves se délient et que la coupable et ses complices soient retrouvées : une élève scolarisée en 3e, qui suivait l
anglais avec … la prof victime. Et deux autres complices qui ont aidé la première à franchir le portail, mais nont pas pénétré dans la classe.

Vengeance de l
élève vis-à-vis de sa prof ? Un collègue évoque une enseignante «très ouverte et sympa», mais «exigeante, stricte dans sa salle de classe». Le chef détablissement, lui, ne fait aucun commentaire sur cet épisode isolé qui intervient deux semaines avant les festivités du cinquantième anniversaire du lycée.

La jeune fille a été placée en garde à vue au commissariat de police. Elle sera convoquée, ainsi que ses deux complices, par le délégué du procureur à Saint-Nazaire, sans doute pour un rappel à la loi ou une admonestation. L
entarteuse fera aussi lobjet, la semaine prochaine, dun conseil de discipline. Elle risque lexclusion définitive.

Dans cette affaire, on est loin des coups de couteau, des règlements de comptes des dernières semaines dans des établissements scolaires d
Alsace ou de région parisienne, mais le phénomène a de quoi interpeller, dans un collège-lycée aussi paisible que celui de La Baule.

Vu de loin, le lycée public bénéficierait même d
une image détablissement de vacances, dans son superbe cadre au cœur de La Baule-Les Pins, pas loin de la baie, fréquenté par des jeunes de familles plutôt aisées.

Proviseur depuis trois ans, Marc Genet retient plutôt les «très bons résultats scolaires et le boulot des enseignants : on travaille beaucoup, ici».

Presse jaune, 19 mars 2009
(Michel Oriot, Ouest-France)
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Mardi 17 mars 2009

«De la maternelle à l’université», mardi 10 mars, à linitiative de la Coordination nationale éducation parents/enseignants, diverses initiatives ont réalisé une première convergence. À Lyon, Paris, Montpellier … grévistes ou non, enseignants du primaire, étudiants, parents se sont retrouvés lors de nouvelles «Nuits des écoles», rassemblements, manifestations.

Samedi 14 mars, la Coordination a tenu sa 3e assemblée générale à Montpellier dans le but d
améliorer cette convergence et damplifier la mobilisation.

Pour la Fédération des travailleurs de l
éducation CNT, la grève interprofessionnelle du jeudi 19 mars sinscrit dans ce mouvement dopposition aux mesures Darcos-Pécresse. Elle sera une étape supplémentaire dans une convergence indispensable pour mettre un terme au démantèlement des services publics et aux contre-réformes anti-sociales du gouvernement.

La CNT, dans les assemblées de grévistes, défendra l
urgence de reconduire cette grève. On ne va pas descendre dans la rue tous les mois dans le cadre de «journées dactions interprofessionnelles» en attendant lété ! Les Guadeloupéens le savent. À nous de lapprendre ?!

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Lundi 16 mars 2009

Certaines photographies prises lors de ce cours consacré à «La Grande Guerre à Paris» ont pu surprendre quelques internautes et il a semblé nécessaire de faire un rapide compte rendu des conditions dans lesquelles il s’est déroulé.

Trois enseignants (Élise Julien, de Lille 3, Nicolas Offenstadt et moi-même, de Paris 1) qui ont eu l
occasion de mener des recherches sur la Première Guerre mondiale ainsi que des étudiants étaient bien présents ce vendredi à 11 heures sous lArc de Triomphe pour la première étape de cette visite pédagogique dont la problématique mettait en rapport lhistoire dun conflit et sa mémoire telle quelle est construite en un milieu urbain spécifié.

Avertis grâce à l
excellent site Sorbonneengreve, des policiers étaient également venus en nombre. En dépit de nos précisions et profitant dune supériorité numérique tout comme du caractère explicitement pacifique de nos intentions, ils nous ont poussés hors du plateau et dans le souterrain jusquaux Champs-Élysées, assurant une singulière séance de travaux (très) dirigés dinstruction civique et suscitant la curiosité des nombreux touristes présents. La présentation liminaire de «Paris et sa population au début du XXe siècle» a ainsi été abrégée. Les nombreux policiers présents ont ensuite pu profiter dune courte conférence «Histoire et mémoire du soldat inconnu», tout en regrettant sans doute avec nous quelle nait pas pu se tenir à proximité de la flamme, ce qui aurait été bien plus pertinent.


Puis nous avons, accompagnés par des policiers en civil, descendu les Champs-Élysées en réfléchissant notamment sur l
inscription de ce conflit dans la toponymie. Deux fourgons sont venus renforcer les équipages des véhicules déjà présents. La force publique a alors effectué un mouvement tournant pour nous encercler tandis que les policiers écoutaient avec attention une analyse de la place de la statue de Clémenceau au sein de la statuaire parisienne. Entravant notre liberté de circulation en une désagréable promiscuité, la police ne nous a laissé partir quen groupes de cinq en direction de la station de métro.


Quelques instants plus tard, nous nous sommes retrouvés, comme prévu dans notre programme initial, dans la cour des Invalides. Nous y avons développé une réflexion sur la mémoire de la Grande Guerre telle qu
elle est construite et vécue par linstitution militaire et la population. Le cours sest terminé devant lescalier dhonneur de la mairie du VIIe arrondissement où le caractère singulier du monument aux morts qui y est situé a été mis en perspective avec les pratiques de deuil dans lensemble du pays.


Tout en regrettant que des éléments perturbateurs nous aient fait perdre un temps précieux et contraints au sacrifice de deux parties du cours («Paris bombardé, 1914-1918» et «Les usines de Paris pendant la Grande Guerre»), nous avons tous, étudiants et enseignants, fort apprécié ce cours «hors les murs» très instructif.

Christian Chevandier - Grève active à la Sorbonne, 14 mars 2009.
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Vendredi 13 mars 2009

Achour Idir est un des responsables du syndicat autonome algérien le CLA (Conseil des lycées d’Algérie). La trentaine, il réside à Alger. Dans un pays où demeure encore les stigmates d’un État-Parti, revendiquer son autonomie du pouvoir n’est pas chose aisée. Entretien avec un militant de lutte de classe qui se réclame d’idéaux teintés du rouge et noir de l’insoumission et des résistances.

Peux-tu, Achour, nous présenter ton organisation ?

Le CLA (Conseil des lycées d’Algérie) est un syndicat du secteur éducatif. Il regroupe essentiellement des professeurs du secondaire mais dans le principe, le CLA est partie prenante de toutes luttes interprofessionnelles.

Le CLA a été crée en 2003 autour de trois revendications principales que sont :
- L’augmentation des salaires des enseignants de 100% ;
- La création d’un statut particulier pour le corps enseignant ;
- L’accès à une retraite digne après 25 ans de service.


Le CLA représente aujourd’hui plus de 15.000 enseignants. Dans le paysage du syndicalisme enseignant en Algérie, bureaucratisé et corrompu, il constitue une référence très crédible par rapport à ses positions et ses engagements sur le terrain de la lutte des classes.


Quelles sont les grandes luttes qu’a mené le CLA dans le passé ?


À sa création en 2003 le CLA a mené une grève reconductible autour des trois revendications que j’évoquais précédemment. Cette grève a duré trois mois et s’est soldée par une petite victoire avec notamment une augmentation de salaire de 5000 dinars pour chaque fonctionnaire de l’éducation.


Un autre mouvement du même type a eu lieu, à l’initiative du CLA, en 2005 dans le cadre de l’Intersyndicale de l’éducation, une coordination des syndicats combattifs du secteur éducatif. Le mouvement a ensuite repris en 2006, puis en 2007 et en 2008 dans le cadre de l’Intersyndicale de la fonction publique qui cette fois regroupait non seulement des syndicats du secteur de l’éducation (SATEF par exemple) mais s’étendait désormais à la fonction publique (SNAPAP).


L’été 2008, nous avons soutenu une grève très dure d’enseignants contractuels. Des grévistes n’ont pas hésité à faire 45 jours de grève de la faim. Sans résultat. Ils pensent reprendre leur grève de la faim pendant les vacances du printemps à partir du 19 mars.



Peux-tu nous présenter le panorama syndical en Algérie ?


Pendant longtemps la configuration syndicale en Algérie a tourné autour d’une centrale unique l’UGTA. L’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), créée le 24 février 1956, est le premier syndicat algérien à voir le jour. Il est un prolongement du mouvement de libération nationale sans être sous la coupe des politiques de la révolution. Les membres fondateurs sont essentiellement des syndicalistes algériens de la Confédération générale du travail (CGT) et de la Confédération française des travailleurs (CFT). Un fait important est à souligner, l’UGTA a évolué en marge du mouvement politique. Cette autonomie durera jusqu’à l’indépendance. Depuis, il est un rouage de l’appareil d’État algérien à la solde du pouvoir. C’est le seul interlocuteur légal du gouvernement.


En opposition à ce syndicalisme intégré, existe un syndicalisme dit autonome. Le CLA en fait partie. Mais cet autre syndicalisme n’a pas la vie facile car les espaces de liberté en Algérie sont réduits. Toutes les grèves initiées par les organisations syndicales n’entrant pas dans les calculs des autorités sont systématiquement déclarées illégales. Des syndicalistes sont arrêtés par les forces de l’ordre et emprisonnés. On nous refuse tout local syndical. Notre syndicat n’est pas reconnu comme représentatif.


Le pouvoir ne s’y trompe pas. L’Intersyndicale de la fonction publique représente la ligne revendicative et combative du syndicalisme algérien. Cela amène le pouvoir algérien à user de stratagèmes originaux pour nous discréditer. Il n’est pas rare qu’il crée de toutes pièces des syndicats autonomes bis. Il existe ainsi un CLA bis, une SNAPAP bis. Ils pensent ainsi créer une confusion.


Existe-t-il en Algérie une tradition anarcho-syndicaliste ou libertaire ?


Il n’y a pas de syndicat qui se réclame ouvertement de l’anarcho-syndicalisme. Par contre il existe de nombreux militants anarcho-syndicalistes qui militent dans les différents syndicats. On n’est pas nombreux mais on existe quand même.


Peux-tu nous résumer la situation sociale en Algérie ?


La situation sociale est caractérisée par un niveau de pauvreté extrême. En règle générale, pour la plupart des ménages le salaire couvre quinze à vingt jours dans le mois. Pour les dix derniers jours on tâche de joindre les bouts comme on peut. Beaucoup de fonctionnaires sont sur-endettés.


Le taux de chômage approche des 17% et chez les jeunes celui-ci est encore plus élevé.


Dans la Fonction publique (secteur encore dominant dans l’Algérie «socialiste»), nombre d’emplois sont en fait des contrats précaires. La corruption est légalisée à tous les niveaux de l’État.


Même si l’essentiel de l’économie algérienne est sous contrôle étatique, il existe malgré tout un secteur privé. Quelle est la réalité syndicale dans ce secteur ?


Le syndicalisme dans le secteur privé est inexistant. Cela est dû essentiellement au fait que les travailleurs du secteur privé sont des contractuels et à une durée déterminée. Souvent aussi, ils travaillent au noir. Ils ne sont même pas déclarés et n’ont aucun contrat. Ces travailleurs sont donc fragilisés. Ils ont peur de perdre leurs postes dans le cas où ils s’engageraient dans la la construction d’un syndicat.


Le mot de la fin Achour ?


Le CLA est solidaire de toutes les luttes syndicales au niveau national et international. Nous soutenons toutes les causes qui vont dans le sens d’une plus grande justice sociale. Nous pensons aussi profondément que seule la lutte paie. Vive la lutte des classes.


Propos recueillis par Jérémie Berthuin
Secrétariat international de la CNT, 7 mars 2009.
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Lundi 9 mars 2009

Aujourd’hui 5 mars 2009, les étudiants de Nanterre réunis en AG lancent un avertissement à toutes les directions syndicales : si certaines décident de prendre part à des négociations sans y être autorisées par le mouvement étudiant, dont la voix s’exprime par le biais de la Coordination nationale, les syndicats concernés se feront la cible de représailles dans leurs sections locales.
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Dimanche 1 mars 2009

La journée d’action interprofessionnelle du 29 janvier a réuni plus de deux millions de manifestants dans les rues, partout en France. Les personnels de l’Enseignement supérieur et de la Recherche en grève reconductible depuis le 22 janvier, étaient eux plus de 50.000 à manifester le 19 février aux côtés des étudiants.

C’est bien de la Maternelle à l’Université que les projets et les réformes du gouvernement se mettent en place, dans une complète cohérence : casse des services publics, casse des statuts des personnels, précarisation, suppressions de postes, éducation à plusieurs vitesses, mise en concurrence des établissements et privatisations, mise au pas hiérarchique sur fond de répression… Que ce soit la LRU, les attaques sur les statuts des personnels (enseignants-chercheurs, BIATOSS), la réforme des Lycées, les projets d’EPEP, les évaluations dans le Primaire, la masterisation des concours… c’est à une éducation du tri social et à la précarisation de nos vies que tous ces plans et ces réformes nous conduisent tant et plus.

Forte de ce constat et dans une perspective de jonction rapide des luttes de l’ensemble du secteur de l’Éducation, la Coordination nationale des universités réunie à Nanterre le 20 février, a lancé le mot d’ordre : «De la maternelle à l’université : retrait des contre-réformes Darcos/Pécresse». Elle a également repris la proposition de l’Ag nationale (Coordination nationale des collectifs parents/enseignants) d’une grande journée de mobilisation, le 10 mars.

La CNT-FTE soutient sans réserve ces appels.
Le 10 mars, elle appelle à la grève et, partout où c’est possible, à des Assemblées générales des travailleurs-ses de tout le secteur de l’éducation.
Il nous faut amplifier la mobilisation d’ici le 10 mars, et gagner l’appel à la grève, en la rendant effective et majoritaire sur nos lieux de travail.
La CNT-FTE rappelle que seules les coordinations sont les expressions légitimes et démocratiques des mouvements en cours et dénonce les négociations menées dans le dos des travailleurs.

«De la maternelle à l’université :
retrait des contre-réformes Darcos/Pécresse»
Pour une révolution sociale,
éducative et pédagogique.



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Dimanche 15 février 2009

De gauche comme de droite, les gouvernements successifs n’ont eu de cesse, ces vingt dernières années, d’appliquer les directives du patronat européen. Avides de nouveaux marchés et de nouvelles sources de profits, les patron-ne-s jettent leur main (encore combien de temps la laisserons-nous «invisible» ?) sur les services publics, c’est-à-dire ces services essentiels à chacun et bénéfiques à la société dans son ensemble. Ils prétextent, pour ce faire, que les prétendues efficacité et réactivité de l’économie capitaliste seront bénéfiques pour les ex-usagers devenus alors client-e-s de prestataires de services mis en concurrence. Or jeter en pâture les services publics dans la jungle de l’économie de marché sous-entend bien évidemment le passage de ces mêmes services au statut de marchandises. Réductions d’effectifs, recherche de rentabilité maximale et bénéfices deviennent, par définition d’économie capitaliste, les moteurs de la gestion et de la production de ces services. Qu’ils soient fournis par une entreprise privée ou d’État, il n’est plus question qu’ils assurent l’équité de leur accès, géographique comme social.

Il est clair que ces réformes se feront, comme pour le système de retraite par exemple, une nouvelle fois, au bénéfice des nantis et des possédant-e-s et des dirigeant-e-s, et au détriment des travailleur-se-s, et des dépossédé-e-s d’ici et d’ailleurs. Pour bétonner une mainmise totale et pérenne de «ceux d’en haut» sur «ceux d’en bas», le Pouvoir d’État, Sarkozy après d’autres, a compris qu’il fallait en finir avec ces lieux de contestation où tentent d’exercer un nombre encore trop élevé de producteur-trice-s d’esprit libres et indépendants. Pour ce faire, il doit mettre au pas l’ensemble de l’éducation.

1. Nous diviser

Les statuts des personnels sont liquidés : depuis 2003 avec la décentralisation des personnels administratifs et d’entretien du secondaire et aujourd’hui avec le statut des enseignant-e-s-chercheur-se-s. Les contrats sont éclatés (combien de sigles pour les désigner ?) et précarisés. La concurrence est exacerbée : classement des établissements, des universités et bientôt des établissements primaires ; concurrence entre personnels universitaires.

2. Nous soumettre

Les emplois sont flexibilisés : annualisation du temps de travail non choisie, modulation des enseignements dans l’université, multiplication des tâches et des missions partout, recours massif aux heures supplémentaires après suppression de postes et aux emplois ponctuels pour des besoins permanents. Les services sont éclatés : multiplication des postes de remplacement, compléments de services hors spécialités, turn-over des équipes, etc. Les élèves sont soumis à un tri social de plus en plus précoce sous la pression du retour en grâce des pédagogies autoritaires.

3. Nous contrôler

Les hiérarchies sont renforcées : entretien d’embauche et de licenciement par les chefs d’établissement et CPE, écoles transformées en établissements primaires (EPEP) avec un vrai «chef», primes aux résultats, individualisation des salaires et carrières, pouvoir concentré dans les président-e-s d’université et leur CA. Les contestations sont fortement réprimées : surveillance biométrique dans le secondaire, Base-Élève dans le primaire, criminalisation des élèves et des personnels (intrusion de la police dans les établissements, répression syndicale, arrestations, gardes à vues injustifiées, violences contre les étudiants mobilisés). La culture du résultat est encensée par la contractualisation et l’autonomie des établissements (LOLF), la suppression de la carte scolaire, l’évaluation des personnels et de leurs activités à tous les niveaux.

À cela, il n’y a qu’une réponse. La solidarité et l’unité dans l’action et dans la mobilisation. Le temps d’une grève générale qu’il nous reste à construire, soyons tous sans papiers, tous étudiants, apprenons à nous autogérer, sans hiérarchies et sans patrons, et construisons l’alternative à ce système capitaliste qui nous asservit et nous désolidarise.

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Jeudi 5 février 2009

Crise du capitalisme, chômage, faillites. Délocalisations : des capitaux, des entreprises et donc des salariés. Précarité = règle. La Terre qui subit les excès de l’idéologie croissanciste : nature, espèces, corps humain, tout est atteint, nucléaire, OGM, pesticides. Un gouvernement Sarkozy qui ressemble de plus en plus fatidiquement au gouvernement Laval de 1933 : répressions, propagande, contrôle, casse du droit du travail, suppression des acquis du CNR. Le pouvoir qui donne 430 milliards pour sauver les banques, assurances et autres organismes financier, alors que le déficit public justifie toutes les mesures libérales.

C’est l’heure.

À l’heure où notre société se fait de plus en plus individualiste, triste et dépressive… et à l’heure où l’on se vante d’expulser 30.000 étrangers par an, à l’heure où l’on met des écolos baba cool en prison au nom de l’antiterrorisme… et à l’heure où les médias, plus que jamais, sont les laquais du pouvoir,

Nous autres, appelons à la lutte. Tous ensemble : Lycéens, maternelles, Guadeloupéens. Chômeurs, sans-papiers, fonctionnaires. Palestiniens, Grecs, Bretons. Convergeons.

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Nous, étudiants de Rennes-II, réunis ce lundi 2 février en assemblée générale, 1500 personnes, lançons cet appel. Refusons la loi LRU instaurée par le plan de Bologne, comme le refusent les Italiens, Espagnols, Allemands, Européens mobilisés. Vendre le savoir au marché financier, le voilà leur plan. Or, privatiser, c’est toujours privilégier les élites, il suffit d’ouvrir les yeux pour le voir. Nous revendiquons :
—  En premier lieu, un plan massif pour l’Université (embauche d’enseignants-chercheurs, augmentations des bourses, modernisation des locaux, etc.),
—  En second lieu, l’abrogation de la LRU et du plan de Bologne,
—  L’abandon du projet de réforme des enseignants-chercheurs,
—  L’abandon du projet de masterisation du métier d’enseignant.

Enfin, en tant qu’étudiants mais aussi en tant que citoyens en lutte, nous portons ce mot d’ordre simple et bref :
SMIC à 1500€, augmentation de 300€ de tous les revenus, baisse généralisée du temps de travail (32 heures par semaine, et moins).

Nous exprimons notre soutien combatif à toutes les autres luttes en cours contre la politique actuelle : soutien aux enseignants-chercheurs, aux lycéens et aux mouvements de lutte contre la casse de l’éducation ; soutien aux sans-papiers ; soutien aux grévistes de la Guadeloupe ; et enfin, soutien aux nombreuses luttes locales en cours.

Nous appelons l’ensemble des université françaises à se mettre en grève avec blocage et occupation, à créer des liens avec les luttes qui s’organisent autour d’elles, à créer leurs propres médias, pour une convergence par le débat et l’action commune, et pour la satisfaction des revendications. Dans ce but, nous appelons à et organisons une coordination nationale du mouvement, les samedi 7 et dimanche 8 février prochain à Rennes.

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Appel : Gr-rêve, blocage — de l’économie, occupation, nous avons commencé. Chaque changement dans ce cours normal des choses crée cette solidarité, ouvre cette parole, casse ce quotidien morose et filant auquel nous sommes habitués. Les regards se croisent enfin, les bouches s’ouvrent ; les gestes de partage se multiplient. Nous sortons des cases, les pions se révoltent. Nous savons maintenant que ce n’est qu’une question de temps. Agir est notre seul but. Blocages, grèves, occupations, ce n’est qu’un début.

Contre la policiarisation ambiante, n’ayons qu’un seul mot d’ordre, la lutte.

L’AG de Rennes-II, 2 février 2009.



É
tat de la mobilisation étudiante (mardi 3 février) : à compléter, corriger, etc.
Aix-Marseille : Lundi 2 février, AG de 1200 personnes (dont 1000 étudiants) à Aix et AG. Principe de grève voté. Prochaine AG mercredi 4 février. Vote de l’abrogation de la LRU. AG de 150 étudiants à Marseille Saint-Charles. Mardi 3 février, l’IUT d’Aix vote la grève.
Angers : Mercredi 28 janvier, AG de 700 étudiants. Lundi 2 février, AG de 700 étudiants de sciences humaine vote la grève et l’abrogation de la LRU. Prochaine AG mercredi 4 février.
Avignon : Mardi 27 janvier, l’AG des membres de la communauté universitaire de l’UAPV (Avignon et Pays du Vaucluse) s’est prononcée pour la grève illimitée à partir du 2 février.
Besançon : L’AG de l’université de Franche-Comté (environ 400 personnes enseignants, étudiants, chercheurs, personnel biatos) a voté la grève reconductible à partir du 2 février.
Bordeaux III : Mardi 27 janvier, AG de 1200 étudiants. Le 2 février, AG de 1500 étudiants vote la grève.
Caen : Vendredi 31 janvier, AG de 300 étudiants et personnels. Lundi 2 février, AG des étudiants de géographie vote la grève et l’abrogation de la LRU.
Dijon : Mardi 3 février, AG étudiante vote la grève, puis AG commune avec les personnels (environ 1000 personnes).
Grenoble III : Lundi 19 janvier, occupation partielle de l’université. Mardi 20 janvier, AG de 400 étudiants. Mercredi 28 janvier, AG de 400 étudiants vote la grève à partir du 2 février et l’abrogation de la LRU.
Le Mans : AG de 400 étudiants vote la grève.
Lyon II : Lundi 2 février, AG de 900 étudiants sur le campus de Bron a voté la grève, l’occupation jour et nuit de la fac, et l’abrogation de la LRU.
Orléans : Mardi 27 janvier, AG de 300 personnes (principalement étudiants).
Pau : Avant les vacances de Noël, AG de 1000 étudiants et blocage d’une journée.
Poitiers : Mardi 3 février, AG de 1000 étudiants et personnels. Occupation d’un amphi. Prochaine AG jeudi 5 février.
Rennes-II : Mercredi 28 janvier, AG de 600 étudiants vote le principe de grève. Lundi 2 février, AG de 1500 étudiants vote la grève, ainsi que l’abrogation de la LRU.
SaintÉtienne : Mardi 3 février, AG étudiante vote la grève.
Toulouse I Arsenal : Jeudi 29 janvier, AG de 160 étudiants.
Toulouse II Paul Sabatier : Jeudi 22 janvier, AG de 40 étudiants. Jeudi 29 janvier, AG de 80 étudiants.
Toulouse III Le Mirail : Mardi 27 janvier, AG de 1000 étudiants vote l’abrogation de la LRU. Lundi 2 février, AG de 1000 étudiants vote la grève. Mardi 3 février, AG de 1500 étudiants reconduit la grève.
Tours : Lundi 2 février, AG de 1000 étudiants vote la grève et l’occupation de la fac.
Paris IV Sorbonne : Lundi 2 février, AG de 130 étudiants et personnels vote la grève.
Paris V : Mardi 27 janvier, AG de 650 étudiants et personnels vote la grève illimitée à partir du 2 février.
Paris XII : Mardi 27 janvier, une AG de 200 étudiants et personnels a voté la grève à partir du 2 février.
Paris XIII : L’AG de l’IUT de Villetaneuse appelle à la grève et la suspension du second semestre.
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Mercredi 4 février 2009
Le temps est à l’action unitaire !

Depuis le 2 février 2009, la coordination nationale des universités appelle les enseignantEs chercheurSEs à engager une grève illimitée. Depuis peu rejointe par les IUFM, le mouvement prend une grande ampleur au niveau national. Les habituels anti-grévistes, indécisEs ou mêmes certaines facs qui n’ont jamais fait grève s’engagent aujourd’hui dans la lutte. En effet, les applications de la LRU n’ont pas tardé à prendre effet : pouvoir absolu des présidentEs, gestion managériale, remise en cause de l’indépendance des des chercheurSEs, casse de la formation des enseignantEs (suppression des IUFM) et cerise sur le gâteau suppression de 900 postes annoncée sont autant de raisons de dire ça suffit !

Le mouvement contre la LRU que les étudiantEs avaient lancé l’an dernier n’avait pas ou très peu été soutenu par les enseigantEs alors qu’ils se battaient pour les mêmes motifs qui motivent la lutte d’aujourd’hui. Il n’est pas trop tard : il faut impérativement fondre les AG enseignantEs, étudiantEs, et incorporer les revendications du personnel non enseignant qui connaît depuis longtemps la répression économique.

Le corporatisme ou les luttes du «chacun pour soi» sont le lit de nos défaites et ce sont aussi les rapports de forces trop faibles qui découragent les plus exploitéEs de hausser le ton seulEs. Les revendications sectorielles sont évidemment nécessaires mais c’est la convergence des luttes, la solidarité et la construction interprofessionnelle qui sont les seuls moyens pertinents et efficaces de faire plier l’État et le patronat.

Ceux qui continuent de détruire nos acquis durement obtenus par la lutte sont unis et «eux» ont une conscience de classe ! Il n’y a qu’à voir à qui profitent toutes les réformes, les milliards que l’État distribue aux patrons qui licencient à tour de bras et laissent des milliers de salariéEs au chômage.

Nous devons nous organiser de façon unitaire dans les universités mais aussi nous coordonner avec les autres secteurs en lutte car nos intérêts sont les mêmes ! Nous devons nous organiser en AG décisionnelles et interprofessionnelles et nous investir chacunEs selon nos capacités car la lutte est celle de toutEs et n’a besoin ni de spécialistes, ni de bureaucrates pour être menée à bien. Grâce à la convergence des luttes, bloquons l’économie, les gares… pour satisfaire nos revendications, celles des autres camarades en lutte et enfin obtenir plus !

Pour la grève générale
interprofessionnelle et autogestionnaire.

Pour l’égalité économique et sociale
et la révolution émancipatrice !

La recherche que nous voulons
La CNT soutient toutes les tentatives concrètes pour une recherche et un enseignement supérieur au service de tous ; cela passe par l’arrêt de la privatisation des recherches, le développement des logiciels libres, le libre accès aux résultats de la recherche, la création d’universités populaires, l’accès au savoir tout au long de la vie, l’auto-organisation non hiérarchique des équipes et des laboratoires, la gratuité des publications dans le cadre des archives ouvertes…
Mais ce n’est pas suffisant, car le système capitaliste fait tout pour entraver le développement de ces initiatives. Seules la lutte et l’organisation collective permettront d’établir un rapport de force suffisant afin d’obtenir ce que nous voulons :
•  Une Université et une Recherche autogérées dans lesquelles les buts et les orientations se décident de manière démocratique par des commissions élues issues du monde étudiant et académique,
•  L’arrêt du recours aux contrats précaires et à la sous-traitance au sein des universités. Une Université et une Recherche de qualité, cela commence par des emplois stables pour le personnel !
Ces financements existent, à nous de nous les réapproprier :
—  Transfert des crédits militaires : l’arrêt de la recherche militaire, permettra de transférer les crédits de l’armée sur ceux de la recherche publique non mortifère.
—  Arrêt du crédit impôt recherche : ce système qui vise à rembourser la moitié des frais de recherche des entreprises privées est scandaleux. 3,5 milliards d’euros en 2008  ! Et avec une augmentation prévue de 600 millions d’euros par an…
—  Suppression des agences d’innovation : les crédits énormes consentis aux «agences pour l’innovation» (AII) représentent un autre cas de détournement de l’argent public vers des projets conformes aux exigences du monde industriel.

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Mardi 3 février 2009
Police et gendarmerie dans nos écoles !

Après les interventions de gendarmes avec chien dans les collèges et lycées, après les coups sur les lycéens bloqueurs, après les interpellations de parents sans papiers dans les écoles, les forces de l’ordre interviennent dans les écoles primaires contre le mouvement de résistance aux mesures Darcos !

-  Lundi 12 janvier les CRS dispersent un rassemblement de parents à l’occasion des vœux du président devant une école de Saint-Lô.
-  Jeudi 15 janvier, les gendarmes sont venus à l’école de Montarnaud. Ils ont demandé le sens d’une banderole accrochée sur l’école et qui l’avait posée. Ensuite, ils ont demandé les noms et coordonnées de tous les parents d’élèves élus.
-  Mardi 22 janvier à Lodève et à Clermont-l’Hérault les gendarmes enquêtent sur les actions des parents contre les évaluations.
-  Jeudi 29 janvier, deux gendarmes se sont présentés à l’école Mario-Roustan à Mauguio pour demander aux collègues non grévistes de leur donner le nombre de grévistes. Devant le refus ferme des collègues de collaborer, les gendarmes ont insisté arguant qu’ailleurs «on leur avait donné le renseignement». Ils sont finalement partis, de fort mauvaise humeur, sans avoir obtenu satisfaction.

Ailleurs la police (nationale ou municipale) ou la gendarmerie interviennent pour enlever des banderoles, relever des noms, interroger les enseignants… Une fois de plus, le gouvernement nous prouve qu’il n’acceptera aucune contestation et qu’il est prêt à tout pour faire passer ses «réformes», même les plus insensées d’entre elles (évaluation sur la totalité du programme passée en janvier).

Montrons au gouvernement que nous ne nous laisserons pas intimider et répondons à la répression par la solidarité !
Flics, hors de nos écoles !

CNT Éducation 34, 1er février 2009.
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Vendredi 30 janvier 2009

Depuis la rentrée 2008, l’Éducation nationale propose une prise en charge personnalisée des élèves qui rencontrent des difficultés scolaires. Sur le secteur de la Petite Hollande, l’un des quartiers fragiles de la ville de Montbéliard (Doubs), ce soutien a lieu dès 8 heures le matin. Il n’est bien sûr pas question d’évaluer la pertinence, ni même l’efficacité de ce dispositif, M. Darcos veut qu’il soit pertinent et efficace, il est donc forcément pertinent et efficace. Je suis enseignante à Montbéliard et je vais partager avec vous un certain nombre de faits que j’ai pu observer depuis la rentrée.

Tout d’abord, tous les enfants que vous croisez à la Petite Hollande entre 7h40 et 7h55, cartable au dos, sont des élèves rencontrant des difficultés scolaires et rapidement qualifiés de mauvais élèves.

Vous croiserez aussi des parents d’élèves à cette heure-là. Je connais une mère qui a la malchance d’avoir une fille (en CE1) repérée pour du soutien personnalisé. Comme elle a aussi deux autres enfants (en Maternelle), elle lève tout ce petit monde de bonne heure pour être au rendez-vous de 8 heures pour la grande. N’ayant pas le temps de faire l’aller-retour de l’école à chez elle, elle arpente avec les deux plus jeunes les abords de la maternelle en attendant l’ouverture des portes à 8h20 (dans le froid, dans le noir, parfois sous la pluie). Cette mère a cessé d’amener sa fille aînée au soutien personnalisé quand il a commencé à faire très froid. Encore un bel exemple de parent démissionnaire…

Les grands mauvais élèves (CM1 et CM2) se présentent régulièrement au soutien avec leurs petits frères et petites sœurs. En effet, avant que n’existe ce merveilleux dispositif du soutien personnalisé, ces grands étaient chargés d’accompagner les petits à l’école pour 8h30 puisque les parents étaient déjà partis au travail. Deuxième exemple de parents démissionnaires.

Les enseignants confrontés à ce problème d’accueil des petits sur du temps de soutien ont été quelque peu déstabilisés. Ils n’ont bien sûr pas laissé ces jeunes enfants dehors pendant une demi-heure et les ont accueillis dans leur classe avec les aînés. Ils ont néanmoins signalé à leurs élèves que cet accueil n’était pas possible systématiquement. Tout le monde, grands et petits, a donc cessé de venir à 8 heures. Nous pouvons donc observer que le traitement de la difficulté scolaire est indissociable de la composition de la famille !

Par ailleurs, l’extension du temps scolaire sur de nouveaux créneaux pose la question de la responsabilité de l’école. Aucune gestion de la présence des élèves de 8 heures à 8h30 n’est organisée. Cela n’est pas important, le dispositif est de toute façon pertinent et efficace. Par contre, cela peut-être grave : l’absence d’un élève supposé être en soutien sera au mieux signalée à 8h40 (le temps de rentrer en classe et le temps que l’enseignant fasse l’appel).

Par exemple, une mère de famille ne pouvant accompagner sa fille pour 8 heures (deux bébés à la maison) l’a confié au grand frère, mauvais élève en CE1. Il faut souligner que le soutien du matin est plus facile à gérer quand, dans la fratrie, ils sont tous mauvais élèves.

Les penseurs de ce dispositif de soutien ont sûrement comme modèle qu’il y a des bonnes familles et des mauvaises familles. Dans une mauvaise famille, toute la fratrie se doit d’être en difficulté. Malheureusement cette configuration connait des dérapages. Dans notre exemple, le frère de sept ans, témoignant d’un manque d’autorité inadmissible (!) n’a pas réussi à convaincre sa sœur de 6 ans de rentrer dans l’école. Cette mauvaise élève de CP a donc passé sa demie-heure de soutien sur la passerelle qui relie l’école au parking des Hexagones.

Enfin, j’ai peur.

Il y a quinze jours, à 8h10, je découvre une élève (7 ans) blottie contre la porte du gymnase et qui me voyant arriver se précipite vers moi pour me demander de l’accompagner à l’école. Je reconstitue pour vous l’histoire : cette enfant n’est pas une mauvaise élève, mais elle a une sœur mauvaise élève (en Maternelle). Sa mère, ne fait pas partie des parents démissionnaires, elle a bien amené la plus jeune au soutien à 8 heures, mais n’a pu rester avec la grande jusqu’à 8h20, car un bébé était seul à la maison. Dans ce laps de temps, la fillette a fait la mauvaise rencontre de plus grands qui l’ont embêtée et, prenant peur, elle a rebroussé chemin pour se réfugier vers le gymnase.

Lamentable histoire que celle de cette enfant hypersensible qui n’est pas en capacité de d’affronter les «taquineries» de plus grands, tout cela dans le froid et l’obscurité d’un petit matin du mois de janvier. Lamentable histoire que celle de cette enfant dotée d’un frère de quatre mois tellement peu autonome que la mère est contrainte de rejoindre au plus vite le domicile.

Mise en difficulté de familles, d’élèves, d’enseignants, mise en danger d’enfants, voilà ce que génère l’École de la République aujourd’hui. Mais …chuuuuutttt…, les deux heures de soutien personnalisé constituent un dispositif de prise en charge de la difficulté scolaire très pertinent et très efficace.

Ces différents exemples des conséquences de de la mise en place du soutien personnalisé témoignent de l’incompétence du ministre en charge de l’Éducation. C’est peut-être une des multiples raisons pour lesquelles, ce jeudi 29 janvier 2008, un grand nombre d’enseignants est en grève. Ils défendent les valeurs de l’École de la République mises en danger par le gouvernement actuel, ils défendent les enfants et leurs familles tout autant mis en danger par l’incohérence des réformes.

Une enseignante
Montbéliard, le 29 janvier 2008.

Tous ces exemples sont réels, mais ils ont été anonymés de manière à préserver les enfants et leurs familles. Étant données les pressions actuelles sur les personnels récalcitrants de l’Éducation nationale, je tiens aussi à garder l’anonymat.
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