Vive la belle ! CRA de Vincennes, nuits du 19 et du 20 novembre

Publié le par la Rédaction

Prison pour étrangers de Vincennes, dimanche 21 novembre 2010

 

Il fallait que Vincennes soit reconstruit à neuf, avec des caméras partout, et que le dernier bâtiment soit opérationnel depuis à peine trois jours, pour que trois personnes réussissent leur évasion, c'est tout de même une bonne nouvelle !

 

«Moi je me suis fait arrêter à la préfecture en me présentant pour renouveller un récepissé. Ils ont pris mon passeport. Ils voulaient m'envoyer directement à l'aéroport, alors j'ai fait une demande d'asile pour bloquer. Je sais que ça va pas être accepté, le Mali n'est pas en guerre. Je m'étais déjà fait arrêter il y a deux ans mais j'avais refusé d'embarquer. Je suis là depuis trois jours, hier deux personnes ont essayé de fuir. Les conditions ne sont pas bonnes, il faut attendre, toujours attendre, dès qu'on demande quelque chose. Tout le monde devient fou, il y a trois personnes qui se sont échappées du bâtiment 1. On a pas le droit de communiquer avec les autres bâtiments. l'evasion c'était la nuit, entre deux et trois heures du matin, les policiers couraient partout, moi je dormais. Ils nous ont réveillé. Ils tapaient partout sur toutes les portes. Deux ont été retrouvés. Y'en a un qui s'est coupé les bras, le ventre et les pieds en essayant de passer le grillage c'était grave à cause du barbelé. Il voulait pas remonter dans sa cellule au premier étage, il voulait rester en bas au réfectoire, il était sans chaussure tout nu en caleçon, il a été torturé comme un chien.

 

Ici il faut qu'on prenne des médicaments pour dormir, y'a des clochards, des toxico, c'est trop dur y'a des bagarres régulièrement. Les gens, ils ont fait leur vie ici et ils doivent partir et tout laisser, c'est trop dur. Tout le monde a la rage, les flics rentrent et sortent tout le temps des chambres, on peut pas dormir, tu ne peux pas rester dehors il fait froid et on ne voit que des grillages. Il ya beaucoup de monde dans les bâtiments, on ne peut pas manger comme on veut et appeler la famille. L'assistante sociale n'est pas là tout le temps, elle est là le samedi mais pas le dimanche et elle vient tard le lundi.

 

(On lit un article de presse.) Les gens sont énervés, c'est pour ça qu'ils ont refusé d'aller voir le médecin.»

 

«Bonsoir, tout ce que dit l'article, c'est vrai. Les gars qui ont aidé les mecs à fuir, ils ont brisé la fenêtre, ils les ont aidé à partir. Ils ont fait ça parce que les gars qui se sont enfuis, ils allaient être expulsés. Vous comprennez, eux ce sont des Algériens et c'est la merde avec leur pays, alors que les autres ne les ont pas suivi parce qu'ils pensent qu'ils ne sont pas expulsables et attendront leurs 32 jours.»

Fermeture des centres de rétention, 21 novembre 2010.

 


Des sans-papiers s'échappent du centre de rétention administrative de Vincennes

 

Six sans-papiers se sont échappés du centre de rétention administrative (CRA) de Vincennes (Val-de-Marne) durant les nuits de vendredi à samedi et de samedi à dimanche, a-t-on appris de source policière. Trois d'entre eux ont pu être interpellés depuis par les policiers.

 

Une première évasion a eu lieu samedi vers 2h30, provoquant des incidents au sein du CRA. Cinq autres personnes se sont enfuies dimanche vers 4h30 du matin. «Des dégradations ont eu lieu dans des bâtiments où le climat était très tendu», ajoutait-on de même source.

 

Le dispositif policier autour du CRA a été renforcé afin de prévenir de nouveaux incidents et de nouvelles évasions.

 

Leur presse (AP), 21 novembre.

 

 

Plusieurs sans-papiers en fuite après des incidents dans un centre de rétention

 

Des renforts de police ont été déployés…

 

Des incidents se sont produits depuis la nuit de vendredi à samedi au centre de rétention administrative (CRA) de Vincennes (Val-de-Marne) et plusieurs sans-papiers ont réussi à prendre la fuite, a-t-on appris dimanche de source proche de l'enquête. Trois d'entre eux restaient introuvables dimanche après-midi, a confirmé la préfecture de police de Paris (PP).

 

Les incidents ont débuté dans la nuit de vendredi à samedi car plusieurs étrangers en situation irrégulière refusaient de voir un médecin, selon la source proche de l'enquête. Deux retenus ont alors profité de la confusion pour s'échapper mais l'un d'entre eux a vite été repris.

 

Deux policiers légèrement blessés

 

Selon la PP, le «climat est resté assez tendu» dans la nuit de samedi à dimanche. Cinq autres étrangers se sont alors enfuis en profitant d'une vitre brisée et l'alarme n'a pas fonctionné, a précisé la source proche de l'enquête. Trois d'entre eux ont ensuite été appréhendés, selon la préfecture de police, qui a confirmé «des dégâts matériels qui restent à établir».

 

Selon la source proche de l'enquête, des sanitaires ont été vandalisés et deux policiers ont été très légèrement blessés dans les incidents. Des renforts ont été déployés, selon la source, tandis que la préfecture de police a indiqué que cette décision était «normale en raison des événements survenus les nuits précédentes».

 

En juin 2008, de violents incidents avaient éclaté au CRA de Vincennes au lendemain du décès d'un Tunisien de 41 ans considéré comme suspect par les étrangers retenus. Le CRA avait été la proie des flammes. En mars 2010, dix sans-papiers ont été condamnés pour ces faits à des peines de prison ferme, allant de 8 mois à 3 ans.

 

Leur presse (Agence Faut Payer), 21 novembre.

 


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