Violences policières au lycée Dessaignes de Blois - 9 novembre

Publié le par la Rédaction

Bonjour,

 

Ce mardi 09/11 au matin, des lycéens de Dessaignes maintiennent fermées les deux entrées principales de l'établissement : chaises, chaînes… et présence humaine. Ils protestent contre le projet de loi liquidant le système des retraites par solidarité et développant le chômage qu'ils auront à subir dans quelques années. Après négociation avec la Proviseur, ils acceptent, vers 7h15, de laisser entrer le personnel. La proviseure les trompe et en profite alors pour ouvrir grand le portail et ne pas le laisser se refermer : les élèvent ne tiennent plus qu'une seule entrée : tous ceux qui veulent entrer ou sortir le peuvent librement.

 

Mais certains ne supportent pas ce filtrage symbolique… les trois proviseurs font pression, menacent, dissuadent, discréditent (Vous ne voulez pas aller en cours, c'est tout ! Votre mouvement est ridicule…) imposent leur physique (par exemple, l'un d'eux administre des coups de pied à un des élèves dont il doit assurer l'éducation !) pour tenter d'obtenir la levée du filtrage ou de couper les chaînes avec un coupe-boulon. Les jeunes sont déterminés et assez nombreux pour déjouer ces pièges.

 

La proviseure fait alors appel à la police. Les policiers arrivent (une dizaine) et tentent pacifiquement de couper les chaînes ; rien n'y fait ! Les jeunes sont déterminés, font barrage pacifiquement et expliquent qu'une seule entrée est gênée, que chacun peut aller et venir librement au sein de l'établissement (ce qui est rigoureusement vrai).

 

D'ordinaire, les choses en seraient restées là. Mais madame la proviseure n'a pas fait venir la police pour impressionner ou négocier, non : pour lever le filtrage, coûte que coûte. La police va devoir charger les élèves de son établissement… et alors ? Elle demande la levée du filtrage à la police !!! Chargée de mission d'éducation, elle choisit la violence contre ses élèves.

 

Sans aucun ménagement, la police charge et attaque les jeunes : élèves jetés à terre, insultes nombreuses, bousculades et empoignades musclées… Les élèves ripostent par des cris, s'agrippent à la grille du lycée, au lycéen voisin : pas un geste de violence de leur part ! Les chaînes sont coupées et la police interdit ensuite l'accès à la grille pour qu'elle ne puisse plus être fermée.

 

Cette scène, jamais vue auparavant devant ce lycée blésois, dure quelques minutes (7 à 8 environ) sous les regards des proviseurs de l'établissement qui ne vont pas intervenir pour protéger la sécurité de leurs élèves… L'un d'eux affichera même un grand sourire à l'issue de cette séance qui a laissé les jeunes stupéfaits ! «Police partout, justice nulle part» finira par retentir. Belle leçon de civisme donnée par la chef d'établissement et la police ! Et quelle crédibilité reste-t-il à l'équipe de direction au sein du lycée ?

 

Les élèves avaient demandé à quelques-uns de leurs enseignants et parents de bien vouloir être présents ce matin pour les aider à assurer leur sécurité. Responsables, ces lycéens savaient qu'ils courraient certains risques et avaient pris des mesures de sécurité. Mais ce qu'ils craignaient et qui expliquait la présence de quelques adultes était d'une autre nature : individus extérieurs au lycée et perturbateurs, excès de quelques élèves, frottement entre élèves. Et bien non ! Le danger venait de l'intérieur et de ceux dont la mission est de les protéger et de les éduquer.

 

Face à la violence policière, je me suis interposé pour tenter de protéger les élèves de mon lycée, d'autant que cela se déroulait dans le périmètre de responsabilité de l'établissement. J'ai en fait eu droit aux insultes, aux empoignades musclées, à un léger coup de coupe-boulon sur les doigts et à une tentative de me mettre au sol par un balayage des chevilles ! Personne n'étant blessé, les policiers ont conclu qu'ils n'avaient pas été violents.

 

Comment la direction de l'établissement va-t-elle faire face aux questions de violence de même nature entre élèves à l'intérieur du lycée ? Pas de blessure : violence admise voire suscitée? Insultes banalisées ?

 

Blois, le 9 novembre 2010 à 11h00
Didier BLAISE, enseignant au lycée Dessaignes (délégué départemental de l'union syndicale «SOLIDAIRES  41»).

 

 

Compléments d’information :

 

[13h01] Il y a eu violence contrairement à ce que dit la police. Ma fille est scolarisée à Dessaignes et avait participé au blocage. Coup de bol pour elle ; elle s'était absentée avant l'intervention des keufs. Un élève qui tentait de maintenir une barrière en place a eu le doigt fracturé après une torsion de la main par un policier. Certains élèves ont filmé. Un père d'élève (assez âgé) appelé par son fils choqué par l'action des flics a voulu s'interposer, il s'est fait violemment jeter à terre. Un autre lycéen s'est pris des coups dans les c… alors qu'il ne réagissait absolument pas.

 

Je ne peux plus supporter ces mensonges des flics assermentés. Des lycéens ont filmé certaines scènes avec leurs portables.

 

 

[15h17] Étant présent ce matin-là, j'ai moi-même subi la violence extrême et injustifiée des forces de l'ordre. Résultat, après une journée passée aux urgences, j'ai fini par apprendre que j'avais un déchirement osseux (fracture) au pouce. Nous sommes quatre en tout à avoir subi des dommages physiques de cette intervention musclée, et c'est sans parler des troubles moraux occasionnées par la violence de cette action auprès des spectateurs impuissants de la scène. Les lycéens sont choqués, indignés du comportement de celle qui est sensé les représenter, à savoir leur propre proviseur. NOUS NE COMPTONS PAS EN RESTER LÀ !

 

Nous vous remercions de votre présence ce matin là, nos paroles ont trop souvent peu d'importance et nous espérons bien que suite à ces événements, tout le lycée se mobilisera (professeurs et élèves, administration ?…) sous une seule et même cause : stopper les actions néfastes à toute la vie du lycée causées par notre principal.

 

 

[16h15] Parent d'une fille présente ce jour là (non blessée), je suis indignée et choquée d'entendre ce qui s'est passé et de lire votre compte rendu. Je suis solidaire de toute action future que vous pourrez faire et souhaite être tenu au courant si il y a une suite. Merci d'avoir été présent ce jour là, votre parole (d'adulte) pourra avoir du poids.

 

 

[21h05] Nous avons mis en place une adresse mail pour recueillir les témoignages.

 

 

[21h20] Présente à ce moment-là je suis profondément choquée de ce qu'il s'est passé hier matin ! La violence des policiers à l'égard des élèves, les proviseurs n'intervenant pas pour calmer les tensions entre policiers et élèves ! Chargés comme des animaux, jetés à terre comme des merdes ! Je trouve ça intolérable ! D'autant plus que Mme la proviseur a décrété à une parent d'élève qu'elle n'avait vu aucune violence lors de l'intervention de la police au lycée ! Elle fuit la vérité essaye d'étouffer l'affaire ! Quand à M. le proviseur adjoint il ne reconnaît également pas son geste déplacé de coup de pieds envers un élève ! Mme la proviseur ayant déclaré à plusieurs élèves : «Je ne suis pas là pour vous mais pour ma paye à la fin du mois !» est-ce admissible ?! Il ne faut pas en rester là !

 


Publié dans Colère ouvrière

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lesimple jean yves 11/11/2010 09:09



J'ai quelques remarques à faire à propos des violences policières à l'entrée du lycée Dessaignes de Blois. En qualité de parent mon rôle premier est d'assurer la sécurité et l'éducation de mes
enfants. J'estime que l administration n'a pas fait correctement son travail bien que ma fille n'est subie aucune violence. Elle part le matin au lycée pour étudier et non pour y apprendre que la
raison du plus fort prévaut sur le dialogue et l'explication. De ce point de vue le contrat n'est pas rempli, mais je voudrai malgré tout remercier Madame la principale pour sa formidable leçon
d'éducation à la citoyenneté. Elle a en effet parfaitement fait comprendre aux jeunes que la police était là pour "LA" protéger, que son rôle était d'assurer "SA" promotion sociale, que nos
enfants en tant que futurs citoyens seront considérés comme des pions dociles et soumis, que les discours des "politiques" étaient très souvent mensongers et qu'il ne fallait pas attendre de
soutien de la part des puissants. Merci Madame la Proviseur de mener vos élèves sur la route de la révolte et de la clairvoyance politique.



Pierre 10/11/2010 23:39



Bonjour , je suis lyceen a dessaignes , et le lendemain de ces violences , j'ai vu un bloqueur avec le bras cassé et on m'as dis que cela etais du aux violences des policiers .



Tim Aris 10/11/2010 22:34




Quand tu dis à un flic que les sénateurs ne te représentent pas plus qu'ils représentent le peuple, il te ris au nez... je n'ai pas trouvé ça drôle que les millions de personnes dans la rue ces
dernières semaines ne soient pas plus entendues: le rire de ce flic a pour moi autant été une marque d'irrespect que l'arrestation des 5 lycéens après que nous ayons tous entendus: "on prends les
plus costauds et on les embraque!". Un mot d'ordre général qui pourrait faire rire lui aussi, mais jaune, puisque ce qui peuvent rire en ce moment, ce sont biens les représentants de l'ordre
(entendons par là représentants de l'actuel gouvernement).

POLICE MUNICIPALE, MILICE DU CAPITAL!



Dadou 10/11/2010 21:20



présente a ce moment là je suis profondément choquée de ce qu'il c'est passé hier matin! La violence des policiers à l'égard des éléves, les proviseurs n'intervenant pas pour calmer les tensions
entre policiers et éléves! Chargés commes des animaux, jeter à terre comme des merde! je trouve sa intolérable! d'autant plus que Mme la proviseur à décrété à une parent d'éléve qu'elle n'avait
vu aucune violence lors de l'intervention de la police au lycée! Elle fuie la vérité essaye d'étouffer l'affaire! Quand à Mr le proviseur adjoint il ne reconnait égalementpas sont geste déplacé
de coup de pieds envers un éléve! Mme la proviseur ayant déclaré a plusieur éléve je ne suis pas la pour vous mais pour ma paye à la fin du mois! est-ce admissible?! Il ne faut pas en rester la!



Antonin 10/11/2010 21:05



Nous avons mis en place une adresse mail pour recueillir les témoignages :


temoignages.blois@activist.com