Villeneuve : un nouvel épisode de la guerre sociale

Publié le par la Rédaction

«La police tue !» Le ministre de l’Intérieur souhaiterait faire condamner celles et ceux qui, comme le groupe La Rumeur, rappellent cette vérité pourtant bien banale. Cette fois c’est à la Villeneuve, un quartier populaire de Grenoble, que ça s’est passé. Dans la nuit du 15 au 16 juillet. Après le braquage d’un Casino, une course poursuite et un échange de tirs, un jeune de La Villeneuve est abattu, une balle dans la tête, au pied de son immeuble. Il semblerait que l’auteur des faits, une brute de la BAC, court toujours ! Depuis, la Villeneuve s’est embrasée. Une colère bien légitime. Plusieurs soirs de révoltes. Un quartier assiégé. Une panoplie de flics déployée (RAID, GIPN, etc.). Un hélicoptère éclairant la nuit et terrorisant la population. La presse décompte les voitures brûlées et relaie fidélement l’action de communication des flics qui évoquent la «légitime défense» et parlent de tirs à balles réelles pour «tuer du policier» avec force images de pare-brise pétés. Leur ministre effectue une visite-éclair à la Villeneuve pour rappeler que l’État réagira avec «fermeté» et avec toujours plus de police. Dommage collatéral, le préfet de l’Isère est démissionné et remplacé par un ex-flic, champion de la sécurité (lire son CV ici et ) que Sarkozy vient introniser à Grenoble vendredi 30 juillet. Quant au maire de Grenoble, Michel Destot, dépité de voir l’image de sa ville-technopole pour cadres s’écorner à chaque fois que la capitale des Alpes se transforme en capitale du fait-divers sanglant, il en profite pour vendre son «Grenelle de l’insécurité» et ses caméras de vidéo-surveillance.

 

 

La Villeneuve est un nouveau front de la guerre sociale menée contre les habitant.e.s des quartiers populaires (lire le tract diffusé dans tout Grenoble). La mort comme punition pour un braqueur. Un quartier assiégé comme punition collective pour tout le monde. La goutte de trop. Continuellement discriminés, stigmatisés, traités en «barbares» et en «ennemis intérieurs», les jeunes de la Villeneuve se sont révoltés. Et à la Villeneuve, on n’est pas dupe (lire les témoignages d’habitant.e.s ici et ). On ne croit pas la parole de la police dont le sens de la provocation et le racisme ordinaire ne sont plus à démontrer. Et on ne veut pas de nouvelles solutions sécuritaires aux problèmes sociaux. Déjà, la machine judiciaire a pris le relais de la machine policière pour réprimer la révolte (lire le compte-rendu des comparutions immédiates). Dans la foulée, Hortefeux, récemment condamné pour «injures raciales», porte plainte contre Le Jura Libertaire et Indymedia Grenoble. Ces deux sites d’informations alternatives sont accusés de «diffamation» envers la police.

 

Le ministre de la matraque s’en prend à celles et ceux qui se révoltent et qui osent encore s’exprimer librement pour dénoncer les violences policières. Qu’il le fasse ! Nous, nous continuerons de résister. Solidarité avec les insoumis.es et les révolté.e.s !

 

Indymedia Grenoble, 29-30 juillet 2010.

 

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