Vidéo-surveillance à Grenoble : le procès, suite et fin

Publié le par la Rédaction

 Retour sur un acharnement policier et judiciaire

 

1er mai 2009 : Un militant de la CNT avait été arrêté suite à la manifestation avant d’être relaxé quelques mois plus tard par la justice. 
1er mai 2010 : Les syndicats de la Confédération Nationale du Travail (CNT) de l’Isère participent à la manifestation de Grenoble. Sur le parcours, deux caméras sont démontées par des opposant.es à la vidéo-surveillance. Après la manifestation, une camarade est arrêtée arbitrairement, un autre s’écroule, violemment frappé à la tête par les forces de police. La militante est poursuivie, commence une longue séquence judiciaire. 
19 mai : À l’audience le procureur et la partie civile représentant la mairie demandent de fortes amendes, nous demandons la relaxe. 
7 juin : Le délibéré qui devait être rendu est reporté. 
21 juin : La juge demande un complément d’information et une nouvelle audience le 8 septembre. 
8 septembre : La police n’ayant pas daigné fournir les pièces demandées, l’audience est à nouveau repoussée. 
16 novembre : Deuxième audience, le procureur demande l’audition des témoins ce qui aurait prolongé exagérément la procédure. 
26 novembre 2010 : La relaxe est enfin prononcée.

 

Si notre camarade a été innocentée, elle a dû supporter pendant 7 mois une situation absurde et stressante.

 

Nous dénonçons l’acharnement policier. Nous constatons que deux années de suite, des militant-e-s de la CNT ont été ciblé-e-s et arrêté-e-s violemment et arbitrairement. Si ces deux fois nos camarades ont été relaxé-e-s, ils ont dû faire face à une situation de pression policière et judiciaire durable. Ainsi, l’accusation n’ayant aucune preuve, elle a cherché à faire durer la procédure judiciaire contre notre camarade. À travers nos militant-e-s c’est notre syndicat qui est visé.

 

Nous remercions tous les soutiens reçus pendant ces 7 mois, les individus et organisations qui ont été présent-e-s du 1er mai au 26 novembre. Nous dénonçons le silence et l’absence de solidarité de classe des principales confédérations syndicales (CGT, FO, CFDT, CGC, CFTC). Nous dénonçons l’attitude de l’UD CGT de l’Isère qui le premier mai refusait de donner le micro pour soutenir nos camarades (une en garde à vue, un à l’hôpital) considérant que «ce sont toujours les mêmes qui foutent la merde» défendant ainsi la répression policière. De même, en acceptant de faire partie du soit-disant comité d’éthique de la vidéo-surveillance, le secrétaire de l’UL CGT favorise l’implantation et l’extension annoncées des systèmes de contrôle.

 

Nous dénonçons l’attitude de l’AFP, et des journaux reprenant sa dépêche telle quelle, qui a écrit, entre autres, suite à la manifestation du 1er mai «une jeune femme a été arrêtée à la fin de la manifestation par les policiers alors qu’elle venait de casser une caméra de vidéosurveillance en se hissant sur une échelle», aujourd’hui que la relaxe a été prononcée, nous demandons à l’AFP de reconnaître ses torts et d’arrêter de s’empresser de recracher sans vérification les propos policiers.

 

Ces cas ne sont pas isolés, nationalement les syndicalistes CNT sont régulièrement réprimé-e-s par la police. Cette répression s’inscrit dans un mouvement plus large de violence contre les mouvements sociaux (comme l’attestent dernièrement les violences policières pendant le mouvement des retraites).

 

Cela participe d’une logique sécuritaire globale de contrôle de la population (vidéo-surveillance comme à Grenoble, fichage ADN, biométrie, base-élève, fichier Edwige, lois sécuritaires Perben Sarkozy, Lopsi…) pour la soumettre et la mettre au pas alors que les politiques et le patronat organisent l’accaparement des richesses et du pouvoir au profit d’une minorité.

 

Le système capitaliste a besoin de classes sociales pauvres, précaires et dociles et les gouvernements qui servent et profitent des intérêts du capital n’hésitent pas à se servir des moyens de répression dont ils sont dotés. On met en place des politiques contre les travailleurs-ses et les élu-es de droite comme de gauche imposent plus de contrôle social pour faire taire la contestation.

 

Nous continuerons à nous mobiliser pour imposer nos revendications : baisse du temps de travail, partage des richesses, hausse des salaires, autogestion ! Ce n’est pas la répression qui nous fera nous taire, nous continuerons à lutter contre l’État, le patronat et les forces répressives qui les défendent.

 

Nous prenons acte de la volonté des collectivités d’installer des caméras dans l’espace public et les lieux de travail (rue, école, administration). La CNT appelle les travailleurs-ses et leurs organisations à s’y opposer.

 

Décembre 2010 - Les syndicats CNT de l’Isère.

 

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