Université de Reims : Les journaflics travaillent

Publié le par la Rédaction

Université / Ne vous fiez pas aux tags !

 

Ne pas se fier aux tags : malgré leur forte visibilité, ils ne seraient pas le signe d'une grande politisation des campus rémois.

 

 

Les campus rémois sont-ils politisés ? On y voit régulièrement fleurir des tags et graffitis à messages politiques, c'est sûr. Du genre : «Fac fermée pour cause de non-rentabilité» ; «Facs privées no pasaran» ; «Les barricades bouchent la route mais ouvrent la voie» ; «Police partout, justice nulle part»… Mais quelle est la profondeur de l'engagement politique ? Ces slogans ne sont-ils que la partie émergée d'un vaste iceberg de politisation ? Il semble qu'il n'en soit rien.

 

«Les tags sont le fait d'une minorité agissante qui reste marginale, affirme Maxime Thorigny, le président de la fédération associative étudiante Intercampus. La grande majorité des étudiants est silencieuse. Par rapport à d'autres universités traditionnellement très politisées comme Rennes 2 ou Toulouse 2, on ne peut pas dire que Reims le soit vraiment. Je trouve que se pose même ici la question de l'engagement citoyen : les étudiants iront-ils voter aux cantonales ou pas ?»

 

«Il y a certes des enseignants et des étudiants engagés politiquement ou syndicalement, que ce soit d'un bord ou de l'autre, indique de son côté le doyen de la fac de droit Olivier Duperon, mais ça ne pollue pas l'ambiance sur la faculté.»

 

 

Parisiens dans le groupe

 

Mais le récent incident lors du conseil d'administration de l'université, où une poignée de protestataires a voulu exprimer son désaccord avec le passage à l'autonomie (responsabilités et compétences élargies), obligeant finalement le président à lever la séance plus tôt que prévu (notre édition du 16 février) ? «ll y avait beaucoup d'étudiants parisiens dans ce groupe, répond M. Thorigny ; ce groupe semblait s'afficher comme lié à l'Unef (gauche) mais à mon avis c'est très conjoncturel. L'Unef s'agite dans la perspective de son congrès national, avec trois tendances qui s'affrontent ; mais en temps ordinaire, on voit rarement l'élue de l'Unef siéger au conseil d'administration de l'Urca (université de Reims-Champagne-Ardenne).»

 

Retard à l'allumage

 

«Depuis cet incident, on n'en a plus du tout entendu parler, ajoute la vice-présidente de l'université Colette Padet, nous avions pourtant fait savoir à ce groupe que nous étions prêts avec le président à les recevoir pour discuter, mais nous n'avons pas eu la moindre demande.» De là à penser que ce «coup» était plus épidermique qu'autre chose…

 

«On sent quand même Croix-Rouge plus politisé que le Moulin de la Housse, poursuit la vice-présidente, et ça c'est net ; ça a toujours plus bougé en lettres et en économie que chez les scientifiques. Pour autant, Amiens par exemple, avec qui nous sommes régulièrement en relation, me semble bien plus politisé que Reims. D'ailleurs, lors des mouvements de contestation nationaux, Reims a toujours démarré en dernier, comme il y a deux ans avec la loi LRU ou la mastérisation de l'enseignement. Il est vrai aussi que c'est chez nous que ces mouvements durent le plus longtemps…» Aurait-on affaire à des gens qui ne savent ni démarrer ni s'arrêter ? Qui seraient donc davantage dans l'inertie que dans le rôle moteur…

 

«Peu nombreux mais très durs»
Claude-Édouard Crochet, en troisième année de droit, est responsable local pour le Met (Mouvement étudiant), qui se présente comme apartisan, même si ce mouvement compte notamment l'Uni (droite) en son sein : «À Reims, estime-t-il, la fac est très noyautée par l'extrême-gauche, notamment par le NPA (nouveau parti anticapitaliste) qui fait régulièrement du collage d'affiches, et tient des réunions à l'intérieur des amphis. L'Unef est de plus en plus noyautée par cette extrême-gauche. Quand on voit les tags, on comprend qu'il y a des scissions chez eux. Ce n'est qu'un petit nombre de militants, mais ils sont très durs. Et les affiches, les tags, ça se voit, et ça crée un climat… Quand des gens tractent pour l'Uni, ils sont régulièrement embêtés ; et quand on s'occupe d'une association qui n'a pas les mêmes idées que la gauche, c'est assez difficile de se développer.»
Et l'Unef, que dit-elle ? Pas moyen de le savoir : malgré nos tentatives réitérées d'établir un contact, ses responsables n'ont pas donné signe de vie. Préféreraient-ils s'exprimer uniquement par voie de bombes de peinture sur les murs ?

 

Leur presse (Antoine Pardessus,
 L’Union), 3 mars 2011.

 


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