Une journée de grève générale en Grèce

Publié le par la Rédaction

Grèce : compte rendu des événements d’aujourd’hui

La presse raconte ce soir que de dangereux anarchistes ont perturbé la manifestation d’aujourd’hui à Athènes en lançant des pierres sur les flics. Vu de l’autre côté, la version est bien différente :

(Les grands media du pays n’ont pas retransmis de nouvelles, leurs personnels participant à la grève. Les nouvelles parviennent donc uniquement depuis IMC Athènes, média international fonctionnel et bien sur, en direct de la rue.)


17h45.
Le bâtiment administratif de l’université de Thessalonique a été occupé en réponse à la précédente invasion et violation de l’asile académique par la police.



15h18.
Des anarchistes qui ont tenté de converger en masse au square Amerikis à Athènes pour un rassemblement contre le racisme et le fascisme, ont été empêché par la police anti-émeute. Le chef de l’unité leur a déclaré que «toutes les réunions» sont interdites dans ce square. Apparemment aucun fasciste n’aurait été aperçu. Les anarchistes se sont maintenant installés dans le parc autonome des rues Patision et Kyprou.




14h35.
À Athènes, la principale manifestation pour la grève générale semble avoir pris une bonne tournure. Les média rapportaint entre 20 et 30'000 manifestants. Le front anarchiste est fort ; des dégradations de banques ont été rapportées, ainsi qu’une auto-réduction dans une grande librairie (les livres ont été distribués en masse aux manifestants et aux passants). Tout du moins, l’arrestation d’une femme est confirmée (sans détention) ; elle passera devant le procureur général demain.


13h56.
À Thessalonique, les flics ont violé l’asile académique. Au moins deux unités de police ainsi que quinze voltigeurs sont entrés sur le site de l’université apparemment en réponse aux manifestations de la grève générale d’aujourd’hui et ont tenté d’arracher les barrières de sécurité installées par l’université à l’entrée du campus.

La Pie bavarde, 24 février 2010.







Échauffourées entre jeunes et policiers à Athènes

Des échauffourées ont opposé des jeunes lançant des pierres à des policiers qui ont répondu par des jets de gaz lacrymogènes mercredi en début d’après-midi dans le centre d’Athènes, en marge d’une manifestation de milliers de personnes protestant contre les mesures d’austérité du gouvernement grec.

Des jeunes portant casques et foulards ont tenté de s’écarter du cortège des manifestants pour s’approcher de grands hôtels du centre d’Athènes et la police a tiré des gaz lacrymogènes pour les empêcher, a constaté un journaliste de l’AFP.


Les jeunes, environ 300 selon une source policière, ont ensuite lancé des cocktails molotov vers les policiers et provoqué des dégâts à quelques magasins avant de se replier vers l’université d’Athènes, selon ce journaliste.

Une personne et un photographe de presse ont été légèrement blessés et évacués et un jeune interpellé par la police.

Ces échauffourées ont eu lieu à la fin d’une manifestation organisée par les grandes centrales syndicales qui avaient appelé mercredi à une grève générale et ont réuni à Athènes 27'000 manifestants, selon la police.

Les manifestants avaient défilé dans le calme, portant des banderoles rejetant la cure de rigueur décidée par le gouvernement pour remettre le pays sur la voie du redressement économique. Des groupes de jeunes, portant casques et masques se sont infiltrés dans le cortège avant de s’opposer aux policiers à la fin de la manifestation.

Leur presse (belga), 24 février.






Grève générale en Grèce : échauffourées entre jeunes et policiers

Alors que la Grèce est paralysée par une grève générale, qui rassemble plusieurs milliers de manifestants à Athènes et à Salonique, des échauffourées ont éclaté entre des jeunes et des policiers en début d’après-midi dans le centre de la capitale. Aux jets de pierres des premiers ont répondu les gaz lacrymogènes des seconds.

Les manifestations sont organisées pour protester contre les mesures d’austérité du grec.

Les jeunes, environ 300 selon une source policière, ont également lancé des cocktails Molotov vers les policiers et provoqué des dégâts à quelques magasins avant de se replier vers l’université d’Athènes. Une personne a été légérement blessée et évacuée et un jeune interpellé par la police.

Plus de 10'000 grévistes manifestaient mercredi en fin de matinée à Athènes et environ 7000 à Salonique, la grande ville du nord de la Grèce, selon les chiffres de la police. Ils protestent contre les mesures de rigueur décidées par le gouvernement pour faire face à la crise, telles que repousser l’âge moyen du départ en retraite de deux ans, à 63 ans et demi.

«Taxer les spéculateurs» et «les hommes et leurs besoins sont au-dessus des marchés et des profits», indiquaient des pancartes placées le long du parcours de la manifestation organisée dans la capitale par la puissante Confédération générale des travailleurs grecs (GSEE, 1 million d'adhérents) et la Fédération des fonctionnaires Adedy (300'000 membres).

Le Front de lutte syndical (PAME), émanation de l’ultra-orthodoxe parti communiste (KKE), avait appelé ses membres à manifester séparément et a réuni plusieurs milliers de militants à Athènes.

Refus des mesures d’austérité


«Aucun sacrifice pour la ploutocratie», affirmaient des tracts distribués dans la rue par les manifestants communistes, qui portaient des banderoles sur lesquelles était inscrit «pas plus», en référence au refus de mesures d’austérité supplémentaires, et d’autres «pas touche au 14e mois».

Les grandes centrales syndicales ont appelé à la grève générale et dès minuit mardi, les transports aériens et maritimes étaient à l’arrêt, tandis que les dessertes ferroviaires étaient pratiquement toutes interrompues. Les bus et une ligne de métro fonctionnaient cependant à Athènes pour permettre aux grévistes de se rendre aux manifestations prévues par les syndicats dans le centre de la capitale à la mi-journée et les taxis ne s’étaient pas joints à la grève.

La grève devait entraîner la fermeture des écoles, administrations et tribunaux, tandis que les banques, hôpitaux et grandes entreprises du secteur public fonctionnaient au ralenti. Le pays est également privé de toute information des radios et télévisions en raison du ralliement du syndicat des journalistes, qui sanctionne ses membres s’ils ne participent pas à la grève. Les journaux ne devraient pas paraître jeudi.

Pourtant plus de 6 Grecs sur 10 sont favorables à la rigueur


En dépit de cette mobilisation, les sondages attestent d'un soutien de plus de six Grecs sur dix à la cure de rigueur. Selon la dernière enquête, publiée dimanche, 75% des Grecs souhaitent la paix sociale jusqu’au dénouement de la .

La grève intervient alors que des experts de la Commission européenne, de la BCE et du FMI ont entamé mardi à Athènes l’examen de l’avancement du plan d’économies de la Grèce pour régler sa crise budgétaire dans le cadre d’une mission technique de l’Union européenne qui doit prendre fin jeudi.

Au premier jour de cette mission, le porte-parole du gouvernement grec a accusé la Commission européenne d’avoir fermé les yeux sur la dérive budgétaire du pays sous la gestion du précédent pouvoir conservateur. Des accusations rejetées par Bruxelles qui a rappelé les réserves exprimées par le passé sur les comptes de la Grèce.

L’agence de notation financière Fitch a de son côté abaissé mardi d’un cran la note des quatre principales banques grecques, de BBB+ à BBB, avec perspective négative, redoutant l’impact du plan de rigueur grec sur la qualité de leurs actifs et leurs résultats.

Leur presse (Le Parisien), 24 février.












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