Une fête de la révolte à Zurich

Publié le par la Rédaction

Une fête de la révolte

Sans aucun doute, ce dernier samedi soir [6 février 2010] a été une fête. 500-800 personnes se sont pris les rues de Zurich et ont créé une marge de manœuvre qui semble se réduire quotidiennement.

De nombreuses personnes issues de milieux très différents ont ensemble profité de l’occasion pour attaquer
ce qui représente l’oppression quotidienne et le pouvoir des riches ; ou, tout simplement, pour enlever à la ville sa façade hypocrite. Joyeusement a été brisé au moins pour un petit instant la glace épaisse de la pacification sociale. Tout de même, on croit moins que des vitres brisées changent le monde, que l’idée de révolte qui se répand ; basée sur le rêve d’un vivre ensemble qui s’enrichit par le fait que toutE et chacunE puisse s’épanouir librement et en tant que personne unique. Si nous balançons des pavés contre les flics, c’est parce que nous considérons les autorités de tout genre comme assassines de ce rêve. Si nous détruisons des banques et des bâtiments administratifs, c’est pour renforcer déjà maintenant l’idée d’un monde sans argent et sans bureaucratie. Ce n’est pas les décombres que nous cherchons, mais les sentiers qui les traversent. Dans les moments de révolte, la possibilité de briser la normalié, l’assujettissement et l’acceptation du quotidien surgit, pour poser des questions et expérimenter avec des réponses qui dépassent la politique. Maintenant, que l’espace s’est ouvert, qu’est-ce qu’on peut en faire ? Comment s’opposer à l’État ? Comment répandre et faire durer la rupture avec la normalité ? Comment devenir dangereux ? Certainement pas en cherchant une niche pour une culture et une économie alternative, qui se limite à la quête de son droit d’existence. L’État ne disparaîtra pas sans la révolte généralisée des exploitéEs, autant que les riches et les puissantEs ne céderont pas leurs privilèges sans résistance. La rébellion peut s’exprimer de différentes manières, mais à partir du moment, où, avec l’idée de rejeter toute forme de domination, il n’y a ni revendications ni partenaires de négociation, à partir de ce moment-là commence quelque chose qui tient de nouveau à nous…

Cette machine immense, qui nous ôte toute liberté, pour la vendre ensuite dans le monde à l’envers des marchandises, nous enferme dans les prisons, les asiles psychiatriques et les centres d’expulsion, pour nous enchaîner touTEs au code pénal, nous contrôle et nous humilie, nous force quotidiennement à l’école ou au boulot, pour un ordre social qui n’est certes pas le nôtre ; cette machine est construite, gérée, réparée et protégée à des endroits concrets par des personnes réelles. Il n’y a pas besoin de 500 personnes pour attaquer. Une petite bande de bons potes suffit.

La nuit est de notre côté…

Rien n’est passé !
Pour un monde sans domination !

Indymedia Suisse, 9 février 2010.



Einige gefundene Sprayereien




ZKB, Kameras beim Limmatplatz, Mc, Hooters

Juwelier, Mercedes, Mobilezone, RBS Coutts, Tamedia


Bilan des dégâts de samedi


Dès le début et quasiment pendant tout le défilé, les murs à gauche et à droite ont été remplis de slogans, de tags et de graffiti. Presque chaque coin de mur blanc a dû céder son innocence. Les flics n’étaient pas du tout au courant et donc presque invisibles. Au Limmatplatz, ce rêve humide panoptique (environ une quinzaine de caméras de surveillance), certainEs ont essayé de détruire ces caméras avec de longs bâtons, ce qui a partiellement fonctionné. Des bagnoles qui avaient l’air chères, une des «Trouble Shooters» (bande de foutuEs socialistes) et, particulièrement réjouissant, celle du porte-parole de la police urbaine Cortesi, qui est apparu au mauvais moment à côté de la manif, ont été démolies. Le long de la Langstrasse, de nombreux bordels et boîtes de nuit ont été barbouillés de slogans contre le sexisme et le patriarcat. En plus, les vitres des locaux suivants ont volé en éclats :
McDonalds [Toujours la cible la plus banale d’une critique du capitalisme ringarde, et quand même une des plus grandes multinationales, à laquelle on peut reprocher plein de choses. Des conditions de travail horribles resp. exploitation (ici, et surtout dans les pays économiquement «arriérés»), poursuites et assassinats de syndicalistes, coupes de forêts pluviales et appropriations et gaspillages de ressources en général.]
Hooters [Grande chaîne de restauration internationale qui emploie uniquement des femmes, étant obligées de porter des petits shorts et décolletés profonds. Sans doute le point de rencontre du pire machisme et de l’oppression patriarcale.]
— Une joaillerie [Malheureusement, rien à piller (verre blindé), mais les petits plaisirs de la bourgeoisie ont au moins été bousillés symboliquement.]
— ZKB [Banque cantonale de Zurich, qui essaie de se procurer une image «alternative» par des hypocrisies écologiques et sociales, piège dans lequel trop de gens tombent. Une des quatre plus grande banques en Suisse. Capitalistes, bureaucrates, bofs. point barre.]
— Mercedes [Encore une fois les plaisirs bourgeois, qui nous prêchent un monde mort avec des marchandises censées compenser le manque de vie.]
— Un local yuppi [Construit sur les décombres d’un ancien squat, ne pouvait malheureusement pas vraiment être endommagé, car des gens qui ricanaient stupidement étaient assis directement derrière les vitres.]
— Un shop mobilezone [Siemens, Nokia et Cie sont souvent à fond dans le business de technologies de surveillance (les natels en tant que tels sont une puce dans la poche) et sont également connus pour leurs mauvaises conditions de travail.]
— RBS coutts [Banque spécialisée sur la gestion de grosses fortunes.]
— Tamedia [Une entreprise médiatique suisse éditant, entre autres, le TagesAnzeiger, le 20min, Finanz und Wirtschaft, Schweizer Familie. On bouffe cette merde bourgeoise quotidiennement, pour nous empêcher, par de la causerie ennuyeuse, de mettre en question les racines de ce monde. La tendance policière se montre dans le style et dans les omissions. Les journalistes servent aux dominantEs et leurs valeurs pourries. Bien sûr, il serait plus beau de saboter leurs imprimeries… Mais n’empêche, ça a fait du bien !]

Malheureusement, le défilé a été bloqué à la Stauffacherbrücke par quelques fourgons de flics (qui lui barraient la route pour la première fois) se précipitant désespérément sur place, ce qui a empêché la pénétration du centre-ville. Après quelques pavés, balles en caoutchouc et lacrymos, le défilé a fait demi-tour et restait dans le 4e jusqu’à 2 heures du mat.

Il n’y a pas eu d’arrestations !

Indymedia Suisse, 8 février.


*


Des milliers de francs de dégâts à Zurich

Quelque 500 personnes ont défilé sans autorisation, samedi soir dans les rues de Zurich.,Habillés de noir et encagoulés, les manifestants ont tagué des murs et brisé des vitrines.

Cela faisait longtemps que la Langstrasse n’avait pas connu une telle animation. Vers 22h30, cette rue zurichoise, connue pour ses activités nocturnes, a été envahie par des centaines de manifestants. Au rythme d’une musique techno bruyante, ils ont défilé dans les quartiers du 4e et du 5e arrondissement, dénonçant notamment le World Economic Forum et le capitalisme.

Pour la plupart encagoulés et vêtus de noir, les participants ont sprayé des voitures et brisé plusieurs vitrines, dont celle du McDonald’s. Non autorisée, la manifestation a vite débordé. Des affrontements entre les forces de l’ordre et les agitateurs ont eu lieu. Un policier a été blessé et les dégâts occasionnés atteignent plusieurs centaines de milliers de francs.

Tout a commencé vers 22 heures, lorsque, pour une raison inconnue, une centaine de personnes se sont rassemblées derrière la gare centrale, a indiqué hier Marco Cortesi, porte-parole de la police municipale. Ensuite, près de 400 autres individus se sont joints au groupe.

La police a tenté d’empêcher les manifestants de se diriger vers le centre-ville en utilisant des balles en caoutchouc et du gaz lacrymogène. Les agitateurs ont alors lancé des pierres, des bouteilles et d’autres objets contre les policiers. Finalement, le défilé s’est dispersé vers 1 heure du matin. La police n’a procédé à aucune arrestation. Elle ignore toujours pourquoi exactement les manifestants se sont rassemblés.

Cet événement, qui a pris de court les forces de l’ordre, pourrait entraîner la mise en place de mesures préventives. La police va se pencher sur l’idée d’instaurer des patrouilles de réserve de 40 à 50 agents durant le week-end.

Leur presse (24 Heures), 7 février.


Publié dans Agitation

Commenter cet article

A 12/02/2010 14:35


"Si je ne peux pas danser, je ne veux pas en être, de votre révolution" disait Emma Goldman.
on peut voir justement sur ce blog l'illustration de cette phrase


Bon 11/02/2010 01:18


Bon. Ce gif est SEXISTE. Vous savez pourquoi. Ce n'est pas "frais" c'est saoulant ! Deux jeunes femmes en sous vetements qui dansent sans aucun rapport avec l'article, c'est sexiste et dégradant !
Vous cassez les ovaires à pas comprendre ça !


la Rédaction 11/02/2010 01:55


Lisez