Un tyran peut en cacher un autre

Publié le par la Rédaction

 

Les frappes aériennes qui ont lieu en ce moment en Libye sont riches d'enseignement pour les oppriméEs du monde entier. Une fois de plus, l'ONU confirme ce que beaucoup disent depuis longtemps : Rien ne vaut la bombe pour se débarrasser des despotes !

 

 

Voilà maintenant trois mois que la révolte tunisienne a éclaté. Dans son sillage, les populations d'autres pays du Maghreb et du Moyen-Orient se sont soulevées également. La «communauté internationale» n'a pas bougé, appelant au calme et faisant prévaloir la «non-ingérence». Entendez par là : «Nous avons fait tout ce que nous pouvions pour maintenir au pouvoir ces régimes aussi corrompus que les nôtres, notamment en équipant leurs bouchers en uniforme. Qu'ils se démerdent maintenant !» Étrangement, le son de cloche n'est pas le même vis-à-vis de la Libye. Le régime du tyran Kadhafi a bel et bien été armé par certaines puissances industrielles qui devaient bien se douter que ce n'était pas que pour s'entraîner au ball-trap. Et les voilà qui nous rejouent la première guerre du Golfe, caméras à l'appui : On arme le dictateur à la tête d'un pays au sous-sol riche en pétrole, on le laisse réprimer sa population avec les beaux joujoux qu'on lui a livré, et puis on s'offusque, on s'indigne. Et là bizarrement l'ingérence ne pose aucun problème à personne. La différence de traitement avec la révolution tunisienne dite «de jasmin» (occulter le sang qui a coulé avec un nom de fleur, une idée de publicitaire ?) est étrange. Aurait-on plus envie de se battre pour les puits de pétrole libyens que pour continuer à venir se dorer la pilule au Club Med d'Hammamet ? Toutes ces magouilles illustrent bien le niveau de corruption de ces «représentantEs démocratiques», leaders du «monde libre», qui n'ont rien à envier aux Ben Ali, Bouteflika, Kadhafi, Mohammed VI… Armer les potes despotes puis défaire leur régime, et faire main basse sur l'or noir, c'est bon pour le portefeuille tout ça.

 

Face à cette guerre impérialiste qui pointe le bout de son sale groin, menée par nos tyrans à nous, nous ne pouvons que manifester notre solidarité avec les libyenNEs qui se font livrer la «démocratie» par avion (de chasse). Nous pensons que la forme la plus élémentaire de cette solidarité est une lutte sans merci visant à détruire le complexe militaro-marchand qui opprime ici comme là-bas.

 

Groupe Pavillon Noir - Fédération anarchiste
de la Vienne, 21 mars 2011.

 


Publié dans Internationalisme

Commenter cet article