Un nom et une adresse : Daniel Spagnou à Sisteron

Publié le par la Rédaction

Nuit agitée à Sisteron : Un adjoint au maire de Digne mis en cause pour injures à policiers

 

Après les pneus de sa voiture crevés à deux reprises, ce sont cette fois les baies vitrées de la mairie de Daniel Spagnou qui ont été détériorées. Si l'auteur du premier délit court toujours, deux personnes en revanche ont été contrôlées pendant la nuit de vendredi à samedi. Si elles n'ont pas commis ces incivilités, comme le déterminera ou pas l'enquête, elles font néanmoins l'objet d'une plainte pour insultes.

 

 

Tout a commencé vendredi. Suite à un appel anonyme indiquant à Daniel Spagnou qu'une cinquantaine de grévistes viendraient occuper la salle du conseil municipal prévu le soir même, le député-maire a avisé le sous-préfet Mickaël Doré qui a fait déployer un cordon de sécurité d'une vingtaine de gendarmes devant l'hôtel de ville pour filtrer les visiteurs. Le conseil municipal s'est donc déroulé dans le plus grand calme. C'est à l'extérieur que les choses se sont gâtées. «Lorsque je suis sorti vers 23 heures, explique Daniel Spagnou, j'ai trouvé la ville très animée… J'ai croisé un groupe de 4 à 5 jeunes qui, en me voyant, s'est mis à chanter L'Internationale. J'ai trouvé ça un peu louche.»

 

C'est vers 1h15 du matin qu'il sera tiré de son lit par le chef de la police municipale pour découvrir avec stupéfaction l'état de la mairie, «taguée de tous les côtés !» par des slogans du style «UMP dehors» et autres insultes à l'adresse du chef de l'État. Les employés municipaux ont passé une partie de la nuit à nettoyer ce qui n'était en fait que de la «neige pour vitrine». «C'était leur faire trop d'honneur que de laisser ça», lance-t-il, très remonté.

 

«Venant d'un élu, c'est vraiment moche»

 

Cinq policiers municipaux aussitôt partis à la recherche des auteurs sont tombés sur deux hommes, tout près de la mairie, et les ont contrôlés. «Ça s'est envenimé, ils ont très mal vécu d'être contrôlés et ont insulté mes gardes en des termes très grossiers. Ils étaient très agressifs» poursuit M. Spagnou. Les gendarmes sont intervenus et ont relevé l'identité des deux hommes dont l'un est Dominique Vallet, adjoint communiste du maire de Digne, délégué à la solidarité.

 

Daniel Spagnou a déposé plainte contre X pour «dégradation de bien public», deux agents municipaux ont fait de même pour «outrages à agent de la force publique». Le député-maire tient à exprimer sa plus grande indignation concernant ces événements et indique qu'il est «particulièrement dommageable qu'un élu de la République ne soit pas en mesure de respecter un tant soit peu des fonctionnaires de police faisant leur travail. Je trouve ça lamentable», commente-t-il. Dans la foulée, les taggeurs ont badigeonné à Malijai une voiture qu'ils pensaient être celle de Mme Bareille, maire de cette localité, mais qui en fait appartenait à son voisin. La permanence de l'UMP à Digne a également été leur cible.

 

«Quelqu'un de courtois»

 

Gérard Esmiol, adjoint communiste à Digne, se dit «surpris que cet adjoint, toujours très courtois, ait pu blesser quelqu'un par une parole. Si aujourd'hui on en est là, c'est parce qu'il n'y a pas eu de dialogue pour les retraites, ce qui provoque énormément de tensions.» Serge Gloaguen, maire de Digne, n'a pas pu être joint. Vendredi soir, le conseil municipal a voté une délibération pour le remboursement des pneus crevés. Les contribuables seront ravis d'apprendre qu'ils vont payer le nettoyage des murs, et le remboursement des pneus du maire.

 

La réaction de Dominique Vallet 
«Je suis libre comme l’air» commentait hier soir le mis en cause, à l’issue de sa convocation à la gendarmerie de Château-Arnoux. Il explique qu’il se trouvait «au mauvais endroit au mauvais moment». 
«Les policiers municipaux et la gendarmerie ont fouillé tous ceux qui étaient sur place» relate le maire-adjoint qui conteste avoir été injurieux envers eux. «Il était minuit environ, on s’était arrêté pour boire un coup quand on a été contrôlé. Ils étaient trois, et deux étaient très énervés et agressifs. Heureusement que les gendarmes sont arrivés, après ça s’est calmé. Quand ils ont vu qu’on n’avait rien sur les mains, rien dans la voiture, et qu’on n’était pas saouls, on a pu repartir. Les tags étaient déjà faits quand on est arrivé. On est capable de faire déplacer des milliers de personnes, on ne va pas aller faire des tags !» 
Quant à la plainte ? «On gérera. Mais je conteste complètement. Ils ont été de mauvaise foi dès qu’ils ont vu qu’on n’était pas de la même couleur politique que leur ville.»

 

Leur presse (Marie-France Bayetti,
La Provence), 24 octobre 2010.

 


Publié dans Colère ouvrière

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