Troubles et répression en Tunisie - 6 janvier

Publié le par la Rédaction

Les troubles sociaux et les arrestations se multiplient en Tunisie

 

Au lendemain de l’enterrement de Mohamed Bouazizi, la Tunisie continue d’être le théâtre de manifestations, grèves et arrestations. À Ben Arous, près de Tunis, Ayoub Hamdi, un lycéen, s’est aspergé de produits chimiques ce matin avant de mettre le feu à ses vêtements dans la cour de son établissement. Gravement atteint, il a été admis à l’hôpital des Grands brûlés de la ville. La scène aurait été filmée par un témoin et fait actuellement le tour de la toile.

 

Faculté des Lettres de Sousse, le 6 janvier

 

Après s’être immolé le 17 décembre, Mohamed Bouazizi, vendeur ambulant de fruits et légumes de 26 ans, est devenu le symbole de la contestation contre le chômage et la précarité sociale dans sa ville de Sidi Bouzid, mais aussi dans le reste de la Tunisie. Sa mort porte à quatre le nombre de victimes de la vague de protestation qui secoue depuis le pays, où 25% des jeunes vivent aujourd’hui sans travail.

 

À la suite des obsèques de Mohamed Bouazizi, une femme et ses trois enfants ont grimpé sur un pylône électrique à Sidi Bouzid. Ils menaçaient de se donner la mort, exigeant de rencontrer des représentants du gouvernement pour trouver une solution à leur condition précaire. Les autorités ont coupé l’électricité afin de prévenir un nouveau suicide.

 

 

Par ailleurs à Thala (au sud-ouest de Tunis), de violentes manifestations de rue ont repris tard mercredi soir, entraînant la fermeture des écoles et collèges de la ville jusqu’à nouvel ordre, selon un représentant local du syndicat des enseignants à l’AFP.

 

Enfin, dans toute la Tunisie aujourd’hui, ce sont plusieurs milliers d’avocats qui se sont mis en grève pour manifester contre les violences policières. Me Abderrazek Kilani, le bâtonnier de l’ordre des avocats tunisiens a déclaré : «Nous voulons protester fermement contre le passage à tabac d’avocats au cours des derniers jours». De telles protestations n’étaient pas habituelles jusqu‘à présent dans ce pays tenu d’une main de fer par le président Ben Ali, au pouvoir depuis 23 ans.

 

Le blogueur activiste Hamadi Kaloutcha et le rappeur El Général arrêtés

 

Un des administrateurs du blog collectif indépendant nawaat.org Malek Khadhraoui s’inquiète quant à lui de l’arrestation du blogueur activiste Hamadi Kaloutcha. «J’ai eu son épouse par téléphone. Elle m’a confirmé que des policiers l’ont emporté à 6h30 ce matin, avec son ordinateur et sans mandat», rapporte-t-il par téléphone.

 

Autre arrestation aujourd’hui, celle du rappeur tunisien El Général. Le chanteur avait récemment défrayé la chronique en s’adressant au président dans un rap intitulé «Président, ton peuple est mort». Quant à Slim Hamamou, une des grandes figures d’Internet en Tunisie, il aurait disparu quelques heures plus tard.

 

Leur presse (Franck Simon,
Euronews), 6 janvier 2011.

 

 

Tunisie : Arrestation des blogueurs Slim Amamou et Azyz Ammami

 

 

Le blogueur et activiste Slim Amamou a été arrêté aujourd’hui 6 janvier aux alentours de 13h, heure à laquelle ses amis et collègues n’avaient plus de ses nouvelles. On ne connaît toujours pas les circonstances exactes de son arrestation. Il devait se rendre à son travail après avoir effectué la visite technique de son véhicule et la dernière nouvelle qu’on a de lui est un tweet envoyé vers 13h.

 

 

Vers 18h, Slim Amamou a révélé la position de son téléphone sur le réseau social Foursquare qui permet à ses utilisateurs de signaler leurs positions par géolocalisation. La position du téléphone du blogueur indique s’il se trouve dans les locaux du ministère de l’Intérieur sur l’avenue Habib Bourguiba comme l’atteste cette capture d’écran.

 

 

Slim Amamou avait prévenu ses amis que son domicile est surveillé par des policiers depuis hier et que ce matin une présence policière à été remarquée autour du domicile de l’un de ses amis. Plusieurs coups de fils anonymes sont parvenus à son lieu de travail.

 

 

À rappeler que Slim Amamou est l’un des blogueur tunisien les plus connus. Il a dénoncé l’année dernière une opération de phishing des comptes mails des internautes tunisiens. Il a également été parmi les initiateurs de l’opération «Nhar 3la 3ammar» et l’un des organisateurs de la manifestation contre la censure le 22 mai 2010 à Tunis.

 

La veille de cette manifestation, il a été arrêté avec son cosignataire Yassine Ayari et détenu pendant plus de 12 heures à la fin desquelles il a été obligé de d’enregistrer une vidéo appelant à l’annulation de la manifestation.

 

 

Azyz Amamy, 27 ans, blogueur et activiste tunisien, est également porté disparu depuis plus de 12 heures et probablement arrêté par la police tunisienne.

 

Azyz avait participé activement au mouvement de protestation de la région de Sidi Bouzid dont il est originaire.

Il avait été arrêté quelques jours auparavant, lors d’une manifestation à Tunis, et avait été brutalisé par les forces de police lors de sa garde à vue rapportée sur son blog http://azyz405.blogspot.com/. Ce Blog semble avoir été effacé. Le dernier texte publié s’intitule Azyz is back.

 

Nawaat, 6-7 janvier.

 


Publié dans Internationalisme

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A 07/01/2011 17:57



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