Tract de solidarité avec les insurgés tunisiens

Publié le par la Rédaction

Depuis plusieurs semaines les prolétaires du Maghreb s’insurgent contre des conditions de vie devenues insupportables et contre la politique de terreur de l’État. Ils descendent dans la rue, s’affrontent aux flics, s’attaquent à tous les bâtiments de l’État, aux entrepôts de marchandises, aux banques… barrent les routes et en particulier en Algérie rejettent clairement tout encadrement politique oppositionnel et/ou islamiste.

 

Dans leur pratique réelle ces mouvements de lutte s’affirment contre l’État, contre la propriété privée. En ce sens ils sont une admirable protestation contre le monde de l’argent, ils sont des exemples magnifiques de lutte contre toutes les formes de soumission, ils sont une préfiguration d’un autre monde à venir : la communauté humaine enfin réconciliée avec elle-même et débarrassée de l’État, de l’argent, des classes.

 

Révoltés et exploités du monde ! Cette lutte est la nôtre. Du Sud au Nord, de l’Est à l’Ouest sa nature fondamentale est la même partout. Travailleurs, étudiants, chômeurs, jeunes, vieux… toutes ces catégories fondent dans le creuset de la lutte contre ce monde abject pour ne former qu’une seule classe en lutte, avec comme seule préoccupation centrale : détruire l’État.

 

La réponse de l’État est de deux ordres : d’un côté les gouvernements répriment sauvagement, de l’autre les oppositions politiques, syndicales, religieuses — jouant aux martyrs — proposent l’alternance démocratique, que la clique au pouvoir parte. Dans un cas de figure comme dans un autre le but est le même : que la révolte cesse et que la domination continue, quelle que soit sa forme politique. Or quelle que soit sa forme — régime parlementaire, régime à parti unique, autoritaire… — l’État reste toujours l’État. Son existence implique que les riches restent riches, que les pauvres soient toujours plus pauvres, qu’ils bossent et crèvent en silence.

 

La répression fait de nombreux morts, estropie, emprisonne, torture. C’est le propre de régimes où les oppositions politiques, syndicales, religieuses sont absentes ou trop faibles pour faire leur sale boulot de récupérateur, pacificateur des luttes et des espoirs qui jaillissent dans la lutte d’un monde radicalement autre. On entend dire que là-bas c’est la dictature alors qu’ici nous sommes en démocratie, avec comme sous-entendu que rien de tel ne peut nous arriver. Nous vivrions dans une société enfin pacifiée, ne connaissant de temps à autre que quelques excès répressifs, des bavures imputables à des personnes «ayant un problème» et non à un système.

 

C’est faux : C’est d’abord la force de la révolte qui pousse l’État à massacrer ainsi et non un manque de droits.

C’est mensonger : C’est passer sous silence que depuis la guerre d’Indochine c’est la police française qui forme la plupart des polices du monde. Si le bras est autre, le cerveau est «made in France». Ainsi que les armes, les gaz, les matraques, les blindés vendus chaque année pour des millions d’euros.

C’est illusoire : Pour l’instant l’État ici n’a pas besoin d’avoir recours à la répression ouverte. Les syndicats remplissent encore bien leur rôle de garde-chiourme du capital, d’apaiser et détourner la colère prolétarienne dans les ornières de la négociation et l’obtention de miettes. Les partis politiques sont là pour maintenir des illusions sur la participation de tous au pouvoir. Mais au moment où ces larbins seront débordés, rejetés… inutiles, l’État ici emploiera les mêmes méthodes ouvertes de terreur, foulera aux pieds les chiffons de papier illusoires que sont les droits.

 

Notre responsabilité ici est de nous démarquer clairement de «notre» État, de montrer qu’il est partie prenante de la répression actuelle, qu’il est même prêt à intervenir si les forces répressives là-bas sont en proie au doute. Tout comme lors de la révolte en Grèce en 2008 : l’État grec avait sollicité une aide policière auprès des États espagnols et italiens.

 

Notre responsabilité ici est de reprendre le flambeau de la lutte que nous avons momentanément laisser tomber à la fin de l’automne. Nous avons perdu une bataille, nous nous sommes heurtés à l’intransigeance de l’État et à la logique du Capital. Raison de plus pour réagir vigoureusement contre l’aggravation de nos conditions de vie, de refuser de continuer à baisser la tête.

 

Les prolétaires du Maghreb ont besoin de cette solidarité de classe ! Et non de timides protestations humanistes ! De lamentations pleurnichardes !

 

 

Luttes autonomes (contact)
L’Alsace libertaire, 18 janvier 2011.

 


Publié dans Internationalisme

Commenter cet article

ha 18/01/2011 21:58



Il est pas bien rangé le commentaire ci-dessus on dirait...



françois 18/01/2011 14:25



SUD syndique des flics, ils n'ont pas à la ramener, c'est incompatible avec toute idée d'une organisation de classe