Tentative d'occupation de la préfecture à saintÉtienne : La police syndicale travaille - 28 octobre

Publié le par la Rédaction

Les CRS ont chargé à Saint-Étienne

 

Une altercation a opposé hier les CRS à un groupe de manifestants qui tentait de s'introduire dans la préfecture. Une première depuis le début du conflit.

 

 

Un affrontement de courte durée a opposé hier matin à Saint-Étienne, un groupe de manifestants aux forces de police, tandis que le service de sécurité de la CGT a tenté de s'interposer entre les belligérants.

 

 

 

 

 

 

 

 

Le cortège s'est étiré tranquillement entre la gare de Châteaucreux et la rue Charles-de-Gaulle lorsqu'à l'appel des Jeunes Communistes, une cinquantaine de manifestants s'est détachée de la tête du défilé, faisant la jonction au niveau de la préfecture avec une douzaine de «complices» postés aux abords de la place Jean-Jaurès.

 

Les jeunes ont profité de l'effet de surprise pour s'introduire dans l'enceinte de la préfecture, dont la porte, gardée par deux fonctionnaires de police, n'avait pas encore été refermée. Débordés, les CRS étaient contraints de reculer.

 

Ce qui ne devait être qu'une occupation pacifique de protestation contre la réforme des retraites a rapidement tourné à la foire d'empoigne après l'arrivée de plusieurs renforts policiers. Très vite, les matraques et bombes aérosol ont logiquement pris le dessus sur les manifestants, qui étaient repoussés hors de la préfecture. Tandis que les grilles se refermaient derrière eux, deux lycéens restaient coincés à l'intérieur (voir ci-dessous).

 

La tête du cortège, amassée devant l'édifice, prenait fait et cause pour les lycéens. Les policiers ont alors essuyé plusieurs jets de poubelles, tandis que les services de sécurité de la CGT ont su éviter que les événements ne dégénèrent en s'interposant entre jeunes et forces de l'ordre. Des coups ont été échangés de part et d'autre. Le calme — relatif — n'a regagné les esprits que lorsque les deux jeunes bloqués dans la préfecture ont été «libérés».

 

Cet événement regrettable est venu entacher cette nouvelle mobilisation contre la réforme des retraites ; la septième depuis la rentrée, qui a réuni 5800 personnes selon la préfecture. De leur côté, les syndicats, satisfaits de la «forte mobilisation», n'ont pas souhaité communiquer de chiffres (lire ci-dessous).

 

Malgré les vacances scolaires, les Ligériens, non-résignés par l'adoption de la loi à l'Assemblée nationale, se sont déplacés en nombre et en famille pour tenter d'obtenir l'annulation du texte. Beaucoup d'entre eux estimaient hier qu'il n'était «jamais trop tard pour combattre une mauvaise réforme».

«Les policiers ne s'attendaient absolument pas à ça, ils ont été complètement pris de cours, désemparés» 
Hélène Vialleton, 17 ans, lycéenne, est membre de la Jeunesse communiste 
«L'idée était de s'installer dans la cour de préfecture, symbole de l'État, pour faire un sit-in et montrer que le peuple avait encore son mot à dire. 
Nous avons pu pénétrer dans l'enceinte avant d'être repoussés par les forces de l'ordre. Nous n'étions qu'une douzaine à être au courant de l'opération, mais les autres ont suivi par effet de foule. Nous avons été enfermés mon frère et moi, alors que nous tentions de tenir les portes ouvertes pour que les autres puissent entrer à l'intérieur. J'ai reçu un coup de matraque au genou et mon frère a été menotté. Nous avons été emmenés dans un bureau, fouillés, mis à genoux. Ils ont pris notre identité avant de nous relâcher, par peur de débordement, devant la pression des manifestants restés dehors. 
Les policiers ne s'attendaient absolument pas à ça, ils ont été complètement pris de cours. Lors de notre interpellation, une secrétaire est même venue demander aux deux agents qui nous interrogeaient s'il fallait faire usage des lances à incendie face aux manifestants… Ils étaient vraiment désemparés. 
Nous n'avions aucune intention de tout casser. Il s'agissait d'une opération pacifique, mais nous n'avons pas reculé face à la violence qui nous a été opposée. Les organisations syndicales ne nous suivent pas officiellement, mais les syndiqués et manifestants sans étiquette nous soutiennent. Les gens ont envie que ça bouge, que cette réforme soit retirée. 
C'est en radicalisant le mouvement qu'on lui redonnera le souffle nécessaire.»

 

Leur presse (Sélim Batikhy,
Le Progrès), 29 octobre 2010.

 


Publié dans Colère ouvrière

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