Syndicalistes au commissariat d'Alès - 16 novembre

Publié le par la Rédaction

Alès : Après la mobilisation, place aux convocations

 

Plusieurs militants CGT ont été entendus mardi au commissariat.

 

Une trentaine de plaintes ont été déposées au commissariat d'Alès entre la mobilisation nationale contre la réforme des retraites du 23 septembre et les nombreuses autres qui ont suivi, à échelle hexagonale ou plus localement, cet automne. Dans le lot, des plaintes pour entrave à la liberté du travail, posées par des commerçants et des parents d'élèves du lycée JBD, d'autres pour dégradations, violences de la part des forces de l'ordre, menaces et violences sur personnes dépositaires de l'autorité publique. En faisant appel aux images prises directement sur place, ou à la vidéo-protection, les policiers ont commencé le travail d'identification. Au commissariat, deux agents traitent exclusivement ces dossiers depuis deux semaines. Témoins et mis en cause seront convoqués petit à petit.

 

 

Mardi, devant et dans le hall encombré du commissariat d'Alès, les cégétistes étaient nombreux, tracts à la main et drapeau au clair. Trois camarades étaient entendus dans deux affaires différentes. Une syndicaliste était convoquée le matin comme témoin (lire ci-dessous). Les deux autres étaient mis en cause pour dépôt d'immondices sur la voie publique. En représailles après son vote validant la réforme des retraites à l'Assemblée nationale, deux tonnes de déchets avaient été déversées le 14 octobre devant la permanence du député UMP, Max Roustan. Deux agents territoriaux du Pays grandcombien auraient conduit et manœuvré le camion poubelle. En aucun cas, néanmoins, ils n'étaient les instigateurs du mouvement, répète la coordination CGT des territoriaux. Ce jour-là, selon leurs estimations, ils étaient plus de 150 devant la permanence. Un peu moins nombreux hier après-midi en face du commissariat, les camarades venus en soutien demeuraient bien présents. C'est la mairie d'Alès qui a porté plainte. La procédure est obligatoire, explique la direction du cabinet du maire, pour demander le remboursement des dommages auprès des assurances. La municipalité estime le préjudice des dégradations du domaine public, «causées principalement en marge des manifestations nationales», à 80'000 €.

 

Pour Fabrice Durand, le secrétaire de l'union locale CGT, en cuisinant, parfois plus de deux heures, ses camarades, la justice nourrit un autre dessein : «S'ils ne faisaient que leur reprocher les faits, ce serait normal. Mais le but du commissariat, c'est de monter un dossier à charge contre moi et Sébastien Nigliore (son adjoint), pour nous faire tomber.» De «l'intimidation continue» qui fait rire le cégétiste : «Plus on parle de nous plus ça veut dire que le mouvement fonctionne.» Comme le permanent syndical à la fédération du commerce CGT Olivier Bireaud, il dénonce une perte de temps : «Plutôt que d'occuper les forces de police sur des faits totalement mineurs, on aimerait que le pouvoir public, via le procureur, mette le même zèle dans les affaires liées au travail.» Olivier Bireaud de prendre les policiers qui passent à témoin : «Alors, vos heures sup sont toujours pas payées ?» À chaque fois, la réponse était la même : «Non, toujours pas.»

 

Leur presse (Romain Gouloumes,
Midi Libre), 18 novembre 2010.

 


Publié dans Colère ouvrière

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