Sur les événements du 10 octobre au centre fermé de Frambois à Genève

Publié le par la Rédaction

Communiqué de presse de l’association lausannoise Droit de rester suite aux événements qui se sont déroulé samedi 10 octobre au centre fermé de Frambois (Ge)

 

Aux médias romands

 

Nous avons appris ce matin 10 octobre (hier n.d.r.), que des détenus s’étaient révoltés à la prison administrative de Frambois à Genève.

 

Un détenu a en effet contacté une personne du collectif Droit de Rester Lausanne. La communication était difficile car les gens criaient. Ce détenu a affirmé que la police avait été envoyée sur place. Par la suite, le téléphone a été coupé avec les détenus. Les autorités de la prison n’étaient pas non plus joignables, si bien que les informations sont pour l’instant lacunaires. Il semble toutefois que quelques personnes détenues depuis de nombreux mois à Frambois se soient révoltées et aient cassé des objets afin d’attirer l’attention sur leur situation désespérante.

 

Le fait qu’il y ait eu une émeute ne nous étonne malheureusement pas au vu des nombreux actes de désespoir qui ont eu lieu ces derniers temps dans cette prison administrative qui compte 20 places et qui est gérée par les cantons de Vaud, Neuchâtel et Genève.

 

Le collectif Droit de rester Lausanne, membre de la Coordination Asile Migration Vaud a dénoncé à de nombreuses reprises la politique de répression pratiquée à l’égard des personnes migrantes extra-européennes. La détention administrative (3 mois renouvelables, jusqu’à 18 mois) n’est qu’une partie de la politique contraire aux droits fondamentaux menée par les autorités suisses.

 

Après un refus de leur demande d’asile (sous forme de non entrée en matière ou de réponse négative de la part de l’ODM), les personnes qui refusent de rentrer dans leur pays — parfois après 20 années d’absence — sont enfermées à Frambois en attente de leur expulsion par vol de ligne ou par vol spécial. Souvent les autorités les enferment de manière illicite alors qu’elles n’ont pas les moyens de les renvoyer, vu qu’elles n’ont pas de laisser-passer pour ces personnes.

 

Rappelons-nous, déjà en 2004, certaines personnes appartenant au groupe des 523 avaient été incarcérées dans cette prison. Certaines en avaient été sorties suite à la pression populaire et à la longue lutte de la Coordination Asile, obtenant par la suite un permis de séjour.

 

Depuis 2008, Frambois tourne à plein. La Coordination asile migration Vaud et la Ligue Suisse des Droits de l’Homme, section Genève ont régulièrement dénoncé les procédures qui mènent à emprisonner et à expulser par la force des personnes alors qu’elles ont besoin de protection (plus spécifiquement dans le cas de mineurs, de personnes en mauvaise santé, de pères séparés de leurs enfants ou de leur compagne).

 

Sans aucune perspective d’avenir, ni information quant à la durée de la détention, les détenus ont souvent manifesté leur désarroi d’être détenu pour le seul crime d’avoir demandé un asile à la Suisse. Ils ont dénoncé l’injustice dont ils se sentaient victimes. Depuis quelques mois, des cas de tentatives de suicide, de mutilation, de grèves de la faim et de dépressions graves, ont été rapportés de la part des détenus.

 

Rappelons que les trois cantons qui gèrent l’établissement de Frambois (Vaud, Genève et Neuchâtel) ont la possibilité de soumettre aux autorités fédérales une demande d’admission provisoire pour les personnes recalées de l’asile. De nombreuses interventions ont été faites par les associations et des avocat-e-s afin de demander que les cas de ces personnes soient ré-examinés sous un angle humanitaire.

 

Face à une machine administrative qui vise à expulser et à «faire du nombre», dont le coût humain et financier devient de plus en plus élevé, nous exigeons que les cantons fassent usage de leur marge de manœuvre pour stopper les expulsions et offrir un droit de séjour aux personnes qui sont venues pour vivre ici, et non pas pour y mourir.

 

Indymedia Suisse romande, 10 octobre 2010.

 


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