Sur l'ouverture de la nouvelle prison pour étrangers du Mesnil

Publié le par la Rédaction


Je n'aime pas trop «tirer sur les ambulances» mais là c'est vraiment trop énervant. Nous sommes au deuxième article sur le nouveau centre de rétention du Mesnil-Amelot, un hier dans Libé, un dans l’Huma, et la Cimade ne semble pas bouger de son discours complètement confus et inefficace (sa position ?) ! À moins que cela ne soit les journalistes qui ne comprennent rien au discours de la Cimade !
À la fois on nous dit «un complexe immense, complètement deshumanisé, ultra sécuritaire» (là on retrouve le fameux petit centre sympa comme alternative) et à la fois «cela va créer des tensions»… Faudrait savoir ! Justement ces lieux sont conçus pour quil y ait le moins de «tensions» possible (tensions = révoltes — appelons un chat, un chat) et en plus ça risque de «marcher» !
Alors, cest quoi le problème ? le camp ? Ou les révoltes qui risquent de sy dérouler ?
N. - Infozone, 31 octobre 2009
Liste d’information pour la france sauvage.
(PS : Appeler à une mobilisation contre louverture du centre alors quil est bientôt fini (cf. lHuma), cest quand même un peu con ! En tout cas, ya des chances que les futures luttes des retenus soient plus efficaces !)


Le camp d’internement du futur

Sa description a tout du film de science-fiction, pourtant, le centre de Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne) est quasiment achevé et son ouverture prévue en 2010. 240 places, dont 40 réservées aux familles, pour le plus grand CRA de France. Entouré d’une double enceinte grillagée, il sera géré par des policiers, depuis une tour de contrôle. «Un complexe immense, totalement déshumanisé», raconte Caroline Larpin, de la Cimade, qui l’a visité. Elle dénonce sa «dimension ultrasécuritaire» : portes blindées à fermeture magnétique, caméras de surveillance, etc. L’association, qui redoute les tensions liées à de telles conditions d’enfermement, appelle à une mobilisation contre l’ouverture de ce centre.

Leur presse (L’Humanité), 30 octobre.



La Cimade dénonce «l
industrialisation» des centres de rétention

Lassociation salarme du «mépris des droits» des étrangers en attente dexpulsion et appelle à la mobilisation contre louverture dun nouveau centre «ultra-sécuritaire» en Seine-et-Marne.

Des centres de rétention de plus en plus carcéraux et déshumanisants, où les situations individuelles passent à l
arrière plan : cest le tableau que dresse la Cimade, seule association présente à ce jour dans les lieux de rétention, où transitent les sans-papiers. Lassociation présentait ce matin son rapport annuel, véritable radiographie de chacun des 23 centres et 12 locaux de rétention administrative en France.

En 2008, 32.284 personnes de 163 nationalités ont été enfermées de 24 heures à 32 jours dans des centres de rétention en métropole, a décompté l
association. Dont 118 familles avec 222 enfants.

Même si «globalement, les conditions en rétention sont correctes», la Cimade s
alarme de la dégradation du «climat général» dans les centres, du fait dun «mépris de plus en plus grand des droits des étrangers placés en rétention» allant de pair avec la «politique du chiffre». Lassociation sinquiète aussi de létat déplorable des lieux de rétention de loutre-mer, comme à Mayotte.

L
association dénonce la dimension «de plus en plus carcérale» des centres, et dune manière générale la «banalisation de lenfermement» et «lindustrialisation de la rétention», qui plongent les personnes retenues dans une grande détresse. La Cimade constate de fréquentes automutilations et tentatives de suicides (neuf au centre de rétention de Vincennes pour le seul mois de mai 2009).

Nouveau centre «totalement déshumanisé»

En témoigne, selon la Cimade, l
ouverture programmée dun nouveau centre de rétention au Mesnil-Amelot, en Seine-et-Marne, véritable «méga-structure ultra sécuritaire». Ce complexe de deux fois 120 places viendra sajouter au centre de 140 places (le maximum autorisé par la réglementation) déjà existant dans cette commune.

Une telle concentration de personnes va favoriser le développement de tensions et violences en même temps qu'elle compliquera la tâche des intervenants, selon la Cimade, qui décrit un centre «immense, totalement déshumanisé, dont toutes les portes sont blindées, où tout est fait pour limiter le contact entre les personnes», équipé «de détecteurs de mouvements et de caméras dans tous les sens».

Ce rapport de la Cimade, dressant un état des lieux exhaustif de chacun des centres, pourrait bien être le dernier du genre. Car l
association devrait être bientôt amenée, au terme dun bras de fer engagé il y plus dun an avec le ministère de lImmigration et de lIdentité nationale, à partager avec dautres sa mission dassistance dans les centres de rétention. Et donc renoncer à sa vue densemble… «Pluralisme» nécessaire, pour le gouvernement, «marginalisation» assurée des associations, pour la Cimade, convaincue que cet «éclatement» ne pourra «que réduire les droits des étrangers», en empêchant toute action globale et en mettant en concurrence par appel doffre les associations.

Leur presse (Libération), 29 octobre.

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