Sur l'affaire de Chambéry

Publié le par la Rédaction

L’explosion mortelle de Cognin nétait pas une affaire de terrorisme

 

Lexplosion mortelle de Cognin nest pas le résultat dune erreur de manipulation dapprentis terroristes. Ce sont des experts qui le disent. Quatorze mois après avoir été saisi de lenquête, le juge dinstruction du pôle antiterroriste de Paris vient, avec un avis favorable du parquet, de renvoyer laffaire à Chambéry, en se déclarant «incompétent» par ordonnance, il y a quelques jours.
Il appartient maintenant au procureur général, ici, de désigner un nouveau juge dinstruction. Pour rechercher dans le registre du droit commun, entre la manipulation de produits explosifs et les causes de laccident, si des infractions peuvent être reprochées aux jeunes mis en cause.

 

Dès le lendemain de lexplosion, la piste terroriste est ouverte

 

La piste terroriste est ouverte dès le lendemain de lexplosion dans lusine désaffectée de Cognin. La jeune femme décédée, Zoé A…, 23 ans, et son copain, gravement blessé, Michaël D…, 25 ans à lépoque, gravitent alors dans le monde parallèle des squatters, des «alternatifs», beaucoup fréquenté par des militants de lultra-gauche et des anarchistes.

 

Lenquête sur le drame prend rapidement une tournure très spectaculaire. Cest avec un déploiement considérable de gendarmes mobiles et de policiers locaux, dont les Chambériens se souviennent encore, que les hommes de la sous-direction nationale antiterroriste de la police judiciaire investissent le squat de lancienne usine Pilotaz puis les différents «points de chute» similaires du couple. Dans les jours et les semaines qui suivent, Raphaël S…, Joris A…, Michaël D… sont mis en examen pour participation à une entreprise terroriste, destruction de preuves. Ils sont détenus puis progressivement libérés avec un contrôle judiciaire qui sest allégé avec le temps. Michael D… a récupéré de ses blessures. Une perte partielle de sa vue est la principale séquelle à laquelle il est encore confronté. Tous les trois ont repris leurs études ou ils travaillent.

 

Le dernier à avoir été arrêté est Thibaut S… qui vivait ici sous une autre identité, longtemps recherché, retrouvé en Europe centrale et extradé de Hongrie où il sétait réfugié il y a quelques mois. Lui aussi est sous contrôle judiciaire.

 

«Cest une montagne qui accouche dune souris» résume Me Laurent Pascal, avocat de trois des jeunes gens. «On savait depuis le départ que cette enquête ne mènerait à rien, pas besoin de sortir de Saint-Cyr ! Lentreprise terroriste nexiste pas.» Lavocat de Michael D…, Me Bernard Ripert, poursuit. «Cest un regrettable accident que lon a voulu monter en épingle, à Chambéry. Cest dans la ligne de ce qui se passe en France où lon voit des terroristes partout. Jespère que le juge dinstruction à Chambéry saura tenir compte des conclusions de la justice à Paris pour prononcer un non-lieu.»

 

Car, comme il ne sagissait pas dune affaire de terrorisme, la justice va devoir définir ce que cétait sur le plan juridique. Au-delà dun drame, terrible, de linconscience.

 

Les faits 
Dans la nuit du 30 avril au 1er mai 2009, une explosion ébranle une usine désaffectée située entre lHyères et la RD 1006 à Cognin. Zoé A…, une jeune Ardéchoise de 23 ans, est tuée par les débris de la bombe artisanale quelle confectionnait avec son compagnon, Michaël D…, 25 ans. Plus en retrait, le garçon, originaire de Genève, est sérieusement brûlé et sa vue est gravement atteinte. Ils manipulaient du chlorate de soude et du sucre et un petit extincteur pour servir de récipient aux produits. Dautres jeunes gens qui les ont fréquentés sont ensuite inquiétés. Trois sont plus particulièrement visés. Ils subiront des gardes à vue double durée, des interrogatoires à Paris, réservés aux personnes soupçonnées dactivités terroristes. Deux seront incarcérés ainsi que Michaël D…. Puis, tous libérés.

 

Leur presse (Frédéric Chiola, Dauphiné Libéré), 2 juillet 2010.

 


Commenter cet article

chambéry 08/07/2010 15:19



Le commentaire précédent n'a pas grand chose grand chose à voir avec cette procédure anti-terroriste.


 


Pour en savoir plus:


 


[Mauvaises intentions->http://infokiosques.net/spip.php?article709]



tcho 07/07/2010 09:01


Mardi 17 novembre [2009], les forces de l’ordre ont investi l’ex-usine Pilottaz de Chambéry afin d’en déloger une vingtaine de squateurs. Le 3 novembre [2009], saisi en référé par la municipalité
de Chambéry, le Tribunal de grande instance de Chambéry avait ordonné l’expulsion des occupants des lieux.