Suisse : L'UDC, au premier rang d'un capitalisme de pillage - Combattons le capitalisme

Publié le par la Rédaction

Les blochériens-ennes ont un programme

 

Les blochérien.enne.s réunissent le 3 et 4 décembre leur Comité central et leur Congrès. Le parti adoptera à cette occasion un véritable programme de guerre sociale. Un exemple parmi d'autres : l'UDC entend «alléger l'AI d'au moins 4000 rentiers par an». Car l'UDC n'est pas simplement un parti xénophobe. Sa nouvelle victoire sur la double peine ne signifie pas simplement l'approfondissement et la radicalisation de ce droit d'exception qui frappe la population étrangère du simple fait de son origine ethnique et nationale. Avec son dernier succès, l'UDC contribue à intimider une fraction décisive des classes populaires de ce pays. La double peine c'est autant une victoire des forces xénophobes que des capitalistes et des partisan.es d'un État autoritaire.

 

Faire peser le talon de fer sur la nuque des travailleur.euse.s immigré.e.s sert à empêcher l'organisation, la lutte et la mobilisation d'une fraction décisive du prolétariat multinational en Suisse.

 

Qui est dans la ligne de mire ?

 

Les mesures qui visent l'étranger s'intègrent dans une politique d'ensemble contre les salarié.e.s et les groupes sociaux dominés dans ce pays. Les mesures prises contre les pauvres, les précaires, les assisté.e.s, avec le dispositif central d'assignation au travail, constituent un des éléments clés du programme de l'UDC. Le projet des blochérien.ne.s c'est la destruction de la protection sociale, la casse du service public, l'assignation au travail, la précarité du travail, la baisse des salaires, les attaques systématiques contre le droit de s'organiser et de s'exprimer. Les blochérien.ne.s veulent faire de l'école publique un remake d'entreprise capitaliste fondée sur une structure répressive, autoritaire dominée par une stratégie de sélection. Nombreux/euses sont les UDC qui aux côtés des réactionnaires cléricaux attaquent le droit à l'IVG arraché par la lutte des femmes.

 

La lutte contre l'UDC est anti-capitaliste. Il est stratégiquement impossible de vaincre une telle force en s'appuyant simplement sur une alliance de forces anti-racistes ou antixénophobes sans que soit prise en compte la question sociale.

 

L'UDC, un parti du capital mondialisé

 

Les forces politiques du système ont systématiquement développé une politique d'exception contre l'immigration en même temps qu'une stratégie générale de guerre sociale. L'UDC multiplie les excès verbaux et les déclarations irrévérencieuses mais elle ne portera jamais atteinte à aucun élément central de la politique bourgeoise. Elle ne s'opposera effectivement en rien au capitalisme mondialisé. L'UDC est une avant-garde du bloc dominant. Elle partage le pouvoir avec toutes les autres forces associées à la gestion de l'État. Elle est un détachement du «parti de l'ordre».

 

Partout, les mesures d'exception contre l'immigration sont une des composantes du système de domination. Elles sont inséparables de la gigantesque saignée des peuples à travers toute l'Europe pour garantir les spéculations des banques, pour payer au Capital des centaines de milliards d'Euros, pour faire monter à tout prix le profit. En Suisse aussi, cette politique se déploie, associant les gouvernants de gauche et de droite, les sociaux-libéraux et les ultralibéraux, les «officialistes» et les xénophobes.

 

Tous les gouvernements contre tous les peuples

 

Partout en Europe, tous les gouvernements qu'ils se disent de gauche ou de droite mettent en œuvre un capitalisme de pillage. Partout en Europe la volonté d'intimider, de briser et de faire peur aux classes populaires passe par le droit d'exception et la répression contre l'immigration. Partout la politique contre l'étranger/ère s'intègre dans une politique contre tou.te.s les dominé.e.s et les exploité.e.s.

 

Il n'y a aucune raison d'accepter qu'un.e immigré.e ait moins de droits qu'un.e national.e. Il n'y a aucune raison d'accepter qu'il y ait discrimination entre les différents groupes des classes populaires. Il n'y a pas à marchander l'égalité sociale et l'égalité humaine.

 

La clé de la lutte contre l'UDC passe certes par le refus du racisme et de la xénophobie mais aussi par le refus de l'exploitation capitaliste, de la contrainte étatique, du conformisme généralisé. Combattre l'UDC c'est dénoncer sa nature de parti au service d'un capitalisme féroce, d'un étatisme autoritaire, d'un patriarcat renouvelé, d'une inégalité sociale croissante. Et c'est sur le terrain de la lutte de classe, de la lutte sociale et de l'action directe populaire que le système dont l'UDC constitue une des plus beaux fleurons doit être combattu. Imposer l'égalité, partager les richesses, arracher de la liberté et du pouvoir populaire, telle est la voie pour combattre la bourgeoisie dans toutes ses déclinaisons.

 

Ou le combat contre l'UDC devient un combat anti-capitaliste avec ce que cela implique ou il restera un pur exercice de bonne volonté, étouffé sous les défaites successives et sous les proclamations trop souvent formelles des forces qui partagent avec elle le pouvoir de chaque jour.

 

REBELLION - Numéro spécial du 30.11.10
Feuille d’agitation de l’Organisation Socialiste Libertaire.

 

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