Sabotage mystérieux sur le tracé de la LGV Poitiers-Limoges

Publié le par la Rédaction

Engins incendiés sur la RN 147 : enquête en cours. Sabotage ?

Les faits se sont produits dans la nuit de dimanche à lundi sur la RN 147 sur la commune de Lhommaizé, dans la Vienne : sept engins de chantier ont été incendiés.

Il semblerait qu
il sagisse dun incendie criminel puisque des charges explosives ont été retrouvées sur place, des bouteilles avec système de mise à feu à retardement. Plusieurs systèmes nauraient dailleurs pas fonctionné. Les services de déminage de La Rochelle ont été dépêchés sur les lieux. Cest, semble-t-il, le chantier délargissement de la RN 147, entre Limoges et Poitiers qui était visé. Des empreintes et des traces ADN sont soumises à analyses. Lentreprise Belin, propriétaire du matériel détruit, a annoncé quelle allait porter plainte contre X au tribunal de Poitiers.

Leur presse (Marie-Agnès Cordier,
France 3 LPC), 17 novembre 2009.



Des engins de chantier piégés et incendiés à Lhommaizé (Vienne)

Douze engins de travaux publics stationnés sur le chantier d’extension de la RN147 (entre Poitiers et Limoges) à hauteur de la commune de Lhommaizé (Vienne) ont été incendiés dans la nuit de dimanche à lundi. La piste criminelle ne fait aucun doute.

Ce sont des passants qui ont alerté les pompiers à 5h30. Le dispositif trouvé sur place était important : «L’ensemble des engins de travaux publics étaient piégés avec des bouteilles contenant un produit en cours d’analyse et des dispositifs de mise à feu», a indiqué le commandement régional de la gendarmerie de Poitiers.

Douze engins ont été détruits et six antres endommagés. «Nous ne disposons d’aucune revendication», précisait-on de source proche de l’enquête confiée à la section de recherche de la gendarmerie de Montmorillon.

Arrivés en tout début de matinée sur place, les démineurs de la sécurité civile de La Rochelle ont en outre «trouvé des bouteilles contenant de l’essence dans les poubelles alentours».

«Nous estimons les dégâts à plusieurs centaines de milliers d’euros. Nous n
’avons jamais vu ça même si nous sommes habitués à subir des dégradations sur nos chantiers», déclarait lundi soir François Barens, le directeur de la société Bellin de Lusignan (Vienne) à qui appartiennent les engins détruits.

Le directeur de la société, qui envisage de «faire appel à une entreprise spécialisée dans la sécurité sur ses chantiers», disait ne pas savoir quand le chantier pourrait reprendre.

Leur presse (AP), 16 novembre.



Déviation de Fleuré : qui en veut à l’entreprise Bellin ?

Douze engins de terrassement ont brûlé sur le chantier de la déviation de Fleuré. Des bouteilles dun liquide inflammable ont été retrouvées.

Francis Barens, le directeur de la société de travaux publics Bellin dans la Vienne, ne comprend toujours pas ce qui lui est arrivé. Il était un peu plus de 5 heures du matin hier quand le feu a pris, quasiment simultanément, sur douze engins de chantier alignés sur le terrassement de la déviation de Fleuré, côté Dienné, sur l
axe Poitiers-Limoges.

«Ce n
est pas accidentel, dit-il. Des bouteilles contenant du liquide inflammable a été retrouvé sous les engins. Cest volontaire, sciemment préparé. Je ne comprends pas pourquoi.»
 
«C
est un coup très dur pour lentreprise»

Compacteurs, bulldozers, niveleuses… alignent leurs carcasses noircies dans le haut de la butte où elles attendaient hier matin de reprendre le chantier. Tous les engins ne sont pas totalement calcinés, mais douze ont été endommagés par les flammes au moins partiellement. Ce qui les rend inutilisables.

«Je vais voir avec ma compagnie d
assurances comment elle peut prendre en charge ce type dévènement, poursuit Francis Barens. Mais de toute manière, cest un préjudice très lourd pour la société. Un coup dur que je ne mexplique pas. Je ne me connais pas dennemis.»

En découvrant les engins en feu, les employés de l
entreprise de travaux publics ont alerté les pompiers qui ont évité que les incendies ne se propagent avant de les circonscrire totalement. Appel a également été lancé à la gendarmerie qui a fait intervenir une équipe de déminage. Dabord pour sassurer que des bouteilles ne se trouvaient pas sous les engins encore intacts. Ensuite pour commencer leurs investigations.

Pompiers et gendarmes sont restés sur place une bonne partie de la matinée.

Leur presse (Jean-Jacques Boissonneau,
La Nouvelle République), 16 novembre.


Douze engins de chantier piégés au sud de Poitiers

Déjà retardé par une bataille autour de lappel doffres, le chantier de la RN 147 est à larrêt après le mystérieux incendie, lundi, dau moins douze engins de travaux publics.

Réveillés en urgence lundi vers 6 heures du matin, les démineurs de la sécurité civile de La Rochelle sont eux-mêmes restés confondus devant le dispositif incendiaire utilisé. En pleine campagne, à 4 kilomètres du petit bourg de Lhommaizé, situé entre Poitiers et Limoges (Vienne), douze coûteux engins de travaux publics venaient d
être incendiés, et six autres épargnés par un système dallumage défaillant. Comme les gendarmes et le procureur de Poitiers, les deux hommes ont depuis pour consigne le silence absolu.

Un étrange liquide gélatineux

Associés aux techniciens de la cellule d
intervention criminelle de la gendarmerie (CIC), ceux-ci ont notamment découvert intactes plusieurs bouteilles en plastique remplies dun mélange dessence et de liquide gélatineux rosâtre, glissées pour la plupart dans les moteurs. Des bouteilles reliées chacune à un cube dallume-barbecue afin, semble-t-il, de laisser le temps aux incendiaires de quitter sans risque le chantier de déviation de la RN 147.

Pelleteuses, niveleuses et compacteurs, le préjudice subi par l
entreprise Bellin est au minimum de plusieurs centaines de milliers deuros. Un acte inédit, dont le patron de cette société basée à Lusignan assure dautant moins connaître lorigine quaucune revendication na été portée. «Pas de tracts, pas de tags, rien.» Regrettant bien çà et là quelques vols de carburant et autres dégradations mineures, François Barrens répète en revanche sa stupéfaction : «Cest la première fois quune telle chose se produit, et je ne comprends vraiment pas pourquoi.»

Maintes fois reporté depuis 2004, le chantier de cette déviation d
à peine 7 kilomètres fut pourtant récemment au cœur dune bataille intense entre les deux entrepreneurs se disputant le juteux appel doffres de 15 millions deuros. Dabord retenu fin 2007 par lÉtat pour réaliser les travaux, le groupement Guintoli-Eurovia Poitou-Charentes avait ensuite été écarté au profit de son concurrent Colas — une filiale de Bouygues —, ayant soulevé un vice de procédure. Et cest donc associée à Colas que lentreprise Bellin avait finalement lancé les travaux début septembre. Au printemps, lavocat de Guintoli-Eurovia était allé jusquà soupçonner publiquement lÉtat de favoriser le groupe Bouygues, provoquant aussitôt la colère de la préfecture.

Une vengeance ?

Et si personne aujourd'hui ne fait officiellement le lien entre les dégradations de lundi et cette rivalité somme toute logique, une source proche du dossier estime qu
il sagit là de lune des hypothèses explorées par les enquêteurs de la brigade de recherches de Montmorillon.

Balayée par François Barrens, cette piste est en revanche évoquée par le maire de Lhommaizé. «Nous n
avons jamais eu de problèmes avec les riverains expropriés ni avec la moindre association écologique», explique Jacqueline Artus. «Alors, comme dautres, je repense aux tensions quil y avait au tribunal. Mais sans aucune certitude, car nous navons absolument pas dindice. Sans oublier que mon village est également sur le tracé de la future LGV, et que cet acte lamentable pourrait aussi très bien être l’œuvre dun salarié licencié.»

Une fois achevée la laborieuse expertise des engins calcinés, le chantier pourrait malgré tout reprendre dans une dizaine de jours. Avec très certainement une équipe de vigiles en renfort.

Leur presse (Sylvain Cottin,
La Nouvelle République), 18 novembre.


Engins incendiés : enquête tous azimuts

Lhommaizé. Lenquête part dans toutes les directions après lopération programmée de destruction des engins de chantier de la déviation de Fleuré.

L
enquête part dans toutes les directions après lopération méthodique de destruction par des dispositifs incendiaires des engins de chantier de la déviation de Fleuré, lundi, à Lhommaizé. Qui a intérêt à cette opération ? Vengeance de concurrents évincés, de salariés licenciés, dopposants au projet de déviation… Toutes les hypothèses sont travaillées.

De nouveaux experts sont venus sur le terrain, hier, pour estimer le préjudice qui s
annonce énorme. Douze engins ont été affectés par les dispositifs incendiaires. Certains sont entièrement carbonisés, dautres partiellement. «Il y en a dautres, pour lesquels on ne sait pas. Il peut y avoir des dégâts qui ne sont pas apparents», explique Francis Barens du groupe Bellin TP. «On ne pourra pas reprendre cette semaine, cest sûr. Après, la semaine prochaine, ça dépendra de notre capacité à remplacer les engins de chantier. Le préjudice nest pas estimé. Lexpert na pas rendu ses conclusions.» Une plainte contre X a été déposée hier auprès des services de la gendarmerie.

Le chantier de la déviation de Fleuré, qui porte sur sept kilomètres, doit normalement être livré au commanditaire en septembre 2010. «C
est la première fois quon voit une chose pareille. Le problème, cest quon ne sait pas qui est visé. Lentreprise ? Le chantier ? Le maître douvrage ?»

Le responsable de l
entreprise Bellin assure navoir reçu aucune menace ni pression, liées à ce chantier. «Rien ne laissait présager cela. Les problèmes judiciaires, ça concernait le marché précédent. Pour moi, cest inconcevable quun concurrent samuse à ça. On na pas non plus eu de problèmes avec des salariés licenciés», se défend Francis Barens. Alors qui ? Et pour atteindre quel objectif ?

Le parquet ne fait aucun commentaire sur cette affaire. «L
enquête est en cours.» Il confirme quelle na donné lieu à aucune interpellation.

Leur presse (La Nouvelle République), 18 novembre.

Publié dans Agitation

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