Soutien aux interpellés de Poitiers

Publié le par la Rédaction

Le soutien aux interpellés s’est déroulé sans incident

Après les violences de samedi à Poitiers, une soixantaine de personnes ont soutenu hier les huit prévenus qui comparaissaient en correctionnelle.

«T’inquiète pas mon pote, on est avec toi ! T’inquiète pas Charles, on est là pour toi !» Presque 15 heures hier devant le palais de justice de Poitiers. Sur place depuis le début de l’après-midi, ils sont une soixantaine à être venus accueillir les prévenus interpellés samedi à l’issue des saccages qui depuis font la Une de tous les journaux. Face à l’armada des policiers en tenue de combat, plusieurs de ces sympathisants d’extrême gauche, étudiants opposés à la loi LRU, militants anti-pub, membres de collectifs de sans-papiers, arborent des affichettes où l’on peut lire «Libération des inculpés du 10 octobre» ou encore «Sam est innocent».


«J’en veux autant aux casseurs qu’aux forces de l’ordre»

Pressés par une multitude d’envoyés spéciaux, certains refusent de parler aux journalistes suspectés de faire «l’amalgame entre l’extrême gauche et l’ultra gauche». Étudiante syndiquée à Sud, Anna était samedi dans la manif. «Les gens arrêtés n’ont rien fait. Ils ont assisté par curiosité. Ils n’ont pas cautionné», s’émeut la géographe qui en profite pour dénoncer les exactions commises. «Je condamne toute la casse et tous les tags ! Je suis opposée à ce genre d’actions !» Comme d’autres, elle accuse «les groupes venus de l’extérieur». La jeune fille rajoute : «J’en veux tout autant aux casseurs qu’aux forces de l’ordre qui n’ont rien fait et qui ont ensuite mené la répression au 23 !» Une attitude au cœur de toutes les interrogations. «Le dispositif policier m’a tout de suite paru inhabituel. Reste à savoir s’il s’agit d’une énorme erreur d’appréciation ou d’un laisser-aller volontaire», souligne David Hamelin, historien des mouvements sociaux locaux.

Une autre étudiante dénonce les dégradations commises «par des extérieurs». Les inscriptions bombées sur le baptistère Saint-Jean, «monument chargé d’histoire» l’ont écœurée. En revanche, le saccage des banques lui pose moins de problème. L’étudiante qui se reconnaît dans le militantisme anticarcéral, dénonce les violences de samedi car «elles vont conduire à justifier le climat policier».

Sur les marches du palais, deux étudiantes en droit prennent le soleil. Chloé et Lucile, qui n’étaient pas là samedi, n’ont pas réussi à trouver une place dans la salle d’audience bondée. «Dommage, j’aurai voulu avoir la version des prévenus et pas me contenter de ce que j’ai lu sur le Net et vu à la télé.»



Collectif 23 : pas d’amalgame

Au 23 de l’avenue de Paris, c’est l’incompréhension et la déception qui prévalent après les événements de samedi. Dans un communiqué, les responsables de cette structure de création et d’accueil culturel et artistique expliquent avoir été contactés il y a un mois par le collectif contre la prison de Vivonne. «Ils nous demandaient d’offrir un espace d’expression autour des questions que soulevait l’ouverture de la prison. L’organisation de cette journée répondait à ce que nous souhaitons faire de ce lieu, un espace de débats, de dialogues et de création. C’est pourquoi nous avons accepté le projet et accueilli le collectif.»

En clair, insiste le collectif 23, ses membres ne pourraient être tenus pour responsables «de l’organisation de la manifestation et de ce qui s’y est produit. Notre rôle durant cette journée fut d’ouvrir le lieu, d’accueillir les participants et de veiller au bon déroulement de la journée au sein du bâtiment. Par ailleurs, cette journée s’est déroulée sans aucun heurt. Nous tenons à signaler qu’aucune préparation à la manifestation et aux événements de l’après-midi, sous quelque forme que ce soit, ne s’est déroulée au 23. Le numéro 23 n’a pas été un point de départ de la manifestation, ni son lieu de rapatriement. Si certains manifestants s’y sont retrouvés, c’était pour assister aux concerts programmés.»


«Une journée gâchée»

Côté public, on est évidemment déçu. Étonné aussi d’avoir été confronté aux méthodes de la police. Contactée hier, cette jeune étudiante poitevine raconte : «Vers 20h30, alors que les concerts se préparaient, la police est arrivée et a procédé aux contrôles d’identité. On nous a demandé de sortir dans la cour du 23, on s’est assis contre les murs. Les policiers ont pris des photos, ont fouillé les sacs et fait des palpations. Le matériel sono, les platines, les enceintes ont été endommagés alors qu’avant l’arrivée de la police, ce n’était pas le cas. De la bière a été versée dedans. Il y a pour plusieurs milliers d’euros de dégâts. Mon sentiment après tout cela ? Je suis très déçue. Les concerts ont été gâchés. C’est l’incompréhension.»

Leur presse (La Nouvelle République), 13 octobre 2009.

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gerrard 13/10/2009 16:00


salut
je voulais simplement dénoncer une erreur judiciaire et même une mascarade judiciaire : les méthodes des flics sont ingrates, la pression sur eux était énorme. Moi je suis contre ce genre de
méthode violente mais je les défends car ils INNOCENTS. Ce genres de méthodes, de jugements, sont connus dans l'histoire mais dans des pays totalitaires. Soutenons Sam et Jean-mi pour la vrai
justice soit faite. Là, c'est une justice policière, fascisante.
DENONCEZ CES ACTES? SOUTENEZ LES !!!!!!!!!