Soutenir Indymedia Paris, pour la liberté dans nos rues comme sur le net !

Publié le par la Rédaction

Indymedia Paris publie quelques photos de flics infiltrés dans une manif, et oulah, sacrilège, les syndicats de flics sont sur les nerfs, l’Hortefeux menace de porter plainte et tout le monde apprend le terme de «copwatching». Mais en fait de quoi s’agit-il ? Le copwatching c’est le Wikileaks de la rue, la surveillance de celles et ceux qui prétendent, en toute impunité, nous surveiller, nous menacer, nous agresser (verbalement souvent, physiquement régulièrement)…

 

La docu­men­ta­tion de tous ces faits, si elle n’est pas légale — c’est leur police, leurs lois — est légi­time. En manif, cela permet de pou­voir iden­ti­fier plus rapi­de­ment des flics infil­trés, pra­ti­que cou­rante : les images n’ont pas manqué cet automne pour prou­ver les tech­ni­ques poli­ciè­res d’infil­tra­tion sys­té­ma­ti­que des manifs contre les retrai­tes. Une vidéo de RebellyonTV le prou­vait (comme d’autres depuis long­temps en réa­lité), et a fait réagir beau­coup de monde [Personne n’a pourtant porté plainte contre RebellyonTV, ni contre Mélenchon, ni Bernard Thibault qui s’en plaignaient ou les dizaines de sites et de journaux qui relayaient l’info ou la vidéo. À un moment il devient difficile de porter plainte contre une évidence manifeste.].

 

Et il est sou­vent trop long en mani­fes­ta­tion de s’assu­rer qu’on ne fabule pas, que l’oreillette entre-aper­çue en est bien une, et qu’on ne va pas accu­ser quelqu’un à tort… Se refi­ler, faire tour­ner les photos des flics infil­trés est l’une des maniè­res (fina­le­ment bien non-vio­lente) de s’en pré­mu­nir et de pro­té­ger un cor­tège. Les flics (plus ou moins) inco­gni­tos dans les manifs, c’est le retour des poli­ces secrè­tes, des poli­ces poli­ti­ques qui t’arrê­tent dès que tu mar­ches pas com­plè­te­ment droit.

 

Dans la rue, au quo­ti­dien, tout le monde craint les cow-boys de la BAC, à cent à l’heure au volant de leurs voi­tu­res bana­li­sées, tou­jours en civil et oubliant régu­liè­re­ment leurs bras­sards dans leur poche. Les flics en civil et armés dans nos rues, c’est le retour de la ven­detta, mais légale et pro­té­gée au plus haut niveau.

 

La police fran­çaise n’aime pas la lumière

 

L’été der­nier, l’évocation docu­men­tée de l’occu­pa­tion poli­cière de la Villeneuve à Grenoble avait déjà valu des mena­ces d’Hortefeux lui-même à l’égard d’Indymedia Grenoble et du Jura Libertaire. En France, il est inter­dit de filmer des inter­ven­tions poli­ciè­res (excepté pour les jour­na­lis­tes encar­tés) : concrè­te­ment, la per­sonne qui a filmé le tabas­sage de Rodney King à Los Angeles aurait risqué plu­sieurs années de prison en France !! Alors fina­le­ment, la ques­tion qui se pose face à ces mena­ces contre quel­ques photos et quel­ques textes, c’est «mais de quoi ont-ils peur ? » Que pour­rait bien révé­ler l’obser­va­tion des flics en manif, leurs pro­fils Facebook et leurs blogs, ou l’enre­gis­tre­ment vidéo de leurs inter­ven­tions ? Qu’ils sont vio­lents, réac­tion­nai­res, et sou­vent racis­tes ? Apparemment c’est ce que crai­gnent leurs supé­rieurs et leurs syn­di­cats.

 

On va nous aussi les sur­veiller, les iden­ti­fier et se passer le mot, d’une manière ou d’une autre. S’il faut y mettre les formes, pour ne pas être inu­ti­le­ment pour­suivi en dif­fa­ma­tion ou pour outrage, on les mettra, et on leur don­nera du mon­sieur madame tant qu’ils veu­lent. Mais on les pho­to­gra­phiera, tant qu’ils met­tront les pieds dans les manifs sans bras­sards, tant qu’ils feront de la même manière des inter­pel­la­tions dans la rue sans être iden­ti­fié-e-s… Tant qu’ils ne pour­ront pas être condam­nés sans qu’Hortefeux inter­vienne pour les défen­dre, tant qu’exis­tera le délit d’outrage ou de rebel­lion qui leur permet en toute impu­nité de pour­rir la vie à une partie gran­dis­sante de la popu­la­tion…

 

Si ce tra­vail de sur­veillance de la police demande du temps et de l’orga­ni­sa­tion pour ne pas ris­quer de poin­ter du doigt des gens qui n’ont rien à voir (nom­breux sont les mani­fes­tant-e-s sus­pec­tées à tort d’être des flics), il est plus que jamais néces­saire de pren­dre ce temps.

 

C’est pour cela que nous sou­te­nons et que nous appel­lons le maxi­mum de per­son­nes à sou­te­nir Indymedia Paris :

— D’abord en héber­geant les photos qui ont fait réagir Alliance (parce qu’il s’agit aussi dans cette affaire de fli­quer le net autant qu’ils fli­quent déjà nos rues) ; 
— Ensuite pour faire cesser rapi­de­ment les pra­ti­ques d’infil­tra­tion des flics en manif et les agis­se­ments de cow­boys dans la rue, en nous orga­ni­sant col­lec­ti­ve­ment pour mul­ti­plier les pra­ti­ques de «cop­wat­ching» et leur dif­fu­sion.

 

On en a tous et toutes marre de la police et de ses pra­ti­ques, de la sur­veillance per­ma­nente, entre les héli­cos, les camé­ras, le fichage ADN, les logi­ciels espions, les dizai­nes de fichiers plus ou moins légaux [Quelqu’un a déjà évoqué les fichiers plus ou moins secrets «de personnes recherchées pour appartenance à la mouvance anarcho-autonome» qui pourissent la vie à des centaines de personnes, lors de simples contrôles routiers par exemple, quand les flics doivent noter leur provenance, leur destination, le contenu de leur téléphone portable avant de les laisser repartir ?]

 

Soutenir Indymedia Paris, pour la liberté

dans nos rues comme sur le net !

 

Des mem­bres du col­lec­tif d’ani­ma­tion 
de Rebellyon, 24 décembre 2010. 

 

P.-S. : À noter que LOPPSI 2 permettra le filtrage de sites internet avec établissement d’une liste noire. Le partage de l’information devient vital avant que les sites tels Indymedia, Rebellyon, Jura Libertaire ou autres soient totalement évincés.

 


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