Soudan : décès d'un étudiant blessé dimanche lors de manifestations

Publié le par la Rédaction

 

Un étudiant frappé par des policiers dimanche lors de manifestations anti-gouvernementales à Khartoum est décédé des suites de ses blessures dans la nuit à l'hôpital d'Omdurman, près de la capitale soudanaise, a-t-on appris lundi auprès de manifestants.

 

«Mohammed Abdulrahman, de l'université d'Ahlia, est décédé la nuit dernière à l'hôpital d'Omdurman, des suites de ses blessures après avoir été frappé par la police lors des manifestations», a indiqué un manifestant à l'AFP sous couvert d'anonymat.

 

«Ce matin (lundi) l'université d'Ahlia et l'université islamique d'Omdurman ont été fermées sur décision du gouvernement», a indiqué ce militant.

 

 

Les manifestants avaient répondu à un appel lancé par un groupe du «30 janvier» via Facebook. Le groupe demandait à la jeunesse soudanaise de descendre dans la rue pour participer à des rassemblements antigouvernementaux pacifiques.

 

Ce groupe, qui comptait lundi environ 17.000 membres, a qualifié sur sa page l'étudiant décédé de «martyr», le comparant à un autre étudiant tué en octobre 1964 lors d'un soulèvement populaire qui avait renversé le régime militaire au pouvoir.

 

«Al-Gorashy a été un martyr pour nous. Et tu es notre martyr à présent, Mohammed Abdulrahman», est-il écrit en lettres rouge.

 

Les manifestations se sont déroulées dimanche en présence d'un très fort déploiement policier en différents endroits de Khartoum et de sa ville jumelle Omdurman, ainsi qu'à Obeid, à environ 600 km à l'ouest de la capitale.

 

Au moins 64 personnes ont été arrêtées à la suite de heurts, et un nombre indéterminé de personnes ont été blessées.

 

À Omdurman, un millier de manifestants ont scandé des slogans contre le président Omar el-Béchir et jeté des pierres contre la police anti-émeute qui a riposté à coups de bâton et de gaz lacrymogène.

 

Par ailleurs, lundi, au lendemain de ces manifestations, la distribution de deux journaux indépendants a été bloquée, ont indiqué leurs éditeurs.

 

«Des officiers de la sécurité sont arrivés chez les imprimeurs à 02H00 (23H00 GMT) et ordonné aux équipes de ne pas distribuer notre journal», a indiqué Annour Ahmed Annour, rédacteur en chef du quotidien Al-Sahafa.

 

Fayez al-Sillik, rédacteur en chef adjoint d'Ajras al-Hurriya, considéré comme proche du mouvement des ex-rebelles du Sud-Soudan, le SPLM, a indiqué que son journal avait également été interdit de distribution après l'intervention d'officiers de sécurité.

 

«Ils sont venus à l'imprimerie à 23H00 (20H00 GMT) et ont lu toutes les pages du journal. Ils sont revenus trois heures plus tard, ont pris un certain nombre d'exemplaires et ont dit “personne ne peut distribuer ce journal avant notre retour”, mais ils ne sont pas revenus», a-t-il indiqué.

 

Rabie Abdul Ati, un important responsable du Congrès national, le parti du président soudanais Omar el-Béchir, a indiqué à l'AFP qu'il ne s'agissait pas à son avis d'«une affaire politique».

 

«La convention de la presse mentionne (…) ce qui peut être publié et ce qui ne peut pas l'être, ce qui sera considéré comme étant contre la sécurité nationale, et ce qui sera considéré comme étant du domaine de la liberté de la presse», s'est-il contenté d'expliquer.

 

Leur presse (Agence Faut Payer), 31 janvier 2011.

 


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