Soirée hip-hop pour les fiottes et leurs potes proposée par "Combien faut-il de féministes... ?"

Publié le par la Rédaction



Combien faut-il de féministes pour faire du hip-hop avec des fiottes et leurs potes ?

Yo !

On est gouines trans et pédés, on écoute pas que d’la variété on sait aussi slammer avec un flow d’enculéEs (et on fait pas que des rimes en «é»)

Laisses au placard ton perfecto et tes rangeos, sors de ton gaytto de Rambuteau (ooooh les rimes riches !)

Car même si on adore l’électro, on voudrait bien changer de beat… Alors avant que le Quai de Charente devienne bobo, ben… profites !

Rendez-vous :
Samedi 27 février 2010
De 20h à … plus soif !
CIP, 14/16 quai de Charente - 75019 - Métro Corentin Cariou
Entrée à prix libre, bar pas cher, un peu de bouffe sur place
Au programme : Slam Session, Concerts de «La K-Bine» (rap conscient) et de «Vices et Râlements Déviants» (hip-hop de fiottes, queer et féministe), DJ’s - Présence de la Boîte à Questions II


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Nous rappelons que la CIP va être expulsée par la mairie de Paris et que nous continuons à les soutenir car ce lieu doit continuer à vivre.

Il nous semble important d’y organiser des évènements et de soutenir les actions pour son relogement.

Vous pouvez notamment signer et diffuser la pétition.


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Qui est tricard


«Combien faut-il de féministes… ?» est un collectif d’individu/es trans, gouines, pédés et queer qui organise des événements festifs mais pas moins politiques dans des lieux alternatifs à la scène commerciale gay et lesbienne. Nous organisons des événements à caractère «communautaire» qui n
ont pas vocation à souvrir à tout le monde mais qui peuvent rassembler bien au delà de simples liens affinitaires. Ils sont ouverts aux personnes qui acceptent ce que le féminisme et le refus des mécanismes de domination impliquent pour le partage dun espace/temps collectif.

Pour autant, n
en déplaise à ceux et celles qui vivent la communauté transgouinespédés comme une famille : nombre de violences, dont sexuelles, ont lieu dans lenvironnement familial. Ainsi, notre milieu — famille ou non — nest pas exempt de rapports de pouvoirs (domination et privilèges), de rapports de violences et dagressions. Certaines agressions sont rendues publiques ; et lorsque cest le cas nous refusons de renforcer le pouvoir des agresseurs en ne réagissant pas.

En tant que collectif transpdgouines féministes organisateur d
événements, une de nos stratégies est de tricard les agresseurs notoires de nos espaces. Nous appelons cette pratique politique à être systématique, tant que les personnes agressées le demanderont et tant que les personnes agresseuses continueront à nier, ou à refuser dentamer un travail de réflexion autour de leurs comportements et actes ; entre autres en se sentant légitimes dans des espaces féministes ou dans des évènements où sont présentes les personnes quils ont agressées.

Dans la mesure où nous pouvons toutes et tous être un jour l
agresseur de quelquun-e et comme il nexiste pas dagresseur par essence chacun-e peut choisir de reconnaître (de sexcuser ?), de remettre en question, de travailler, sur la place quil-elle occupe dans les systèmes doppressions et sur les agressions qui peuvent en découler. Cest pourquoi «tricard un jour» ne veut pas dire «tricard toujours».

À ce sujet, des outils de réflexion en dehors des circuits de la flychiatrie (avancer sans les flics, ni les psys), issus des pensées féministes et libertaires sur les comportements violents sont à disposition dans les infokiosks et sur internet.


Nous ne faisons pas d
amalgame entre ceux et celles qui défendent et/ou soutiennent des agresseurs et les agresseurs eux-mêmes. Toutefois, les personnes qui défendent ou soutiennent ouvertement des agresseurs notoires, ne sont pas les bienvenues dans les espaces-temps que nous organisons.

En effet, nous pensons que remettre d
emblée en question la parole de celle ou celui qui dénonce une agression (demander des preuves, des expertises, une enquête, pathologiser la personne agressée, etc.) cest se solidariser de lagresseur. Cest cautionner son système de défense, ses mensonges et sa violence et ceux du patriarcat et du sexisme qui banalisent et minimisent ces violences, légitiment les agresseurs et renforce leur position de pouvoir.

Le féminisme nous apprend entre autre que le privé est politique.


Les situations de violences qui ont lieu dans la sphère du privé sans être visibilisées nous apparaissent de façon particulièrement complexes car il nous semble impossible de les rendre publiques à la place des personnes les ayant subies. C
est pourquoi nous favoriserons des espaces permettant de dénoncer les violences, les agressions et les agresseurs et soutiendrons les personnes qui les dénoncent.

Par ailleurs, ces violences que nous évoquons nous refusons de les hiérarchiser (une humiliation n
est pas intrinsèquement moins violente quune agression physique, des propos exotisants sont une forme de violence, de la drague insistante aussi, un viol sans pénétration nest pas moins grave quun viol avec pénétration, etc.) De la même manière, nous sommes vigilant-e-s et tentons de réagir à toute agression notoire, que ses ressorts soient sexistes, lesbo-homo-trans-phobes, racistes, classistes, toxicophobes, grossophobes, handiphobes, pros-viol, sérophobes, etc.

La stratégie que nous avons choisi d
adopter (exclure les agresseurs notoires et prendre la tête à leurs soutiens dans les espaces-temps que nous organisons) est une stratégie durgence et donc une stratégie par défaut. Nous lassumons et continuerons à lassumer, tout en réfléchissant à des stratégies sur le long terme.

Des pistes pour tenter d
avancer :
Société pro-viol et notion de consentement
Je ne suis pas un égout seminal

Le collectif «Combien faut-il de féministes… ?», 25 février 2010.

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