SNCF et chasse aux sans-papiers : une collaboration ordinaire ?

Publié le par la Rédaction

 

Ce tract dénonçant la collaboration active d’agents de la SNCF est régulièrement collé à bord de divers trains de banlieue.

 

Janvier 2010, participation à la chasse aux Rroms 

 

27 janvier 2010, la SNCF diffuse une note intitulée «Info sûreté» dans laquelle elle demande à ses agents de signaler au PC national sûreté de l’entreprise tous les faits impliquant des Roumains. Le même jour, plusieurs passagers dénonceront l’annonce faite par un contrôleur à bord du train Paris-Nice : «On nous signale la présence suspecte de trois petites Gitanes dans le train. Nous vous demandons de faire très attention à vos bagages.»

 

 

Janvier 2011, ligne Paris-Beauvais, en rétention et en instance d’expulsion pour 1€30 de réduction non justifiée

 

Un jeune Malien de 24 ans est contrôlé. Il est en possession d’un titre de transport tarif jeune, tarif réduit à 3€90. Il n’a pas de justificatif d’identité, aussi la SNCF estime qu’il aurait dû avoir un titre tarif normal : 4€20. Les contrôleurs font appel à la police qui constate la situation irrégulière et conduit le jeune au centre de rétention du Mesnil-Amelot, une prison où on enferme les sans-papiers. Il échappe le soir même à l’expulsion en refusant l’embarquement forcé à bord du Paris-Bamako.

 

Mardi 1er mars, gare de Lyon : un billet mais pas de papier

 

23 heures, un important dispositif policier attend l’arrivée du train Paris-Nice pour un contrôle d’identité. Bien que munies de billets en bonne et due forme, plusieurs personnes, essentiellement des Lybiens, des Égyptiens et des Tunisiens sont arrêtées car elles n’ont pas de papiers. Ce sont des employés de la SNCF qui quelques heures auparavant avaient signalé aux flics qu’ils soupçonnaient la présence d’immigrés clandestins à bord de leur train.

 

9 mars 2011, gare de Narbonne : «Vous vous croyez à Kaboul ?»

 

Monsieur B., ressortissant tunisien, part en voyage. Il a avec lui ses bagages, son ticket de train mais il est en retard. Il va directement vers les employés SNCF de la gare de Narbonne pour leur demander sur quel quai est son train. Pas de réponse. Monsieur B. ne s’attarde pas et commence à traverser les voies à pied, pour essayer de trouver son quai. Les agents de la SNCF l’arrêtent et le verbalisent pour avoir traversé les voies, non sans quelques remarques à caractère raciste : «Vous vous croyez à Kaboul ?» lui lancent-ils. Pour prouver son identité, Monsieur B. sort son passeport et son ancien titre de séjour et les agents de la SNCF s’aperçoivent alors qu’il est en séjour irrégulier en France. Une fois l’amende remise, la SNCF aurait dû laisser repartir Monsieur B. mais ils le retiennent sur le quai et s’amusent même de sa situation. Lorsqu’il demande à prendre son train, les agents lui disent de ne pas s’inquiéter, qu’ils vont lui réserver «un voyage beaucoup plus confortable». Sur ce, ils appellent la police et dénoncent Monsieur B. pour séjour irrégulier. Monsieur B. est placé en garde à vue et enfermé au centre de rétention de Perpignan.

 

À la SNCF comme ailleurs non à la collaboration avec les lois sarkozystes ! Solidarité entre les exploités avec ou sans papiers !

 

Indymedia Paris, 18 mars 2011.

 


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