Six mois ferme pour le "ninja" des manifs contre les retraites

Publié le par la Rédaction

 

Il a d'abord été connu dans les médias comme un possible «policier casseur». Puis on a parlé de lui comme d'un «ninja» des manifestations, en raison du coup de pied sauté qu'on le voit donner à un passant qui tente d'empêcher le bris d'une vitrine de banque. Cette scène était visible dans une vidéo tournée le 16 octobre, lors d'une des journées d'action contre la réforme des retraites. 
Lundi 6 décembre, ce fameux «ninja» a été condamné à un an de prison dont six mois ferme. Le parquet avait requis deux ans de prison ferme.

 

«J'AI VOULU LUI FAIRE PEUR»

 

L'homme comparaissait pour «dégradations d'un bien privé en réunion», «violences volontaires n'ayant pas entraîné d'interruption volontaire de travail», avec la circonstance aggravante de dissimulation du visage, «refus de prélèvement biologique» en état de récidive et «refus de prise d'empreintes digitales».

 

Interpellé le 28 octobre dans un squat du 20e arrondissement de Paris, l'homme avait gardé le silence depuis la première audience en comparution immédiate, le 8 novembre. Il avait alors été placé en détention provisoire.

 

Lundi, il s'est en partie expliqué sur son geste, après avoir reconnu être l'auteur du coup de pied. «J'ai voulu lui faire peur, le faire fuir pour lui éviter un lynchage», a argumenté le «ninja», cité par Le Post.fr, en parlant de la victime de son coup de pied, qui tentait d'empêcher un manifestant masqué de casser la vitrine d'une agence bancaire. Réputé proche du milieu anarchiste et autonome, le prévenu n'a pas souhaité en dire plus sur ses «convictions politiques».

 

Avant l'audience, l'avocat du suspect, Adrien Devonec, avait fait valoir que son client n'avait rien cassé. «Je note que mon client est jugé pour des violences et pour des dégradations, des faits apparemment commis par deux personnes différentes sur la vidéo», disait-il au Monde.fr, avec la crainte que la médiatisation de cette affaire, autour de supposés «policiers casseurs», ne desserve son client.

 

Leur presse (Alexandre Piquard,
Le Monde), 6 décembre 2010.

 


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