Semaine de solidarité et de luttes contre la répression Du 20 au 27 février à Paris

Publié le par la Rédaction

Contre la répression. Semaine de solidarité et de luttes les 12, 13 et du 20 au 27 février 2011 à Paris

 

La gestion des mouvements de population est l’une des priorités des États. Il s’agit, notamment, de sélectionner au plus près la main-d’œuvre nécessaire à l’économie, ceci dans un contexte général de dégradation des conditions de vie. Cette sélection impose le renforcement de l’enfermement des personnes dites indésirables, des contrôles aux frontières et des rafles, des visas au compte-goutte et l’intensification de la lutte contre celles et ceux qui d’une manière ou d’une autre vont à l’encontre de la mise sous contrôle des mouvements de population. Depuis quelques années, les services de police font un gros travail de fichage des gens qui luttent contre les centres de rétention et les rafles et contre la machine à expulser en général.

 

Les ministres de l’Intérieur de l’Union Européenne multiplient les rencontres pour intensifier la lutte contre ce qui serait selon eux une même menace : «l’immigration clandestine et le terrorisme». Dans le même temps, les luttes de solidarité avec les sans-papiers sont transformées en «associations de malfaiteurs» ou «bandes organisées» ou autre catégorie policière telle que «mouvance anarcho-autonome» qui feraient planer des menaces terroristes.

 

Ces catégories dessinent une figure de l’ennemi, agitée à tout bout de champ, qu’il soit «l’étranger» ou «l’ennemi intérieur».

 

À Paris, en juin 2008, le centre de rétention de Vincennes crame après plusieurs mois de luttes (grèves de la faim, mutineries…). Un procès contre les dix sans-papiers inculpés de l’incendie a lieu en janvier 2010. En solidarité, des initiatives se multiplient contre les entreprises qui participent aux expulsions : tags, débats, banderoles, manifestations, sabotages, occupations, dans plusieurs villes de décembre 2009 à juin 2010. L’État tente de briser la solidarité en procédant l’an dernier à une quinzaine de perquisitions et une dizaine de mises en examen.

 

Un peu avant, en janvier 2008, trois personnes sont arrêtées en se rendant à une manifestation devant le centre de Vincennes. Deux sont incarcérées pour possession de fumigènes et de clous tordus. Après plus de quatre mois de détention préventive, elles se soustraient à leur contrôle judiciaire, cette arme juridique qui isole, coupe des liens et maintient les gens dans le giron de la justice. En décembre dernier, l’une d’entre elles est reprise dans le métro et emprisonnée à nouveau, avec l’accusation d’«association de malfaiteurs à finalité terroriste».

 

Ces dernières semaines, plusieurs personnes ont été arrêtées pour des tags de solidarité avec les insurrections au Maghreb : «Algérie / Tunisie : insurrection, Vive l’anarchie !» Deux d’entre elles, accusées d’avoir participé aux actions de solidarité avec les inculpés de Vincennes, se trouvent encore en détention préventive.

 

Cette répression spécifique s’inclue dans un contexte général de contrôle social renforcé : occupation policière des quartiers, vidéo-surveillance, fichage, réquisition préfectorale de grévistes, multiplication de lois sécuritaires, incarcération et psychiatrisation croissante de franges entière de la population. Elle s’inscrit également dans une dégradation des conditions de vie. En Espagne, en Grèce et en France, par exemple, des larges couches de la population ont de plus en plus de mal à joindre les deux bouts, c’est même l’espoir de maintenir sa tête hors de l’eau qui se fissure.

 

À deux pas d’ici, la révolte explose contre des conditions de vie insupportables : en Algérie, des émeutes ne cessent d’éclater ; en Tunisie, et plus récemment en Égypte, des soulèvements massifs ont eu lieu, dont on ne connaît pas encore la fin. Les flammes d’une telle révolte sont contagieuses !

 

À ceci on nous répond : la seule issue de ces révoltes est l’instauration d’une démocratie. Mais ces promesses n’incluent pas la fin de l’exploitation à vil prix dans l’industrie minière, portuaire ou touristique. On change de système de gouvernement et tout continue comme avant. Car sans État, comment l’exploitation et la domination perdureraient-elles ?

 

Nous appelons à une semaine de solidarité pour débattre des questions ébauchées ici. Cette semaine se veut une réponse collective à la répression qui nous frappe, un moyen de se dégager de l’isolement dans lequel l’État veut nous enfermer. Nous appelons à échanger des points de vue sur cette répression, et les luttes qu’elle veut étouffer. Cette initiative n’est qu’une des expression d’une réponse collective et continue aux nouvelles stratégies répressives mises en place par l’État et le capital. Nous voulons qu’elle se répande plus largement dans la société, vers d’autres villes et pays. Dans chaque lieu où on subit constamment l’oppression. Pour que la répression ne se cache pas dans la solitude de nos vies séparées.

 

 

Indymedia Paris, 9 février 2011.

 

 

Pour que crève le vieux monde, Semaine de solidarité et de luttes : un autre texte

12, 13 et du 20 au 27 février 2011 à Paris… comme partout

 

On a souvent l'impression de vivre dans un monde où rien ne change. D'un côté les riches continuent de s'engraisser effrontément sur notre peau, et d'un autre l'État renforce toujours plus son contrôle sur nos vies : occupation policière des quartiers, vidéosurveillance, fichage, réquisition préfectorale de grévistes, multiplication de lois sécuritaires, déportation des sans-papiers et des Rroms, chasse aux vendeurs à la sauvette, incarcération et psychiatrisation croissante de franges entières de la population…

 

Cependant, dans cette vaste prison sociale où l'on tente de survivre ente boulots de merde, allocations grattées aux pompiers sociaux et illégalismes de la misère, il arrive que le couvercle saute. Ce fut par exemple le cas lors des émeutes enflammées parties des banlieues en novembre 2005, ou lors des manifestations sauvages au printemps 2006 contre le CPE. Et cela a pu se produire parfois à partir des blocages sur tout le territoire pendant le dernier mouvement contre les retraites.

 

Le pouvoir a beau tenter de serrer toujours plus les vis et les ceintures, la révolte est toujours prête à exploser, inattendue et souvent hors contrôle.

 

En juin 2008, la prison pour étrangers de Vincennes crame après plusieurs mois d'affrontements. En se rendant justement à une manifestation de solidarité, Bruno et Ivan sont arrêtés en janvier 2008, puis incarcérés pour des fumigènes et des clous tordus. Ils font plus de quatre mois de prison avant de se soustraire au contrôle judiciaire, et de se faire la malle. En décembre dernier, Bruno est repris par les chiens en uniforme. En février, c'est au tour d'Ivan. Ces deux camarades sont désormais incarcérés, avec en plus une accusation d'«association de malfaiteurs à finalité terroriste» !

 

Le procès des dix sans-papiers inculpés de l'incendie du centre de Vincennes se profilant pour janvier 2010, de nombreuses initiatives de solidarité se multiplient contre la machine à expulser dans plusieurs villes (tags, débats, banderoles, manifestations, sabotages, occupations…). L'État souhaite maintenant présenter une nouvelle fois l'addition à une partie de ceux qui ont participé à cette lutte : après une quinzaine de perquisitions l'an dernier et une dizaine de mises en examen, Olivier et Dan sont en taule depuis janvier.

 

Pourtant, on sait bien qu'aucune répression ne saurait arrêter la lutte. S'il en était encore besoin, les mutineries dans les centres de rétention de Bobigny et de Vincennes à l'automne 2010, ou encore l'opposition d'une trentaine de passagers d'un vol Air France à l'expulsion de sans-papiers mi-janvier 2011 en témoignent.

 

Nous continuerons à nous solidariser avec les révoltes des indésirables chassés du paradis marchand occidental, tout comme nous continuerons à nous battre pour un monde sans patrie ni frontières.

 

À deux pas d'ici aussi, la révolte explose contre des conditions de vie insupportables : qu'il s'agisse des émeutes incessantes en Algérie, ou du soulèvement en cours en Égypte, après bien sûr celui en Tunisie. Certains en parlent même déjà comme d'une révolution, alors que rien, ou si peu n'a vraiment encore changé. Les patrons continuent d'exploiter à vil prix dans leurs bagnes industriels, touristiques ou portuaires, l'État reste en place en présentant une façade un peu moins autoritaire, l'opposition tente de récupérer la mise pour se partager le gâteau. «Alors, tout changer pour que rien ne change» ? Même soumis à un «régime démocratique», on constate chaque jour ici que l'État n'en reste pas moins assassin, l'exploitation féroce et la misère la règle.

 

Pour peu qu'on sache s'en saisir collectivement, une possibilité reste néanmoins toujours ouverte : s'organiser sans chefs ni médiations (sans partis ni syndicats, sans religieux ni militaires), pour enfin tout bouleverser… pour une liberté démesurée.

 

Car au fond, c'est toujours et partout le même chantage. Il faudrait se tuer au travail ou crever au chômage pour des miettes. Dans le vaste flux de marchandises en circulation, dont nous faisons tous partie, rares sont alors ceux qui parviennent à s'en sortir. Face à la CAF ou à Pôle Emploi, à un patron ou une agence d'intérim, on est pris dans un même mouvement qui combine massification de la galère et atomisation de chacun, nous condamnant à une survie dont on ne voit jamais la fin. Si on sent bien que notre situation en € peut que s'aggraver, beaucoup se débrouillent déjà au quotidien pour saboter ou bloquer les cadences, détourner ou perruquer le sacro-saint outil de production, multiplier l'absentéisme ou les malfaçons.

 

Alors, comme il n'y a vraiment plus beaucoup à perdre, reprenons enfin nos vies en main, loin de l'esclavage salarié et de la mendicité servile !

 

Nous appelons donc à une semaine de luttes et de solidarité qui, au lieu de partir de la répression et de ses spécificités, continue à diffuser les luttes et à défendre les idées que l'État cherche à briser : par exemple celles contre les centres de rétention et la machine à expulser, mais également la solidarité avec les révoltés des deux côtés de la Méditerranée. Si nous proposons un cadre collectif au cours de cette semaine-là, il ne s'agit pas pour autant d'aplanir les différences des uns et des autres derrière un énième «front commun contre». Nous souhaiterions plutôt que chacun s'en saisisse pour échanger et se confronter, et lance différentes initiatives qui se répondront les unes aux autres dans une perspective anti-autoritaire : pour un monde sans frontières ni enfermements, sans États ni exploitation, refusant toute médiation, afin de se débarrasser de toute domination, qu'elle soit «démocratique» ou pas.

 

Indymedia Nantes, 11 février.

 


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nana mouskouri 19/02/2011 14:58



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