Selon le leader de la CGT, l'objectif "en soi" des mouvements de grève, notamment dans le secteur de l'énergie n'est pas de stopper l'activité économique

Publié le par la Rédaction

Déblocage des dépôts de carburant : «pas la méthode pour sortir de l’impasse», selon Bernard Thibault

 

Le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault a affirmé vendredi que le déblocage des dépôts de carburant n’était pas la «méthode qui permettra de sortir de l’impasse sur la réforme des retraites».


Interrogé sur LCI à propos de l’intervention des forces de l’ordre dans plusieurs dépôts de carburant qui avaient été bloqués par des grévistes, M. Thibault a déclaré : «Ce n’est pas la méthode qui permettra de sortir de l’impasse» sur le conflit des retraites.

 

Selon le leader de la CGT, l’objectif «en soi» des mouvements de grève, notamment dans le secteur de l’énergie n’est pas de stopper l’activité économique.

 

«L’objectif de cette mobilisation c’est bien d’obtenir des discussions pour un autre avenir de nos retraites», a-t-il martelé.

 

«Il va bien falloir que le gouvernement aborde le fond du problème (…) Je vois bien qu’il s’efforce aujourd’hui d’entrenir à la fois la polémique voire un climat qui n’est pas bon, c’est lui qui tend le climat dans le pays», a-t-il ajouté.

 

«Ce mouvement est durablement ancré dans le pays», a également dit M. Thibault, estimant que «même les chiffres de la police montrent que depuis plus de 15 ans il n’y a eu jamais eu autant de manifestants dans notre pays».

 

«Il n’ y a jamais eu dans le mouvement de 1995 autant de manifestants et sur une assise interprofessionnelle, privé et public, et maintenant de toutes générations», a-t-il dit précisé.

 

Interrogé sur la participation des jeunes, Bernard Thibault a estimé que «les jeunes ont droit eux aussi de participer à leur manière» mais il a mis en garde contre d’éventuelles provocations.

 

«Pour les organisations de jeunesse comme pour les organisations syndicales nous entrons dans une séquence où nous devons être très vigilants vis-à-vis de toute provocation de nature à dévoyer le mouvement, mais je crois qu’elles en sont très conscientes», a-t-il dit.

 

Selon lui, «il y a depuis le 23 septembre une attitude qui consiste à durcir ou à provoquer. Nous avons des manifestants en prison et c’est inacceptable», a-t-il lancé.

 

Il a mis en garde «l’ensemble des pouvoirs publics sur cette velléité de vouloir durcir d’inquiéter la populace y compris par l’attitude de forces de l’ordre qui en certaines circonstances ont utilisé des brutalités ou des attitudes provocantes alors que rien ne le justifiait».

 

Le leader cégétiste s’est défendu d’appeler à un nouveau mai 1968 et à une grève générale comme l’a fait Olivier Besancenot (NPA). «Nous sommes en 2010 et nous n’appelons pas à rééditer l’histoire, ce mouvement social est inscrit dans un contexte de crise économique et sociale», a-t-il expliqué.

 

Leur presse (Agence Faut Payer), 15 octobre 2010.

 


Publié dans Colère ouvrière

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A.D. 15/10/2010 22:25



Ils sont mignons les Thibault et Besancenot : l'un qui dit "c'est pas pour bloquer l'économie tout ça, c'est pour
ouvrir des négociations". Oui bien sûr c'est son terrain favori, les négociations, les entretiens, pourtant faut bloquer pour même en arriver là, d'ailleurs c'est ce qui est en train de se faire. Bien sûr un mauvais tour est vite pris, et on finirait par bloquer les négociations mêmes, quel désapointemment,
quel gâchis de négociations manquées, il faudra alors peut-être réitérer le "il faut savoir terminer une grève", si typiquement cgt...L'autre nous raconte qu'un nouveau Mai 68 is possible, une manie, un manque d'imagination si flagrant, si désolant qui'on sourit à
peine à l'entendre.


Mai 68 n'a pas été programmé, et ne sera pas réédité, on pourra, c'est à faire, produire un évènement; cet évènement
sera relié d'une certaine façon au passé, 68 et d'autres, mais le père n'est pas le fils, sinon c'est un clone, ou une copie. Or les réalités, etc..


D'ailleurs Thibault a raison de dire que le cadre,etc ont changé, mais il oublie (ce n'est pas son affaire, cela ne peut se négocier) de préciser en quoi ce, ou ces changements entraîneraient une
fin du projet d'abolition des classes, car il ne comprend pas (encore une fois, ce n'est pas son rôle, ni son intérêt en tant que professionnel de la médiation sociale) que la contradiction
réside dans l'exploitation. Cela ne se négocie pas, et si les conditions ont changé, bien sûr, l'exploitation a changé aussi pour s'éterniser dans ces rêves démocratiques, politiques....


Il faut dire aussi qu'en 68 selon mon souvenir, la cgt était loin derrière, comme le pcf qui avait condamné les premières manifestations étudiantes, ils avaient pris l'histoire en route et cela
s'est terminé par les négociations chères à la démocratie et aux syndicats. Aujourd'hui, me semble-t-il de nombreux cgtistes de base sont en lutte tant dans les docks que pour le rail et la
distillerie. Les étudiants sont plutôt sages, l'Unef me paraît être d'une très grande modération...très en deça de la moyenne des jours. Ce sont les lycéennes et les lycéens, les jeunes
prolétaires au chômage, en formation, ou dans la moyenne galère, des fois bien pire, ce sont eux à qui ont devra dire : ces jours sont aussi, et surtout les vôtres


comme disait la banquise, je crois bien : chaque âge saccage sa cage


Salutations d'un suspect, il me semble.