Schmits et keufs dans les bahuts de l'Oise

Publié le par la Rédaction

Oise : Gendarmes et policiers dans trois lycées

 

Ils sont gendarmes ou policiers et tiendront des permanences chaque semaine dans trois lycées oisiens. Des «référents» qui quelquefois passent mal dans la communauté éducative.

 

Un simple bureau. Ça n’a l’air de rien mais c’est une révolution dans les mentalités de la communauté éducative. Les forces de l’ordre prennent concrètement leurs quartiers dans trois lycées de l’Oise, où elles tiendront une permanence. Les 460 élèves de Lavoisier, à Méru, sont les premiers à vivre l’expérimentation avec, depuis la rentrée de septembre, la présence d’un gendarme «référent» dans les locaux.

 

 

Deux autres lycées, Jules-Uhry à Creil et André-Malraux, à Montataire, ont été retenus et devraient accueillir à leur tour un policier dans leurs murs.

 

Ces trois établissements figurent sur la liste nationale de 53 collèges et lycées sensibles, «choisis parmi les plus exposés aux phénomènes d’intrusion et de violences aux abords», selon les termes des ministères de l’Intérieur et de l’Éducation. Une liste que refuse pourtant de diffuser le même ministère de l’Éducation, par crainte de «stigmatisation». La question apparaît aujourd’hui presque taboue alors qu’elle a fait l’objet d’un plan de communication dès le mois de mai. Il y a trois semaines, Brice Hortefeux et Luc Chatel ont essuyé les huées de professeurs et d’élèves opposés au concept lors du lancement officiel du test, en Seine-et-Marne.

 

Plusieurs élèves ont déjà franchi le seuil du bureau

 

La révolution doit se faire dans la douceur, chacun restant dans son domaine réservé. «Mon bureau au lycée n’est pas une annexe de la gendarmerie et je ne suis pas un surveillant armé», rappelle l’adjudant Roussel, gendarme référent du lycée Lavoisier à Méru. Proche du quartier difficile de la Nacre, l’établissement a été concerné en 2009 par quinze délits (violence, vols…) ayant nécessité l’intervention de la gendarmerie. «Nous avons des élèves de Saint-Jean, à Beauvais, et de la Nacre, à Méru. Des quartiers où il y a des tensions et des rivalités très fortes, précise le proviseur de Lavoisier, André Prudhomme. Cela dit, à l’intérieur de notre lycée, l’ambiance est sereine. C’est à l’extérieur que les problèmes se posent.» La permanence hebdomadaire que l’adjudant Roussel tient depuis un mois est décrite comme «un point d’écoute basé sur la confiance». Plusieurs élèves ont déjà franchi le seuil, pour des questions de violences ou de difficultés familiales. «Mais je ne prends pas de plainte sur place sauf si les circonstances exceptionnelles devaient l’exiger», poursuit l’adjudant Roussel.

 

Jean-Claude Baxter, proviseur de Jules-Uhry à Creil réunira probablement la semaine prochaine son conseil d’administration afin de l’informer de l’expérimentation. «Il s’agira d’une consultation car le ministère demeure maître de sa décision», précise le chef de cet établissement de 1350 élèves. Le lycée de Creil connaît régulièrement des problèmes d’intrusion comme en mars dernier, où trois jeunes de l’extérieur étaient entrés couteau à la main dans une salle de cours. Après cet incident grave, les professeurs avaient exercé leur droit de retrait.

 

Leur presse (Claire Guédon, Le Parisien), 9 octobre 2010.

 


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